Gaspillage

C’est une notion à quoi j’ai pensé à la suite de différentes informations qui nous sont parvenues. On sait par exemple que le réchauffement climatique est dû à la pollution humaine. Eh bien, comme ce réchauffement amène la prolifération des moustiques, la firme allemande Bayer va faire de l’argent en mettant au point des produits anti-moustiques. Or ce consortium chimique lui-même a contribué au réchauffement du climat par la pollution qu’il a engendrée. Le méfait profite ainsi à son auteur. On s’enrichit d’abord par la cause, et puis par l’effet.

Autre exemple : les compagnies minières, qui sont des pollueurs majeurs et quasiment des voyous de l’environnement, applaudissent au réchauffement climatique, car du fait de la fonte des glaces qu’il provoque dans l’Arctique, elles vont exploiter les richesses souterraines du Groenland : c’est pour elles une véritable aubaine. Le processus est toujours le même : d’abord on fait les dégâts, et ensuite on en tire profit, sans s’interroger en aucune façon sur la moralité du processus d’ensemble. Le seul moteur est la cupidité, et la bonne affaire passe avant tout. Comme disent les Anglais, ces pragmatistes cyniques, Business as usual  – « Les affaires comme d’habitude ».
À suivre ce raisonnement, on peut penser qu’il est bon de détruire, dans les guerres par exemple, puisqu’après il faudra reconstruire. On gagne sur les deux tableaux : d’abord on fait marcher l’industrie de l’armement, puis celle du bâtiment.
Devant tant de gaspillage, je ne peux m’empêcher de penser à ce que dit Montesquieu dans De l’esprit des lois : « Quand les sauvages de la Louisiane veulent avoir du fruit, ils coupent l’arbre au pied, et cueillent le fruit. » Il utilisait cet exemple pour caractériser le gouvernement despotique. Mais on peut l’appliquer au capitalisme effréné, à la cupidité systématique qui caractérise la situation actuelle. On n’y agit qu’à très courte vue, on pille et détruit partout sur la terre de façon irréfléchie et absurde : on est bien loin de s’occuper du « développement durable » ! En fait, on ne s’occupe que de s’emplir les poches.

Vatican/François :
la lutte des clans

Non, non, les müllériens1 ne sont pas morts ! Au contraire, ils n’ont jamais été aussi vivants ! Depuis la fin de la première session du Synode sur la Famille, ils ne chantent pas, ils éructent, ils invectivent, ils vocifèrent ! Et même, ils fomentent… Et pour livrer bataille, ils ne sortent pas les armes blanches mais la sulfateuse ! Jusqu’à atteindre des évêques éclairés, comme l’archevêque de Marseille, Mgr Pontier (cf. « Golias Hebdo » n° 359).

Depuis plusieurs mois, le Synode sur la famille donne lieu à quelques passes d’armes. Nous continuons à vous informer sur les protagonistes de ces luttes de pouvoir et leurs enjeux théologiques pour l’avenir de l’Eglise. Mais ces conflits au plus haut niveau de la hiérarchie sont-ils si nouveaux ? Rappelons-nous les oppositions entre minorité et majorité au moment de Vatican II. La curie conservatrice du cardinal Ottaviani n’a pas été victorieuse du courant d’ouverture qui s’est imposé au Concile… Il est vrai qu’elle a pris sa revanche avec le couple Wojtyla-Ratzinger  : le pape médiatique et le préfet terrible… La même entente ne semble pas régner entre François et Müller et la guerre des couloirs promet d’être rude. Les dernières nominations, promotions et mises au placard, en sont le signe.

