Pâques à Noël (Luc 2, 1-20)

Et si l’on considérait ce récit de la naissance à Bethléem comme un conte de Noël, serait-ce sacrilège ? Pourtant, il s’agit bien ici d’un tel genre littéraire. Et non d’un reportage : exégètes et historiens ont montré que rien dans ce texte n’est historique. Plutôt un texte théologique sous forme de conte.

Ainsi, l’auteur dit qu' » il n’y avait pas de place pour eux dans la salle « . Une forme de rejet de l’enfant Jésus ? un début de persécution par des opposants ? Le prédicateur joue sur le sentiment…Luc utilisera ce même mot salle à la fin de son évangile :  » Où est la salle où manger la Pâque ?  » Ce petit indice suggère que l’enfant qui est donné au monde est celui qui donnera sa vie jusqu’au bout, quitte à passer (pâques : passer) par la mort. Nous voilà loin de la crèche.

L’ange du Seigneur annonce : «  Aujourd’hui vous est né un Sauveur qui est Christ, Seigneur « . Trois titres liés à l’espérance du peuple d’Israël exprimée dans les psaumes.

Sauveur : Le peuple attendait un libérateur, qui le délivre du joug étranger, mais il aspirait aussi à une libération spirituelle. Psaume 37 : «  Le salut des justes vient de YHWH, il les sauvera quand ils s’abritent en lui « .

Christ-Messie : celui qui a reçu l’onction, comme rois et prophètes anciens, choisi par Dieu, comme le dit le psaume 2 :  » Tu es mon fils bien aimé, moi aujourd’hui je t’ai engendré « .

Seigneur : titre fort qui désigne Dieu lui-même : «  C’est toi mon Dieu, YHWH mon Seigneur  » (Ps 140). Jésus sera souvent appelé Seigneur :  » Vous m’appelez Seigneur…Si donc je vous ai lavés les pieds, moi le Seigneur… » (Jn 13).

Le récit de Luc, sous forme d’un récit merveilleux de naissance, est en fait un texte qui exprime la foi pascale des chrétiens de la fin du 1° siècle. En cet homme Jésus, ils ont reconnu, au cœur même de l’échec de sa mort en croix, celui qui révélait le vrai visage de Dieu. Ils ont fait cette expérience de foi : en Jésus, ce n’est rien moins que la révélation de Dieu dans l’humanité. Paul Fleuret

Mémoire

Elle constitue la personne, au point que l’amnésique est dépossédé de lui-même, comme il se voit dans Le Voyageur sans bagage, d’Anouilh. Il y a bien sûr le cas tragique des personnes atteintes d’Alzheimer, qui semblent vérifier à leur façon la phrase évangélique, en ne sachant « ni le jour ni l’heure » (Matthieu 25/13). Plus généralement il y a quelque chose de catastrophique à oublier les leçons de l’Histoire. « Ceux qui ne se souviennent pas du passé, disait Santayana, sont condamnés à le revivre. » Cette leçon, hélas ! devrait être méditée par beaucoup de nos contemporains, qui vivent pour le seul instant. Surtout dans les circonstances actuelles, où pour reprendre le mot de Pascal nous courons sans souci dans le précipice, après que nous avons mis quelque chose devant nous pour nous empêcher de le voir.

Nulle pensée n’est possible qui ne soit irriguée par la mémoire, qui ne s’appuie sur d’autres pensées. La colombe, disait Kant (encore un souvenir !) s’appuie sur l’air pour voler. Dans le vide, elle tomberait. C’est à quoi j’ai songé aussi en apprenant que l’on voudrait généraliser à l’école l’usage de la récitation. Je suis absolument d’accord avec ce projet, et m’étonne que la récitation de textes appris par cœur ait été si imprudemment abandonnée. Quel esprit obtus a dit que savoir par cœur n’est pas savoir ? Fera-t-on crédit à Sacha Guitry qui disait inutile le fait d’apprendre ce qu’il y a dans les livres, « puisque ça y est » ? Mais quand les livres font défaut, brûlés par exemple par un régime totalitaire, le seul recours des résistants est de se les remémorer et d’en réciter des passages, comme il se voit dans Fahrenheit 451 de Truffaut.
Ce billet est un Pro memoria, et il récite ou cite pas mal d’auteurs. Mais qu’on ne le dise pas impersonnel : quand on joue à la paume, on joue toujours avec la même balle, l’essentiel est dans l’art de la placer. Les mots, passants mystérieux de l’âme, nous visitent, descendent sur nous en une Pentecôte laïque. Sachons les écouter. Sinon nous perdrons jusqu’à la poussière de notre nom. Et mieux vaut même ici l’hypermnésie que l’amnésie. Car la surdité n’est pas la meilleure façon d’entendre la musique.

