Le pouvoir de nuisance

Il y a bien des manières de s’affirmer :

l’une consiste à  faire se valoir positivement;

l’autre, parfois non moins efficace, privilégie l’action négative.

On peut parler d’un vrai pouvoir de nuisance d’autant plus fort que la critique est un art plus aisé que la construction (même si elle est indispensable, ce n’est pas nous qui dirons le contraire).

Le catholicisme français a perdu bien des batailles. Sa force de proposition et encore plus de contrainte a connu au vingtième siècle une érosion indiscutable. Les courants les plus intransigeants ne s’en sont jamais consolés. Quant aux évêques, certains d’entre eux se laissent gagner par de vieux et tristes relents de nostalgie.

L’affaire du Téléthon ne peut pas servir vraiment positivement l’image des cathos en France. En effet, si les dons restent inchangés malgré la pression épiscopale, le courant catholique conservateur aura fait la preuve de son impuissance.

Dans le cas inverse, l’épiscopat aura sans doute fait la preuve de son pouvoir de nuisance, mais le moins que l’on puisse dire est que cela ne le rendra pas pour autant très sympathique. Doux euphémisme!

Les évêques de France sont d’ailleurs fort partagés sur la question. Un certain nombre d’entre eux a rejoint la croisade du sieur Arduin, un laïc du diocèse de Fréjus Toulon, de sensibilité d’extrême droite.

En particulier Mgr Maurice de Germiny, évêque de Blois, mais également, ce qui est particulièrement consternant, l’archevêque de Paris, Mgr André Vingt-Trois.

On retrouve aussi parmi les plus intransigeants, ô triste surprise, Mgr Georges Pontier, archevêque de Marseille, un prélat pourtant réputé social et ouvert.

Du côté des évêques gênés ou irrités par cette campagne anti-Téléthon, on doit évoquer Mgr Michel Dubost, évêque d’Evry, qui a réagi le plus vivement.

En moins clair, Mgr Jean-Charles Descubes, archevêque de Rouen, se prononce en ces termes :  » ce boycott est regrettable. Même si on pourrait envisager la possibilité d’une affectation ciblée des dons« .

La récente, prudente et tardive mise au point du cardinal Ricard, Président de la conférence épiscopale, témoigne, si besoin était, de la prise de conscience par les évêques de l’ambiguïté d’une démarche de reconquête de l’autorité morale perdue sur la société française.

On se demande pourtant s’il ne s’agit pas d’une ultime concession (car le Président de la République lui-même est entré dans l’arène) avant de succomber au charme d’un néo-intégralisme de plus en plus arrogant.

La supercherie de Laguérie

A l’époque o๠je lançais mon cri d’alarme sur la nécessité du choix crucial Dieu le Grand Inquisiteur ou le Libérateur, je croyais encore naïvement qu’avec le nouveau pape, il fallait subir quelques mesures maladroites prises par un Souverain Pontife plus doctrinaire que pastorale et politique.

Or, Benoît XVI est intellectuellement, conceptuellement très cohérent d’une logique parfaite. Son action se déploie en premier lieu dans un domaine regardé trop souvent à  tort comme secondaire : la liturgie avec pour élément central l’Eucharistie devenue dans le langage courant la Messe. Il a suffi d ˜une relativement courte durée “ du début de ce qu’il est convenu d’appeler notre ère aux années 313-320 après jésus Christ pour que l’Eglise cesse d’être l’assemblée de la transgression universelle par la Parole incarnée, crucifiée, res-suscitée “ des frontières de l’espace et même du temps.

Si l’Eglise a opéré progressivement cette mutation, c’est afin de copier, plagier son protecteur qui, par voie d’échange de méthodes dirigeantes, la consacre monarchie pontificale. C’est ainsi qu’au fil des siècles, même dans le passage historique de l’Empire de Rome à  la multiplicité des royaumes barbares , la régime préféré de l’Eglise catholique romaine a été la monarchie absolue de droit divin.

Qui pouvait mieux que le visible roi terrestre représenter l’Invisible seigneur du ciel et de la terre ?

Si je pars à  la découverte de mes souvenirs chrétiens et catholiques, ma mémoire n’a pas besoin de remonter très haut et loin dans le passé pour trouver avant la Concile de Vatican II sous Pie XII, mes premiers essais d’intelligence critique de la foi monarchisée. Avec le Père Liégé, lui aussi dominicain, nous diffusions partout notre maître-mot : non, Dieu ne peut pas être Louis XIV dans les cieux. Et pourtant, je ne pouvais pas de ne pas voir la ramanisation, la monarchisation non seulement de l’Eglise mais de Dieu comme Seigneur des Seigneurs, Roi des Rois. De la sorte, Eglise, catholicisme, christianisme, foi, Dieu, étaient rangés difinitivement dans la sphère, la zone d’influence du pouvoir.

« Dieu est le seul Etre qui, pour régner, n’ait pas besoin d’exister »

J’ai toujours présente à  l’esprit la définition de Dieu par Baudelaire : « Dieu est le seul Etre qui, pour régner, n’ait pas besoin d’exister ». Au regard du monde déiste et, à  son sommet monothéiste, au dessus de l’existence, il y a le Règne. L’existence, la vie même sont plébéiennes, vulgaires, communes. Le règne lui est supérieur, racé, transcendant, exceptionnel. La Fait du Prince.

Exactement comme à  un roi, il faut une cour, à  l’Etre suprême tout-puissant, il faut un culte dont l’exécution minutieuse et réglementée sera le rite. Le rituel, le protocole.

Que le pape Benoît XVI autorise pour la célébration de la messe une coexistence pacifique des deux rites, l’un élaboré au Concile Vatican II, de Paul VI, en langue vernaculaire, c’est à  dire vivante, l’autre en langue latine morte néanmoins dominatrice ne serait-ce qu’à  titre solennellement posthume, fait déjà  problème.

Mais l’acte pontifical de bénir, d’accueillir l’abbé Laguérie, dissident ultra du corps d’armée intégriste représente un pas en avant, c’est à  dire de fait en arrière dans les gages donnés à  l’ennemi déclaré, officiel anti-conciliaire Vatican II de l’ouverture d’Eglise au monde.

