La profonde pensée de l’évêque aux Armées

Monseigneur LE GAL sur le site du diocèse aux armées exprime sa profonde pensée dans le choeur de ses confrères.

Monseigneur se démarque cependant, utilisant l’argument que l’AFM (Association Française de Lutte contre la Myopathie) n’avait pas récusé les informations relatives à  la recherche sur les embryons humains, et le clonage thérapeutique.

Par voie de conséquence, pour Mgr LEGAL, celles ci étaient certaines et qu’en conclusion, il convenait donc de ne plus soutenir financièrement ces recherches.

« Qui ne dit mot consent » selon Monseigneur.

Golias est bien placé pour savoir qu’a la suite du N° 108 relatant ses « oeuvres » en Corrèze et sa pastorale au sein du DAF, Monseigneur et ses amis sont restés muets et se sont bien gardés de récuser une quelconque information d’un dossier très lourd.

Compte tenu des faits relatés, non récusés, donc maintenant établis si l’on suit le raisonnement de ce prélat, on ne peut que s’étonner de l’absence de réaction des différents intervenants qui, maintenant pleinement éclairés, pourraient réagir.

Pour la suite, fidèle à  sa pensée et sa formation comptable Monseigneur nous entraîne, par un raisonnement subtil, à  refuser notre concours à  une oeuvre privée dont l’activité est jugé moralement inacceptable et à  « ne pas déduire de ses impôts la part correspondant à  des actions de l’Etat jugées immorales, sauf situation limite exigeant la désobéissance civile.»

Sans une solide expérience des coups tordus fiscaux nous avons besoin de quelques exemples pour comprendre.

A rapprocher de l’article de EGMIL (le Bulletin du diocèse aux Armées) « Faut-il faire la guerre à  Bercy » o๠Monseigeur oubliait le devoir de réserve.

Bref dans le choeur des évêques une voie en fausset ¦

A souligner dans ce débat la parfaite mesure et expression de son prédécesseur Mgr DUBOST relatée par l’ensemble des médias, du journal le Monde à  La Croix.

Le Téléthon et le denier de l’Eglise : une affaire de gros sous !

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L’analyse éclairée d’un (ex) économe diocésain sur la campagne des évêques contre le Téléthon.

C’est avec un certain cynisme que j’aborderai les prises de positions de l’évêque de Toulon .

En effet, et je reste dans mon ex-position d’argentier diocésain, je pense qu’il s’agit aussi d’ une affaire de gros sous !

Dans 80 % des diocèses français dès le mois de novembre les évêques font une relance du denier de l’Eglise. La «fenêtre » est très étroite, entre le Secours Catholique et le téléthon, c’est-à -dire entre le 25 novembre et le 10 décembre, il faut relancer le denier.

Comme vous pourrez le constater sur les graphs joints représentant trois diocèses que j’ai analysés, le denier enregistre une progression importante en décembre.

Pour l’un des diocèses (du centre de la France profonde !) c’est le grand mois des recettes. C’est une évidence pense-t-on dans les milieux autorisés le téléthon détourne les dons des fidèles !

Le diocèse de Toulon n’échappe pas à  la règle commune d’autant que ses finances ne sont pas au beau fixe depuis plusieurs années.

Etude de la progression du denier de l’Eglise mois par mois pour l’ensemble des diocèses en France

Pape – "Sa belle soutane blanche est entachée" | ARTE Journal | Monde | fr – ARTE computs_romain___germanique.jpg 2013-05-13_lettre_aux_proches_de_la_cte.pdf

Quand une commission pontificale appelle à  tromper les évêques

La Commission Pontificale « Ecclesia Dei » a été instituée par Jean-Paul II en 1988 pour faciliter la pleine communion ecclésiale des prêtres, séminaristes et religieux – religieuses liés à  la Fraternité fondée par Mgr Lefevbre, et qui désirent rester unis au pape et à  Rome.

