Petitesse

Certains esprits manquent de dignité, en ne recherchant par exemple que leur profit, et en faisant leur miel de ce qui devrait susciter, en tout être normal, la réserve et le respect. Je pense à ceux qui au lendemain de l’attentat contre Charlie Hebdo, ont mis en vente sur eBay l’exemplaire alors en cours du journal. Illustré par Charb, Honoré, Tignous, Cabu et Wolinski, avec Michel Houelbecq en une, ce numéro s’est négocié pour plus de 300 euros. Contrairement à PriceMinister et Le Bon Coin, qui ont eu plus de dignité et je dirai de déontologie, eBay n’a pas interdit la vente du journal, expliquant que le site était « une place de marché ouverte qui n’impose aucune restriction en termes de prix des objets en vente ». (Source : 6Medias, 22/01/2015)

Certains esprits manquent de dignité, en ne recherchant par exemple que leur profit, et en faisant leur miel de ce qui devrait susciter, en tout être normal, la réserve et le respect. Je pense à ceux qui au lendemain de l’attentat contre Charlie Hebdo, ont mis en vente sur eBay l’exemplaire alors en cours du journal. Illustré par Charb, Honoré, Tignous, Cabu et Wolinski, avec Michel Houelbecq en une, ce numéro s’est négocié pour plus de 300 euros. Contrairement à PriceMinister et Le Bon Coin, qui ont eu plus de dignité et je dirai de déontologie, eBay n’a pas interdit la vente du journal, expliquant que le site était « une place de marché ouverte qui n’impose aucune restriction en termes de prix des objets en vente ». (Source : 6Medias, 22/01/2015)

Je sais bien que comme disait Vespasien, qui imposa un impôt sur les urinoirs publics, « l’argent n’a pas d’odeur ». Mais est-ce une raison pour vouloir faire argent de tout ? Cela me fait penser à la vente aux enchères des sandales, de la montre, et des fameuses lunettes rondes de Gandhi, dont j’ai parlé dans mon billet « Argent » (Golias Hebdo, n°71). Et à ce compte-là, pourquoi ne pas mettre en vente, si on parvient à en avoir possession, telle ou telle pièce de vêtement d’un terroriste, et même éventuellement l’arme dont il s’est servi ? Ce seraient, pour les acheteurs, des objets de spéculation profitant de la curiosité malsaine du public, et aussi, pourquoi pas, pour certains pervers des reliques à vénérer. Et on sait à quels excès peut mener en général le trafic des reliques, la simonie par exemple dans le monde chrétien (voyez mon billet « Relique », dans le n°285 de Golias Hebdo).
Auri sacra fames, « l’exécrable faim de l’or », disaient les anciens Romains. Ces petits spéculateurs sans gloire nous ont donné à leur échelle un modèle de ce Triomphe de la cupidité, pour reprendre le titre du livre de l’économiste américain Joseph Eugene Stiglitz (2010), qui caractérise notre époque. Mais il faudrait que tous ces petits esprits sans morale se souviennent du sort de Midas, changeant en or tout ce qu’il touchait, et donc y compris ses aliments : il mourut de faim, car l’or ne se mange pas.

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