Parce que l’abbé Laguérie et ses troupes ne s’en tiendront pas là . Leur but affiché devient toujours davantage le refus jusqu’à  l’élimination complète de la Messe enfin un peu compréhensible, attractive, parlante, signifiante de la Pâque, passage de tous les humiliés, de la servitude, de l’esclavage à  la libération, de pire que la mort, de la vie mortelle à  la vie res-suscitée donc éternelle.

Voilà  pourquoi les oppositions dans le domaine de la liturgie débordent à  l’infini la question liturgique. Elles sont expressives ou bien de la pire des restaurations du Dieu Grand Inquisiteur ou bien de l’universelle résurrection de l’homme. Dieu à  l’oeuvre dans le soulèvement des vivants et des morts. Disons-le en vérité avec plus de crudité : nous sommes réellement menacés d’une réédition, d’une reconstitution du passé impérial de l’Eglise romaine substituée au mouvement du Peuple des res-suscités à  mordant insurrectionnel.

Je me rappelle d’intense mémoire le vieux monsieur moins âgé que moi aujourd’hui et qui “ affolé par la radicalité de mes mises en question des vérités les mieux établies, m’interrompt vivement : « Mais enfin mon Père, il y a des vérités qui ne souffrent pas la discussion, le débat. Il y a Dieu le Père, le Fils, le Saint Esprit. Il y a la Vierge Marie, il y a l’Eglise, il y a le Pape, le Très sAint Père ». Cher Monsieur, réponds-je comme dirait San Antonio, vous allez tout de suite me comprendre .Il y a une seule vérité que je ne mets jamais, jamais en question, c’est l’universelle mise en question d’absolument tout. Pour faire bref, je l’appelle Dieu.

Selon que Dieu est le principe d’autorité, la caution des pouvoirs constitués ou le créateur contagieux d’une créatrice mise en question, nous disons le même mot mais chargé de sens radicalement opposés. L’alternative n’en est que toujours plus forte et n’importe quel organisme individuel ou institutionnel a la capacité de la voir : ou on se met en question, ou on met les autres à  la question “ ce qui fait l’Inquisition. Eh bien ! c’est à  la glorification du Dieu Pouvoir que veut nous ramener la liturgie Laguérie en langue morte de l’Empire romain défunt qui ne demande qu’à  être ré-animé dans l’institut du Bon Pasteur sacré Empereur .

Il est temps de clamer le sens politico-théologique du retour à  la messe tridentine (Concile de Trente) du rite Saint Pie V , hélas ! dominicain , dont l’exploit historique reste Lépante, la victoire militaire des papistes sur les turcs.

Ce que l’on mesure encore mal, c’est la signification politique de l’attitude d’un clergé eucharistiquement conservateur, littéraliste, immuable, le célébrant de la Messe doit comme jadis se tourner vers Dieu et donc tourner le dos au peuple “ mais ce dernier sent par trop encore le populaire avec son odeur suspecte de révolte, de barricade. Mieux vaut alors parler des fidèles sans lien entre eux.

Mais dans les milieux chrétiens bien au-delà  des blocs intégristes, le terrible préjugé subsiste : Dieu serait d’autant plus Dieu que l’homme serait moins homme, moins humain, moins d’humanité.

Donc, liturgiquement, impossible d’être en même temps face à  Dieu et face au peuple. C’est “opinion très habituelle- dans la stricte mesure o๠je range le faux semblant, le faux fuyant du peuple pieusement ratatiné en « maigre cheptel bigot », disait Bernanos que, moi prêtre simplement canal indigne d’une transcendante grâce divine, je peux de tout mon pouvoir sacerdotal, faire descendre mon Dieu Christ Prêtre Eternel “ sur l’autel non table commune, hostie non pain partage “ du Saint Sacrifice de la messe.

Le voilà  le mot pestiféré, le hideux mignon, travesti du verbe qui ne fait jamais d’inflation verbale et ne dit jamais l’ignoble « Je me sacrifie » puisque sa Parole irrécupérable et irréductible à  la sacralisation, c’est : ma vie on ne me la prend pas, je la donne. Le don devance la prise. Mais il faut reconnaître que nous venons de loin, de très loin, du passé le plus passéiste des ténèbres cléricalo-préhistoriques antérieures religieusement d’acte barbare sacrificiel à  l’histoire du Verbe de Dieu donc à  la création. Nous observons porté au paroxysme chez Laguérie le guerrier catho-romain du Dieu monarchique, à  la fois ce qu’il empoisonne, gangrène dans les zones d’orthodoxie pontificale et ce qui l’a préparé au coeur de la piété traditionnelle.

Je n’ai garde d’oublier mon émerveillement quand, jeune frère prêcheur orateur du Verbe fait chair, je faisais mienne, personnelle, la trouvaille d’Eglise du caractère pascal de la liturgie, de la Messe.

Je proclamais ivre, fou de joie : nous célébrons en Festival d’un repas d’allure universellement conviviale l’actualisation du grand événement, la Pâque. Non ce n’est pas un repas, ce n’est pas une fête, c’est un sacrifice, l’immolation du Christ Sacrificateur et Victime, rugissaient nos vieilles brutes dogmatiques d’ordre de la sainte Inquisition rejointes aujourd’hui par les dernières jeunes recrues dominicaines.