Le secrétaire de cette Commission est Mgr Camille PERL. C’est à  lui que s’adressent donc « les tradis » lorsqu’ils ont des « problèmes » avec l’évêque, appelé l’Ordinaire, dont ils dépendent.

Un groupe de chrétiens traditionalistes allemands s’était vu refuser par son évêque la célébration de la messe selon l’ancien rite. Ce groupe s’est donc adressé à  la commission « Ecclesia Dei ». Mgr PERL leur a répondu dans un courrier daté du 7 novembre 2006, et que nous publions après nos brefs commentaires.

On remarquera que dans cette réponse, Mgr PERL redit longuement la loi qui permet à  l’évêque de refuser la célébration de la messe de Pie V.

Bien ! Mais ensuite il se cache derrière ce rappel à  la loi pour mieux encourager ces tradis à  la contourner en rappelant que la messe ancienne célébrée « en privé » n’a pas besoin d’autorisation. Suit alors deux phrases absolument magnifiques, dignes de figurer en bonne place dans tous les manuels de théologie morale :

 » On peut aussi se demander s’il était perspicace de mettre l’Ordinaire au courant du fait que la messe était célébrée selon le rite ancien, ceci avec l’intention « d’être en règle » (un argument typiquement allemand). N’aurait-il pas mieux valu considérer cette célébration par le Père comme une célébration privée, sans trop en parler ?  »

Dans ces deux phrases on a tout : l’appel à  la transgression de la loi par celui qui est chargé de la faire appliquer, et dans la foulée l’encouragement à  l’hypocrisie et au mensonge. Ce faisant Mgr Perl ne cache pas ses sympathies profondes.

Et dire que le Vatican se désole de la perte du sens de l’obéissance chez les chrétiens¦ Allez-y, chers frères, mais surtout n’en parlez pas. Ainsi prêche Monseigneur PERL.

Voici sa lettre, traduite de l’allemand par nos soins :

Votre lettre du 11 septembre nous est bien parvenue, nous vous en
remercions et vous prions de nous pardonner d’avoir tardé à  vous répondre.

Vous posez la question de savoir si l’évêque diocésain peut interdire de
célébrer la sainte messe selon le rite ancien, même si le « Rector
ecclesiae » l’a autorisée. La réponse est : oui, il peut le faire.

Le Canon 838 § 3 du droit ecclésial dit : « Il appartient à  l’évêque
diocésain d’émettre dans les limites de sa compétence, des normes
obligatoires pour tous concernant la liturgie. »

La célébration publique de la sainte messe relève incontestablement de
la compétence de l’évêque, c’est-à -dire qu’il peut en accorder la
permission ou l’interdire.

Le fait que – comme vous l’évoquez – le prêtre est membre d’un institut
qui jouit du privilège de célébrer dans le rite romain sous sa forme
ancienne, c’est-à -dire de célébrer selon le missel de 1962, ne change en
rien la compétence de l’évêque du lieu.

Le prêtre peut célébrer selon ce rite en privé, dans les églises et
chapelles de son institut et en tous lieux o๠le « rector ecclesiae » le
lui permet.

Par contre lorsqu’il s’agit d’une célébration eucharistique publique, la
compétence de l’évêque entre incontestablement en jeu.

S’il interdit cette manière de célébrer la messe en public, alors tant
le « Rector ecclesiae » que le prêtre en question sont tenus de s’en
tenir aux injonctions de l’évêque. C’est ce que dit la loi.

Autre chose est de savoir si l’évêque du lieu a agi de manière opportune
en se prononçant pour cette interdiction, ce qui, selon votre point de
vue, est à  mettre en doute.

On peut aussi se demander, s’il était perspicace de mettre l’Ordinaire
au courant du fait que la messe était célébrée selon le rite ancien,
ceci avec l’intention « d’être en règle » (un argument typiquement
allemand).

N’aurait-il pas mieux valu considérer cette célébration par le Père,
comme une célébration privée, sans trop en parler ?

