BELLE ANNEE 2011, LUCIDE, RESISTANTE ET AUDACIEUSE !

Les religions païennes célébraient volontiers le « seuil » comme un espace
sacré dont Janus, divinité à  la double face regardant l’une vers le
passé et l’autre vers le futur, est le gardien : en effet, il relie le
passé au futur au travers d’un présent qui cesse d’être lui-même dès
lors qu’il advient puisqu’il est en définitive le passage même de l »un
dans l’autre. Est donc actuel ce qui est à  la fois traversé par le passé
et qui ouvre un futur qui déjà  commence.

C’est une même intuition qui préside aux festivités de fin d’année et
qui inspire aussi bien les rétrospectives sur l’année écoulée que les
prospectives concernant l’année à  venir. Et cela vaut aussi pour la
scène ecclésiale. Benoît XVI dresse le bilan et esquisse un diagnostic.
En principe pour entretenir l’espérance. Son discours de fin d’année
laisse filtrer néanmoins l’amertume. Le passé récent est saisi au prisme
d’une vision intransigeante et verticale, déçue mais pas remise en cause
sur le fond.

Il nous semble intéressant de relever un certain effondrement du système
catholique, dont la crise morale liée aux révélations d’abus sexuels ne
constitue que la face émergée, certes effrayante, de l’iceberg. Mais cet
effondrement est à  mettre également en lien constant avec l’avènement
d’une conscience de l’autonomie et de l’autoréalisation, en rupture avec
l’intériorisation d’une soumission à  un modèle spirituel contraignant et
prétendument détenteur de la vérité.

Autrement dit, la mutation d’ensemble qui se dessine n’a rien d’une éclipse du religieux comme recherche du divin, de l’émerveillement et du sens. L’homme
d’aujourd’hui aspire à  un réenchantement du monde. En revanche, les
religions instituées, quelquefois remparts illusoires des déracinés
tentés par l’intégrisme, sont mises en question et parfois sommées de
changer. Reste à  savoir si l’année 2011 verra enfin les hiérarques
catholiques renoncer à  un dogmatisme qui impose pour laisser retentir un
souffle fragile, une « pensée faible » (Vattimo), le murmure d’un espoir
retrouvé. Franchissant le seuil, instruits par le passé encore présent,
faisons-en le voeu, lucide mais audacieux.

LE VICAIRE GENERAL AUX ARMEES PART EN GUERRE CONTRE LA SECULARISATION…

Vicaire général de Mgr Luc Ravel, l’évêque aux armées, Mgr Robert
Poinard part en guerre tambour battant contre le laïcisme, sur un ton
digne de Clochemerle de Gabriel Chevallier, auteur lyonnais de naguère
cher à  Golias.

Citons le prélat : « Lentement mais sà»rement le judéo-christianisme se
fait balayer vers la porte de sortie. Oh bien sà»r il ne s’agit pas d’une
franche persécution bien tranchante et bien sanglante comme nos pères en
connurent sous d’autres cieux en d’autres temps mais enfin, qu’on le
veuille ou non, on nous prie de disparaître vers les arrière-cuisines en
nous demandant de n’en plus bouger. Années après années le bannissement
se fait de plus en plus pressant
(…). »

Le vicaire général du diocèse aux armées revient sur la décision du
journal gratuit « 20 minutes » qui avait prévu un supplément pour la
fête de l’Immaculée Conception qui est dans le diocèse de Lyon
l’occasion de rendre un hommage à  la Vierge Marie en posant des
lumignons sur le rebord des fenêtres le soir du 8 décembre. Supplément
finalement abandonnée.

Robert Poinard cite alors l’évêque aux armées : « Comme nous le répète
souvent Mgr Ravel, notre évêque, nous sommes entrés depuis quelques
années dans un régime de laïcité qui ignore ou gomme tout ce qui est
religieux
« .

Et Mgr Poinard de partir ensuite à  l’assaut contre le laïcisme : « Les
idéologues pervers qui promeuvent une telle laïcité de renoncement, de
déni et de nettoyage par le vide montrent par là  leur ignorance crasse
de la nature humaine et font le lit de futures guerres civiles. Tout
d’abord la population française issue de l’immigration, comme tous les
étrangers vivant dans notre pays, assimilent ce rejet du religieux à  un
refus de Dieu et renforcent encore le mépris profond dans lequel ils
tiennent l’occident, terre d’athéisme. Et cela justifie encore davantage
toutes les formes de « guerres saintes » qui se livrent sur notre sol
contre une Europe devenue terre païenne d’o๠Dieu est banni
(…)
L’Europe, dans un masochisme irrationnel et suicidaire, refuse de
reconnaître ses racines judéo-chrétiennes. Sa fin est donc inéluctable
car, c’est une certitude, ceux qui renient leurs racines sont sans avenir
« .

Alors que nous vivons une mutation à  l’échelle de la civilisation, la
tentation d’adopter une posture de ce type, réactionnelle, ne peut que
se renforcer. La dureté du propos trahit en fait une peur. Derrière
l’arrogance dogmatique, c’est une crispation qui s’affirme. Sans avenir.
Mais qui est une tentation très forte dans les périodes de
bouleversement culturel.

Sur fond d’arrogance et de dogmatisme, la rivalité entre les religions
ne peut que se renforcer, s’attiser et s’empoisonner. Il ne s’agit
certes pas de renier ses racines, d’occulter la dimension spirituelle.
Mais seule une conception ouverte des choses donnera à  notre
civilisation un avenir digne d’elle…et de ce qu’il y a eu grand dans
son passé. Ces fameuses « racines’…La laïcité est la sauvegarde
importante d’une telle ouverture.

POLEMIQUE AUTOUR D’EDMOND MICHELET

Parmi les causes actuellement en cours à  Rome, celle du français Edmond
Michelet, qui fut un ministre remarqué du Général De Gaulle, suscite
bien des réactions inquiètes du côté tradi.

Démocrate-chrétien, il penchait vers la gauche et se montrait allergique aux régimes dictatoriaux et fascistes. De plus, Garde des sceaux du Général de
Gaulle – avant de céder la place au redoutable Jean Foyer, aussi fin
juriste qui catholique ultra-réactionnaire – il se montra sévère envers
les jusqu’auboutistes de l’Algérie française. Comme les généraux Challe
et Zeller. Certains accusent on le sait le Garde des Sceaux Michelet
d’avoir fait pression sur les tribunaux pour « obtenir » la peine de
mort contre les généraux Challe et Zeller (et peut-être d’autres
encore). Mais aussi de n’avoir rien fait en faveur des en faveur des
anciens supplétifs de l’Armée française en Algérie dont plusieurs
dizaines de milliers ont été massacrés dans les mois suivant
l’indépendance et dont le calvaire est loin d’être terminé.

