Une rencontre hasardeuse

Réclamé par Benoît XVI, comme devait le lui faire savoir le cardinal André Vingt-Trois lors d’un déjeuner, Nicolas Sarkozy se rendra donc à  Rome le 8 octobre. Honneur particulier ou coup de semonce de l’évêque de Rome au chanoine du Latran ?

Certes, le président français pourrait se faire tancer, avec toute l’onction papale habituelle, sur la question de la déchéance de la nationalité qui serait réservée aux Français de fraîche date. Il pourrait aussi être amené à  se faire remonter les bretelles pour ses atteintes à  la politique familiale, avec la suppression des avantages fiscaux pour les jeunes mariés. Et peut-être aussi à  propos des 4 600 emplois d’enseignants perdus dans l’enseignement privé sous contrat, dont 1 633 pour la rentrée 2010-2011. Tout ceci, bien sà»r, avec la plus extrême courtoisie.

Les Roms ? Un consensus semble s’annoncer, du genre mes actes ou mes paroles ont dépassé ma pensée. D’autres considérations animent le Vatican et Nicolas Sarkozy. Sur le long terme pour le premier et à  l’horizon 2011-2012 pour le second. Rome vaut bien une messe, semble penser le président de la République, et l’électorat catholique n’est pas à  dédaigner par les temps qui courent.

Et il peut être assuré que Benoît XVI évitera quelques remarques trop embarrassantes, comme celles qui pourraient concerner Eric de Sérigny, le conseiller d’Eric Woerth en charge des « relations avec le monde économiques », qui dirige au moins trois sociétés écran au Panama, paradis fiscal capable de faire de l’ombre au Vatican lui-même.

Et puis ces deux-là  sont faits pour s’entendre, entre un pape qui condamne la théologie de la Libération et un président qui fait la cour à  l’extrême-droite.

Qui gagnera le plus dans cette visite ad limina du chanoine honoraire de la basilique de Saint-Jean-de-Latran ? Nicolas Sarkozy ne devrait pas se réjouir trop vite. Le Vatican et sa longue histoire a quelques longueurs d’avance. Que peut-on retenir en définitive de cet épisode ? Rien d’autre sans doute que les égarements des pouvoirs lorsque des intérêts sont en jeu.

Précision : Mgr Dowling est l’actuel
évêque du diocèse de Rustenburg (Afrique du Sud) et non pas son
évêque émérite comme indiqué par
erreur dans Golias Hebdo n° 152.

Renaissance

« Dieu écrit droit avec des lignes courbes », Paul Claudel citait volontiers ce proverbe portugais. Quant à  Bossuet, une intuition semblable est au coeur de sa tentative de rendre compte d’une histoire universelle. La crise et le malheur permettent un renouveau et une renaissance. Les scandales en cascade suite aux révélations d’abus sexuels peuvent donner à  penser que la barque de Jésus va chavirer. Mais, dans la foi, on peut estimer que ce passage par une sorte de crucifixion et de mise au tombeau est le prélude d’une résurrection.

Nous assistons aujourd’hui à  la fin d’un monde et à  la faillite inéluctable non pas du message chrétien mais d’un type de christianisme et d’Eglise. Que le théologien Hans Kà¼ng, reprenant un concept de la philosophie des sciences, dénomme « paradigme ». Certes, des générations fragilisées sont tentées de s’y accrocher sinon de la faire revivre. Utopie d’une restauration qui est d’abord une imposture intellectuelle en regard de l’Evangile et de son message de vie, de liberté et de responsabilité.

Dans un texte à  bien des titres admirables, un évêque sud-africain aujourd’hui à  la retraite, Mgr Kevin Dowling, avec franchise et profondeur, dresse le bilan, ose le diagnostic et ouvre un chemin d’avenir. Son principal mérite est de mettre en évidence l’absence totale de véritable légitimité théologique de la dérive autoritaire et centralisatrice qui étouffe l’Eglise depuis Jean Paul II. Contre les principes même d’une gouvernance chrétienne. Comme celui de subsidiarité.

Trois évêques belges osent enfin formuler ce qui est perçu par la grande majorité de l’opinion comme une évidence. Celle de l’opportunité de permettre à  des hommes mariés de servir l’Eglise comme prêtres. Le mur de silence et de soumission commencerait-il enfin à  se fissurer ? Si une hirondelle ne fait pas le printemps la chute d’un édifice vermoulu ne signifie pas forcément la mort. Mais laisse imaginer une renaissance.

