Enquête : Le Mans, Avignon, Saint-Etienne Evêques pyromanes

Être catholique aujourd’hui c’est ressembler à un ivrogne titubant parmi une foule à la recherche d’un dernier bar : on ne croise plus que des masques, on n’entend plus que des ricanements, on ne voit plus nul visage bienveillant pour vous sortir de notre marasme.

Trois diocèses différents, trois contextes différents par conséquent et pourtant, des faits similaires : des contre-témoignages au kilomètre, des souffrances endurées à la base, des décisions prises de manière verticale… Les évêques à la tête de ces diocèses ont dépassé le ras-des-pâquerettes afin d’atteindre les profondeurs, espérant y trouver de l’eau bénite.

Dans la Sarthe avec Mgr Le Saux, membre de l’Emmanuel, Le Mans a été quadrillé : partout où c’est possible, sont placés des obligés, des membres de cette communauté charismatique, au détriment des personnes de bonne volonté, mises sur la touche et susceptibles de faire de l’ombre à cet immense épiscope que pense être Mgr Le Saux. Désagréable à souhait, inculte en bien des domaines, il a lancé un synode pour faire croire qu’il était sensible au dialogue… Erreur ! Notre enquête montre comment l’évêque du Mans – comme son confrère de Laval par ailleurs – est en train de dévitaliser l’institution synodale, dont les grandes orientations ont déjà été adoptées dans le bureau épiscopal par l’évêque et son conseil.


Autre territoire, le Vaucluse, avec Mgr Cattenoz, vieille connaissance qui règne en Avignon, aujourd’hui à genoux. Après avoir fait plier l’équipe locale du CCFD-Terre solidaire, elle-même mise sous pression de la direction nationale – dépendante de l’épiscopat qui le regarde de plus en plus avec un œil douteux –, il a dénoncé les abus dans l’Eglise – évoquant de vieux souvenirs vécus en Afrique – et un prêtre mis en cause, le tout en pleine messe chrismale devant une assemblée stupéfaite. Sauf que le texte sur le site de diocèse escamota le passage évoquant ce prêtre, dont on ne sait rien… Les Chrétiens en Vaucluse ont décidé de saisir le procureur de la République afin de faire toute la lumière et mettre l’archevêque d’Avignon devant – si l’on peut dire dans son cas – ses responsabilités… La liste des délires de Mgr Cattenoz est longue, on le verra !

Enfin, la Loire, avec Mgr Bataille, membre de la Société Jean-Marie Vianney, qui a fait passer Saint-Etienne de la lumière à l’ombre. Outre ses bondieuseries remises en selle (adoration perpétuelle et tutti quanti), ses incohérences en matière d’abus (il avait logé un prêtre abusé dans sa jeunesse par un prêtre, désormais âgé, dans le même immeuble), il constitue autour de lui une cour qui l’encourage à claquer des millions pour retaper l’évêché, virer des laïcs, reprendre en main théologiquement la formation… Clou du spectacle donné dans la Loire : fermeture des églises de Saint-Etienne afin qu’elles ne puissent pas accueillir de migrants.

Trois exemples ou plutôt contre-exemples, qui prouvent que le cléricalisme est bien accroché et qu’il faudra des années pour le déloger. A la base, les gens tiennent comme ils peuvent, ne disposant d’aucun levier pour renverser peu ou prou la vapeur, ce qui entraîne le découragement et finalement le retrait. Nos trois énergumènes veulent une Eglise de purs, avec des curés-patrons et servi par des laïcs bénévoles qui – toujours – doivent opiner du chef, brebis obéissantes qu’ils souhaitent voir bêler. C’est affligeant mais il faut tenir ! On ne peut pas décemment leur laisser Jésus Christ…

La nouvelle Curie du pape François

« Le Vatican est toujours organisé comme une cour royale du XVIIIe siècle où les princes (cardinaux) et les nobles (évêques) aident le roi (pape) à gouverner la nation (Eglise). Le problème avec une telle structure, c’est qu’on ne peut pas virer des princes et des nobles quand ils se révèlent incompétents. L’Église a besoin d’un service civil compétent, non d’une cour. »1 Le jésuite Thomas Reese est souvent éclairant et son souhait pourrait se voir réaliser : François – aidé de son C 9 devenu C 6 – s’apprête le 29 juin prochain à présenter sa réforme de la Curie, laquelle devrait changer l’Eglise. Profondément ?

Abus : un Motu Proprio à mettre en oeuvre et à améliorer


Le Motu Proprio du 9 mai, « Vous êtes la Lumière du Monde », reprenant la phrase du Sermon sur la Montagne, est un bon texte juridique. Il faut tenir compte, comme dans toutes les lois, de l’esprit de la loi, la mens legis, avec laquelle il faut l’interpréter, qui se trouve dans le chapeau du texte. Le but est que « ces phénomènes, sous toutes leurs formes, ne se reproduisent plus ». Si rien n’est fait « la pleine crédibilité de l’annonce évangélique et l’efficacité de la mission de l’Eglise » sont en effet compromises. La responsabilité première des évêques est clairement affirmée, ainsi que celle de ceux qui accomplissent
des ministères et celle de tous les religieux.