La caste sacerdotale a banalisé la Messe
Je le parle haut et fort : même si nous parvenons à  bannir la supercherie Laguérie, sous sa forme la plus grossière, il nous faudra un travail épuisant et jubilatoire d’innombrables Prométhées du Verbe subversif pour dé-poussiérer, dé-terrer la parole res-suscitée re-crucifiée religieusement sacrificiellement par le gang clérical qui a fait main basse sur elle. Car, j’en suis le témoin depuis plusieurs années après mon ordination au pain partagé le 25 mars 1947, la caste sacerdotale a banalisé la Messe. Du coup, celle-ci n’a plus été le Sacrement, le signe sensible de la Pâque. Il m’est dit de tous côtés que l’on s’y embête comme des rats morts à  en crever la bouche ouverte sans pouvoir trouver son dernier mot historique “ Pas un seul gag “ Pas la moindre surprise : Elle pue la mort, la Messe. Elle, l’Ancien sacrement de la Vie à  profusion jusqu’à  la mort et plus loin encore, se traîne en simulacre, d’une Passion oubliée comme résurrectionnelle d’inimaginable insurrection. Ce n’est pas Dieu possible et pourtant, c’est la vérité que l’Eglise romaine ait tourné le dos liturgiquement au chef d’oeuvre théâtral, cinématographique, chorégraphique et peut-être quoiqu’avec une puissance d’innovation, télévisée, dont le titre sera : la casseur Père et Fils dans leur souffle commun , de tous les cachots et de tous les tombeaux. Cette grande oeuvre interdite par le pouvoir depuis la nuit des temps, il faut la jouer, l’interpréter, la créer d’urgence.

Le contre-Evangile de Laguérie

Alors, amis dispersés, frères éparpillés, au féminin et au masculin d’humanité trahie, gaspillée, niée, re-niée, rassemblons-nous en un front commun sans précédent ; et vite, au plus tôt, puisque demain ce sera trop tard. Nous n’irons plus d’ennui en Laguérie suivi du retour classique au même ennui avec ou sans Laguérie, pour la raison enfantine que voici : bénir ou simplement subir Laguérie, c’est re-nier Jésus Christ.

Parce que, ne l’oublions pas, Lagérie a reçu du pape le droit à  une « critique constructive » ce qui veut dire négationniste, du Concile Vatican II dont le crime reste toujours, selon les nostalgiques des croisades et de la sainte Inquisition, d’avoir voulu, disait Jean XXIII que l’Eglise Catholique se regarde dans le miroir de l’Evangile et non dans le rétroviseur du Césaro-papisme. En refusant malgré le pape, le contre-Evangile de Laguérie, nous partirons du plus beau des fous-rires aux larmes d’o๠fusera le mot immortel qui ne vaut pas que pour Lagardère : Si tu ne vas pas à  Laguérie dont c’est l’unique Loi, Laguérie ira-t-a-toi.

Bien sà»r que le laisser-faire Laguérie re-nie Jésus Christ .

Parce que celui qui dit qu’il faut tourner le dos à  son prochain pour célébrer le mystère divin caricature la liturgie, Acte du peuple, en cérémonial, en étiquette, en préséances, en protocole de la cour du Roi Soleil et donc fait de Dieu le lointain, le Souverain, le Prince de ce monde mondain, le Grand Inquisiteur, la fléau cosmique, le Pouvoir, le Démon, le Diable.

Mais brusquement au milieu des ténèbres et non drôles pitreries d’inextricables polars bâclés qui font la trame de nos sociétés mondialisées, c’est-à -dire anonymes, privatisées sur le Tout-Marché, jaillit, fulgure la Lumière. Insolite. En 2006-2007 plus actuelle que jamais ; Elle banalise, sénilise toute les pseudo-nouvelles jusqu’à  la dernière en date d’un faux An Neuf, l’élection d’un Président monarque de la République, couronné selon une reprise du rite de Vichy, chef de l’Etat français. Contre ces incorrigibles vieilleries résonne, vibre la clameur de nos poitrines et coeurs réunis : je vous annonce une nouvelles fantastique qui sera immense, inépuisable joie pour tout le peuple. Vous entendez bien pas Minuit Chrétien c’est l’heure solennelle o๠l’Enfant Dieu descendit parmi nous comme le Para divin., pour effacer la tache originelle ¦ Non, pas du tout çà  .

Mais l’Heureuse infiniment Bonne Nouvelle avec pour destinataire tout le peuple, toute l’humanité, tout l’univers : un Sauveur, un Libérateur, votre salut Public, la cordialisation de la vie publique vous est née. Et je vais vous dire le signe auquel vous la reconnaîtrez. Pas du tout le Roi, l’Empereur sur son char, sur son trône, pas du tout le Président Directeur Général à  son bureau, l’incarnation du pouvoir exécutif dans le grand fauteuil de l’Elysée¦

Non . Mais la parole naissante faite chair parce qu’elle en a assez , elle n’en peut plus d’être prise pour un mot en l’air. Oui, l’inattendu, l’imprévu absolu, l’unique signe auquel est reconnu Dieu tout nu, le premier de ses gags ininterrompus : le tout petit, le gosse, le bambin, le gamin, le Kid, un nouveau-né emmailloté, dans une mangeoire à  bestiaux.

Alors, devenons-le tous, le Nouveau-né, le Fils de l’Homme né de la Femme, l’humanité ce beau nom féminin singulier de l’homme, l’Enfant de la Libération, de la Création.

Et foutons dehors à  grands coups de pieds dans son Faux Cul, sa caricature, l’antique Papa Noà«l mercantilement fabriqué, le Vieux de la Consommation !

La mort de Pinochet

Le général Agusto Pinochet vient de mourir à  l’âge de 91 ans. Golias reviendra sur les crimes affreux de ce dictateur doublé d’un escroc.

Notons simplement que le général reçut sur son lit d’agonie la visite du cardinal Francisco Javier Errazuriz Ossa, archevêque de Santiago du Chili.

Lorsqu’il prit le pouvoir après l’assassinat du Président Salvatore Allende, en 1973, Pinochet se heurta frontalement à  une hiérarchie majoritairement humaniste et soucieuse de justice sociale, sous la houlette du Cardinal salésien Raul Silva Henriquez, détesté par le dictateur qui voyait en lui l’un de ses ennemis personnels les plus irréductibles.

Le Vicariat pour la solidarité constituait même un contrepoids apprécié. Au fil des années, le Nonce Angelo Sodano, en poste à  Santiago de 1977 à  1988, réorienta l’épiscopat dans une autre ligne.

Devenu cardinal et Secrétaire d’Etat, Mgr Sodano continua toujours à  appuyer, discrètement et parfois ouvertement, Pinochet de Rome.