Souvenons-nous cependant que les conflits sont inhérents à la vie de l’Église. Depuis Pierre et Paul, depuis qu’il y a quatre évangiles différents… Mais nous aimerions en évoquer un autre, connu sous le nom de « brigandage d’ Ephèse    ». Le surnom de ce concile non reconnu, qui eut lieu au cinquième siècle, entre le concile d’ Ephèse et celui de Chalcédoine , en dit long sur la violence qui y régna et qui ne fut pas que verbale ! Le débat était avant tout théologique mais il ne faut pas minimiser les questions de pouvoir et les volontés de suprématie. Qui de l’empereur ou du pape, de Jérusalem, d’Antioche, d’Alexandrie, de Constantinople ou de Rome déciderait in fine de la vérité ? L’enjeu était de rendre compte de la double nature humaine et divine du Christ. Le parti qui ne maintenait pas l’articulation subtile entre les deux gagna par des procédés douteux pour un court temps… A y bien regarder, les enjeux sont assez similaires aujourd’hui. La minorité de Vatican II, qui insistait sur la divinité du Christ et de son Église, a pris le pouvoir en relisant de manière minimaliste le Concile. Avec François, il semblerait que la majorité se soit réveillée à la faveur du dernier Synode et de la volonté du pape d’instaurer un vrai débat, dans une Église moins hiérarchique que synodale. Ce n’est pas de Rome seule que viendra le rappel d’une vérité éternelle mais du peuple de Dieu. Le pape insiste en effet de manière significative sur le sens de la foi de tous les fidèles et sur le lien entre l’évêque et son peuple : le pasteur doit sentir l’odeur des brebis ! Certes, l’évêque de Rome, qui se qualifie lui-même de rusé, avance très prudemment, mais à tout le moins, il permet à la majorité conciliaire de reprendre la parole (cf. Golias Magazine n° 158 ).

Car le débat sur les questions familiales est aussi ecclésiologique et donc christologique. L’Église du Christ est en effet divine et humaine. Sa vérité ne peut donc être que contextualisée, car située dans l’espace et le temps ; parce que sa vérité est l’itinéraire de l’Homme-Dieu Jésus ; sa vérité est à discerner dans ce que suscite aujourd’hui le récit de la Bonne Nouvelle chez ceux et celles qui le reçoivent. Les autorités romaines ont bien soin de préciser que le sens de la foi n’est pas identifiable à l’opinion publique. Reste que ce que vit la majorité des fidèles ne peut plus rester étranger aux discussions des pasteurs. Parce que la foi est toujours incarnée. Ajoutons, puisque l’Église est aussi humaine, qu’il est pertinent d’utiliser les concepts des sciences humaines pour analyser les courants d’opinion qui circulent dans l’Église et au Vatican. En 1962, la pensée majoritaire de la Curie est devenue la minorité du concile, grâce à un pape de transition. Et si François était aussi un pape de transition. Un pape qui nous permette de redécouvrir l’humanité divine de Jésus pour vivre avec lui la Pâque… transit, passage, pour une Enlise de plein vent ?

Clown

Normalement, simplement à le voir dans sa tenue excentrique, il fait rire les gens : on se moque toujours de ce qui s’écarte de la norme, et c’est bien son cas. Certes il ya des cas où un esprit plus adulte peut voir, derrière la façade joviale, la tristesse, selon ce que dit Baudelaire dans La Muse vénale : « Et ton rire trempé de pleurs qu’on ne voit pas. » On connait encore le tragique et antiphrastique « Ris donc, Paillasse ! » de l’opéra de Leoncavallo, où le héros est obligé de faire rire, au milieu d’une très grande douleur. Mais enfin ces deux faces restent dans le cadre de l’humain, dont la condition, même fort complexe, voire contradictoire, reste compréhensible.

Mais le clown aujourd’hui sort de ce cadre, pour entrer dans celui de l’incompréhensible à tout esprit normal. Je veux parler de ces clowns effrayeurs et méchants, dont la mode sévit actuellement. Ainsi simplement dans mon département de l’Hérault on a noté plusieurs agressions dont ils ont été les auteurs. À Montpellier, un piéton de 35 ans a reçu 30 coups de barres de fer par un homme grimé en clown qui voulait le dépouiller. Plusieurs autres cas se sont produits dans d’autres localités proches de chez moi (Source : Le Parisien, 26/10/2014).
Cette mode des « clowns qui attaquent » a été lancée sur les réseaux sociaux depuis des États-Unis. On a beaucoup craint qu’elle s’amplifie et se déchaîne à l’occasion de la fête d’Halloween, au point que beaucoup de municipalités ont pris des mesures pour la prévenir à cette occasion. Ce qui me semble le plus préoccupant est le mélange et le brouillage qu’elle peut provoquer dans l’esprit. Normalement ce dernier, sans être manichéen, aime bien catégoriser, mettre de l’ordre dans ses valorisations et ses refus. Or faire d’un personnage normalement comique un personnage inquiétant confond tous les repères structurants. Déjà Orange mécanique, le film de Kubrick inspiré du roman de Burgess, montrait son « héros », Alex, commettant toutes ses atrocités déguisé en clown. Je vois là un signe prémonitoire de la fin d’une société taraudée par le nihilisme, perdant tous ses repères, et à l’image de ce que disent les sorcières de Macbeth (« Le beau est affreux, et l’affreux est beau »), plongeant dans le chaos d’une ambiguïté totalement déstabilisante.