En France, il y a toujours eu une petite frange anti-gaulliste, très
hostile à  Edmond Michelet. Autour, notamment, de Mgr Maxime Charles,
Recteur très connu de Montmartre. Par ailleurs, à  Rome même, Michelet
serait contesté aujourd’hui pour sa théologie peu claire, son manque de
force doctrinale. Les intégristes prieraient-ils avec succès pour
bloquer une béatification voulue dit-on par le cardinal de Paris André
Vingt-Trois? Et par un…petit-fils de Michelet, Mgr Benoît Rivière,
pâle évêque d’Autun.

C’est une initiative de ce dernier qui a semble-t-il mis le feu aux
poudres. En effet, l’évêque d’Autun a placé Edmond Michelet entre le
Saint Curé d’Ars et la Bienheureuse Mère Térésa dans la cathédrale de
Châlon-sur-Saône. Anticipant ainsi de façon hasardeuse la décision
ultime de l’Eglise. Le blog « Perepiscopus » n’a pas manqué de noter que
l’instruction Sanctorum Mater de 2007 pour le déroulement des enquêtes
de béatification, publiée par la Congrégation pour la cause des Saints,
indiquait en effet, en référence à  d’anciennes dispositions du Pape
Urbain VIII Barberini il était interdit d’accorder un culte public à  un
éventuel béatifié avant l’autorisation préalable du Saint-Siège. Un
culte abusif ou anticipé peut même desservir la cause.

Dans le cas dl’ancien ministre gaulliste, la cause d’Edmond Michelet
a été ouverte par Mgr Bernard Charrier, évêque de Tulle, le 16 septembre
2006 à  Brive. Présidée par le professeur Yves-Marie Hilaire (professeur
honoraire de l’université Charles-de-Gaulle / Lille 3), la commission
historique est composée de 7 historiens. Cette équipe travaille en lien
étroit avec la postulatrice de la cause, Lucienne Sallé. Mgr Charrier
n’appartient certes pas à  l’aile la plus conservatrice de l’épiscopat.
C’est un pasteur d’ouverture socialement engagé.

Le blog « Perepiscopus » conteste toutefois l’éloge fait par l’évêque dans la mesure
o๠il ne se contente pas de relever les vertus personnelles de l’homme
mais s’est montré fidèle à  ses convictions chrétiennes, au sein même de
ses engagements qui en sont comme indirectement canonisés eux aussi. Le
site « intransigeant » et vigilant cite Mgr Charrier : « il fut aussi un
homme libre, capable de faire des choix et de les assumer : le choix
d’être résistant à  la première heure, le choix d’un engagement politique
avec ses risques » .L’évêque de Corrèze ajoute encore : « Dès
maintenant, pour les chrétiens due de Tulle et pour beaucoup d’autres,
l’expérience humaine, le chemin spirituel et l’engagement d’Edmond
Michelet, étonnent et stimulent. Ils réveillent l’idée qu’être chrétien
n’est pas une petite affaire, qu’il en va au contraire d’une foi
éclairée et active, *qu’on peut être chrétien quand on assume des
responsabilités importantes, que la politique doit être animée, elle
aussi, par une forte exigence éthique ».

Les nostalgiques de l’Algérie Française qui n’ont pas digéré une
évolution pourtant inévitable – ce que De Gaulle avait au moins compris
– et au demeurant souhaitable, car les peuples ont le droit de disposer
d’eux-mêmes n’accepteront jamais que Michelet soit porté à  l’honneur des
autels.

« La convention Cedaw a plus de 30 ans “ La quoi ? »

La Cedaw demeure méconnue, pour ne pas dire méprisée. Importante convention des Nations unies, elle est une arme précieuse pour les femmes, pour leurs droits, pour la démocratie. Le temps est pourtant venu de la faire connaître, de la défendre, voire de sonner l’alarme. Car ce texte fondamental, modèle d’un droit universel pour les femmes, tend aujourd’hui à  se fracasser sur les exigences communautaristes et intégristes.

Mal connue, mal défendue, déjà  menacée

Dans le hors-série de sa revue Hommes et libertés consacré à  la Cedaw (Convention pour l’élimination de toutes les formes de discriminations à  l’égard des femmes), la Ligue des droits de l’Homme note que « même les ligueurs ignorent cette convention des Nations unies ». à‰trange pour « le texte international adopté par le plus d’à‰tats dans le monde », 185 pays, soit 90 % des membres des Nations unies ! On mesure une nouvelle fois, à  cette maigre popularité, l’intérêt porté aux questions qui concernent les femmes.

Adoptée le 18 décembre 1979 par les Nations unies, soit un peu plus de 30 ans après la Déclaration universelle des droits de l’Homme (10 décembre 1948), la Cedaw est un peu la Déclaration internationale des droits des Femmes. Porteuse d’un rêve de droit universel au féminin, quels que soient les contextes culturels, religieux et socio-économiques, elle constitue un outil précieux de recours pour les ONG (organisations non gouvernementales) et pour les mouvements de femmes à  travers le monde.

C’est pour en rappeler le contenu et l’usage, autant que pour alerter sur les menaces dont elle est l’objet que Femmes solidaires et la Ligue du droit international des femmes ont organisé une journée débat au Palais du Luxembourg, à  Paris, le 13 novembre 2009. L’occasion de mesurer ses apports et ses actuelles limites.

« L’ennemie à  abattre »

Entrée en vigueur en 1981, la Cedaw est le produit de notables avancées enregistrées depuis 1945. Pour Malka Marcovich, consultante internationale en droits humains et droits des femmes, « la Cedaw représente en 1979 une sorte d’apogée pour les droits des femmes. Elle pose les bases d’un droit universel jusqu’à  ce que les années 1990 ne commencent à  faire entendre la petite musique inverse ».