“Religieuses abusées, l’autre scandale de l’Eglise”

Christian Terras, directeur du magazine chrétien “Golias”, témoigne dans “Religieuses abusées, l’autre scandale de l’Eglise”, le documentaire choc diffusé ce mardi 5 mars à 20h50 sur Arte. Il dénonce depuis des décennies les dérives du clergé. Interview coup de poing.

Dans les affaires des religieuses abusées et de pédophilie, la priorité pour l’Eglise est de maintenir l’omerta

Depuis trente-cinq ans aux manettes de Golias 1, magazine chrétien contestataire, Christian Terras continue d’être la bête noire de l’Église catholique. Insulté, menacé, il n’a jamais abdiqué, portant sur la place publique, dossier après dossier, les dérives de l’institution. Non pour la détruire, comme le clament ses détracteurs, mais pour réformer un système nécrosé de l’intérieur. Grand témoin du film Religieuses abusées, l’autre scandale de l’Église 2, diffusé ce soir (5 mars 2019 à 20h50) sur Arte, il revient pour nous sur les révélations de ce film explosif, les nécessaires remises en cause qu’il suscite. [La suite de ce long interview se trouve sur [le site de TÉLÉRAMA]]

Quel a été votre rôle dans le film ?
Il s’est limité à de ponctuelles interventions.

Les réalisateurs sont venus passer une journée à la rédaction.

Au fur et à mesure de leur enquête, je leur ai indiqué quelques pistes, notamment par rapport à Mgr Barbarin. Eric Quintin souhaitait retrouver l’extrait vidéo de 2006 où il fait l’éloge de Marie-Dominique Philippe lors de ses obsèques. Celui-là même qui avait fondé en 1975 la Communauté Saint-Jean , dont certains membres ont été jugés pour abus sexuels. Avant que le Vatican reconnaisse finalement, en 2016, dans un courrier confidentiel, « l’indulgence suspecte » des frères de Saint-Jean pour la pédophilie, les abus généralisés sur les femmes de la communauté.

Depuis plus de trente ans, vous œuvrez avec Golias pour mettre au jour les dossiers enfouis par l’Église, ses dysfonctionnements. Avez-vous perçu, au fil du temps, une évolution de sa posture, sa volonté de sortir de l’opacité ?

Il y a deux gros dossiers : les affaires de pédophilie, celles des religieuses abusées. A partir de 2010, l’institution prend conscience de la gravité du phénomène planétaire concernant les premières. Benoît XVI sort de la posture sur laquelle campait Jean-Paul II : à savoir que les affaires de pédophilie n’étaient que des complots contre l’Eglise. …

La suite de ce long interview se trouve sur le site de TÉLÉRAMA

Vaticom : la reprise en main du pape Francois

C’est donc sur de nouvelles bases que François veut démarrer 2019 : les démissions du porte-parole de la Salle du Saint-Siège et de son adjointe, Greg Burke et Paloma García Ovejero, le 31 décembre dernier, ont pris de court le microcosme romain qui ne s’attendait pas à pareille décision. Car le pape jésuite n’a pas cherché à les retenir ; mieux, personne n’a cru bon de prévenir le préfet du Dicastère pour la communication, Paolo Ruffini, mis devant le fait accompli quelques heures avant l’annonce officielle. Plus que jamais l’évêque de Rome, grand communicant devant l’Eternel, veut reprendre en main son image, surtout que 2019 s’annonce peu ou prou aussi explosif que 2018…

