Addiction

Lors de la panne générale du 6 juillet dernier qui a affecté le réseau téléphonique d’un des plus grands opérateurs français, ses utilisateurs ont été privés de la faculté d’utiliser leur portable : un grand nombre d’entre eux se sont sentis perdus, désemparés et paniqués, à un point tel qu’on peut se demander de quelle angoisse cette prothèse les protège. L’émoi a été énorme, relayé immédiatement par les medias, de façon significative. Pour dire cette peur de la séparation d’avec l’instrument, on a forgé un néologisme, la « nomophobie », francisation de no mobile phobia, notion apparue dans une étude britannique de 2008. En France aujourd’hui, plus de 50% des utilisateurs pensent ne pas pouvoir se passer plus d’une journée de leur mobile, et même ils seraient 20% à avoir besoin d’emporter leur smartphone dans leur chambre à coucher (source : L’Ordinateur individuel, juillet-août 2012, p.36). Bref, l’instrument sert d’ objet transitionnel ou de doudou, transformant en enfant celui qui s’en sert.

De cette dépendance nous sommes des victimes consentantes, et on pourrait parler ici, en changeant le contexte, de cette « servitude volontaire » décrite par La Boétie. Un peu de réflexion tout de même nous montre qu’un téléphone ne rend pas libre : est-ce l’être en effet, que d’accourir immédiatement à une sonnerie, comme le chien au sifflet de son maître ? En outre, par le mobile, tout appel est aussitôt localisé : on peut aisément savoir où nous nous trouvons quand nous téléphonons. Mais qui s’en soucie ? Enfin, mis à part les usages professionnels ou d’urgence, la plupart des contenus échangés sont d’une rare insignifiance. La vérité est qu’on a peur du silence, qu’on meuble par du bavardage, ce langage dégradé et inauthentique, cette « parlerie » dont parle Heidegger dans L’Être et le Temps. On redoute la solitude et l’ennui, dont pourtant il faut faire l’éloge, comme moyen salutaire de se faire face à soi-même et de développer sa richesse intérieure, sa créativité.
Enfin, les relations par le mobile, comme celles par Internet, sont totalement virtuelles. On n’a jamais autant « communiqué », et on n’a jamais autant été coupé physiquement des autres. La solution ? Comme Quentin qui casse symboliquement sa montre dans Le Bruit et la Fureur de Faulkner, il faut savoir se déconnecter d’un instrument potentiellement aliénant.

La revanche des bedeaux – 4ème épisode

Résumé de l’épisode précédent
Après avoir lu les différentes lettres écrites par l’ancien secrétaire épiscopal et envoyées aux curés qui prenaient leurs sacristains pour des domestiques, François, notre bedeau, ne put s’empêcher de dire :

