Pédophilie : le Vatican convoqué  à l’ONU

Le Vatican, représenté, entre autres, par Silvano Tomasi porte parole du Saint-Siège à Genève, a été entendu publiquement (vidéos disponibles sur internet) à la mi janvier au sujet de la lutte contre la pédophilie dans l’Eglise.

Le Vatican avait refusé l’année dernière de répondre à un questionnaire écrit de la Commission de l’ONU pour l’enfance. Les experts du comité pour les droits de l’enfant ont cherché à comprendre l’omerta ayant protégé les coupables et en quoi les bonnes paroles proclamées depuis Benoît XVI sur le sujet donnent lieu à des changements concrets dans la réalité. Un rapport sera rendu le 5 février 2014.

Mali : renforcement de la mise sous tutelle

Un an après le déclenchement de l’opération Serval, un accord de coopération de défense entre la France et le Mali est en passe d’être signé. Il consacre un recul de l’indépendance et de la souveraineté malienne, sans que s’annonce pour autant un vrai retour à la paix et à l’Etat de droit.

L’intervention française au Mali du 11 janvier 2013, « une affaire de quelques mois » selon le président de la République et le Premier ministre. Chef des armées, le président français peut décider une intervention militaire sans consultation du Parlement, mais l’opération Serval devant excéder quatre mois, son autorisation était requise (art. 35 de la Constitution) et votée le 22 avril. En toute logique, après l’élection à la présidence d’Ibrahim Boubacar Keïta le 11 août, suivie des législatives, la présence de l’armée française ne s’imposait plus. Pour contourner la question, la France s’apprête à signer le 20 janvier1 un accord de coopération de défense avec le Mali. Mené dans le plus grand secret, cet accord prévoit d’entériner la présence d’une force française permanente d’un millier d’hommes, sous couvert de lutte antiterroriste. En contradiction avec la déclaration de François Hollande qui annonçait, le 28 mars 2013, un calendrier de désengagement des soldats français au Mali. [lire l’intégralité de notre article dans Golias Hebdo n°320)

Ludovic Lado : «  Le réveil religieux en Afrique interroge la suffisance des églises missionnaires »

Ludovic Lado est Jésuite. Il a été vice-doyen de la faculté des sciences sociales et de gestion de l’Université Catholique d’Afrique Centrale de Yaoundé. Aujourd’hui, il dirige l’Institut de la Dignité et des Droits Humains du CERAP à Abidjan. Il y a un an, « Golias Hebdo » publiait un article le concernant : il était mis en cause par l’archevêque de Yaoundé.Actuellement, cet évêque, ancien président de la conférence épiscopale du Cameroun, a été écarté de ses charges par le pape François pour mauvaise gestion. Ces deux épisodes nous permettent de revenir sur la place de l’Eglise catholique en Afrique et de nous entretenir avec Ludovic Lado.

G. H. Hebdo : Votre compatriote, le théologien Jean-Marc Ela, estimait que dans de nombreux cas les évêques africains se comportaient plus comme des chefs coutumiers traditionnels que comme des pasteurs. Le trait vous semble-t-il trop fort ou correspond-t-il à une réalité ?
Ludovic Lado : Je pense que pour l’essentiel la remarque de Jean Marc Ela traduit bien la culture cléricale dans ses grands traits ; ce qui ne signifie pas qu’il n’y pas d’évêques-pasteurs en Afrique. Il y en a un certain nombre, mais la plupart ont plutôt été moulés dans une culture qui privilégie le principe d’autorité, voire du diktat, à celui de la collégialité. Ce que font nombre d’évêques au niveau des diocèses, nombre de prêtres ont tendance à le reproduire au niveau des paroisses. Mais je pense que c’est plus un problème structurel que de personnes, et les solutions doivent être structurelles. Un certain type de structures produit et favorise un certain type de leadership, et de ce point de vue il ne s’agit pas d’une spécificité africaine. L’Eglise universelle doit s’interroger et interroger ses structures de formation du clergé. Pourquoi produisent-elles plus de « chefs » rituels soucieux de leur statut que d’humbles pasteurs au service du peuple de Dieu?
G. H. : L’instrumentalisation ethnique traverse la question politique en Afrique. Elle semble avoir prise également sur une partie de la hiérarchie catholique africaine. Vous en avez été victime. Le génocide rwandais l’a douloureusement montré. En Côte d’Ivoire, des membres du clergé, y compris dans le magistère, ont été indexés pour leurs propos ivoiritaires. Que montrent ces faits ?
Ludovic Lado : Ces faits montrent que l’instrumentalisation du tribalisme qui fait des ravages dans certaines sociétés africaines, n’épargne pas l’Eglise. Elle est particulièrement vive dans des circonstances de course au pouvoir. L’Esprit Saint a encore du boulot à faire dans les cœurs pour que les chrétiens, laïcs ou membres du clergé, deviennent de vrais témoins de la fraternité universelle que prêche Jésus Christ. Nous avons beaucoup de baptisés mais très peu de convertis, même dans les rangs du clergé. Nous avons du mal à être des témoins de l’évangile dans une société africaine traversée par de multiples forces de divisions et de déshumanisation. Il nous faut passer d’un christianisme rituel au vécu de l’évangile qui nous invite à œuvrer à la suite de Jésus Christ pour une fraternité sans frontières. Cette seconde conversion s’impose ! (…) (Lire l’intégralité de notre entretien dans Golias Hebdo n°320)

Les papes … Urbain VI (Bartolomeo Prignano) 1378 – 1389

L’enfer* existe-t-il ?
Le démon a-t-il pris la forme d’un reptile ?

Mais comment peut-on jouir du bonheur dans les cieux
Aux côtés d’Urbain VI, un pape sanguinaire,
Qui a fait torturer ses propres dignitaires

Avant de les faire tuer comme des factieux ?
Ce pape criminel
A-t-il sa place au ciel* ?
Qu’a-t-il pu se produire à l’instant de sa mort
Dans son âme en apesanteur ?
Un face à face avec Jésus le Rédempteur
Lui offrant la chance d’éprouver du remords ?
On va dire qu’Urbain repentant l’a saisie
Au risque de frapper les prudes d’aphasie.

Clément VII (Robert de Genève) 1378 – 1394

Clément VII vaut-il mieux qu’Urbain VI, son rival ?
La peste vaut-elle mieux que le choléra ?
Question sans intérêt à l’âge médiéval
Où le glaive alternait avec le goupillon.
C’est ainsi que Robert de Genève, légat
De Grégoire dont il sera le successeur,
Se chargea d’occire quatre mille agresseurs
Qui voulaient déloger le pape d’Avignon.
Mais Grégoire, poussé par la dominicaine
Catherine de Sienne,
Se résolut enfin à revenir à Rome
Fêté par la foule sur un ancien forum.
A sa mort, les Romains,
Voulant un pape Urbi, choisirent donc Urbain
Qui combattit Clément élu grâce aux Français
Dans la Cité des papes.
Mais au cours du procès
C’est Clément VII qui fut déclaré l’antipape.
Ce fol antagonisme
Qui produisit le Grand schisme
Fit tourner en bourriques
Des brebis catholiques.