Un deuxième grand ami de Pinochet fit carrière universitaire puis épiscopale au Chili, avant de gagner Rome et d’y coiffer la barrette rouge. Le cardinal Jorge Arturo Medina Estevez est connu et redouté pour son soutien au dictateur et même pour son amitié avec lui.

Après cela, allez vous étonner…

Sodano Pinochet : une amitié de trente ans

Les crimes commis par le dictateur Pinochet n’ont jamais fait de doute sauf à  ceux qui ne voulaient pas les voir. Il en est de même de la complicité du Vatican avec le « généralissime » ¦

Le principal artisan de cette « collaboration » fut le cardinal Sodano, l’ex Secrétaire d’à‰tat du st Siège et nonce apostolique au Chili durant onze années (de 1977 à  1988).

Ce prélat italien d’influence n’a jamais caché son amitié avec le général Pinochet. Une « blessure ouverte » encore aujourd’hui pour nombre de chiliens mais aussi d’hommes et de femmes (chrétiens ou pas) défenseurs des droits de l’homme.

Angelo Sodano
racontait en 1998, lors d’une rencontre-conférence avec des étudiants de l’université de Santiago du Chili qu’il considérait ce pays comme sa « seconde patrie ». Il fut l’éminence grise qui organisa la visite du pape Jean Paul II dans la capitale chilienne et dont le point d’orgue fut le scandale “ notamment pour l’Eglise chilienne qui avait souffert et s’était à  plusieurs reprises exprimé contre la dictature sévissant dans le pays “ provoqué par la reconnaissance officielle du couple Pinochet : le pape s’affichant aux côtés du dictateur, au balcon du Palais présidentiel de la Moneda (o๠fut assassiné l’ancien président démocrate Salvador Allende) pour saluer la foule et légitimer “ ainsi “ par sa présence auprès de Pinochet, l’autorité de ce dernier sur la scène politique internationale.

Même au coeur du long crépuscule de la dictature, le cardinal Angelo Sodano n’abandonnera jamais « le général » vieillissant. En 1993, le désormais Secrétaire d’à‰tat du Vatican fit parvenir aux époux Pinochet deux lettres de félicitations pour leurs noces d’or ! Une missive en son nom propre et une autre signée par le pape en personne : « Au général Augusto Pinochet et à  sa distinguée épouse, la signora Lucia Hiriarde Pinochet » [¦] « J’adresse avec grand plaisir ainsi qu’à  leurs enfants et famille une bénédiction apostolique spéciale ».

Les lettres, tenues secrètes au début, avaient été révélées à  l’époque par Golias, avant que le dictateur les fasse parvenir à  un grand quotidien chilien pour montrer au monde en quelle estime le tenait la papauté.

En 1999, lorsque l’ex dictateur fut arrêté à  Londres et bloqué pendant plusieurs mois en raison d’un bras de fer entre les pays européens (qui voulaient le juger pour ses crimes) et la Grande-Bretagne qui refusait de l’extrader pour des « raisons de santé », l’incontournable Sodano ne manqua pas d’apporter son soutien au dictateur chilien, « faisant des voeux » afin que prenne fin au plus vite « l’odyssée » d’un « pauvre vieil homme (sic) ».

Or, Golias apprendra dans le même temps que parallèlement à  ces bonnes paroles, Sodano demanda à  l’Opus Dei, très influente au Chili, de faire agir ses réseaux pour sortir le général-dictateur des griffes de ses « bourreaux » (pour une information complète sur ce dossier cf. Golias n°65 mars/avril 1999). C’est ainsi que le « généralissime » moribond put rejoindre quelques semaines après son Chili natal o๠il fut élu¦ sénateur à  vie !

Augusto Pinochet a passé l’arme à  gauche en faisant un joli pied de nez à  la justice des hommes.

Une fois de plus !

Il ne sera donc jamais jugé pour les crimes qu’il a commis et a fait commettre.

La justice de Dieu dont se réclament souvent nombre de hauts prélats en pareilles circonstances, prendra-t-elle le relais ?

Nous l’espérons.

Aujourd’hui ce sont les gens du voyage, demain ¦ ?

Il y a des procédures qui sont en elle-même inquiétantes nonobstant les thèmes ou les sujets qu’elles abordent.

Il en est ainsi des nouvelles dispositions qui sont ou vont être en cours d’examen à  l’Assemblée nationale à  propos des gens du voyage.

Qu’est-ce qui est en question ?

La loi du 18 mars 2003  » sur la sécurité intérieure  » avait aggravé les sanctions contre les nomades qui enfreignent les règles d’installations de leurs caravanes, notamment en s’installant sur des terrains privés ou communaux sans avoir l’accord du propriétaire.

En septembre le Sénat a adopté un amendement qui instaure une procédure expéditive pour traiter des difficultés nées de ces infractions.

Désormais ces situations ne sont plus soumises au juge civil mais relèvent de structures de l’ordre administratif .

Qu’on en juge : le maire ou le propriétaire de la parcelle peuvent demander au préfet de sommer les nomades de vider les lieux. Ceux-ci disposent alors de 24 heures pour demander au tribunal administratif d’annuler l’injonction préfectorale. Le tribunal a trois jours pour rendre sa décision. Si le tribunal n’est pas saisi ou si la sommation est validée, les forces de l’ordre peuvent intervenir sans délai et vider  » manu militari  » les occupants  » sans droit ni titre « .

Ce dispositif répressif ne devait toutefois s’appliquer que dans les communes qui respectent la loi Besson de juillet 2000 (sur l’accueil des gens du voyage) ou dans les communes qui n’étaient soumise à  aucune obligation par cette loi. Une certaine logique, contestable cependant, pouvait être invoquée à  l’appui de ces dispositions.

Mais voilà  que par le biais d’un amendement déposé par un autre député de l’UMP le champ de ces dispositions est étendu aux communes  » qui , tout en n’ayant pas encore rempli leurs obligations, ont démontré la volonté de s’y conformer ; les communes équipées d’un « emplacement provisoire » agrée par la préfecture sont également visées  » (Le Monde du 30 novembre 2006). Ainsi, subrepticement, la
quasi totalité du territoire sera désormais concerné par les nouvelles dispositions ainsi glissées dans la loi «  sur la prévention de la délinquance « .

