Remise en cause du Smic : l’Elysée encerclé

Le chômage ne serait pas provoqué par l'absence de débouchés des entreprises, liée à la diminution du pouvoir d'achat des salariés. Pourtant, de nombreuses études de la Confédération européenne des syndicats ou de l'Organisation internationale du travail (composée aussi de représentants du patronat) le documente. Non, pour le Medef et des conseillers de François Hollande le coupable n'est autre que le Smic. « Golias Hebdo » livre des éléments pour contrer cette escroquerie.

Le chômage ne serait pas provoqué par l’absence de débouchés des entreprises, liée à la diminution du pouvoir d’achat des salariés. Pourtant, de nombreuses études de la Confédération européenne des syndicats ou de l’Organisation internationale du travail (composée aussi de représentants du patronat) le documente. Non, pour le Medef et des conseillers de François Hollande le coupable n’est autre que le Smic. « Golias Hebdo » livre des éléments pour contrer cette escroquerie.

C’est le contre-témoignage parfait. Il faut un chrétien, souvent invité d’honneur des Semaines sociales de France, et un socialiste comme Pascal Lamy pour étrangler le salaire minimum. Il faut l’écouter, son cœur saigne quand il parle des salariés modestes, des pauvres, des jeunes. « Je connais des gamins de 15 ans dont les parents n’ont jamais eu de boulot. Pour moi, c’est le signe d’une gangrène. Une société où ceci peut se produire, sans qu’il y ait la révolution, c’est vraiment très inquiétant », s’indigne-t-il devant des journalistes dociles, avant d’envoyer le coup de pied de l’âne : « Un petit boulot, c’est mieux que pas de boulot. » Ah, vous avez sursauté chers lecteurs car vous savez bien que défendre le Smic, c’est protéger des êtres de chair et de sang. Pascal Lamy et Pierre Gattaz s’attendent à ce que, impressionnés, vous vous reniez. Nous vous proposons un point de repère : le philosophe de l’égalité véritable, Jean-Jacques Rousseau. Il avait percé les financiers à jour, rapportait avec ferveur l’universitaire-écrivain Henri Guillemin : « Ils emploient un langage obscur afin que, ne l’entendant point ce langage, on n’ose le contredire. Ils nous parlent de ressorts si profonds que de peur, peut-être, nous tentions de les découvrir dans leur simplicité. » Ces ressorts ont été énoncés au XIXe siècle par Thiers lorsqu’il dénonçait les héros de la Commune : « Ils tentaient de modifier à leur avantage le prix naturel de la main
d’œuvre. »

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52 réponses sur “Remise en cause du Smic : l’Elysée encerclé”

  1. Remise en cause du Smic : l’Elysée encerclé
    D’autant plus que depuis une dizaine d’année la déduction Fillion a permis de baisser le coût de la main d’oeuvre peu qualifié(autour de 200 euros mensuel pris sur le taux urssaf), mesure dégressive plus le salaire et la qualification augmente ; ce qui pousse les entreprises à payer guère plus que smic pour des emplois qui demandent de l’expérience et de la compétence.
    Le coef. pour le coût global du salarié est largement diminué en dessous de 1.85: pour les grandes entreprises, plus on embauche à bas coût plus la marge de manoeuvre est importante.C’est la « compétitivité » qui ne sépare pas les travailleurs et les charges de fonctionnement dans son raisonnement! Et après ils vont se plaindre que la MO qualifiée part à l’étranger et que de nombreux emplois qualifié ne sont plus pourvus dans notre pays.
    Mettre la pression sur les smicards est plus aisé que de taper sur les puissants qui sont cotés en bourse, en taxant par exemple sur un taux pourtant très faible les transactions financières…elle est où la promesse?
    Pourtant un travailleur est une personne… une transaction est une opération entre dividende et quotient qui fonctionne avec un diviseur ou à l’inverse avec un multiplicateur,diminuant la valeur travail c’est à dire la personne humaine.
    Il faut construire des robots pour, parait-il, diminuer la pénibilité et favoriser de bonnes conditions de travail!
    Je dois être trop naïf ou je n’ai rien compris au néo-socialisme

    1. Remise en cause du Smic : Hollande et Kessler même combat
      En fait, il faut bien comprendre que le néo socialisme depuis déjà un certain temps a exactement les mêmes objectifs économiques que la droite et l’extrême droite.
      Si vous reprenez le discours de Denis Kessler (idéologue du MEDEF) paru dans le magazine Challenges en octobre 2007, vous comprenez que depuis Mitterrand en 1984, c’est la politique qu’il décrit qui a été pratiquée et ratifiée aussi bien par la droite que la gauche et l’extrême droite.

      http://punching.blog.lemonde.fr/files/2010/03/kessler.1267735302.pdf

      Ce texte de Kessler devrait être lu et relu régulièrement dans tous les foyers français et particulièrement chez les plus pauvres pour comprendre que l’enjeu réel économique de nos politiques depuis des années, qu’ils soient de droite comme de gauche, du centre, d’extrême droite, c’est de détruire méthodiquement toutes les conquêtes sociales et syndicales d’après la seconde guerre mondiale. Cette démarche politique est à la fois une démarche nationale mais aussi européenne, voulue et décidée contre même la volonté des peuples (voyez ce qui a été ratifié en 2009 au plan européen contre la volonté des peuples de 2005, pour continuer cette casse méthodique). Et cette casse des conquêtes sociales est responsable d’un accroissement de la misère dans tous les pays européens. Et bien sûr, responsable d’un recul des droits fondamentaux humains, qu’ils soient féminins, masculins, enfantins.

      Les seuls qui continuent de s’enrichir année après année de cette politique sont les banques, les grandes entreprises et les grands actionnaires et bien sûr via un système de récompenses financières diverses, les politiques qui mettent en place méthodiquement cette destruction des conquêtes sociales. Soit un enrichissement constant de 5% de la population européenne qui détient plus de 50% des richesses européennes.

      Le texte de Kessler montre bien le rapport de force actuel mis en place.
      Et que c’est la même politique économique qui est pratiquée quelle que soit la frange politique au pouvoir.

      Celles et ceux qui pensent que le FN ferait différemment et même qu’une partie du FDG ferait différemment, se mettent le doigt dans l’oeil jusqu’au coude puisque tous les groupes politiques de quelque tendance que ce soit présents à l’UE comme députés, ont signé à Bruxelles, Strasbourg la continuation de cette politique de destruction sociale.

      Ce qui veut dire que nous nous faisons bananer et balader depuis plusieurs décennies par l’ensemble de la classe politique. Et l’ironie suprême se situe au moment des élections qu’elles soient présidentielles ou européennes où l’on nous demande de voter pour des candidats qui vont de toute façon et quel que soit leur discours, perpétuer cette destruction sociale et économique.
      Vous imaginez l’orgasme géant qu’ont nos politiques face à l’escroquerie politique et économique et sociale qu’ils pratiquent sur notre dos…

      C’est contre cela qu’il faut se révolter.

      Une chouette intervention de Bernard Friot sur l’alternative économique possible. Et déjà en action via les cotisations sociales pour financer notre système de santé publique.

      http://www.youtube.com/watch?v=McpiXYVWtDs

      1. Remise en cause du Smic : Hollande et Kessler même combat
        C’est intéressant ce que dit Bernard Friot, mais à l’heure actuelle il est impensable de relever le taux de cotisations sociales (maladie,a.familiales, retraite); déjà supprimer la réduction Fillion ferait grincer des dents même si je pense qu’elle eut un effet positif sur l’activité et la confiance au début des années 2000 de suite après la mise en place de l’euro(monnaie artificielle et…imposée en dépit des différences des pays);mais l’augmentation du prix des matières premières,basée sur une spéculation des marchés (marchés mondiaux:fini l’idéologie première de l’Europe!) a accentué le problème(=le capitalisme mondialiste,dirigé d’une main de fer par les Etats-Unies).
        Taxer les transactions financières serait une alternative et pas une finalité dans le climat actuel effréné qui aurait un effet positif,mais Hollande a promis puis s’est tapi devant les lobbies financiers(ou il a tout simplement joué un jeu, et là c’est plus grave);il est possible que ce refus soit purement idéologique par crainte qu’une « petite victoire » entrainant un effet domino, car une victoire demanderait une nouvelle conquête:même sur leur propre terrain de vision économique,c’est un refus catégorique d’où la dureté du combat!Nous sommes à deux pas de l’esclavage pur et dur.
        D’un côté comme d’un autre, collectiviser(déresponsabiliser,aliéner?) à grande échelle me parait aller dans des impasses (cf:urss),la chine actuelle ne serait que le produit du capitalisme Etat-Uniens associé du communisme qui n’en ai plus d’ailleurs;les grandes faiblesses de la Chine:politique de l’enfant unique(démographie à venir…) et production de masse de copiste à très grande échelle sur le modèle occidental.
        C’est l’hérésie du « créer des besoins » pour vendre, au lieu du nécessaire pour vivre à petite échelle, des circuits courts,du troc(pourquoi-pas!):
        exemple significatif:dans mon secteur des centaines d’hectares dans les plaines alluviales sont en friches et produits du maraîchage,élevages sont souvent importé d’Espagne ou d’ailleurs remplissent les rayons des super-marché où les consommateurs (nouvelle race?) poussent des caddies comme des déambulateurs la mine triste.
        A mon avis,il faut reprendre « les basiques »,des petites unités de production, des petits marchés locaux ou de quartiers,des petits producteurs vendeurs,créateurs de vrais relations sociales,repeupler les campagnes vidés par les vagues successives d’exode rural ET COLLECTIVEMENT lancer des « rals-le-bol »: »aller vous faire foutre avec vos normes,vous êtes devenu fou,reprenons le pouvoir qu’ils nous ont volé! »
        Et là encore, la redistribution des impôts produit un service public(coûteux) de flique et contrôle à tout va: des valets ou des « collabos » du néo-socialisme…
        D’où l’urgence de poser,des actes de résistance!

        1. Alternatives économiques
          Nous sommes d’accord Sisinio. Maintenant, concernant le principe du circuit court et le système du troc, vous avez de plus en plus de gens qui adhèrent à une consommation locale sans passer par la grande distribution et au moins pour ce qui est alimentaire: se sont les AMAP pour les citadins, le jardinage pour ceux qui ont un jardin, vivent en milieu rural. L’intérêt est double: avoir des produits de meilleure qualité, de saison et ne pas engraisser les industries agro-alimentaires. Autour de ce principe, une agriculture avec moins de pesticides, une recherche des productions véritablement réalisées localement.
          Concernant l’habillement, le mobilier, la déco, la culture, les jeux, l’équipement qu’il soit électroménager, informatique, vous avez de plus en plus de vides greniers, de systèmes de bourses d’échanges, de ventes en ligne par des particuliers (bon coin, e-bay, etc) qui constituent au fil des ans, pour un certain nombre de personnes, dont je fais partie, une opportunité d’achat certes de seconde ou troisième main mais bien moins chère, utilisant en partie le principe du recyclage des objets, du mobilier, des équipements, éventuellement customisés pour les moderniser.
          Ce circuit court généralement, passant de foyers à foyers sans passer par une enseigne de magasin est un très bon plan pour limiter les dépenses tout en ayant généralement, des produits de meilleure qualité que du neuf.

          Concernant la qualité, aussi bien des vêtements que du mobilier ou de certains équipements, vous pouvez remarquer que si la technologie s’affine, la qualité globale baisse au fil des ans, l’idée des industriels étant de faire consommer et renouveler régulièrement les matériels, donc réduisant les coûts de fabrication. Ce qui fait que pour pas mal d’articles, même ayant déjà servi, mieux vaut acheter en vide-grenier plutôt qu’acheter du neuf. J’ai souvent pu le constater.

          Et enfin pour parachever cette mutation, même si c’est encore peu su et connu ni très très médiatisé encore, vous avez de plus en plus de départements qui adhèrent à un principe de monnaie locale complémentaire. L’usage de ces monnaies complémentaires permet de changer un peu le rapport à l’argent mais aussi à la consommation en la relocalisant et en dynamisant les activités associatives et commerciales locales.

          http://fr.wikipedia.org/wiki/Monnaie_locale

          http://www.lemonde.fr/argent/article/2013/11/14/face-a-la-crise-les-monnaies-locales-se-developpent_3513406_1657007.html

          http://www.colibris-lemouvement.org/agir/guide-tnt/creer-une-monnaie-locale

          http://www.franceculture.fr/emission-le-magazine-de-la-redaction-monnaie-locale-monnaie-a-taille-humaine-2014-02-21

          Je vous en parle parce qu’en Béarn comme en Pays Basque, ce type de monnaie existe: il s’agit de la MLCB et de l’Eusko. Ca reste pour le moment très très localisé (Pau et Bayonne) mais je pense que ça se développera au fil du temps.

          Bon, ça ne va pour le moment aussi loin que le projet de Bernard Friot, mais il me semble que c’est une réponse alternative à ce rapport à l’argent complètement faussé et dérivant au plan bancaire que nous pouvons avoir depuis que nous n’avons plus de monnaie nationale. Sachant que l’essentiel de ce qui se passe avec l’euro et les banques privées, c’est de la spéculation et non de l’échange, il y a nécessité d’une alternative et d’un contrôle avec l’idée de savoir où va l’argent, ce que ça finance et non le montant spéculatif que ça représente.

  2. Les peits boulots de Pascal Lamy
    Allons-y, mettons les pieds dans le plat, quitte à recevoir des coups de gourdin ! J’entends les gens autour de moi. Oh, certes pas des technocrates, pas des philosophes, pas des idéologues, mais des gens, quoi… Peut-être votent-ils PS ? UMP ? Front de Gauche ? FN ? EELV ? Des gens, quoi ! Il y a des employés, des petits commerçants, des ouvriers… des gens quoi…

    Et que disent-ils souvent, eux qui vivent avec de petits revenus à peine supérieurs au SMIC : « En face de chez moi vit une famille où personne ne travaille. Ils vivent avec les allocations, ne paient pas de loyer, ont la télé géante extra plate, un ordinateur Apple, des Ipad dernier cri, partent en vacances… tandis que nous, on se lève tous les matins pour aller bosser et finalement gagner moins qu’eux car, en plus, avec les nouveaux impôts, on paie maintenant celui sur le revenu et la taxe d’habitation plein pot. Les vacances, cette année, c’est foutu. Il faut qu’on se serre la ceinture ».