Malka Marcovich relève les attaques croissantes dont la Convention a fait “ et fait de plus en plus “ l’objet. « Tout a commencé avec la ré-interprétation de l’article 6, qui interdit l’exploitation de la prostitution des femmes, par les pays ayant légalisé certaines formes de proxénétisme. Leur réduction de cette exploitation à  celle de la prostitution dite « forcée » a constitué la première dérive normative contre les droits des femmes. »

Les attaques n’ont fait ensuite que se renforcer, comme le montre l’actuelle instrumentalisation des femmes dans le cadre de l’ONU grâce à  des ONG organisées et financées par des Etats totalitaires : « Aujourd’hui, par exemple, des délégations de femmes de Bahrein, jeunes, voilées, revendiquent la polygamie en jouant la carte de la modernité. »

La Cedaw est clairement l’ennemie à  abattre. La deuxième conférence internationale sur les femmes organisée à  Téhéran en juin 2009 a d’ailleurs procédé à  la comparaison des mérites de la Charte des droits et responsabilités des femmes dans la République islamique d’Iran et de la Cedaw. Par ailleurs, l’Iran prépare un nouveau texte sur le droit des femmes répondant aux exigences de la loi religieuse.

Annie Sugier, présidente de la Ligue du droit international des femmes, voit venir le danger : « Comme un seul homme, les pays de droit musulman, même les plus modérés, qui ont déjà  tous émis des réserves sur la Cedaw, vont se ranger sous la bannière de l’Iran », écrivait-elle dans le journal Libération en juin 2009.

Un levier majeur pour les ONG et les mouvements de femmes

Partout, des femmes se lèvent et protestent contre ces réserves en produisant des contre rapports exigeant la reconnaissance de leurs droits propres. Beaucoup considèrent que la Cedaw reste un levier important pour les ONG et leur parole alternative, même si ce levier reste insuffisamment utilisé. Entre 2006 et 2007, par exemple, la Fédération internationale des droits de l’Homme (FIDH) et ses organisations membres ont soumis des rapports alternatifs sur le Mali, la Gambie, le Burkina Faso, le Nicaragua, le Pérou et le Vietnam.

Selon Rachel Eapon Paul, directrice de programme sur le Moyen-Orient, la Cedaw est un outil de première nécessité. Elle cite l’exemple de l’Afrique du Sud, un des premiers pays à  avoir soumis un rapport alternatif, deux ans après la fin de l’apartheid. « Femmes noires et femmes blanches ont pu s’allier pour dénoncer les violences contre les femmes ». Le Comité Cedaw a ensuite porté 26 recommandations à  l’attention du gouvernement sud africain, dont 18 sur ces violences en demandant des législations plus adaptées.

La Cedaw a été un plus pour la démocratisation du pays. L’organisation des femmes d’Afrique du Sud a eu une influence sur d’autres dans les pays de la région, comme le Botswana et le Nigeria. Pour Rachel Eapon Paul, « la Cedaw est autant un instrument de coopération entre organisations de femmes qu’un outil de lobbying en direction des gouvernements ; un outil d’éducation populaire et de solidarité ».

Sophie Bessis, secrétaire générale adjointe de la FIDH, met en avant le dynamisme des ONG du monde arabe qu’elle juge sous-estimées depuis notre fenêtre occidentale. « En 2008, deux rapports alternatifs ont pu être produits par des auteures anonymes en Arabie Saoudite. La Cedaw a contribué à  certaines victoires malgré l’ampleur des résistances. » Selon elle, « quelle que soit l’ampleur du conservatisme, il y a des évolutions incontestables : droit de vote dans les pays du Golfe, femmes députées au Koweit, première université mixte en Arabie Saoudite¦ Le seul pays o๠la régression est épouvantable est l’Irak, l’invasion américaine ayant abouti à  faire sauter les lois civiles au profit des lois confessionnelles ». Pour résumer, « pas d’angélisme mais pas de pessimisme absolu ».

Et en France ?

La dernière audition de la France devant le Comité, à  Genève, remonte au 18 janvier 2008. Valérie Létard, alors secrétaire d’Etat à  la Solidarité, a présenté le rapport gouvernemental, et Nicole Renault, le rapport alternatif de la Clef, Coordination française pour le lobby européen des femmes, établi grâce à  la contribution d’associations membres.

Les principaux thèmes abordés dans ce contre rapport traitaient du contexte législatif et institutionnel, de la participation insuffisante des femmes à  la vie politique et publique, de la persistance des stéréotypes sexistes, notamment dans l’éducation et le choix des métiers, des violences à  l’égard des femmes dans le couple, des discriminations dans l’emploi, des discriminations vis-à -vis des femmes immigrées et des femmes d’outre-mer. La Ligue des droits de l’Homme a ainsi pu porter devant le Comité une note virulente sur la politique française sur la traite des femmes, politique qui criminalise les victimes au lieu de les protéger dans le cadre de la loi sur le racolage (LSI, 2003)

Les experts ont tenu compte de ces remarques et conclu à  un certain nombre de recommandations, transmises au gouvernement français : campagne pour inciter les femmes à  recourir à  la Halde, promotion de l’égalité entre les hommes et les femmes dans les médias, mesures pour supprimer toute forme de traite et de prostitution des filles, etc. Assorties d’une demande : faire connaître plus largement la Convention Cedaw en l’intégrant notamment à  la formation des personnels des professions juridiques.

Pour les ouvrières du rapport alternatif, cette occasion est précieuse. Elle ne permet pas seulement de faire remonter un ensemble d’informations : « C’est en travaillant sur le contre rapport en 2003 que nous avons découvert que les filles étaient mariables à  15 ans et les garçons à  18 ! », explique Bernice Dubois, de la Clef. C’est à  cette trouvaille que l’on doit, trois ans plus tard, l’alignement à  18 ans inscrit dans la loi.

Les prochains rapports, les 7e et 8e, doivent être soumis au Comité en janvier 2013.

Depuis 2008, la représentante française au Comité Cedaw est Nicole Ameline, ancienne ministre de la Parité et de l’à‰galité professionnelle, en remplacement de Françoise Gaspard.

Claudine Legardinier “ à‰GALITà‰
source URL : http://www.egalite-infos.fr/2010/12/21/%C2%AB-la-convention-cedaw-a-30-ans-%E2%80%93-la-quoi-%C2%BB/

Pouvoir des clefs, lier et délier

Le petit dictionnaire de Théologie catholique de Karl Rahner se finit ainsi le pouvoir des clefs : « On désigne par cette expression le pouvoir donné par Jésus, d’après Matthieu » (ch 16, v.19 et ch.8,v.18) à  Pierre et aux disciples. Le Nouveau Testament seul ne permet pas d’établir d’une façon certaine le contenu exact de ce « lier et délier ».