Vous serez sans doute déçu de ma réponse mais je ne puis vous en donner
une autre. Vous avez dà» apprendre par la presse que le Saint Père à 
l’intention de revoir les questions dans ce domaine.

Il serait bon d’attendre patiemment le changement juridique de cette
situation. Priez afin que le Seigneur dirige comme bon lui semble.

Croyances et Libertés : l’inacceptable

L’épiscopat français a fondé en décembre 1996 une association intitulé « croyances et libertés ».

Elle figure dans le journal officiel de la République française, en date du 15 janvier 1997.

Elle se fixe pour objet, selon le même document : de « défendre, d’une part, la liberté religieuse, le droit au respect des croyances, d’autre part, les dogmes, les principes, la doctrine de l’église catholique, ainsi que ses institutions ».

Cette association se fixe en réalité pour but non de promouvoir la liberté mais de la limiter .

La formulation même de l’objet, au travers d’un balancement faussement subtil, me semble suffisamment éloquent.

L’association entend défendre les dogmes. Que l’institution à‰glise catholique défende les dogmes en son sein peut sans doute se défendre, même si une théologie éclairée remet sérieusement en cause cette idolâtrie équivoque d’une vérité coulée dans le bronze.

Ce qui est inacceptable, c’est de vouloir limiter le droit d’hommes libres, croyants ou mécréants, au nom d’expressions figées d’une minorité trop arrogante. Au nom de la Bible, du Coran, ou de quelque autre doctrine que ce soit.

L’épiscopat revendique le droit au respect des croyances. Fort bien.

Pourquoi ne va-t-il pas jusqu’au bout et ne revendique-t-il pas également le respect des incroyances, et d’une critique intellectuelle toujours salubre et roborative ?

L’épiscopat aurait-il la mémoire courte ?

Oublierait-il les condamnations portées par le Syllabus de la liberté de conscience ? L’index, liste de livres prohibés, est resté en vigueur dans l’à‰glise romaine jusqu’en 1968. L’exemple des fanatismes n’est-il pas concluant ?

La fatwa portée contre Salman Rushdie, terrorisme des esprits et des corps, montre bien à  quelle extrémité pour le moins fâcheuse peut conduire la « susceptibilité » en matière de convictions religieuses.

Nos évêques veulent-ils restaurer la loi sur le blasphème promulguée en 1825 par Charles X ? En tout cas, ils en prennent dangereusement le chemin.

En République, un tel objet pour une association nous semble inacceptable et périlleux.

Les évêques, comme gênés de leur initiative, prétendent couper ainsi l’herbe sous les pieds de groupuscules intégristes plus radicaux. Sans doute. Après tout, ne se crèverait-on pas un oeil pour éviter de devenir aveugle ?

La suggestion est avancée avec le plus d’ironie possible dans « le malade imaginaire » de Moilière. La régression déplorable que constitue la volonté d’établir une censure dogmatique intolérante, imposée à  la société civile, au mépris de tout sens de la laïcité, traduit de la part des évêques français une étonnante étroitesse d’esprit : Flaubert dénonçait déjà  « la bêtise de conclure« .

Cette association entend pourfendre affiches, livres ou slogans dont le contenu serait susceptible de blesser la sensibilité des croyants.

Les évêques ont-ils perdu le sens d’humour, si lié parfois au bon sens.

J’ai envie de leur citer ce mot de Joseph Folliet : « heureux qui sait rire de lui-même, il n’a pas fini de s’amuser ».

Turbulences violettes

On ne peut que se réjouir de voir nos évêques réfléchir avec soin sur la question de « «trois différences structurantes dans notre société : homme/femme, père/mère, frère/soeur ».

Là  o๠un seul homme, Mgr Anatrella, régnait en maître, c’est un groupe pluridisciplinaire d’experts qui a travaillé pendant un an (petite précision donc : l’absence de l’expert n’a rien à  voir avec Golias puisque le groupe est né en 2005 et il n’en fait pas partie… mais les évêques étaient sans doute au courant depuis longtemps des accusations portés contre lui.