    Ce discours, je l’entends presque tous les jours.

    Lorsque Pascal Lamy dit « Un petit boulot vaut mieux que pas de boulot du tout », peut-être veut-il dire que l’argent gagné mérite un effort. Au moins celui de se lever et de travailler.
    Oui, posons-nous cette question : la culture de l’assistanat n’est-elle pas l’un des vecteurs du vote FN, car beaucoup de travailleurs sont révoltés de cette injustice faisant qu’on puise dans leur poche pour nourrir des voisins qui ont fait leurs comptes : « Plutôt les alloc que le boulot, c’est moins fatiguant et ça rapporte plus ».

    Est vraiment réac de dire cette vérité ? En tout cas, les gens le disent.

    En disant : « Un petit boulot vaut mieux que pas de boulot du tout » Pascal Lamy ne se fait-il finalement pas le traducteur de la pensée populaire, qui, elle, ne sacralise pas le « pauvrisme » ?

    Il faut entendre la vox populi pour comprendre l’état d’écoeurement de beaucoup, quand bien même n’est-on pas obligé d’entonner les refrains populistes.
    Le malaise existe. Le malaise est là. C’est ici que se creuse le fossé entre les bonnes consciences et « le terrain ». C’est ici la matrice du désabusement populaire, du doute dans les valeurs de la République égalitaire qui jette les citoyens travailleurs dans les bras du FN ou dans l’abstention électorale.
    Pascal Lamy ne réclame pas la disparition du SMIC. Il suggère que tout salaire mérite effort, si petit soit-il. C’est ainsi que je l’entends.

    Maintenant, je vous en raconte une bonne (histoire). C’est à propos du travail des enfants dans les pays sans droit pour les travailleurs (ou si peu de droit). Des intellectuels (pas tous) dénonçant les paroles de Pascal Lamy sont finalement pour mettre la pédale douce sur la dénonciation du travail des enfants, au Bengladesh, Inde, Maroc, et ailleurs : « C’est parfois le seul revenu qui entre dans les famille ultra pauvres… » disent-ils. Ben oui. Les gosses exploités, il y en a des millions dans le monde… et on bouffe pour cela des produits « équitables » vendus dans les gondoles des supermarchés, fabriqués ou cultivés par des gamin(e)s de 8 ans qui ont aussi la chance de pouvoir aller à l’école en alternance. Eh oui, un petit boulot pour eux, c’est mieux que pas de boulot du tout, et ça ne gêne personne, équitablement.

    Bon, maintenant j’enfile mes « Adidas » équitables pour courir car je sens que je vais prendre une volée de bois vert. Mais ce qui est dit, est dit !

    1. assistanat …
      Tout à fait d’accord pour dénoncer l’assistanat comme choix de vie. Mais
      en commençant par l’assistanat de ceux qui se contentent d’encaisser les
      dividendes, de déplacer leurs capitaux d’une place boursière à l’autre pour
      le meilleur profit. Ne sont-ils pas, eux aussi, des assistés ?

      1. assistanat …
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        L’équipe des modérateurs.

      2. Injustice @ Lucien
        Lucien,
        La spéculation financière ne date pas de la crise économique que nous traversons. La dernière version du film « Le Bossu » décrit une scène qui illustre parfaitement le jeu boursier d’une autre époque pour bâtir une fortune en appauvrissant les autres.
        Il n’y a aucune chance de moraliser la finance qui n’a cure des affamés et des travailleurs.
        Les jeux boursiers ne sont pas sans risques. On peut y gagner beaupoup, comme on peut y perdre aussi. Il est arrivé que des fortunes soient englouties, ou que des petits rentiers perdent leurs petites économies. On peut aussi perdre son argent en dormant. Voir, par exemple, les petits porteurs d’actions du Tunnel sous la Manche qui ont vu fondre leur capital investi et ont perdu devant les tribunaux les recours intentés pour récupérer leur mise.
        Le débat posé n’est pas là, mais sur la valeur du travail et l’effort à produire pour gagner de l’argent. Beaucoup ressentent comme une injustice sociale le fait qu’il leur faut se lever tous les matins pour gagner un salaire modeste, tandis que d’autres restent au lit et vivent d’allocations qui, mises bout à bout, dépassent ce qu’ils perçoivent au bas de la feuille de paie.
        Cette situation est génératrice d’une révolte sourde et endémique qui se traduit par un vote de défiance FN ou l’abstention.
        C’est plus dangereux qu’une vraie révolte de rue avec manif, barricades et pavés lancés sur les CRS, car c’est la voie ouverte à la révolution brune que vous ne souhaitez certainement pas.

        1. Fraude fiscale des entreprises et banques @ Pierre
          La spéculation financière a amené justement le fascisme nazi du fait de grandes banques privées et grandes entreprises qui ont spéculé follement ce qui a abouti au krach de 1929.
          Ces banques et grandes entreprises privées ont soutenu le nazisme et ont profité de la guerre pour s’enrichir encore plus, pour certaines grandes entreprises industrielles (ce qui relève en partie du pôle chimie et armement), avec de la main d’oeuvre gratuite fournie par les déportés. Ce n’est pas pour rien qu’après guerre, il y a eu en France une vague de nationalisations d’entreprises et des banques. Justement pour éviter ces situations d’abus des personnes en toute impunité mais aussi pour punir les entreprises et banques qui avaient largement collaboré sous le régime de Vichy de Pétain.

          Lorsque Mitterrand a commencé à privatiser à nouveau banques et entreprises de service public sous la pression libérale américaine, c’est là que les choses ont commencé à se gâter et le chômage à monter.
          Autre point qui a accentué la pauvreté: les salaires ne sont plus indexés au coût de la vie mais ont été maintenus à un niveau inférieur. Ce qui a contraint les ménages non seulement à s’endetter mais à devoir travailler à deux pour ne serait-ce que vivre décemment au plan familial. Sachant bien que le pouvoir d’achat a considérablement baissé depuis lors, chaque année un peu plus. Et ça ne va pas s’arranger puisqu’il n’y aura pas d’augmentation du SMIC en juillet prochain.

          Plus on privatise, plus les inégalités progressent, plus il y a de spéculation, plus les entreprises veulent faire de profits sans investir dans l’outil de travail ni reversement des bénéfices aux salariés (seulement aux grands patrons et grands actionnaires), plus aussi il y a de fraude fiscale des entreprises, plus on gèle les salaires, plus donc en conséquence, il y a de pauvreté, de gens dans la grande misère.

          La fraude fiscale des entreprises rien qu’en France représente 60 à 80 milliards d’euros par an. Et ce n’est pas une blague ni une exagération de ma part.

          Je vous cite les chiffres récents de « la Tribune », magazine économique français qui explique aussi que près de 50% de cette fraude concerne la fraude fiscale des entreprises à la TVA.

          C’est de ça dont les gens de la base ont marre.
          Parce qu’ils perçoivent bien que c’est cette fraude fiscale et cette spéculation qui entretiennent la crise, le chômage et la pauvreté.

          Les moins informés sur la question vont se défouler sur plus pauvres qu’eux via un vote FN, dans une haine gratuite contre les « chômeurs-profiteurs », sans mesurer que l’argument « du chômeur-profiteur » est un hochet-bouc émissaire facile brandi par les classes les plus riches qui ne veulent surtout pas remettre en question leur grand banditisme économique.

          Parce que la fraude aux allocations chômage mise en avant à chaque fois par les politiques comme étant la plus grande escroquerie française, représente seulement 58 millions d’euros par an.

          Faites le calcul comparativement à la fraude fiscale des entreprises.

          C’est dérisoire.

          Mais c’est toujours plus facile politiquement de taper sur les plus pauvres que sur les plus riches. Nos politiques qu’ils soient socialistes, UMP ou FN ne s’en privent pas, chacun dans leur genre.

          Si le FN tente de récupérer le discours du Front de Gauche, c’est essentiellement pour tromper ses électeurs puisque l’extrême droite (dont le FN) au plan européen a signé en 2009 un accord pour appuyer la politique de privatisation et de spéculation. Et le discours anti européen est une sinistre blague puisque Marine le Pen et son paternel siègent comme députés depuis 1984 au plan européen. Ils ne quitteraient donc pas une place qui leur rapporte de l’argent, un hochet de pouvoir et des occasions en or de pouvoir limiter voire supprimer des acquis sociaux, syndicaux…

          Donc le discours anti-européen du FN et de l’extrême droite en général, c’est du flan.

          1. Fraude fiscale des entreprises et banques @ Pierre
            Françoise,
            Le nazisme a pu prospérer en Allemagne à cause du Traité de Versailles qui imposait des conditions financières insoutenables et appauvrissait terriblement et durablement le peuple allemand.

            Je pense que si les Etats européens, à la suite de la Grande Guerre, avaient suivi l’idée d’Aristide Briand de créer l’Europe fédérale, le nazisme n’aurait pas eu de prise sur cette population. L’Angleterre ne voulut pas de cette Europe, la jeune république allemande non plus.

            L’esprit de revanche faisant, sur fond de reconstruction de l’Empire Allemand (la grande Allemagne), le peuple allemand s’est laissé emporter dans la folie de ses nouveaux maîtres.

            Quant au travail des femmes, je ne crois pas que cela soit « à cause de la spéculation financière » ou à cause de l’endettement des ménages. Mais surtout par la volonté de plus en plus affirmée des femmes d’avoir leur autonomie financière pour ne plus dépendre d’un homme pour construire leur vie, cet homme fut-il « l’homme de leur vie ».

            Les grandes vagues de fermeture d’entreprises avaient déjà déferlé sous Giscard. Son conflit avec Chirac sur la méthode économique pour défendre le tissu industriel et l’emploi reste historique puisqu’il valut une crise de gouvernement.

            Déjà sous l’ère Pompidou, le textile français s’effondrait. On fermait à tour de bras les usines de filature et de tissage dans les grands bassins comme Lille, Amiens, Rouen-Elbeuf, Lyon… Avec Giscard, ce fut le tour de la machine-outil, des filières cuir, bois, chimie, avec les vagues de délocalisation dans les pays à bas coûts.

            Sous Mitterrand, ce fut la suite de la désindustrialisation, sans projet pour stopper l’hémorragie.

            J’ai vu dans ma région de belles usines se vider en trois ans, laissant à chaque fois sur le tapis de centaines de travailleurs(ses).
            Lorsque les entreprises nationalisées furent re-privatisées, c’est que les caisses de l’Etat étaient vides. La phase «programme commun » et l’alliance avec les communistes se brisèrent car il n’y avait plus rien à redistribuer. L’idée fut de vendre « les bijoux de familles ». Fin de l’utopie à vouloir « raser gratis ». Et pas de projet pour le pays.

            Puis, devant la révolte des électeurs qui avaient porté la gauche au pouvoir, Mitterrand eut cette idée de faire monter électoralement une troisième force pour briser la droite.

            Ce fut le recours au FN et à l’extrême-droite. Ce que raconte très bien un ami proche de Mitterrand, Me Roland Dumas avec lequel cette stratégie fut élaborée. Les spéculateurs de la grande finance n’étaient pas là. Mais les loups se pourléchaient certainement les babines.

            Cordialement, PIERRE

    2. Les peits boulots de Pascal Lamy@Pierre
      Vote extrémiste…

      J’ajoute qu’actuellement (et en général l’histoire nous rappelle que ce n’est pas si nouveau), le mécontentement populaire est grandement alimenté par des personnalités politiques (on a vu le cas Le Fur en Bretagne autour des pseudo-bonnets rouges) à tendance pyromaniaque, mais aussi des chefs d’entreprises ou d’activités qui ne vont pas si mal, loin s’en faut pour certaines ou qui ne vivent que de subsides publics pour les autres, sans parler d’une presse qui vit surtout de ses gros titres et qui nous fournit de moins en moins de véritables reportages d’investigation. Vous conviendrez sans peine que les journaux télévisuels les plus regardés, par exemple, sont ceux de TF1 et de France 2. Quand vous constatez que de véritables sujets sont bâclés en 1mn30 maxi et qu’on vous fait la moitié du journal sur le sport, vous ne vous étonnez pas que la seule chose qui fonctionne dans ce pays, ce soient les rumeurs, les affirmations aléatoires, les idées toutes faites et l’impression que le déclin est inéluctable. Et au détour de cette dernière tirade, j’ajoute que les mêmes qui vont dénoncer l’omerta dont elles et ils sont les victimes, alors qu’elles ou ils représentent une soi-disant France qu’on n’entend pas, sont celles et ceux qui l’ouvrent le plus, crient le plus fort et sont incontournables à la télé et sur les ondes, ainsi que sur les unes.

      Ce qui fait que globalement, je comprends bien votre point de vue sur l’assistanat et il est vrai qu’il est même organisé de telle sorte en France qu’il est pratiquement impossible sans risquer de finir à la rue, d’en sortir, suivant la profession que l’on pourrait exercer.
      C’est donc moins le fait de « donner » de l’argent qui pose problème à notre système économique, que la façon dont on organise la solidarité et surtout l’emprisonnement des personnes qui y ont recours.
      Nous pouvons aussi évoquer les travailleurs pauvres dans ce pays. Une réalité incontournable qui nous rappelle qu’on peut avoir un travail et pas même les moyens de se payer un logement.
      Et parlons aussi de la précarité. Et en la matière, je sais de quoi je parle. 26 ans de précarité au compteur, pas de vacances du tout sur 2013 et 2014 (et je ne vais pas vous récapituler les autres années, ce serait fastidieux et sans intérêt, même pour moi). Et malgré cela, malgré le chômage qui est mon seul horizon, malgré les abus dont j’ai pu être témoins, je n’ai jamais voté aux extrêmes. Le vote extrémiste est aussi le fruit de la mayonnaise médiatique. Je n’ai pas encore vu, par exemple, de véritable contradicteur face à Madame Le Pen. Lorsqu’elle affirme, personne ne lui demande de preuves tangibles, de montrer les documents dont elle dit qu’ils existent. La pédagogie, voyez-vous… Tout est une question de pédagogie. Et s’il est une chose dont on manque cruellement dans ce pays, c’est précisément de pédagogie et d’un peu plus de courage de la part de celles et ceux qui pourraient porter une autre voix et dont on n’entend qu’à peine un vague murmure sur les grands médias aujourd’hui. Particulièrement en prime time.