«  C’est très bien, c’est même drôle, mais je risque sacrément des ennuis. Il y a forcément des paroissiens qui m’ont vu rendre visite aux sacristains, et comme par hasard, ce sont leurs curés qui reçoivent cette lettre.
– Primo, les paroissiens ignorent si d’autres curés l’ont reçue.
Secundo, comment pourraient-ils faire un rapprochement entre toi et un cousin de l’évêque ?
Tertio, j’envoie les lettres à un copain alsacien qui les expédiera de Colmar.
Quarto, si jamais tu étais soupçonné d’en être à l’origine, je vais te rassurer en te racontant ce
que m’a enfin confié avant-hier la femme du bedeau qui s’est pendu. Mais, auparavant, il faut que tu connaisses le rôle du chef des servants de messe à la cathédrale. C’est un comptable dans le civil, du genre psychorigide. C’est lui qui compte l’argent récolté à la quête du dimanche. Or, il y a quelque temps, il manquait la pièce de 5F habituellement donnée par le châtelain, pourtant présent ce dimanche-là. Dans la quasi-impossibilité de le questionner, il supposa qu’il n’avait peut-être pas la pièce sur lui.
Quelque temps après, le comptable descend à la crypte pour la montrer à son jeune neveu. Dans un angle, il aperçoit un foulard qu’il avait déjà vu au cou d’un mendiant, un habitué du porche. Après la visite, il interroge le sacristain, un des rares à posséder la clé de la crypte :
Et bien oui, un dimanche, il faisait si froid qu’il a eu pitié du mendiant qui grelottait et qui ne savait pas où passer la nuit. Alors, il l’a mis à l’abri dans la crypte.
«  Et par hasard, vous ne lui auriez pas donné en plus une pièce de 5F ? »
Interloqué, il a bredouillé et a fini par avouer qu’il l’avait extirpée du sac dans lequel on met l’argent de la quête pour que ce pauvre diable ait de quoi s’alimenter pendant quelques jours.
«  Ainsi, sans demander l’autorisation à monsieur le curé, vous hébergez un galvaudeux dans la crypte …
– Ce n’est pas un galvaudeux, c’est un pauvre homme. Au Moyen Age, il paraît que les gueux avaient le droit de se réfugier dans le déambulatoire … 
– Mais, on n’est plus au Moyen Age ! Et il ne vous appartient pas de prendre ce genre de décision. En plus, vous volez l’argent qui revient à l’Eglise ! Quand monsieur le curé va
être au courant de vos agissements, je ne donne pas cher de votre peau ! »
Voilà ce que j’ai appris de cette pauvre femme. Quand son mari est rentré le soir, il était effondré, incapable de supporter d’avoir été traité de voleur et de voir son honneur bafoué. Tu connais la suite…
– Mais pourquoi sa femme n’a-t-elle rien dit ?
– Elle craignait d’être accusée de complicité. L’épouse d’un voleur est suspecte ! 
Mais en ce qui te concerne, à supposer qu’on te soupçonne d’être à l’origine de ces lettres, crois-tu les curés assez sots pour porter plainte alors qu’ils se sont rendus, sinon coupables, du moins fort indélicats envers leurs sacristains dont ils abusent de la serviabilité ? Et si d’aventure le curé de la cathédrale avait l’intention de dévoiler notre canular, je l’en
dissuaderais en divulguant l’attitude de son comptable.
Une dizaine de jours passèrent.
Vers 10 heures du matin, le sacristain était en train de laver la 202, quand il fut interpellé par son curé haletant :
«  Arrêtez ! Changement de programme ! ….Je viens de recevoir une lettre d’un cousin de l’évêque …. Je n’en reviens pas, …. Il faut que je reprenne mon souffle …
Bref, je n’ai plus le droit de prendre ma voiture … parce qu’elle pourrait choquer des paroissiens. … Et bien, me voilà dans de beaux draps ! J’ai promis à mes cousins germains de déjeuner chez eux demain midi … Quelle tuile !
– Où habitent-ils vos cousins ?
– Entre Annebault et Bonnebosq.
– Ça fait moins de 20km…
– Où voulez-en venir ?
– J’aurais bien une idée mais elle risque de vous déplaire.
– Dites-la quand même …
– Je suis sûr que le Père Durand pourrait vous prêter sa carriole et son âne…Ce n’est pas trop loin, c’est faisable…
– Mais j’aurais l’air de quoi !
– Sans vouloir vous offenser monsieur le curé… Jésus était à dos d’âne pour entrer dans Jérusalem.
– Evidemment, il n’y avait pas d’automobile à son époque ! Bon, mais après tout, ce
n’est pas une si mauvaise idée. Pouvez-vous vous en occuper ? »
Le lendemain matin, aussitôt après la messe, sous le regard stupéfait de ses fidèles, le
curé se hissa dans la carriole attelée à Cadichon II.
***
Ce dimanche-là, ce n’est qu’à la fin de la messe que l’évêque remarqua l’absence du
chemin de tapis dans le chœur. Il supposa que le sacristain l’avait enlevé pour le faire nettoyer. Le curé, de son côté, s’abstint de lui en parler pour ne pas le contraindre à avouer
qu’il avait tendance à trébucher.
***
L’enfant de chœur du curé maniaque n’en crut pas ses yeux à son arrivée dans la sacristie : sur le meuble à tiroirs, l’attendaient un ciboire et un calice en grès !
«  Mais, mon père, où sont passés les autres vases ?
– Je les ai rangés. J’ai eu pitié du sacristain qui peinait pour les faire briller.
– Est-ce que je peux vous dire quelque chose ?
– Bien sûr, mon grand, je t’écoute.
– Quand les apôtres ont mangé le pain consacré, le Jeudi Saint, êtes-vous sûr qu’aucune miette n’est tombée sur le sol ?
– Tu es un brave garçon, lui dit-il, en lui tapotant la joue. 
***
Etonnement du curé de voir l’aumônier de l’hôpital à la place de l’évêque. Stupeur de l’évêque lisant la lettre d’un faux cousin mais ornée du blason épiscopal.
Décision du prélat de ne pas porter plainte pour ne pas divulguer ses agapes … argentées.
Invitation lancée à l’aumônier pour partager le prochain repas avec l’évêque et le curé.
***
Madame Lefèvre, une paroissienne attachée à la liturgie de sa jeunesse, est indignée de voir son curé célébrer la messe sans chasuble. Elle lui manifeste sa réprobation dans la sacristie après la messe du matin :
«  Mais, chère madame, j’ai reçu récemment une lettre de l’évêque me recommandant de célébrer la messe en aube. Je le déplore autant que vous mais je lui dois obéissance.
– Mais vous a-t-il exposé les raisons de sa décision ?
– Parfaitement. Il y en a au moins deux : économiser de la peine à la couturière chargée de l’entretien des chasubles et suivre l’exemple du Christ qui était vêtu simplement.
– Pardonnez mon indiscrétion, mais en avez-vous parlé avec un confrère ?
– Oui, avec un camarade du grand séminaire, curé à 10km d’ici. La recommandation de Monseigneur lui convient parfaitement, alors, que vous dire ?
– Décidément, je vais finir par rejoindre ceux qui disent avec une certaine vulgarité  ‘La religion fout le camp !’ Au revoir et merci monsieur le curé de m’avoir reçue et éclairée. »
Or, de temps en temps, Madame Lefèvre assiste à la messe dominicale dans une paroisse près de Lisieux avec sa cousine germaine qui l’accompagne uniquement pour lui faire plaisir. A son grand étonnement, le célébrant apparaît revêtu d’une chasuble !
Intriguée, elle se risque à l’aborder après la cérémonie.
«  Mais, madame, je n’ai reçu aucune directive selon laquelle je devrais abandonner la
chasuble.  Je vais tout de même m’informer auprès d’un confrère. »
A suivre …

