Éditions Golias
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Ruissellement

C’est la théorie selon laquelle les richesses des uns descendent ou « ruissellent » sur les démunis, par les dépenses que font les premiers et donc les emplois qu’ils créent, donnant ainsi du travail aux seconds. L’origine peut en être La Fable des abeilles, de Bernard Mandeville, ouvrage politique anglais paru en 1729. Le sous-titre en est : Private Vices, Public Benefits (Vices privés, vertus publiques).

C’est la théorie selon laquelle les richesses des uns descendent ou « ruissellent » sur les démunis, par les dépenses que font les premiers et donc les emplois qu’ils créent, donnant ainsi du travail aux seconds.
L’origine peut en être La Fable des abeilles, de Bernard Mandeville, ouvrage politique anglais paru en 1729. Le sous-titre en est : Private Vices, Public Benefits (Vices privés, vertus publiques).

Ce livre soutient un constant paradoxe : c’est l’égoïsme des nantis qui crée au final l’opulence générale, et c’est à l’inverse la morale traditionnelle qui inhibe les gens et qui, en les empêchant d’agir, appauvrit la société. On a vu dans Mandeville un précurseur du libéralisme économique.
Sans doute notre président, qu’il le veuille ou non, est-il un adepte de cette théorie, quand il dit que dans une société les « premiers de cordée » tirent en quelque sorte les autres en leur donnant du travail par leurs investissements. C’est la cause évidente de la mesure qu’il a prise de supprimer l’Impôt sur la Fortune (ISF) : dans une économie mondialisée, il importe que les capitaux, découragés par une fiscalité confiscatoire, ne s’évadent pas.
Keynes pensait que la théorie mandevillienne était entièrement pernicieuse. Comme lui je pense qu’elle est immorale, mais en plus sophistique : il ne s’agit pas du tout d’une théorie, mais d’un pur mythe.
Voici ce que je viens d’entendre à France Inter, et qui m’a édifié. Les associations caritatives ont remarqué que durant l’année passée les dons faits par les très riches ont disparu. La raison ? Ils donnaient jusque là pour réduire leur impôt. Mais une fois exemptés de l’ISF, ils n’ont plus donné. La conclusion est que les riches ne donnent pas s’ils n’y voient pas leur propre intérêt : il ne faut rien attendre d’eux spontanément.
Le rôle de la Loi et de l’État est donc de les contraindre, pour diminuer au moins un peu la distance qui les sépare des mal-lotis. Si on attend qu’ils le fassent eux-mêmes, ils ne le feront jamais. Lacordaire avait bien raison, quand il disait : « Entre le faible et le fort c’est la liberté qui opprime, et c’est la loi qui libère. »

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3 réponses sur “Ruissellement”

  1. Ruissellement
    Sempiternelles théories qui s’affrontent à coups d’explications, de notions ou d’idées basées sur tels ou tels sujets.
    Mais tout n’est pas si simple, et en pratique, tout se mélange, et ce qui devient valable pour les uns, n’est plus valable pour les autres… D’où en politique la notion du Centre !!!
    Un très grand homme l’avait en son temps ainsi résumé :
    « Si ma théorie de la relativité est prouvée, l’Allemagne me revendiquera comme Allemand et la France déclarera que je suis un citoyen du monde. Mais, si ma théorie est fausse, la France dira que je suis un Allemand et l’Allemagne déclarera que je suis un Juif. »
    Albert Einstein

    En fait, tout est une question de dosage pour une meilleure fluidité afin que tous y trouvent leur compte, les ’’riches’’, comme les ’’pauvres’’.
    Je mets les guillemets car on trouve toujours un riche plus riche que soi… Et aussi toujours un pauvre plus pauvre que soit .
    C’est pourquoi les gouvernements qui se sont succédés en voulant appliquer telles ou telles théories se sont plantés car il faut un mélange de ces théories avec – en même temps – un subtil doigté.
    C’est ce que voulait faire l’actuel président… Sauf qu’il a oublié le subtil doigté !
    J’espère qu’il l’a compris et qu’il pourra endosser le – maillot – jaune du premier qui a réussi à redresser le pays, mis à mal par toutes ces théories précédentes.
    Pour le bien de notre pays et de ses habitants, des riches certes pour qu’il ne partent plus comme Depardieu et bien d’autres…. Mais surtout des pauvres !

  2. Ruissellement
    Hello Michel

    Cette théorie du ruissellement est toujours utilisée par les plus riches pour justifier une domination et un abus perpétuel.
    Et ça ne date pas d’hier. On retrouve ça à toutes les époques pour justifier l’esclavage, pour justifier l’exploitation des richesses du sous-sol, pour justifier l’accaparement des terres, pour continuer de sous-payer les individus pour un travail, pour justifier des droits supplémentaires pour une catégorie d’humains sur les autres…etc, etc.

    La population humaine a sans doute été limitée très longtemps dans l’accès à suffisamment d’informations et d’éducation pour pouvoir protester et ne plus être dupe de la situation. Mais ça y est, enfin. Nous sommes parvenus à ce stade.
    Aujourd’hui ce discours du ruissellement est de plus en plus dénoncé, contesté, de plus en plus combattu partout dans le monde. J’allais dire ce discours est dépassé. S’en réclamer surtout à l’heure où l’abus de ce discours est en train de tuer les humains sur la planète et rendre la vie sur terre impossible à cause de la pollution, de la destruction des forêts, des ressources naturelles par surexploitation, réchauffement climatique…ça relève du délire.

    Je lisais ce matin une lettre de femmes mexicaines luttant pour leur survie et je me disais: mais comment un discours du ruissellement peut-il être encore donné quand on voit la violence et la destruction générés par ce discours et les rudes combats que doivent mener des hommes, des femmes, des enfants pour simplement survivre…

    Je vous laisse cette lettre, très émouvante.
    Je pense qu’elle vous touchera.

    http://bellaciao.org/fr/spip.php?article161343

    Amitiés

    Françoise

  3. Ruissellement
    Bonjour Michel,

    J’ai lu avec plaisir votre billet, je me permets de poursuivre cette discussion sur le ruissellement.

    La sagesse populaire dit « le poisson pourrit par la tête », je découvre que cette citation est très vieille, elle a déjà été commentée par Érasme. Elle reste étonnement actuelle et je crains bien qu’à partir du pouvoir central ruissellent plutôt illégalités, turpitudes, violences plus ou moins provoquées, mensonges affirmées ou silences mensongers, embrouilles, traîtrises…

    Nicolas Machiavel, Michel de Montaigne, Charles de Montesquieu,… ont chacun à leur façon illustré les dangers d’un pouvoir non maîtrisé. De mon point de vue, ce dernier propose la limitation la plus sûre : [seul] « le pouvoir arrête le pouvoir ».

    La violence sociale commence par le mépris absolu exprimé dans l’expression « ceux qui ne sont rien » en opposition au trop flatteur « premier de cordée ». Tout le contraire d’une société mieux organisée où chacun reconnaît la participation (certes plus ou moins habile) des autres à la construction de l’édifice.

    Bien cordialement.

    F.

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