Travailleuses missionnaires « Tout le monde en parle »

Le 1er novembre, la rédaction de Golias, recevait de l’AVREF, le message suivant : « Bonjour, vous trouverez joint le dossier que nous venons de publier en supplément au Livre Noir des Travailleuses Missionnaires que nous avions diffusé au début de l’été. Nous vous en souhaitons bonne réception, et vous adressons nos sincères salutations ». Le dossier est disponible sur le site de l’association : http://www.avref.fr/ Golias HEBDO N° 346 du 24 juillet 2014 et son site internet faisaient partie des médias ayant relayé l’enquête de l’AVREF sous le titre « Restaurants ‘ Eau vive ‘ : le service de table, la cuisine et … l’arrière cuisine ».

Pourtant, alors que nous sommes sollicités, l’AVREF évite de nous citer lorsqu’elle dresse en Annexe 1 page 38, les « Références presse et médias » qui ont relayé son légitime combat.

La Croix, 16 juillet 2014 : « Le malaise des anciennes Travailleuses Missionnaires de l’Eau Vive »
Le Pays d’Auge , 25 juillet 2014 : « La souffrance d’anciennes travailleuses missionnaires » Marsactu, 24 août 2014 : « CHARITÉ MAL ORDONNÉE – Des travailleuses sans droit ni titre au resto de la Bonne Mère »
La Provence , 28 août 2014 : « Trouble au resto de Notre Dame de la Garde »
La Provence , 28 août 2014 : « Le témoignage de deux anciennes travailleuses – Je me suis enfuie, ne dites pas mon nom ».
Var Matin , 5 octobre 2014 : « Le réseau de restaurants est accusé de « dérives sectaires » dans un rapport. D’ex-travailleuses missionnaires assurent avoir été « exploitées » »
Ouest-France , 7 octobre 2014 : « La souffrance des Travailleuses missionnaires – En délicatesse avec leur communauté, elles sont une trentaine à dénoncer leurs anciennes conditions de vie au sein de cette association internationale connue pour ses restaurants. »

Cette observation mise à part, en quoi le « supplément » au livre noir  du printemps 2014 apporte des éléments nouveaux ? D’abord il le complète par des documents inédits et un recul historique particulièrement révélateur: les dérives dénoncées en 2014, avaient déjà fait l’objet de rapports et de références « presse et médias » au début des années 1980… Plus de 30 ans ! L’Église de France était déjà interpellée par les nombreuses anomalies de cette communauté nouvelle. Terrible constat : rien n’a été fait ou presque…

Pourquoi les scandales dénoncés au début des années 80, subsistent de la même manière en 2014 ?

Plus de 30 ans !… Cela coïncide avec l’institution du régime social des cultes. Or la mise en place de la loi du 2 janvier 1978 dévolue à la CAVIMACC est dénoncée par une autre association existante créée en 1978, l’ APRC et sur le fondement de constats identiques.

Bien sûr que les dérives sectaires dénoncées à propos des Travailleuses Missionnaires sont bien plus étendues que leur non affiliation à un régime de Sécurité Sociale. Mais il y a une étonnante proximité entre le livre noir aujourd’hui établi pour elles et une enquête menée dans les années 1990 et publiée en 1998 sous le titre « les femmes prennent la parole » : http://www.aprc.asso.fr/npds/docaprc/doc_asso/femmes_prennent_la_parole_nov_1998.pdf

Bien des témoignages d’anciennes congréganistes, rejoignent ce qui se dit aujourd’hui pour de nombreuses femmes dans les « communautés nouvelles ». L’ AVREF le reconnait d’ailleurs dans l’introduction de son supplément : « combien les situations d’aujourd’hui, déjà présentes hier et mises au jour, connues et débattues en haut lieu, n’ont en rien été combattues  ».