… et leur époque

1378 Début du grand schisme d’Occident. Les cardinaux annulent l’élection à Rome d’Urbain VI et désignent Clément VII qui retourne en Avignon.
1380 L’Islande est rattachée au Danemark. Mort de Du Guesclin et de Charles V.
Avènement de Charles VI.
1382 Révolte des Maillotins, nom donné aux Parisiens armés de maillets pour protester contre un nouvel impôt indirect.
1384 La Flandre devient bourguignonne.
1385 Le roi Jean 1er du Portugal bat les Castillans à Aljubarrota et assure l’indépendance de son pays.
1389 La Serbie est vaincue par la Turquie (l’empire Ottoman). Boniface IX est pape à Rome. (Cf. Le pape suivant)
1392 Charles VI est victime d’un accès de folie dans la forêt du Mans.
1393 Au cours du bal des ardents, Charles VI faillit mourir brûlé par des torches tandis que cinq seigneurs périrent.
1394 Charles VI décrète l’expulsion de tous les Juifs de France.

Pavé insolent – Dialogue entre Michel et Gabriel

M – « Crois-tu à l’existence réelle de l’enfer ?
G – Le fait que tu aies précisé ‘réelle’ en dit long sur ton point de vue.
M – A vrai dire, je suis perplexe. Selon les évangiles, le Christ, à plusieurs reprises, parle du feu de la géhenne dans lequel seraient jetés toux ceux qui, conscients de leurs erreurs, refusent l’amour du Père au dernier moment de leur existence terrestre. Pourquoi ses menaces ne seraient-elles pas uniquement destinées à faire peur ? Qui, face à la mort, peut résister au témoignage d’amour de son Père ? D’autre part, quel élu au ciel peut être heureux de savoir que son frère ou son ami ou son voisin est condamné à souffrir moralement pour l’éternité ? Si le Christ est venu pour sauver les pécheurs, alors il aurait failli à sa mission ?

En conclusion, à mon avis, l’enfer est virtuel.

G – Tu ne peux pas forcer les gens à être heureux s’ils s’entêtent à ne croire ni en Dieu, ni en son amour.
M – Et bien, si son Fils a accepté de mourir, c’est précisément pour sauver ces gens-là.
G – Mais dis-moi, il y a donc eu deux papes en même temps : l’un à Rome, l’autre en Avignon ! C’est un pontificat bicéphale !
M – Oui, à cette différence près que chacun dénonce l’autre.
G – Que pensent les traditionalistes de cette rivalité ?
M – Il faut leur poser la question ! »

QUI DONC A PEUR DE L’ENFER ?

Dieu, Jésus, Mahomet, guerres de religions, terrorisme, mondialisation, surpopulation, racisme, démocratie, pauvreté à nos portes et dans le monde, chômage, angoisse et peur du lendemain, réchauffement et incertitudes climatiques, une jeunesse croissante sans repères…

… intellectuellement et moralement défigurée, cherchant dans la drogue, la violence et la prostitution le baume salutaire… autant de thèmes qui nous interpellent et avec lesquels nos enfants, acteurs ou futurs dirigeants, seront confrontés demain. Souhaitons-leur du courage et la capacité de penser autrement pour trancher cet épineux noeud gordien.Finalement, Dieu existe-t-il ou est-il une invention née de l’imagination de l’homme pour les besoins de sa cause ? S’il existe, est-il, comme le dit Jésus, un Dieu Amour de tous les hommes et de toutes les femmes de la terre qui envoie les bons s’asseoir à sa droite au ciel et les méchants et les assassins brûler en enfer ? Telle est la question fondamentale que la croyance populaire pose au moment de la mort. Pour le savoir, ouvrons la Bible, principal ouvrage de référence en la matière.

La Bible nous dit en effet que Dieu avait béni Noé, l’homme qui avait trouvé grâce à ses yeux, et ses fils avec lui. Qu’il avait ajouté : “ Ceci est le signe de l’alliance entre moi et vous. Toute âme vivante restera avec vous pour les générations à venir et les temps indéfinis ”.

Après le déluge, où tous les méchants portés au mal, hommes, femmes et enfants, engloutis, furent tués, Noé, charpentier de son état, s’installa vigneron. Le vin coulera à flots et, sans voisin pour l’entretenir de la pluie et du beau temps, Noé, pour tuer son ennui et son chagrin, se mit à boire, à s’enivrer et à se retrouver tout seul, tout nu, au milieu de sa tente, empestant la sueur et l’alcool. Son fils cadet, Cham, père de Canaan, le découvrira dans cet état triste, lamentable, pitoyable, et ira raconter sa découverte à ses deux frères Sem et Japhet qui labouraient leurs champs. Gaffe fatale !

Car Noé finira par se réveiller de son vin et apprendra sa déchéance de la bouche de ses deux autres enfants. Son secret étant ainsi devenu secret de polichinelle, Noé, furieux, s’écria : “Maudit soit Canaan. Qu’il devienne le dernier des esclaves de ses frères. Béni soit le Seigneur, le Dieu de Sem, et que Canaan devienne son esclave. Que Dieu octroie un vaste espace à Japhet, qu’il réside dans les tentes de Sem. Que Canaan devienne aussi son esclave”. Et le petit-fils payera de sa vie l’indiscrétion de son père car il n’avait pas trouvé grâce aux yeux du Dieu de Sem alias Allah.

Or, Canaan a l’oreille bien faite : travailleur infatigable, il ne prêtera aucune attention à la malédiction de son grand-père et, sans l’aide de Dieu, produira, à la force du poignet, du lait, du miel, des fruits et du bon grain sur cette terre ingrate, chose qui sera férocement convoitée par le Dieu de Sem alias Allah puisque c’est l’arme à la main qu’il fera main basse sur son minuscule lopin de terre fructifié à la sueur de son front. Alors que, créateur du ciel et de la terre, il avait donné à son grand-père ivrogne la Terre entière sur un plateau d’argent ! Canaan à qui on ne connaît, pourtant, qu’un seul tort : être libre comme l’air, avoir une terre, connaître la réussite sans bâton ni glaive et vivre en harmonie avec sa famille, en bonne intelligence et en paix avec ses voisins. Et – ironie du sort – ce sont les descendants de Sem qui deviendront esclaves malgré l’omnipotence, l’omniprésence et l’omniscience du Dieu de Sem, d’Abraham, d’Isaac et de Jacob alias Allah.

En effet, là où tous les peuples du monde vivaient et vivent sur une terre qu’ils ont héritée de leurs ancêtres, une terre qu’ils lèguent à leur tour à leurs enfants, le peuple élu que Dieu avait créé était un peuple sans terre, sans patrie, qui, pour vivre, errait de terres étrangères en terres étrangères.

Dieu réparera cette fâcheuse lacune et, exécuteur testamentaire des dernières volontés de Noé, il facilitera sa sédentarisation en prenant à son compte la malédiction du grand-père ivrogne, puisque, sans désemparer, il fera l’éducation guerrière du peuple élu de A à Z. Il dira à Moïse, faux prince d’Egypte et traître au Pharaon : “Je suis le Dieu de ton père, le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob. Sans conteste, j’ai vu l’affliction de mon peuple qui est en Egypte et j’ai entendu sa clameur à cause de ceux qui le poussent au travail, car je connais les douleurs qu’il endure. Et je me mets en devoir de descendre pour le délivrer de la maison des Egyptiens et de le faire monter vers un pays bon et vaste, vers un pays ruisselant de fruits, de lait et de miel, vers l’endroit où se trouvent les… Cananéens, les Amorrhéns et les Jébuséens. Repars vers Pharaon, fais sortir mon peuple, les fils d’Israël, d’Egypte car je t’ai fait Dieu aux yeux de Pharaon”.

