Répression policière en Papouasie occidentale

Mardi 23 octobre, la manifestation organisée par le West Papua National Committee à Manokwari, capitale de la province de Papouasie occidentale, s’est achevée dans la violence, après les tirs des forces de l’ordre sur la foule.

La communauté internationale et les Eglises ont appelé Djakarta à respecter les droits de l’homme et à faire cesser les exactions de l’armée et de la police envers les Papous.

Les quelque 300 manifestants – des étudiants essentiellement – qui avaient répondu à l’appel du West Papua National Committee (KNPB) allaient entamer une marche pacifique – prévue de l’Université de Manokwari au Borarsi Field, grand terrain servant traditionnellement aux rassemblements – lorsqu’ils se sont trouvés encerclés par la police et l’armée. Lorsque ces derniers tentèrent de les disperser de force, des manifestants se mirent à leur jeter des pierres. Les forces de l’ordre répliquèrent en tirant sur la foule, faisant au dernier bilan, une dizaine de blessés.

Cette manifestation, pour laquelle les organisateurs n’avaient pu obtenir d’autorisation officielle, avait pour but d’alerter la communauté internationale sur les discriminations dont les Papous sont victimes depuis des décennies et de demander que les Nations Unies réexaminent la validité de l’Act of Free Choice de 1969 par lequel leur territoire a été annexé par l’Indonésie (1).

Andreas Harsano, responsable pour l’Indonésie de l’ONG Human Rights Watch, a expliqué sur Radio Australia que la manifestation de Manokwari avait également été organisée pour soutenir l’action de l’International Parliamentarians for West Papua (IPWP) (2) dont les membres se réunissaient le même jour à Londres afin de demander l’envoi d’observateurs de l’ONU en Papouasie occidentale et la mise en place d’un référendum d’autodétermination pour les populations papoues.

Cette attaque par la police d’une manifestation pacifique témoigne du durcissement de la politique de Djakarta envers les Papous, a déclaré le 25 octobre dernier sur les ondes de Radio New Zealand International, le Rév. Socrates Yoman, président de l’Alliance des Eglises baptistes de Papouasie (West Papua Baptist Church), l’une des communautés chrétiennes les plus importantes du pays. Depuis des années, le pasteur n’a de cesse dénoncer les exactions des militaires et de la police en Papouasie, appelant régulièrement la communauté internationale et les Nations Unies à intervenir pour « mettre fin à la souffrance des Papous » et leur permettre d’obtenir le droit à l’autodétermination . « Le gouvernement indonésien a accentué sa répression d’une communauté qui, de son côté, ne faisait que demander pacifiquement qu’on lui accorde la paix et la justice », a-t-il résumé.

Une analyse partagée par les ONG locales, comme l’organisation pour les droits de l’homme Elsham. « Les Papous manifestaient de façon non violente, sans provocation et aucun d’eux n’arborait le Morning Flag (3)», s’indigne son président, Ferry Marisan dans l’édition du Jakarta Globe du 24 octobre. « En revanche, en face d’eux, les forces de l’ordre étaient lourdement armées. »

Dès le 23 octobre au soir, une chaîne de télévision locale retransmettait une video amateur de la manifestation, ne laissant aucun doute sur les violences exercées par les soldats et les policiers à l’encontre des Papous. Interrogé par les médias, le numéro deux de la police de Papouasie occidentale, Paulus Waterpaw, tentait de justifier l’attaque des forces de l’ordre par la « provocation des manifestants qui leur avaient jeté des pierres », mais surtout par le fait que le rassemblement n’avait pas été autorisé.

« Avant chaque manifestation, nous demandons toujours l’autorisation mais nous ne la recevons jamais », rétorque Theo Hesegem, directeur du Law Enforcement and Human Rights Advocacy Network. Dans une dépêche de l’agence Ucanews, il rapporte que le gouvernement refuse systématiquement aux Papous toute manifestation ou rassemblement, même explicitement pacifique.

