Evêque américain très « cappa magna »

« Americatho » met en valeur un évêque américain qui se plaît à porter lui aussi, comme son homologue le cardinal Raymond L. Burke, préfet du tribunal suprême de la signature apostolique, la célèbre cappa magna, sorte de traîne en soie ou en laine de couleur rouge (pour les
cardinaux) ou violette (pour les évêques).

Un plaisir partagé on le sait par d’autres cardinaux : en particulier, NN SS Franc Rodé, Dario Castrillon Hoyos et Antonio Canizarès Llovera. Tous les trois de la Curie romaine et connus pour leur position ultra-conservatrice. Quant à cet évêque élégant et style, Mgr Edward J. Slattery, évêque de Tulsa (Oklahoma), il semble inaugurer une pratique plus rare à ce niveau de la hiérarchie.

On peut s’en amuser, et y voir un aspect purement anecdotique ou
folklorique. En réalité, cette nostalgie d’une pompe aujourd’hui
obsolète traduit bien une volonté de retour à la liturgie ancienne, et
de restauration d’une certaine théologie du sacré! Au demeurant,
« Americatho » le sait bien puisqu’il cite avec délectation ces remarques
de Mgr Slattery : « La nouvelle liturgie devrait être clairement
identifiable comme l’est celle de l’Église avant le concile de Vatican
II. Les changements, comme le retournement des autels, ont été trop
subits et trop radicaux
(…) De plus, ce ne fut pas une sage décision
que d’abandonner le latin dans la Messe. Comment cela est-il arrivé ? Je n’en sais rien. Mais les Pères conciliaires n’ont jamais eu l’intention
de nous faire abandonner le latin
« .

98% de la Fraternité sacerdotale Saint Pie X rejetterait tout accord avec Rome

A Rome, l’annonce a véritablement fait l’annonce d’une douche froide.
C’est une nouvelle qui s’étale sur tous les sites intégristes. 98% de la
Fraternité sacerdotale Saint Pie X rejetterait tout accord avec Rome. Mgr
Bernard Fellay, le Supérieur Général de la Fraternité, mis en minorité,
se trouve donc dans une position bien fâcheuse et il risque même de
devoir abandonner sa charge (tout en restant « évêque »).

Il s’agit en tout cas d’un échec sur toute la ligne pour Benoît XVI et
Mgr Guido Pozzo, le secrétaire de la commission « Ecclesia Dei ». Non
seulement, l’âpreté de la position des intégristes ne s’en est pas
trouvée diminuée, au contraire, mais accentuée. Comme si beaucoup de lefebvristes estimaient avoir échappé de peu à un péril mortel, celui
d’une récupération par Rome. Par ailleurs,trois des quatre évêques
ordonnés par Mgr Lefebvre seraient non seulement opposés mais vivement hostiles à ce projet.

Le refus massif des intégristes tient en fait au sentiment que sur le
fond Rome n’était en réalité disposé à faire aucune concession. Il
s’agirait donc, de leur point de vue, d’un pur et simple marché de dupes. L’une des hypothèses qui circulent actuellement est celle d’un « schisme dans le schisme » mais pas dans le sens redouté au départ d’une rupture venant des plus durs. Au contraire, c’est la poignée qui souhaitait vivement la réconciliation avec Rome qui ferait le choix de se
réconcilier et pourrait même être érigée en petite société de vie
apostolique avec Mgr Fellay à sa tête. Parmi les prêtres susceptibles de
la rejoindre on parle, entre autres, des abbés Grégoire Célier et Alain
Lorans, de l’allemand Franz Schmidberger, considérés comme…libéraux
par le reste de la Fraternité. En tout et pour tout, une dizaine de
personnes. Il est certain que la commémoration de la rencontre est certainement pour beaucoup dans la décision de nombreux traditionalistes moins extrémistes jusqu’alors de ne pas répondre positivement à Rome. Mais il y certainement aussi une raison moins avouable à ce durcissement. Celle d’une évidente perte d’autonomie et de pouvoirs des chefs intégristes jusqu’à présent petits tyrans ne devant rendre des comptes à personne. L’abbé Beauvais, « curé » auto-proclamé de Saint Nicolas du Chardonnet
dénonce de la part de Rome « un processus de tromperie ».