Ainsi donc, le peuple d’Egypte n’était pas le peuple élu du Dieu de Sem, d’Abraham, d’Isaac et de Jacob alias Allah, et Moïse, sauvé de justesse des eaux du Nil par la soeur du Pharaon et qui en avait fait son fils adoptif, n’était pas non plus le Chevalier Bayard sans peur et sans reproche.

En effet, recherché par la police pour avoir assassiné un sujet égyptien, pris de panique, il avait pris le grand large et s’était sauvé loin du Pharaon. Il était donc en cavale quand Dieu lui vint en aide. Ainsi, donc, Dieu apporte la preuve irréfutable que son commandement “tu ne tueras point” ne s’applique pas aux élus de son coeur, aux hommes qu’il choisit pour accomplir ses macabres desseins comme il est clair que Moïse, élevé au sérail et qui parlait d’égal à égal avec Pharaon et les membres de la maison royale et qui, de surcroît, avait montré son vrai visage, était la perle rare, l’homme idéal taillé sur mesure pour mener à bien la guerre contre Canaan dont la destruction était devenue une idée fixe et une obsession chez le tout-puissant Dieu de Sem, d’Abraham, d’Isaac et de Jacob alias Allah. De plus, il avait fait ses preuves en abattant froidement un Egyptien au seul motif qu’il frappait un… Hébreu !

D’autant plus que Dieu, un chef de guerre psy habile à manier la stratégie de la tension et stratège militaire d’inspiration forcément divine, ajoutera : “Quant à moi, je durcirai le coeur de Pharaon et je multiplierai les signes et mes miracles dans le pays d’Egypte. Pharaon n’écoutera pas parce que j’aurai durci son coeur. Il faut que je pose ma main sur l’Egypte et que je fasse sortir mes armées, mon peuple, les fils d’Israël, par de grands jugements”. La Terre Promise n’était donc pas un « no man’s land », un désert pavé de cailloux et de pierres. Habitée par un peuple paisible – et fruit de son travail – la terre de Canaan ruisselait de fruits, de lait et de miel !

Pourtant, Dieu avait formellement interdit aux fils d’Israël de descendre en Egypte : “Malheur à ceux qui descendent en Egypte pour de l’aide” comme il avait également interdit à Isaac : “Ne descends pas en Egypte. Réside dans le pays que je t’ai indiqué, un pays que j’ai juré de donner à ta postérité”. Il changera d’avis sans doute parce que, sans troupe et sans or, à l’impossible nul n’est tenu d’autant plus que “ventre affamé n’a point oreilles”. Aussi il encouragera le fils d’Isaac qui invité par Pharaon s’apprêtait à rejoindre son fils préféré Joseph devenu vice-roi d’Egypte : “Jacob ! Jacob ! Me voici ! Je suis vivant ! Je suis le vrai Dieu, le Dieu de ton père ! N’aie pas peur de descendre en Egypte, car j’y construirai une grande nation” !

C’est ainsi que la postérité de Jacob mangera le bon et la partie grasse de l’Egypte, le pays de Ramsès, pendant… quatre cent trente ans, temps nécessaire pour que les fils d’Israël deviennent aussi nombreux que les étoiles du ciel et – à son insu ? – une grande nation d’esclaves ! Aussi, son combat – “Mein Kampf” – à savoir sa conquête de “l’espace vital” se fera en deux temps.

En effet, Dieu s’attaquera d’abord aux Egyptiens. Et, ici, Dieu innove, il n’attaque pas Pharaon en rase campagne. Il mène des actions de guérilla, il invente l’abc et la technique du parfait terroriste : durcir le coeur du Pharaon, le harceler sans cesse en lui assénant des coups successifs de Jarnac là où ils font mal, dans sa chair et dans son sang. Coups de Jarnac qu’il nomme de « grands jugements » ! Alors que, pour faire plaisir à Joseph, son bras droit et fils de Jacob que ses frères l’avaient jeté au fond d’une citerne pour qu’il y meure sans pain et sans eau et qui, ravisés, l’avaient vendu contre de la monnaie sonnante et trébuchante – trente deniers ? – à leur grand-oncle Ismaël qui, heureusement, avait croisé leur chemin, Pharaon avait eu un coeur tendre et compatissant. Il avait rassuré Joseph en disant : “Dis à tes frères : chargez vos bêtes de somme et allez, rentrez au pays de Canaan. Prenez votre père et vos maisonnées, venez vers moi, ici, pour que je vous donne le bon du pays de l’Egypte et mangez la partie grasse du pays”. Et Joseph avait pardonné à ses frères !

Dieu frappe ainsi un homme généreux et bon puisque déjà Abraham avait, lui aussi, fait un détour par la riche Egypte et profité des libéralités du Pharaon. En effet, tenaillé par la faim, angoissé, Abraham avait décidé de gagner la lointaine Egypte et, chemin faisant, avait dit à sa femme Sarah : “Sarah, s’il te plaît ! Je sais parfaitement bien que tu es une femme belle en apparence. Il arrivera immanquablement que les Egyptiens te verront et diront : c’est sa femme ! Assurément ils me tueront, toi ils te conserveront en vie. S’il te plaît, dit que tu es ma soeur, pour que cela aille bien pour moi à cause de toi. A coup sûr, mon âme vivra grâce à toi”. Et Sarah – une femme légère ou la faim mauvaise conseillère, disait Virgile ? – mentira : elle dira qu’elle est la soeur d’Abraham !

C’est ainsi que, accueilli en Egypte pauvre et affamé, contraint par le malheur et la peur que son âme ne meure à coup sûr, Abraham ne mourra pas, tout ira bien pour lui au-delà de toute espérance car il ressortira de l’Egypte immensément riche grâce aux précieux services rendus au Pharaon par sa femme “sois belle et tais toi”. En effet, le généreux Pharaon couvrira le mari complaisant – et très content ! – d’or, de bracelets et de pendants d’oreilles, de chevaux, boeufs, brebis, ânes et ânesses et, aussi, d’une jolie esclave nommée Agar et qui, à l’insu de son tout-puissant Seigneur Dieu mais encouragé par Sarah devenue vieille et stérile, sera sa maîtresse et mère de son fils illégitime Ismaël et auxquels sur l’ordre de la même Sarah et avec la bénédiction du même Dieu, Abraham leur montrera, sans pitié, le vaste désert. En effet, Sarah devenue entretemps, grâce à son Dieu et malgré sa vieillesse, mère d’Isaac, avait dit à son mari : “Chassez cette esclave avec son fils ; car le fils de cette servante ne sera jamais héritier avec mon fils Isaac”. Un point avec lequel le tout-puissant Dieu d’Abraham et de Sarah alias Allah sera d’accord car il dira à Abraham : “Que ce que Sarah a dit touchant votre fils et sa mère ne vous paraisse point rude. Faites tout ce qu’elle vous dira”.

C’est donc de commun accord que Dieu alias Allah, Abraham et Sarah décideront de leur expulsion dans le désert d’autant plus que, dans cette “combinazione” et dans ce “bon débarras”, tout est cocuages, chantages, humiliations, abandons et haines familiales féroces pour des motifs sordides vieux comme le monde : argent ! Chose qui assurément ne tombe pas du ciel…

Devenu grand, éduqué et élevé par sa mère, une femme humiliée certes mais courageuse et fière – de ses mains elle creusera un puits pour lui donner à boire ! – Ismaël, l’indésirable, apprendra à gagner honorablement son pain quotidien. Il ne fera pas croire que sa femme, une Egyptienne comme sa mère, est sa soeur pour profiter des libéralités des grands de ce monde. Il achètera même à ses petits-neveux, en troc de vingt pièces d’argent, Joseph, l’arrière-petit-fils de Sarah et de son père, que ses frères, commerçants avisés, avaient condamné à mort et Joseph, sauvé de justesse, deviendra esclave d’Ismaël et le Dieu d’Abraham et de Sarah, motus, laissera passer et laissera faire.