En vérité la communication du Vatican a vécu maints soubresauts l’an dernier. En mars, Mgr Dario Edoardo Viganó, préfet du Dicastère de la communication, démissionnait après avoir caviardé une lettre du pape émérite (cf. Golias Hebdo n° 521). Ce personnage controversé, très autoritaire, avait réussi – sur la volonté de François – à récupérer un certain nombre de services jusqu’alors disséminés ; entre 2015 – date de création de ce nouveau Dicastère pour la communication – et 2018, au moment de son retrait, Mgr Viganó avait avalé le Conseil pontifical pour les communications sociales, la Salle de presse du Saint-Siège, la Librairie éditrice vaticane, le bureau internet du Vatican, Radio Vatican, le Centre de télévision du Vatican, le service photographique, la Typographie vaticane et L’Osservatore Romano (ouf !). Certes démis de sa charge, le pape argentin le maintenait comme assesseur dans le même dicastère afin de mener à bien la « fusion »(1) de L’Osservatore Romano (dépendant, comme la Salle de presse du Saint-Siège, de la Secrétairerie d’Etat) avec le Dicastère pour la communication. En effet, le processus d’intégration de L’Osservatore Romano dans ce dicastère venait d’être lancé au moment de sa démission. Moins de trois mois plus tard, François nommait Paolo Ruffini comme préfet de ce dicastère, premier laïc à exercer cette fonction à la Curie. Petit-neveu du très conservateur cardinal-archevêque de Palerme (1945-1967), Mgr Ruffini, journaliste réputé, Paolo Ruffini possède aussi un caractère plus accommodant que son prédécesseur et a réussi, enfin, à unifier les organes de communication du Saint-Siège. Première conséquence : le 18 décembre dernier, changement de directeur à la tête de L’Osservatore Romano et nomination d’un (premier) directeur éditorial du Dicastère pour la communication2. Le très ratzingerien Giovanni Maria Vian, responsable de l’organe de presse du Vatican depuis 2007, laissait sa place à Andrea Monda, proche de La Civiltà Cattolica, revue jésuite dirigée par le P. Spadaro, spin doctor du pape argentin. Et arrivait dans le dispositif, le même jour, le vaticaniste bergogliophile Andrea Tornielli, journaliste à La Stampa et responsable du site multilingue Vatican Insider. La promotion de ce dernier laissait clairement entendre que François voulait absolument s’assurer de la parole publique émanant de ses services, mettre en place une dream team. Surtout, la nomination de Tornielli vidait, d’une certaine manière, de sa substance la Salle de presse.

Vaticom : version 2.0

De fait, celle-ci – dans cette nouvelle configuration – n’avait plus la main sur la communication officielle du pape. Il faut signaler que Greg Burke et Paloma García Ovejero n’avaient aucun accès direct à François – à la différence de leurs prédécesseurs sous Jean Paul II et Benoît XVI et même le pape argentin : Joaquim Navarro-Valls de l’Opus Dei (1984-2006) et le père jésuite Lombardi (2006-2016) – et que leurs parcours respectifs ne concordaient plus vraiment avec les visées bergogliennes. Greg Burke, né il y a 59 ans dans le Missouri et membre de l’Opus Dei (lui aussi), fut journaliste entre autres dans la presse conservatrice : National Catholic Register et Fox, chaîne de télévision nord-américaine pro-Trump. Son adjointe madrilène de 43 ans, Paloma García Ovejero, première femme à occuper de telles fonctions à Rome, fit toute sa carrière à Cadena COPE, radio espagnole financée par la Conférence des évêques d’Espagne (CEE). Proche de la « Reine-Mère » de l’épiscopat espagnol, le cardinal-archevêque émérite de Madrid (1994-2014), Mgr Rouco Varela, cette membre du Chemin néo-catéchuménal3, comme Greg Burke, a préféré prendre les devants et démissionner le 31 décembre plutôt que d’être remerciée, sans doute avant le sommet des évêques sur les abus dans l’Eglise, par l’évêque de Rome. Celui-ci n’a pas oublié les crises émaillant cet annus horribilis qui pétrifièrent ses porte-parole, incapables d’allumer le moindre contrefeu. Du Chili aux attaques de l’ex-nonce aux Etats-Unis, Mgr Viganò (qui n’a rien à voir avec l’ex-préfet du Dicastère pour la communication), du scandale McCarrick (ex-cardinal-archevêque de Washington qui a rendu sa barrette rouge) aux révélations en cascades d’abus sexuels un peu partout sur la planète, Greg Burke et Paloma García Ovejero ont failli, aux yeux de François, dans leurs missions. Du reste, il avait demandé aux journalistes d’enquêter sur Mgr Viganò après le libelle demandant sa démission. Et qui écrivit un ouvrage, si ce n’est un rapport, sur l’ex-nonce, ses accointances avec les milieux ultra-conservateurs, ses contre-vérités ? Andrea Tornielli4 justement, qui trouve ici sa récompense en devenant le superviseur éditorial de tous les médias du Vatican !

Le 1er janvier, pour succéder aux deux démissionnaires, entrait en fonction Alessandro Gisotti, 44 ans, comme porte-parole intérimaire de la Salle du Saint-Siège. Journaliste à Radio Vatican depuis 2004, ce Romain bon connaisseur des réseaux sociaux a été formé par le Père Lombardi et est décrit comme un proche du préfet Ruffini. Après un intermède nord-américain, la parole pontificale redevient italienne et surtout digne de confiance. [Découvrez l’ensemble de notre dossier dans Golias Hebdo n° 558 : http://golias-editions.fr/article5577.html]

1. http://press.vatican.va/content/dam/salastampa/it/bollettino/documentazione-linkata/Lettera%20del%20Santo%20Padre.pdf