Il convient cependant de nuancer : les « congrégations » et les « monastères », en ce qui les concerne, ont fait d’énormes progrès, par rapport à des situations semblables dans leurs institutions. Mais pourquoi ce même travail n’était entrepris au niveau des « communautés dites nouvelles », même s’il est désormais à l’œuvre aujourd’hui ?

Une part importante de l’explication se trouve dans le supplément du livre noir à propos de la « Famille Donum dei  » : « l’art d’user d’ambiguïté est rôdé : ils savent tantôt se faire passer auprès d’autorités civiles pour une congrégation religieuse, quand ils sont une association laïque, pour se protéger derrière l’institution Église, et à l’intérieur de celle-ci se cacher sous le manteau des Carmes à Rome, en tant que tiers ordre ».

L’ AVREF poursuit « Mais il semble, et nous l’espérons, que l’Église veuille tourner une page qui n’a que trop duré et dont elle souffre à grand jour : quantité de communautés, souvent nouvelles, abusent d’une autonomie sans réel contrôle, faisant de leurs membres leurs « objets », leurs « soldats », usurpant pour elles le prestige et l’autorité de l’Église, son patrimoine spirituel et magistériel (…) On peut espérer que l’institution sache montrer, sans penser attendre encore des décennies, que son fonctionnement et ses principes n’ont rien à voir avec ceux d’une telle communauté qui se réclame d’elle. Il y a un moment où les décennies n’attendent plus. Ni les décennies ni les mois. Il y a des heures pour tourner des pages et des fonctionnements ».

Or que nous dit par ailleurs l’Histoire de ces trente dernières années en particulier en matière de non affiliation à la Sécurité sociale, et donc, pour de très nombreux membres de communautés, l’absence de droits à la retraite ?
En se rendant maître de la Sécurité sociale pour les ministres du culte et membres de collectivités religieuses, le culte catholique a mis plus de 25 ans à admettre que les « associations de fidèles » devaient être affiliées au titre de la loi du 2 janvier 1978. Faisant de la CAVIMAC leur caisse, les diocèses et congrégations se sont longtemps opposés à l’affiliation des Témoins de Jéhovah , à celle des communautés nouvelles en général, et par ailleurs des communautés intégristes, des collectivités religieuses ne « cotisant » pas aux instances officielles des cultes « reconnus ».
Ce constat semble étranger à tout ce qui est dénoncé sur des collectivités religieuses comme les Légionnaires du Christ , les Béatitudes , les Travailleuses missionnaires  : il y a pourtant un double lien. D’abord le fait que la Hiérarchie catholique se considérait comme non responsable de ces associations « catholiques », tout en étant bien contente de faire appel à elles dans les diocèses.
Dans le même temps elle bloquait de fait, au nom des lois de 1905 et de 1978, les contrôles qui auraient dû être exercés tant par elle-même que par les services de l’État : Rome et les diocèses se disant non responsables des associations se réclamant du label « catholique », l’État de son côté n’exerçait pas ses contrôles de dérives sectaires sur les structures ayant ce label par respect de la loi de 1905. Combien de structures religieuses de fait ou sous forme associatives n’étaient pas contrôlées par l’ URSSAF parce qu’il s’agissait de « collectivités religieuses » et non de « congrégations », tandis que du côté CAVIMAC il n’y avait pas de contrôles pour ne pas indisposer les « cultes reconnus ». Montrant du doigt ce qui n’était pas de leur obédience, les grandes religions ont contribué à cette réalité : les dérives sectaires ont longtemps été poursuivies à l’extérieur des cultes reconnus… mais pas chez eux.

Et pourtant des constats et des rapports existaient

Poursuivons la lecture du supplément : par Lettre du 13 février 1984 Mgr Guy DEROUBAIX, évêque de Saint-Denis-en-France s’en inquiétait auprès Mgr MARTINEZ, à la Secrétairerie d’État du Vatican : «L’évolution de ce groupe (les TM) a été catastrophique pour un certain nombre de jeunes qui s’y sont engagés. […] Je pense que la situation de ces personnes mérite attention. Certaines ont subi de graves injustices au nom de l’Église, d’autres me semblent encore en danger ».
Rome prenait le dossier en main à la manière « romaine ».