C’est ainsi que, abandonné par son père et par le Dieu de son père, rayé du Livre Saint, Ismaël, tombé dans l’oubli, sera, des siècles et des siècles plus tard, récupéré par Mahomet, un obscur bédouin du désert qui deviendra célèbre en s’autoproclamant – excusez du peu ! – prophète du… Dieu de Sem, d’Abraham, d’Isaac et de Jacob ! Il fondera une nouvelle religion, l’Islam – et nul ne sait si Dieu est d’accord puisque, pour lui parler, il n’est jamais descendu du ciel – car cette religion, le glaive en mains, partira à la conquête du monde et, sur la “Terre promise”, deviendra le cauchemar du peuple élu, fils d’Israël descendants d’Abraham et de Sarah puisque, là non plus, nul ne sait si Dieu a fait marche arrière et s’il n’a pas abandonné ses fils de prédilection à leur sort ! C’est donc sur les descendants de ce Pharaon qui avait eu le coeur sur la main et qui avait accueilli ses fils de prédilection à bras ouverts que Dieu par Moïse interposé fera tomber ses terribles plaies – “nuits de cristal”- dix au total, “frappes chirurgicales” qui iront crescendo et qui mettront définitivement K.O. le grand Pharaon.

C’est ainsi que, coup sur coup, Dieu changera les eaux du Nil en sang ; les grenouilles envahiront tout le territoire égyptien, suivies de méchantes mouches venimeuses. Dieu étendra sa puissante main sur les champs : les chevaux, les boeufs, les brebis seront frappés d’une peste dangereuse. Dieu frappera aussi d’ulcères et de tumeurs tous les Egyptiens depuis le nourrisson jusqu’au vieillard et, chaque fois, Dieu durcira le coeur de Pharaon et « discernera et épargnera les riches possessions des fils d’Israël », preuve évidente que les plus riches des fils d’Israël n’étaient pas esclaves. Et « last but not least », viendra alors le tour de l’ultime châtiment, la mise à mort de tous les premiers-nés d’Egypte, à commencer par l’héritier du trône. Et une fois l’Egypte complètement écrasée, son armée engloutie dans cette mer rebaptisée mer Rouge, Dieu fera en sorte que son peuple trouve grâce aux yeux des Egyptiens ! Et du plus pauvre au plus riche, les Egyptiens couvriront d’or, de parures et de vases d’argent, de boeufs, brebis, ânes et ânesses, tous les fils d’Israël. Et, triomphant, Dieu dira : « Ainsi, ils dépouillèrent tous les Egyptiens et Pharaon a appris que personne n’est semblable à Moi ».

Ainsi, donc, l’argent était bel et bien le nerf de cette guerre et force est de constater que le créateur du ciel et de la terre ne peut donner à son peuple la vraie richesse qu’en dépouillant les autres peuples de la terre. Vénal, Dieu s’excite à la vue de l’argent et de l’or, ces petits riens qui faisaient cruellement défaut aux siens. Il contrarie l’adage populaire “vox populi, vox Dei” de bon sens élémentaire : “Qui peut le plus peut le moins” et conforte le principe “la fin justifie les moyens” !

Aussi – et à y regarder de près – le problème n’était pas de savoir si son peuple avait vécu esclave ou s’il avait mangé à satiété le bon et la partie grasse de l’Egypte. Sans terre, son peuple n’avait rien à se mettre sous la dent, ni troupe ni argent. Dès lors, le but avéré était double : transformer un peuple paisible sans terre, des laboureurs habiles au maniement de la houe, de la charrue et du trident, en une vraie armée de professionnels qui n’avaient pas froid aux yeux et qui, aguerris au combat, étaient prêts à tuer, pour les conduire ensuite, après un périlleux voyage à travers le désert, sur les terres de Canaan, cette oasis qu’il avait jurée de donner à la postérité d’Abraham et de Sarah.

D’autant plus que Moïse, en apprenant que les fils d’Israël, sitôt arrivés dans le désert et tenaillés par la faim et par la soif, se lamentaient en murmurant : “Nous nous souvenons des poissons que nous mangions pour rien en Egypte : des melons, des poireaux, des oignons et de l’ail nous viennent à l’esprit” et qu’ils s’étaient élevés contre le Seigneur Dieu en dansant et en criant autour du veau d’or concocté par Aaron qui sera intronisé grand-prêtre : “Demain sera la fête du Seigneur. Voici ton Dieu, ô Israël, qui t’a fait sortir d’Egypte”, n’avait-il pas également montré son vrai visage et son savoir-faire ? N’avait-il pas calmé la colère du Seigneur Dieu en disant : “Que mon Seigneur ne s’irrite point car vous connaissez ce peuple et vous savez combien il est porté au mal” ? Ne dit-il pas que le peuple élu avait toutes les tares ? Et, nerfs à fleur de peau, n’avait-il pas brisé en mille morceaux les tablettes de dix commandements que Dieu avait gravés de son doigt et dont un disait : “Tu ne tueras point ?” N’avait-il pas brûlé le veau d’or, réduit en poudre, dilué dans l’eau et ce breuvage n’avait-il pas fait boire aux fils d’Israël ? Et, nec plus ultra, après ce breuvage, n’avait-il pas fait aligner ces paisibles laboureurs, en rang serré, comme pour la parade, et au laboureur placé à droite n’avait-il donné l’ordre d’enfoncer le glaive dans le ventre du laboureur placé à sa gauche ? Et trois mille cadavres, fils d’Israël, pris au hasard, n’avaient-ils pas mordu la poussière du désert ? Et les survivants n’avaient-ils pas compris du même coup que désobéissance, pitié et pardon signifiaient creuser leur propre tombe ? Pour gagner la guerre contre Canaan, le géant de la race d’Enac, n’est-il pas vrai que Dieu les voulaient de vrais guerriers disciplinés, féroces et prêts à tuer, qui n’avaient pas froid aux yeux et qui manient à la perfection le bâton et le glaive et non de paisibles laboureurs pleurnicheurs apeurés par le malheur qui se lamentent et murmurent sans cesse ? Pareil job guerrier était-il taillé sur mesure pour le fils du charpentier Joseph, un homme de paix d’origine modeste ?
Aussi, face au géant de la race d’Enac, Dieu ne fera pas des miracles : c’est l’arme à la main qu’il ira au combat. Déjà l’idée que Canaan, condamné à devenir esclave, soit devenu un homme libre confortablement installé sur ses terres et son peuple errant et esclave, était insupportable aux yeux du tout-puissant Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob alias Allah. Et si Dieu voulait donner une terre riche à son peuple, il fallait d’abord rayer le géant de la race d’Enac du monde des vivants car cette terre il ne pouvait la donner aux fils d’Israël qu’en le rayant de la surface de la terre. Ainsi – et là où Noé avait seulement maudit Canaan et ne l’avait condamné qu’à devenir le dernier des esclaves de ses frères – Dieu, pour accaparer son bien, prononce la peine capitale. Il décrète sa mise à mort.