      Le problème de l’économie ce n’est pas l’économie en elle-même, c’est ce que nous en faisons et la manière dont nous la pensons. Et la façon dont nous la pensons est prédatrice et non solidaire.
      Potentiellement, sur cette planète, nous pourrions toutes et tous vivre correctement. Nous avons tout ce qu’il faut pour cela. Sauf l’intelligence.

    3. Les peits boulots de Pascal Lamy@Pierre
      Qui profite le plus ?

      Il faut reconnaître qu’il y a plus de manifs ici en faveur de nos conditions de vie qu’en faveur de la condition de vie des miséreux qui produisent nos produits pas chers pour préserver notre pouvoir d’achat.
      Ce qui est le pire calcul qui soit, car en fait, tant que les niveaux de rémunération et de vie de tous ces travailleurs pauvres qui crèvent sous les décombres sans que ça nous émeuve vraiment, seront bas, moins nous pourrons revendiquer pour nous-mêmes. C’est un principe mathématique simple.

      Mais on pourrait aussi parler des manifestations populistes des anti-taxes en tous genres, qui n’hésitent cependant pas à demander des financements publics pour eux-mêmes. Or, à moment donné, l’argent public, qu’il vienne de la commune, du département, de la région, de l’état ou de l’Europe, sort bien de nos poches et même de toutes nos poches puisque tout le monde paie la TVA.
      Rappelons des principes pourtant très simples : les restaurateurs ont demandé une baisse de la TVA pour créer des emplois. On attend les chiffres réels, c’est-à-dire non pas le nombre d’embauches sur la période, mais le nombre d’embauches qui ont eu lieu du fait de cet abaissement de la TVA.
      Pareillement, il est gentil Gattaz de vouloir des allègements de charges. Mais combien de grosses entreprises françaises paient leurs impôts en France et combien l’ensemble des mesures en faveur de ces grosses entreprises a réellement créé d’emploi ? On n’arrête pas de parler de perte nette d’emplois précisément. Or, là encore, il faut bien que l’argent sorte de la poche de quelqu’un pour compenser ces mesures.

      Prenez le secteur du BTP, de quels marchés vit-il le mieux ? Des marchés payés par l’argent public. Donc de l’argent qui sort encore de la poche des contribuables, TVA comprise. D’ailleurs qu’entendez-vous actuellement de la part des collectivités territoriales pour justifier qu’on ne supprime pas cet échelon politique (car là encore, il ne s’agit pas de mille feuilles administratif mais bel et bien de mille feuilles politique et décisionnel dont se passeraient les administratifs) : nous sommes les principaux investisseurs dans ce pays. Et c’est vrai pour le coup. Et que dire du secteur de l’armement… Vous croyez que celles et ceux qui au quotidien fabriquent des mines anti-personnelles et autres trucs sympatoches qui mutilent des gamins ont intérêt à ce que ça cesse et à se poser des questions sur ce qu’ils font ?

      De la même façon, il y a une tendance pathologique chez l’humain, à toujours envier son prochain, fut-il dans la désespérance la plus totale, pour des raisons qui sont souvent complètement… irrationnelles. Et c’est le/la même qui dénonce tout ce qui lui semble injuste, qui considère qu’il est surtout injuste que lui/elle ne « profite » pas. Un peu comme les tenants de la transparence et de l’intégrité des politiques, qui réélisent, pour ne pas dire plébiscitent ceux qui ont des batteries de casseroles aux fesses en les enviant secrètement d’oser et en les trouvant « si proche de nous et de leurs communes ». Ben voyons.

    4. Les peits boulots de Pascal Lamy
      citation : Pascal Lamy ne réclame pas la disparition du SMIC. Il suggère que tout salaire mérite effort, si petit soit-il. C’est ainsi que je l’entends.

      Et bien vous entendez mal ! Lamy ne suggère pas que tout salaire mérite effort : il pense tout simplement que tout effort , tout travail peut être payé moins que le smic ! …et pour lui ce n’est qu’un moindre mal ! C’est tout simplement du chantage : Devoir accepter ce moindre mal pour éviter le pire !

      Les abus que vous signalez « vivent avec les allocations, ne paient pas de loyer, ont la télé géante …etc » ne sont prétextes à haine pour ceux qui travaillant dure et souvent mal rétribués , oublient ( ou râlent ) que leurs cotisations sociales sauvent des vies de la misère ….Posez vous donc la question : pourquoi ce type de solidarité ne fait pas la une du Figaro, de l’homme nouveau ou de nos médias capitalistes ?

      Nous espérons vivement votre réponse au lieu de dégager par peur des coups de gourdin ….que vous vous inventez !

      1. SMIC @ PrNIC
        PrNIC,
        Vous ne pouvez pas éluder ce que pensent et disent de très nombreux concitoyens. Ce n’est pas de moi qu’il s’agit, j’espère que vous l’avez compris. Mais d’une très grande majorité de personnes qui triment très dur pour ramener un petit salaire et voient aussi autour d’eux ce qui ce passe et ne comprennent plus pourquoi il doivent crouler sous le poids des charges, et d’autres non et vivre d’allocations qui dépassent leurs ressources personnelles.
        Il y a un réel conflit de société dans les catégories qui sont aux planchers salariaux, avec les catégories « assistées ».
        Cela, êtes vous prêt(e) à l’entendre, à défaut de le comprendre ?
        Mettons de côté pendant une seconde Pascal Lamy, et entendez que ce qu’il dit à propos de l’effort à produire pour gagner de l’argent est d’abord ce que pensent nos concitoyens de plus en plus désabusés.
        Je ne sais dans quel monde vous vivez, mais cela je l’entends quasiment tous les jours dès qu’on aborde ce genre de question. Croyez-moi, débouchez-vous les oreilles, ouvrez grands les yeux, débranchez les écouteurs de votre Iphone, et écoutez les gens parler de leur sentiment de grande injustice.
        Le conflit est moins celui du salariat contre le capitalisme et la spéculation financière, que celui des catégories du bas de l’échelle salariale avec celui des allocataires sociaux.
        Pourquoi croyez-vous que le vote FN prospère principalement en milieu ouvrier et dans les régions à fort potentiel industriel (le secondaire) ?
        Vous a-t-il échappé que le FN a adapté en grande partie son discours sur celui du Front de Gauche, voire du PCF, en s’appuyant dessus pour défendre ses thèses nationalistes et prôner un régime ségrégationniste et les faire progresser dans l’opinion ?
        Je pense qu’au lieu d’attaquer Pascal Lamy (que je ne connais pas personnellement et dont je n’approuve pas toutes les positions – notamment lorsqu’il fut à l’OCM), nous aurions mieux à faire pour consolider les industries existantes, développer l’innovation par la recherche fondamentale et appliquée.
        Force est de constater que la mission Juppé-Rocard sur le développement de la recherche scientifique a été mise sur une voie de garage, que l’industrie lunettière est menacée par un projet de moindre remboursement des lunettes par les mutuelles, que l’action gouvernementale pour conserver Alstom dans le giron tricolore et/ou européen s’opère dans l’urgence et la confusion – alors que l’Etat siège au conseil d’administration de ce groupe d’excellence ; et tout à l’avenant.
        Les paroles de Lamy ont fait une heure complète d’émission sur France-Inter dans la tranche horaire de Daniel Mermet. Je vous assure que ce fut certainement très contre-productif.
        Les ouvriers qui ont écouté ont dû certainement se demander pourquoi on pouvait tant s’en prendre à Lamy pour avoir dit que « mieux vaut un petit boulot que pas de boulot du tout. Mais oui, c’est ce qui se dit dans mon quartier, au bistrot du coin, là où se fait réellement et se propage l’opinion.
        Bien entendu qu’il faut défendre à tout crin le SMIC, ne pas accepter le SMIC-jeunes car cela sera la saignée dans les entreprises pour embaucher à très bas coût, multiplier les CDD et la précarité.
        Je pense même qu’il faut desserrer la vis anti-inflation et faire un peu d’inflation pour réduire la charge de l’endettement. C’est ce que font les Etats-Unis, champions de l’ultra-libéralisme qui s’offrent une relance économique et de l’emploi sur le dos de l’Europe en laissant filer la parité dollar-euro.
        Rangeons les lance-pierre qui, en s’en prenant à Pascal Lamy, n’ont aucune efficacité sauf à faire grimper un peu plus le brun horizon sur le champ politique.
        Valls, sur lequel beaucoup tirent à vue à Gauche, est perçu comme un espoir possible dans le monde du travail. Il faut souhaiter qu’il réussisse, si les petits canards socialistes le veulent bien.

        1. SMIC @ Pierre
          Lamy souhaite la disparition du SMIC. Ce SMIC embête beaucoup d’entreprises qui aimeraient pouvoir embaucher comme en Allemagne les gens à 1 euro de l’heure, sans pour autant relocaliser l’emploi, continuant de le délocaliser dans les pays émergents.
          La destruction du SMIC voulue par l’ensemble des multinationales, c’est comme la destruction des services publics, ça participe d’une destruction de toutes les conquêtes sociales et syndicales pour remettre les gens en situation d’esclavage.

          Le système Hartz 4 en Allemagne fonctionne sur ce principe d’une absence de salaire minimum. Les gens les plus pauvres certes travaillent mais comme des esclaves et sans espoir de se sortir de ce système, véritable engrenage de pauvreté et qui fait des ravages en Allemagne mais généralement tu complètement au plan médiatique (l’image de l’Allemagne ne doit pas être entachée par ce genre de scandale). En Allemagne le sujet est tabou, mais on en a parlé un peu en France via des documentaires sur les plus précaires en Europe avec à nouveau l’augmentation de la pauvreté et notamment celle des enfants.

          Lamy veut mettre en place ce même système qui de fait, met l’ensemble des citoyens dans la situation d’accepter n’importe quel boulot à n’importe quel prix même si ce travail ne lui permet pas de vivre dignement.

          Je vous mets un lien sur une vidéo très explicative du système:

          http://www.youtube.com/watch?v=rLU078gOWlI#t=94

          Donc la critique de Mermet est très juste compte tenu du système que vise Lamy pour la France.

          1. SMIC @ Pierre
            Merci pour ce documentaire qui vient corriger « grave » les propos de Pierre… Et qui me conforte dans mes convictions, à savoir qu’il nous faut nous mobiliser encore plus « grave » contre ces politiques qui nous mènent tout droit dans le mur et qui malmènent l’humanité toute entière, aussi bien les riches que les pauvres.

            1. SMIC @ Clément
              De rien, Clément…j’avais trouvé ce documentaire d’Arte particulièrement instructif sur la méthode de casse du revenu minimum en exerçant un chantage et une culpabilisation des plus pauvres. Quand j’ai lu que Pierre s’embarquait avec enthousiasme dans un soutien de cette démarche Hartz qui a fait tant de mal et continue de faire tant de mal en Allemagne, j’ai pensé tout de suite à vous partager à tous, le documentaire qui évoque justement ces sujets.
              Oui, vous avez entièrement raison, il faut lutter et se mobiliser contre ces politiques mais en travaillant des alternatives. Je suis très admirative du travail d’ATD Quart-Monde sur le sujet, mais aussi intéressée par les propositions de Bernard Friot de l’Institut Européen du Salariat, comme par les démarches de décroissance de Paul Ariès, comme par les réflexions de Franck Lepage, de Frédéric Lordon sur le sujet.
              L’exploitation de l’homme par l’homme a atteint ces dernières années un tel niveau, les écarts entre riches et pauvres sont devenus si grands que le système ultralibéral (appuyé par l’ensemble de la classe politique, aux ordres et le doigt sur la couture du pantalon), ne peut que donner envie à la majorité des citoyens qui sont en souffrance dans l’actuel monde du travail, de développer des solutions alternatives de travail libre (et non de travail subordonné) mais aussi de revenu universel, de monnaie locale qui sont aussi un contrepouvoir politique et économique nécessaire.

              Et cette alternative ne pourra se mettre en place que si les gens sont informés, qu’il y a véritablement une démarche d’éducation populaire sur ces questions qui nous concernent tous.
              Personnellement concernée par la précarité depuis de très longues années, je suis sensible à ce qui peut changer la donne économique actuelle, particulièrement destructrice en alternative générant plus d’égalité, plus de partage des richesses, plus de redistribution.

              J’ai laissé en réponse à Pierre, quelques liens documentaires sur les alternatives dont je vous parle.
              Vous pourrez aussi les visionner si ça vous intéresse, pour alimenter votre réflexion et vos démarches d’actions.

              La route est difficile mais nous avons l’immense chance d’être aujourd’hui suffisamment éduqués scolairement pour pouvoir justement engager et développer des alternatives et non plus seulement subir.
              Je dis souvent à mes élèves grands et petits que ce n’est pas le talent qui leur fait défaut, mais la confiance en eux et en leurs capacités, leurs possibilités d’action, confiance laminée par notre société que ce soit au sein du monde professionnel que social ou familial, politique.
              Cette confiance ne peut se développer qu’en sortant d’une certaine passivité et qu’en investissant pleinement sa citoyenneté. Et ça passe par la lecture, le suivi de conférences, l’investissement associatif, syndical, social, professionnel, politique, etc…Des domaines qui font encore peur à beaucoup mais qu’il est important de comprendre, d’analyser et au plan de l’espace d’actions et réflexions, d’occuper, afin que les multinationales, les banques et nos politiques ne nous imposent plus leur domination.