Fête et nouvel Abbé à Fontgombault

A FONTGOMBAULT (Indre), la frange la plus ultra des conservateurs
catholiques s’est retrouvée dans la jubilation à l’occasion de la
bénédiction abbatiale du nouvel abbé de ce monastère à la lisière de
l’intégrisme, Don Jean Pateau.

C’est Mgr Armand Maillard, archevêque du diocèse concerné (Bourges),faisant contre mauvaise fortune bon cœur, qui a béni le nouvel abbé. Entouré de quatre autres évêques, dont trois français NN SS Alain Castet (Luçon), Éric Aumônier (Versailles) et, bien entendu, Marc Aillet (Bayonne), qui n’ont sans doute rien de plus urgent à faire dans leur propre diocèse. Comme on se retrouve…

Un évêque italien critique Benoît XVI pour ses accointances avec le Tradiland

L’un des principaux soucis de Benoît XVI, sinon le premier, est celui
d’une restauration intransigeante, avec pour corollaire une
réconciliation de complaisance avec les intégristes. Or cette
perspective agace un nombre croissant d’évêques, y compris les plus
classiques par ailleurs.

Et l’épiscopat italien, que l’on ne soupçonne en général guère de cultiver un esprit rebelle, se fait aujourd’hui entendre. Deux cardinaux, Severino Poletto, archevêque de Turin, aujourd’hui à la retraite, et Paolo Romeo, archevêque de Palerme, ont déjà fait entendre des critiques assez sévères sur la complaisance manifestée à l’endroit des intégristes par Benoît XVI et aussi sur la volonté du Pape de revenir en arrière en matière de liturgie, tournant le dos à la réforme. Mgr Giuseppe Mani, archevêque de Cagliari et Primat de Sardaigne, campe sur la même ligne. En fait c’est sans doute une majorité des évêques italiens qui est aujourd’hui mal à l’aise face au pontificat actuel.

Mgr Domenico Mogavero, 64 ans, évêque de Mazara del Vallo vient
également de s’exprimer. Certes il est seulement à la tête d’un petit
diocèse de Sicile mais sa réputation déborde largement les limites de
cette fonction qu’il exerce au demeurant avec compétence et rigueur.
C’est un juriste, un homme à qui sa dénonciation sans relâche de toute
collusion avec la mafia vaut une grande estime morale. C’est aussi un
évêque très classique, peu suspect de progressisme, qui a exercé, avant même de coiffer la mitre, de grandes responsabilités au Secrétariat de la conférence épiscopale italienne au temps du cardinal Ruini qui l’écoutait beaucoup. Prélat élégant et distingué, il aime les liturgies fastueuses et n’a rien d’une gauchiste échevelé. C’est le moins que l’on puisse dire! Last but not the last, il est considéré comme le favori pour remplacer dans deux ans Romeo comme archevêque de Palerme.

Le Vatican ne s’attendait certes pas à ce qu’une critique du pontificat
actuel vienne d’un tel prélat. Or le calme Mgr Mogavero ne décolère pas. Il fustige la libéralisation de la messe de Saint Pie V et la levée de
l’excommunication des évêques lefebvristes. Et ce dans un livre
entretien préfacé par … le cardinal Dionigi Tettamanzi, l’ancien
archevêque de Milan, dont on sait les réserves très sérieuses concernant l’actuel Pontificat. Le titre de ce livre d’entretiens est suggestif « l’Eglise qui ne se tait pas » (« la Chiesa che non tace »). L’évêque sicilien y critique également l’entourage du Pape, sans le nommer. A l’évidence, il faut y deviner, entre autres, le nom du cardinal
colombien Dario Castrillon Hoyos, alors préfet de la Commission
« Ecclesia Dei ».

Avec un beau courage – qu’on aimerait retrouver chez nos évêques de
l’Hexagone – Mgr Domenico Mogavero s’en prend au motu proprio « Summorum Pontificum » préconisant un certain retour de l’ancienne liturgie qui relève clairement selon lui du retour en arrière. Mais le problème est beaucoup plus large pour l’évêque de Mazara del Vallo qui déplore également des expressions répétées de néo-traditionalisme ici ou là.

Enfin le prélat conclut en ces termes : « cela me plairait beaucoup s’il
était possible d’avoir des échanges plus directs et plus francs entre
les évêques et le Pape. En effet, nous les évêques nous sommes tous les successeurs des Apôtres et nous portons avec lui le souci de toutes les églises ».