Le Cardinal Poletti écrivait donc à Mlle Renée Prieur représentant la Famille Fidei Donum : «  il est hors de question que le Conseil pour les laïcs veuille donner aucune reconnaissance à une Association qui ne soit pas d’abord reconnue par un Évêque diocésain »
Rome renvoie donc la balle… Le Cardinal dit  tenter «  seulement d’aider les T.M. à éclaircir certaines incertitudes qui troublent beaucoup d’entre elles. En effet, la tempête déchaînée en Belgique et en France par le Conseil des Libertés n’est pas finie »

Il bottait en touche en suggérant à la responsable de « conduire l’Association vers quelque chose à caractère d’Institut Religieux et, donc, bien que cela ne soit pas apprécié, je considère plus approprié de ne plus m’occuper de l’Association. » sous entendu car alors un tel institut relèverait d’un autre discastère.
Il concluait : «  Je suis préoccupé par le trouble interne croissant et par les attaques qui encore aujourd’hui se renouvellent de l’extérieur. Mais il ne me reste plus maintenant qu’à prier pour vous. Je retiens seulement que dans les conditions actuelles, je ne peux même plus protéger, avec l’autorité du Vicariat, vos épaules. Je peux seulement me contraindre au silence. Je prie la Vierge Immaculée pour qu’elle vous illumine et vous protège. Dev.mo (très dévotement) Card.  ».

Après 1984 (30 ans) l’Église de France va bientôt oublier quelque peu les Travailleuses missionnaires qui ne font plus la Une de la presse au nom de la Nouvelle Évangélisation. Elle va les accueillir avec empressement dans les différents diocèses en louant leur charisme propre et en faisant volontiers appel aux Sœurs de l’Eau vive… pour se restaurer. Quant à celles-là qui en sortaient, elles faisaient partie selon une formule célèbre à propos des « défroqués » du pourcentage de « déchet » (sic) constant dans toutes les collectivités religieuses…

Nous laissons aux internautes le soin d’aller voir, la reproduction de cette lettre, le résumé du rapport fait par l’Évêché de Liège, le témoignage du Père Georges ARNOLD qui avait alerté Mgr DEROUBAIX ainsi que les témoignages d’anciens membres femmes et hommes de la Famille Donum Dei
Reste la question que va faire l’Église de France après que le tapage médiatique d’aujourd’hui se sera éloigné. ?

Une première indication nous vient de l’Évêché de Toulon : « Suite à l’article paru dans le Var Matin du samedi 4 octobre 2014 accusant les Travailleuses Missionnaires de dérive sectaire il convient de préciser que dans le diocèse de Fréjus-Toulon elles ont l’estime de tous. Accueillies dans par Mgr Madec (alors évêque du diocèse) il y a près de 25 ans, les Travailleuses Missionnaires font un bon travail pastoral à la cathédrale, dans le centre-ville où elles tiennent le restaurant « l’Eau-Vive », et dans les œuvres de la Diaconie du Var où elles sont impliquées.

Avec le soutien notamment de monseigneur Rey et de leur curé, elles collaborent en Église avec zèle et dévouement, sans aucune forme d’esprit sectaire. Suite à quelques plaintes d’anciennes Travailleuses Missionnaires, une commission des évêques de France les accompagne actuellement au niveau national, pour veiller à corriger d’éventuels dysfonctionnements. Nous sommes confiants dans ce travail d’accompagnement et nous les gardons dans nos prières et les entourons de notre amitié fraternelle »

La CEF (Conférence des Évêques de France)y travaille donc… De son côté Magali Gaussen, responsable des Travailleuses missionnaires en France se veut sereine «  Ces femmes sont venues librement et elles sont reparties tout aussi librement. C’est leur parole contre la nôtre. Elles ont confié leur dossier à la CEF , nous nous en remettons à sa décision. »

