Un prêtre viré pour avoir soutenu le mariage homosexuel

Le père José Nicolas Alessio (Cordoba), 55 ans, a été démis de ses fonction religieuses par la Congrégation pour le clergé (Vatican) le 6 février 2013. Une décision honteuse qui intervient alors qu’il était suspendu depuis 2010 par sa hiérarchie directe alors même que le pape François était archevêque de Buenos Aires et primat d’Argentine.

Le crime du père Alessio est d’avoir soutenu la loi de 2010 légalisant le mariage homosexuel dans le pays et d’avoir critiqué les positions de l’Église sur le sujet. Il avait alors dénoncé «  une Église monarchique, fermée et autoritaire  » et assure aujourd’hui vouloir continuer sa mission de prêtre car selon lui «  les fidèles se moquent de ces décisions officielles  ».

Notre-Dame-des-Landes : pas de repit pour les « zadistes »

La mobilisation se poursuit et va bon train sur la Zone d’aménagement différé de Notre-Dame-des-Landes, rebaptisée depuis en Zone à défendre.

Les manifestants campent toujours sur place et ont entamé une remise en culture des terres destinées au projet de l’ « Ayraultport ». Une lutte qui commence à payer, puisque les recommandations formulées mardi 9 avril 2013 par la Commission de dialogue, conduisent à modifier en substance le projet et appellent de nouvelles études qui devraient prendre plusieurs mois. Les travaux ne devraient pas démarrer avant l’automne et la superficie du futur aéroport serait revue à la baisse. Les cabanes disséminées dans la ZAD tiennent bon !

Vénézuela : coup d’Etat en vue ?

Nicolas Maduro, président par intérim du Vénézuela depuis la mort de son mentor Hugo Chavez, a remporté les élections présidentielles de la République bolivarienne avec 50,66 % des voix contre 49,07 % pour son adversaire Henrique Capriles. Mardi 16 avril 2013, des milliers d’opposants ont manifesté dans les rues de Caracas pour réclamer un recomptage des voix relayant ainsi les accusations de Henrique Capriles qui refuse de reconnaître la victoire de son rival. Les manifestations ont fait au moins sept morts et plus de 60 blessés.

Nicolas Maduro accuse l’ambassade américaine d’avoir financé et orchestré ces troubles. Des déclarations qu’on ne peut prendre à la légère dans un pays où la CIA est très présente et a notamment participé activement au coup d’Etat contre Hugo Chavez en 2002. A ce sujet, le livre de l’avocate Eva Golinger Code Chavez – CIA contre Venezuela montre très clairement les agissements des services secrets américains au Vénézuela comme dans tous les pays qui résistent aux multinationales (Bolivie, Equateur, Honduras,…).

Les grands médias restent désespérément silencieux à ce sujet et continuent de présenter Henrique Capriles comme un démocrate de centre-droit. En réalité, cet ex-militant d’extrême droite possède un empire médiatique et est soutenu par la National Endowment for Democracy (NED), un paravent de la CIA. En 2002, lors du coup d’Etat contre Chavez, il avait fait arrêter le ministre de l’Intérieur et de la Justice et avait participé au blocus de l’ambassade de Cuba à Caracas pour affamer les diplomates et leur famille.

La présidence de Nicolas Maduro s’annonce délicate, tant les enjeux politiques intérieurs et les pressions extérieures sont fortes. L’héritage de Chavez est lourd à porter, avec des tentatives de déstabilisation déjà très présentes et notamment les défis économiques à relever.

Les dérives sectaires dans
le domaine de la santé
Médecins ou charlatans ?

La commission d’enquête sénatoriale « Mouvements à caractère sectaire » vient de rendre public un rapport ouvrant la focale sur les dérives sectaires et thérapeutiques dans le domaine de la santé.