D’autres manifestations pacifiques avaient également été prévues ce mardi 23 octobre dans plusieurs villes de la province, à Jayapura, Sorong ou Pakpak, mais toutes ont été de la même manière bloquées par la police et l’armée. Les organisations de défense des droits de l’homme et les Eglise protestantes font mention de nombreuses arrestations, informations qui n’ont pas été repris par la presse indonésienne. La relative médiatisation des affrontements de Manokwari, quant à elle, est certainement à attribuer au fait qu’un journaliste chargé de couvrir l’événement a été lui aussi violemment agressé par les policiers.

Oktovianus Pogau, reporter pour le Jakarta Globe et Suara Papua.com, a été en effet roué de coups et à moitié étranglé par cinq policiers alors qu’il filmait les affrontements devant l’université de Manokwari. Bien qu’il ait montré sa carte de presse, les membres de la police indonésienne ont continué à le frapper, le blessant sévèrement au visage et à la tête. Rapportant le soir même sur Internet les faits auxquels il avait assisté et ce qu’il avait subi lui-même, le journaliste a révélé au public les arrestations, les tirs sur la foule (à balles en caoutchouc mais aussi à balles réelles), les blessés et la violence des forces de l’ordre.

Dès le 23 octobre au soir, le porte-parole de la police en Papouasie occidentale, Gede Sumerta, reconnaissait que les forces de l’ordre « avaient été forcées de disperser la foule et d’arrêter onze personnes pour provocation et jets de pierres », mais refusait de répondre aux questions concernant les tirs sur les manifestants.

« Si vous entendez des rumeurs selon lesquelles des personnes auraient été atteintes par des balles, sachez que ce n’est pas vrai », persistait encore à dire le chef de la police de Manokwari, le commissaire Agustinus Supriyanto, alors que les premières photos des blessés par balles circulaient déjà sur la Toile.

Viktor Yeimo, président du KNPB, n’a pas caché son indignation : « C’est intolérable d’entendre ça », a-t-il déclaré le 24 octobre sur Radio Australia, rappelant qu’« au moins dix personnes avaient été touchées par balles, dont quatre gravement ». Peu après, le leader indépendantiste publiait un communiqué de presse intitulé « Il faut que le monde vienne en aide à la Papouasie occidentale » dans lequel il pressait la communauté internationale et l’ONU d’intervenir.

En Papouasie occidentale, les droits des Papous, des journalistes et des défenseurs des droits de l’homme sont régulièrement bafoués, ont à leur tour dénoncé la Pantau Foundation et la Southeast Asian Press Alliance dans une déclaration adressée au gouvernement indonésien. Les deux ONG, suivies par Amnesty International qui a publié un communiqué ce vendredi 26 octobre, ont fermement condamné les violences de Manokwari et appelé Djakarta à faire respecter les droits des Papous et à mener une enquête indépendante afin d’identifier et de poursuivre les auteurs de ces actes de violence « inacceptables ».

Source et lien :
dépêche envoyée par la Rédaction d’Eglises d’Asie
agence d’information des Missions Etrangères de Paris
contact : Régis Anouil (réd chef)
128, rue du Bac
F – 75007 Paris

Notes

(1) Ancienne colonie néerlandaise, la Nouvelle-Guinée occidentale est passé sous la tutelle de l’ONU avant d’être été rattachée à l’Indonésie en 1969, à l’issue d’un référendum très contesté (Act of Free Choice) auprès de quelques Papous choisis pour leur complaisance à l’égard de Djakarta.
(2) L’IPWP qui regroupe des membres de différents pays a été créé en 2008 par l’indépendantiste papou en exil Benny Wenda et quelques parlementaires britanniques. Le groupe, qui s’est réuni à Londres ce 23 octobre 2012 à la Chambre basse du Parlement du Royaume-Uni, a publié une déclaration dans laquelle il appelle l’ONU à réviser la validité de l’Act of Free Choice et à envoyer des observateurs dans la province indonésienne.
(3) Le Morning Star, drapeau indépendantiste papou, est interdit par les autorités indonésiennes. Sa possession et son déploiement sont considérés et sanctionnés comme des actes de « haute trahison et de sédition ».

