La Pastorale des dérives sectaires : Fédérer pour des actions efficientes

La mise en place de la « pastorale des dérives sectaires » par la Conférence des évêques a suscité une kyrielle de commentaires, en soi révélateurs de l’importance du sujet et de son caractère passionnel. Sous-jacente l’idée que, si la « pastorale » peut être un début de prise en compte, elle est loin de répondre aux réalités dénoncées par toutes celles et tous ceux qui demandent à l’Église de France réparation pour le passé et efficacité dans les réformes à entreprendre. Les commentaires font état de la diversité des actions mises en œuvre, par des personnes motivées et par des associations diversifiées. Toutes ont leurs raisons d’être, mais aussi leurs faiblesses et leurs difficultés. Certaines font état de succès, il est moins question des échecs… Il en résulte trois thèmes pour un prochain dossier de Golias magazine (2ème semestre 2014) : le passage de la honte à la reconnaissance, la pastorale en lien avec le paternalisme, le paritarisme avec comme corollaire la solidarité. La présente contribution ne fait qu’ébaucher ces trois chapitres.

La mise en place de la « pastorale des dérives sectaires » par la Conférence des évêques a suscité une kyrielle de commentaires, en soi révélateurs de l’importance du sujet et de son caractère passionnel. Sous-jacente l’idée que, si la « pastorale » peut être un début de prise en compte, elle est loin de répondre aux réalités dénoncées par toutes celles et tous ceux qui demandent à l’Église de France réparation pour le passé et efficacité dans les réformes à entreprendre. Les commentaires font état de la diversité des actions mises en œuvre, par des personnes motivées et par des associations diversifiées. Toutes ont leurs raisons d’être, mais aussi leurs faiblesses et leurs difficultés. Certaines font état de succès, il est moins question des échecs… Il en résulte trois thèmes pour un prochain dossier de Golias magazine (2ème semestre 2014) : le passage de la honte à la reconnaissance, la pastorale en lien avec le paternalisme, le paritarisme avec comme corollaire la solidarité. La présente contribution ne fait qu’ébaucher ces trois chapitres.

Le passage de la honte à la reconnaissance

Comment imaginer les dérives sectaires sous le seul angle des actualités de ces vingt dernières années et notamment, en ce qui concerne le culte catholique, à partir des « communautés dites nouvelles » ? On oublierait – ou voudrait oublier – que ces dérives ont été occultées durant des siècles. Qu’il soit question de pédophilie, de manipulations mentales, de ruptures et disparitions de liens familiaux ou tout simplement de retours douloureux à la vie civile… les « victimes » sont aussi du passé et beaucoup meurent, en ce moment, sans la reconnaissance et les réparations à présent âprement réclamées par une génération plus jeune… Eux aussi furent des combattants actifs.

Les départs massifs de prêtres et religieux, de 1960 à 1980, occultent une constance des décennies antérieures : les « défroqués » représentaient 10 à 12% des prêtres et religieux. Sous le quolibet, le héros du film, si admirablement interprété par Pierre Fresnay, donne au « renégat» d’avant-guerre une profonde sincérité et authenticité… Reprenant le film en 1954, Hervé Le Boterf, ouvre son roman par le dialogue rocailleux des deux gardiens en charge de sa détention pour homicide involontaire. « L’Église est pourrie »… tandis qu’ils qualifient le prêtre en rupture « de brave homme » « Tu diras ce que tu voudras… Qu’il y a peut-être curé et curé… mais celui-là, en dépit de sa robe, c’est pas une gonzesse… ».

Nous nuancerons ce jugement à l’emporte pièce par une autre réalité d’alors, les pionniers qui seront bientôt les acteurs de Vatican II, par l’appel de l’Abbé Pierre la même année.

Le constat s’impose pourtant : combien d’hommes et de femmes furent injustement honte de leur famille, honte de leur voisinage, honnis de leur Église… sans moyen de se défendre et d’être défendus : comment les oublier? Les départs massifs ont obligé l’Église de France à un peu plus de retenue, le malaise s’est installé, mais les réflexes du passé ont perduré… tandis que le phénomène des « communautés nouvelles » était perçu comme une providentielle relève!