Des associations protestent : ATD Quart Monde par la voix de Véronique Davienne s’insurge contre cet  » amalgame insupportable entre délinquance et gens du voyage  » en soulignant qu’il y a là  une justice à  deux vitesses puisque les nomades sont immédiatement “ et durement “ sanctionnés alors que les maires qui n’appliquent pas la loi Besson ne sont pas inquiétés.

D’autre associations demandent le retrait de ces  » dispositions anticonstitutionnelles  »  » privant les gens du voyage de l’intervention du juge judiciaire dans les litiges touchant aux « libertés individuelles » et au « principe d’inviolabilité du domicile  » (Le Monde).

Mesure-t-on combien les points soulevés “ et la pratique adoptée qui consiste à   » en remettre une couche  » sans avoir l’air d’y toucher – sont une menace supplémentaire contre nos libertés ?

Une dernière précision s’impose. La loi Besson date de juillet 2000 . Aujourd’hui ce sont 8.000 places en  » aires d’accueil »qui sont à  la disposition  » régulière  » des gens du voyage alors que les besoins sont estimés à  44.000.

De qui se moque-t-on ?

Quelles sanctions ont été prévues contre les maires défaillants ?

Quelles poursuites ont été engagées ?

N’est-on pas fondé à  parler de justice à  deux vitesses.?

Nicolas Sarkosi et la guichetière¦

Le billet de Pierre Assouline dans le Monde 2 (du 2 décembre ) vaut son  » pesant de gratons  » comme on dit à  Lyon.

Jugez-en plutôt : la scène se passe fin février à  Lyon o๠le ministre de l’intérieur, futur candidat à  la présidence, avait réuni ses troupes pour les  » tenir en éveil  » car on ne connaissait encore  » ni le jour, ni l’heure « . Transporté, sans doute, par les regards extatiques de ses féaux, le prophète de la société libérale et de la répression décide de se lancer, de  » s’envoler  » comme le chante avec quelque bonheur Sardou.

 » Voilà  que j’avais préparé un discours, eh bien, je vais le mettre de côté parce que lorsqu’on est avec tant d’amis¦on se doit de parler avec le coeur et pas avec un texte. Je vais donc parler très librement  »

Au témoignage du chroniqueur, tout se passa bien tant que le futur candidat (c’était en février) s’en tint à  l’Europe, à  la Turquie, au statut fiscal du Pacs et sans doute à  d’autres sujets qui ne pouvaient qu’attirer la sympathie de son public.

Mais hélas, sa Muse le trahit, une mouche le piqua, et la Princesse de Clèves devint sa Bérésina !

 » L’autre jour, confia-t-il à  son auditoire sans doute ébaubi, je m’amusais, on s’amuse comme on peut, à  regarder le programme du concours d’attaché d’administration. Un sadique ou un imbécile, choisissez, avait mis dans le programme d’interroger les concurrents sur la Princesse de Clèves. Imaginez un peu le spectacle !  »

Commentaire de Pierre Assouline  » On imagine plutôt les rires gras de l’assistance en écho à  un tel assaut de démagogie. Car est-il besoin de rappeler que la Princesse de Clèves, modèle d’intelligence et de finesse, est la matrice de la littérature moderne ? A ce titre, ce livre fait partie du bagage culturel de tout honnête homme de notre temps, fut-il attaché d’administration, voire, ‘ Horresco referens’, guichetier !  »

Ses interprétations sur les origines possibles d’un tel dérapage ne manque pas de sel jusqu’à  la dernière qui suggère qu’il (le candidat) pourrait bien voir en transparence derrière l’admirable figure de la princesse « l a Dame en blanc, alias Zapatera, alias Soeur Sourire, alias¦ alias¦alias celle qui va lui mettre une sacrée claque aux prochaines élections, et ce ne sera pas une apparition.  »

Le rire n’est-il pas une des formes de refus devant une telle stupidité ? Mais le mot de bassesse affleure aux lèvres tant les propos tenus par celui qui se targue de vouloir être un jour le premier personnage de l’Etat sentent la démagogie et la plaisanterie de corps de garde. Prenons avec humour “ mais aussi avec gravité – cette  » proposition  » de quelqu’un qui a enseigné la littérature pendant vingt ans à  la Sorbonne : « Qu’on interdise à  tous les admirateurs de Johnny Halliday ( Sarkozy, Chirac, Raffarin¦) de postuler à  de hautes fonctions publiques car nous sommes semble-t-il, en droit d’attendre que ceux qui nous gouvernent aient dans tous les domaines un minimum de culture « .

L’homme prête facilement à  la caricature et nombre d’humoristes ne sont se pas privés déjà  d’ironiser ¦ sur sa taille. Les enjeux sont cependant d’une toute autre dimension. Méfions-nous de ne pas nous laisser prendre au piège! Derrière un personnage tourné en dérision “ qui peut d’ailleurs devenir très vite odieuse “ peut se cacher un danger réel.

Souvenons-nous avant tout de cette mise en garde d’un des grands philosophes du siècle dernier : Miguel de Unamuno, lors de sa dernière apparition en public à  l’Université de Salamanque au temps de la guerre civile. Il évoquait Cervantès et ce que fut ce créateur de génie:  » J’ai entendu tout à  l’heure un cri morbide et dénué de sens « Vive la mort ! » Et moi qui ai passé ma vie à  forger des paradoxes qui ont soulevé l’indignation de ceux qui ne les saisissaient pas, je dois vous dire , en ma qualité d’expert, que ce paradoxe barbare est pour moi répugnant¦ Le général Milan Astray (celui qui avait crié « Vive la mort !) est infirme. Ce que je dis là  n’est pas discourtois. Cervantès l’était aussi¦ Je souffre à  la pensées que le général Milan Astray pourrait fixer les bases d’une psychologie de masses. Un infirme qui n’a pas la grandeur spirituelle de Cervantès recherche habituellement son soulagement dans les mutilations qu’il peut faire subir autour de lui.  »

P.S. “ La polémique soulevée à  quelques jours du Téléthon sur la légitimité des actions menées par cette association et l’impossibilité pour des chrétiens “ en fait il vaudrait mieux lire  » des catholiques  » “ de s’inscrire parmi les donateurs, nous semble engagée avec une certaine déloyauté.