              Nous pouvons agir et développer une alternative, chacun à notre place, j’en suis persuadée.

              1. LIRE @ Françoise (et Clément pour info)
                Françoise,

                Désolé, mais vous n’avez rien compris à ce que j’ai écrit. Où et quand avez vous lu que je soutiens l’idée de la suppression du SMIC ?… Je défends le contraire, lisez mes textes.
                Pour faire court, je dis seulement que le FN prospère sur l’antagonisme entre ceux qui travaillent et perçoivent le SMIC et ceux qui ne travaillent pas, dont les allocations peuvent dépasser le SMIC par le cumul des droits auxquels ils ont accès.
                Je dis seulement que Lamy parle à ce propos de « gangrène » – non pas en ciblant les allocataires, mais en mettant l’exergue sur cette anomalie faisant que ceux qui ne travaillent pas peuvent « gagner plus » que les Smicards. C’est là-dessus que le FN met l’accent et engrange des voix, par millions.
                Je ne plaide pas pour la réduction des aides sociales et de l’effort de solidarité, mais pour le principe d’une allocation en échange d’un effort envers la société.
                Comme je m’en explique par ailleurs, allez-y lire, vous saurez le fond de ma pensée que je vous prie de ne pas déformer.
                Cordialement, PIERRE

                1. LIRE @ Françoise (et Clément pour info)
                  Si si, Pierre, j’ai très bien compris ce que vous avez écrit.
                  Je crois que c’est vous qui ne réalisez pas la teneur exacte du discours de Lamy et ce qu’il sous-entend.
                  Le FN prospère sur du mensonge. Mensonge en prétendant quitter l’UE où pourtant il siège depuis 1984 avec le reste des extrêmes droites européennes.
                  Mensonge sur le fait qu’on peut vivre bien avec le RSA et quelques aides sociales. C’est facile de raconter ça quand on vit dans un hôtel particulier avec domesticité, voyages payés aux frais du contribuable et train de vie luxueux.
                  Lamy rejoint exactement le FN dans son propos mensonger.
                  Non, on ne vit pas bien ni décemment avec le RSA et quelques aides. C’est faux. Demandez aux bénéficiaires qui sont aussi ceux qui ont besoin d’une aide alimentaire de la Banque Alimentaire, des aides la Croix Rouge,s’ils vivent confortablement…tous vous répondront que c’est la galère. Et c’est la réalité. Personne ne choisit la pauvreté, le chômage ni l’exclusion. Tout le monde subit cela et est usé rapidement confronté à un tel régime.

                  Je vous parlais de la fraude fiscale des grandes entreprises et des banques qui représente chaque année 60 milliards d’euros en moins au budget de l’Etat. Avec cette somme, on pourrait nourrir et loger décemment une grande partie de ces très très pauvres. On pourrait aussi faire une revalorisation du SMIC, le remettre en indexation du coût de la vie, ce qu’il n’est plus depuis trop longtemps et c’est une honte!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
                  Au lieu de ça, on va proposer des petits boulots à 1 euro de l’heure pour occuper les chômeurs et offrir une main-d’oeuvre quasi gratuite aux entreprises qui pourront ensuite prétendre que le SMIC est trop élevé, relève du passéisme.
                  Allez lire le dernier rapport commandé par Hollande sur la question, vous verrez que c’est exactement le projet…

                  1. Ouvrir les yeux et les oreilles @ Françoise (et Clément pour info)
                    Françoise,

                    Croyez-vous que je suis un ignare ? Les chroniques de Pascal Lamy, je les lis souvent. C’est vrai que le RSA « sec » ne permet pas de vivre décemment, et vous ne me l’apprenez pas. Mais je parle des gens qui sont au Smic « sec » ou à +10 ou 15% à peine (ce qui est peu), et qui voient leur échapper des tas de droits, et maintenant se trouvent, de surcroit, éligibles à l’impôt sur le revenu.
                    Je parle de l’antagonisme qui oppose ces catégories entre elles. Et là dessus, vous êtes totalement muette. A cours de commentaire parce que ce n’est pas dans votre schéma de pensée et dans la limite de votre horizon.
                    Ce n’est pas Lamy qui rejoint le FN dans son propos mensonger, c’est le FN qui embouche la trompette populaire pour amplifier le refrain sur les immigrés sensés manger le pain des français de souche. Nuance.

                    Je ne sais pas si vous vivez dans un milieu finalement très protégé, ou sinon coupé des réalités de la vie. Dans mon bourgs, je vois des familles préférer vivre avec les allocations sociales, cumuler les aides plutôt que d’aller chercher du travail chez un employeur parce que c’est trop contraignant. Je vous le dis, c’est une réalité, et ne semblez pas vouloir la voir. Ici, il n’est pas question de vous et de votre situation personnelle, pas plus de la mienne.

                    C’est contre cela que les familles de Smicards s’élèvent en votant FN, car le FN parle comme eux finalement, et ajoute à la voix du peuple son discours et son idéologie pro-apartheid.

                    Cela, au moins, le comprenez-vous ? Arrêtez de me donner des leçons sur la pauvreté du monde. CE n’est- pas moi qu’il faut chercher à convaincre, mais c’est aussi une certaine gauche qui en reste à des schémas de pensée éculés et qui ne fonctionnent pas.

                    Comment expliquez-vous par exemple que l’électorat populaire et ouvrier qui votait communiste jusqu’aux années 1980 vote maintenant et massivement pour le FN ? Pourquoi l’électorat socialiste s’érode avec les même effets ? Cherchez, vous trouverez peut-être, à la condition de sortir des idées toutes faites, d’ouvrir les yeux et les oreilles. Le « lamento pauvriste » ne suffit pas à faire progresser dans le bon sens.

                    Au contraire, il donne raison à Lamy et au FN, finalement.

                    1. Ouvrir les yeux et les oreilles @ Françoise (et Clément pour info)
                      Essayez de dialoguer Pierre et Françoise, cela devient fatiguant à lire !

                    2. Ouvrir les yeux et les oreilles @ modérateur
                      Cher Modérateur,

                      Mais, dialoguer, nous ne faisons que cela, rudement peut-être, mais courtoisement. 🙂
                      Bien cordialement, PIERRE

                    3. Ouvrir les yeux et les oreilles @Francoise et Pierre
                      Juste une remarque qui se veux constructive
                      Pour quoi garder le travail c’est à dire les heures travaillées comme clé de répartition des richesses,produites. Ce qui induit la question à quoi sert le travail de nos jours? L’exemple ,des caisses automatiques des supermarché s est éclairante,

                    4. Ouvrir les yeux et les oreilles @Noël Beda
                      Tout dépend de quel travail on parle, Noël.
                      Le travail subordonné est une aliénation et on le voit à différents postes, tous secteurs d’activité confondus. Parce que le salaire dépend de l’emploi et non du travail.

                      Mais le travail libre que vous faites par passion, sans obligation, par volonté de participer à la vie sociale, au mieux-vivre ensemble, c’est quelque chose de structurant et d’épanouissant. C’est un lieu de partage, de coopération, d’expériences enrichissantes au plan humain, émotionnel, relationnel.

                      Demandez à un artiste, à un chercheur, à un retraité passionné par le bricolage, un sport, son jardin, une association humanitaire et qui y passe des heures jusqu’à parfois tomber de fatigue, s’ils considèrent que leur travail leur coûte, les écrase…Ils vous répondront tous, que certes, c’est énergivore mais que c’est tellement une passion pour eux qu’ils le vivent très bien.
                      La mutation que nous devrons opérer à très court terme, c’est passer tous à un travail libre et non plus à un travail subordonné et alimentaire.
                      D’où l’idée du revenu universel tout au long de la vie proposé par Bernard Friot lié non à un emploi subordonné mais à un travail libre et à des cotisations sociales. C’est pourquoi il recommande la disparition de la propriété lucrative qui créée de fait l’aliénation pour favoriser la propriété d’usage. L’idée est je trouve très intéressante même si elle va appeler des mutations qui n’iront pas de soi en terme de comportement, de considérations, d’échanges…

                    5. Ouvrir les yeux et les oreilles @Françoise
                      Je suis d’accord avec vous , mais il faut alors distinguer
                      -le travail : toujours aliénant , moyen de subsistance
                      -l’ouvrage: moyen de réalisation personnelle dans le cadre de la société
                      St Exupery dans Citadelle a écrit de fort belles pages à ce sujet.Il y voit dans l’échange entre l’homme et son œuvre une forme d’immortalité.
                      Cordialement
                      NB

                    6. Ouvrir les yeux et les oreilles @Noël Beda
                      Si vous mettez sur le travail un sens aliénant et de subsistance, effectivement le terme de travail libre peut vous gêner.
                      Pour moi, le terme de travail ne se raccroche pas à une aliénation ni à une nécessité de subsistance. Il se raccroche à la mise en oeuvre et en action d’un savoir et des compétences techniques qui ne dépendent pas forcément d’une subordination ni d’une fonction alimentaire.
                      Par contre le terme d’emploi est pour moi lié à l’exploitation de l’homme par l’homme mais aussi au salaire de subsistance.

                      L’ouvrage n’est pas forcément un chef-d’oeuvre, même si l’on a tendance aujourd’hui à raccrocher le chef-d’oeuvre au terme ouvrage.

                      Mais je suis d’accord avec St Ex sur l’idée de transcendance qui se dégage de la création d’une oeuvre. Je dirais que c’est grâce à une disponibilité totale et infinie, une sorte d’harmonie profonde et de réceptivité de l’espace et du temps qui se met en place au moment de la création, que s’opère l’impression d’immortalité.
                      Cordialement également.

                    7. Ouvrir les yeux et les oreilles @Francoise
                      Je le prenais juste dans son sens étymologie qui se repporte à la torture. Je précise aussi que pour moi ouvrage n’est pas toujours en chef d’oeuvre ! Hélas!!
                      Hormis ces minuscules points de sémantique un peu abscons nous sommes sur la même ligne.
                      Cordialement
                      NB

                    8. Pour vous répondre @ Pierre
                      Je ne vous pense pas du tout ignare, Pierre.
                      Loin loin de là. Mais je trouve votre raisonnement fallacieux en prétendant que pour couper l’herbe au FN, il faut faire travailler les chômeurs à 1 euro et donc au final détruire le salaire minimum pour tous. Ce que vous pensez pouvoir aider la population la plus pauvre est en réalité le moyen d’augmenter la misère, non seulement des bénéficiaires actuels du RSA, mais de l’ensemble des salariés français.

                      Je suis au SMIC sec et même en dessous, Pierre.
                      Donc plus que concernée par la situation salariale que vous précisez.
                      Je ne vis pas du tout dans un milieu protégé, en quoi que ce soit.
                      Et je paie des impôts malgré ma précarité tous les ans, malgré mon peu de revenu. Pour autant, je ne vote pas FN. Je ne mets pas l’accusation de ma misère perpétuelle sur le dos des bénéficiaires du RSA et des aides sociales auxquelles je n’ai pas droit.
                      Mon compagnon qui a pris un congé parental paternel n’est toujours pas indemnisé par la CAF et je n’ai toujours pas l’aide de la PAJE pour payer la nounou de ma petite fille alors que ça fait près de 2 mois que j’ai renvoyé le dossier signé et dûment rempli à la CAF. Ce qui fait que je verse actuellement à la nounou la quasi totalité de mon salaire mensuel. Ce qui fait que je travaille pour payer la nounou, même pas pour ma propre autonomie financière. Vous voyez le tableau? Et pourtant je ne suis pas tentée d’accuser les étrangers, ni plus pauvres que moi.
                      Il se trouve que la PAJE n’existe plus au plan local par volonté politique et ce depuis des années (suppression de ce service public au plan local) mais dans un seul et unique centre en France, soit au Puy en Velay. Tous les dossiers nationaux d’aide y transitent. Il faut donc plus de temps pour les traiter, un seul centre ne pouvant suffire à tout. Total des courses, moins d’aides sociales versées aux jeunes parents puisque les dossiers ne peuvent être traités en temps et en heure. Et impossibilité de pouvoir contacter la PAJE qui vous renvoie à la CAF locale au niveau des plaintes.
                      Vous voyez comment on décourage politiquement les citoyens de demander des aides sociales et donc d’être plus écrasés économiquement?

                      Tout ça pour vous dire que je sais identifier les vrais responsables de ma situation, à savoir un système capitaliste libéral bancaire et multinationales, système qui exerce un chantage à l’emploi permanent, supprime tout service public parce que gratuit et système qui lie le salaire à l’emploi et non au travail, ce pour faire un max de profit sans aucune reversion et ce pour diminuer toujours plus les cotisations sociales patronales, cotisations sociales qui permettent de financer nos hôpitaux et notre accès à des soins de santé dignes, permettent de financer la santé et la retraite des personnes âgées.
                      Ce n’est pas parce que le FN prétend que les profiteurs sont les chômeurs alors que c’est archi faux (vous le reconnaissez vous-même), qu’il faut suivre Pascal Lamy qui voudrait mettre les chômeurs à des petits boulots payés à 1 euro de l’heure. On ne peut pas invoquer le FN pour légitimer la destruction du salaire minimum et du droit du travail. Vous avez l’exemple de l’Allemagne qui a mis en place ce système de petits boulots et qui voit année après année le niveau de la misère sociale augmenter puisqu’en l’absence d’un salaire digne, de plus en plus d’Allemands se retrouvent dans la grande misère, même avec ces fameux petits boulots.