Mais le trouble apparaît bien vite dans la contradiction des discours de Mgr Bruguès et du Cardinal Ricard : Pour le premier, qui présidait le groupe de travail, « Notre mission était d’approfondir des sujets importants pour nos ministères de pasteurs, de comprendre et de fournir des arguments dans le débat du moment » et sa conclusion est des plus claires : « Mission accomplie : après un an de réflexion sur trois différences structurantes de la vie sociale (homme/femme, père/mère, frère/soeur) le groupe de travail, constitué en novembre 2005, a terminé sa mission » ! Les évêques ont donc désormais des compris et peuvent argumenter !

Le président de la Conférence épiscopale tint un langage fort différent, voire contradictoire, puisqu’il avoua dans son discours de clôture que, notamment sur la « théorie du gender », « des approfondissements restent plus que jamais nécessaires : la figure masculine, l’autorité, la fraternité et la filiation, d’autres encore… Pourquoi ne pas intéresser à  cette réflexion, vitale pour l’avenir de notre société, des cercles plus larges : des philosophes, des spécialistes des sciences humaines, des responsables politiques… ? La voie de la recherche sera longue. Nous sommes heureux d’en avoir parcouru aujourd’hui les premiers pas » !

L’alternative est donc entre un travail fini et une réflexion interdisciplinaire qui doit se poursuivre… Et sur ce point, nous suivons le Président des Evêques, non sans souligner, que sur des questions aussi controversées parce que d’une très grande complexité, les responsables de l’Eglise se disent « heureux » de balbutier, puisqu’ils reconnaissent n’avoir fait que « les premiers pas »…

Une Eglise joyeuse d’accompagner l’homme nouveau sans prétendre posséder la vérité…

Mgr Ricard, on a envie de vous faire la bise ! Et bon courage pour la prochaine visite ad limina !

Ajoutons, Dieu merci, que les deux évêques se retrouvent sur la place fondamentale de la Bible… Tout dépend de son interprétation et de la manière dont on travaille : Mgr Brugès s’est réjoui que ses pairs travaillent « vite » ! Mais il a aussi souhaité de ses voeux des lieux de débats et d’échanges avec les responsables politiques  » afin de passer du slogan à  une oeuvre politique « …

Ce qui sous entend que le travail de recherche fondamentale pour « formuler des propositions positives, dynamiques, pratiques, qui permettent de construire une parole d’Eglise claire, audible et compréhensible » n’est pas terminée !

Le cardinal Barbarin décore le « Badinter local »

Le 16 novembre, Philippe Barbarin, archevêque de Lyon a remis les insignes de (chevalier ?) … de la Légion d’honneur à  Me Jakubowicz, le très médiatique avocat lyonnais surnommé le « Badinter local ».

La cérémonie a eu lieu sous les ors de la République : elle se déroulait, en effet, à  l’hôtel de ville de Lyon .

On imagine sans mal le caractère quelque peu surréaliste de la cérémonie au cours de laquelle la formule …consacrée a été prononcée par le cardinal qui «  au nom du président de la République et en vertu des pouvoirs qui lui sont conférés, etc  » a adoubé le récipiendaire.

On veut bien que ce ne soient que des mots qui accompagnent un rituel républicain par lequel on remet à  une personnalité les insignes de cet ordre dont on dit que son créateur lui-même le qualifiait de  » hochet « .

On dit qu’il faut de tout pour faire un monde mais qu’on ne mélange pas tout : le cardinal archevêque de Lyon pouvait, à  loisir, féliciter l’impétrant et lui dire en quelle estime il le tenait. Cela fait partie des libertés dont il peut jouir comme tout un chacun.

Mais il n’avait pas à  parader en ce lieu et en cette occasion. Il y a quelque chose de malsain dans ce mélange des genres.