Elle fait penser à  ces pratiques douteuses qu’affectionnent certains officiers ministériels qui, tout en respectant la lettre de la loi en trahissent l’esprit lorsqu’ils délivrent significations et autres actes extra-judiciaires dans des conditions qui ne permettent pas à  celui qui est concerné d’avoir connaissance, en temps utile, des griefs qui lui sont faits.

Les évêques qui sont montés au créneau à  la veille du Telethon doivent quand même bien se douter qu’il s’agit là  d’un coup bas et que le débat méritait mieux que cette chausse-trappe.

Saluons donc comme il convient l’effort de dialogue et l’esprit d’ouverture de Mgr Michel Dubost (« lui-même frère d’un jeune myopathe mort à  l’âge de 15 ans  » La Vie du 30 novembre). Il y a des expériences personnelles douloureuses qui conduisent, heureusement, à  l’humilité et à  la recherche du dialogue.

L’offensive restauratrice à  son comble

L’offensive conservatrice au sein de l’Eglise péruvienne se poursuit à  un rythme très soutenu. Pour autant elle n’a pas dissuadé les religieux du pays d’organiser une courageuse réflexion sur les défis de a vie consacrée en Amérique latine.

Ainsi un séminaire théologique s’est-il tenu à  Lima, à  l’initiative de la conférence des Religieux du Pérou (CONFER), du 14 au 17 aoà»t dernier et ce, en vue de la V° conférence de l’épiscopat latino-américain qui se déroulera à  Aparecida en mai 2007. Plus de huit cents personnes étaient présentes à  ce colloque.

Au programme de ces journées devraient notamment figurer l’intervention du théologien péruvien Gustavo Guttierez, un des pères de la théologie de la libération. Or l’archevêque opusdeiste de Lima, Mgr Juan Luis Cipriani lui interdira de participer à  cette rencontre. A la polémique suscitée par une telle mesure, s’en suivra une autre concernant la couverture de l’événement par l’agence de presse latino américaine ACI-PRENSA, proche du mouvement conservateur « Milice de la Vie Chétienne ». Dans la présentation faite par l’agence de presse de la rencontre de Lima, Gustavo Gutierrez est annoncé comme partisan de « l’aile marxiste de la théologie de la libération » ; le religieux marianiste José Mario Arnaiz est lui, accusé d’avoir eu la prétention e « dicter la feuille de route » du pontificat en cours ; quant au bénédictin Simon Pedro Arnold, il est « coupable d’avoir critiqué les nombreux mouvements ecclésiaux » en les situant comme une « alternative trompeuse à  la vie actuelle de l’Eglise ». Enfin, toujours d’après l’agence ACI PRENSA, le séminaire des religieux organisé à  Lima par la CONFER avait eu le tort de critiquer le document du CELAM (le Conseil Episcopal Latino Amricain), pour la préparation de sa V° conférence en mai prochain. Cependant, au vue du compte rendu de l’ACI PRENSA, l’archevêque du diocèse de Huncayo, le jésuite Pedro Barreto Jimeno, exprima lors des cérémonies de clôture du congrès des religieux péruviens, son « indignation » devant la « désinformation » et la « malhonnêteté de l’agence de presse ainsi que son soutien à  Gustavo Guttierrez pour son « incessant témoignage de fidélité à  l’Eglise ».

A la protestation de Mgr Barreto, l’agence de presse répondra dans une note du 20 aoà»t dernier qu’elle « ne changerait rien à  ses positions », s’étonnant même « qu’un évêque considère l’oeuvre de Gustavo Guttierez comme catholique », au regard des innombrables « problèmes que celui-ci rencontra avec Rome » au sujet de l’orthodoxie de ses travaux théologiques. Une (nouvelle) polémique révélatrice des grandes difficultés dans lesquelles s’exerce la vie religieuse en Amérique latine aujourd’hui sous le pontificat de Benoît XVI, lier avec Jean Paul II.
Cipriani versus Guttierez

Dans cette affaire du séminaire de la CONFER l’agence ACI PRENSA ne fait que relayer les positions du cardinal de Lima, Mgr Cipriani figure emblématique de l’Opus Dei dans le continent latino-américain. Ce dernier ne désarme pas dans sa croisade contre la théologie péruvienne et ce, malgré le « compromis » trouvé à  propos de ses travaux avec la congrégation pour la Doctrine de la Foi en 2004. Mgr Cipriani ne pardonne pas notamment à  cet ancien prêtre diocésain d’être rentré chez les dominicains, à  son arrivée en 1999 sur le siège épiscopal de Lima, laissant entendre qu’il avait fui pour se soustraire à  son contrôle. On rappellera que Mgr Cipriani était un proche de l’ex dictateur Fujimori.

A ce titre, il sera épinglé à  plusieurs reprises pour « manquements » graves en « matière de défense des droits de l’homme », ainsi que l’atteste le rapport final de la Commission « Vérité et Réconciliation » au sujet des violences survenues à  l’époque de la guerre au Pérou contre le terrorisme (du « Sentier Lumineux » et de l’Etat Péruvien).

Turbulences violettes

On ne peut que se réjouir de voir nos évêques réfléchir avec soin sur la question de « « trois différences structurantes dans notre société : homme/femme, père/mère, frère/soeur ».

Là  o๠un seul homme, Mgr Anatrella, régnait en maître, c’est un groupe pluridisciplinaire d’experts qui a travaillé pendant un an (petite précision donc : l’absence de l’expert n’a rien à  voir avec Golias puisque le groupe est né en 2005 et il n’en fait pas partie…

Mais les évêques étaient sans doute au courant depuis longtemps des accusations portés contre lui.