                      Vous me demandez pourquoi les ouvriers ont abandonné le vote communiste pour le vote FN? C’est simple. Quand le parti communiste a fait coalition avec le parti socialiste en 1981, c’était pour un programme politique et économique qui allait dans la suite des acquis du Conseil National de la Résistance. Or en 1984, Mitterrand déclare la fin du programme de gauche initialement voté et se lance à nouveau dans les privatisations de tous les moyens de production mais aussi de ce qui appartenait aux services publics. Les banques nationalisées parce qu’auparavant collaborationnistes de Vichy, sont à nouveau privatisées. Ce qui correspond à un ralliement socialiste à la politique libérale américaine au plan européen. C’est à dire à un abandon d’une quelconque politique de gauche.

                      Les ouvriers comme les gens modestes, voyant quand même le parti communiste rester au côté du parti socialiste malgré cette trahison, ce simplement pour se maintenir au pouvoir, ont donc pensé qu’il fallait miser sur un autre cheval et le FN avec son discours simpliste et séparatiste et xénophobe a été bien accueilli car présentant un bouc émissaire facile, à savoir pauvres et étrangers. Mais en réalité au même moment où le FN rallie les votes populaires déçus, il signe des accords au plan européen pour entériner la politique économique libérale. Et c’est pareil pour toutes les extrêmes droites européennes.
                      Donc le discours du FN au plan économique est non seulement inspiré par le fascisme, la xénophobie, le racisme mais aussi est une sinistre blague puisque ce parti dans ses deux représentants principaux, JM le Pen et sa fille Marine, a signé pour perpétuer la politique ultra libérale au plan européen comme national et ce depuis le début de leur investiture comme députés européens.

                      Pourquoi le FN monte et qu’il ne représente plus un réel danger pour les politiques socialistes, UMP et autres centristes?
                      Parce que les socialistes, les partis de droite savent bien que ce parti extrémiste poursuivra la même politique économique qu’ils pratiquent déjà eux.
                      Par contre, le FN et l’extrême droite en général constituent pour les partis traditionnels socialistes et UMP néolibéraux un bon épouvantail au plan du discours. Et réellement pour se maintenir au pouvoir, les socialistes comme l’UMP ont depuis 1984, besoin du FN pour se renvoyer mutuellement le pouvoir en alternance, tout en perpétuant la même politique de destruction sociale, sans aucune protestation citoyenne. Puisque les gens restent persuadés que les socialistes et l’UMP font une politique économique différente alors qu’elle est exactement la même. Et on peut dire que la gauche socialiste peut même faire plus en matière de destruction sociale que l’UMP, puisqu’à l’origine le PS est censé être plus progressiste, plus proche des citoyens de base. Pour ce faire, le PS va mettre en avant quelques démarches réellement sociales (actuellement le mariage pour tous, la défense de l’IVG et la contraception) pour pouvoir avoir les mains libres pour imposer sans une quelconque opposition populaire, une destruction des droits sociaux.
                      Si vraiment le parti socialiste actuel faisait une politique économique de gauche, croyez-vous qu’il maintiendrait la T2A et les protocoles de destruction des droits à se soigner décemment? Croyez-vous qu’il aurait maintenu la destruction du système de retraites par répartition?
                      Moi je sais bien que non.
                      Mais le parti socialiste ne souhaite pas faire une politique économique différente de celle de la droite. Hollande vous répondra qu’il a la pression au G8, au G20, à Bruxelles, que ce soit par les groupes de pressions ultra libéraux américains comme de l’Allemagne de Merkel. Et qu’il va céder, courber l’échine parce que c’est la solution de facilité et que de toute façon, à partir du moment où il applique la politique décidée par l’Allemagne et les US en France, il percevra lui et son parti des promotions, des avantages divers et variés. Donc s’il reçoit des récompenses, il serait bien bête de faire une politique de gauche et réellement sociale, qui l’isolerait des autres pays européens et des grandes puissances économiques.

                      Voilà pourquoi nous sommes toujours les dindons de la farce quel que soit le parti au pouvoir. Et ce serait la même chose avec le FN avec en plus, un régime fasciste néo-nazi.
                      Tant qu’aucun parti politique ne déclare réellement la guerre à la finance, tant qu’il continue au pouvoir à privatiser et à promouvoir la concurrence libre et non faussée, rien ne peut changer. Il faut vraiment changer d’optique politique. Et nous en avons les moyens. Nous avons syndicalement commencé depuis la fin de la seconde guerre mondiale à mettre en place plus d’égalité. Nous pouvons donc syndicalement et politiquement renverser la vapeur. Ce qui veut dire réclamer et se battre pour plus de cotisation, plus de droits du travail au plan syndical, combat qui a été hélas abandonné par la plupart des syndicats, ce que je trouve particulièrement dommage.
                      Tant que les citoyens dans leur ensemble n’auront pas compris ça, non seulement ils seront toujours plus pauvres, mais se feront avoir par les politiques y compris FN.

                    9. Ouvrir les yeux et les oreilles @ Françoise (et Clément pour info)
                      @ Pierre Mabire qui écrit : Comment expliquez-vous par exemple que l’électorat populaire et ouvrier qui votait communiste jusqu’aux années 1980 vote maintenant et massivement pour le FN ?

                      c’est de la désinfo !

                      91% des ouvriers ne votent pas pour le Front national ! …..ils s’abstiennent de plus en plus !

                      http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/91-des-ouvriers-ne-votent-pas-pour-111199

                    10. Vote ouvrier @ Theo.brun
                      Théo.brun

                      Le site « Agoravox » est une tribune citoyenne. Chacun a la possibilité de dire tout est son contraire.

                      Désinfo dites-vous, sans autre explication.
                      Il faudra bien que vous regardiez en face les résultats électoraux sous la Vè République qui font apparaître l’existence de vases communicants électoraux avec le PCF et le FN aux deux bouts.
                      Quelques dates :
                      1969. De Gaulle a quitté l’Elysée. Le PCF, avec Jacques Duclos, réalise 21,3% des suffrages. Le PS (SFIO), avec Defferre 5%.
                      1974 : Election présidentielle précipitée par le décès de G. Pompidou. Le PCF ne présente pas de candidat, et soutient Mitterrand qui réalise 43,2%, tandis que Le PEN obtient 0,75%
                      1981 : Le candidat du PCF est Georges Marchais qui obtient 15,3%, tandis que Mitterrand (PS), réalise 25,8%. Le FN est absent du scrutin.
                      1988 : Le PCF présente André Lajoinie qui réalise 6,76%, enregistrant le plus faible score du PCF depuis près de 20 ans. Mitterrand a réalisé 34,11%. Le Pen est à 14,38 %
                      1995 : Le PCF, avec Robert Hue, remonte légèrement à 8,6%, tandis que le candidat PS, Lionel Jospin plafonne à 23,3%. Le Pen est à 15%.
                      2002 : Jospin recule encore : 16,2% et se fait doubler par Le Pen (16,9%) tandis que Robert Hue (PCF) plonge à 3,7%.
                      2007 : Le PCF est marginalisé, avec M.G. Buffet (1,93%). Ségolène Royal se défend au 25,9%, tandis que Le Pen maintient le FN à 10,44%.
                      2012 : Hollande porte le score du PS à 28,6%, tandis que Mélenchon (PG) soutenu par le PCF obtient 11,1%, et Marine Le Pen (FN) atteint cette fois 17,9 en opérant une forte ascension.

                      Oui, au fil des scrutins, il y a une poussée de l’abstentionnisme, mais dans toutes les catégories sociales. Mais cela n’explique certainement pas la dégringolade vertigineuse du PCF. Comment expliquez-vous, par exemple, la conquête de villes du Nord – Pas-de-Calais – traditionnellement à Gauche, soit par la droite, soit par l’extrême-droite, sinon qu’un grande partie du vote ouvrier s’est déplacé dans cette direction là.
                      Les données que j’apporte ne sont pas sortie d’une tribune d’opinions, mais tout simplement du site du Conseil Constitutionnel http://www.conseil-constitutionnel.fr/, qui est ouvert à tous les citoyens.
                      Sauf erreur involontaire de ma part lors de la transcription, la vérité est là. Dur à avaler, certes, mais c’est bien celle-là.

            2. SMIC @ Clément
              Clément,
              Dites en quoi ce que je dis mérite correction « grave ». Vous aussi auriez-vous des lunettes mal ajustées ?

              Bien amicalement, PIERRE

          2. Grave @ Françoise et Clément
            Françoise et Clément;

            Je suis désolé, mais mon ordi s’obstine à ne pas ouvrir les fichiers youtube.

            Si vous le voulez bien, relisez mes contributions. Je n’ai jamais soutenu Lamy dans son idée d’aligner les salaires sur le bas et d’en finir avec un salaire minimum légal.

            La seule idée que je partage avec lui, c’est que la rémunération doit être le fruit d’un effort, en l’occurrence, le travail, ou un service à la collectivité. Cela ne signifie pas pour moi qu’il faille déréglementer la rémunération du salariat.
            Il faut avoir conscience que cette question n’est pas anecdotique.

            Elle pèse très lourdement dans la pensée populaire, avec un véritable conflit au sein même des catégories sociales les moins favorisées, je veut parler des salariés à bas revenus (SMIC et dans les tranches à +10 ou 15%) et des assistés sociaux. Ce conflit est très largement attisé par l’extrême-droite qui ne cesse d’accuser la catégorie des assistés de puiser dans la poche des Smicards et des catégories sociales intermédiaires.
            D’où, vous le voyez bien de scrutin électoraux en scrutins électoraux, une progression continuelle du FN. Nous ne sommes plus qu’à quelques marches d’une « révolution brune ».

            Lorsque Lamy dit « Mieux vaut un petit boulot que pas de boulot du tout », il parle comme tous ceux qui redoutent de se retrouver dans la catégorie des assistés, tout en dénonçant ces derniers qui – et c’est une réalité – disposent parfois de ressources supérieures au salaire des Smicards en allocations et aides financières diverses.

            Cela ne veut pas dire, dans ma pensée, qu’il faudrait réduire l’effort de solidarité, mais probablement le conditionner à un effort envers la collectivité. CE qui aurait plusieurs effets : démarginaliser les allocataires, réduire le conflit entre les catégories sociales (fin des boucs émissaires si chers au FN), renvoyer l’extrême-droite à ce qu’elle est véritablement – non fréquentable électoralement.

            Enfin, c’est le modèle Européen qui a recomposer entièrement.
            Actuellement, la crise sociale que nous traversons, avec une montée record du chômage, est due à une crise économique interne aux pays de l’Union Européenne (UE). Les pays de l’ancien glacis de l’Est qui nous ont rejoints pratiquent un véritable dumping social.

            L’absence de droit social et de salaire minimum légal communs aux pays de l’UE creuse des inégalités criantes de coût du travail. D’où le bricolage auquel nous sommes astreints dans la guerre de la compétitivité : réductions des cotisations sociales qui seront inexorablement « fiscalisées » pour ne plus peser sur les entreprises, blocage des pensions, réductions des remboursements médicaux, etc.

            Cela ne pourra être corrigé que par une Europe recomposée politiquement, fédérale, avec un gouvernement issu des urnes, avec des lois sociales communes pour tous.

            Taper sur Lamy sur la simple question du SMIC et de sa suppression n’a aucun sens si on n’y ajoute pas le reste. C’est ce qui a fortement manqué à l’émission de Daniel Mermet qui en resté au stade de la dénonciation et manque à l’article qui a initié ces échanges.

            Dénoncer, cela, tout le monde sait le faire. Mais retrousser les manches pour proposer et construire, on ne trouve plus grand monde.

            Sauf le monde de la finance qui s’en fiche de tout cela car la spéculation financière – sur les valeurs boursières comme sur les matières premières – ne s’embarrasse ni des Etats, ni des frontières. Y compris en France sous gouvernement socialiste, malgré les paroles enflammées contre « l’argent de la finance » prononcées par le candidat Hollande dans son discours du Bourget.

            Ce n’était qu’un leurre à capter des voix. Grave.

            Amicalement, PIERRE

            1. Grave @ Pierre
              Si votre ordi a des problèmes avec Youtube, alors allez sur ce lien pour visionner des extraits du même documentaire d’Arte: La fabrique des pauvres de Lourdes Picareta. Même discours en Allemagne il y a quelques années que ce que nous sert actuellement Lamy. Mêmes injonctions, mêmes justifications que les vôtres…pour aboutir à quoi? Une énorme augmentation de la pauvreté.

              http://www.lesauterhin.eu/?p=1969

              Mermet ne fait pas que dénoncer. Ca fait quelques années qu’il travaille avec différentes personnes, économistes comme Frédéric Lordon, Bernard Friot, acteurs sociaux, éducateurs issu du monde socio-culturel et de l’université populaire, à montrer justement qu’il y a des solutions alternatives.

              Voir par exemple la conférence de Franck Lepage et Gaël Tanguy sur le thème du travail.

              Bon je sais, c’est sur youtube, vous pourrez pas le voir, mais si ça vous intéresse réellement, vous pouvez vous acheter le dvd de la conférence sur le site de la SCOP le Pavé.

              http://www.youtube.com/watch?v=cqIcOaKAX4k

              Vous avez aussi Bernard Friot qui montre dans son ouvrage « l’enjeu du salaire » le chantage permanent exercé sur les citoyens par les politiques de tous bords, conditionnant le salaire à l’emploi et non au travail.
              Et il montre comment avec un revenu universel à vie, le salaire peut véritablement être lié au travail.

              http://www.ies-salariat.org/spip.php?article131

              Vous avez aussi les démarches aussi bien politiques que sociales et économiques engagées par ATD Quart Monde tant en France qu’à l’étranger.

              http://www.atd-quartmonde.fr/

              Avec tout ça, on est loin, aux antipodes de la pensée de Pascal Lamy et de sa vision ultra libérale.

              1. Grave @ Françoise
                Françoise,

                Merci pour cette avalanche de liens.
                Mais je vous parle d’une émission seulement, celle entendu sur Inter. Le problème des petits boulots mal payés était l’unique sujet de cette émission, avec des témoignages et d’excellents reportages. Et en toile de fond, revenant toutes les 3 minutes, les paroles de P. Lamy : « Mieux vaut un petit boulot que pas de boulot ». Mais ça n’allait pas plus loin.