Les mille pages du tout récent rapport de la commission d’enquête sénatoriale « Mouvements à caractère sectaire », qui viennent d’être rendues publiques, sont plus nécessaires que jamais. La commission a été créée à l’initiative du groupe Rassemblement démocratique et social européen (RDSE, le plus ancien des groupes parlementaires français qui compte aujourd’hui 18 sénateurs). Les élus de la Chambre haute souhaitaient prendre le pouls du charlatanisme en matière de santé et ont pour ce faire auditionné 72 personnalités ; qu’il s’agisse d’experts, d’analystes, de cadres de l’appareil de l’État ou de victimes de gourous thérapeutiques, mais aussi de responsables de mouvements sectaires. La République se devait d’observer l’existence de ces dérives thérapeutiques dues à des pratiques commerciales qui exploitent les peurs et les attentes de la population en matière de santé et de bien-être car ces pratiques peuvent insidieusement orienter leurs victimes vers des pratiques thérapeutiques souvent dénuées de fondement scientifique, et qui, plus grave, compromettent aussi leurs chances de guérison. Car, paradoxalement, alors que la médecine n’a jamais été aussi en pointe, nous en sommes à l’heure où elle est plus contestée que jamais. Les nouveaux moyens de communication – notamment Internet – accompagnent cette mise en cause radicale de la médecine conventionnelle où vaccinations, soins et transfusions sont devenus les nouveaux démons des illuminés et des escrocs du XXIe siècle, tous héritiers d’une matrice anti-Lumières qui professe sa haine de la rationalité.

Certes, la critique au vitriol de la médecine conventionnelle est alimentée par les scandales qui l’ont frappée ces dernières décennies. Ainsi que celui, quotidien, de la marchandisation des soins et de la mainmise de sociétés pharmaceutiques sur le marché du médicament. Des faits qui ne doivent pas pour autant nous faire oublier ces gourous et escrocs en tout genre qui, suivant la même logique de l’appât du gain, ont fait de la maladie et de la quête du bien-être, des mannes financières colossales et intarissables.

Découvrez l’ensemble de notre dossier dans Golias Hebdo n°285

Relique

« Une relique contenant un fragment d’étoffe en lin ‘taché du sang de Louis XVI’, conservée dans un cercueil miniature en acajou et ébène sculpté, a été adjugée mercredi 18.738 euros à l’Hôtel Drouot à Paris. » (Source : AFP, 03/04/2013) Le royal acquéreur ici a incarné une pulsion bien humaine, que je peux appeler « scopique » (désir de voir), et « haptique » (désir de toucher), celle même qui habita Thomas. Pour garantir sa foi dans la résurrection de Jésus, il voulut voir ses plaies et y mettre le doigt, s’attirant la phrase bien connue : « Parce que tu m’as vu, tu as cru. Heureux ceux qui n’ont pas vu, et qui ont cru ! » (Jean 20-29) À quoi bon en effet voir et toucher, si la certitude est intérieure ? Comme dit l’Apôtre : « Nous marchons par la foi, non par la vue. » (2 Corinthiens 5/7)

Mais quel besoin avait notre nouveau dévot de conforter ce que tout le monde sait par l’acquisition au demeurant fort onéreuse d’une preuve visible et tangible ? Bien hasardeuse aussi, puisqu’au dire d’un expert, selon la même source, pour être sûr que le sang est bien celui du roi il faudrait en faire une analyse ADN, ce qui n’a pas été fait.
L’Église a condamné pour avoir fait trafic des choses sacrées Simon le Magicien : d’où le péché de simonie. Mais elle n’a pas pratiqué elle-même ce qu’elle a dit, et n’a pas obéi à la parole précitée de Jésus. Elle a opéré sans vergogne un trafic généralisé de reliques, qui se sont multipliées de façon exorbitante et à l’arrivée totalement cocasse, comme Calvin l’a montré dans son Traité des reliques, chef-d’œuvre d’ironie mordante. Évidemment c’est la Réforme qui a raison : la foi dans toute sa pureté n’a que faire de preuves tirées du monde visible, car elles ruinent toute espérance : « Car c’est en espérance que nous sommes sauvés. Or, l’espérance qu’on voit n’est plus espérance : ce qu’on voit, peut-on l’espérer encore ? » (Romains, 8/24)
Mais cette rigueur est difficile à pratiquer humainement. Qui de nous n’a pas, dans son reliquaire personnel, gardé de l’être aimé mèche de cheveux, vieille lettre, photographie jaunie, etc. ? Au fond, libre à certains, s’ils y trouvent plaisir, de dépenser des fortunes pour une relique même bien aléatoire, et même de se laisser gruger par ceux qui en font trafic… Comme dit très profondément Valéry : « L’esprit n’est pas si pur que jamais idolâtre. »