Tout au long des années 1990, d’anciennes religieuses témoignaient de leurs vécus dans les congrégations. Des témoignages forts, soumis à Julien POTEL, prêtre et sociologue, auteur de plusieurs ouvrages pour une analyse objective des départs. Il préfaçait les résultats de l’enquête par ce constat : « Quels que soient les faits, c’est humainement grave que des femmes aient ressenti aussi douloureusement leurs situations. » http://www.aprc.asso.fr/npds/docaprc/doc_asso/femmes_prennent_la_parole_nov_1998.pdf

Tandis que les congrégations, du fait des départs et de ces témoignages, se réformaient, les mêmes dérives étaient à l’œuvre dans de nouvelles collectivités religieuses se réclamant du culte catholique. Depuis une dizaine d’années, elles éclatent au grand jour, et l’Église de France est bien obligée de « reconnaitre » qu’elle a failli, là aussi.
Cette reconnaissance grâce aux familles et aux associations de victimes, ne peut cependant faire oublier les dénis des familles d’hier ni celles de la société, dont les communautés chrétiennes. Oui, familles et victimes il est précieux d’entendre et de soutenir vos actions, ces actions d’aujourd’hui qui corrigent les passivités et confiances aveugles d’hier.

La pastorale en lien avec le paternalisme

La réponse apportée par l’institution catholique est traditionnelle… « pastorale ». Elle fut autoritaire et souveraine autrefois, elle est à présent « pastorale de l’écoute », recherche de médiation, invitation à se porter « victime » devant les tribunaux de la République. Nous en reparlerons. Pour l’heure, juste un constat : les commentaires font état de succès devant la justice, notamment en faveur des victimes d’abus sexuels. Nous approuvons sans réserve, mais comment laisser croire que toutes les victimes obtiendront justice ? Le pénal exige trois conditions qui, toutes trois, doivent être réunies pour éviter un « non lieu ». D’abord un texte de loi, ensuite la concordance des faits avec ce texte légal, enfin la volonté malveillante, prouvée et indubitable, des responsables que l’on poursuit. L’Église de France utilise par avocats interposés tous les moyens de défense… Ceux-là usent sans états d’âme de toutes les ruses pour déstabiliser, salir  ceux qui se posent en victimes et ceux qui les soutiennent : ils nient et dénient, toutes implications pourtant bien établies par des faits, des témoignages. Ils obtiennent de juteux honoraires des instances CEF et CORREF ainsi que les communautés cathos mises en cause. En réalité, toutes préfèrent aller en procès plutôt que réparer le passé, et remettre en cause un système en perte de vitesse mais verrouillé.

D’autres plaignants pensent pouvoir obtenir aisément la conversion de ce temps religieux en contrat de travail. Les succès dans ce domaine ne sont pas constants, et de toute manière restent individualisés.

D’autres encore saisissent les tribunaux de la Sécurité sociale… Ici encore, et comme ci-dessus, la Conférence des évêques et la CORREF avec le soutien de la CAVIMAC et de la Direction de la Sécurité sociale mandatent des avocats aux méthodes sans scrupules pour éviter aux diocèses et collectivités religieuses le paiement d’arriérés et de dommages intérêts. Mgr PONTIER sait tout cela… lorsqu’il fait mettre en place « la pastorale des dérives sectaires » !

Le paritarisme avec comme corollaire la solidarité

La suspicion est ainsi légitime, et les commentaires ont raison d’appeler aux doutes et à la vigilance. Mais en même temps, les actions ne sont-elles pas trop dispersées, sans reculs à la fois historiques et juridiques, trop confiantes dans un bon droit affirmé en toute sincérité, mais que des débats contradictoires risquent fort de mettre à mal ? Sur quels fondements organiser l’entente et la concertation de ces personnes et associations diverses et variées ?

Côté institutions catholiques – disons « côté patronal » (sans que, pour nous, l’expression soit péjorative) – des services sont organisés et les « officialités » seraient disponibles (les demandes en annulation de mariage sont en chute libre…), mais avec quels moyens humains et financiers, et surtout avec quels moyens coercitifs vis-à-vis des personnes et collectivités fautives ? Côté victimes, disons « citoyens en état de subordination », sur quels fondements doivent se nouer les contacts et les actions, pour conduire les deux points de vue contradictoires à des solutions acceptées par les deux parties?