                Je ne sais pas votre expérience personnelle. La mienne est celle d’une personne ayant parcouru le monde (presque) entier à un moment de ma vie, ayant eu la possibilité d’approcher l’immense dénuement et la misère profonde, sans espoir au bout du chemin pour ces familles entassées dans les bidonvilles à perte de vue, sinon celui d’être encore en vie le lendemain. Depuis, tout a empiré.

                Je fais partie de la minorité de cette planète à n’avoir jamais expérimenté les douleurs de la famine, à pouvoir boire de l’eau saine autant que je veux, à recevoir des soins médicaux autant que la science peut en fournir. A avoir autant d’enfants que je le souhaitais sans peur du niveau de mortalité infantile. Vous aussi.
                Merci pour vos propositions de lectures.

                Mais faites cependant un effort pour comprendre ce que j’écris clairement et sur lequel vous ne réagissez pas.

                Il s’agit du ressenti d’injustice qu’éprouve très fortement une partie de la population sur la ligne bordant le monde des salariés au SMIC et le monde des assistés sociaux. C’est sur cette ligne là que prospère le FN qui attise les antagonismes.

                Je crois beaucoup à la valeur du travail et d’un effort à fournir pour percevoir un revenu – une allocation en cas de non-emploi. Cela peut être dans le secteur associatif, la sécurité civile, les collectivités publiques, que sais-je encore. Ca couperait l’herbe sous le pied à Lamy pour développer sa théorie sur la suppression du SMIC, et couperait aussi l’herbe sous le pied au FN qui n’a de cesse de fustiger les allocataires du chômage et/ou du RSA les accusant de coûter trop cher – surtout s’ils ont la peau tannée.

                Le nouveau patron du PS, J. CH. Cambadélis est très proche de ma position, lui qui milita naguère au « parti de travailleurs », très à gauche. Il pense aussi que la gauche a trop laissé filer sur la valeur du travail, s’est trop contentée à faire de la redistribution à outrance, mais avec l’effet pervers de ghettoïsation des allocataires sociaux. Son ITV donné au « Monde » d’hier est très instructive.

                Après avoir lourdement critiqué les « zones franches » dans les quartiers en difficultés, la ministre Najat Vallaud-Belkacem mesure l’importance de mettre l’emploi au coeur des cités ou le chômage atteint des sommets inavouables. Elle était cette semaine dans les quartiers Nord d’Amiens (où elle a d’ailleurs vécu) et envisage des mesures d’exception pour que les entreprises s’y implantent.

                On est loin du CAC 40, mais proche des réalités du terrain. Il n’y a que cela qui compte finalement.

                1. Grave @ Pierre
                  Mon expérience, c’est la précarité depuis que je travaille. Oiseau sur la branche. Je viens pourtant d’une famille qui vivait bourgeoisement sans souci.
                  Je suis donc ce qu’on appelle une déclassée, donc je sais ce que c’est que d’avoir eu faim, froid, être sans le sou, même avec quelques aides sociales. Je sais ce que c’est que le chômage, la peur du lendemain, se coucher la faim au ventre, ne pas pouvoir payer une mutuelle, repousser des rendez-vous médicaux pourtant urgent, ne pas pouvoir avancer d’argent pour certains médicaments…plein de trucs comme ça.
                  Je n’ai pas voyagé comme vous, mais j’ai comme qui dirait un gros vécu.
                  Non seulement j’ai côtoyé la misère, mais je l’ai vécue à une période de ma vie et je reste précaire dans tous mes jobs. Je sais que je n’aurai pas de retraite, qu’il me faudra sur mes vieux jours tirer le diable par la queue comme je l’ai fait durant toute ma jeunesse.
                  Je suis la première génération de ma famille qui vivra aussi difficilement que ma grand-mère née en 1898. Et croyez-moi, ça ne me fait pas spécialement plaisir. Je n’ose même pas penser à ce qui attendra ma petite fille lorsqu’elle sera adulte. J’espère que d’ici là, ma génération se sera suffisamment battue pour faire un nouveau Front Populaire pour qu’elle évite de vivre ce que moi j’ai vécu et ce que ma mémé a vécu voire pire.

                  Je vois depuis les années 80 augmenter la misère partout autour de moi.
                  Des déclassés, j’en croise tous les jours. Des miséreux aussi. Et non, on ne vit pas sur un grand pied avec des aides et un RSA.
                  Mais le croire, permet à un certain nombre de gens peu informés, vivant la flexibilité permanente, de disposer d’un défouloir gratuit et facile.

                  Tant que les smicards tapent sur les chômeurs, ils ne regardent pas le détricotage politique du droit du travail. Et c’est le cas actuellement avec le dernier rapport commandé ces jours-ci par Hollande et rendu public. L’objectif est clairement de flinguer le droit du travail et les droits des salariés. Mais en désignant le chômeur comme porteur de tous les maux, exactement la méthode Hartz allemande.

                  Merci qui? Merci Pascal Lamy.

            2. Grave @ Françoise et Clément-bonjour Pierre
              Je vous remercie pour la clarté de votre exposé.
              Je partage les convictions exprimées ici, pour avoir entendu pas plus tard que quelques jours en arrière , la personne qui vient chez nous comme aide ménagère, avoir la même réflexion que ce que vous avez noté, en y ajoutant « tous ces étrangers qui viennent manger la pain des Français, et qui ont plus d’avantages que nous qui travaillons pour essayer de vivre…ça ne peut plus durer, y en a marre… »Cette dame est très courageuse, très travailleuse,en situation précaire depuis des années…avec de très petits revenus…elle se démène avec un grand courage…hélas cela ne suffit pas pour qu’elle vive normalement de son travail!
              Efté

              1. Grave @ Efté
                Hello Efté,

                Enfin une personne qui sait lire et comprendre… pourtant, je suis clair dans mes explications, non ? Merci Efté…. 🙂

                Maintenant, je propose qu’on fasse la liste des gens bien pensant (de gauche) qui paient leur femme de ménage « au black »… et font des discours longs comme ça sur l’idéal social. Je n’en connais que trop.

                Hum, je me mêle de ce qui ne regarde pas !

                Amicalement, PIERRE

              2. Grave @ Efté,Françoise,Clément,Pierre
                Je confirme les propos d’Efté et ceux de Pierre concernant ce qu’il est possible d’entendre. J’ajoute que cela ne date malheureusement pas de ces derniers mois. Bien au contraire, le phénomène n’a fait que s’amplifier et croître en violence.
                De la même façon, la parole politique des partis jusqu’alors considérés comme démocratiques et de gouvernement n’a fait qu’encourager ces haines. Car il s’agit bien aujourd’hui de haines.
                Et la parole de ces petits salaires et même des travailleurs pauvres, rencontre la parole de pas mal de chômeurs qui disposent de coupables désignés.
                Il me semble avoir déjà cité cet exemple mais…
                Une jeune femme d’environ 32-35 ans, mère d’une petite fille qu’elle traite en adulte, au chômage depuis 7 ans, parvient à considérer qu’une autre jeune femme, mère d’un petit garçon, qui vit dans le même immeuble, lui arrache le pain de la bouche et dispose de toutes les facilités. Il faut dire que cette autre femme est… mais si, bingo : noire africaine. Cette dernière accepte les ménages, les horaires décalés, etc. sans se plaindre. Jamais elle n’a eu une parole de haine envers cette voisine. Elle ne dispose pas de moyens extraordinaires et c’est surtout la solidarité qui est son moteur.
                L’autre jeune femme a bénéficié, de son côté, outre des aides habituelles, d’un financement pour un voyage en Angleterre, afin d’aller voir sa sœur, d’une prise en charge de ses cours de conduite et de code, jusqu’au permis. Je sais qu’elle a refusé plusieurs offres d’emploi en avançant des problèmes physiques. Et c’est cette jeune femme qui considère qu’on lui arrache le pain de la bouche.

                Où trouver une réflexion raisonnable dans tout cela ? Quelle pédagogie employer et quelle parole est-elle susceptible d’atteindre une personne qui considère la vie sous cet angle ? Ceci aussi est un fait. Et malheureusement pas isolé. Il y a une faillite d’une pédagogie, d’un enseignement et de la société en l’espèce.
                Aussi il serait plus que temps que la parole politique se police et change, sans quoi la société va continuer à entretenir ce type de comportement mortifère. Car de toute évidence, cette jeune femme ne vit de toute façon pas bien. La seule chose qui l’empêche de voter FN, c’est le fait qu’elle ne soit pas inscrite et que globalement, elle n’ait à peu près aucune conscience politique.

                Et face à toutes ces personnes, pour d’autres raisons certes, il ne faut pas se leurrer, les prochain-e-s accusé-e-s sont les classes moyennes (basse et moyenne) et bien sûr, les classes moyennes hautes, lesquelles sont plus accessibles immédiatement que les grandes fortunes, les financiers et autres banquiers.

                1. Grave @ Nathalie
                  La dame dont vous parlez souffre de xénophobie et de racisme.
                  Car si sa voisine avait été blanche et française, même précaire, elle n’aurait jamais rien dit contre elle.
                  Dans la population des chômeurs bénéficiaires des minimas sociaux, vous avez un certain nombre de personnes qui sont tellement usées par la misère à la fois matérielle, morale, éducative, qu’ils se révèlent inaptes à pouvoir tenir dans un travail classique. Pour une majorité de ces personnes, il faudrait déjà un suivi psy et médical prolongé pour ne serait-ce que soigner toutes les blessures, les blocages accumulés par trop de misère et d’exclusion.
                  7 ans de chômage…c’est énorme. Vous qui comme moi êtes précaire, et savez ce que c’est d’être au chômage, comme ça peut vous démolir intérieurement et très vite, mesurez à quel point cette femme doit être brisée psychologiquement, socialement, donc en grande difficulté aussi pour élever sa petite fille, qu’elle va parentifier comme bien des adultes submergés par les difficultés le font. Il n’est donc pas surprenant qu’elle ait eu besoin de dire du mal à sa voisine précaire. La misère rend misérable à tous points de vue.
                  Si vous prenez les deux femmes dont vous parlez, aucune ne vit bien ni dignement ni décemment. Toutes les deux survivent. Mais comme tout un chacun, l’une va trouver l’énergie suffisante pour continuer à travailler, l’autre n’a plus le socle minimum de sécurité intérieure pour pouvoir le faire.
                  Est-ce un crime? Non.
                  Par contre nos politiques aiment à criminaliser la pauvreté pour mieux contraindre l’ensemble de la société dans une position d’esclave corvéable à merci. Regardez la perte de pouvoir d’achat d’une bonne partie des français.
                  Je lisais l’autre jour dans la Tribune, que plus de 50% des français n’ont aucune épargne, aucun bien immobilier et vivent au jour le jour. Tandis que 1% des français détiennent plus de 50% des capitaux financiers et du patrimoine immobilier…Ca laisse rêveuse, non?

                  1. Grave @ Françoise
                    Parce que je suis précaire, précisément, je n’ignore pas tout ce dont nous parlons les un-e-s et les autres ici.
                    En revanche, je peux vous affirmer une chose avec la plus grande des certitudes, c’est que certes, dans l’exemple que j’ai cité, la couleur de peau joue un rôle de marqueur, ce qui permet d’ajouter la dimension xénophobe, mais en tout état de cause, l’autre femme aurait été blanche, la réaction aurait été la même.
                    La solidarité entre pauvres, ou déclassés, etc. est extrêmement relative. Et on ne peut occulter une spécificité de la nature humaine consistant à envier l’autre dès qu’il semble avoir quelque chose de plus, que cela relève de l’illusion, du fantasme ou pas.
                    Ce que j’ai décrit est un trait de caractère de la jeune femme. Elle elle n’est pas si isolée que cela dans son fonctionnement. Et ceci aussi est un problème à prendre en considération dans l’analyse générale. C’est une donnée qu’il faut intégrer à la réflexion qu’il convient de mener.
                    La jalousie, l’envie est une donnée incontournable, quel que soit le statut social. Et elles deviennent intolérables, évidemment, à ce niveau là de la société. Mais c’est un fait.

                    Nous pouvons évidemment, considérer qu’il y a des injustices à régler. Il serait complètement idiot de dire le contraire. Mais nous devons aussi considérer qu’il y a toute une éducation à faire et une humanité à faire progresser. Car aucune de ces deux femmes ne peut prétendre avoir moins que l’autre. Et pourtant, l’une d’elle ne vit que dans l’aigreur, tout en ne manquant d’absolument rien d’essentiel au moins matériellement, ce qui je le sais parfaitement, n’est pas tout, alors que l’autre a décidé de laisser l’aigreur à qui voulait vraiment s’en repaître.

                    Par ailleurs, une démarche psychanalytique ou psychiatrique est un acte volontaire. Si l’on n’y souscrit pas, il n’y a aucun effet thérapeutique à en attendre. C’est aussi une démarche de long terme et le long terme est un temps que l’on ne se donne plus et qui n’est parfois tout simplement pas possible à envisager quand il s’agit de situations de survie.
                    Croyez-vous véritablement que tous ces gens se sentent ou s’imaginent psychologiquement malades ? Et croyez-vous que nous disposions du personnel médical suffisant et nécessaire ? Sans compter le nombre d’écoles qui s’affrontent…
                    Le malaise, le mal être sont une chose, bien connue d’ailleurs, dès que l’on parle chômage et précarité. Mais il y a tout l’au delà de ce qui peut n’être qu’un moment transitoire. Et à ce compte, c’est quand même à peu près toute la population qui devrait être sur le divan.
                    Je suis pour ma part plus favorable à des études collectives et une proposition de diagnostic plus générale qui permettrait à la population de décrypter ses propres comportements. Mais là encore, cela suppose une capacité et une volonté de compréhension et l’émergence d’une nouvelle élite intellectuelle qui nous change un peu des déclinistes dont, au demeurant, le caractère d’élite reste extrêmement discutable. Et malheureusement, il est de bon ton dans ce pays, comme dans d’autres finalement, de considérer que l’intelligence doive être disqualifiée au profit de l’émotion populaire, la longueur de temps au profit de l’immédiateté et la réflexion au profit de la consommation.