Dès lors, pour gagner la bataille qui sera engagée contre Canaan, la première question à laquelle il faut apporter une réponse immédiate est :  » Le combien sommes-nous » ? Donc le Seigneur ordonna à Moïse de procéder au dénombrement. Et Moïse les compta tous, un par un. Il s’en trouva en tout six cent trois mille cinq cent cinquante en état de guerroyer qui, endoctrinés, entraînés et armés jusqu’aux dents, quitteront le désert du Néguev et monteront à l’assaut des hautes murailles du géant cananéen qu’il avait béni en son temps. Et ce sera la barbarie, la boucherie, le carnage. D’autant que l’entraînement musclé corps à corps dans le désert pour cette guerre décisive durera… quarante ans !

En effet, Dieu a des idées très arrêtées en la matière car les ordres précis qu’il donnera à Moïse ne laissent planer aucun doute sur ses choix ethniques et politiques : “ Et ton oeil ne devra pas s’apitoyer : âme pour âme, oeil pour oeil, dent pour dent… Le Seigneur Dieu, qui est votre guide, combattra, lui-même, pour vous, ainsi qu’il a fait en Egypte à la vue de tous les peuples. Je chasserai moi-même devant vous les Amorrhéens, les Jébuséens, les Phérézéens, les Hévéeens et les Cananéens. Les enfants d’Israël ne doivent point craindre ces peuples, seraient-ils de grande taille. J’exterminerai tous les habitants de ces pays-là. Je purifierai cette terre afin que vous y habitiez. Si vous ne voulez pas exterminer les habitants de ces pays, ceux qui y seront restés seront pour vous comme des clous dans vos yeux et ils vous combattront dans le pays où vous devez habiter, ce qui causerait votre ruine, et je ferai à vous-mêmes tout le mal que j’avais résolu de leur faire. Ne vous alliez point aux habitants de ces pays-là : vous ne devrez point marier leurs filles à vos fils et vos filles à leurs fils. Je ferai de toi une nation plus grande et plus puissante, si puissante que tu devras dominer sur beaucoup de nations, alors que sur toi elles ne domineront pas. Nul ne fomentera des entreprises secrètes contre vous. Je vous procurerai le repos. Vous aurez aussi pour esclaves les étrangers qui sont venus parmi vous, et ceux qui sont nés d’eux dans votre pays, vous les léguerez à vos descendants par droit héréditaire, et vous en serez les maîtres pour toujours. Mais n’opprimez pas par votre puissance les fils d’Israël qui son vos frères. Aussi, et si l’un de tes frères devient pauvre chez toi, dans l’une de tes villes, dans ton pays que ton Dieu te donne, tu ne devras pas endurcir ton coeur et tu ne devras pas avoir la main fermée à l’égard de ton frère pauvre. Tu devras lui ouvrir généreusement ta main”. C’est donc bien dans la parole de Dieu que le racisme pur et dur trouve sa source primitive…

En effet, Dieu d’un seul peuple, le peuple élu, la race des fils d’Israël de pure souche qu’il a créée, il la veut puissante, supérieure, pure, sûre et dominatrice. Aussi, et après cette vibrante et vigoureuse exaltation de la race pure juive et son corollaire, l’énergique purification ethnique, qui donc peut valablement, décemment, honnêtement, soutenir que le Dieu de Sem, d’Abraham, d’Isaac et de Jacob alias Allah, ouvertement esclavagiste, fera une place nette à sa droite au ciel aux peuples inconnus et disparates et aux natifs de la génération spontanée, à savoir les fils et les filles de la vilaine Lucy qui peuplent notre Terre ? Voués à l’enfer, en aucun cas ils entreront dans le royaume du ciel. Déjà les Egyptiens avaient payé le prix fort. Déjà Dieu avait chassé Agar et son fils Ismaël, les indésirables, sans pain et sans eau, dans le désert pour une sordide question d’héritage. Alors que “la beauté cachée des laids se voit sans délai”, chante le poète.

Déjà dans leur conquête de l’espace vital, le général américain Sheridan, farouche partisan de la guerre totale contre les Amérindiens et – “In God we trust” – fervent lecteur de la Bible n’avait-il pas, lui aussi, copié Moïse et l’Ancien Testament et décrété que : “Un bon Indien est un Indien mort” ? N’avaient-ils pas, eux aussi, fait main basse sur leurs terres ? Et cette conquête de l’espace vital et cette “Solution finale” – pourtant un vrai génocide pur et dur ! – ne les appellent-ils pas le “rêve américain” ? Qu’ont-ils de commun avec Jésus de Nazareth, fils du charpentier Joseph ?

Et, en 1924, alors que l’Allemagne avait perdu la guerre, Adolf Hitler, futur Führer de l’Allemagne nazie, n’écrivait-il pas dans son livre “Mein Kampf” : “Un Etat qui refuse la contamination des races doit devenir un jour maître de la Terre” ? Usurpateur et, lui aussi, génocidaire, n’avait-il pas fait croire aux Allemands qu’ils étaient de la race pure des Aryens, un paisible peuple bronzé installé depuis des millénaires dans le sous-continent indien ? Et comme l’imagination leur faisait défaut et à défaut d’une image forte, ils utiliseront comme drapeau de l’Allemagne nazie, la svastika, une croix à quatre branches égales tournées à droite imaginée par un saint homme brahmane et symbole sacré de l’Inde religieuse, symbole qu’ils souilleront après avoir maculé de sang !

Déjà dans sa guerre contre Canaan, Dieu avait également menacé les fils d’Israël de terribles sanctions pour le cas où, par faiblesse, ils épargneraient ses ennemis. Le châtiment viendra, avait-il dit, de ceux-là mêmes envers lesquels ils auront fait preuve de pitié ou de compassion coupables. Aussi, les vieillards, les femmes, les enfants, les nourrissons, les femmes enceintes sur le siège d’accouchement, tous, devaient être passés au fil de l’épée et rayés de la surface de la terre. Sinon, les survivants seront comme des clous dans leurs yeux et les combattront dans le pays où les fils d’Israël doivent vivre, ce qui causerait leur ruine. Et, circonstance aggravante, Dieu en personne se vengera de cette désobéissance et fera au peuple d’Israël tout le mal qu’il avait résolu de faire à ses ennemis… Et puisque Dieu avait ordonné à Moïse de tuer et de tuer sans pitié et avec une cruauté souvent imitée mais jamais égalée, aucun enfant ne survivra pour pleurer ses parents morts.

En effet, Rahab, une prostituée qui avait caché les espions envoyés par Josué, successeur de Moïse, pour espionner et pour l’informer sur le moral des troupes de Canaan, le géant de la race d’Enac, et, donc, nullement rassuré sur le succès de l’opération – il faut croire que deux précautions valent plus que tous les “grands jugements” opérés en Egypte par son Dieu tout-puissant – sera la seule rescapée de ce tout premier génocide – « Solution finale » – perpétré par le Dieu d’Israël alias Allah, avec l’aide des hommes et est, dit Saint-Matthieu, l’arrière-arrière-grand-mère de Jésus de Nazareth.

Tout sera-t-il voué à la destruction et à la mort ? Non ! Seront épargnés… l’argent, l’or, les bracelets, les boucles d’oreilles, les objets en cuivre et en fer, les pièces d’or et d’argent… car, depuis que l’homme a appris à compter, ces « choses » ont quelque chose de saint aux yeux du tout-puissant Dieu de Sem, d’Abraham, d’Isaac et de Jacob alias Allah. Purifiées, elles feront partie du trésor de Yahvé. Aussi, la morale de cette tragique histoire est, elle aussi, vieille comme le monde : “l’argent, le saint des saints, n’a pas d’odeur et est le nerf de la guerre”. Ici encore, la fin justifie les moyens !