Nous en débattrons. Quant aux médias et aux actions médiatiques, le sensationnel et la nouveauté retiennent l’attention, mais comment assurer ces bonnes médiations dans la durée et par un travail d’information ne tournant pas à la caricature, puis à l’oubli, de causes décidément mal défendues ou qui ne font plus vendre ?
Golias assume son statut « d’empêcheur de tourner en rond ». Sa ligne éditoriale est difficile à tenir et le monde catholique, en particulier, marqué par le concept de « communion », ne lui fait aucune publicité ni place dans ses publications, bien au contraire. La « Maison » n’a d’autres moyens que des soutiens militants, et par-dessus tout, la fidélité des abonnements et achats de l’hebdomadaire, des magazines, des livres. Son site internet ne bénéficie pas de soutiens publicitaires. Les internautes, soucieux de faire appel à lui, ne peuvent se désintéresser des éditions papiers qui assurent sa survie.

Après déjà d’autres numéros traitant des questions si bien défendues par les internautes notamment dans le cadre de cette nouvelle « Une » consacrée aux dérives sectaires, un autre dossier papier est en préparation. En attendant celui-ci, le double numéro de Golias Magazine à paraitre courant Mai, reprendra, notamment, le dossier préparé sur les Laïcs en mission ecclésiale (LEME). Le sujet peut paraitre totalement étranger… s’y trouvent pourtant des ingrédients pouvant donner lieu ensuite aux même situations conflictuelles futures : des laïcs (plus spécialement des laïques) employés gratuitement, des contrats que l’Église peut interrompre à tout moment, une protection sociale oubliée. Un jour ils peuvent avoir (eux et leurs familles) le sentiment, légitime et fondé, d’avoir été exploités à bon compte, dans un système où le conflit n’est pas permis, où le contradictoire n’est pas bien vu et vous met à l’écart. Le décès du conjoint, un accident, une liberté de pensées et d’actions sous emprises cléricales… Que fera la « pastorale de l’écoute » ?
Reprenons à notre tour le constat de Teilhard de Chardin cité par Maud Amandier et Alice Chablis dans leur livre « Le Déni » (lui aussi Ed. Golias): « Il m’a semblé que dans l’Église actuelle, il y a trois pierres périssables dangereusement engagées dans les fondations : la première est un gouvernement qui exclut la démocratie ; la deuxième est un sacerdoce qui exclut et minimise la femme ; la troisième est une révélation qui exclut, pour l’avenir, la Prophétie ». Des paroles de plus d’un demi-siècle, que s’est-il donc passé, pour que nous en soyons toujours là !

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7 réponses sur “La Pastorale des dérives sectaires : Fédérer pour des actions efficientes”

  1. Réponses à « colère »
    Par différents messages « colère » s’insurge, ce qui est son droit, contre diverses informations touchant la Congrégation de Saint Jean. Il énonce en particulier que des membres « accusés » ont été « réduits à l’état laïc » avant d’être par la suite innocentés. Ces membres ont-ils ensuite été réintégrés ? Que sont-ils devenus ?

    Le présent message a pour objet de rappeler à « colère », que parmi les critères de « dérives sectaires », il y a l’absence de « protection sociale ». Or la Congrégation de St Jean s’était illustrée dans les premières années de mise en place du « régime social des cultes » (années 1980) par divers stratagèmes lui permettant d’éviter le paiement des cotisations sociales « vieillesse » : elle avait même mobilisé une partie de ses membres pour qu’ils fassent un procès à la Camavic (devenue depuis Cavimac)… Une cinquantaine de membres de la fédération St Jean, représentés par un avocat bien payé par la Congrégation engagèrent le bras de fer judiciaire contre la Caisse des cultes à l’encontre de leurs propres intérêts d’assurés sociaux : ils demandaient que leur congrégation soit exonérée de cotisations « vieillesse » pour une période de leur vie religieuse. La Cour de Cassation leur donnera tort…

    C’est dire le degré d’emprise que peuvent avoir sur leurs membres, des collectivités religieuses… Cet exemple ne vaut-il pas « preuve » pour d’autres « dérives sectaires » ? Que « colère » défende sa collectivité religieuse ne peut être que bienvenu, mais qu’il accepte dans le même temps les remises en cause justifiées qui peuvent être faites à sa congrégation…