Foyers de charité : mains basses sur les retraitantes

Une nouvelle statue vient de tomber au milieu du petit peuple du Renouveau charismatique. Elle pesait lourd celle-là : André Marie Van Der Borght (VDB, son surnom au Foyer de Charité de Tressaint qu’il a fondé en 1966)
et que l’on soupçonne de gestes déplacés et de comportements inappropriés, envers des membres du Foyer ou envers des retraitantes venant écouter ses prêches… Le Renouveau poursuit ainsi sa litanie des anges déchus, après Philippe Madre, Frère Ephraïm, les fondateurs des Points-Cœurs ou de la communauté Saint-Jean ; les gourous, qui rappellent à leurs inférieurs les nécessités d’une chair mortifiée, se disent que cette règle ne prévaut pas pour eux… Eux qui tutoient les anges. Et comme chacun sait :
qui fait l’Ange… met assez vite la main aux fesses.

L’affaire est presque passée inaperçue… Mais, ça y est ! Mi-octobre dernier, les Foyers de Charité ont reconnu dans un « message aux membres et amis des Foyers de Charité »[[https://www.lesfoyersdecharite.com/message-aux-membres-et-aux-amis-des-foyers-de-charite-au-sujet-du-pere-andre-marie-van-der-borght/]] les « gestes déplacés » et « comportements inappropriés », selon les formules désormais consacrées, d’un de ses maîtres à penser : le P. Van Der Borght, dit VDB, fondateur du Foyer de Charité de Tressaint (Côtes-d’Armor) décédé en 2004. Rappelons que les Foyers de Charité ont été fondés par Marthe Robin, une voyante qui ne se nourrissait – paraît-il ? – que d’hosties consacrées, avec l’aide du bon P. Finet ; quantité d’évêques et de prêtres participent régulièrement à ces retraites prêchées dans près de 80 foyers répandus à travers le monde. Une vraie force de frappe.

Les rumeurs couraient depuis des lustres, du vivant même de VDB, mais naturellement, tout cela n’était que « calomnies », « vilénies » créées de toutes pièces par les ennemis de l’Église qu’il ne fallait surtout pas colporter. Le témoignage ci-dessous, de première main, décrit les retraites menées par le gourou VDB et les très spéciales séances de confessions auxquelles il soumettait les retraitantes. Sexe, argent, etc., on retrouvait les éléments des pires SAS au Foyer de Charité de Tressaint, sur fond de cantiques soporifiques et aspergés d’eau bénite[[On peut les trouver facilement sur le site YouTube : https://www.youtube.com/watch?v=D84nMx5hSr4&list=PLTg2oJQG7x_xKExMq8Uo0Wx3a4wGocSsk]] . Et puis ce doute : Mgr Gosselin, désormais évêque d’Angoulême, ignorait-il vraiment (comme il l’affirme) les agissements de son prédécesseur ? Cela paraît invraisemblable. Avant d’être élevé à la dignité épiscopale, le P. Gosselin s’apprêtait à prendre la responsabilité de tous les foyers de charité comme modérateur (il fut remplacé par le Sénégalais Moïse Ndione, prêtre qui poserait problème dans sa gouvernance, dans des conditions qui, selon nos sources, ne respecteraient pas le droit). Mieux ! Tressaint n’est pas le seul foyer problématique : Baye (Marne) où une enquête est en cours et d’autres (en France et en Europe), également, actuellement passés au crible… L’Église, à bénir tout et n’importe quoi (surtout quand c’est bien dans la ligne romaine et complètement bondieusard), n’en finit pas de découvrir qu’elle a engendré des monstres. Pour le plus grand malheur des victimes et notre profonde honte. GOLIAS

Pour aller plus loin : GOLIAS Hebdo N° 552

L’église en France sera-t-elle « Sauvé » ?

L’assemblée plénière de la Conférence des évêques de France (CEF) qui s’est déroulée début novembre à Lourdes était attendue à plus d’un titre. D’une part en raison de la réception de quelques victimes (dans des conditions plus que discutables), d’autre part à cause de l’éjection de l’Officialité d’Auvergne-Rhône-Alpes du P. Vignon (cf. «Golias Hebdo» n°549) ; enfin parce que tous attendaient les décisions épiscopales en matière d’abus. Pour une fois, les évêques furent peu ou prou au rendez-vous des attentes… ce qui ne fut, hélas, pas le cas partout.