Brutalité

Elle se généralise aujourd’hui dans l’expression des opinions, qui devient de plus en plus sommaire et péremptoire. Ainsi tel site diffuseur de vidéos sur Internet invite ses visiteurs à formuler leur avis sous forme de deux pictogrammes, l’un figurant un pouce levé avec comme légende « J’aime » (I like), et l’autre, un pouce baissé, assorti d’un simple « Je n’aime pas » (I dislike). Un réseau social célèbre, qui jusqu’ici se contentait, par angélisme, de proposer seulement la première option, a été sommé par les internautes de proposer aussi la seconde. Internet devient donc une école du jugement immédiat, expéditif et catégorique, et le cas échéant, comme l’a dit l’actrice Mélanie Laurent, naufragée des pouces baissés, « une ouverture sur la haine » (Source : Slate.fr, 27/10/2011). Exactement comme lors des jeux du cirque de la Rome antique : la foule par le pouce baissé demandait au gladiateur vainqueur d’achever le vaincu. Voyez là-dessus le tableau de 1872 peint par le peintre « pompier » Jean-Léon Gérôme, Pollice verso (« Pouce baissé », en latin), qui se trouve au Musée d’art de Phoenix, Arizona.

On sait bien que le niveau mental d’une foule s’abaisse à proportion qu’elle augmente en nombre. Le même phénomène se produit sur Internet, où règnent la massification, favorisant un comportement moutonnier, et aussi le manque de courage, beaucoup d’internautes pour s’exprimer s’abritant derrière un pseudonyme ou un avatar. Le gros Léviathan, comme disait Alain à propos de la Foule, ne fait qu’alimenter un buzz qui s’augmente à mesure qu’il se formule. Moins on a d’idées ou d’avis motivés, plus on se manifeste. L’instrument qui fait le plus de bruit est le plus creux : c’est la grosse caisse.

