Nudité

Fait-elle si peur à certains qu’il faille prendre soin de leur en épargner la vue ? Il semble bien que ce soit le cas, puisqu’au musée du Capitole de Rome des statues de nus ont été dissimulées sous de grand coffres en bois à l’occasion de la récente venue du président iranien Hassan Rohani (Source : L’Express, 26/01/2016).

On pense évidemment au Tartuffe de Molière, s’exclamant : « Couvrez ce sein que je ne saurais voir / Par de pareils objets les âmes sont blessées / Et cela fait venir de coupables pensées. » Et à la réponse cinglante de Dorine : « Mais à convoiter, moi, je ne suis point si prompte / Et je vous verrais nu du haut jusques en bas / Que toute votre peau ne me tenterait pas ! » Or on sait assez que l’impureté n’est pas dans l’objet que l’on regarde, mais dans la nature du regard lui-même : ce qui souille l’homme, ce n’est pas ce qui entre en lui, mais ce qui sort de lui (Matthieu 15/11 ; Marc 7/15). Ainsi tel regard simple et sans arrière-pensée flatte une nudité, et tel autre, tortueux et enténébré, la couvre de honte.
De toute façon, ces précautions prises pour des raisons de pudeur ou de décence, dont j’ai entendu à France Inter qu’elles n’avaient même pas été demandées par l’intéressé, manifestent une démission inadmissible de la part du pays hôte : on se couche sans vergogne aucune devant ce qu’on imagine être bien pour celui qu’on accueille, on va avec obséquiosité au-devant de ses présumés désirs. On n’a aucun souci de ses propres valeurs, et on met honteusement son propre patrimoine et sa propre culture dans sa poche. Mais est-on sûr que l’autre en ferait de même en semblable occasion ? Et à ce compte-là, il faut évidemment lui servir un repas exclusivement hallal, aller jusqu’à interdire le vin à tous les convives sans exception. Pourquoi alors tant qu’on y est ne pas voiler les femmes qui y assistent ?
Il semble qu’aujourd’hui nulle limite ne soit mise à la lâcheté. Le « politiquement correct » l’emporte, on se paralyse partout par peur de déplaire. Il n’est même pas sûr que cette position atteigne le but qu’elle vise : car à trop s’abaisser, on risque de rencontrer de la part de l’autre non pas la gratitude, mais le mépris.

Pédophilie : le silence coupable du diocèse de Lyon

Il s’agit d’une gigantesque affaire de pédophilie au sein de l’Eglise catholique française, comme d’autres, si ce n’est qu’elle n’en diffère par l’extraordinaire nombre de victimes (plusieurs dizaines, très rare pour ne pas dire inédit en France) et par le fait qu’il existe des aveux écrits il y a déjà 25 ans. Le silence coupable et complice du diocèse de Lyon durant ce dernier quart de siècle est également pointé du doigt dans cette histoire. Témoignage.

Le père Bernard Preynat, âgé aujourd’hui de 70 ans, a fondé un groupe scout indépendant en 1970 dans la paroisse de Saint-Luc à Sainte- Foy-Lès-Lyon dans la banlieue ouest de Lyon, où il était aussi curé, en charge également du catéchisme. Charismatique, autoritaire, influent, durant vingt ans, il a commis des actes ritualisés de pédophilie (allant d’attouchements à des viols – fellations) sur de jeunes scouts et enfants de chœur, garçons de 8 à 11 ans. Soit dans l’enceinte de l’église, à la cure, en camp de vacances, avec, dès 1980, des plaintes émanant de parents à ses supérieurs hiérarchiques. Sans résultat probant, malgré des courriers répétés et une ultime lettre menaçant de tout révéler à la presse (avec A/R) adressée en 1991 au cardinal Decourtray par les parents de l’une des victimes, François Devaux qui s’était plaint auprès d’eux dès le printemps 1990.