En effet, la veille de la clôture de l’assemblée plénière, Mgr Pontier, archevêque de Marseille et président de la CEF – flanqué de Mgr Crepy, évêque eudiste du Puy et président de la Cellule permanente de lutte contre la pédophilie, et de Mgr Ribadeau-Dumas, porte-parole et secrétaire général de la CEF –, convoquait la presse et annonçait la création d’une « commission indépendante chargée de faire la lumière sur les abus sexuels sur mineurs dans l’Église catholique depuis 1950 »[[1]]. A la tête de cette commission (qui enquêterait durant 18 à 24 mois) : Jean-Marc Sauvé, 69 ans, vice-président honoraire du Conseil d’Etat et président de la Fondation d’Auteuil. D’origine modeste, formé chez les jésuites, proche de la gauche qu’il servit – notamment les gouvernements Mauroy –, ancien secrétaire général du gouvernement de quatre Premiers ministres, la nomination de M. Sauvé fut saluée par l’opinion. De fait, ce choix n’est pas mauvais : réputé impartial, c’est aussi un catholique pratiquant qui ne fait pas mystère de sa foi sans pour autant l’étaler. A lui désormais de choisir les membres de cette commission et de mettre en place ce travail de mémoire et de vérité. A lui aussi de convaincre les évêques réticents à ouvrir leurs archives, répugnants de déterrer ce qu’ils espérèrent longtemps mettre sous le boisseau. Naturellement, le choix des membres sera primordial. D’après Jean-Marc Sauvé, seront désignés par lui seul des membres « de toutes opinions, de toutes confessions et par conséquent des croyants et des non-croyants »[[2]]. Déplorons néanmoins l’impasse faite sur les abus de pouvoir et de conscience, cette commission n’étant chargée que des abus sexuels même si son président postule que « son mandat est large et ne comporte aucune restriction ». L’autre aspect de cette assemblée plénière concerne les indemnités versées aux victimes d’abus commis par des clercs. Par principe, la CEF n’y est pas opposée, ce qui était loin d’être joué à l’avance : certains évêques renâclaient, arguant les difficultés financières rencontrées dans les diocèses. Quand bien même le moteur des victimes n’est pas l’indemnisation, la charge symbolique ne peut être négligée puisqu’elle participe à la réparation intérieure de celles-ci. En définitive, on ne peut que se réjouir du changement de braquet épiscopal après plusieurs années d’errance ; seule ombre au tableau : la présence toujours aussi malfaisante et inconsistante du cardinal Barbarin qui chercha à faire capoter cette assemblée d’automne en démettant de ses fonctions le P. Vignon à la veille de la rencontre lourdaise. Cette histoire n’est pas terminée : le code de droit canonique ayant été foulé aux pieds par le primat des Gaules, le P. Vignon a déposé plusieurs appels « en haut lieu »[[3]].

La CORREF au rendez-vous

Quelques jours plus tard, c’étaient 450 membres de la Conférence des religieux et religieuses de France (CORREF) qui étaient réunis à Lourdes pour leur assemblée générale bisannuelle. Présidée par la dominicaine Véronique Margron, elle a décidé de « s’associer pleinement à la décision prise par la Conférence des évêques de France (CEF) concernant la mise en place d’une ‘‘commission indépendante’’ »[[4]]. Par ailleurs, la CORREF – qui, à la différence de la CEF, ne découvre pas les ravages causés par les abus – souhaite continuer à développer les outils développés depuis longtemps : « Travailler ensemble sur la formation initiale et la formation continue dans nos Instituts, proposer aux Instituts des protocoles sur la protection des mineurs et des personnes vulnérables, rendre possible une meilleure prise en charge des auteurs, avancer sur différentes modalités de réparation pour les personnes victimes (…). Se saisir de la difficile question de l’accès à la parole des membres de nos Instituts qui ont été victimes, en France mais aussi en d’autres pays où nous avons des sœurs et des frères (…). Organis[er] groupes de travail et journées spécifiques, dans lesquels des personnes victimes pourront être parties prenantes, comme nous le faisons déjà. » On ne peut que saluer le travail courageux mené par les religieuses et religieux depuis de longues années au sujet des abus, entre autres sous l’impulsion de Sr Véronique Margron, et la ferme volonté de regarder en face un passé pas toujours reluisant.

Les évêques américains retoqués

Les évêques de France rejoignaient leurs diocèses quand ceux des Etats-Unis quittaient les leurs pour Baltimore où se tenait leur assemblée plénière. Là aussi, cette rencontre était très attendue. En effet, la Conférence des évêques catholiques des Etats-Unis (USCCB) vit une crise majeure, la pire sans doute de son histoire, une partie de ses membres flirtant nolens volens avec le schisme depuis 2013 et l’élection du pape jésuite. Dès son élection, François chercha à reprendre en main cet épiscopat dont le conservatisme confine à la caricature en nommant aux postes clé des évêques ouverts[[5]]. En parallèle, le pape argentin se montre volontiers critique vis-à-vis de l’ultralibéralisme, la peine de mort (le Vatican n’est devenu abolitionniste qu’il y a quelques mois), et a voulu – mezzo voce – desserrer l’étau doctrinal à l’endroit des lépreux de l’Eglise (divorcés, remariés, LGBTI+…).