Outre le manque évident de charité pouvant aboutir au « lynchage médiatique » de tel ou tel, le plus préoccupant à mon avis est l’absence de réflexion préalable à l’émission d’un jugement. Comment une question peut-elle se résoudre en un simple « J’aime », ou un « Je n’aime pas » ? Sans aller jusqu’à dire, comme Gide, que l’indécision est le signe d’un grand esprit, on ne dira jamais assez que la réalité n’est pas en blanc ou noir, mais en camaïeu de gris. La brutalité d’Internet procède d’une absolue paresse de la pensée, et du pire manichéisme, qui ne satisfait que les enfants : mais ces derniers sont en grand nombre…

INQUISITIO: la nouvelle série télé qui fait peur aux cathos

L’été sera-t-il chaud malgré la température décevante dans la moitié Nord de la France? Qui sait? Les bûchers réchaufferont-ils l’atmosphère? Toujours est-il que cette année France 2 nous offre une étonnante série sur l’Inquisition avec de très bon interprètes tel Aurélien Wiik. On y retrouve bien entendu les ingrédients hautement prévisibles qu’il n’est plus nécessaire d’énoncer par le menu. La caméra se fait souvent racoleuse. Mais ce qui peut être gênant c’est la déformation que la série fait subir à l’histoire, sans doute par ignorance.

Pourtant, on aurait tort de diaboliser ce qui demeure une œuvre de divertissement, dans le souci aussi de nous faire réfléchir comme par le détour et le miroir du passé sur les risques toujours actuels du fanatisme, de l’intolérance, du communautarisme aussi.

Il est donc exagéré et au bord du ridicule de s’indigner des limites d’un genre et d’une réalisation comme le fait Mgr Podvin le porte-parole des évêques de France :  » Je pleure et m’indigne de songer qu’à l’audimat, beaucoup risquent de se croire instruits par cette manière tendancieuse d’honorer l’histoire humaine et religieuse « .

Encore la parano catho !

Mais le réalisateur, Nicolas Cuche n’a pas fait une œuvre anticléricale, ce que même « La Croix » reconnaît…

A chacun donc de juger sur pièce. Avec esprit critique mais en appréciant aussi les beaux décors et paysages, le déroulement du thriller et un bon moment de détente quoiqu’un peu  » trash « . Et pourquoi ne pas saisir l’occasion pour se plonger dans les encyclopédies et les livres des chercheurs afin de creuser les enjeux et les faits d’une époque complexe ?

Un bon exercice pour les vacances.

Babayagas : les mamies utopistes en colo pour s’entrainer à la coloc !

Elles ont entre 65 et 85 ans. Elles sont féministes. Elles veulent vieillir entre femmes, en autogestion, dans le respect de l’écologie et le maintien de leurs pratiques citoyennes. C’est ce projet qui les réunit.

La Maison des Babayagas, qui ouvrira ses portes en octobre prochain à Montreuil, après plus de onze ans de discussions avec les institutions et de luttes pour le montage financier, est une utopie conçue au départ par Thérèse Clerc.

Sur un terrain cédé par la Ville de Montreuil en plein centre ville, et dans une construction de l’OPHLM dont elles vont être locataires, vingt femmes vont emménager à l’automne, chacune dans son studio, mais en autogérant les parties communes qu’elles entendent bien faire résonner de leur optimisme et de leurs réflexions sur tous les aspects du bien vieillir au sein de l’Unisavie (Université du savoir des vieux), qui a aussi vocation à devenir une plate-forme pour utopistes.

Pour préparer leur vieillesse en vie collective, elles partent régulièrement en colonie de vacances dans l’Yonne, dans un lieu que la ville de Montreuil réserve pour les vacances scolaires aux petits Montreuillois.

Dans ce cadre verdoyant et serein, elles pratiquent pendant une semaine la vie en communauté tout en continuant à peaufiner leur projet innovant : à raison de deux séances de travail par jour, elles planchent sur la rédaction de leur charte interne et de la convention qui les lie aux institutionnels. Elles y prévoient aussi tous les aspects de la vie quotidienne en communauté et les activités qu’elles veulent impulser.

A la fois différentes et réunies par ce projet militant, elles impressionnent toutes par le dynamisme de leur engagement.