Si les prêtres autrichiens rédigent des pétitions avec des demandes
assez radicales, les évêques eux-mêmes semblent soucieux d’exprimer
leurs convictions. A certains égards, la coupe est pleine. Quelque chose
vraiment se termine et n’est plus supportable.

Les certitudes de l’abbé du Barroux

Nous attirons l’attention sur le numéro que « La Nef » vient
de consacrer à l’Abbaye Sainte-Madeleine du Barroux, au départ
lefebvriste, rentrée en 1988 dans le giron romain, et connue pour son
ultra-conservatisme et son attachement à la messe de Saint Pie V.

Son jeune Abbé, Dom Louis-Marie a accordé une interview dans
laquelle il déclare notamment ce qui suit au sujet de l’ancienne
liturgie, et du choix de l’Abbaye de le célébrer de façon exclusive :
« Ce choix n’est pas affectif, mais une préférence motivée par des
raisons de manifestation plus nette de certaines vérités de la foi :
caractère central, sacrificiel et sacré de la messe, présence réelle du
Seigneur dans les Saintes Espèces, distinction essentielle du sacerdoce ministériel du prêtre et du sacerdoce baptismal. J’ajoute que la forme extraordinaire manifeste hautement la continuité de l’Église, car l’Église n’accepte pas les ruptures ni les révolutions, elle ne change pas le contenu de sa foi ». Cela pour rappeler à qui l’aurait oublié que le choix de l’ancienne liturgie n’est pas seulement une question de caprice ou de goût !

Le religieux bénédictin n’entend pas s’aveugler sur les désastres causés selon lui par l’après-Concile (à cause de Vatican II?). Il cite son
prédécesseur du Barroux, Dom Gérard Calvet : « il faut une nuit pour
brûler une forêt, et 50 ans pour la faire repousser ». Sans commentaire.
En tout cas, Dom Louis-Marie en est certain : « Nous sommes au
commencement du commencement. Après, Dieu pourvoira »

La balle est dans le camp des Lefebvristes

La venue à Rome de Mgr Bernard Fellay, évêque intégriste, sacré en 1988 par le schismatique Marcel Lefebvre, et surtout Supérieur Général de la Fraternité Saint Pie X a été l’occasion d’un nouveau développement dans les relations entre les intégristes et Rome. De sorte que la balle est bel et bien à présent dans le camp des Lefebvristes auxquels le Vatican a fait des propositions scandaleusement bienveillantes comme celle d’ériger une Prélature personnelle traditionaliste à l’instar de l’Opus Dei.

Le cardinal William Levada, préfet de la congrégation pour la doctrine
de la foi, a remis un texte de deux pages à l’épiscope Fellay. Contenant
la proposition concrète d’ériger la Fraternité et prélature personnelle,
ce qui aurait pour effet de lui donner une autonomie totale par rapport
aux évêques. De fait, une immense majorité au sein du collège épiscopal ne voit pas d’un très bon oeil – c’est le moins que l’on puisse – la réintégration des intégristes. Selon nos sources, le cardinal Levada, dont les jours sont comptés au Vatican, n’était pas d’accord avec cet excès de complaisance. Le projet serait l’oeuvre de Mgr Guido Pozzo, 59 ans, un « monsignore » italien, Secrétaire de la Commission « Ecclesia Dei » et ultra-ratzingérien.

Levada et Pozzo – mais pas le Pape – ont rencontré Mgr Fellay lors d’une entrevue brève, courtoise mais malgré tout froide. Levada et Pozzo ont insisté sur les deux concessions importantes faites déjà de par le passé par Rome : une libéralisation assez large de la messe tridentine et la levée de l’excommunication des quatre évêques sacrés par le vieux Lefebvre en 1988. Quant à lui, Mgr Fellay aurait insisté sur la crise qui secoue encore l’Eglise. Disciplinaire et surtout doctrinale.