Tout ceci cristallisa davantage encore une USCCB déjà sur des charbons ardents… Les révélations autour de l’archevêque émérite de Washington, McCarrick (et sa démission du collège des cardinaux), le rapport pennsylvanien, les pamphlets de l’ex-nonce aux Etats-Unis, Mgr Viganò[[6]] (qui écrivit même aux évêques nord-américains alors qu’ils s’apprêtaient à siéger pour leur assemblée plénière !), la démission du cardinal-archevêque bergoglien de Washington, Mgr Wuerl, mirent sous le feu des projecteurs les dissensions et multiples divisions qui traversent cette conférence. Une trentaine d’évêques nord-américains soutiennent en effet l’ex-nonce – qui réclame la démission de l’évêque de Rome – dans ses accusations… Bien décidé à sortir de l’ornière, l’épiscopat voulait mettre en place de nouvelles mesures : nouveau code de conduite, nouveau mécanisme de signalement, création d’une commission d’enquête sous la direction de personnes n’appartenant pas à l’Eglise catholique. Las ! Rome – sur le conseil du nonce français aux Etats-Unis, Mgr Pierre – bloqua toutes initiatives jusqu’à la rencontre de février prochain de tous les présidents des conférences épiscopales avec le pape jésuite, ce qui ne manqua pas d’interloquer les observateurs et les évêques eux-mêmes, en premier lieu le président de l’USCCB, le cardinal-archevêque conservateur de Galveston-Houston, Mgr DiNardo, « [çu] »[[7]] car voyant dans cette décision un mauvais signal envoyé à l’opinion. Or, il apparaît que l’injonction était motivée. Ces nouvelles mesures ne faisaient pas l’unanimité au sein de l’épiscopat nord-américain (ce qui aurait renforcé l’image d’évêques divisés). Par ailleurs, il semble que Rome attendait de l’USCCB qu’elle aille plus loin, jugeant ces dispositions inadaptées à la situation.

Pour désamorcer le germe de polémique dans les médias relatif à cette injonction romaine, François nomma, le jour même où l’on apprenait cette dépossession des prérogatives épiscopales nord-américaines, un homme de confiance, réputé pour sa lutte contre les abus, au sein de la Congrégation pour la doctrine de la foi (CDF) : Mgr Scicluna, archevêque de Malte et désormais, en même temps, secrétaire adjoint de ce dicastère, soit numéro 3. Lui qui fit la lumière sur les dérives des Légionnaires du Christ et de leur fondateur Maciel, lui qui supervisa l’enquête sur l’épiscopat chilien après le calamiteux voyage pontifical de janvier dernier, est chargé d’organiser la rencontre de février prochain avec les présidents des Conférences épiscopales et, assurément, de dessiner la nouvelle ligne romaine en matière d’abus, charge ensuite aux épiscopats locaux de l’aménager chez eux. De fait, le pape argentin, chantre de la synodalité, s’aperçoit qu’il ne peut compter là-dessus s’agissant des abus ; il doit lui-même imprimer une ligne, les évêques étant incapables (par nature mais aussi par fonction) d’audace et de courage. Ainsi, en février prochain, Rome devrait décider de la direction à suivre par tous, les épiscopats étant chargés de l’appliquer (en l’adaptant çà et là aux particularités locales). A noter en outre que Mgr Scicluna prendrait la place à la CDF de Mgr Di Noia, un archevêque dominicain natif des Etats-Unis, réputé pour son archi-conservatisme8 et ayant dépassé les 75 ans depuis peu…

François à l’épreuve du changement

Cette réunion des présidents de conférences épiscopales, si elle n’est pas un synode (et encore moins un concile) prouve cependant la volonté bergoglienne d’associer l’ensemble des évêques au changement indispensable. La crise des abus qui traverse la planète de part en part démontre aux plus récalcitrants que la réforme de l’Eglise est plus que nécessaire : inévitable. Comme l’asséna à plusieurs reprises le National Catholic Reporter dans une lettre ouverte aux évêques des Etats-Unis à la veille de leur assemblée plénière : « C’est fini ! »[[9]] En effet, le roi est nu : plus aucun prêtre ne sera plus jamais vu comme « à part  » (soit sacré) ; l’exercice de l’autorité et même du magistère devront changer, se vivre de manière autre car le Peuple ne l’acceptera plus. Il va falloir penser les fonctions hiérarchiques différemment, le modèle que nous connaissons étant totalement obsolète et même mortifère. Oui, qu’on se le dise une fois pour toutes : « C’est fini !  »