Grande-Bretagne : un cardinal privé de siéger à la Chambre des Lords

Le cardinal britannique Cormac Murphy-O’Connor, ancien archevêque de Westminster, aurait bien aimé siéger aux côtés des prélats anglicans à la Chambre des Lords. Il aurait été le premier évêque catholique dans cette enceinte depuis la Réforme. Ce désir a été contrarié par le Pape lui-même qui a opposé son véto

Le cardinal, aujourd’hui octogénaire, en reste amer et ne le cache pas. Il ne comprend pas pourquoi le Vatican refuse la main tendue par le gouvernement britannique et qui est un geste de reconnaissance sans précédent du catholicisme au Royaume-Uni. En effet, jusqu’à présent, seul des évêques anglicans pouvaient accéder à de semblables honneurs.

Selon nos sources, Rome n’aurait pas voulu créer ainsi un précédant qui aurait pu inspirer des évêques d’ailleurs. Le Pape entend donner tout son sens et toute son autorité effective au canon 285 § 3 du Code de droit canonique, « il est interdit aux clercs de remplir les charges publiques qui comportent une participation à l’exercice du pouvoir civil ».

Les professions médicales mal réparties sur le territoire

L’offre de santé reste inégale selon les territoires. On compte quatre médecins pour 1 000 habitants en Ile-de-France contre 2,6 en Picardie.

Les professionnels de santé tels que les médecins ou les infirmiers sont concentrés dans le Sud de la France et en Ile-de-France. On compte quatre médecins pour 1 000 habitants en région parisienne, contre 2,6 en Picardie. Cela signifie qu’un médecin picard doit suivre en moyenne 390 patients contre 250 pour un médecin exerçant en Ile-de-France. En revanche, paradoxalement, la région parisienne fait partie des régions les moins bien dotées en infirmiers.

Le nombre de médecins constitue un indicateur essentiel mais insuffisant pour apprécier l’offre médicale. Il faudrait tenir compte du nombre d’heures de travail des praticiens et de leur répartition par spécialité. Surtout, les besoins de la population ne sont pas identiques partout : dans une partie des départements du Sud la proportion de personnes âgées est supérieure à la moyenne, d’où une demande de soins plus élevée. Il est logique qu’on y compte plus de soignants.

Les inégalités sont grandes au sein de chaque région : la densité médicale est aussi moins élevée dans les zones rurales et à la périphérie des grandes villes, alors que les centres-villes sont sur-dotés. Dans une note parue en juillet 2012, l’Insee Lorraine avait par exemple souligné les déficits de la région, mais aussi les écarts internes.

Pour tenter de mieux mesurer l’accessibilité, l’Insee a calculé un « indice d’accessibilité potentielle », calculé au niveau des communes. L’indice tient compte du nombre de médecins en équivalent temps plein par habitant, mais aussi de la structure par âge de la population dans le rayon d’exercice des professionnels. Selon l’Insee, l’accessibilité au généraliste varie peu : seuls 0,2 % des habitants ont un indice deux fois supérieur à la moyenne et 7 % deux fois plus faible. Comme le note l’institut, la quasi totalité des habitants vivent à moins de 15 minutes d’un généraliste et 99 % à moins de 10 minutes. En revanche, pour les spécialistes ce n’est plus le cas : 5 % ont un indice d’accessibilité deux fois supérieur à la moyenne et 20 % deux fois supérieur.

La France ne connait pas une pénurie globale de personnel de soin, mais sa présence sur le territoire reste déséquilibrée, en particulier pour les spécialistes. Certes, chacun peut avoir accès à un large éventail, mais dans des conditions de délais, de coût (incluant les transports) et de qualité qui ne sont pas similaires. A l’avenir, c’est l’accès au généraliste qui pourrait être de plus en plus difficile. En Lorraine par exemple, entre 2006 et 2011, davantage de médecins généralistes sont arrivés qu’il n’en est parti à Nancy. Contrairement à Bar-le-Duc, où la part des arrivées a été plus de deux fois moins importante que celle des départs. « L’offre en structure risque à terme d’être insuffisante dans des territoires très vieillissants et moins dotés », écrit l’Insee Lorraine.

source et lien url : http://www.inegalites.fr/spip.php?article1000&id_mot=110

Menace sur la santé des femmes” :
ces substances qui nous veulent du mal

Le 21 septembre dernier, la communauté internationale a reconnu « les effets néfastes des perturbateurs endocriniens sur la santé humaine et l’environnement » et le « besoin de protéger les sous-ensembles vulnérables des populations humaines et des écosystèmes contre ces atteintes (1) ».