Le cardinal a répondu aux parents en leur assurant qu’il avait éloigné définitivement le prêtre de la présence d’enfants en le plaçant auprès des Petites sœurs des pauvres. Il n’y a pas eu de plainte judiciaire, et le Père Preynat a écrit au moins à deux reprises une lettre signée de sa main reconnaissant les faits. Six mois environ plus tard, à l’insu de la communauté paroissiale de Sainte-Foy, ce prêtre a été réaffecté dans une paroisse de la Loire (Neulise) au contact d’enfants puis d’autres paroisses durant près de vingt-cinq ans, sans interruption, jusqu’au 30 août dernier.  Au passage, en 2013, il a même été élevé au rang de doyen de six paroisses autour de Roanne (soit une douzaine de lieux de cultes) par le cardinal Barbarin.

Deux amis, âgés de  40 ans, il y a dix-huit mois environ, en se rencontrant fortuitement, se sont remémorés leur passé scout à Saint-Luc et se sont livrés l’un à l’autre sur les abus perpétrés par le prêtre. Ils se sont aperçus (via notamment Internet) que ce prêtre exerçait toujours son ministère sur la paroisse Sainte-Clair-le-Coteau vers Roanne. L’un des deux (Alexandre) a cherché à contacter le cardinal Barbarin pour poser le problème, avec nombreux échanges de mails dès juillet 2014 jusqu’en juillet 2015, soit avec lui, soit avec son directeur de cabinet Pierre Durieux, soit sa porte parole, déléguée pour l’œcuménisme, Régine Maire. Celle-ci a même organisé une rencontre entre Preynat et Alexandre à l’automne 2014 en sa présence…. Alexandre a également rencontré le responsable local roannais, vicaire épiscopal, le père Grillon.

Le cardinal Barbarin, dans un mail en date du 14/03/15, annonce à Alexandre qu’il a retiré toute charge paroissiale au Père Preynat… Il n’en est rien dans les faits et Alexandre dépose une plainte auprès du procureur de la République en juin 2015 (avec ouverture rapide d’une enquête préliminaire) et écrit au pape. Mi-juillet 2015, le cardinal confirme avoir reçu du Vatican l’ordre de relever le prêtre Preynat de ses fonctions, mais on le voit (articles de presse/photos google) animer encore la messe le 15/08/15. Il est promu au SEDIF le 01/09/15, organisme de formation à Lyon pour le catéchisme des adultes… puis finalement suspendu et mis en résidence dans une institution de religieuses à Fontaines-sur-Sâone où il se trouve actuellement. Par ailleurs, un des plaignants, Laurent, a de son coté, et de façon indépendante, rencontré en juin 2011  (ce qui est prouvable de façon incontestable), l’évêque auxiliaire de Lyon, Mgr Brac de La Perrière (adjoint du cardinal Barbarin à l’époque, aujourd’hui évêque de Nevers) dans le même but d’y voir clair et celui-ci lui a assuré que le Père Preynat était surveillé et hors contact d’enfants, ceci donc deux ans avant la nomination au poste de doyen.

L’enquêteur de police désigné par le procureur s’est présenté chez les parents de François Devaux en octobre 2015 (qui lui a communiqué son nom ? Il ne connaissait pas les autres plaignants) et c’est ainsi que François Devaux a à son tour déposé plainte puis s’est exprimé dans les médias pour tenter de rassembler d’autres victimes potentielles. De fil en aiguille, une association a été créée (La Parole libérée), un site internet (www.laparoleliberee.fr), pour que les langues se délient, que des victimes puissent se faire connaître et que des plaintes (pour la plupart hélas prescrites pénalement cependant) soient déposées. Un important battage médiatique a été mené et la garde à vue puis la mise en examen de Bernard Preynat a eu lieu le 27/01/16 pour quatre agressions sexuelles sur mineur de moins de 15 ans par personne ayant autorité et placé comme témoin assisté pour trois viols sur mineurs de moins de 15 ans, avec remise en liberté sous contrôle judiciaire. Durant sa garde à vue, il a souligné que les autorités du diocèse « ont toujours été au courant » depuis 1991 (il y a eu 4 archevêques : Decourtray, Balland, Billé puis Barbarin depuis 2002).