  2. Bouger oui, mais quand ? @ Jean Doussai
    Jean Doussai,
    Voici un semaine ou deux, j’avais écrit ici que les évêques commenceront à bouger seulement lorsque les parvis des cathédrales seront occupés par des manifestants pacifiques dénonçant, avec banderoles et calicots, les dérives sectaires de l’Eglise catholique romaine. Golias pourrait effectivement fédérer une telle action.
    C’est bien de dénoncer, mais les lamentations et les mots ne suffisent visiblement pas. On en voit le résultat : la CEF s’emploie à étouffer le scandale dans le silence en divisant les familles par un traitement « au cas par cas ».
    Je n’ai heureusement pas d’enfants ou de proches enfermés dans cet enfer de la manipulation des esprits. Mais je pense à ceux qui s’estiment martyrisés par une Eglise qui fait « le mort ».
    A ma proposition, je n’ai une qu’une seule réponse d’une contributrice (nathalie) qui se déclare elle-aussi solidaire. Mais qu’en disent à leur tour les familles n’ayant plus jamais de nouvelles de leurs enfants et qui souffrent de leur absence ? Et dire que l’Eglise prétend « défendre la famille »… Un mensonge de plus !

    1. Merci Pierre, pour ce rappel
      J’avais bien lu aussi cette invitation… qui d’ailleurs fait partie des motifs ayant conduit à cette nouvelle contribution sur le sujet de la « pastorale ( ?) des dérives sectaires ». Par expériences diverses et variées à ce sujet, il me semble qu’un simple appel ne suffit pas… encore qu’internet permet des rassemblements autrefois impossibles. Mais tout un travail en amont est nécessaire : « personnes » et « associations » travaillent en ordre dispersé, comment celles-ci peuvent-elles se rencontrer ? Avec quels moyens ? Sur quels ordres du jour ? Avec quelle volonté d’aller dans le même sens ou du moins de s’informer mutuellement pour si possible se compléter et renforcer les actions de chacune ? Des contacts existent déjà, d’autres sont à nouer, sachant que ce peut être un long travail…

      1. Bouger oui, mais quand ? @ pierre mabire
        Bonjour Pierre,
        J’ai bien vu et lu votre contribution mais j’ai préféré vous répondre plus tard afin de réfléchir à tout ça.
        Il y a quelques semaines j’avais déjà écrit que nous sommes des gens polis qui ne manifestons pas, qui ne  »tractons » pas, etc… et de ce fait l’église en profite.
        J’ai, comme vous, quelques idées depuis que je, et nous tous, sommes arrivés à comprendre à qui on à affaire. Mais il ne faut pas agir de manière inconsidérée et faire n’importe quoi, n ‘importe comment. Regardez ce qui se passe avec les pères en colère qui montent sur les grues, ou d’autres personnes qui manifestent avec leurs banderoles devant 3 pelés et 2 tondus, pour reprendre l’expression populaire. On en parle une fois ou 2 mais l’actualité passe ensuite à autre chose.
        Il faut réfléchir pour trouver une solution fiable et pérenne pour s’organiser car il y a une multitude de cas qui apparaissent comme les retraites et cas sociaux en plus des manipulations mentales et autres dérives communautaires. Peut être faut-il créer une structure qui regroupe tous les aspects et tous les problèmes soulevés par l’église catholique afin qu’ils soient mis en forme et traités par des personnes compétentes pour une ou des actions communes, médiatiques ou non, mais pouvant montrer l’étendue du désastre et suffisamment étayées pour échapper aux critiques ?
        Est ce que cette structure doit venir compléter et être en relation avec une association de défense des individus déjà existante ? Ou bien c’est une association déjà existante qui devrai créer une telle structure ?
        Il faut aussi comprendre que nous avons affaire à un Etat, le Vatican. Que les victimes sont des sortes d’otages. Et que face à cet Etat à visage d’ange, mais couvant en son sein officiel une organisation, l’ICCRS, qui dans ses statuts, a entre autre pour mission ‘’l’évangélisation de la culture et des structures de la société.’’ et emploi pour cela des moyens de voyous pour mettre à l’épreuve la laïcité de la société française, en employant tous les moyens sordides pour diaboliser et déstabiliser les familles par les attaques de leurs propres enfants abrutis par les manipulations, une banderole et quelques manifestants ne suffira sans doute pas.. .
        Pour cela la République a des moyens que nous n’avons pas. Ne serait ce que la diplomatie secrète.
        C’est la première fois depuis longtemps qu’un officiel français assiste à des canonisations. Ce n’est pas l’usage pour la République. Mais le Vatican est un Etat et la présence d’un officiel français est possible et normale.. Sauf que cet Etat est celui qui organise la déstabilisation de la laïcité française. Et donc la présence du Premier Ministre, ancien ministre de l’Intérieur, ancien ministre des cultes, connaissant déjà la situation mais ayant été récemment alerté par la lettre d’une famille à un ministère de son gouvernement me semble propice à une intervention soit par lui directement, soit par un membre spécialisé de son équipe.. Surtout que depuis la réception de cette lettre des enquêtes ont dû avoir lieu et des contacts avec une association de défense citée dans cette lettre ont dû aussi avoir lieu.