Doit-on bénir une vache ? – Episode 2. Chez le fermier

Résumé du 1er épisode :
Lors de sa visite chez le cordonnier qui chausse l’évêque, Gérard Humelle, le curé d’une paroisse peu éloignée de l’évêché, évoque l’idée de bénir la vache dont la peau servira à fabriquer les chaussures de l’évêque. A l’appui de son initiative, il montre l’article de La Croix qui relate la bénédiction de deux agneaux :

Benoît XVI a béni, lundi 21 janvier 2013, jour de la fête de sainte Agnès, les deux agneaux dont la laine servira à la confection du pallium des archevêques. Sainte Agnès, vierge et martyre romaine du début du IVe siècle, morte à l’âge de 13 ans, est le plus souvent représentée par un agneau.
Selon la tradition, les deux agneaux ont été présentés au pape dans la chapelle Urbain-VIII du Vatican. Ils ont été apportés dans des corbeilles, la tête couronnée de roses blanches. Leur laine sera ensuite utilisée pour confectionner les palliums remis par le pape, comme chaque année, le 29 juin, fête des saints Pierre et Paul, aux archevêques métropolitains nommés dans l’année.
Avant d’être présentés au pape par les chanoines réguliers du Latran, les agneaux, élevés au couvent romain de San Lorenzo in Panisperna, sont aussi bénis sur l’autel de la basilique romaine de Sainte-Agnès hors-les-murs, sur la via Nomentana, au nord de la capitale italienne.
Le pallium est une écharpe de laine blanche ornée de six croix noires, spécifique aux archevêques métropolitains et symbole de leur lien avec le Siège de Pierre.

«  Pardonnez-moi, monsieur le curé, mais je vois mal le fermier venir à l’évêché avec une vache !
– Réflexion faite, moi aussi. Mais la peau de la vache pourrait au moins être présentée à l’évêque par le tanneur.
– Je vous arrête, monsieur le curé. D’abord, si j’ai bien lu l’article, ce sont les deux agneaux vivants que le pape a bénis et non leurs toisons …
– … Oui, mais la bénédiction de la peau de vache serait un pis-aller ! Rétorqua le curé en étouffant un rire à la suite de son jeu de mots improvisé.
Passé l’effet de surprise sur son interlocuteur, il enchaîna : 
– Je vous prie de m’excuser mais je crois que vous vouliez ajouter quelque chose quand je vous ai interrompu :
– Et bien oui ! Le tanneur en question est un anticlérical patenté ! Alors, mieux vaut ne pas compter sur lui pour vous apporter une peau de vache à bénir !
– Comme c’est fâcheux ! Je ne dirai rien à monseigneur qui serait sans doute contrarié de porter des chaussures en provenance d’une peau tannée par un mécréant !
– Faut pas exagérer, monsieur le curé ! Vos fournisseurs ne sont sûrement pas tous des catholiques ! Ça ne vous empêche pas de vous habiller et de vous alimenter pour autant !
– Vous avez raison. Bon, je vais vous régler la facture des richelieus. Avant de partir, pourrais-je avoir au moins les coordonnées du fermier chez qui le tanneur choisit ses peaux ?
– Aucun problème ! D’ailleurs, il me semble qu’il a fait baptiser ses enfants.
– Dieu soit loué ! Merci, Bertrand, vous me retirez une épine du pied !
– Et bien tant mieux ! Je vais pouvoir ajouter ‘pédicure’ sur ma carte de visite! 
– Un point partout ! … pour l’humour, lança-t-il en quittant les lieux. »
Le comportement du curé laissa Bertrand songeur. Jusqu’alors, il l’avait jugé distant, quelque peu austère et voilà qu’il venait de découvrir un homme qui aimait plaisanter.
Quant au curé qui, la veille sur internet, avait vu la photo des agneaux couronnés de roses blanches blottis et douillettement installés dans une corbeille fleurie de roses rouges, il se félicita de n’en avoir soufflé mot au cordonnier. Il ne se doutait pas que ce dernier, le soir
même, la découvrirait sur son ordinateur !