Du catholicisme décomplexé au vote Front national

Quand bien même les sondages les avaient plus ou moins annoncés, les résultats du premier tour des élections régionales ont fait couler beaucoup d’encre pour de multiples causes : le taux d’abstention (50 %) bien sûr mais aussi le score du Front national, ceci dans un contexte politique bousculé par les attentats revendiqués par le Groupe Etat islamique, l’état d’urgence, la COP 21… Il faut noter également la contre-performance de l’ex-UMP – néo-Les Républicains – qui recule par rapport aux régionales de 2010 alors qu’elle était au pouvoir, et la déroute du PS qui peut toutefois tirer les marrons du feu à la faveur du rassemblement de la gauche au second tour là où c’est possible… Mais à Golias, d’autres chiffres nous inquiètent. Analyse.

Dans la foulée des résultats de premier tour, Le Pèlerin diffusait en effet un sondage(1) réalisé par l’Ifop : 32 % des votants catholiques ont glissé dans l’urne, le 6 décembre, un bulletin FN, soit plus que la moyenne des Français (28 %). Pis ! Aux départementales de mars dernier, les catholiques pratiquants étaient 9 % à voter FN ; ici, ils sont… 24 % ! Il est certain que la hausse du chômage, la crise grecque, les attentats de novembre, le sentiment d’abandon…, ont pesé dans ces régionales. Mais comment expliquer que des chrétiens, pour qui l’espérance est une vertu théologale, en viennent à pareille extrémité ? La réponse vient de Jérôme Fourquet, directeur du département Opinions de l’Ifop, dans un article(2) de Libération (09/12). En moins d’une année, de plus en plus de catholiques seraient davantage sensibles à la « peur identitaire », au « péril islamiste », ayant le sentiment d’être « minoritaires dans la société française ». Cette analyse sans appel jette une lumière crue sur les positions (souvent alambiquées) de l’épiscopat français depuis une dizaine d’années à l’endroit de l’extrême-droite.

En vérité, la « digue catholique » érigée dans les années 1980-90 vis-à-vis du parti lepéniste par les cardinaux Decourtray et Eyt, archevêques de Lyon (1981-1994) et de Bordeaux (1989-2001), NN.SS. Matagrin et de Berranger, évêques de Grenoble (1969-1989) et de Saint-Denis (1996-2009)… se fissura à mesure que Rome nommait des évêques marqués à droite pour remplacer la génération épiscopale issue du Concile. Le système Jean Paul II/Benoît XVI accompagna la droitisation de la société française – manifeste en 2002 – puis son extrême-droitisation à partir de 2007 – confirmée par les échéances de 2015 – avec l’élection présidentielle de Nicolas Sarkozy (UMP) permise grâce au siphonage des voix d’extrême-droite. Or, ces derniers résultats électoraux démontrent définitivement que parler le langage du FN ne fait que le renforcer. En recourant à la rhétorique lepéniste, en lui donnant des raisons, on permet la victoire idéologique du FN.

Il en est de même en matière ecclésiale. En donnant des gages à une minorité de catholiques, en lui faisant croire qu’elle avait raison contre la grande majorité des autres, il a été permis de renforcer le cléricalisme tant honni par François, mais aussi l’extrême droitisation des esprits. Ne revenons pas ici sur l’invitation de Marion Maréchal-Le Pen aux Universités d’été de la Sainte-Baume en août dernier organisées par l’Observatoire sociopolitique (OSP) installé par Mgr Rey, évêque de Fréjus-Toulon depuis 2000 (cf. Golias Hebdo n° 397). En plein milieu de la polémique, le responsable de l’OSP, sommé de s’expliquer sur cette invitation, rétorqua : « Ce n’est pas notre rôle de juger le contenu politique de tel ou tel parti dès lors qu’il est conforme à la République et qu’il joue un rôle important dans le jeu démocratique (…). À mon avis, on a parfois manqué de courage dans l’Eglise en refusant d’inviter les élus FN. Notre rôle n’est-il pas plutôt de permettre le dialogue entre des gens qui ne se parlent pas ? » En une dizaine d’années, nous sommes donc passés du FN « antithèse de l’Evangile » et «  infréquentable  » à « ce n’est pas notre rôle de juger le contenu politique »…