En mars 2013, l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) rendra un avis scientifique sur les risques sanitaires provoqués par les perturbateurs endocriniens, mais les ONG alertent depuis plusieurs années sur les risques potentiels sur la santé. Women in Europe for a common future (WECF) publiait le 4 octobre dernier un ouvrage, Menace sur la santé des femmes (2). De son côté la Grennepride 2012 faisait des perturbateurs endocriniens le thème de son défilé annuel.

Ces substances qui nous perturbent

Une multitude de troubles de la santé reproductive féminine serait directement liée aux perturbateurs endocriniens. C’est ce que met en lumière Menace sur la santé des femmes publié par WECF. L’ouvrage synthétise les travaux de 18 scientifiques réunis en 2008 en Californie et est adapté de l’ouvrage américain Girls disrupted.

«2.000 substances chimiques sont connues pour interférer avec l’appareil reproducteur masculin, mais on en sait encore peu pour les femmes » précise Elisabeth Ruffinengo, chargée de mission pour WECF, qui a travaillé à la traduction de l’ouvrage.

Ainsi, l’ouvrage publié par WECF dresse un constat inquiétant des effets nocifs des perturbateurs endocriniens pour les femmes.

Aujourd’hui de nombreux troubles liés au système hormonal se multiplient au sein de la population : cancers de la prostate ou du sein, obésité, diabète, puberté précoce ou baisse de la fertilité masculine… Mais ces troubles sont décuplés pour le fœtus lors d’une grossesse, si bien que les femmes enceintes et les jeunes enfants sont plus vulnérables.

«Les troubles de la santé reproductive féminine sont une question complexe, tout comme leur étude. Pour autant, il est inacceptable de se retrancher derrière la complexité pour retarder l’action en matière de santé publique. Ces troubles peuvent avoir des conséquences désastreuses pour les femmes qui y sont confrontées. Devant les liens mis en évidence ou fortement suspectés entre des perturbateurs endocriniens bien connus et certains de ces troubles, il est devenu urgent de protéger les périodes de vulnérabilité identifiées par les scientifiques, par l’application de mesures limitant l’exposition des populations », explique Elisabeth Ruffinengo.

Ces 70 dernières années, 80 000 produits chimiques ont été introduits sur le marché sans que l’on ait de données sur leurs effets sur l’environnement ou la santé. Il faudra attendre 2018 avant obtenir toutes ces informations conformément à la réglementation européenne REACH (3) entrée en vigueur en 2007, qui obligent les industriels et importateurs à informer les consommateurs sur les risques posés par les produits chimiques qu’ils utilisent ou mettent sur le marché.

A ce titre, beaucoup de produits du quotidien contiennent des substances chimiques dangereuses pour la santé : les anti-bactériens comme le triclosan que l’on retrouve dans les dentifrices, certains cosmétiques et produits ménagers ; le formaldéhyde, composé organique volatil (COV) présent dans les colles des meubles en bois aggloméré. Les jouets des enfants ne sont pas non plus épargnés puisque certains contiennent encore du chrome, des phtalates ou du formaldéhyde.

Lutter pour la santé des femmes et des enfants

WECF, encore mal connue en France, est une organisation européenne inscrite à l’ONU qui, depuis 1994, fait entendre la voix des femmes dans le développement durable. En 2008, un bureau français a été crée avec à sa tête Anne Barre :

« Notre but est de mener des projets de terrain et pas seulement des plaidoyers. Nous sensibilisons le grand public et les politiques sur les problématiques liées à la santé et à l’environnement. Nos priorités sont l’information du public et la protection des femmes enceintes et des enfants ».

WECF a publié de nombreux guides pour combler le manque d’informations sur les substances chimiques. Par ailleurs, l’organisation a mis en place un site internet, Nesting, qui permet à chacun et chacune de se renseigner sur les polluants de notre environnement intérieur. Présenté comme un « outil ludique », Nesting organise aussi des ateliers et des formations à travers la France entière.
champselectro
cosmetiques
jouets

Politique : vers une interdiction globale ?