Dans la terminaison rabbinique l’expression signifie : Jeter
l’anathème (de la Synagogue) et lever l’anathème. Puis, dans un sens
dérivé déclarer avec autorité : Défendre et permettre.

L’emploi démonologique (c’est-à -dire contre le démon est cependant
encore plus ancien et il était fort répandu dans le milieu biblique environnant : Vouer au démon, délivrer du démon.

Lier et délier est bien attesté en ce sens dans l’ancien et nouveau
Testament.

Les trois sens indiqués ne s’excluent pas mais expriment au contraire
pris ensemble le pouvoir dont dispose l’Eglise dans cet Eon (monde de
l’esprit subalterne de la divinité dominé par des démons) .Celui qui
s’abandonne au Malin est par le fait même lié sous le coup d’un
anathème. Celui qui, par la grâce de Dieu, se délie du Malin peut être
efficacement délié devant Dieu en vertu du pouvoir de l’Eglise et à 
celui-ci, il est pardonné¦

De cette définition, il ressort ; Que lier et délier n’ont de sens que
par rapport à  l’assemblée convoquée, qu’elle soit la Synagogue ou l’Eglise.

Qu’il est difficile d’établir de façon certaine le contenu de lier et
délier.

Qu’il est possible d’envisager que cette expression prenne le sens
d’acte d’autorité pour permettre ou défendre et même exclure quand la
Communauté se trouve en danger.

Que l’expression dans son sens le plus ancien concerne le combat contre
les forces démoniaques, personnalisées ou non.

Un texte très clair se trouve dans Isaïe (ch.22,v.8/23). Il concerne la
révocation d’un haut fonctionnaire royal véreux, nommé Shevna,
gouverneur de Jérusalem. Il va être chassé de son poste et remplacé par
un homme de confiance que Dieu lui-même choisit par l’intermédiaire du
Prophète.

Ainsi a parlé le Seigneur Dieu, le tout puissant. Va trouver ce
gouverneur, Shevna, le maître du palais¦Je vais te chasser de ton poste
,te déloger de ta position et ce jour là , je ferai appel à  mon serviteur
Elyakim, fils de Hilqiyahou.. Je le revêtirai de ta tunique, j’assurerai
son maintien, avec ta ceinture je remettrai ton pouvoir entre ses mains,
il sera un père pour les habitants de Jérusalem.. Je mettrai la clé de
la Maison de David sur son épaule. Il ouvrira et nul ne fermera ; il
fermera et nul n’ouvrira. Je l’enfoncerai comme un clou dans un endroit
solide et il sera un trône de gloire pour la maison de son père.

L’expression « Je mettrai la clé sur son épaule » montre qu’à  cette
époque l’insigne du pouvoir c’est la clef, la clé du Palais portée en
évidence sur l’épaule afin que tous sachent que le porteur a la faveur
du Maître , qu’il en gère les biens et les serviteurs avec l’autorité
déléguée du Maître.

Recevoir du propriétaire la clé de sa maison, c’est la marque suprême de
confiance qu’il soit possible de témoigner à  quelqu’un. Mais s’il commet
des abus, il mérite d’être cassé.

Responsable de ses actes devant le Maître, il n’est pas habilité à  faire
n’importe quoi..

La clef signifie qu’il est le gérant des réserves dont il doit contrôler
les entrées et les sorties avec la même autorité que le Maître dont il
est pour la durée de son service « l’alter ego..

ll est le ministre qui, de par sa fonction prédominante, siège à  la
droite du Maître.

Ainsi est-il dit du fils de Jacob, le patriarche Joseph qui est appelé à 
siéger aux côtés du Pharaon (Genèse, ch. 41 ,v.37/45) :

« Je suis le Pharaon, mais sans toi personne ne lèvera le petit doigt
dans le pays d’Egypte. »

Ainsi également le Prophète Jérémie reçoit-il de Dieu sa mission (ch.
1,v.4/10)

« Je fais de toi un prophète pour les nations¦Sache que je te donne
aujourd’hui autorité sur les nations et les royaumes pour déraciner et
renverser, pour ruiner et démolir, pour bâtir et pour planter. »

Le symbole des Apôtres affirme que Jésus est « l’alter ego » du Père
lorsqu’il proclame : ¦ « Est assis à  la droite de Dieu. »

Le livre de l’Apocalypse utilise à  plusieurs reprises le symbole de la
clef pour exprimer la capacité d’agir au nom du Maître de celui qui
détient la clef. (Apocalypse, ch. 1,v.18)

Jésus a reçu le pouvoir divin de vaincre la mort et de faire revivre les
morts : » Ne crains rien, c’est moi, le Premier et le Dernier, le Vivant ; j’ai
été mort et me voici vivant pour les siècles de siècles, détenant la
clef de la Mort et de l’Hadès  »

Dans la lettre à  l’Eglise de Philadelphie, (Apoc.,ch.3,v.7) le Christ
s’identifie à  Dieu puisqu’il s’attribue les titres divins de « Saint »
et de « Vrai » et affirme qu’il détient le jugement.

« Ainsi parle le Saint et le Vrai, celui qui détient la clef de Daniel.
S’il ouvre, nul ne fermera et s’il ferme, nul n’ouvrira. Je connais ta
conduite. J’ai ouvert devant toi une porte que nul ne peut fermer et
disposant de peu de puissance ,tu as gardé ma parole sans renier mon Nom. »

« Voici, je te donne des gens de la synagogue de Satan, de ceux qui se
disent juifs mais ils ne le sont pas car ils mentent. Voici, je les
ferai venir se prosterner à  tes pieds et ils reconnaîtront que je t’ai
aimé parce que tu as gardé ma parole avec persévérance. »

Le pouvoir de « lier » et «délier » apparaît à  diverses reprises dans
l’Apocalypse comme exprimant les avatars de la lutte entre le peuple de
Dieu et l’adversaire, le Satan.