Certes, la grande majorité des évêques de France ne soutient pas l’extrême-droite ; mais parmi eux, la part des Le Pen-friendly a augmenté petit-à-petit, jusqu’à édulcorer une ligne pourtant claire voire s’en démarquer nettement. Le point de rencontre entre le FN et une partie de l’épiscopat s’est entre autre établi sur les lois sociétales (Pacs, mariage pour tous, fin de vie…), vivement dénoncées et combattues par la frange droite du catholicisme et par le FN traditionaliste. Et c’est ainsi que nous pûmes assister aux manifs pour tous et autres marches pour la vie, organisées par la droite et l’extrême-droite (quantité d’élus FN, dont Marion Maréchal-Le Pen, défilèrent aux côtés d’élus UMP) avec la bénédiction d’évêques parfois eux-mêmes manifestants ou sur les lignes de départ de manifestations. Cet activisme put se développer grâce au silence de la grande majorité de l’épiscopat, souvent impressionné par cette ardeur, à l’exception notable de Mgr Dagens, évêque d’Angoulême (1993-2015), lequel régulièrement pointa les dangers de telles prises de position (cf. Golias Magazine n° 159).

C’est que les scores du FN saisissent bien des évêques, comme les politiques, à court de projets. Pour beaucoup d’électeurs, la disparition des services publics est un des facteurs qui les incite à opter pour l’extrême-droite ; il y aurait sans doute une analogie à faire avec certains catholiques confrontés également au désert ecclésial… Toujours est-il que des évêques marchent sur des œufs, surtout dans les régions où l’extrême-droite est en passe de prendre le pouvoir (en 2015 ou plus tard). Ainsi, en Nord-Pas de Calais-Picardie avec Mgr Ulrich, archevêque de Lille, véritable « équilibriste » comme nous le notions (cf. Golias Hebdo n° 411) ; s’il refuse « une sélection entre frères et [le] rejet [de] l’autre parce qu’il est autre », il juge néanmoins « respectables » les « craintes qui s’expriment » dans une région « marquée, il est vrai, par des réels problèmes de sous-emploi, de santé, de trafics illicites  ». Cette position fut reprise peu ou prou par Mgr Garnier, archevêque de Cambrai, dans Le Pèlerin (3). Le successeur de Fénelon, homme réputé pour sa virulence à l’endroit de l’extrême-droite, explique les choses très franchement : « Ce n’est pas faire une grande confession que de dire que je ne voterai pas Front national aux élections régionales. Je n’envisage pas facilement que cette région que j’aime puisse se laisser berner par l’exploitation des peurs. Mais les choses ont changé depuis les années 1980. J’ai aujourd’hui des proches, des baptisés, des membres de ma famille qui sont tentés par le parti de Marine Le Pen. Si je pars en guerre contre le FN, je semble partir en guerre contre
eux (…). Ce qui me tient à cœur, c’est de garder le contact avec ces chrétiens qui ne sont pas majoritaires, mais ont désespéré des autres partis politiques ». Mgr Garnier note par ailleurs que « lorsque l’Église appelle à ne pas voter FN, elle fait paradoxalement de la publicité à ce parti ». Sans doute le président de la Conférence des évêques de France (CEF), Mgr Pontier, archevêque de Marseille (capitale de la région PACA où la nièce de Marine Le Pen a pulvérisé ses adversaires de droite et de gauche), lui aussi écœuré par les positions lepénistes, n’est-il pourtant pas loin de partager cette dernière analyse de son confrère de Cambrai…
En vérité, ce qui étonne, c’est ce grand silence épiscopal ; « ils ne mouraient pas tous, mais tous étaient frappés »4, pour le dire comme le fabuliste. Les évêques des provinces de Reims et de Lyon, il y a quelques mois vent debout contre la possible fin de vie de Vincent Lambert et très prolixes sur ce sujet (cf. Golias Hebdo n° 396), ne trouvent rien à dire à présent que l’extrême-droite – avec qui ils s’allièrent objectivement dans cette affaire – menace de diriger des régions. Silence coupable ? Il est vrai qu’à force de jouer avec des allumettes, on finit par se brûler…