Aujourd’hui, si les perturbateurs endocriniens sont arrivés dans le débat public e politique c’est avant tout par le biais du bisphénol A, devenu un emblème de ces subsantces chimiques dangereuses pour la santé.

Le 23 juin 2010, l’Assemblée nationale adoptait une loi visant à interdire la commercialisation des biberons contenant du bisphénol A suite à un avis mitigé émis par l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments (AFSSA). Bien que prometteuse, cette loi était immédiatement jugée insuffisante de la part d’organisations environnementales qui attendaient que l’interdiction soit élargies à tous les plastiques alimentaires comme le prévoyait la première formulation de la loi en juillet 2009.

Le 9 octobre, le Sénat repoussait au 1er juillet 2015, au lieu de 2014, l’interdiction du bisphénol A dans tous les contenants alimentaires. Mais, contre toute attente, et surtout contre l’avis du gouvernement, le Sénat a adopté des mesures interdisant le bisphénol ainsi que tout autre perturbateur endocrinien et substance cancérogène dans tous les dispositifs médicaux destinés aux bébés et femmes enceintes.

Marina Corvillo — EGALITE
Lien et source url : http://www.egalite-infos.fr/2012/10/23/menace-sur-la-sante-des-femmes-ces-substances-qui-nous-veulent-du-mal/

(1) Lors de la 3ème session de la Conférence Internationales sur la Gestion des Produits Chimiques (ICCM3).

(2) Menace sur la santé des femmes, éditions Yves Michel, 2012, 11€.

(3) Regulation on Registration, Evaluation, Authorisation and Restriction of Chemicals (Réglementation sur l’enregistrement, l’évaluation, l’autorisation et la restriction des substances chimiques).

Sandy, Port au Prince, New York

Des dizaines de morts, de disparus, et de blessés; des familles ensevelies dans des maisons écroulées; plusieurs villes encore coupées du monde, inaccessibles aux secours; des routes et des ponts endommagés; le Premier ministre lui-même allant distribuer, devant les caméras, des vivres aux victimes: en Haïti, Sandy a été encore plus meurtrière que ce que l’on pouvait redouter. D’autant que certaines victimes ne s’étaient pas encore remises du passage de l’ouragan Isaac, en août dernier.

Devant de telles scènes de désolation, il ne faut pas hésiter à le reconnaître: il est tout à fait logique que les médias français nous aient tenus en haleine avant même le passage du cyclone. Chacun a bien rempli son rôle. Les journaux télévisés ont multiplié les interventions en direct, en plein vent et sous la pluie, des envoyés spéciaux. Les photographes ont câblé les images les plus sensationnelles. Les commentateurs ont supputé les conséquences de politique intérieure. Les reporters ont sollicité les témoignages des expatriés français. Les sites de presse ont appelé aux témoignages des internautes. Des exemples concrets, tel celui de l’agriculteur de Savane Grande Robert Sénatus, dont l’ouragan a emporté les deux boeufs, ont aidé le grand public, habituellement trop indifférent, à prendre la mesure de l’événement. Pour une fois que les médias ont correctement couvert une catastrophe frappant un pays peu médiatisé, nul ne saurait s’en plaindre.

Dernière minute: fatale distraction ! On me signale que j’avais mal regardé, mal vu, mal écouté. Les reportages radio-télévisés sus-mentionnés concernent en fait une localité continentale nord-américaine du nom de New York, qui a concentré sur elle l’ensemble de la couverture médiatique planétaire de l’ouragan au point que les reportages sur un événement ne s’étant pas encore déroulé, ont supplanté les compte-rendus d’une catastrophe effectivement advenue. Sur les circonstances et les raisons de cette étonnante distorsion, nous allons mener l’enquête.

Par Daniel Schneidermann | Fondateur d’@rrêt sur images |

Les « ex » de l’Eglise :
les dessous d’un tabou

Le sujet est tabou… Et les études menées à ce sujet ne sont pas toutes fiables. La tendance est plutôt à minimiser un phénomène massif autour de 10.000 départs en France (plus de 135.000 à l’échelle de la planète ces 40 dernières années) alors que ce chiffre est très largement en dessous de la réalité comme le montre l’étude qui suit. La très grande majorité de ces départs est silencieuse, un silence lourd de souffrances et d’incompréhensions dans les communautés chrétiennes… Une histoire encore occultée dans l’église de France. Le dossier publié ci-après sur ce sujet sensible lève un véritable tabou encore très vivace dans l’église de France.