Croisade contre l’islam

Sommes-nous, encore aujourdui, irrémédiablement condamnés au choc des cultures (prophétisé par Samuel Huntington) ? Peut-on envisager des relations sereines et fructueuses entre le monde occidental et l’islam ? Vaste question. Urgente et délicate d’autant plus qu’aux Etats-Unis la tension monte. La crainte aussi.

On ne s’étonne donc pas des fortes oppositions rencontrées par le projet controversé d’une mosquée à  deux pâtés de maison de là  o๠se trouvaient les tours jumelles détruites le 11 septembre 2001. Véritable levée de boucliers. Sinon campagne islamophobe. Au fait, un nombre croissant d’américains estiment aujourd’hui que le président Obama lui-même est musulman!

Pays des libertés, les états-Unis connaissent parfois des regains d’intolérance à  l’exemple du maccarthysme. Face à  un ennemi clairement identifié, il s’agit d’opposer un grand front de refus avec le risque de faire des boucs émissaires. Jadis les communistes. Aujourd’hui les musulmans. Identifiés parfois purement et simplement au camp du mal, sinon au diable. Les croisades contre l’islam se multiplient. Opposer une intolérance à  une autre n’a jamais servi à  rien, sinon à  attiser la haine et à  engendrer la guerre. La seule route, chrétienne et tout simplement humaine, pour faire face (et non front) à  l’islam est de promouvoir partout l’esprit de fraternité, de respect, de tolérance et de dialogue. Une tâche qui n’est pas simple. Mais c’est la seule issue acceptable et possible.

Golias

L’illusion d’un avenir

Le suicide récent d’un prêtre encore jeune, à  Marseille, attire notre attention sur la souffrance qui peut être celle des serviteurs de Dieu. Certes en bonne part
liée à  la fois à  leur propre histoire personnelle – ce qui n’a rien de spécifique à  la condition spéciale qui est la leur – mais aussi au contexte plus difficile de l’exercice de leur mission et « vocation ».

Il ne faudrait cependant pas négliger, en particulier dans le cas de la vie religieuse, l’impact délétère et peut-être suicidaire de l’intériorisation du sacrifice de soi à  une institution idéalisée et à  un Dieu qui ne ressemble pas toujours à  celui de l’Evangile.
Il est certain également que la question du dialogue entre « foi » et « psychologie » (ou « psychanalyse ») est complexe et irréductible à  une sorte d’antagonisme définitif. A Freud qui écrivit L’avenir d’une illusion pour expliquer le succès de la religion, Névrose obsessionnelle de l’humanité, Oscar Pfister répliqua L’illusion d’un avenir. L’enjeu du sens ultime paraît en effet irréductible aux stratégies, bien entendu réelles et importantes, de l’inconscient face à  son désir.

Une enquête remarquable, qui a demandé plusieurs années, celle de Roselyne Roth-Haillotte La vie religieuse entre passion et désordres parue aux éditions Golias (2009) permet de mesurer, tout en nuances au demeurant, l’étendue d’un problème. « Dans ce parcours puissamment tracé, pernicieusement, un dérapage psychologique ou affectif peut néanmoins s’introduire et la personne consacrée atteindre les limites de la souffrance ».

On comprend aisément que de tels problèmes parasitent puissamment la vie communautaire. Une collectivité fait toujours caisse de résonance. De plus, cela crée une atmosphère d’ensemble. Qui ne joue pas, on peut aisément le deviner, en faveur de la crédibilité de l’Eglise.

Il serait trop simple, et lâche, de la part des responsables ecclésiaux de s’exonérer de toute responsabilité en pointant les déficiences propres aux sujets. Oubliant l’effet catalyseur d’un système en soi contestable. Une conversion à  la liberté de l’Evangile serait-elle superflue ?

Golias

Vade retro filia(s) !