Odette a passé vingt années de sa vie à enseigner le français au Royaume-Uni. Elle est rentrée en France à la retraite mais ne se voit pas « finir seule » dans une maison de retraite lambda où elle sera « un numéro », « une vieille chose posée là ». D’ailleurs « [elle] n’aime pas le scrabble ! ». Et puis, elle a une vieille pratique de militante, ses parents étaient communistes, elle a toujours été active au sein du Mouvement des femmes et des groupes de lesbiennes. Elle a une gouaille et un humour communicatif, et c’est une vieille routarde du collectif…

Yvette non plus n’imagine pas sa retraite seule dans son petit studio. Ancienne secrétaire de rédaction, tout ce à quoi elle tient, ce sont ses livres. Sinon, elle veut continuer à défaire et refaire le monde, et participer activement à la mise en forme de cette utopie de « vieilles qui ont leur mot à dire sur tout ». On a du mal à énumérer tous ses engagements passés et présents, des groupes lesbiens aux femmes sans-papiers, en passant par le soutien au Rwanda. Elle ne manque pas une occasion de rappeler l’oppression des femmes et n’hésite pas à interrompre les réunions de travail pour pousser un petit refrain militant le poing levé ! Et son talent d’auto-dérision la rend irremplaçable.

Claudia est italienne. Elle vit en France depuis quarante ans, divorcée deux fois. Féministe depuis l’adolescence, elle s’est d’abord heurtée au machisme de son père qui l’a empêchée de devenir pilote, puis à celui de ses deux maris, bien peu respectueux de sa personne. Enfin libre, elle met son hyperactivité au service du collectif et ne conçoit pas de vieillir autrement qu’en communauté. Et les hommes l’ont trop fait souffrir pour qu’elle ait encore envie de partager ses vieux jours avec l’un d’entre eux…

Et puis il y a Thérèse, la mère porteuse du projet. Celle qui, depuis plus de dix ans, court inlassablement les bureaux et les cabinets pour faire exister ce projet. Celle qui partout, dans les médias comme dans les régions où des maisons de Babayagas sont en gestation, parle encore et encore du bien vieillir entre soi, dans le refus de l’infantilisation et du consumérisme qui menace les personnes âgées. Thérèse est belle et intelligente, et pas mal cabotine. Elle aime Mozart et l’utopie d’Ernst Bloch. Les fringues aussi. Et les hommes et les femmes. Le collectif est le maître-mot de sa vie et, en imaginant la Maison des Babayagas, elle barre la route à ce « rétrécissement » des vieux qui s’éloignent du collectif et de la vraie vie.

Toutes attachantes, ensemble et individuellement, ces vieilles femmes travaillent avec ardeur à donner vie à leur Maison des Babayagas.

Mais comme « le plaisir vient du ventre », la colo se déroule au rythme des gratins, des tartes et du vin de sureau faits maison. Militantes et déterminées dans la chaleur de la convivialité, ces Babayagas ont l’avenir devant elles…

Danielle Michel-Chich – EGALITE

http://www.egalite-infos.fr/2012/06/19/babayagas-les-mamies-utopistes-en-colo-pour-sentrainer-a-la-coloc/

La guerre Chine-USA en terre africaine

Il faut remonter loin dans le temps pour trouver un président des États-Unis qui ne s’intéresse absolument pas au continent africain. Malheureusement pour les Africains, Obama n’est pas de cet avis et l’Empire cherche aujourd’hui à contrebalancer la présence chinoise par tous les moyens. Et ils le font à leur manière : en militarisant le continent et en intervenant dans les affaires internes de ces pays… pour défendre leurs propres intérêts.

Mais la politique qui est en train d’être déclinée fait émerger des doutes jusqu’à l’intérieur même du département d’État américain. Pourtant, des forces spéciales occupent désormais le rôle que tenait jusqu’à présent la CIA (Central Intelligence Agency) en Afrique; et comme cette dernière, elles entraînent les armées locales à contrôler et à éliminer les terroristes supposés, avec des effectifs nombreux et des ressources qui le sont tout autant.
« La lutte contre le terrorisme ». Une phrase dont on nous rebat les oreilles pour justifier n’importe quel tour de cochon et qui sera reprise à l’envi par les médias occidentaux… La réalité est malheureusement plus prosaïque : les Chinois, et non cette espèce de feuille de vigne que représente le terrorisme islamo-africain, sont en réalité le véritable ennemi que combattent les États-Unis au sud du Sahara dans une guerre qui n’est pas déclarée, mais qui apparaît désormais évidente.