Néanmoins, le texte remis à Mgr Fellay n’évoque pas seulement l’aspect pratique mais trace un horizon doctrinal. Et, à cet égard, il fera
certainement vivement débat au sein de la Fraternité. En effet, Rome n’a pas renoncé à exiger une adhésion respectueuse non seulement aux enseignements du Pape mais également du Collège des évêques. Certes à lire à la lumière de l’ensemble de la Tradition, mais dans un esprit d’obéissance, de docilité et de soumission. Le texte dit clairement que la pluralité des interprétations ne justifient pas de refuser l’enseignement du Magistère. En clair, si, selon Rome, Vatican II a pu être mal interprété et l’est toujours quelquefois, cela ne justifie
aucunement la défiance à l’endroit des textes eux-mêles et encore moins leur refus. Nous touchons là un point grave de divergence entre Rome et Ecône. Car pour les intégristes, à supposer que Vatican II ne soit pas un mauvais, il demeure tout-de-même l’occasion de mauvaises
interprétations. Donc, il les permet, et ce manque de clarté, déjà,
justifie au moins sa critique. Un théologien romain de lavieille école,
aujourd’hui octogénaire, Mgr Brunero Gherardini, argumentait d’ailleurs
en ce sens. Or, à l’évidence, la congrégation pour la doctrine de la foi
n’accepte pas ce type d’approche. Certes, le Concile Vatican II n’est ni
infaillible, ni parfait. Ce nonobstant, il faut que tout catholique y
adhère loyalement (dans la mesure d’une bonne compréhension et d’une interprétation juste) car il s’agit d’un acte pleinement autorisé d’un Magistère dit souvent « assisté » : on ne peut en conscience le refuser comme nocif. L’adhésion respectueuse à ce qu’il dit – sans écarter une certaine critique théologique – n’est donc pas facultative.

Rome ne soumet pas les intégristes à un ultimatum. Mgr Fellay se réserve le temps nécessaire pour consulter les principaux responsables de la Fraternité. Le Père Federico Lombardi, porte-parole du Saint-Siège, insiste sur la prudence de Rome qui ne veut mettre le couteau sous la gorge des intégristes. Une volonté expresse de Benoît XVI.

En soi, cet accord, s’il se réalisait effectivement, serait purement et
proprement scandaleux. En effet, il accorderait un privilège canonique
rare à des dissidents insolents, qui loin de se repentir et d’aller à
Canossa, entendent en réalité tirer profit d’un possible avantage
stratégique pour Benoît XVI d’un nouveau renfort du camp réactionnaire contre l’aile d’ouverture (par exemple les prêtres autrichiens en révolte) afin de se voir concéder une reconnaissance de complaisance. C’est tout simplement indigne.

Mais l’affaire n’est pas encore dans le sac. Ce vilain marchandage
pourrait déjà échouer en amont. Car parmi les trois évêques intégristes, Mgr Fellay est le seul qui le désire vraiment. Lamenace d’un schisme dans le schisme demeure. Et le jeune dominicain Charles Morerod, que l’on dit sur le point d’évêque nommé évêque de Lausanne et de Fribourg en Suisse, n’aurait pas non plus caché sa déception quant aux résultats de colloques doctrinaux qui, sans conduire à un clash (à cause de la courtoisie et de la patience des théologiens romains) n’ont même accouché de la moindre petite souris! Les lefebvristes ne mettront pas d’eau dans leur vin. Enfin, la tenue cet automne d’une nouvelle rencontre des religions à Assise tombe singulièrement mal. Et pourrait susciter une nouvelle vague anti-Benoît XVI chez les intégristes.

Soyons francs : un tel accord qui équivaut au reniement total de la
dynamique de Vatican II serait un malheur pour l’Eglise. Au ralliement
des fanatiques de droite (mais pas de tous car des ultras feraient
blocage) correspondrait bien entendu une hémorragie bien plus
conséquente à gauche. Hémorragie difficile à évaluer quantitativement
car tous ceux qui s’en vont ne constitueront pas un registre.

A long terme, de toute manière, l’hystérie intégriste, même ralliée,
finirait par poser de tels problèmes, de telles tensions, qu’il y a fort
à parier qu’un nouveau schisme éclaterait et que les ralliés d’un temps
redeviendraient les intégristes d’un autre. Avec un éclatement encore
plus fort de ce qui resterait encore de la communion catholique.

Mais d’un mal peut aussi sortir un bien. Le retour des intégristes dans
le giron pourrait avoir l’effet d’un électrochoc. Et d’un réveil de très
nombreux catholiques, peut-être majoritaires, y compris modérés ou même conservateurs, mais qui ne sauraient accepter que le Pape bénisse l' »infâme ». Et la réforme entravée d’une Eglise sclérosée pourrait alors devenir révolution. Un Pape qui trahirait ainsi la communion de l’Eglise réelle (peuple de Dieu, assemblée christique)perdrait ainsi sa légitimité. On pourrait exiger la tenue d’un grand Concile pour le destituer. EDt s’il s’y oppose, c’est Benoît XVI lui-même qui deviendrait schismatique.