2. Chez le fermier

Les Durand sont fiers de leurs vaches non seulement pour la qualité de leur lait mais aussi pour celle de leurs robes. Dame ! Depuis quatre générations, le choix des partenaires sélectionnés pour la reproduction s’est avéré le bon puisque depuis des décennies, bouchers, crémiers, fromagers et tanneurs leur sont fidèles. Mais ces derniers doivent aussi féliciter les ouvriers de l’abattoir attentifs, au moment de dépouiller la bête, de ne provoquer ni crevasses, ni éraflures, ni déchirures, ni trous qui dévaloriseraient la peau.
Si certaines races de vaches sont réputées pour la quantité et la qualité de leur lait et si d’autres le sont pour la qualité de leur viande, en revanche, aucune ne l’est particulièrement pour la qualité de sa robe. Ce qui importe, c’est son état et peut-être sa couleur pour la destiner à devenir un cuir apprécié des maroquiniers et des fabricants de chaussures.
François, le fermier, mis au courant par le cordonnier de l’article de La Croix et des intentions du curé, tint une réunion de famille pour en discuter. Emmanuelle, la mère, croyante et occasionnellement pratiquante, était touchée par la proposition du curé de bénir la vache qui sera sélectionnée par le tanneur. Florent, le fils aîné, trouva ridicule et sadique d’avoir fleuri des agneaux pour les bénir avant de les égorger. Margot, sa sœur cadette, dont l’humour était parfois caustique, se proposa de tresser une couronne de fleurs pour orner les cornes de la vache qui sera bénie.
«  Tu rêves ! Riposta Florent, les agneaux ont été élevés dans un couvent, ce sont de pieux agneaux qui ont été bénis sur un autel. Nos vaches et nos étables ne sont pas dignes d’un tel honneur ! Et ce curé fait tout bonnement du zèle.
– Mais l’initiative du pape a peut-être voulu rappeler le sacrifice de l’agneau pascal. C’est un geste purement symbolique ! Répliqua sa mère. Mais j’avoue que la mise en scène est d’une mièvrerie navrante !  »
Quant au père, qui avait intentionnellement laissé sa femme et ses enfants s’exprimer librement, il émit plus que des réserves sur l’initiative du curé :
«  Primo, je ne vois pas l’intérêt pour les archevêques de porter un pallium dont la
laine a été préalablement bénie sur le dos des agneaux vivants alors que le reste de leurs habits provient sans doute de tissus plus ou moins synthétiques qui n’ont pas été aspergés par un goupillon. Secundo, j’aurais préféré que le pape remercie publiquement le berger plutôt que de se faire photographier en train de caresser les agneaux. Voilà. Bon, si vous êtes d’accord, on va tout de même recevoir le curé et lui répéter vos propos et les miens.
– Mais papa, répliqua Margot, que décideras-tu si jamais le curé veut bénir la famille plutôt que la vache ?
– Bonne question ma poulette ! J’attends vos suggestions.