Un silence « terrifiant »…

En tout cas, leur mutisme n’est pas celui de Mgr Jaeger, évêque d’Arras-Boulogne-Saint-Omer, lequel – à maintes reprises depuis des années – s’engage en faveur des migrants de Calais. Au lendemain des attentats de Paris et Saint-Denis, il exhortait ses diocésains : « Dans la solidarité et la fraternité, nous nous engageons à défendre toutes les valeurs susceptibles de renforcer les relations entre les personnes et les peuples. »5 L’homme dut tomber de l’armoire quand il apprit, au premier tour des régionales, les 44 % de Marine Le Pen dans le Pas-de-Calais (son meilleur score départemental) et ses 49,10 % à Calais même… Il semble que certains évêques soient atteints du même mal que celui des patrons du Nord, décrit par Le Monde (09/12) : le « silence terrifiant  »(6) par peur des représailles. Ainsi, l’ancien PDG des conserves de légumes Bonduelle, engagé contre le FN, a vu des lettres de protestation de consommateurs et d’agriculteurs affluer au siège de son groupe menaçant de boycotter ses produits : « Ils ont déjà réussi à instaurer la terreur », note-t-il « effondré  », en évoquant le FN. Alors, que faire ?

Devant ces peurs et ces replis sur soi, il faut au contraire que l’Eglise accueille et ouvre encore plus franchement ses portes. Il faut qu’elle réinvestisse les champs éducatif, culturel et associatif, abandonnés depuis des années souvent au profit d’adorations, de processions et autres pieuses actions – sans doute importantes pour certains – mais qui sont justement la preuve de ce repli identitaire et n’aident pas à la rencontre. François a raison : l’Eglise doit sortir d’elle-même. Par exemple en mettant l’accent sur le dialogue interreligieux, notamment avec les musulmans. Il est piquant qu’entre ces deux tours d’élections régionales Jésus et l’islam, série en sept épisodes diffusés sur Arte, ait battu des records d’audience(7) (1.156.000 téléspectateurs). Combien de catholiques – pratiquants ou non – ont-ils découvert à cette occasion que Jésus et Marie étaient davantage cités dans le Coran que le prophète Mohammed ? Combien de catholiques ont-ils découvert à cette occasion que les musulmans considèrent Jésus comme le Verbe de Dieu, le messie, l’oint du Seigneur – au sens hébreu de l’expression ? Le monde catholique doit donc reconsidérer son actuel dialogue religieux avec l’islam et aller plus loin sur le plan théologique avec les musulmans.

Face à la montée des extrémismes, il y a urgence à cheminer ensemble et instaurer un climat de paix. Le théologien musulman Ghaleb Bencheikh, président de Religions pour la paix France, ne disait pas autre chose, citant même Hans Küng, fondateur de Weltethos, lequel affirme qu’« il ne peut y avoir de paix véritable entre les nations s’il n’y a pas de paix entre les religions » (cf. Golias Magazine n° 161). Le pape jésuite semble aller dans ce sens en commençant par le judaïsme. Par le biais de la Commission pour les relations religieuses avec le judaïsme (rattachée au Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens), il a approuvé un texte – « Les dons et l’appel de Dieu sont irrévocables  » (Rm 11, 29)8 – publié le 10 décembre dernier à l’occasion du cinquantième anniversaire de la déclaration Nostra aetate dans lequel est demandée une « réflexion théologique sur les rapports entre catholiques et juifs ».