        Il faut aussi voir ce que va être le nouveau plan du gouvernement contre le recrutement des terroristes, mais qui peut être étendu à certaines dérives sectaires qui provoquent ‘’la radicalisation violente’’ :
        http://www.gouvernement.fr/gouvernement/le-plan-de-lutte-contre-la-radicalisation-violente-et-les-filieres-terroristes
        Que ce soit par les parents ou par les organisations de victimes qui alerteront, des actions policières et administratives peuvent être déclenchées non seulement pour les mineurs, mais aussi pour les majeurs.
        Ce qui va compter, c’est en fait ce que nous faisons tous ici et dans les familles, c’est à dire du renseignement. La collecte et le recoupement d’informations pouvant être ensuite transmis à cette cellule du gouvernement directement par les familles ou par l’intermédiaire d’une structure citée plus haut ayant l’habitude et la compréhension nécessaire.
        Et puis bien sûr, rien ne nous empêche de réfléchir aussi à des actions médiatiques comme des reportages

      2. Bouger oui, mais quand ? @ JD et famvict
        JD et Famvict,
        Bien sûr, ne pas faire n’importe quoi. Eviter la récupération, les débordements… tout ça c’est OK.

        S’il existe diverses associations, mouvements, comités, etc. alors invitons les à se réunir pour agir, tout en respectant la spécificité des uns et des autres.

        La hiérarchie de l’Eglise ne bougera qu’à cette condition : constater qu’un rapport de force se constitue.

        Cette hiérarchie ne fait pas qu’exercer sur le domaine spirituel. Elle a derrière elle une longue et profonde culture du pouvoir, et pas seulement un pouvoir temporel, mais un pouvoir sur les hommes, les esprits et les consciences qu’elle n’a pas renoncé à diriger.

        D’où son appétit actuel des nouvelles sectes charismatiques qui font le boulot pour les diocèses en voie de disparition faute de nouveaux baptisés et de nouvelles vocations au ministère sacerdotal.

        En dénonçant les dérives sectaires, c’est sûr, nous mettront les évêques « à nu », dans leur réalité, celle de la dérive vers ces mouvements prétendument charismatiques qui ne sont que des machines de guerre contre le libre arbitre, et finalement contre le vrai message de l’Evangile sur la place de l’Homme dans un monde en perpétuel mouvement.

        Ces mouvements sont, dans une formule nouvelle, les Vidamés des temps anciens – le bras armé des évêques qui faisaient faire le sale boulot par d’autres pour garder les mains propres.

        Prenons des contacts, lançons des invitations, fixons un calendrier, un lieu de réunion : on verra alors très vite les mitres trembler et lignes se mettre à bouger. Il faudra en passer par là, c’est indispensable.
        Pour information : je reste disponible, si c’est utile.