                    Quoi qu’il en soit, nous ne pouvons pas faire l’économie de la prise en considération de ce genre de moteur que sont l’envie et l’aigreur dans la sclérose de la société et dans le refuge dans les extrêmes. Et nous devons trouver des remèdes rapides, lesquels n’ont pas forcément tout à voir avec la situation économique actuelle. Il y a des modes de fonctionnement profondément ancrés dans nos cultures et nos habitus.

                    Ce qui fait que le combat, mais aussi la dénonciation des pratiques, est véritablement à mener sur plusieurs fronts et non pas sur un seul.

                    1. Grave @ Nathalie
                      Il suffit parfois d’un seul petit élément d’équilibre pour faire la différence au plan du comportement et des attitudes. Si vous avez dans votre entourage des personnes qui vous aident à vous structurer psychologiquement et affectivement, créent autour de vous un réseau d’entraide, d’échange, de sécurité, vous allez pouvoir trouver en vous les ressources nécessaires pour dépasser la précarité, les conditions difficiles d’existence. Mais si depuis plusieurs générations votre famille vit la misère et pas simplement matérielle mais morale, que vous baignez dans une atmosphère déstructurante, que vous n’avez pas eu accès à suffisamment d’éducation, de culture, vous êtes beaucoup plus facilement submergé durablement, dans une autodestruction et dans une haine d’autrui sans comprendre comment en sortir.

                      J’ai conscience pour ma part que si je n’avais pas eu certains profs, certaines personnes formidables autour de moi, ma passion pour l’art et un certain niveau d’éducation et de socialisation, ma soeur et moi aurions sombré (compte tenu de la violence paternelle) dans le désespoir, la délinquance, des trucs super glauques.
                      Parfois le comportement d’une personne est conditionné par un tout petit facteur d’équilibre ou de déséquilibre qui va vous faire basculer dans un sens positif ou à contrario totalement destructeur et enchaîner les répétitions destructrices.

                      Je pense pour ma part que nos élites pensent beaucoup trop pour les pauvres à leur place et sans la plupart du temps les connaître. Ce qui leur retire toute forme de légitimité de parole, de légitimité sociale et même d’intégrité. Ce qui les réduit au silence, à la honte et à la culpabilité.
                      Je rejoins le père Wresinski demandant justement que les personnes en difficulté puissent prendre la parole pour se dire et revendiquer des droits, du respect, de l’écoute. Parce que cela est le meilleur moyen de désarmer la violence que constitue la pauvreté extrême, la misère.
                      La démarche d’ATD est de ce point de vue assez géniale et productive.
                      Si vous allez visionner les prises de parole des membres du collectif, tous pauvres à très pauvres, vous serez étonnée de la qualité des échanges et des propositions.

                      Concernant la prise en charge psy, elle devrait de mon point de vue être accessible à tous et faire partie d’une éducation à la conscience de soi et des autres. Au sein des universités populaires comme Vincennes, vous aviez des psys qui venaient dispenser des cours et des prises en charge pour tous quel que soit leur situation de vie, leur âge, leur profil pro, personnel…et je trouve ça très intelligent et très constructif.
                      Mais vous savez comme moi que l’éducation populaire a toujours fait peur aux pouvoirs politiques. Si l’université populaire de Vincennes a été démolie et fermée par Giscard, c’est justement par peur qu’il y ait trop d’enseignements supérieurs (droit, psy, philo, socio, éco) dispensés aux pauvres qui auraient pu alors se révolter contre les pouvoirs politiques.
                      D’où la ségrégation pour sinon accéder du moins sortir diplômé du supérieur.
                      D’où les difficultés de prises en charge sociale et psy qui ne peuvent se faire efficacement que si les gens ayant besoin d’aide sont suffisamment informés sur ce qui existe.

                      La société changera non par le changement des élites (ne rêvons pas) mais par l’éducation populaire pour tous en parallèle à l’éducation scolaire. Ce qui veut dire des enseignants militants pour éduquer au syndicalisme, à la psy, à la philo, à la socio, au droit, aux sciences politiques…

              3. Grave @ Efté
                Précaire depuis quasiment le début de ma carrière, payée 10 mois sur 12 et non payée durant les vacances scolaires, contrairement à cette dame, je ne hurle pas contre les chômeurs. Je ne considère pas du tout que le RSA+ aides au logement permet de bien vivre. Je vois trop de personnes dans cette situation pour savoir que le 15 du mois et encore je suis gentille, entre le loyer, les charges diverses, les bénéficiaires n’ont plus un sou, à fortiori s’ils ont des enfants. Ayant enseigné plusieurs années dans un centre social où la majorité des familles (la plupart du temps monoparentales) relevaient uniquement des aides sociales, je sais bien qu’on ne vit pas décemment d’aides sociales, on survit.

                Penser que les bénéficiaires du RSA et des aides sociales vivent mieux que des gens qui travaillent à temps plein, même précaires, c’est un ENORME fantasme.

                Maintenant c’est clair que tous les politiques sur l’ordre des multinationales, du Medef et de l’UE, veulent détricoter le droit du travail et flinguer le SMIC.

                Donc en dénigrant les chômeurs, prétendant qu’ils vivent très bien sans travailler, ça permet de faire accepter à tous les salariés n’importe quel boulot à n’importe quel prix. La fameuse flexibilité n’est pas prête de disparaître si j’en crois le dernier rapport commandé par notre cher président qui consistera à faire de n’importe quel adulte, un éternel apprenti voué à accepter toute sa vie n’importe quel job à n’importe quel prix, même si ce n’est pas un job décent.
                Ceux qui ont pondu ce rapport vivent avec plus de 10 000 euros mensuels sans compter des voyages, des grands hôtels, les avantages en nature et en paradis fiscaux aux frais du contribuable. Ne connaissent pas le SMIC parce que hauts fonctionnaires, vivant luxueusement et ne comprenant pas ce qu’est la misère, l’exclusion, la faim, les logements insalubres, les marchands de sommeil, les coupures d’électricité, le surendettement, la peur du lendemain, les soins médicaux au rabais, les écoles surchargées et l’enseignement réduit à son strict minimum, les recherches d’emploi quotidiennes, le harcèlement de créanciers, les saisies mobilières…Aucun de ces beaux messieurs dames ne survivrait une semaine à ce régime. Car il faut une semaine pour faire un précaire, et 2 jours pour faire un clochard.

                Je n’ai pas touché ce fond du fond SDF personnellement, mais j’ai suffisamment souffert de la précarité et suffisamment côtoyé de gens très pauvres pour savoir que le discours FN qui rejoint d’ailleurs aussi le discours général politique actuel hormis celui du FDG, revient à dire: chômeur = fainéant= profiteur.
                Je conseille à tous ces gens de vivre un mois avec le RSA et une aide au logement, sans voiture, confort strict minimum dans un immeuble vétuste et après on en reparle…Je prends les paris que leur discours serait après cette expérience, totalement différent.

                Ce discours est tellement tellement facile. Créer un bouc-émissaire détourne l’attention des gens dont les plus modestes, sur des manoeuvres qui visent à détruire entièrement le droit du travail et toute forme de protection sociale et syndicale. Ce type de procédé a toujours aidé les politiques les plus liberticides, les plus violentes. Et c’est toujours cette recette qui prévaut.

                Le pauvre est toujours celui qui est montré du doigt comme générateur de tous les malheurs, les calamités du monde. C’est toujours lui qui doit payer…et s’il ne peut pas payer, on fera payer ses enfants et ses petits-enfants. Je pense en disant ça à ce qui passe en Inde où des petits enfants de 3-4 ans, montent des briques pour rembourser les dettes de leurs parents et grands-parents.

                Aujourd’hui en Europe, de plus en plus d’enfants sont déscolarisés, mis sur le marché du travail dès l’âge de 6 ans, comme petites bonnes chez des particuliers, commissionnaires, apprentis clandestins, vendeurs à la sauvette, travailleurs agricoles. Parce qu’il n’y a plus moyen de vivre décemment, même avec un vrai travail, un vrai salaire, même avec un petit boulot et quelques aides sociales. Et l’on veut encore accroître cette situation…Personnellement, ça me met très très en colère.

                Les étrangers qui viennent manger le pain des français…ça rappelle le sketch de Fernand Raynaud. Faudrait dire à cette dame qui vient chez vous
                que les fameux étrangers ne sont pas ceux qui coûtent le plus cher à la France. Se sont les grandes entreprises et les banques qui spéculent, fraudent et organisent un monde féodal petit à petit où les salariés ne peuvent que se soumettre à n’importe quel travail, à n’importe quel prix, à des conditions d’exercice dangereuses, un quotat horaires élastique, une cotisation retraite trop faible pour disposer d’une retraite…
                C’est ce que devient notre monde non par la faute des étrangers, mais par la faute de nos politiques et des banques et des grandes entreprises.

                Mais c’est sûr, c’est toujours plus commode de taper sur celui qui ne peut pas se défendre que le richard du coin qui roule carrosse et dispose d’un train de vie somptuaire.

                1. Grave @ Efté Bonsoir Françoise
                  Attention je n’ai pas voulu écrire que je partageais cette façon de voir et de parler qu’a la dame qui vient parfois à la maison
                  Mais malheureusement en fonction de ce qu’elle voit et vit et de ce que les gens disent à droite à gauche c’est sa façon à elle,ainsi que son mari qui, invalide à cause d’une maladie orpheline le rendant aveugle , a eu toutes les peines du monde à être reconnu dans l’incapacité de travailler…pour toucher une petite pension à la sortie…
                  C’est donc leur ressenti personnel qu’elle exprime avec parfois une certaine agressivité tournée vers celles et ceux qui lui semblent plus et mieux aidé-e-s que leur couple qui se débat dans des situations très difficiles , sans baisser les bras mais en cherchant des responsables parmi d’autres « pauvres » mieux aidés à ce qui lui semble et elle est loin d’être la seule à penser cela…Que faire?Évidemment que lorsque nous discutons j’essaie de lui faire comprendre que ce ne sont pas ces gens là les responsables..Mais pour elle les Multinationales et compagnie qui se servent sur le dos des travailleurs , elle ne connait pas vraiment alors que des voisins « mieux aidés »(je me répète excusez-moi) et »pas d’ici »comme elle dit , elle les voit tous les jours à côté de chez elle..Voilà une partie de l’explication de ses ressentis et de sa colère réelle.
                  Efté

                  1. Grave @ Efté
                    Ce que vous dites est tout à fait vrai. Il faut comprendre au premier chef que les gens ne cherchent pas des responsables à l’autre bout de la planète ou du pays. Ils ont besoin d’en avoir sous la main sinon ils perdent toute impression de maîtrise, si faible soit-elle, sur leur propre vie et leur environnement.

                    Ce que vous décrivez, j’ai maintes fois eu l’occasion de le voir et de le vivre. Nous avons tendance à oublier qu’au XIXè siècle, et même a début du XXè, lorsqu’il y avait un problème, on allait manifester sous les fenêtres du patron. Ceci parce que nous connaissions le patron. Ce n’est plus le cas aujourd’hui. On peut bien aller manifester devant le siège d’une société ou d’une banque, les actionnaires sont on ne sait où. Si ça se trouve en train de macher devant nous également car pour être actionnaire, point besoin d’être millionnaire.
                    Or, l’humain a besoin d’une représentation physique de ce qui l’opprime ou lui fait peur. C’est la pensée magique, la superstition, tout ce que vous voulez, du moment que ça rassure et que ça personnalise et donc donne chair, et vulnérabilité, par contrecoup, de telle sorte qu’une illusion d’égalité puisse se faire jour dans l’esprit que la situation déroute.
                    Mais encore faut-il avoir la force, les moyens intellectuels même (et je ne parle pas là d’incapacité intellectuelle, je parle de défaut d’éducation dont les raisons peuvent être multiples), de dépasser ce premier obstacle.
                    Ajoutez à cela que lorsque l’on a le nez dans le guidon en permanence, on ne peut plus voir au delà. On ne peut plus se projeter. On n’est plus que dans la survie. Et la survie ne passe pas forcément par la sympathie envers la personne que l’on ressent comme une concurrente sur le même bout de patate.

                    Faute de comprendre quels sont les ressorts psychologiques (et vous avez raison, l’idée n’est absolument pas d’approuver mais bel et bien de trouver la porte d’entrée pour la discussion), nous demeurerons dans la gesticulation et le discours et l’affrontement stérile se poursuivra.

                    Comme vous je m’avoue complètement démunie face à de telles situations. Vient le moment où la meilleure volonté du monde et le discours théorique le plus construit, le plus élaboré, le plus raisonnable, fut-il juste, n’est plus d’aucune aide, n’est même plus audible par l’autre.

                  2. Grave @ Efté Bonsoir
                    Efté,

                    Pour cette dame, comme pour d’autres, la solution est de faire de l’éducation populaire. Emmenez cette dame à ATD Quart-Monde pour qu’elle mesure au jour le jour ce qu’est réellement la vie des personnes qu’elle pense mieux aidées qu’elle et son mari. Elle déchantera vite et verra que les préjugés qu’elle a, ne tiennent pas la route face à la réalité quotidienne des personnes qu’elle pense mieux loties, mieux aidées.

                    Le handicap est un facteur d’exclusion supplémentaire sociale et qui aggrave la précarité financière et salariale. Aggrave aussi le ressenti d’écrasement permanent. Pour tenir le choc, il faut pouvoir, face à la maladie, se fédérer en association pour pouvoir verbaliser la souffrance et les difficultés rencontrées. J’espère que cette dame peut parler de ses difficultés avec d’autres femmes et hommes confrontés à ces mêmes situations. Même si ça ne résout rien, ça aide considérablement à tenir le coup psychologiquement. Et cela permet parfois de créer un réseau d’entraide mais aussi un groupe de pression pour obtenir des aides, des facilités que le circuit classique des demandes sociales ne permet pas. J’ai souvent pu le constater…Créer un rapport de force permet de ne plus être submergé, de reprendre espoir.