Le besoin urgent de fraternité

Les évêques de France ont donc un bon exemple devant eux. Mais ils ne sont pas obligés d’aller jusqu’à Rome ; à Paris même, ils peuvent s’inspirer de « la femme de combat » Danielle Mérian, 77 ans, fidèle de la paroisse Saint-Merri (IVe arrondissement), ancienne avocate engagée auprès des exclus9. Danielle Mérian s’est fait connaître le 14 novembre en déclarant à la caméra de BFM TV, devant le Bataclan : « C’est très important d’apporter des fleurs à nos morts ; c’est très important de lire plusieurs fois le livre de Hemingway Paris est une fête. Parce que nous sommes une civilisation très ancienne et que nous porterons au plus haut nos valeurs. Nous fraterniserons avec les cinq millions de musulmans qui exercent leur religion librement et gentiment, et nous nous battrons contre les dix mille barbares qui tuent, soi-disant au nom d’Allah. » Ces vingt-huit secondes bouleversèrent les téléspectateurs et forcèrent l’admiration de beaucoup (une quête permit de récolter à son attention 16.000 euros en une semaine qu’elle va redistribuer dans ses associations). Il s’agissait du langage clair d’une catholique, loin de ménager la chèvre et le chou. Un peu ce que l’on attend des évêques de France.

Notes :
1. http://www.pelerin.com/L-actualite-autrement/Elections-regionales-2015/Vote-FN-la-digue-catholique-s-ecroule
2. http://www.liberation.fr/france/2015/12/09/les-catholiques-aussi-votent-de-plus-en-plus-pour-le-fn_1419503
3. http://www.pelerin.com/L-actualite-autrement/Elections-regionales-2015/L-Eglise-de-France-doit-elle-appeler-a-ne-pas-voter-FN?xts=435366&xtor=EPR-13-[Newsdu09122015]&xtdt=24162779
4. J. de La Fontaine, Fables, livre VII, « Les Animaux malades de la peste ».
5. http://arras.catholique.fr/communique-suite-attentat-2015.html
6. http://www.lemonde.fr/elections-regionales-2015/article/2015/12/09/dans-le-nord-le-silence-terrifiant-des-patrons-face-au-fn_4827761_4640869.html
7. http://www.lexpress.fr/culture/tele/record-d-audience-sur-arte-pour-le-docu-consacre-a-jesus-et-l-islam_1744238.html
8 http://www.vatican.va/roman_curia/pontifical_councils/chrstuni/relations-jews-docs/rc_pc_chrstuni_doc_20151210_ebraismo-nostra-aetate_fr.html
9. http://www.lemonde.fr/m-gens-portrait/article/2015/12/11/danielle-merian-la-dame-du-bataclan_4829897_4497229.html?xtmc=mamie_danielle&xtcr=1 (article payant).

Lunettes

Normalement elles doivent permettre d’améliorer la vision. Mais tel n’est pas leur but pour les juifs ultra-orthodoxes de Jérusalem, qui pour ne pas être tentés par la vue de femmes de tenue « impudique », ont heureusement mis au point et proposent à la vente, pour la modique somme de 6 dollars, des lunettes équipées de filtres brouillant la vision. Elles ne la modifient pas sur un rayon de quelques mètres, afin de ne pas gêner les déplacements, mais tout ce qui se situe au-delà de cette limite est flou, femmes impudiques comprises. Dans la même intention, les hommes contraints de sortir de leur communauté peuvent aussi s’équiper de capuches et de visières bloquant la vision périphérique (Source : Courrier international, 22/08/2012).

De ce point de vue, le myope a par bonheur un avantage pour rester dans la voie de la pureté. Surtout qu’il ne s’équipe pas de verres correcteurs pour mieux y voir ! Quel danger en effet à voir nettement l’objet de sa convoitise ! L’Évangile ne dit-il pas : « Et si ton œil te pousse à mal agir, arrache-le. Mieux vaut pour toi entrer dans le royaume de Dieu avec un seul œil que d’avoir deux yeux et d’être jeté dans l’enfer de feu. » (Marc 9/47 ; Matthieu 18/9) Les lunettes floutantes sont assurément un progrès par rapport à l’énucléation !
Combien de tentations en effet peuvent nous assiéger à chacun de nos pas ! Et combien précieux sont ces conseils de ne pas y succomber ! Admirons l’ingéniosité de tous ceux qui ont inventé des dispositifs pour nous y aider. Comme ce prédicateur saoudien estimant que le niqab montrant encore les deux yeux doit céder la place à un voile plus conforme à la charia, qui ne laisse apparaître qu’un seul œil, pour réduire le pouvoir séducteur de la femme (Source : forum.aufeminin.com, 15/10/2008). Quelle belle invention aussi, et ne le cédant en rien en ingéniosité aux fameuses lunettes, que ce niqab borgne ! Et charitable aussi pour celles qui louchent !
Femmes, vous nous tentez bien souvent, et votre vision nous conduit sûrement à l’Enfer. Mais heureusement nous avons de bonnes armes pour nous protéger de vous, de bons guides pour nous maintenir dans la bonne voie, et tout cela grâce à Dieu !