La restauration en cours comporte bien des volets et des dimensions. Y compris liturgiques. Parmi les évolutions des trente dernières années que les plus conservateurs n’arrivaient pas à  digérer, il y a celle des filles enfants de choeur. En raison sans doute de la charge symbolique. Et de l’idée insinuée d’une éventualité d’avoir un jour des femmes prêtres (horresco referens). Il ne faut donc pas s’étonner de la stratégie en cours pour revenir sur cette évolution. Quitte à  la faire peu à  peu, habilement, et non de manière fracassante comme le fit un curé du diocèse de Bayonne.

En ce sens, il s’agit bien au travers de l’action apparemment non concertée mais qui obéit sans doute à  une inspiration initiale commune de trois diocèses, Bayonne, Saint-Etienne et Toulouse, de remettre de l’ordre dans la bergerie et de tout verrouiller pour le futur. En prenant garde cependant d’éviter tout reproche de sexisme. En revenant adroitement et sans avoir l’air de rien sur les avantages de la mixité. Au fond, il s’agit de tendre vers une « non-mixité dans le service de l’autel ». Après tout, on appelle bien les aveugles des non-voyants. Avec parfois un argument plus théologique (en particulier concernant Saint-Etienne) : « Mgr Lebrun reconnaît sa préférence pour un service masculin à  la cathédrale, préférence pas facile à  expliquer […] service qui permet la proximité avec l’autel, Jésus fait homme, et il a choisi des apôtres hommes. […] » Une théologie datée et sommaire qui n’ose s’affirmer elle-même.

La régression est théologique mais également anthropologique. Dans le document stéphanois on peut lire par exemple : « Au moment de l’adolescence, le paraître en public est souvent moins difficile pour les garçons… , mais les filles sont plus sérieuses. » Au-delà  du fait même de la mixité ou non du service de l’autel, il se joue discrètement quelque chose de très important. Une conception de la gouvernance pastorale phallocrate et cléricale. Qui entend reprendre ses droits. Qui sait que cela ne sera pas toujours facile. Mais le fera tout de même. En sachant bien présenter les choses.

Complètement foot !

Nous devrons faire semblant de ne pas savoir que, contrairement au mythe véhiculé dans le film Invictus, l’Afrique du sud reste un des pays les plus violents, racistes et inégalitaires du monde.

L’espérance de vie y est de 50 ans et le taux d’analphabétisme adulte d’au moins 15% ! Près de 43 % de la population vit en dessous du seuil de pauvreté, le chômage est officiellement de 20 % (mais certaines estimations avancent le chiffre de 40 %) et 1,1 million de familles vivent encore dans des bidonvilles. Grâce au silence résigné de la FIFA, les mafias spécialisées dans la traite humaine vont organiser la déportation de millier de femmes destinées à  être exploitées sexuellement par les supporteurs et les joueurs aggravant encore plus les risques d’expansion du SIDA dans un pays ou 5,7 millions de personnes sont contaminées et dont 58% n’ont pas accès aux médicaments.

Comme d’habitude, la police et tout un arsenal sécuritaire vont être déployés afin de protéger les touristes des gangsters et canaliser les violences multiples des supporters. Les cinq nouveaux stades et les cinq stades rénovés auront coà»té 1 milliard d’euros avec un coà»t global des dépenses s’élevant à  7 milliards pour seulement 3,7 de recettes, soit 30 % de dépenses de plus que prévu initialement. Alors que le salaire des ouvriers des chantiers est misérable ! Pourtant, de l’argent, il y en a : dans les poches de la FIFA ! Le montant total de ses revenus pour l’année 2009 en rapport avec la coupe du monde de football en Afrique 2010 : 1, 06 milliards de dollars dont 196 millions de dollars de bénéfices nets. Ce qu’on oublie lorsqu’on se passionne pour la coupe du monde, c’est que, de l’adolescent chinois qui fabrique la mascotte « Zakumi », 13h par jour pour 2,2 euros, au salarié français en passant par l’ouvrier du bâtiment sud-africain, nous sommes tous des exploités hypnotisés par le divertissement du ballon rond. Accepter les règles d’un jeu violent, inégalitaire et sexiste assoit l’aliénation de tout-te-s et ne saurait être compris comme une conquête sociale. Ne soyons pas dupes !