Mais le trouble apparaît bien vite dans la contradiction des discours de Mgr Bruguès et du Cardinal Ricard : Pour le premier, qui présidait le groupe de travail, « Notre mission était d’approfondir des sujets importants pour nos ministères de pasteurs, de comprendre et de fournir des arguments dans le débat du moment » et sa conclusion est des plus claires : « Mission accomplie : après un an de réflexion sur trois différences structurantes de la vie sociale (homme/femme, père/mère, frère/soeur) le groupe de travail, constitué en novembre 2005, a terminé sa mission » !

Les évêques ont donc désormais compris et peuvent argumenter !

Le président de la Conférence épiscopale tint un langage fort différent, voire contradictoire, puisqu’il avoua dans son discours de clôture que, notamment sur la « théorie du gender », « des approfondissements restent plus que jamais nécessaires : la figure masculine, l’autorité, la fraternité et la filiation, d’autres encore… Pourquoi ne pas intéresser à  cette réflexion, vitale pour l’avenir de notre société, des cercles plus larges : des philosophes, des spécialistes des sciences humaines, des responsables politiques… ? La voie de la recherche sera longue. Nous sommes heureux d’en avoir parcouru aujourd’hui les premiers pas » !

L’alternative est donc entre un travail fini et une réflexion interdisciplinaire qui doit se poursuivre…

Et sur ce point, nous suivons le Président des Evêques, non sans souligner, que sur des questions aussi controversées parce que d’une très grande complexité, les responsables de l’Eglise se disent « heureux » de balbutier, puisqu’ils reconnaissent n’avoir fait que « les premiers pas »…

Une Eglise joyeuse d’accompagner l’homme nouveau sans prétendre posséder la vérité…

Mgr Ricard, on a envie de vous faire la bise !

Et bon courage pour la prochaine visite ad limina !

Ajoutons, Dieu merci, que les deux évêques se retrouvent sur la place fondamentale de la Bible… Tout dépend de son interprétation et de la manière dont on travaille : Mgr Brugès s’est réjoui que ses pairs travaillent « vite » !

Mais il a aussi souhaité de ses voeux des lieux de débats et d’échanges avec les responsables politiques « afin de passer du slogan à  une oeuvre politique« … ce qui sous- entend que le travail de recherche fondamentale pour « formuler des propositions positives, dynamiques, pratiques, qui permettent de construire une parole d’Eglise claire, audible et compréhensible » n’est pas terminée !

Le voyage de tous les risques

Benoît XVI se montre parfois téméraire.

Les risques d’un attentat meurtrier en Turquie, y compris son propre assassinat, sont au rouge à  la veille d’un voyage qui s’annonce comme celui de tous les dangers.

On se souvient en Italie de l’assassinat du Père Andrea Santoro assassiné à  Trebizonde en février.

On ne peut oublier les tracas dont sont l’objet le clergé catholique et les religieuses. A commencer par le Père Pierre Brunissen, un prêtre du diocèse de Strasbourg.

L’à‰glise est accusée de prosélytisme.

Le discours incendiaire de Ratisbonne, de septembre dernier, dans les milieux islamistes, au moins pour une large part, a suscité une ire vengeresse qui n’est pas encore retombée.

La colère parfois feutrée contre le catholicisme se double alors d’une haine personnelle contre l’actuel occupant du siège de Pierre.

En effet, le cardinal Joseph Ratzinger avait vivement combattu, en première ligne, l’hypothèse d’une entrée de la Turquie au sein de l’union européenne, qualifiée de décision contre l’histoire.

Ainsi le motif religieux est multiplié par une véritable raison politique.

Du 28 novembre au 1er décembre le Pape Ratzinger exécutera pourtant son premier voyage en terre musulmane.

Il rencontrera au moins un dignitaire musulman, ce qui n’était pas prévu au départ, mais est devenu incontournable depuis l’incident de Ratisbonne. En l’occurrence, Ali Bardakoglu, le directeur des affaires religieuses, grand mufti. Les catholiques de la petite communauté locale donneront autant de signes d’apaisement que nécessaires.

Certains, des deux côtés, y voient un petit signe dans le sens d’une reprise du dialogue.

Par contre, le gouvernement, défenseur d’un islam dur, boudera le voyage. Le Premier Ministre Erdogan se rendra d’ailleurs en Lettonie pour le Sommet de l’OTAN.

Manifestement, par son opposition abrupte et jamais démentie au ralliement de l’Europe par la Turquie, Joseph Ratzinger s’est imposé comme un ennemi de cette Nation. Par la suite, il n’a certes pas rattrapé les choses (doux euphémisme!).

Le Parti de la félicité, une formation islamiste, appelle à  une grande manifestation.

Les ultranationalistes, pour leur part, accusent Joseph Ratzinger de vouloir « instaurer un mini-Vatican au coeur d’Istanbul« . Ils ont promis un comité d’accueil musulman musclé à  Sainte Sophie .

On se souvient de la venue de George Bush en 2004. Selon toute vraisemblance, les risques seront tout aussi grands. On imagine l’ampleur du service d’ordre.

Il y a certes chez Benoît XVI une sorte de volonté, peut-être subconsciente, de provoquer.

En fait, cette volonté n’est que l’expression dans une circonstance particulière d’une pente intransigeantiste.

Une vision totalitaire et idolâtrique de la vérité fait toujours courir aux hommes les plus grands risques.

Golias « une secte terroriste » ?

Le forum d’actualité du portail jeune de la Conférence des Evêques, InXL6, vaut le détour.

On y apprend, par exemple que, « si l’info vient de chez Golias … méfiance car ils sont prêts à  tout pour se payer Anatrella et comme c’est pas les soucis déontologiques qui les étouffent … méfiance ! »

Ces mots écrit sous le pseudo « Job » en disent long sur l’amour de cet internaute pour notre revue puisque, lorsque que l’on ose comparer Golias et le Canard enchaîné, il s’enflamme :

« Golias est plus près dans sa déontologie de Closer ou de Gala que du Canard ! »

Et si quelqu’un s’avise de souligner la pertinence du trombinoscope, sa réponse est cinglante : « ce n’est pas de bons informateurs qu’ils sont mais de bons délateurs … ce n’est pas la même chose ! »

Nous voilà  donc mis au banc des accusés, nous qui pensions faire oeuvre non de justice mais simplement d’honnêteté en révélant des informations en notre possession ! Ce qui nous semble être le travail d’un journal ! Pour ce qui concerne le débat d’idée, cela fait bien longtemps que nous l’avons commencé et que nous le poursuivons sans avoir besoin d’une « affaire » pour nuire à  ce prélat !