Et, pourtant, contrairement au voeu du tout-puissant Seigneur Dieu, cette terre de Canaan où le sang avait coulé à torrents et dite la “Terre Sainte” est loin d’être une terre de repos. Tous y dorment d’un oeil ouvert, sont sur le qui-vive, bâtissent de hautes murailles à l’instar de Canaan, déjà imitées par les bâtisseurs du mur de Berlin et obéissent au vieil adage romain : “Si tu veux la paix, prépare la guerre” ! “Nul n’est prophète dans son pays” avait dit Jésus-Christ…

Bref, quand un quidam vole un portefeuille en tuant son propriétaire, l’homme de la rue dit qu’il s’agit d’un crime crapuleux et il est condamné à une peine sévère, la perpétuité voire à la peine capitale. Et quand un peuple, les armes à la main, fait main basse sur un vaste territoire en tuant tous ses propriétaires, les vainqueurs et Dieu sont d’accord pour dire qu’il s’agit d’un “haut fait d’armes” ! Aussi, ont-ils l’insigne honneur de figurer dans les Livres Saints et les enfants, innocents et futurs combattants, chantent en choeur d’une seule voix leur gloire dans les églises et les écoles primaires.

Pourtant…“Serpents, progéniture de vipères, comment pourrez-vous fuir le jugement de la Géhenne, méchants comme vous l’êtes ? Car c’est de l’abondance du coeur que la bouche parle. Vos ancêtres ont tué, vous êtes témoins de leurs actes et vous les approuvez. Et pour que vienne sur vous tout le sang juste répandu sur la terre, depuis le sang du juste Abel jusqu’au sang de Zacharie qui a été tué entre l’autel et la maison, oui, je vous le dis : tout cela sera réclamé à cette génération. Vous serez jugés sévèrement” dira avec force Jésus de Nazareth, fils de charpentier et “self-made man”.

Jésus dit « vos ancêtres ont tué », il remonte aux tout premiers jours de la création et condamne tous les meurtres et massacres perpétrés depuis l’assassinat d’Abel par Cain. Homme de paix non-violent et digne arrière-arrière-petit-fils de la Cananéenne Rahab, Jésus – bon sang ne saurait mentir – n’y va pas de main morte, se démarque, se distancie et s’oppose aux fils d’Israël et pareils mots durs, accusations et menaces proférés avec une telle virulence et qui montrent l’abîme qui le séparait du Dieu d’Israël alias Allah ne pardonnent pas. Son Dieu était Amour et non Dieu génocidaire !

Déjà en s’adressant aux hommes venus pour l’arrêter, Jésus avait parlé à la foule en disant : “Comme pour arrêter un brigand, vous vous êtes munis de glaives et de bâtons, alors que chaque jour j’étais assis dans le temple pour enseigner. C’est au grand jour que j’ai parlé au monde, je n’ai rien dit en secret et vous ne m’avez pas arrêté. Vous avez entendu qu’il a été dit : “oeil pour oeil, dent pour dent”. Je vous dis : ne résistez pas au méchant et si quelqu’un vous gifle sur votre joue gauche, offrez-lui également votre joue droite” ! Jésus montre du doigt et condamne le méchant qui avait ordonné à Moïse : “Et ton oeil ne devra pas s’apitoyer : oeil pour oeil, dent pour dent” !

Aussi, en s’attaquant de front et publiquement aux fils et au Dieu d’Israël alias Allah, et en soulevant le peuple au nez et à la barbe du tout-puissant occupant romain, qui n’y allait pas non plus de main morte, Jésus devait à coup sûr savoir qu’il ne ferait pas de vieux os. En effet, il mourra dans d’atroces souffrances, à la fleur de l’âge et sa condamnation, politiquement correcte, ne fait aucun doute d’autant plus que c’est en vain qu’il prononcera ses dernières paroles, son cri de détresse, un appel au secours, un vrai S.O.S : “ Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné” ?

Force est donc de constater qu’il s’était trompé d’interlocuteur car le Dieu d’Israël alias Allah, ne répondra pas à cette ultime supplique de son « fils » bien-aimé Jésus tant et si bien que, intarissable avec Moïse, déjà, de son vivant, il ne lui avait jamais adressé la moindre parole. Indifférent, il avait laissé dire et laissé faire. Son sort il l’avait laissé au bon vouloir du tout-puissant conquérant romain Ponce Pilate qui, sur la “Terre promise”, faisait la pluie et le beau temps au nez et à la barbe du tout-(im)puissant Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob alias Allah ! Comme il n’est jamais descendu du ciel pour s’entretenir avec Mahomet, fondateur de l’Islam. A Mahomet non plus, Dieu donc Allah n’avait prêté aucune attention, il l’avait ignoré totalement. N’empêche, il s’autoproclamera prophète !

Comme il est tout aussi vrai que toute cette tragique histoire n’était, au départ, qu’une banale et vulgaire querelle de famille, monnaie courante lorsque les préférences et les malédictions d’un grand-père ivrogne mal dans sa peau souffrant de la solitude et du mal de vivre et qui plus est, l’unique propriétaire de la planète Terre, rivalisent avec la monnaie sonnante et trébuchante, les meubles meublants et les lopins de terre ruisselant de fruits, de lait et de miel… une rivalité – et Ismaël en est la preuve vivante ! – que le Dieu de Sem, d’Abraham, d’Isaac et de Jacob alias Allah, a médiatisée et transformée en féroces luttes religieuses et haines raciales à l’échelle planétaire et dont les effets cruels, terribles, néfastes, frappent, encore et toujours, tous les peuples de la Terre.

Déjà, depuis que le monde est monde, de grandes et de petites familles ordinaires s’empoignent pour moins que les lopins de terre ruisselant de fruits, de lait et de miel et, sur ce chapitre, Jésus dira « à Dieu ce qui appartient à Dieu et à César ce qui appartient à César ».

Il parlait de la petite pièce de monnaie frappée à l’effigie – “In God we trust” – de César, et valeur refuge de la pauvre veuve qui, pour le salut de son âme, “met dans le tronc de son nécessaire, tout ce qu’elle possède, tout ce qu’elle a pour vivre, alors que le riche, pour le salut de son âme, y met de son superflu”. Preuve évidente que c’est bel et bien la petite pièce de monnaie frappée à l’effigie de César, le saint des saints, qui conduit l’âme des créatures du Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob alias Allah droit au ciel. Et non le péché absous dans le confessionnal qui n’est pas, dit le pape François, une salle de torture. Tout péché a donc un prix et il est clair que la pauvre veuve et le riche n’évaluent pas leur âme au même prix : pour la pauvre veuve son âme vaut son pesant d’or, sa vie, et pour le riche un tout petit pourcentage de son immense richesse, un superflu dont il ne sait pas quoi faire dira Jésus de Nazareth. Le riche attache donc plus d’importance au pain qu’il mange à satiété et la pauvre veuve à “il n’y a pas que du pain que l’homme vit”…

En effet, Jésus n’a-t-il pas dit : “Il est plus facile à un chameau de traverser le chas d’une aiguille qu’à un riche de pénétrer dans le royaume du ciel” ? N’a-t-il pas dit : “Malheur à vous, les riches, car vous avez déjà pleine consolation et qui riez, vous connaîtrez les larmes et le deuil” et “Heureux vous, les pauvres, qui avez faim et qui pleurez, car vous rirez” ? Et Saint-Matthieu est-il sur la même longueur d’onde que le Dieu d’Israël alias Allah quand il dit : “Personne ne peut servir deux maîtres comme un esclave ; ou bien, en effet, il haïra l’un et aimera l’autre, ou bien il s’attachera à l’un et méprisera l’autre. Vous ne pouvez servir Dieu et la Richesse comme des esclaves” ?