L’archevêque de Glasgow fait de la résistance

Il a l’âge de partir à la retraite (77 ans), mais il continue à faire de
la résistance et à s’opposer à la restauration en cours à Rome. Mgr
Mario Monti, nommé archevêque de Glasgow après le décès du très
wojtylien cardinal Thomas Winning, s’inscrit en effet dans une ligne que
l’on peut qualifier de libérale.

Il vient de déclarer, prenant le
contre-pied des initiatives habituelles du bureau romain des liturgies
pontificales, que « les fidèles doivent suivre l’instruction générale du
Missel Romain, à savoir accéder à la communion en procession et debout pour recevoir la Sainte Communion ». Ce qui est d’ailleurs historiquement et liturgiquement beaucoup plus correct que la pratique actuellement restaurée par les tradis et le Pape (!) de communier à genoux. Mgr Conti rappelle fort à propos : « la stature debout, dans notre culture occidentale, est une marque de respect ».

On peut se réjouir de la liberté d’esprit de cet évêque, tout en
regrettant une fois de plus qu’elle soit celle d’un homme sur le point
de quitter sa charge et de jouir d’une retraite bien méritée. Les
évêques retrouvent-ils leur liberté seulement lorsqu’ils quittent leur
charge? Consacré évêque en 1977, Mgr Conti est un héritier et un témoin de l’époque Paul VI.

Les traditionalistes écossais pourraient saisir le Vatican. Et dénoncer
ici un abus d’autorité de l’archevêque de Glasgow. En effet, en 2002, le
préfet de la congrégation pour la liturgie et le culte divin, le
cardinal chilien Jorge Arturo Medina Estevez (de tendance
traditionnelle) avait officiellement précisé que le fait de communier à
genoux n’était certes pas une obligation mais un droit des fidèles.

Un éventuel différend pourrait s’envenimer mais tournera court de toute façon. En effet, on attend la désignation du nouvel archevêque de Glasgow pour cet automne. Et Rome a donné un gage non négligeable aux traditionalistes écossais ce printemps même en nommant évêque d’Aberdeen Mgr Hugh Gilbert, 59 ans.Un bénédictin très attaché à l’ancienne liturgie. Enfin, le Nonce en Grande-Bretagne a changé : au libéral modéré FFaustino Sainz Munoz a succédé un Ratzingérien, Antonio Mennini. Qui veillera à nommer des évêques « génération Benoît XVI ».

Le cardinal Burke à Rocamadour

Ce cardinal américain de 63 ans fait désormais de plus en plus figure de protecteur de l’Institut du Christ Roi Souverain Prêtre de Gricigliano,
de tendance traditionaliste et de style baroque dont le responsable est Mgr Gilles Wach.

Le cardinal Raymond Leo Burke omniprésent sur le net en cappa magna, ancien archevêque de Saint Louis et Préfet de tribunal suprême de la signature apostolique, également connu aux USA pour son refus de donner la communion eucharistique aux politiciens adoptant des positions trop libérales par rapport à la doctrine sociale de l’Eglise, multiplie les célébrations en grande pompe selon l’ancienne liturgie. C’est engagement très unilatéral et fort intempérant d’un chef de dicastère commencerait à irriter jusqu’à Rome même.

Ce samedi 20 octobre, le cardinal Burke présidera donc un pèlerinage
très old style dans le Lot à Rocamadour. Qu’en dit l’évêque du lieu
(Cahors), Mgr Norbert Turini, que l’on dit bien vu à Rome et en passe
d’être promu archevêque de Poitiers, ou ailleurs? Nous attendons sa
réponse…

L’abbé Laguérie et Vatican II

Le site « Disputationes theologicae » nous offre une réflexion de l’abbé Philippe Laguérie, 59 ans, Supérieur de l’Institut du Bon Pasteur, et ancien « curé » autoproclamé de Saint Nicolas du Chardonnet avant son rabibochage avec Rome au sujet de Vatican II.

Ce texte est intéressant car il nous permet sans doute de mieux situer ce point de vue, qui a sa cohérence et qui se trouve en quelque sorte à mi-chemin entre une adhésion pleine et entière à Vatican II et le refus farouche opposé par les lefebvristes pour qui le Concile dans son ensemble est néfaste et dévastateur.