Mais on sent bien que ce forum sur Anatrella est plus une occasion de déverser le fiel d’une partie de l’Eglise sur Golias.

Pour preuve, cette petite note qu’aucun modérateur ne démentit : « et dire que ce sont des prêtres…. défroqués! (ceux de Gollias) » !

Voilà  une vraie nouvelle … pour toute l’équipe de rédaction… Il n’y en a aucun dans les proches collaborateurs ! Mais face à  ces désinformations, c’est pourtant nous qui sommes « un papier assez puant (…) Une enquête est en cours et tant mieux. Mais le fait que l’info en question provienne de Golias est (pour moi) un critère négatif sur le plan de sa crédibilité »…

C’est clair que InXL6 est d’une probité et d’une hauteur de vue exceptionnelles !

Il paraît même que nous avons « monté un complot » et qu’il y a eu « de façon presque officielle un appel à  « témoin » pour trouver quelqu’un qui accepte de témoigner contre le Père Anatrella ». Et nous voilà  considérés comme les « persécuteurs » d’un prélat transformé en « martyr de cette époque qui a pour père le fils du mensonge » ! Mais « Philéas » va plus loin, sans qu’intervienne le modérateur, puisque Golias devient une « secte terroriste »… Nous sommes même qualifiés de « mafieux » !

Les mots ont-ils encore un sens ?

D’autres, il est vrai accuse Christian Terras d’être au CA du réseau Voltaire… Mais les mêmes pensent que le « public est imbécile » ! Qu’ils se retirent donc avec InXL6 de ce monde complexe !

Allez encore une dernière citation pour la route qui sera longue vers la probité : « Il est bien évident que la crédibilité de Golias dans une affaire comme celle-ci est proche de zéro. Qu’on se souvienne que même l’Abbé Pierre avait dénoncé le comportement abject de ce journal. Et surtout, qu’on se demande : « à  qui profite le crime ?« . En l’occurrence, il est évident que l’affaire profite surtout aux gens qui veulent faire taire la voix d’Anatrella ».

Or Mgr (oui, il l’est même s’il n’est pas évêque !) continue de parler à  Rome dans le cadre très officiel de la congrégation dont il est consulteur.

Il faudra nous donner les référence de la dénonciation de l’abbé Pierre !

Et nous voilà  coupable de « crime » !

Bravo le modérateur du site… A tout le moins, peut-on dire qu’il y a une grande liberté d’expression sur ce site !

Petite chronique de la séparation de l’Eglise et de l’Etat

On a célébré, il y a peu, l’anniversaire de la loi dite de séparation de l’Eglise et de l’Etat.

Ce fut l’occasion pour quelques esprits chagrins de faire mémoire de cette « loi scélérate » qui avait spolié l’Eglise de France – et quelques congrégations – de leur « fortune » immobilière.

Mais il ne semble pas que l’on se soit livré à  quelques calculs relativement simples : s’il n’y avait pas eu par le biais de cette loi, transfert aux différentes collectivités territoriales, de l’Etat aux communes, de la charge d’entretien des bâtiments du culte, il y a belle lurette que l’église de France aurait dà» vendre ses  » bijoux de famille  » sans être sà»re pour autant de pouvoir couvrir les dépenses indispensables.

Et pourtant il n’y a jamais eu à  notre connaissance le moindre geste de reconnaissance à  l’égard des promoteurs de cette loi qui est à  l’origine de ces vastes transferts de subventions.

 » La République ne reconnaît ni ne subventionne aucun culte « . Telle est la formule consacrée qui nous a valu depuis un siècle d’être un exemple de cette séparation absolument indispensable entre les deux domaines : celui du religieux et celui de la sphère politique.

Ce ne sont pas les dérapages, ô combien inquiétants, du président Bush qui nous prouveront le contraire.

Voilà  un homme qui s’affirme croyant, ce qui est son droit, mais qui au faîte de sa puissance se conduit comme un homme sans foi ni loi.

Voilà  un homme qui déclenche une guerre absurde alors que les avis judicieux ne lui ont pas fait défaut mais qui s’obstine dans son erreur dont on ne cesse de découvrir jour après jour les tragiques conséquences.

Voilà  un homme qui s’affirme religieux, qui instaure la pratique de la prière dans des réunions officielles et qui se conduit comme le pire des dictateurs. Sa pratique en bien des circonstances s’avère hors de toute justice, hors de toute règle de droit. On sait bien, pourtant, que ces règles pour imparfaites qu’elle soient parfois, sont des garde fous essentiels contre l’arbitraire et les dérives du prince.

Il n’est que de lire le reportage édifiant, et terrible, que publie Le Monde cette semaine sur le bagne de Geuantanamo, pou être convaincu que le pire président que les Etats Unis ont connu depuis longtemps est un escroc quant il prétend être en même temps un homme religieux, un  » Craignant Dieu « , et un homme politique.

Il est fou d’orgueil, certes, mais il ne possède pas une once de cette humilité si nécessaire aux gouvernants pour les empêcher de sombrer dans cette espèce de délire mystique qui les fait se prendre pour les instruments du divin. Grâces soient rendus à  tous égards à  ceux qui, en France, ont su après les errements des siècle passés poser cette règle de sagesse qu’une partie du monde peut nous envier : la séparation des églises et de l’état .

Et ce principe est si précieux que toutes les dérives susceptibles de le remettre en question doivent être repérées et, si elles sont confirmées, dénoncées.

Certaines peuvent paraître bénignes mais il ne faut oublier qu’elles peuvent ouvrir la voie à  une remise en cause insidieuse du principe de séparation évoqué ci-dessus.

En veut-on des exemples ? (voir plus loin nos articles) .