Circuler rien à voir… nous faisons le nécessaire en interne et hors caméra. Après avoir mobilisé les médias et pratiqué toutes les instances de dialogue et de concertation tant auprès des responsables religieux que des représentants de l’État, l’association vieille de 37 ans met en garde de son côté. De nombreux anciens ont dû se présenter devant les tribunaux pour les problèmes d’affiliation à la Sécurité sociale, et le montant particulièrement faible de la retraite liée aux périodes religieuses. Les anomalies sont prises en compte pour le futur, mais les congrégations et les diocèses refusent d’assumer les fautes du passé. Nous avons eu l’occasion de l’écrire par ailleurs dans Golias Magazine N°155-156 , il existe actuellement une autre bombe à retardement : les nombreuses femmes placées sous le statut de LEME (Laïcs en mission ecclésiale). Certes, environ la moitié d’entre elles sont « salariées », mais qu’en est-il de celles qui sont bénévoles ? Sous la protection « maladie » de leur mari, elles ne comptent pas leurs heures. Un jour elles seront confrontées à une retraite de misère comme les « bonnes de curé » d’autrefois, alors que la loi du 2 janvier 1978 aurait pu les prémunir.

Jean Doussal

Animal

L’Assemblée nationale a adopté, jeudi 30 octobre dernier, une disposition qui reconnaît que les animaux sont des « êtres vivants doués de sensibilité ». Mais les députés ont tout de même gardé la disposition du code civil, qui considère les animaux comme « des biens meubles ». « Sous réserve des lois qui les protègent, les animaux sont soumis au régime des biens corporels », a-t-il été écrit. Cette mesure permet de satisfaire la FNSEA, qui craignait que la nouvelle disposition « ne remette en cause la pratique de l’élevage » (Source : AFP, 31/10/2014).

Bien sûr, on a assisté à une levée de boucliers de la part des défenseurs des animaux, dont certains, au mépris total de la langue, ont dit qu’un animal n’est pas un « meuble » ! Or ils devraient savoir qu’un « bien meuble » est simplement un bien déplaçable, ou qui se déplace tout seul, à la différence d’un « bien immeuble », qui lui ne peut être déplacé. On voit l’intérêt qu’il y a à connaître le latin : « meuble » renvoie à mobilis, qui vient de movere, déplacer. Beaucoup de querelles seraient évitées s’il y avait plus de connaissance dans les esprits ! Comme disait Montaigne : « La plupart des causes de trouble du monde sont grammairiennes. »
Le même contresens a été fait à propos de la conception cartésienne des « animaux-machines ». Descartes n’a jamais dit que l’animal était exempt de sensibilité : il s’est contenté de dire que n’ayant ni langage ni raison, il était simplement et intrinsèquement différent de l’homme. Ce sont seulement ses disciples qui ont refusé à l’animal la sensibilité, tel Malebranche qui battait sa chienne sous prétexte qu’elle ne sentait rien. Le maître était bien plus subtil que cela.
Jusqu’à preuve du contraire, un animal peut s’acheter, mais pas un être humain. Or on voit aujourd’hui fleurir beaucoup de livres dont parfois le titre est totalement démagogique : je pense à L’animal est une personne, de Franz-Olivier Giesbert (Fayard, 2014). Dédié à « nos sœurs et frères les bêtes », il participe certes d’un esprit franciscain, et a raison bien sûr de vouloir améliorer la condition des animaux. Mais enfin, invoquer à leur propos la notion de « personne » me semble ici totalement exagéré. Il suffit de condamner la maltraitance dont ils peuvent être victimes, et qui est déjà punie dans notre droit.

Avant le Big-Bang

Avant que le premier pollen ne se dépose
Sur le premier pistil …

Avant que le bouton ne s’épanouisse en rose
Aux effluves subtils …

L’amour était déjà prévu dans l’ADN
De la nature humaine.

Avant que les troupeaux ne trouvent les ruisseaux
Pour se désaltérer …
Avant que les bleuets et les coquelicots

N’éclosent dans les prés …

La conscience de l’Homme était en gestation

Depuis la création.

Avant que les fleuves ne sortent de leurs sources
Pour descendre à la mer …
Avant que la Terre ne commence sa course

A travers l’Univers …

L’émergence de l’Homme était préméditée
Depuis l’Éternité.

Avant que le soleil et les astres brillants
Ne constellent la nuit …
Avant que n’existent l’espace puis le temps
Qui rythment chaque vie …
L’homme était d’avance, depuis le premier jour,
Le reflet de l’Amour.