Ronan David, Fabien Lebrun, Patrick Vassort auteurs de Footafric : Coupe du monde, capitalisme et néocolonialisme, 128 pages |
12 x 18,5 cm | 11 euros | éd. l’Echappée

Ignonimie et inhumanité

Trop, c’est trop. La décision de l’évêque américain Mgr Olmsted (Phoenix) d’excommunier une religieuse qui n’a suivi que sa conscience pour faire accepter une interruption de grossesse, en danger de mort, pour sauver donc la vie de la mère, fait déborder largement le vase. Au plan théologique c’est une imposture et au plan de l’équité humaine, une ignominie.

Le débat est double : celui de fond porte en effet sur la légitimité d’accepter, dans des cas extrêmes, ce qui est jugé, à  tort ou à  raison, toujours irrecevable. Le deuxième, plus immédiat et de nature pastorale, vise l’attitude incroyable d’un évêque qui excommunie une religieuse qui a voulu simplement être fidèle à  sa conscience – juge suprême en l’occurrence – et à  l’Evangile de Jésus.

A l’évidence, c’est la visée restauratrice de Benoît XVI qui pointe son nez. Le pape veut une Eglise qui marche droit. Un nombre hélas non négligeable de nouveaux évêques américains abonde dans son sens et entend mener jusqu’au bout le bras de fer engagé avec une « culture de mort » (de son point de vue). Notamment dans le cadre de l' » Obama Care « , la réforme de santé mise en place par le président américain et sur laquelle se focalisent les franges intransigeantes du catholicisme américain en lien étroit avec le Vatican.

Mais Rome ne pourra éviter qu’un débat soit enfin ouvert sur la question même de l’interruption de grossesse. En particulier, dans ce cas très différent des autres, d’un « avortement thérapeutique ». Quelquefois d’un avortement de survie tout simplement pour la femme. Ceci dit, il est aussi trop facile de fustiger un « avortement de confort ». Expression insultante pour des femmes dont on continue d’ignorer le vécu existentiel. Quand donc nos hiérarques répondront-ils enfin au souhait exprimé par Mgr Veillette, le président des évêques du Canada, de traiter cette question en « dialogue »? (voir notre article ci-contre) Sans cette importante correction de la position officielle, ceux qui voudront suivre les directives du Magistère, sans oser l’écart d’une transgression en conscience, sont condamnés à  l’inhumanité la plus choquante.

Christian Terras

Gouvernance bloquée

Un double constat s’impose, difficile à  nier. D’une part, celui d’une crise des vocations avec un vieillissement considérable d’un clergé qui a dépassé en moyenne l’âge limite des soixante-quinze ans. D’autre part, au-delà  de la question de la pédophilie, arbre qui cache la forêt, c’est l’ensemble du fonctionnement actuel du catholicisme, que l’on peut qualifier de clérical, qui pose problème à  tous les niveaux.

Au point de provoquer un « schisme souterrain » comme l’indique le jésuite espagnol Juan Masia (voir page7). Revoir simplement la règle du célibat obligatoire des clercs séculiers, solution en soi heureuse et satisfaisante, qui semble de plus en plus envisageable y compris dans des bouches cardinalices, ne suffira pas. La pire des solutions est, selon le mot du Prince Salina  » que quelque-chose change pour que tout demeure identique « .

En premier lieu, les malfaçons de la gouvernance épiscopale actuelle, avec des conquêtes autoritaires de diocèses sinistrés (comme à  Belley-Ars), ou ailleurs l’abdication d’évêques en soi excellents mais qui, désespérés sans doute, livrent le diocèse aux mains de quelques jeunes prêtres déconnectés, faute de choix, conduisent déjà , à  court terme, à  une impasse. Les évêques de France sont en quelque sorte pris entre le marteau romain – avec une volonté de restauration et de centralisation – et l’enclume des jeunes prêtres qui restent, peu nombreux, mais souvent les seuls. Et qui, en majorité, dégainent la palette de l’intransigeantisme et parfois du traditionalisme.

En second lieu, malgré des succès locaux et temporaires, la stratégie de restauration intransigeante ne parviendra pas à  compenser le départ massif de fidèles. Plus encore, elle décourage les forces vives et, lorsque viendra l’heure de son épuisement, ce sera le désert. Il convient donc de trouver les voies d’une nouvelle gouvernance. A tous les niveaux. Ce qui suppose au préalable une audace de la pensée et de l’action. Et une remise en cause des étroitesses qui nous condamnent aux impasses actuelles. C’est à  ce niveau qu’il faut remonter. Condition indispensable pour une nouvelle gouvernance.