A suivre …

Mgr Georges Pontier :
un homme fraternel à la tête
de l’épiscopat français

Fraternel, généreux, et de vues plutôt ouvertes, Georges Pontier n’en est pas moins comme beaucoup de ses pairs un homme fondamentalement classique, que le nonce en France au temps de sa nomination, Mgr Fortunato Baldelli, appuyait et appréciait.  Et en qui il voyait une sorte de contre-poids à la ligne Vingt-Trois. Ne payant pas forcément de mine, peu soucieux d’élégance vestimentaire, Georges Pontier est cependant s’il le faut un homme d’entregent et de contact, qui a su s’acquitter de délicates missions à l’étranger, en Amérique latine et au Rwanda. 

L’homme est sympathique et attachant. Vice-Président de la conférence des évêques pendant six ans, archevêque de la deuxième ville de France, il a coiffé la mitre relativement jeune, à 45 ans, en 1988, grâce à la protection que lui assurait Mgr Robert Coffy, qui fut d’ailleurs son ante-prédécesseur à la tête de l’important diocèse phocéen. D’une grande simplicité d’allure, prisant le contact avec les jeunes, Mgr Pontier n’a rien d’un Prince de l’Eglise distant et condescendant. Profondément marqué par l’idée du service fraternel que l’Eglise peut offrir aux hommes, il se veut témoin et non donneur de leçons. En résumé, Georges Pontier est un héritier fidèle du Concile Vatican II. Cela le prédispose à s’engager avec générosité et courage dans le dialogue avec l’islam qui est un élément incontournable d’un programme pastoral d’archevêque de Marseille.

Découvrez l’intégralité de son portrait dans le Trombinoscope des évêques édition 2012

Colère

Elle a mauvaise presse depuis ce qu’en ont dit certains philosophes. Ainsi Sénèque dit qu’elle est une « brève folie » : « Ira furor brevis. » Aussi ai-je été étonné en apprenant qu’elle peut être bénéfique, et que savoir l’exprimer augmenterait pour chacun de nous l’espérance de vie : « Chez les individus les plus ‘répresseurs’ (qui contiennent leurs émotions négatives) une accélération cardiaque se produit qui pourrait à la longue augmenter les risques d’hypertension et d’ennuis…. À partir du moment où l’on exprime sa colère, son ressentiment, on entre dans une logique de possibilité de changement, car râler, c’est demander un changement », explique le psychiatre Michel Lejoyeux (Source : Francetvinfo.fr, 25/03/2013)

Finalement, en y réfléchissant, je reviens de mon étonnement. Car à trop réprimer sa colère, on risque de « se miner » intérieurement, au point de développer des maladies qui peuvent être très graves. Voyez le cas de Fritz Zorn , dans Mars  : il accuse l’éducation puritaine qui l’a paralysé d’avoir causé en lui le cancer qui le ronge. Il meurt de toutes ses larmes et ses colères rentrées. N’ayant pas pu extérioriser son agressivité, c’est sur lui qu’il la retourne, comme le scorpion entouré d’un cercle de braises retourne son dard contre lui-même et se tue. Aussi change-t-il son nom, Angst (Angoisse), en celui de Zorn (Colère), et son livre porte-t-il celui du dieu de la Guerre. Le savoir-vivre empêche de vivre, par la restriction mentale et comportementale qu’il provoque. C’est pourquoi Wilhelm Reich appelait l’éducation l’« édu-castration ».
Jésus lui-même, qu’on qualifie de « doux » (« Doux Jésus ! »), s’est mis en colère, par exemple lorsqu’il chasse les marchands du temple à coups de fouet (Jean 2/15). Cette colère, on a voulu cependant, à l’occasion, la gommer. Dans le texte initial de Marc 1/41, on lit : « Jésus, se mettant en colère… » (orgistheis). Mais dans le texte final, la version reçue : « Jésus, ému de compassion… » (splagchnistheis). La version du « Doux Jésus !  » s’est donc mise en route bien tôt. – Dirais-je la légende ?
La colère est donc un réflexe salutaire, comme un kit de survie. C’est le jet d’encre de la seiche, qui la met à l’abri lorsqu’elle court un danger. « Colère » (mènis) est le premier mot de l’Iliade. Vive donc la Colère exprimée, au moins à certains moments de nos vies !