OTAN en Libye

Les Chinois ne sont évidemment pas le père Noël, mais ils ont une approche profondément différente de celle, brutale, qu’a eue l’Occident depuis des siècles sur le continent africain. En effet, les Occidentaux, déjà coupables de la peu reluisante traite des esclaves, ont construit et construisent bien peu pour le continent noir; en revanche, ils continuent de rafler les immenses ressources qui s’y trouvent, décrétant de facto la mort de millions d’êtres humains.
En outre, les Chinois n’utilisent pas comme les États-Unis ces pays pour y implanter des bases militaires à partir desquelles ils bombardent d’autres pays africains (cf. la Somalie) ou pour agresser les pays moyen-orientaux comme le font les valets de la démocratie étatsunienne.

Ainsi, Ouagadougou, capitale du Burkina Faso dont l’actuel président Blaise Compaoré déposa puis assassina en 1987 Thomas Sankara, faisant ainsi régresser de quelques dizaines d’années son propre peuple en annihilant toutes les conquêtes de la révolution sankariste, est devenue la clé de voûte de l’espionnage des États-Unis en Afrique. Dans le cadre d’une action de surveillance répondant au nom de code de creek sand, des fonctionnaires et des entrepreneurs étatsuniens ont conclu avec les autorités locales la construction d’une base aérienne de dimensions modestes dans la zone militaire de l’aéroport international. Á partir de là, d’« inoffensifs » avions-espions partent en direction du Mali, de la Mauritanie et du Sahara à la recherche des combattants d’Al-Qaïda au Maghreb islamique spécialisé dans l’enlèvement d’otages occidentaux. Même si la dangerosité de ces groupes, qui opèrent exclusivement à un niveau local et dont les revendications ne peuvent représenter un réel danger pour les États-Unis, reste à prouver… Mais le « terrorisme international » est devenu le terme magique qui permet de cacher les véritables intentions de l’Oncle Sam en Afrique, à savoir l’accaparement des ressources et le contrôle militaire du territoire.
Mais ce qui est en train de se passer au Burkina Faso n’est pas un cas isolé. Le Pentagone étudie également l’ouverture d’une base au sud Soudan, pays né récemment de la partition du Soudan et qui assurait avant celle-ci 85 % de la production des 470.000 barils quotidiens de l’ensemble du pays. Le pur fruit du hasard…
En Afrique de l’Est, les bases sont déployées en Éthiopie, à Djibouti, au Kenya et aux Seychelles. De là partent pour le Pakistan et le Yémen les drones Predator et Reaper. Une douzaine au moins de bases aériennes ont ainsi été créés depuis 2007, et les opérations n’ont cessé de s’intensifier au cours des derniers mois. Les forces spéciales américaines sont d’évidence en train d’acquérir un rôle croissant au sein de l’administration Obama en agissant au vu et au su de tout le monde… et pas seulement en zone de guerre.
L’approche du continent africain par les Chinois s’inscrit de toute évidence en faux par rapport à ces pratiques belliqueuses. Ce n’est pas un hasard si nombre de traités d’amitié et d’accords commerciaux lient déjà Pékin avec différents pays subsahariens.
Bien sûr, une kyrielle de journalistes occidentaux mettent l’accent sur le caractère peu démocratique de certains pays africains qui commercent avec la Chine, mais la mauvaise foi de la plupart d’entre eux est d’autant plus grotesque qu’ils ignorent systématiquement ce que font les États-Unis, la France, la Grande-Bretagne ou tout autre pays de l’Union européenne dans cette même Afrique ou au Moyen-Orient… où le critère de choix des pays partenaires n’est pas la démocratie, mais plutôt la fidélité aux intérêts stratégiques étatsuniens.

Aux critiques susmentionnées, l’une des réponses données par les Chinois est le droit à l’autodétermination des peuples ainsi que celui de choisir librement leur gouvernement et la voie de leur développement, et ce, sans aucune ingérence de puissances extérieures. Des principes qui apparaissent difficilement réfutables…
Mais, au-delà de ceux-ci, le point à prendre réellement en compte est de savoir si l’intervention chinoise est bien acceptée des populations africaines. Une question peu anodine tant les interventions occidentales en Afrique, mais aussi au Moyen-Orient et pendant de longues décennies en Amérique latine, ont été fortement contestées par les populations, mais largement applaudies par les gouvernements corrompus.

Et force est de constater que l’intervention chinoise, sur laquelle il est très facile de se documenter, est bien considérée par les peuples africains qui, malgré quelques défiances naturelles dues à des us et coutumes radicalement différents, voient d’un bon œil se construire des routes, des aéroports, des écoles, etc. Parallèlement, les Chinois fournissent les structures fondamentales nécessaires aux pays africains pour pouvoir affiner leurs ressources naturelles et ne plus être de simples exportateurs de richesses en échange de quelques miettes lâchées par l’Occident.