Une Eglise de Pentecôte dans un monde en crise

Dans toutes nos églises, nous éteindrons ce dimanche le cierge pascal, non parce que la lumière de la Pâque a disparu mais parce qu’elle est désormais intérieure. La fragile flamme de la victoire de la vie sur la mort sera à  nouveau visible lors des baptêmes quand nous célébrons symboliquement la plongée dans la mort et la résurrection du Christ, et pour les funérailles au moment du passage décisif.

Mais c’est tous les jours que la communauté chrétienne doit vivre l’itinéraire du Christ, c’est-à -dire mourir pour renaître et les crises que nous traversons ne sont que le rappel du quotidien que Jésus avait promis à  ses amis. Comment en effet être dans le monde sans être du monde ? Mais là  o๠certains voient cette opposition se jouer dans la confrontation avec une société sécularisée et relativiste, nous la situons dans un refus de toute hypocrisie que voilerait une raison d’Eglise comme la raison d’Etat couvre les pires crimes ! Comment parler, penser, sentir comme le Christ, Lui qui n’a cessé d’être en lutte avec les scribes et pharisiens les accusant d’être des sépulcres blanchis et qui ont fini par le mettre au tombeau ? Mais Il leur a échappé, comme Il nous échappe encore. Toujours devant mais aussi, à  chaque instant, au plus profond de nous, pour nous empêcher de dormir en nous reposant sur l’illusion d’un ennemi qui n’est autre que notre propre refus de Son Evangile. Les processions pour obtenir des prêtres sont aussi risibles que celles faites pour obtenir de l’eau ou les demandes de pardon qui ne s’accompagnent pas d’un changement radical de comportement. Le don de l’Esprit ne relève pas de la magie en faisant disparaître notre finitude et notre péché. Mais c’est dans l’ambiguïté de nos vies qu’Il nous pousse à  poser la même question que les témoins de la
première Pentecôte : « Que devons-nous faire ? » Est-ce cette interrogation qui taraude l’Eglise ou est-elle encore obsédée par le rêve infantile de détenir une Vérité que les crimes de certains de ses membres viendraient détruire. Mais justement, à  quelle forme d’Eglise devons-nous mourir pour renaître comme Eglise de plein vent ? Vivre le mystère pascal n’est jamais facile. Le chemin de croix est pourtant le seul vrai chemin de joie ! Bonne Pentecôte¦

Un autre regard

La question des femmes voilées occupe une bonne partie du champ politico-médiatico-intellectuel de notre pays alors qu’il ne concerne que quelques centaines voire un ou deux milliers de femmes ! Vous nous direz que c’est déjà  trop. Pourtant ce voile ne cache pas seulement les femmes qui le portent mais aussi les enjeux d’un vrai débat qui concerne notre rapport à  l’autre. A Golias nous avons décidé de hisser les voiles, comme une Eglise de plein vent, pour vous faire découvrir un autre visage de l’Islam.

Il n’est pas question de nier les difficultés du dialogue avec les autorités musulmanes, ni d’oublier la situation des chrétiens en Algérie ou en Irak. Mais se voiler la face signifie autant nier la réalité, toujours plus riche que ce que l’on veut en retenir, que s’enfermer dans la peur telle qu’elle se manifeste dans l’idéologie sécuritaire qui a renvoyé aux calendes grecques la solidarité avec l’autre. L’autre, musulman, dans une société de tradition majoritairement chrétienne. L’autre, religieux, dans un monde sécularisé. L’autre, le pauvre, dans une économie folle.

Car il est évident que la principale discrimination ne concerne pas un vêtement mais la possibilité même de bien se couvrir ! Notre Eglise est affrontée à  toutes ses questions. Elle a l’expérience de la solidarité autant que de la réflexion théologique qui désacralise le monde et les Ecritures pour en faire un chemin de sainteté. Le rapport Dagens, dont on parle trop peu, en est un bel exemple et il faut saluer la Conférence des Evêques qui l’a publié. Sans doute le signe qu’elle a renoncé à  la tentation intégriste. La burka ne vaut pas mieux que la soutane ! Le Fils est venu dévoiler le visage d’un Dieu humain¦

C’est bien à  un autre regard que nous sommes invités !

Golias