Lorsque les soixante-dix disciples, envoyés en mission deux par deux par
Jésus reviennent et racontent en s’extasiant comment les démons, eux-mêmes, leur étaient soumis, Jésus leur répond :

« Je voyais Satan tomber du ciel comme l’éclair. Voici, je vous ai donné
le pouvoir de fouler aux pieds serpents et scorpions et toute la
puissance de l’ennemi et rien ne pourra vous nuire. Pourtant, ne vous
réjouissez pas de ce que les esprits vous sont soumis, mais
réjouissez-vous de ce que vos noms sont inscrits dans les cieux. »
(Luc,ch.10,v.17/20)

Jésus emploie le terme de « lier » pour décrire la situation misérable
de celui qui est captif de Satan dans son âme ou dans son corps .La
maladie fait partie de ces liens qui enchaînent l’homme et Jésus
consacre son pouvoir miraculeux à  guérir les corps et les âmes.
Par là , il signifie que Dieu visite son peuple.

En face de Satan, l’homme privé du secours de Dieu est impuissant.

Dans la région de Gerasa, il se trouve en face d’un homme possédé par de
nombreux démons

(Luc,ch 8,v26/39)

« Bien des fois l’esprit impur s’était emparé de lui. On le liait pour le
garder avec des chaînes et des entraves, mais il brisait ses liens¦ »

Les hommes,réduits à  leurs simples forces, sont incapables de maîtriser
les forces infernales . Il leur faut la force venue d’en haut.

Jésus l’interroge : Quel est ton nom ? Légion, répondit-il, car de
nombreux démons étaient entrés en lui. Et ils le suppliaient de ne pas
leur ordonner de s’en aller dans l’abîme.

*Il leur permet d’entrer dans un troupeau de porcs (ces animaux impurs
considérés comme appartenant aux divinités égyptiennes du mal et donc
créatures de l’enfer. Les porcs se précipitent aussitôt dans la mer de
Génésareth (on sait que pour les juifs, la mer est le symbole du grand
abîme et l’abîme le lieu de perdition séjour des puissances démoniaques.*

*L’Apocalypse ( ch. 11,v.7) parle de deux témoins du Christ (on ne sait
de qui il s’agit)*

Quand ils auront fini de rendre témoignage, la bête qui monte de l’abîme
leur fera la guerre, les vaincra et les fera périr..

Par ces exemples, et bien d’autres il apparaît que le pouvoir de lier et
délier c’est d’abord le pouvoir d’agir contre les puissances infernales
qui agissent au détriment des hommes.

Le Satan se définit comme l’adversaire, le tentateur et l’ennemi, le
créateur du désordre, celui qui ruine et ravage afin de pousser l’homme
à  la révolte contre Dieu (Livre de Job ch.1 et2)

En face de lui, Jésus est celui qui guérit. Tout pouvoir lui a été donné
à  cette fin. Il est celui qui triomphe de tout mal et de toute mort
puisqu’il détient le pouvoir divin de rendre la vie et de ressusciter
les morts.

Et le mot par lequel Jésus libère et sauve, c’est justement : *Déliez*

Ainsi pour Lazare : Déliez-le et laissez le aller (Jean,ch.11,v.44)

Tout l’Evangile montre Jésus comme celui qui délie l’être humain de
toutes les chaînes.

Mais celui qui est venu sauver et libérer peut-il aussi lier ?

Déjà  ses disciples demandaient que le feu du ciel tombe sur ceux qui
refusaient d’accueillir Jésus. Et par la suite les disciples n’ont-ils
pas trop souvent liés et voulu exclure ceux qui refusaient leur parole ?
Paul (Romains ch.16,v.19/20) écrit et là  il s’agit de lier Satan :

« Je veux que vous soyez avisés pour le bien et sans compromission avec
le mal. Le Dieu de la paix écrasera bientôt Satan sous vos pieds » (il
cite ici Genèse, ch 3, v.15)

Satan est le mal irréductible et irrécupérable destiné comme le dit
l’Apocalypse à  être enchaîné dans l’abîme à  la fin des temps. Tout doit
être employé pour le vaincre..

Des textes semblent pourtant faire allusion à  des anathèmes jetés par
Paul sur des hommes en état d’inconduite grave et d’entêtement. Mais ce
n’est qu’une peine temporaire afin de mettre en garde la communauté et
d’amener le coupable à  renoncer à  sa faute. ˜I Corinthiens, ch.5)

« Au nom du Seigneur Jésus et avec son pouvoir, lors d’une assemblée oà¹
je serai spirituellement parmi vous, qu’un tel homme soit livré à  Satan
pour la destruction de sa chair afin que l˜’esprit soit sauvé au jour du
Seigneur »

Et encore : « Quelques uns l’ont rejeté et leur Foi a fait naufrage.
Parmi eux se trouvent Hyménée et Alexandre. Je les ai livré à  Satan afin
qu’ils apprennent à  ne plus blasphémer ».

(1 Timothée, ch.1)

Il s’agit, semble-t-il de mettre à  l’écart momentanément ceux qui se
comportent dans un esprit éloigné de l’Esprit Saint et qui perturbent
gravement la communauté. Le regret de leurs erreurs leur vaut pardon et
réconciliation. La porte reste toujours ouverte et le dialogue possible
car encore faut-il leur démontrer leurs erreurs et l’action de lier et
délier est un acte de communion dans la Charité.

Jésus s’élève contre toutes les aliénations. La haine enferme, la misère
détruit, seul l’Amour libère. C’est pourquoi, à  sa suite, les siens
devront s’élever contre toutes les aliénations y compris religieuses car
ce peut être encore un autre genre d’aliénation dans la

mesure o๠la religion peut enfermer dans un système coercitif.

Jésus en fait constamment le reproche aux responsables religieux de son
temps.

Le bien ne peut jamais employer les méthodes du mal pour vouloir en
triompher.

Jésus ne chasse pas les démons par Baalzebuth, mais :

« Si c’est par l’Esprit de Dieu que je chasse les démons, alors le règne
de Dieu vient de vous atteindre. »

Jésus accorde à  tous les siens le pouvoir de lier et de délier ceux qui
sont victimes du Satan et des puissances infernales, victimes de la
méchanceté des hommes, victimes de tout mal et de toute maladie. La
parole de Dieu n’est jamais liée même si celui qui l’annonce se trouve
victime du mal et emprisonné.

Si nous avons tant de lettres écrites par Paul, c’est qu’emprisonné il
ne lui restait plus que l’écriture pour continuer à  enseigner. C’est
bien là  une preuve que l’Evangile n’a pas besoin des moyens humains pour
pénétrer le monde et que le vieillard, le malade, le prisonnier sont
tous porteurs efficaces de la Parole dont ils s’efforcent de vivre.