                    Cette dame ne comprend pas la situation économique et ses enjeux car elle ne relève pas du salariat dépendant de multinationales.
                    Mais elle doit voir quand même si elle regarde un peu ses fiches de paie, que son salaire n’est pas indexé sur le coût de la vie et encore moins le RSA.
                    Pourquoi elle n’arrive pas à s’en sortir comme femme de ménage? Parce qu’il y a depuis l’époque où Martine Aubry a été ministre du Travail et de l’Emploi, et prolongé par la suite, un abattement financier sur les bas salaires (proches du SMIC et en dessous) comme ce qu’elle gagne pour ses employeurs. Ce qui fait qu’il ne pourra jamais y avoir augmentation de son salaire, peu importe sa valeur, ses compétences, son expérience professionnelle, le nombre de ses heures de travail. Et vous avez tout un tas de professions qui relèvent du chèque emploi service qui sont des fabriques à précarité perpétuelle. On est bien dans une fabrique de pauvres.

                    J’ai le même problème avec mes heures de cours dans le milieu social et culturel. Je suis payée depuis 11 ans la même somme à l’heure alors que le coût de la vie a augmenté et que j’ai accumulé depuis une super expérience professorale et que je ne compte pas ma peine. Et je ne peux pas compte tenu du type de contrat précaire que j’ai, renégocier mon salaire chaque année. Mes employeurs n’y ont de toute façon aucun intérêt puisqu’ils perdraient les abattements sociaux et financiers sur le bas salaire qu’ils me donnent. Je ne peux que me contenter de ce qu’ils me donnent. Ce qui me condamne à une éternelle précarité. Et j’ai conscience de cet aspect pervers qui a été mis en place par nos politiques pour geler les salaires et obliger les gens dans leur majorité à se contenter de bas salaires même pour des emplois qui demandent un socle de compétences et de diplômes élevés.
                    Regardez le déclassement qu’une bonne partie des jeunes diplômés connaissent. Le nombre de jeunes femmes qui deviennent caissières en supermarché alors qu’elles ont une formation universitaire de qualité…et malgré tout, ces caissières sont peu à peu remplacées par des machines ces dernières années. Sans ces emplois certes modestes mais au moins payés le SMIC et avec pour une bonne part des CDI, que deviendront ces jeunes femmes diplômées? Elles seront femmes de ménage, nounous avec des chèques emploi service dans leur grande majorité. Donc tomberont encore un peu plus bas dans la précarité et la misère sans pouvoir en sortir ni vivre dignement ni faire vivre dignement leurs enfants si elles en ont. Et parce qu’elles auront ces petits boulots, insuffisants à les faire vivre, l’Etat leur refusera des aides sociales qui leur permettraient non de survivre mais de vivre.
                    Maintenant, ça ne veut pas dire que ceux et celles qui ne travaillent pas s’en sortent mieux avec les aides maximales. C’est faux. Il suffit de voir l’augmentation constante des allocataires qui correspond aussi à l’aggravation de la pauvreté et à l’extension dans le temps de la pauvreté sur les générations suivantes.

                    D’autant que sur les 27 aides sociales différentes de la CAF, la majorité des gens ne connaissent généralement pas leurs droits et ne solliciteront que 5 aides maximales. Alors quand on parle du chômeur profiteur, ça prête à sourire.

        2. Qui cause ?
          citation: Vous ne pouvez pas éluder ce que pensent et disent de très nombreux concitoyens. Ce n’est pas de moi qu’il s’agit, j’espère que vous l’avez compris.


          Arrêter de parler pour les autres et nous nous comprendrons mieux !——-

          Mais d’une très grande majorité de personnes qui triment très dur pour ramener un petit salaire ——–

          C’est bien là le problème ….pourquoi un « petit » salaire ?———

          et voient aussi autour d’eux ce qui ce passe et ne comprennent plus pourquoi il doivent crouler sous le poids des charges, ———

          le poids des Charges ? Vous parlez comme le Medef ! Mais pour vous ce sont des charges ou des cotisations ? ——–

          conclusion : Pour la suite de l’échange , soyez vous même et non le haut parleur des râleurs et de la Droite !

          1. Se regarder pédaler @ PrNIC
            PrNIC,

            1 – Je vous rappelle que les râleurs votent FN en très grand nombre (30% dans mon secteur).
            Vous posez-vous seulement la question de savoir pourquoi ? Otez-le bandeau que vous avez sur les yeux, et les boules Quies de vos oreilles.
            J’ai déjà écrit que je ne parlais pas « pour moi » – mais je tiens seulement à attirer l’attention sur le fait que le vote FN est en grande partie généré par un conflit au sein même des catégories sociales les plus défavorisées : les salariés à bas salaires contre les « assistés sociaux ».
            Le FN a beau jeu aujourd’hui d’attiser les antagonismes avec un résultat qui lui profite pleinement.
            Si vous avez un soupçon de matière grise et si vous savez lire, allez voir dans mes écrits à quel moment je soutiens Lamy. Je n’ai fait que dire qu’il parle comme la Vox Populi.
            Si je partage une idée avec lui, c’est d’en finir rapidement avec l’assistanat et faire en sorte que la rémunération soit le fruit d’un travail.
            Ma divergence avec lui, c’est qu’on ne peut pas capituler face aux pays d’Europe qui pratiquent le dumping salarial et s’aligner sur eux.

            Plus clairement encore, je suis pour une Europe fédérée, intégrée, à reconstruire avec des pays acceptant des règles sociales et des politiques communes conduites par un véritable gouvernement européen issu des urnes. Et modifier les règles du jeu du commerce afin de réduire massivement les dégâts sociaux causés par ce dumping.

            2 – Pour ce qui est des « charges » qui me feraient parler comme le Medef (vous aimez les poncifs au mode accusatoire), je vous signale tout de même toutes les familles assujetties depuis 2013 à l’impôt sur le revenu dont elles étaient jusqu’alors exonérées, idem pour la taxe d’habitation dont les abattements leur ont été supprimés.

            Etonnez-vous que l’extrême-droite, qui prospère naturellement sur l’appauvrissement, en fasse ses choux gras électoraux. Qu’est-ce que l’impôt en plus, sinon une charge en plus dans des budgets familiaux déjà étriqués. Cela vous ne voulez pas l’entendre également.

            Les « économies » qui viennent de s’ajouter sur le dos des catégories intermédiaires – par faute d’avoir le courage de réduire véritablement le train de vie de l’Etat – ne feront que rajouter du brun dans le ciel républicain.
            L’erreur que vous faites, avec beaucoup d’autres – et je pense très clairement à la gauche-gauche – c’est de réduire la pensée politique à des slogans catégoriels du genre « touche pas à mon SMIC ». Mais ça ne va guère plus loin.

            Les politiques « de gauche » ne remettent en rien en cause l’artifice des bulles spéculatives… soutenues pas les Etats qui ont refinancé les banques dans la crise de 2008 sans contreparties et sans obligation de mettre ce refinancement au service de l’investissement – donc de l’emploi.
            Peut-être dans les discours, mais pas dans les actes.

            Comme aussi elles ne remettent pas en cause le dumping social intra européen. Les responsables politiques « de gauche » baissent les bras dans la guerre économique que nous mènent des pays comme la Pologne et ceux venant de l’ancien glacis de l’Est.

            4 – Mais bon, s’il faut taper sur LAMY, puisque c’est bien porté chez vous, alors parlons effectivement du SMIC. J’ai écrit que non seulement je suis pour le maintien du SMIC – sans modulation à la baisse pour les jeunes – et pour que l’inflation soit desserrée afin de redonner du souffle à la consommation et pour alléger financièrement le poids de la dette.
            C’est ce que font les USA, le pays de l’ultralibéralisme… pour les autres, mais pas tant que cela pour lui-même.

            5- Quand à votre question « qui cause ? », elle n’a pas de sens. Je n’ai pas besoin de prothèse pour afficher ma pensée, et moins encore d’intermédiaire.
            Je vous retourne cette question : avec vos formules toutes faites, vos sentences à l’emporte-pièce reprises dans des schémas de pensée éculés, êtes vous bien certain de penser par vous même ? Et plus ironiquement : vous arrive-t-il de descendre de vélo pour vous regarder pédaler ?
            Regardez le monde tel qu’il est, comment il bouge et évolue, et surtout, surtout : pense.
            Peut-être alors seulement vous commencerez à comprendre pourquoi on va se prendre une révolution brune avant que vous ayez le temps de vous réveiller.

            1. Se regarder pédaler @ PrNIC
              Nous signalons à la personne ayant écrit ce début de message :

              Mais à vous lire Monsieur Mabire , me prenez vous avec…

              que son écrit ne peut être validé car manquant d’une adresse mail. Nous vous demandons d’être plus soft avec vos interlocuteurs…

              Merci !

            2. Soyons Soft !!!
              Vos analyses , monsieur P MABIRE , acceptables ou à côté de la plaque , n’ont pas besoin d’être accompagnées de

              — Otez-le bandeau que vous avez sur les yeux, et les boules Quies de vos oreilles.

              — Si vous avez un soupçon de matière grise et si vous savez lire,

              — avec vos formules toutes faites, vos sentences à l’emporte-pièce reprises dans des schémas de pensée éculés, êtes vous bien certain de penser par vous même ? » » »

              1. Soyons Soft !!! @ PrNIC
                PrNIC,
                Alors, nous pourrons échanger sereinement sans s’envoyer des « amabilités au visage ». Aussi, pour vous éviter de prendre le boomerang en retour, arrêtez de dire que je prends mes avis au Medef, que je ne pense pas par moi-même. Et, dernière de vos citations : Pour la suite de l’échange , soyez vous même et non le haut parleur des râleurs et de la Droite !.
                Ma différence avec vous, c’est que je signe mes écrits de mon patronyme. J’assume totalement ce que j’écris.
                Les râleurs, parlons-en : ils ont encore voté avec leurs pieds en s’abstenant aussi aux populaires élections municipales. Selon les sondages, ils s’apprêteraient à le faire encore aux prochaines élections européennes. Si on fait l’addition du nombre des râleurs, dites-donc, ça fait vraiment beaucoup de monde.
                Mettez-les dans la rue, et ça fait une rude manif de plusieurs millions de râleurs. A ce tarif-là, parlons plutôt d’un raz-de-marée du mécontentement, d’un ras le bol généralisé… qui profite très fortement à l’extrême-droite qui se repait des déchets de la démocratie.
                Vous associez les « râleurs » à la Droite. Par nature, celle-ci n’est pas politiquement « de Gauche ».
                Mais si l’on prend un peu de hauteur de vue, et qu’on a un soupçon de lucidité, force est d’admettre que « la Droite » n’a jamais mis en question le rôle protecteur de l’Etat, notamment à l’égard des plus faibles. Au pouvoir, elle n’a pas remis en cause le principe d’une protection sociale par la « répartition », et ne l’a pas remplacé par « capitalisation ». L’hôpital public est ouvert à tous, sans distinction.
                Il est heureux qu’il y ait une « Gauche » et une « Droite ». Et un centre, et des extrêmes. C’est un signe de démocratie. La Gauche représente des courants d’idées souvent contradictoires, comme c’est aussi le cas au sein de la Droite. La Gauche n’est pas plus vertueuse que la Droite, et inversement, et a le défaut de se positionner en Parangon de la Vérité et donneuse de leçon.
                Mais le débat initial n’est pas là. Vous l’avez brouillé par vos considérations le ramenant à de la polémique, alors que se posait cette autre vraie question qui gangrène véritablement notre démocratie : la valeur de l’effort.
                Ce débat-là est une véritable ligne de fracture qui traverse les catégories sociales les moins favorisées. D’un côté, ceux qui travaillent pour ne percevoir qu’un « petit salaire ». De l’autre côté, ceux qui font ce calcul : les aides sociales cumulées permettent de gagner au moins autant, voire un peu plus, tout en restant chez soi.
                Cette ligne de fracture se traduit en grande partie par le vote FN, celui de ceux qui en ont marre de financer de la solidarité qui leur passe sous le nez. Je ne parle ni des patrons du CAC 40, ni des habitants du 16è arrondissement de Paris… mais de leurs employés de service qui ont bien du mal à boucler les fins de mois.
                Sur ce débat de fond, vous ne dites rien, ne répondez-pas, comme s’il était indécent d’évoquer ce point particulier. Je vous rappelle que je suis pour le maintien du SMIC, mais encore pour une Europe fondée sur un noyau dur d’Etats mettant en commun leurs lois sociales, économiques et fiscales. Dites-moi comment protéger les entreprises du dumping social pratiqué au sein même de l’UE. J’attends votre réponse avec intérêt, autrement que vous ne l’avez fait jusqu’à présent. Sans les scories de la polémique et des mises en cause personnelle.

              2. Soyons Soft !!!
                PrNic,

                Je me permets de vous passer deux liens intéressants:

                Le premier sur l’analyse de Jean-Pierre Garnier sur le parti socialiste qu’il qualifie depuis les années 80 de seconde droite (voir l’article des Zindignés-Golias Editions- sur le sujet par le même auteur et le bouquin écrit à 4 mains en 1986 avec Louis Janover):

                http://www.lesmutins.org/La-deuxieme-droite-avec-J-P.html

                Et le deuxième, sur la gauche radicale et pourquoi elle se fait manger la laine sur le dos par le FN par Aurélien Bernier, ancien militant d’Attac, militant du M’PEP:

                http://www.lesmutins.org/La-gauche-radicale-et-ses-tabous

  3. Remise en cause du Smic : l’Elysée encerclé
    et là silence des eveques silence absolu pas un qui ait c’est scandalisé
    pas un comme l’abbé pierre
    là pas de manifestation et de lettre a Marie
    cqfd

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