L’Eglise catholique aménage régulièrement la notion de pratiquants « réguliers » : il fut un temps où pour bénéficier du label, il fallait la présence à la messe tous les dimanches aujourd’hui une messe par mois suffit… Tout est fait aussi pour minimiser la crise des vocations sacerdotales et religieuses. Avant Vatican II l’Eglise se contenterait de dire que les décès étaient comblés par le nombre d’ordinations chaque année… Il y avait bien quelques « défroqués » mais leur nombre aussi était rangé dans les décès.

Dans son livre, Pourquoi je pars ? (Desclée, 1969, p. 82) Gérard Bonnet rapporte le propos d’un éminent ecclésiastique parlant des départs de prêtres et de religieux dans les années 60 : « Il y a un certain pourcentage de déchets et de pertes. Ce pourcentage n’est guère plus élevé aujourd’hui qu’il ne l’était hier, même si on en fait davantage état. Tu fais partie de ce déchet inévitable. N’en fait pas une histoire. Accepte-le et rentre dans le rang. »

Les départs ne faisaient alors que commencer ; l’hémorragie va s’intensifier, mais combien de « partis » ? Cette recherche tente une nouvelle méthode pour parvenir à identifier ce séisme qui traumatise encore l’Eglise de France. Des explications viendront bientôt, mais à ceux qui en attribuent la cause au Concile Vatican II, nous posons la question : pourquoi les jeunes ont boudé et continuent de bouder le sacerdoce et la vie religieuse aujourd’hui encore après Jean Paul II et sous Benoît XVI ? Pourquoi les congrégations ne recrutent qu’à l’étranger ? Pourquoi ceux qui sont encore prêtres, religieux et religieuses ont pu rester sinon parce que leur statut de « restés » s’est beaucoup amélioré, précisément à cause de Vatican II…
Pour l’heure comment atteindre le nombre des partis ? On les dit autour de 10 000 ? Nous arrivons au chiffre de 60 000 ex-prêtres, ex religieux et religieuses…
Celles et ceux qui, après s’être engagés dans le ministère presbytéral ou la vie religieuse, ont fait le choix d’une autre vie, font l’objet de la part de l’Eglise, de leur entourage et de la société en générale, d’un vocabulaire négatif. Julien Potel, prêtre de la Mission de France (décédé en 2007) pourtant peu suspect d’un tel regard, considérait que les termes généraux les plus souvent employés : rupture d’engagements, départ, abandon, le fait d’avoir quitté, ne comporteraient pas de jugement de valeur de la part des utilisateurs.

Découvrez l’ensemble de ce dossier dans Golias Magazine n°145

Néccessite, hasard, destin
2. Le moustique et la plante carnivore

Qu’est-ce qui a poussé ce moustique à atterrir sur un droséra émergé des sphaignes, ces mousses à peine enracinées dans les lieux humides ? A-t-il voulu s’y reposer ? A-t-il été attiré par son odeur ou par son aspect ?

Si l’on se réfère à l’étymologie, il semblerait que ce soit ce dernier qui ait servi d’appât puisque ‘droséra’, d’origine grecque, signifie ‘couvert de rosée’, et ‘rossolis’, son équivalent latin, se traduit par ‘rosée du soleil’. Or, dans la tourbière, cette escale a peut-être semblé une aubaine pour notre suceur de sang. Mal lui en a pris ! Il était surtout une nourriture attendue par la plante qu’un jeûne prolongé rend paraît-il plus brillante. A peine a-t-elle été à la portée de ses tentacules que la bestiole a été engluée d’une matière visqueuse dont ses efforts pour s’en libérer, loin d’être efficaces, ont augmenté la sécrétion fatale de son prédateur. Dès lors, la feuille s’est refermée lentement pour la digérer.

Telle est la réalité de la chaîne alimentaire qui, à ce niveau-là, est étrangère aux sentiments.