« ¦L’Evangile que j’annonce et pour lequel je souffre jusqu’à  être
enchaîné comme un malfaiteur. Mais la Parole de Dieu n’est pas enchaînée
et c’est pourquoi je supporte tout. »

Jésus prouve qu’il détient le pouvoir des clefs par les guérisons qu’il
accomplit et les juifs le reconnaissent à  ce signe. Mais il prouve aussi
qu’il détient le pouvoir des clefs en pardonnant les péchés,
c’est-à -dire en déliant l’être humain du Mal qui le sépare de Dieu. On
lui amène un jour un paralysé sur une civière et, à  cause de la foule,
les porteurs pleins de confiance ouvrent le toit et font descendre
l’infirme devant Jésus. Admirant leur Foi, Jésus commence par dire :
« Tes péchés sont pardonnés. »

Les Pharisiens présents l’accusent aussitôt de blasphème, car, » Qui peut
pardonner les péchés sinon Dieu seul ?. » Jésus les interpelle :

« Pourquoi raisonnez-vous ainsi ? Qu’est-il plus facile de dire : Tes
péchés sont pardonnés ou de dire : Lève-toi et marche ? Hé bien, afin
que vous sachiez que le Fils de l’Homme a sur terre autorité pour
remettre les péchés, (il dit au paralytique) Je te le dis, prends ta
civière et rentre chez toi. »

Ce pouvoir qu’il possède ontologiquement du fait de son lien avec le
Père, il est à  même de le communiquer à  qui bon lui semble en vue de
pérenniser à  travers les générations de manière visible ce qu’il a
accompli en une fois durant les courtes années de son existence terrestre.

Un être humain ne peut jamais lier ou délie ce qui est du domaine de
Dieu à  moins d’agir au Nom et par la volonté de celui à  qui il a accordé
ce pouvoir.

« ¦.Si je pars, je vous enverrai mon Esprit et lui, par sa venue,
confondra le monde en matière de péché, de justice et de
jugement. » (Jean, ch.16,v.7/8)

Les Evangiles rapportent en divers endroits à  qui et dans quelles
situations Jésus a transmis aux siens le Pouvoir des Clefs, la capacité
en son nom de lier et délier.

« Premier texte : « (Matthieu, ch. 16,v.13/20) Arrivé dans la région de
Césarée de Philippe, Jésus interrogeait ses disciples : Au dire des
gens, qui est le Fils de l’Homme ? Ils répondirent : Pour les uns,
Jean-Baptiste ; pour d’autres Elie ; pour d’autres encore ;Jérémie ou
l’un des prophètes. Il leur demanda : Et vous, qui dites-vous que je
suis ? Prenant la parole, Simon-Pierre répondit : Tu es le Christ, le
Fils du Dieu vivant. Prenant alors la parole, Jésus lui déclara : Tu es
heureux, Simon Baryona, car ce n’est ni la chair, ni le sang qui t’ont
révélé cela, mais mon Père qui est dans les cieux. Et moi je te déclare,
tu es pierre et sur cette pierre, je bâtirai mon Eglise et la puissance
de la mort n’aura pas de force contre elle. Je te donnerai les clefs du
Royaume des cieux. Tout ce que tu lieras sur la terre sera lié aux cieux
; tout ce que ru délieras sur la terre sera délié aux cieux.

Alors il recommanda aux disciples de ne dire à  personne qu’il était le
Christ.

« Un autre texte très proche est tiré de Matthieu ((ch.18, v. 15/18) et
de Matthieu ch. 18, v. 21/22) »

« Troisième texte « (/Luc, ch 17, v.3/4) » Si ton frère vient à 
t’offenser, reprends-le et s’il « se repend, pardonne-lui. Et si sept
fois le jour il t’offense et que sept fois il revienne à  toi en disant :

« Je me repend » tu lui pardonneras.

« Cinquième texte « (Jean ch.20, v.19/23). Le soir du jour (résurrection)
qui est le premier de la semaine, alors que par crainte des juifs les
portes de la maison étaient verrouillées, Jésus vint et se tint au
milieu d’eux et il leur dit : La paix soit avec vous, tout en leur
parlant il leur montra ses mains et son côté. Envoyant le Seigneur, les
disciples furent dans la joie.

Alors Jésus leur dit à  nouveau : La paix soit avec vous. Comme le Père
m’a envoyé, à  mon tour je vous envoie. Ayant ainsi parlé, il souffla sur
eux et leur dit : Recevez le Saint Esprit. Ceux à  qui vous remettrez les
péchés, ils leur seront remis. Ceux à  qui vous les retiendrez, ils
seront retenus. Cependant Thomas, apôtre, ¦n’était pas avec eux lors que
Jésus vint¦

Mais c’est à  toute la communauté que Jésus remet ce pouvoir fondé sur
l’Amour divin qu’il répand par son Esprit sur tous ceux qu’il féconde de
cet Esprit qui vient demeurer en nous.

C’est pourquoi dans les premiers siècles ceux dont la vie avait été
configurés au Christ par la conversion et la fidélité à  leur Baptême
pouvaient vivre en esprit et en vérité dans la Paix du Christ.

Et la Liturgie nous le rappelle sans cesse au moment du partage
eucharistique

*Seigneur Jésus-Christ, tu as dit à  tes apôtres : Je vous laisse la
Paix, je vous donne ma Paix. Ne regarde pas nos péchés mais la Foi de
ton Eglise ; pour que ta volonté s’accomplisse, donne-lui toujours cette
Paix et conduis-nous vers l’Unité parfaite. *

BHL, instantanés d’une Cour

Impossible de m’en empêcher, je lis et relis le reportage de la Règle du jeu. J’y replonge comme dans un bol de cacahuètes. Je n’arrive pas à  m’en décoller. Ce texte me parle, sans que j’arrive à  trier dans le bombardement d’informations dont je suis l’objet. Cet autoportrait anonyme d’une Cour, rédigé à  chaud, cette implacable photo des hiérarchies du moment, cet instantané des « en hausse » en « en baisse » de l’année, qui jamais ne se départit d’un ton badin, glacé et glaçant, cet art très raffiné de la fausse simplicité.