1. https://eglise.catholique.fr/espace-presse/communiques-de-presse/463217-monsieur-jean-marc-sauve-vice-president-honoraire-conseil-detat-president-de-commission-independante/
2. https://www.liberation.fr/societe/2018/11/16/pedophilie-dans-l-eglise-la-commission-d-enquete-n-aura-aucune-restriction-selon-son-president_1692555
3. http://www.cheriefmvalleedurhone.fr/drome-entretien-avec-le-pere-pierre-vignon/?fbclid=IwAR00xnDUU3rZ-A5gz42OsrzS80mvImFyy_q57SIeU56KkclW933WaYmjYa8
4. https://www.viereligieuse.fr/Declaration-de-la-Corref-a-l-issue-de-l-AG-de-Lourdes
5. Mgr Cupich à Chicago, Mgr Tobin à Newark, Mgr McElroy à San Diego…, les deux premiers ayant été créés cardinaux en novembre 2016.
6. Notons que ce redresseur de torts vient d’être condamné par la justice à rembourser plus de 2 millions d’euros à son frère, qu’il a spolié intentionnellement : https://www.tdg.ch/monde/archeveque-spolie-frere-handicape/story/11522258
7. https://www.20minutes.fr/monde/2370819-20181113-etats-unis-vatican-bloque-mesures-eveques-americains-contre-abus-sexuels
8. Il fut un éphémère vice-président (juin 2012-septembre 2013) de la commission Ecclesia Dei, désireuse de récupérer les lefebvristes dans le giron romain, et en charge des discussions avec la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X (FSSPX).
9. https://www.ncronline.org/news/opinion/open-letter-us-catholic-bishops-its-over

Les sacrifiés de Dieu

Parmi les témoignages de victimes d’abus commis par des prêtres, celui porté par Jean-Pierre Sautreau dans son livre(1) est précieux. Il met en lumière des pratiques ecclésiales pour satisfaire le besoin de prêtres et démontre surtout que les abus dans l’Eglise ont toujours existé. L’auteur de cet ouvrage délicat, magnifiquement bien écrit, narre l’expérience vécue au début des années 1960 dans l’ancien Petit Séminaire de Chavagnes-en-Paillers, en Vendée.

L’auteur décrit le processus qui l’amène dans ce Petit Séminaire, comment un « monseigneur à la main leste » recrutait dans les familles les gamins de 10-11 ans afin de préparer le clergé de demain mais aussi satisfaire son penchant pour la chair de jeunes garçons. Avec une certaine mansuétude de la part de la hiérarchie. Pour arriver à bonnes fins, le prédateur faisait miroiter un avenir radieux aux jeunes pousses et à leurs parents, bien heureux à l’idée que leur enfant puisse s’élever socialement en servant l’Eglise et d’avoir « une bouche de moins à nourrir ». Violences sexuelles, violences physiques, violences verbales…

L’époque était assurément violente, l’enfant – et sa parole – sans poids dans le monde des adultes, ces derniers – surtout ceux qui n’avaient pu faire de longues études – s’en remettant avec la plus totale confiance à ceux qui avaient de l’instruction : maire, instituteur et bien sûr prêtre. En ce dernier, en Vendée notamment, la confiance était absolue, son jugement écouté. C’était l’époque où petits et grands séminaires constituaient la voie royale. Pourtant, à certains moments, on ne sait plus si, à Chavagnes, il s’agit d’un Petit séminaire ou d’une arrière-cuisine de l’enfer, où opèrent des démons habillés en curés. Ces gamins passent leur temps à prier en silence, soumis totalement à la cléricature sachante, « gourous » en soutane qui détiennent leur pouvoir de Dieu lui-même. « Du coup l’enfant se retrouve seul. Et quand il sera agressé comme moi et la plupart des abusés par son directeur de conscience, il sera perdu, incapable de comprendre et de peser l’acte et s’enfermera dans une solitude dépressive », note Jean-Pierre Sautreau qui ne sortira de ce carcan que des décennies plus tard, avec la publication d’Une croix sur l’enfance. Combien sont-ils dans son cas ? Combien en sont ressortis brisés à vie ? Combien ont survécu à ce déchaînement de mal ? Combien ont oublié ? Combien n’ont pas parlé ou ne parleront jamais ? De ce récit glaçant, on retient aussi que ces prédateurs ne furent jamais jugés, ils purent continuer de vivre sereinement, continuer de repérer des proies en paroisses pendant que les victimes tentaient de se reconstruire. En l’espèce, Jean-Pierre Sautreau ne fut pas cru, ni par la hiérarchie ni par ses proches. Cette solitude qu’il avait connue au petit Séminaire infernal de Chavagnes persistait au dehors ; comme le désert, l’enfer a-t-il une fin ? Cet ouvrage – témoignage bouleversant – est salutaire : pour les victimes en premier lieu, pour les chrétiens ensuite souvent ignorants de ces turpitudes, pour l’Eglise enfin qui doit affronter ce passé si elle veut se régénérer. Ainsi, il serait temps d’ouvrir les archives et de mettre en accusation ceux qui défigurèrent le visage du Christ, quand bien même ils sont désormais décédés ; pour les victimes et le Peuple, cette exigence de vérité est inévitable. Pour aller plus loin : http://golias-editions.fr/article5569.html

1. Jean-Pierre Sautreau, Une croix sur l’enfance, La Crèche, La Geste Editions, 2018.

Affaire Viganò : l’offensive des conservateurs contre la pape François : AU NOM DU PUTSCH !