Selon Philippe Laguérie, « Pour Vatican II, on sait qu’il s’agit d’un concile pastoral non contraignant pour la foi (sauf sur les points antérieurement définis), dont la réception authentique est encore en cours ou à venir, comme l’a si bien exprimé S. E. le cardinal Ricard à Lourdes en 2006« .

Ce que veut dire dans un langage daté l’abbé Laguérie c’est que le dernier Concile n’a finalement pas vraiment d’autorité qui relèverait de la foi. Il ne dit pas que Vatican II serait hérétique, ni d’ailleurs que l’on pourrait simplement mettre cette hypothèse entre parenthèse, qu’il serait dénué de toute autorité, mais simplement que son autorité est en fait très limitée. Vatican II peut éclairer la route mais ne relève pas de l’adhésion de la foi. Et doit encore être bien compris et interprété. Bien enseigné également.  » Le Concile Vatican II est encore à recevoir. Il faut toujours vérifier que son souffle anime bien en profondeur la vie et le fonctionnement de nos communautés chrétiennes. Il s’agit de vérifier également que l’on ne met pas sous son patronage des façons de vivre, de penser, de célébrer ou de s’organiser qui n’ont rien à voir avec lui. Rester fidèle au Concile ne veut pas dire non plus qu’on demeure nostalgique des premières décennies de sa mise en œuvre « .

En clair, l’après-Concile a constitué une interprétation fallacieuse, idéologique et déviante du vrai Vatican II, sans doute imparfait, mais qui aurait somme toute fort peu à voir avec ce que l’on en a tiré! Autrement dit, l’interprétation ordinaire et commune de Vatican II qui règne dans l’opinion serait à rejeter au profit d’une lecture minimaliste et correctrice du Concile, du moins de sa lettre, car son « esprit » n’aurait que peu à voir avec cette dernière.

En nous fondant sur des travaux comme ceux de l’ Ecole de Bologne (héritière de Giuseppe Dossetti et de Giuseppe Alberigo) nous estimons quant à nous qu’une telle hypothèse est non seulement irritante mais indéfendable. Car, du point de vue historique, les textes constituent précisément une sorte de compromis transitoire. Vatican II n’est pas d’abord un corpus figé mais un évènement, une émergence. Sans quoi d’ailleurs, l’initiative du bon Pape Jean n’aurait tout simplement eu aucun sens.

Prêtre raciste au Gabon

Voici un épisode tragi-comique bien révélateur d’une mentalité au-delà
de la personnalité du prêtre concerné. L’abbé Patrick Duverger de la
Fraternité sacerdotale Saint Pie X (intégriste) d’Akébé-Ville, dans le
3e arrondissement de Libreville, s’est vu refuser son entrée à l’église.
Ses ouailles indignés avaient en effet barricadé l’entrée du lieu de
culte pour manifester leur colère contre l’ecclésiastique qui les aurait
traités de « pauvres nègres » et de « singe ».

C’est du moins ce que rapporte le quotidien « Gabon Matin ». Les propos de ce chapelain intégriste seraient récurrents. D’autres critiques fusent au sujet de l’ecclésiastique, en particulier celle de ne s’occuper que des nantis de cette chapelle. Le frère de l’abbé raciste, Loïc, est lui aussi prêtre et chef du district compétent de la Fraternité sacerdotale en question. Le catholicisme gabonais connaît ainsi son deuxième scandale depuis le début de l’année.

En effet, il y a quelques mois, le père Apollinaire de l’église Saint-Joseph-de Lalala avait été mis en cause dans une histoire de mœurs. Il aurait engrossé une fillette de 15 ans. Le même ecclésiastique décidément infatigable aurait également déposé une plainte pour escroquerie à l’endroit d’une ancienne concubine. La présence intégriste et traditionaliste est assez forte au Gabon.

C’est d’ailleurs dans ce pays qu’il y a une vingtaine d’années l’abbé Gilles Wach avait lancé le noyau officiel de l’Institut du Christ Roi souverain prêtre de Gricigliano, dans un petit diocèse, celui de Mouila. L’archevêque de Libreville, Mgr Basile Mvé Engone, un salésien souriant de 70 ans, est connu pour sa sensibilité très traditionnelle. Il est également cité comme cardinal lors d’un prochain consistoire. Rappelons enfin que Mgr Lefebvre fut en 1990 poursuivi en justice par la LICRA. Avant d’être condamné en appel, quautre jours avant sa mort en 1991.