Le ton est donné dès la génialissime phrase d’attaque: « C’est Milan Kundera qui est arrivé le premier« . Sous la simplicité apparente de l’information, du style « la marquise sortit à  cinq heures », comprenez: le misanthrope octogénaire, le monstre sacré de La plaisanterie et de La valse aux adieux, le Géant du Siècle qui refuse tout, comme Julien Gracq, est accouru ventre à  terre à  l’invitation de Bernard. « Il avait annoncé qu’il ne resterait qu’un quart d’heure et qu’il refusait les photographes. Pris par la conversation avec Yann Moix, la vedettede la revue et avec Philippe Sollers, son voisin de couverture blanche chez Gallimard, il est finalement resté deux heures et s’est laissé, de guerre lasse, mais avec amusement, prendre en photo« : pris dans l’ambiance, le Géant est redevenu l’ado vaguement boutonneux dont il a toujours gardé la nostalgie.

Les « en baisse » sont allusifs. Le décryptage est laissé au soin du lecteur: « Fottorino essaie de faire un aparté avec les nouveaux propriétaires du journal, Pierre Bergé et Xavier Niel, mais on ne s’entend plus« . Le sujet de l’aparté, on le devine un peu mieux en apprenant que Fottorino accuse ses nouveaux propriétaires de harcèlement moral. « Bernard Kouchner n’arrive pas à  entrer » : ô disgrâce ! O justice immanente: le traître, celui qui est passé de la rive gauche à  la rive droite, est physiquement rejeté par son camp d’origine.

Mais c’est avec le portrait du Maître, que l’auteur anonyme atteint le sommet de son art. Tableau. On cherche BHL. On ne le trouve pas. « Normal. Il s’est planqué dans les cuisines pour discuter tranquille avec une très vieille copine, Claire Stamback, qu’il a connue à  18 ans, et qui était la meilleure amie de sa première épouse« . Allégorie : le maître du monde, le Zola de Sakineh et de Polanski, s’est donc « planqué dans les cuisines, pour discuter tranquille ». Imaginez: la salle et le trottoir débordent de ministres et d »anciens ministres, la densité de monstres sacrés au mètre carré dépasse l’imaginable (Kundera, Delon, Simone Veil), et BHL discute dans la cuisine avec une vieille copine. C’est ici, à  cet instant précis, qu’il serait séant de tomber à  genoux.

Par Daniel Schneidermann | Fondateur d’@rrêt sur images |

OTAGES : Informer ou garder le secret ?

Le premier anniversaire de l’enlèvement des deux journalistes de France 3 en Afghanistan, Hervé Ghesquière et Stéphane Taponier, a donné lieu, mercredi 29 décembre 2010, à  des manifestations diverses de la part de leurs proches, de leurs collègues et du comité de soutien que parraine Florence Aubenas, elle-même rescapée d’une séquestration en Irak de janvier à  juin 2005.

Les uns et les autres n’en peuvent plus d’attendre. Comment ne pas comprendre leur impatience ? Les assurances rituellement prodiguées par les autorités en charge du dossier ne suffisent plus après un an d’espoirs de libération toujours différée. C’est l’information qui fait défaut, au sens de « représentation la plus fidèle possible de la réalité » telle qu’on l’obtient quand elle est « extorquée » par enquête auprès d’un pluralisme de sources, écoutes ou infiltration ?

On mesure dans une pareille situation tragique le rôle capital que joue l’information mais aussi la contradiction o๠elle enferme les acteurs : faut-il parler ou bien se taire ? Faire un maximum de publicité autour d’une prise d’otages ou bien garder le secret ? Les deux conduites sont nécessaires et doivent se conjuguer quitte à  se contrarier.

1- Informer le plus largement possible

– Rechercher la plus large audience possible pour faire connaître l’enlèvement et la séquestration d’otages est une stratégie qui paraît évidente. C’est celle o๠s’est illustrée une organisation comme Amnesty International. On se souvient de sa campagne en faveur des prisonniers d’opinion en 1982. On pouvait lire, incrusté sur la photo en gros plan d’un homme agrippé à  des barreaux et fixant des yeux le lecteur, le slogan suivant auquel deux paradoxes donnent sa frappe : « Son crime, penser. Si on l’oublie, il mourra. » (Voir photo en pied d’article) Le second paradoxe qui présente de façon insolite l’oubli comme une cause de mort certaine, trouve sa solution dans la stratégie des groupes ou à‰tats tortionnaires : ils recherchent l’ombre et le silence pour accomplir leurs forfaits et offrir en pleine lumière une image respectable à  la face du monde.

– Molière dans la bouche de Tartuffe a théorisé cette stratégie : « Et le mal n’est jamais que dans l’éclat qu’on fait. / Le scandale du monde est ce qui fait l’offense / Et ce n’est pas pécher que pécher en silence. » En somme, une information n’existe qu’à  proportion de l’audience qu’elle rencontre : gardée secrète, elle n’existe pas ; connue de millions de personnes, elle devient affaire d’à‰tat.

– Appliquée aux crimes des groupes et à‰tats tortionnaires, cette règle nuit ou bénéficie à  leurs victimes. Des prisonniers oubliés finissent par disparaître dans l’indifférence générale : leur assassinat a-t-il même existé ? En revanche, si leur incarcération est inlassablement dénoncée, il devient plus difficile à  leurs tortionnaires de les faire disparaître. Ils acquièrent même la valeur d’une monnaie d’échange qui peut leur sauver la vie.

– Le gouvernement de leur propre pays lui-même qui préfèrerait tellement s’abstenir et ne pas s’exposer à  des négociations forcément coà»teuses et difficiles, est contraint sous la pression d’une opinion en alerte de faire quelque chose. Il semble que ce soit aujourd’hui le cas après les premières admonestations obscènes de certaines autorités françaises qui, avec délicatesse, ont, dans les premières semaines de leur séquestration, fustigé l’imprudence des deux journalistes de France 3 et déplorer d’avance le coà»t de leur libération.

2- Garder le secret de la négociation

Cette publicité nécessaire pour mettre en mouvement les monstres froids que sont les à‰tats, tortionnaires ou non, et qui n’aspireraient à  rien tant qu’à  ne rien faire, a cependant son revers.

– Un premier effet indésirable est de donner du prix à  l’otage et même de faire monter ce prix à  proportion de l’audience que son sort suscite dans l’opinion de son pays d’origine, voire dans le monde. Ses tortionnaires sont donc tentés de se montrer exigeants auprès des autorités de l’à‰tat qui négocient sa libération, et dont ils savent qu’elles ne peuvent pas décevoir leur opinion sans encourir la sanction de l’impopularité.