Il n’est en aucune manière question de vouloir confiner les gens d’église dans les sacristies, car il ont une voix, indispensable, à  faire entendre quand la justice et la dignités de leurs frères est en cause.

Mais ce genre de parade mondaine ne fait avancer en rien l’annonce du Royaume.

La haine de Dantec

L’écrivain bien connu et non dénué de talent Maurice G. Dantec, qui vit actuellement au Canada, se présente de plus en plus comme un croisé intégriste catholique. Voilà  ce qu’il a écrit à  Mgr Michel Santier, évêque de Luçon, qui avait exprimé il y a quelques mois au nom de l’Eglise une vraie repentance pour des attitudes intolérantes et blessantes :

« Monsieur,

Je ne vous nommerais pas du titre ecclésiastique qui vous est dà» car vous l’avez trahi.

Vous n’êtes pas un pasteur des Agneaux de Dieu mais le chef de bande des moutons de Panurge.

Lorsque l’Europe sera sous le joug du totalitarisme islamique, nous saurons nous souvenir de votre nom et de votre homélie hérétique.

Vous n’êtes plus catholique, vous n’avez sà»rement jamais été chrétien, vous ne pourrez jamais le devenir, la grâce ne vous est pas accordée, et en tout cas vous a été retirée.

(…)

Avec l’expression de mon trinitaire mépris.

Maurice G. DANTEC, écrivain catholique – Montréal »

Notre sympathie va à  Mgr Santier. Dantec nous rendra finalement les évêques sympathiques.

Quand Barbarin botte en touche !

Le cardinal Philippe Barbarin, archevêque de Lyon et primat des Gaules, a répondu à  une interview du Figaro de ce lundi 6 novembre, au sujet de la question de la réintégration des intégristes dans le giron ecclésial.

Il renvoie dos à  dos les partisans du rite tridentin et conciliaire pour lancer un appel emphatique à  la confiance envers Benoît XVI dont le débat cacherait en réalité « la défiance » à  son égard.

Et d’insister sur l’unité dont le rocher est le Pape.

Plus loin, Son Eminence touche un mot de la campagne présidentielle et y distille quelques pieuses vérités morales d’évidence, comme un donneur de leçons. Avec cette phrase, qu’on n’est guère surpris de lire sous sa plume :  » quand tous nos désirs deviennent des droits, on entre dans le royaume du n’importe quoi « .

On croit rêver ! Une hérésie théologique, au passage, dont la rédaction de Golias a encore du mal à  se remettre : en bonne théologie, nous avons toujours appris que le Rocher… c’était Jésus-Christ.

Mais aujourd’hui en catholicisme romain, on n’est plus à  une dérive près, concernant le noyau dur de votre foi évangélique.

Et les beaux parleurs n’en font que rajouter une couche à  la confusion ambiante.

Cardinal décevant

Dans les derniers temps, le cardinal Godfreed Danneels, archevêque de Malines-Bruxelles, nous avait plutôt heureusement habitués à  des prises de positions plus libres.

Tout récemment, invité de l’émission française « face aux chrétiens », Son Eminence a tenu des propos décevants sur l’euthanasie et l’homosexualité :

 » La légalisation de l’euthanasie en Belgique est une très mauvaise loi (…) Il est devenu nettement plus difficile de désirer vivre « .  » D’appeler ‘ mariage ‘ l’union entre deux hommes ou entre deux femmes, c’est une atteinte à  la vérité du dictionnaire.  »

Par le passé, Mgr Danneels avait au contraire semblé plaidé pour une plus grand liberté de jugement sur de telles questions, se refusant aux jugement abrupts et simplistes.

On parle de la nomination d’un successeur d’ici peu, peut-être d’abord avec la formule d’un coadjuteur. On sait que le cardinal souhaite la désignation de son évêque auxiliaire, Mgr Josef de Kesel, qui passe pour un homme prudemment ouvert, grand organisateur des journées d’évangélisation « Bruxelles Toussaint 2006 ».