La Chine, je le répète, n’est pas le père Noël, mais un pays qui ne traite pas avec les autres sur le mode impérialiste ou néo-colonialiste. Preuve est que les Chinois maîtrisent encore aujourd’hui l’art antique du commerce dont ils ont été les maîtres incontestés pendant des millénaires. Ils ont besoin de ressources et de matières premières pour soutenir le développement exponentiel de leur pays (et assurer une augmentation du niveau de vie de leurs compatriotes), mais ils le font dans le respect des peuples et avec une approche qui va bien au-delà de la simple relation commerciale.
Mais la chose la plus importante à souligner est qu’ils ne pillent pas les ressources africaines comme les puissances occidentales le font depuis des siècles. C’est en fait la différence fondamentale qui sépare les Chinois des Occidentaux.

La Chine s’inquiète d’actions contraires à la paix et la stabilité régionale

La Chine attire aujourd’hui l’attention sur les effets pour la paix et la stabilité du renforcement intentionnel des alliances militaires entre les USA, le Japon et la Corée du Sud qui ont effectué récemment des manœuvres et exercices militaires conjoints.

Le porte-parole du Ministère de la Défense Gebg Yansheng a déclaré à la presse que ces actions vont à l’encontre des tendances à la paix, au développement et à la coopération.

Geng fait également référence aux trois jours d’opérations réalisés par des effectifs du Pentagone et Séoul dans la mer Jaune et conclues lundi passé dans lesquelles est intervenu le porte-avion George Washington.

Ces exercices navals s’ajoutent à d’autres effectués peu avant dans des zones au Sud de la partie méridionale de la péninsule auxquelles avaient également participé les forces Japonaises.

Les déclaration du porte-parole précèdent la signature qui aura lieu demain d’un pacte militaire entre Séoul et Tokyo, le premier du genre par lequel les parties espèrent partager des renseignements sur la République Populaire Démocratique de Corée, selon ce qui a « transpiré ».

Cela, ajouté au reste, fait des récentes manoeuvres l’expression de l’intention d’agresser par surprise son territoire et agir contre la paix ce qui aggrave les tension dans la péninsule et dans le Nord-Est de l’Asie

source et lien url : http://canempechepasnicolas.over-blog.com/article-la-guerre-chine-usa-en-terre-africaine-107633130.html

Les travailleurs pauvres en France

On compte entre un et deux millions de travailleurs pauvres en France selon les définitions.Un million de personnes exercent un emploi mais disposent, après avoir comptabilisé les prestations sociales (primes pour l’emploi, allocations logement, etc.) ou intégré les revenus de leur conjoint, d’un niveau de vie inférieur au seuil de pauvreté, fixé à la moitié du revenu médian

Les travailleurs dont le niveau de vie est inférieur au seuil de pauvreté

[1]. Elles sont 1,9 million si l’on prend en compte le seuil à 60 %. Le nombre de travailleurs pauvres a grossi de 104 000 personnes entre 2003 et 2009 au seuil de 50 %, de 132 000 au seuil de 60 % du revenu médian. Il est d’ailleurs possible que ces chiffres aient progressé avec l’accentuation de la crise.

Si l’on compte l’ensemble des personnes, conjoints et enfants compris, c’est entre 1,8 et 3,7 millions de personnes qui vivent dans un ménage pauvre dont le chef de famille dispose d’un emploi – toujours en tenant compte de l’ensemble des ressources.

Même en utilisant la définition la plus restrictive, on compte presque 2 millions de personnes qui vivent avec moins de 800 euros par mois pour un adulte seul [2], alors que ces personnes ou leurs parents exercent un emploi.

source et lien url : http://www.inegalites.fr/spip.php?page=article&id_article=905

L’existence de travailleurs pauvres résulte de plusieurs facteurs. D’abord, de la faiblesse des salaires dans de très nombreux secteurs et notamment du niveau du salaire minimum. Ensuite du temps partiel, qui réduit en proportion les niveaux de vie. Enfin, du fractionnement des emplois : petits boulots, alternances de phases d’emploi et de chômage ou d’inactivité.