Et Dieu est-il sur la même longueur d’onde que Saint-Matthieu quand il proclame que : “Mieux vaut celui qui est peu considéré, mais qui a un serviteur, que celui qui se glorifie, mais qui manque de pain” ? Cette parole pouvait-elle plaire au fils du charpentier Joseph soucieux du bien-être des pauvres ? Aussi, l’Eglise catholique rassure les pauvres fidèles qui mettent dans le tronc “deux petites pièces de monnaie, soit un quart de sou” et dit que sa mère Marie est la mère des pauvres ! Faut-il alors dire à la pauvre veuve que ses peccadilles sont des péchés mortels et au riche que ses péchés mortels sont des peccadilles ? Le pape François croit-il vraiment que sa place est en enfer, alors qu’elle met dans le tronc de son nécessaire, tout ce qu’elle possède, tout ce qu’elle a pour vivre ? Le pape François croit-il vraiment qu’il suffit de rassurer les pauvres fidèles en disant que la mère de Jésus est la mère des pauvres alors qu’il fait la part belle au dogme de Saint-Basile, père de l’Eglise grecque : “Le riche, intendant des dons de Dieu, est au service du bien commun” et qui, aujourd’hui encore, forme la trame de la doctrine politique, économique et sociale de l’Eglise catholique ? Jésus a-t-il dit que le riche était l’intendant des dons de son Dieu Amour au service du bien commun ? N’a-t-il pas dit que le riche, rassasié, riait après avoir trouvé pleine consolation sur la terre ? N’avait-il pas chassé les marchands du temple, ces banquiers usuriers et véreux qui faisaient leur juteux business dans les synagogues avec la bénédiction des prêtres ? Karl Marx n’est-il pas plus proche de Jésus que ne l’était le libéral Adam Smith ? Ainsi, l’Europe chrétienne qui fête Joyeux Noël sait-elle que Jésus a dit que, pour les pauvres, l’enfer était sur la terre et qu’ils riront après leur… mort ? Au total – et depuis que le monde est monde – l’argent ne va-t-il pas aux riches comme l’eau va à la rivière ? Finalement, qui donc a peur de l’enfer ? Bref, et si, au total, le Dieu de Sem, d’Abraham, d’Isaac et de Jacob alias Allah dit que l’homme est porté au mal, ne dit-il pas aussi qu’il “a créé l’homme à son image ?” Et ceci n’explique pas cela… ?

Aussi, face au retour en force des extrémismes, de la violence, des néfastes guerres de religions et des féroces haines raciales, les démocrates du XXIème siècle – hommes et femmes de bonne volonté et, en particulier, la jeune génération épris de paix et d’une redistribution plus équitable de la richesse dans le monde – ont intérêt à être doublement attentifs et à méditer la profonde pensée de Marc Aurèle, empereur romain : “Songer sans cesse comment tous les événements qui présentement se produisent, se sont produits identiques autrefois, et songer aussi qu’ils se reproduiront”…

Leão da SILVA, professeur honoraire de la Haute Ecole de la Ville de Liège, essayiste. Auteur du livre : « Jésus le Révolutionnaire. Une condamnation politiquement correcte », Ed. L’Harmattan, 2007. Site : lemondedesreligions.wix.com/judeochretienne. Email : leaodasilva1@gmail.com

Le retour de Nicolas Ewing

Ah ! Ces journalistes ! Rien ne les arrête ! Toujours à chercher la petite bête ! Toujours à enquêter ! Toujours à révéler tel ou tel scandale, à jeter la suspicion sur l’homme ou la femme politique ! Et bien sûr, toujours à lapider l’homme ou la femme politique qui n’en est plus un ou une ! Et là, je vous le donne en mille : c’est encore Nicolas Sarkozy qui est dans la ligne de mire !

Cet ancien président de la République, aujourd’hui retraité, qui n’embête personne, qui ne bouge pas le petit doigt et qui pousse même le courage à se farcir tous les concerts de son épouse Carla Bruni, le voilà de nouveau au centre des média. Car la justice enquête sur le financement d’un de ses meetings tenu en 2011 à Toulon (http://www.lemonde.fr/politique/article/2014/01/27/la-justice-s-interroge-sur-le-financement-d-un-meeting-de-nicolas-sarkozy-en-2011_4355234_823448.html). C’est cette réunion qui aurait permis au Conseil constitutionnel de rejeter ses comptes de campagne.

Chacun sait le rapport particulier que l’ex-chef de l’Etat entretient avec l’argent. « Je ferai du fric », affirmait-il à ses amis grands patrons, quand il évoquait devant eux son avenir une fois quitté l’Elysée. « Un jour, je gagnerai plus d’argent que vous ». Ces phrases multi-rapportées avec gourmandise par les journalistes sont dans les têtes de tout le monde. C’est le côté American boy de Nicolas Sarkozy : cette absence de complexe vis-à-vis de la réussite et de l’argent, cet étalage de luxe – les belles montres, les belles femmes, les beaux boutons de manchette, les Ray-Ban…

C’est aussi cela qui l’a en partie fait perdre en 2012. De peu, certes. Mais ce fut tout de même un échec. Quoi qu’en pense la droite aujourd’hui. Non François Hollande n’a pas mal gagné, n’a pas pris le pouvoir par effraction, n’a pas été mal élu : Nicolas Sarkozy a perdu. Les faits et les chiffres sont têtus. Il a perdu près de cinq points en cinq ans : de 53 % des suffrages en 2007, il est passé à 48 % en 2012. La droite a tout perdu et son ex-général aussi : toutes les élections intermédiaires (hormis les européennes de 2009 mais je mettrais ces élections à part) et le Sénat ! Un exploit !

Et la droite ne s’en rend pas compte. Elle refuse de faire son examen de conscience, d’exercer ce droit d’inventaire salutaire pour elle. Elle attend le retour de Nicolas Sarkozy, sans faire le moindre travail sur elle-même, sans se repenser, sans se projeter dans l’avenir. Non, elle attend, fébrile, les lèvres tremblantes, comme anesthésiée par ce retour éternel : chaque mois, plusieurs articles relatent les confidences, les apparitions, les petites phrases savamment distillées par l’ancien maire de Neuilly-sur-Seine sur ses concurrents et adversaires. Dixit Brice Hortefeux : « Ce sont des cartes postales envoyées aux Français » (http://www.huffingtonpost.fr/2013/11/28/nicolas-sarkozy-2014-retour-accelere-selon-hortefeux_n_4354311.html). Bonjour les vacances !

La droite attend comme moi j’attends la saison 4 de « Game of Thrones » ou la prochaine saison d’« American Horror Story ». Le retour de Nicolas Sarkozy, ce sera la série 2012-2017, avec ses saisons, ses héros, ses seconds rôles et ses figurants… D’ailleurs, Gérard Larcher, ancien président du Sénat, ne dit pas autre chose dans Le JDD : « Il faut arrêter le feuilleton Sarkozy » (http://www.lejdd.fr/Politique/Videos/Larcher-Il-faut-arreter-le-feuilleton-Sarkozy-649922).