Godfreed Danneels pourrait mettre en veilleuse son esprit critique pour que son poulain n’en fasse pas les frais auprès de la Curie.

Dans les milieux conservateurs, on espère celle, possible, de l’évêque de Namur, Mgr André-Mutien Léonard.

Cette situation pourrait en fait favoriser un troisième homme, incarnant la voie du centre : Mgr Johan Bonny, actuellement en poste au Conseil pour l’unité des chrétiens.

La richesse de Vatican II

Les évêques de La région Normandie qui entendent cultiver l’esprit de Vatican II ont adressé, le 17 octobre dernier, à  leurs prêtres, une lettre qui renouvelle leur confiance dans le travail accompli et leur fidélité à  la tradition vivante du concile Vatican II.

Nous reproduisons l’intégralité de ce document.

Chers amis,

Tout au long de son ministère au service de l’Eglise universelle, Jean-Paul II s’est voulu fidèle au Concile Vatican II . Il a profondément souffert de la division des catholiques, et prié pour que se restaure la communion. Ce même désir anime Benoît XVI. Les chemins de dialogue et de réconciliation récemment ouverts ne sont pas sans vous interroger, voire susciter vos inquiétudes, aussi voulons-nous vous exprimer notre estime et notre confiance.

Vous avez accueilli le C oncile Vatican II comme un don de l’Esprit. Vous n’avez pas ménagé vos efforts pour en recevoir et en approfondir les enseignements, et pour conduire les réformes qu’imposait l’aggiornamento de l’Eglise appelé de ses voeux par le bienheureux Jean XXIII.

Le Concile Vatican II s’est tenu dans une période de renouveau pastoral et missionnaire, et a bénéficié d’un progrès sans précédent des études bibliques et liturgiques, historiques et théologiques.

Mais au moment o๠il se réunit et dans les premières années de sa mise en oeuvre, s’opère également une profonde mutation culturelle de la société occidentale dont il est encore prématuré de dessiner les contours mais qui se traduit, entre autres choses, par une nouvelle manière d’appréhender les réalités et d’approcher la vérité, un nouveau rapport au monde.

Vous avez connu la peine de voir nombre de vos confrères renoncer à  l’exercice de leur ministère tandis que d’autres rejoignaient des groupes et des associations qui, prenant prétexte de certaines erreurs ou maladresses, se sont permis de refuser le Concile Vatican II .

Pour le service de l’Evangile, avec courage, audace et détermination, vous avez accepté les conversions et les redéploiements pastoraux exigés par des situations nouvelles.

Le soutien amical et généreux des chrétiens et de vos communautés vous a été précieux. Pour autant les critiques ne vous ont pas été épargnées.

Et vous êtes restés fidèles à  l’Eglise et à  sa tradition vivante.

« Quelles richesses le Concile Vatican II ne nous a-t-il pas données dans ses orientations ! … A mesure que passent les années (les textes du Concile) ne perdent rien de leur valeur ni de leur éclat. Il est nécessaire qu’ils soient lus de manière appropriée, qu’ils soient connus et assimilés, comme des textes qualifiés et normatifs du Magistère, à  l’intérieur de la Tradition de l’Eglise … Je sens plus que jamais le devoir d’indiquer le Concile comme la grande grâce dont l’Eglise a bénéficié au vingtième siècle ; il nous offre une boussole fiable pour nous orienter sur le chemin du siècle qui commence » Jean-Paul II, Lettre apostolique Au début du nouveau millénaire, 6 janvier 2001, n° 57.

Nous vous disons merci. Nous vous renouvelons notre estime fraternelle et notre confiance.

A Lisieux, le 17 octobre 2006

Jean-Charles Descubes, archevêque de Rouen

Jean-Claude Boulanger, évêque de Sées

Michel Guyard, évêque du Havre

Christian Nourrichard, évêque d’Evreux

Pierre Pican, évêque de Bayeux et Lisieux

Michel Le Blond, administrateur diocésain de Coutances et Avranches