Dans une interview du cardinal Barbarin parue dans La Croix en date du 11/02/16, nous apprenons qu’il était en fait au courant du passé pédophile du prêtre Preynat en 2007-2008 mais qu’en prenant avis auprès d’un spécialiste (mais de qui s’agit-il ? Un psychiatre réputé dans ce domaine ?) il ne lui a pas paru justifié de le retirer de la présence d’enfants. Il dit aussi que le Père Preynat, qu’il avait convoqué, avait, en 1991, « reconnu tout et tout de suite ». Cela voulait-il dire qu’il avait aussi reconnu les viols pour lesquels il est actuellement témoin assisté, et si c’est le cas, est-ce normal de laisser un prédateur sexuel au contact quotidien d’enfants ? Le cardinal insiste sur le fait qu’il n’y a eu à ce jour, aucune plainte depuis 1991. Est-ce suffisant pour prendre une telle décision ? Et nommer un pédophile reconnu comme doyen de six paroisses, est-ce vraiment responsable ? Nous souhaitons donc, au delà du cas Preynat en cours d’instruction, que la lumière judiciaire soit faite concernant les éventuelles responsabilités des dirigeants du diocèse ayant laissé de façon inconsidérée et dangereuse un prédateur sexuel pédophile en lien direct avec de jeunes enfants alors que son passé leur était manifestement connu.

Certains d’entre nous sont catholiques pratiquants, d’autres athées ou simples croyants, mais il s’agit d’un combat pour la morale, pour la protection efficace de nos enfants et pour que le diocèse et aussi l’Eglise appliquent, comme l’a annoncé lui-même le pape François, « la tolérance zéro », l’une de ses priorités affichée au début de son pontificat, pour ces religieux coupables de ces crimes. L’Eglise en sortirait grandie et propre. Le silence sur ces crimes est mortifère et laisse parfois au bord du chemin des adultes meurtris définitivement par les traumatismes survenus dans leur enfance. Notre association, unique en France (pour ce qui est de la pédophilie dans l’Eglise) permet d’apporter un espace de liberté et de parole mais aussi un soutien pour les victimes et leurs proches. Nous attendons que le cardinal Barbarin s’exprime personnellement sur ce sujet. Les rares communiqués de son service de presse (fin octobre et le 12/01/16) se bornent à condamner la pédophilie, à assurer les victimes de sa compassion et avancent la thèse que tout a été fait dès les révélations connues… Ce qui date au moins de 2014 (et même antérieurement, 2011 au minimum), ce qui est en contradiction complète avec le déroulement des événements datés et vérifiables par tous (Internet, presse etc… Il nous paraît aussi crucial de mettre en avant l’allongement du délai de la prescription (actuellement de vingt ans après la majorité pour de tels faits) au vu de l’âge moyen où l’enfant devenu adulte est suffisamment étayé psychologiquement et prêt à parler et à porter plainte. Bertrand Virieux est membre de l’association « La Parole libérée » et victime du Père Preynat.

Inégalités

Elles atteignent à la surface de la terre des proportions surréalistes. Ainsi, selon ce que révèle un rapport accablant de l’ONG Oxfam, aujourd’hui 1% de la population mondiale possède plus que les 99% restants. Ce qui fait, souligne le rapport, que 62 personnes sont plus riches que 3,5 milliards d’individus (Source Internet : L’Obs, 18/01/2016).

On croit donc rêver, ou plutôt cauchemarder. Que feront-ils de leur argent, ces nantis obscènes ? Méditeront-ils l’histoire de Midas, qui obtint de Dionysos  la faculté de transformer en or tout ce qu’il touchait ? Devenu incapable de manger et de boire, car l’argent ne s’ingère pas, il supplia le dieu de reprendre son présent. Ou encore penseront-ils à la fable du Savetier, qui chez La Fontaine échangea finalement avec le Financier les écus dont la garde l’empêchait de dormir ? De toute façon on n’emporte pas ses richesses dans sa tombe, et un linceul n’a pas de poches.
Nous sommes donc bien entrés dans l’époque du « règne inexpiable de l’argent », selon l’expression de Charles Péguy. Cette avidité sans frein est bien un éréthisme mortifère, analogue à la soif inextinguible de Tantale, que les Anciens avaient condamné aux souffrances infernales. Mais le christianisme aussi stigmatise sans appel les riches : « Il est plus facile à un chameau de passer par un trou d’aiguille qu’à un riche d’entrer dans le royaume de Dieu. » (Matthieu 19/24 ; Marc 10/25 ; Luc 18/25) Auront-ils le front de se dire encore chrétiens, ces nouveaux maîtres de la terre ?
Ont-ils quelque pitié pour tous ceux qu’ils ont asservis ? J’en doute, et cette vision de cauchemar me mène à la réflexion que se font les Cannibales chez Montaigne (Essais, I, XXX) :  « Ayant une façon de leur langage telle qu’ils nomment les hommes ‘moitié’ les uns des autres, ils avaient aperçu qu’il y avait parmi nous des hommes pleins et gorgés de toutes sortes de commodités, et que leurs moitiés étaient mendiants à leurs portes, décharnés de faim et de pauvreté ; et ils trouvaient étrange comme ces moitiés ici nécessiteuses pouvaient souffrir une telle injustice, qu’ils ne prissent les autres à la gorge, ou missent le feu à leurs maisons. »