Prix Pinocchio du climat : Les lauréats sont…

Le jeudi 3 décembre, trois entreprises étaient épinglées par le célèbre prix… dont deux sont des sponsors de la Cop 21 qui se déroulait au même moment sur le site de Paris-Le Bourget.

A l’occasion de la conférence des parties, la sélection s’est effectuée cette année autour du climat pour dénoncer les beaux discours des multinationales, en totale contradiction avec le concept de développement durable qu’elles affichent. Dans la catégorie « impacts locaux », le prix Pinocchio a été accordé à la BNP Paribas.
Ce sponsor officiel de la Cop 21 n’est pas franchement au-dessus de tout soupçon… Le groupe bancaire français a été choisi pour son soutien financier au secteur du charbon et les conséquences des activités minières sur les communautés locales, en particulier en Afrique du Sud et en Inde. En Afrique du Sud, la BNP-Paribas est impliquée dans deux centrales électriques au charbon géantes qui vont émettre chaque année 60 millions de tonnes de carbone, augmentant de 17 % les émissions dans le pays. Dans un récent communiqué, la BNP-Paribas affirme toutefois de nouveaux engagements en faveur des énergies renouvelables et ne plus financer l’extraction du charbon. Pour ce qui est du financement des centrales à charbon, l’établissement bancaire dique : « Ces projets devront faire l’objet d’une consultation des populations locales potentiellement impactées. Leur dédommagement devra
être prévu si nécessaire et elles devront avoir accès à un mécanisme de recours. » Plus qu’une conversion miraculeuse, c’est bien l’impact du prix Pinocchio et d’une prise de conscience qui s’affirme… [Découvrez l’ensemble de cet article dans Golias Hebdo n° 411]

La Finlande, le nouvel « homme malade » de l’austérité en Europe

A écouter les promoteurs de l’orthodoxie, la dette publique est liée à la paresse. Regardez au Sud de l’Europe, disent-ils. La Finlande qui a fait partie de cette chorale et
en dépit de tous les clichés, ce pays de la Baltique, ancien modèle de la zone euro, est en perdition.

La Finlande a été l’un des pays européens les plus critiques envers la Grèce, cet été, lors des négociations entre les pays de la zone euro et le gouvernement Syriza. Helsinki jouait le rôle de chevaux légers au côté de la cavalerie lourde allemande dans la lutte pour imposer l’orthodoxie financière sur le continent. Il fallait châtier Athènes pour avoir omis de faire les réformes promises et avoir osé contester le système d’esclavage de la dette. Maintenant, c’est au tour du gouvernement finnois de chercher désespérément un moyen de sortir d’une récession qui a duré de 2012 à 2014. L’an dernier, les 270 milliards de dollars de richesses produites restaient inférieurs de 8,3 % par rapport au niveau d’activité atteint avant la crise en 2007, selon les calculs de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Le pays n’a pas connu un tel marasme économique depuis la Seconde Guerre mondiale. Le ministre finnois des Finances, qui cherchait à marquer son opinion publique, a qualifié son pays de nouvel « homme malade de l’Europe ». Difficile, en effet, d’évoquer la paresse méditerranéenne comme explication des grandes difficultés rencontrées par ce petit pays de la Baltique…
[Découvrez l’ensemble de notre article dans Golias hebdo n°411]

Diocèses en souffrance

Il y a un côté moqueur du monde (pour ne pas dire autre chose) chez le cardinal Vingt-Trois qui doit faire fureur dans les milieux ecclésiastiques ! Alors que paraissait un article sur les nominations en France (cf. Golias Hebdo n° 409), l’association Chrétiens en Vaucluse réclame, depuis des années, la démission de l’archevêque d’Avignon, Mgr Cattenoz, que nous ne connaissons que trop bien…