Près de deux mois après la tentative de putsch au sein de l’Eglise opérée par Mgr Viganò, ex-nonce apostolique aux Etats-Unis (2011-2016) réclamant la démission du pape jésuite, où en est l’Eglise ? François compte sur le synode (des jeunes), actuellement en cours, pour avancer dans la réforme – toujours pas en application plus de cinq ans après son élection. Mais les choses sont beaucoup plus laborieuses en interne… La Curie a déclaré la guerre au pape, elle s’est jurée d’avoir sa peau après son discours sur les quinze maladies, qui lui est resté au travers de la gorge. Les deux lettres (car il en a écrit une deuxième fin septembre) de Mgr Viganò ne sont jamais que l’arbre qui cache la forêt, en l’espèce la guerre ouverte entre la Curie et François.

Mgr Vigano est un personnage très controversé, si l’on en croit l’article de Brian Rœwe du National Catholic Reporter, qui nous en fait un portrait très complet. Prêtre au service diplomatique du Saint-Siège, nonce apostolique, il est décrit comme laborieux, conservateur et ambitieux. C’est parce qu’il n’a jamais obtenu la pourpre cardinalice qu’il en est réduit à menacer le pape argentin, qui n’apprécie guère son côté intrigant. En vérité, si ce type de personnage a toujours existé à Rome, ils y pullulèrent particulièrement sous le pontificat de Jean Paul II. Il s’agit pour s’en convaincre de se reporter à l’article de l’organe officieux du Vatican, Il Sismografo, lequel revient sur les années 1995-2005, sur l’affaiblissement du pape polonais et la façon dont le cardinal-secrétaire d’Etat, Mgr Sodano, et le secrétaire particulier du pape, Mgr Dziwisz, se sont emparés du pouvoir et ont promu les groupes d’influence de tout poil, allant jusqu’à couvrir le pire au nom de la raison d’Eglise.

François n’ignore rien de tout cela. Il sait bien que les scorpions sont légion dans son entourage (notamment les cardinaux Sandri et Ouellet, respectivement préfets des Congrégations pour les Eglises orientales et pour les évêques, nommément accusés par Viganò d’avoir protégé l’archevêque McCarrick). D’où le relatif silence pontifical observé à la suite des deux libelles de l’ex-nonce, qui ne peut suffire comme l’indique l’article du père jésuite américain Thomas Reese. Mais parler, c’est forcément reconnaître que les collaborateurs qui l’entourent sont de fieffés hypocrites. C’est obligatoirement admettre que des cardinaux proches de lui sont quelque peu responsables de l’état dans lequel se trouve aujourd’hui l’Eglise (et en raison de leurs protections diverses devraient aussi démissionner du collège des cardinaux).

C’est incontestablement convenir que les pontificats de Jean Paul II et Benoît XVI n’étaient pas finalement si blanc-bleu que cela, qu’ils instillèrent dans le Corps nolens volens un poison qui est en train d’emporter l’Eglise. François sait bien que le pire ennemi de l’Eglise n’est pas à l’extérieur mais à l’intérieur de la forteresse vaticane. Oui, parler, c’est mettre en lumière les exactions commises contre l’Eglise par une clique assoiffée de postes et dont beaucoup de protagonistes sont toujours en vie (songeons que le cardinal Sodano, 91 ans, est toujours doyen du collège des cardinaux, pour ne citer que lui). Certes, François a déterré de l’oubli de vieilles prières (à Saint-Michel Archange et à Marie) pour sauver l’Eglise du « Grand Accusateur » – Vigano, qui a daté sa lettre au 29 septembre, fête de Saint-Michel –, comme s’il n’avait plus aucune arme pour venir à bout de cette pieuvre curiale qui tue l’Eglise chaque jour davantage. On ne sait trop pour l’instant ce que donnera cette réforme de la Curie tant promise. Mais si elle se fait avec les mêmes hommes, on sait déjà qu’elle ne mènera nulle part, hormis au cimetière. A l’heure où nous écrivons ces lignes, nous apprenons que François a déclenché une enquête sur Mgr McCarrick. Elle semble bien tardive mais surtout, sur quelle base lui a-t-on demandé de rendre sa barrette en juillet dernier ? Par ailleurs, on aime écrire, à Rome : le cardinal Ouellet, impliqué par Mgr Viganò (ce dernier affirme avoir reçu des instructions du préfet de la Congrégation pour les évêques avant son départ aux Etats-Unis sur l’alors cardinal McCarrick, déjà émérite), vient de lui adresser une lettre dans laquelle il s’inscrit en faux contre ces allégations. Que ne fait-on pas, chez ces courtisans, pour sauver son chapeau ! (illustration CrisCRéa)
Pour aller plus loin : http://golias-editions.fr/article5562.html