Légèreté

Celle de nos politiques est indéniable, surtout en ce qui concerne le maniement du langage. Ainsi notre ministre de l’Intérieur a-t-il déclaré, dans une interview à La Croix, que « les racines chrétiennes de la France sont incontestables. » Déjà en octobre, à Strasbourg, il avait affirmé que « les valeurs républicaines sont aussi largement celles de l’évangile » (Source : BFMTV, 20/01/2016).

Mais outre l’ambivalence qualitative de ces « incontestables racines chrétiennes », si l’on songe par exemple aux croisades ou aux guerres de religion, il a oublié qu’il est absurde d’abord de parler de « l’évangile », car il y en a plusieurs et fort différents, ensuite que dans les seuls canoniques mêmes, il y a des strates rédactionnelles très diverses, dont certaines sont d’une extrême violence, qui échappent encore malheureusement à beaucoup.
D’une pareille légèreté a fait preuve notre Premier ministre, mais d’une façon plus grave. Invité des Amis du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif), il a déploré que « les critiques de la politique d’Israël se soient transformées en un ‘antisionisme’ dissimulant presque systématiquement de l’antisémitisme. Il y a dans la haine d’Israël un paravent de ce nouvel antisémitisme, c’est incontestable». (Source : Le Figaro.fr, 19/01/2016) Il y a là un évident manque de rigueur linguistique, et derrière lui une nette orientation idéologique. D’abord parler d’antisémitisme pour dire la haine des Juifs est absurde. Les Arabes, par exemple, qui s’opposent aux Juifs, sont eux-mêmes des sémites. Il faut donc parler seulement d’antijudaïsme. Ensuite on peut bien être contre la politique actuelle de l’état d’Israël, c’est-à-dire antisioniste, et ne pas être antijuif. Ramener la première position à la seconde est une escroquerie. Mais on en comprend bien les motifs, et le mot absurde d’antisémitisme fonctionne comme un écran de fumée pour faire cette confusion, cet amalgame.
La même opération d’asepsie que l’on fait en chirurgie, il faudrait la faire sur le langage. Renettoyés, retrouvant leur pureté et leur poids, les mots perdraient cette légèreté où ils baignent aujourd’hui, qu’elle soit volontairement tendancieuse ou non.

Appel à la démission de Mgr Marc Aillet (Bayonne)

Voir aussi notre dossier paru dans GOLIAS MAGAZINE n°157 d’août 2014
Croyants et non-croyants, chrétiens et non-chrétiens, nous sommes révoltés par les différentes actions menées par l’évêque de Bayonne-Lescar et Oloron depuis 2008, Mgr Marc Aillet. Dernier exemple en date, en plein état d’urgence, ce tweet du 12 janvier dernier, un an après les attentats contre Charlie-Hebdo et l’Hyper Casher : « L’Etat prétend protéger les citoyens contre Daech et s’engage dans une campagne pro-IVG condamnant des innocents à la violence : illisible ! »

Différentes personnalités gouvernementales et nationales ont exprimé à juste titre leur indignation à la lecture de cette infâme et irresponsable assertion, source de confusion en assimilant la politique du Gouvernement français s’agissant de l’IVG et les actes indicibles perpétrés par le Groupe Etat islamique. Alors que quantité de nos compatriotes portent un regard plus que méfiant sur les croyants, il nous semble – en tant que catholiques, chrétiens, croyants et athées responsables – dangereux, en cette période plus que troublée et à cause de ses sorties scandaleuses, de laisser plus longtemps Mgr Marc Aillet à la tête du diocèse de Bayonne-Lescar et Oloron, lequel couvre le département des Pyrénées-Atlantiques (670.000 habitants, 570.000 catholiques).