La situation ne s’améliorant pas, Chrétiens en Vaucluse ont entamé un certain nombre de démarches auprès de Mgr Ventura, nonce apostolique ; Mgr Pontier, archevêque métropolitain de Marseille (dont Avignon est suffragant) et président de la Conférence des évêques de France (CEF) ; enfin, Mgr Vingt-Trois, cardinal-archevêque de Paris et membre de la Congrégation des évêques… La réponse de ce dernier corrobore nos dires. Tant qu’il occupera un poste en vue à Rome, les évêques en rupture avec leur diocèse pourront dormir sur leurs deux oreilles ; de fait, ils lui doivent souvent leur mitre.
Car il n’y a pas que dans le Vaucluse que les problèmes s’accumulent, le Jura et la
Sarthe souffrent aussi… […] Découvrez l’ensemble de noter article dans Golias Hebdo n°411.

COP 21 : Construire un monde juste, durable et solidaire

La pauvreté et les inégalités risquent de connaître une nouvelle aggravation, si rien n’est fait pour limiter la hausse moyenne de la température mondiale. Les ON G attachées à la justice et aux droits de l’homme entendent peser pour que la notion de sécurité
alimentaire soit inscrite dans l’accord qui sera signé à l’issue de la COP 21.

Plus de 100 millions de personnes pourraient tomber sous le seuil de pauvreté à l’horizon 2030 en raison du changement climatique qui touchera l’agriculture. En se reportant à la fin du siècle, le nombre de ceux qui risquent de souffrir de la faim risque d’être multiplié par six. On ne peut plus ignorer les impacts des changements climatiques sur la lutte contre la faim, la pauvreté et les inégalités. Dans cette course contre la montre, les plus fragilisés seront les habitants des régions tropicales et des pays d’Asie du Sud, futurs réfugiés climatiques qui viendront frapper encore plus nombreux à la porte de l’Amérique et de l’Europe… premiers responsables des émissions de gaz à effet de serre. Et ce seront les plus démunis, les plus modestes qui seront les plus plus touchés par la flambée des prix alimentaires dans le monde.
Les Etats représentés à la COP 21 tergiversent, la France marque une proximité inquiétante avec des sponsors qui entendent continuer à polluer la planète, des multinationales s’avancent avec des « fausses solutions » de greenwashing pour que rien ne change vraiment…

Au milieu de ce cynisme, qui reprend tout simplement l’expression « après moi le déluge », il y a des éclaircies qui permettent de croire en l’homme. Des ONG se démènent pour que le principe de sécurité alimentaire entre dans l’accord qui sera signé à Paris, des hommes, des femmes se tendent les mains à travers les continents…

Face à une fièvre planétaire, des engagements contraignants et immédiats sont indispensables pour maintenir l’augmentation de la température globale en deçà de 1,5°C d’ici la fin du siècle. Laisser au moins 80 % des énergies fossiles dans le sol ou sous le plancher des océans est une autre condition. Il est temps de songer à abandonner les logiques extractivistes, en imposant des interdictions de toute nouvelle exploration et exploitation de pétrole, sables bitumineux, hydrocarbures de schistes, charbon, uranium, gaz naturel… Et il n’y a rien à attendre du nucléaire, trop dangereux, trop cher, trop polluant, malgré le discours mensonger d’EDF qui lui a valu d’être lauréat au prix Pinocchio 2015, et qui représente une entrave à une politique climatique ambitieuse et à un programme de développement des énergies renouvelables. Il s’agira aussi de promouvoir la production et la consommation de produits locaux pour éviter le transport de marchandises, de transformer les agricultures industrialisées orientées vers l’exportation, vers des productions basées sur la souveraineté alimentaire…

Toutes ces questions sont aux mains des citoyens, de plus en plus nombreux à se mobiliser dans le monde pour des solutions collectives ambitieuses. On est face aujourd’hui à un problème planétaire qui touche et touchera chacun d’entre nous. Le modèle économique basé sur l’argent et le court terme a fait les preuves de son caractère destructeur. Désormais, l’urgence est dans une prise de conscience et une
solidarité internationale, conditions de notre survie sur cette planète Terre.