  3. Fédérer pour des actions efficientes
    Les commentaires de l’article précédent sur la pastorale des sectes font état de succès juridiques obtenus, mais on se rend compte que la plupart, pour ne pas dire la totalité ont été obtenus sur des cas concrets facilement identifiables juridiquement ou physiquement et que malgré les nombreuses chicanes des avocats adverses pour faire durer les procédures, elles ont pu obtenir gain de cause.
    Il en va tout autrement pour la manipulation mentale dite aussi sujétion des victimes très difficile à prouver et qui parfois se retourne contre les familles qui déposent plainte. On l’a vu lors d’un reportage TV il y a quelques années.
    Au début de la disparition de mes enfants en 2000/2001, j’avais des espoirs sur la loi alors en préparation et qui a été adoptée et connue sous le nom About-Picard du 12 juin 2001. Ayant fait un peu de droit, j’ai vite déchanté en voyant les limites d’une telle loi et j’ai préféré ne pas déposer plainte immédiatement afin de mieux comprendre avant de m’engager dans une telle aventure. Je ne m’attendais évidemment pas à tout ce que l’on a découvert depuis, y compris sur l’église !
    Cette loi a le mérite d’exister. Il y a eu quelques succès mais ils ont été obtenus contre des petits gourous ou contre des abus de faiblesse sur des personnes âgées.
    Il faut donc compléter et améliorer les lois existantes.
    Pour cela il faut allonger de manière conséquentes les délais de prescriptions afin de sauvegarder le plus possible les droits des victimes directes et de leurs familles, alourdir considérablement les peines encourues par les personnes impliquées dans ces dérives. Que ce soit des personnes physiques, mais aussi et surtout morales.
    Il faut aussi compléter et améliorer d’autres lois qui ne sont pas à priori concernées mais qui dans certains cas le sont. Je pense à la loi sur le trafic et la traite des êtres humains. Il suffit de pas grand chose et elle ouvrirai des perspectives plus nombreuses.
    Toutes les lois sur la santé sont également à revoir sous l’angle de la dérive sectaire . Elles sont déjà bien complètes mais on peut mieux faire.
    On peut aussi compléter les lois sur les associations de malfaiteurs, les infractions économiques.
    Une nouvelle loi sur les associations avait été évoqué, mais elle se heurte à la liberté d’association et soulèverai des problèmes…
    Il faut aussi harmoniser les lois européennes non seulement sur les dérives sectaires, mais aussi sur les organisations internationales non gouvernementales ( OING et ONG) car c’est aussi par ce biais que les victimes sont recrutées. Le marché de l’aide aux populations en détresse est un vivier important. Certains pays comme la Belgique avaient (ou ont encore) une législation plus souple et je me suis aperçu pour mon fils que beaucoup d’ONG utilisaient ce pays pour passer plus facilement les frontières.
    Enfin, les nouvelles dispositions gouvernementales semblent tenir compte des d’observations des familles et vont dans la bonne direction, à voir dans le détail.
    Si ce ‘’catalogue’’ semble long, c’est parce que l’on ne peut pas s’attaquer directement à une secte, qui d’ailleurs, ne peut être définie de manière satisfaisante car on se heurte aux libertés de conscience et de religion. Il faut donc les em…bêter ! … Il faut leur rendre la vie difficile et multiplier les mailles du filet. C’est exactement ce qu’elles font avec leurs associations diverses et variées pour ratisser le chaland !
    Prenons les à leur propre piège, mais il faut s’en doute mieux s’organiser car il ne faut pas tomber dans le piège tendu par la déclaration de Mgr Pontier et qui ressemble à un miroir aux alouettes … et à un vieux dicton : diviser pour mieux régner !

  4. Fédérer pour des actions efficientes
    Pour ce qui est des dérives sectaires et des atteintes à la Personne, il faut bien entendu continuer le combat et si nécessaire recourir à la justice civile. Pour cela, il faut s’appuyer sur l’ébauche de transparence initiée par Benoît XVI et appeler à sa généralisation efficace. Retour sur les paroles du Père Pierre Teilhard de Chardin. Que s’est-il donc passé pour que nous en soyons toujours là? Eh bien, en regardant autour de nous, nous ne pouvons que constater, pire que la stagnation, le néfaste retour en arrière dans pratiquement tous les domaines. Les vieux fantômes ressortent des placards: néo-libéralisme et fondamentalisme ont le vent en poupe. Je crois simplement que l’Eglise n’a malheureusement pas échappée à cette tendance, car le courant qui agite les vieux fantômes est renforcé par cette dernière (l’Opus Dei par exemple, doit être à l’aise) et ce sans parler des intégrismes et fondamentalismes qui gravitent autour de l’Eglise ou qui sont présents parmi les chrétiens et bien entendu au-delà (l’Islam est un triste champion en ce moment). Cependant, petite Espérance veille, scrute et n’est pas morte! Recourons à elle et portons notre regard au loin. La lumière du Ressuscité éclaire l’horizon! Le combat qui est celui de Jésus et qui est mis en relief par le Magnificat de la jeune juive de Nazareth, Marie, est toujours d’actualité et continuera jusqu’à la fin des temps; c’est celui de l’épanouissement de la Personne. Il ne peut prendre appui que sur l’Amour.

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