En outre, sur le plan catholique, et alors que l’exige son devoir épiscopal (Vatican II, Décret Christus Dominus, sur La charge pastorale des évêques dans l’Eglise, chapitre Ier, ‘Rôle des évêques à l’égard de l’Eglise universelle’, n° 6), Mgr Marc Aillet rompt l’unité non seulement avec les autres évêques de l’Eglise universelle – loin de partager ces points de vue particuliers – mais surtout avec la grande majorité des catholiques de France, contrevenant ainsi aux articles 208-223 du Code de Droit canonique, sur les Obligations et droits de tous les fidèles. Un évêque, en effet, ne peut agir pour son propre compte, il doit « empester l’odeur de ses brebis », dixit le pape François. Or, Marc Aillet n’est et n’a jamais été sur cette ligne, son épiscopat le prouve.

Alors que nous vivons des temps incertains en raison du fait religieux interprété de façon nauséabonde par des groupes extrémistes, à cause de ces manquements multiples au droit de l’Eglise et à l’Evangile de Jésus-Christ – sur lequel repose l’Eglise catholique et à l’origine de notre devise nationale « Liberté-Egalité-Fraternité », auquel, nous catholiques, chrétiens, croyants et athées responsables, sommes très attachés –, nous demandons au pape François ; au cardinal-préfet de la Congrégation pour les évêques, Mgr Marc Ouellet ; au nonce apostolique en France, Mgr Luigi Ventura ; et au président de la Conférence des évêques de France, Mgr Georges Pontier, archevêque de Marseille, de prendre leurs responsabilités comme nous le faisons aujourd’hui et donc démettre Marc Aillet de sa charge épiscopale.

En cette Année sainte de la Miséricorde et parce qu’« aucune condition humaine ne peut constituer un motif d’exclusion du cœur du Père » (Angélus du pape François, 31/01/16), nous demandons fraternellement à l’évêque de Rome – primer inter pares et garant de l’unité du collège épiscopal et des catholiques –, ainsi qu’aux prélats qui devront juger de ses injures aux droits de l’Homme et au droit ecclésial de lui conférer le statut d’évêque émérite, comme cela se fait déjà pour les évêques ayant protégé, par exemple, des actes pédophiles perpétrés par des clercs. Un précédent existe : le cardinal-archevêque de Lyon, Mgr Barbarin, après les attentats du 13 novembre 2015, démit de ses fonctions un prêtre officiant dans son diocèse, lequel avait prêché que victimes et bourreaux du Bataclan étaient – de toute façon – des suppôts de Satan… Reclus dans une abbaye, le primat des Gaules lui a imposé le silence.

Enfin, nous demandons au pape François d’accélérer les réformes, notamment celles concernant les nominations épiscopales en instaurant davantage de concertation car « il faut promouvoir, à tous les niveaux de la vie ecclésiale, la juste synodalité » (discours du pape François à la Congrégation pour la Doctrine de la foi, 29/01/16). L’exemple de l’évêque de Bayonne-Lescar et Oloron montre crûment les carences d’un système plus que déficient et qui nuit, à force, à la vie de l’Eglise, à son écho dans nos sociétés. Ainsi, les laïcs – chrétiens et non-chrétiens – ne peuvent plus ne pas être associés aux nominations épiscopales puisqu’un évêque n’est pas seulement le pasteur des catholiques mais aussi celui de tous les non-catholiques qui vivent sur son territoire et au-delà. A ce titre, il doit leur ressembler. Nous exhortons donc Rome de nous donner, enfin en France, des évêques qui nous ressemblent.

Signez cet appel sur http://www.mesopinions.com/petition/politique/demission-mgr-aillet/18039
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