Au fond, l’UMP, ça devient « Dallas » et la famille Ewing : un univers impitoyable, dans lequel François Ewing, Jean-François Ewing, Alain Ewing, Xavier Ewing… veulent la peau du frère aîné Nicolas Ewing, prendre sa place de chef de famille et diriger les affaires car elles seraient tellement mieux gérées par eux-mêmes que par ce perdant de Nicolas ! Un beau scénario ! « Avec du sang sur les murs », « des crocs de boucher » pour reprendre ces petites phrases sarkozystes et pour donner du suspens et faire monter l’audience !

Trêve de fadaises. Pourra-t-il revenir ? Ce serait assez invraisemblable. Mise-t-on sur un vieux cheval ? « A vin nouveau, outres neuves », nous enseigne Marc 2, 22. N’est pas Napoléon Ier ou De Gaulle qui veut ! Pour ces deux héros de notre histoire national, le retour était espéré, attendu, rêvé ! Mais dans le cas de Nicolas Sarkozy, ressent-on dans la population française cette espérance ? Des tréfonds du peuple, entend-on cet appel ? Nous disons-nous in petto : « C’était tellement mieux quand Nicolas Sarkozy présidait aux destinées de notre pays ? » Que nenni ! A part à droite – et encore, ce sont des sondages –, qui souhaite cela ? Pas les UMP qui veulent devenir président de la République, cela est certain.

Les retours – quand ils sont suscités – ne fonctionnent que rarement. Pour ne pas dire jamais. Dans le cas de Nicolas Sarkozy, revenir sans la primaire, c’est la meilleure façon de perdre 2017. Et ce ne sont pas les institutions de la Vème République (comme l’affirme l’ineffable Henri Guaino) qui empêchent l’Ex de se soumettre à la primaire, c’est le quinquennat qui a profondément modifié la façon de vivre la politique et de la faire. Mais il ne l’a toujours pas compris.

Et puis nous sommes en 2014… D’ici trois ans, il s’en passera encore d’autres et sans doute des étonnantes. Après tout, jusqu’en mai 2011, pratiquement tous les Français (et tous les sondages) croyaient que le prochain président de la République serait l’ancien Directeur général du FMI, Dominique Strauss-Kahn… La meilleure façon de revenir, pour Nicolas Sarkozy, c’est de cesser de faire parler de lui et de s’agiter un peu partout en affirmant qu’il reviendra. En est-il capable ?

Galanterie

J’ai entendu, le 20 janvier dernier au soir, dans l’émission de France Inter Le téléphone sonne, consacrée à un projet de loi gouvernemental visant à accroître l’égalité entre les hommes et les femmes, une féministe acharnée dire que la galanterie était un comportement sexiste, puisque différenciant les hommes et les femmes, au mépris précisément de leur égalité. Elle prenait l’exemple de l’usage qu’il y a pour un homme de s’effacer devant une femme pour la laisser pénétrer la première dans une pièce, de lui tenir la porte à cet effet, etc.

Notre emportée préférerait-elle qu’on lui claque la porte à la figure ? Elle oublie manifestement que la galanterie est une création récente, et purement occidentale, datant de la civilisation courtoise du 13e siècle. Totalement ignorée des civilisations antiques, comme celle de la Grèce et de Rome, elle l’est aussi de beaucoup de civilisations aujourd’hui, dont le machisme et le mépris des femmes n’ont pas de limites. Pour compenser l’infériorité physique de la femme, qui est une évidence malgré ce que disent les partisans de la théorie du Genre (voir mon billet « Genre » dans le n° 202 de Golias Hebdo), on a au Moyen-Âge imaginé chez nous de donner à cette dernière quelques avantages, dont elle ferait bien de voir la nécessité dans son intérêt même. Elle aurait tout à perdre à leur abandon. Veut-on en effet revenir à l’homme préhistorique, tenant sa massue dans une main, et traînant de l’autre sa femme par les cheveux ? Ou au cynisme de Groucho Marx : « Je vous céderais bien ma place, mais elle est déjà occupée ! »
Notre enragée féministe, pour atteindre à cette sacro-sainte égalité, veut valoriser chez la femme des comportements dits virils, comme la force, la dureté, l’énergie, l’ambition, etc. Mais que dire de ces « valeurs » ? Elles sont bien problématiques. Que gagne une femme à singer un homme ? « Quand sur une personne on prétend se régler / C’est par les bons côtés qu’il lui faut ressembler », dit Molière dans ses Femmes savantes (I, 1) De toute façon, à terme l’eau triomphe toujours du rocher, et la vallée de la montagne. Plus fait douceur que violence, et Lao-Tseu dit très bien dans une parole qu’on ne méditera jamais assez : « Connais le masculin. Adhère au féminin. Sois la vallée du monde… » (Tao-te-King, 28) Mais évidemment il ne connaissait pas la théorie du Genre !

Hollande chez François

Le « Hollande » nouveau serait-il arrivé ? Depuis ses vœux du 1er janvier traduisant à l’évidence un relatif tournant dans le domaine de la politique économique, dans un sens plus « droitier » ou du moins plus proche d’une politique de l’entreprise, l’actuel président François Hollande semble se positionner différemment. Faut-il alors imaginer un improbable rapprochement avec le catholicisme, dans le contexte favorable d’un pape François qui serait plus social ? Ce serait sans doute trop dire mais l’interrogation demande sans doute à être creusée, tandis que se profile une visite prochaine de François Hollande le Français chez l’autre François l’Argentin. En date du 24 janvier.

Le moins que l’on puisse est que les deux « François » qui vont se rencontrer à Rome le 24 janvier ne bénéficient pas d’une même côte de popularité. Ceci pourrait expliquer la résolution prise tardivement, par un François Hollande se rapprochant du centre de l’échiquier politique, de rendre une visite diplomatique à celui qui a été parfois consacré en 2013 comme l’homme de l’année. Contre mauvaise fortune bon cœur, François Hollande s’est résolu à accomplir une démarche dont il pense qu’une majorité de Français n’aurait pas compris qu’il s’y refusât.
De son point de vue, était-ce vraiment une bonne idée ? Rien n’est moins sûr. Le pape, souriant devant les caméras, mais doté d’un caractère fort et impérieux qui exaspérait jadis la présidente de l’Argentine, pourrait bien consolider son avantage en remontant les bretelles de François Hollande, en privé, sur les questions sociétales les plus sensibles, à commencer par l’avortement et l’euthanasie, mais également au sujet de sa volonté d’intervenir en Syrie. La manifestation « pro-vie », qui s’est tenue à Paris le dimanche 19 janvier, rassemblait 16.000 personnes hostiles à une modification des conditions d’interruption de grossesse, jugées « banalisant l’avortement ». En tout cas, dans les prochains mois, l’affrontement devrait atteindre un sommet encore jamais atteint en France, sur les questions de procréation et de fin de vie. François Hollande espère-t-il que sa visite à l’habile pape François désarmera la bombe ? Ce serait une illusion de le penser.
Sans doute, à certains égards, ce pape « de gauche » semble moins éloigné du gouvernement que ne pouvait l’être son prédécesseur, que François Hollande jamais ne visita. Pourtant, c’est la laïcité qui est aujourd’hui en souffrance car moins comprise par une opinion qui ne comprend pas comment l’influence des hauts responsables catholiques pourrait les menacer avec un pape si sympa. Et l’incontournable prise en compte d’une autorité universelle du chef de l’Eglise catholique finalement indirectement avalisée par un président socialiste. Méandres de l’histoire présente.

Découvrez l’ensemble de notre dossier dans Golias Hebdo n° 320 de cette semaine : http://golias-editions.fr/article5213.html