Enfin, quel sort attend cette plante des tourbières si ce n’est de rejoindre l’humus ? Sans nul doute, mais auparavant, qui aurait imaginé qu’elle serait un jour étudiée et exploitée pour soigner, le ‘chant du coq’, qui loin d’être une affection champêtre, n’est autre que la pénible coqueluche ?

Historicité

Certains ont besoin, pour assurer et garantir leur foi, que soient historiques, donc pour cette raison authentiques, les événements qu’ils voient rapportés dans les livres saints. Ainsi je viens de voir sur le site du Point (19/10/2012) que les oliviers actuels de Gethsémani seraient issus de boutures de ceux qu’a connus Jésus lors de son agonie. Des scientifiques, qui ont étudié le patrimoine génétique de ces arbres d’aujourd’hui, disent qu’à l’origine il n’y avait qu’une seule plante mère, et donc les toucher maintenant serait toucher la même matière ligneuse que celle que Jésus a pu lui-même toucher. La foi des croyants pourrait donc s’y trouver fortifiée, et, c’est le cas de le dire, enracinée.

Il y a un côté évidemment superstitieux de la foi ainsi comprise, et on sait que l’Évangile lui-même, contre l’attitude de Thomas, affirme heureux ceux qui croient sans voir (Jean 20/29). Mais surtout, on se méprend complètement sur la nature du texte sacré : il n’est pas du tout une relation historique, mais un texte symbolique invitant à la réflexion, et élaboré par une reprise d’anciens textes, selon la méthode exégétique, bien connue des juifs, du midrash. À partir du grec, on parlerait de palimpseste, ou réécriture d’un texte plus ancien.
Ainsi, pour l’agonie aux Oliviers, certains manuscrits de Luc, mais pas tous, disent qu’une sueur de sang tombe de la tête de Jésus, et que lui apparaît un ange pour le fortifier (22/43-44). Cet ange est une reprise d’un passage du premier livre des Rois (19/5) : l’intertextualité est ici évidente. Mais la question principale est celle-ci : comment sait-on ce que Jésus a vécu et dit à ce moment-là ? Les seuls témoins « historiques » de la scène, les seuls donc qui pourraient être habilités à nous le dire, sont les Apôtres : mais ils dorment à ce moment-là ! La vérité est que le narrateur de l’épisode invente comme il veut, exactement comme fait un romancier. Son récit est fait de réminiscences trouvées dans un texte ancien (« inventer » au sens ancien, qui vient de invenire, trouver), à quoi il ajoute de son cru : « inventer » au sens moderne. Certes ne nous trompons pas : ce texte est infiniment riche et fait beaucoup penser. Mais n’allons pas lui chercher, comme ceux qui ont étudié et exploité nos oliviers, une quelconque inscription et garantie historiques !

Elections américaines :
Les Mormons à l’assaut
de la Maison Blanche

Le 6 novembre 2012, les États-Unis désigneront pour quatre années leur président de la République. D’ores et déjà, bon nombre de médias français consacrent une place centrale à cette échéance importante qui aura, assurément, des répercussions sur l’économie mondiale en pleine tempête, ainsi que sur la géopolitique internationale. À rebours d’une personnalisation du bipartisme américain, « Golias Magazine » (cf : http://www.golias-editions.fr/article5095.html) vous propose une plongée dans les valeurs des mormons et de leur « Église de Jésus-Christ des Saints des derniers Jours ».

Longtemps marginalisée et considérée comme secte par les autres mouvements religieux américains, la figure du candidat républicain membre de l’Église, Mitt Romney, est peut-être l’incarnation et l’instant historique de l’assimilation définitive de ce culte très attachée à l’argent et à la réussite individuelle. Le duel Obama – Romney est aussi le moment de s’interroger sur ce qui lie indéfectiblement le camp démocrate et le camp républicain. C’est pourquoi nous vous proposons un entretien avec l’historien Thomas Rabino. Nous revenons avec lui sur le patriotisme et la culture de guerre américaine, avant de nous intéresser à la campagne démocrate, et celle, minoritaire mais originale et salutaire, du Parti Vert américain. Derrière le prochain duel électoral se profile
une Amérique au cœur de batailles.

Découvrez l’ensemble de notre dossier dans Golias Magazine n°145 (http://www.golias-editions.fr/article5095.html)