– Un second effet indésirable est de perturber la négociation. Le secret absolu peut seul garantir la possibilité des échanges qu’elle implique, puisque chaque partie doit pouvoir, par concessions alternées, céder à  certaines exigences de l’autre, sans être soumise à  la surenchère ou à  la censure des ultras de son propre camp qui interdirait le compromis.

– Et conformément à  la règle énoncée par Tartuffe, une fois l’accord conclu, le secret est le gage de son inexistence puisque personne n’en aura connaissance hormis les négociateurs. Chaque partie pourra ainsi sauver la face et rien du compromis conclu mais connu d’elle seule et ignoré du reste du monde, ne la ternira. La libération des otages sera la seule information diffusée pour la promotion des deux parties en présence.

La libération d’otages offre, on le voit, un beau cas d’école o๠information et secret sont deux stratégies nécessaires qui se complètent tout en se contrariant. La complexité de la relation d’information qu’engendre une telle situation, est sans doute une des raisons qui la rend si difficile à  vivre. Il faut que l’existence d’otages se sache pour qu’une négociation s’engage, mais en même temps qu’on ne dise rien des tractations pour qu’elles réussissent. Information et secret sont les deux côtés d’une même médaille et les prodigieuses performances technologiques des médias n’y pourront rien changer.

Pierre-Yves Chereul

tp_no2_les_pauvres_et_les_sans_grades_renvoyes_chez_les_2000_normands.pdf

LIU XIAOBO : ce qu’on nous a caché sur le prix Nobel de la Paix

Chacun a su que le dissident chinois, Liu Xiaobo, n’avait pu se rendre à  Stockholm pour recevoir le prix Nobel de la Paix qui lui a été attribué pour « son long combat non violent en faveur des droits fondamentaux en Chine ».

Mais notre presse a soigneusement « oublié » de préciser les convictions du dissident chinois. Liu Xiaobo a été, en effet, un admirateur de George Bush, ardent partisan de sa politique extérieure en Irak comme en Afghanistan, qualifiant la méthode Bush de meilleur moyen de traiter les à‰tats dépourvus de morale pour soutenir la liberté et la démocratie. En 2006, il a célébré « l’exportation de la démocratie en Irak ».

Liu Xiaobo est aussi partisan du libéralisme économique et, dans une interview donnée en 1988, au journal hongkongais Liberation Monthly, il a déclaré : « S’il a fallu 100 ans de colonisation à  Hong Kong pour être ce qu’elle ait, alors il faut 300 ans de colonisation à  la Chine pour devenir comme Hong Kong, mais je ne suis pas sà»r que 300 ans suffiraient ». Malgré les pressions de certains de ses amis, il a maintenu ces propos en expliquant s’être appuyé sur une réflexion historique.

Liu Xiaobo est le président du Centre chinois indépendant PEN, créé en 2003, qui a son siège en Suède et est financé la Fondation Nationale pour la Démocratie (NED) dont les fonds proviennent du gouvernement américain .
Les idées de ce dissident ne justifient évidemment pas les mesures d’emprisonnement dont le dissident est victime mais éclairent plutôt les orientations du jury Nobel . Ce dernier subit évidemment des pression : le 25 septembre dernier, le New York Times rapportait que circulait une pétition soutenant la candidature de Lui Xiaobo, qui fut ensuite officiellement parrainé par le tchèque Vaclav Havel. André Glucksmann aurait aussi soutenu cette candidature.

BELGIQUE : Le chanoine Houtart reconnaît des actes de pédophilie

Le chanoine François Houtart, âgé de 85 ans, a reconnu dans les colonnes
du Soir avoir abusé en 1970 de l’un de ses cousins, alors âgé de huit
ans. « Ce sont des faits inadmissibles qui sont en contradiction
évidente avec les valeurs d’émancipation et de justice sociale portées
par notre organisation », a déclaré le directeur du CETRI (centre
d’étude, de publication, de documentation et d’éducation permanente sur
le développement et les rapports Nord-Sud), Bernard Duterme, contacté
par l’agence Belga.

Le CETRI reconnaît avoir eu connaissance des faits, fin octobre, et
avoir dans la foulée demandé la démission du chanoine, qui était resté
membre du conseil d’administration de l’association, après l’avoir
dirigée jusqu’en 2004.« Une fois ces faits en partie confirmés par
François Houtart, nous avons aussitôt demandé sa démission. C’était une
évidence qui s’imposait à  nous, comme à  lui
», ajoute M. Duterme. «
C’est un coup dur mais cela n’a pas d’incidence sur l’objet social du
CETRI qui garde toute sa pertinence. Le travail du Centre reste très
apprécié
», poursuit le directeur.

Très critique au sujet de l’économie néo-libérale, et de l’idéologie
diffuse qui s’y réfère, le Centre s’inspire des principes évangéliques
et ébauche les grandes lignes d’une utopie chrétienne. La pertinence de
ses travaux, en particulier de ceux de François Houtart est très
largement reconnue. De sorte que le chanoine Houtart était candidat pour
le Prix Nobel de la Paix 2011. Sans oublier le combat du prêtre en
faveur de la théologie de la libération.

Cette révélation est un nouveau coup dur pour une à‰glise de Belgique
déjà  terriblement éprouvée par la cascade de révélations concernant des
abus sexuels. Sans oublier la démission pour pédophilie avec son neveu
de Mgr Roger Vangheluwe, évêque de Bruges. On peut parler d’un véritable
séisme.

Le Père Houtart est bien ce chanoine anonyme désigné par l’un des 475
témoignages d’abus recueillis par la commission Adriaenssens, entre le
19 avril et le 24 juin derniers. François Houtart l’a confirmé depuis
Quito, en Equateur. Une plainte anonyme avait – on le sait – été déposée
à  la commission Adriaenssens par une des cousines de François Houtart.

Celle-ci explique qu’un chanoine qui était hébergé par ses parents dans
la région de Liège s’était introduit à  deux reprises dans la chambre de
son frère pour le violer. Le prêtre indique de son côté qu’en traversant
la chambre du garçon, il a « touché ses parties intimes à  deux
reprises ». M. Houtart qualifie l’acte « d’inconsidéré et
irresponsable ». Le chanoine déclare avoir proposé aux parents de la
victime de renoncer à  l’exercice du sacerdoce et d’assumer toutes les
conséquences de son acte. « Ils me proposèrent alors de consulter un
professeur du grand séminaire de Liège. Celui-ci me conseilla de rester
dans le sacerdoce et de me concentrer sur les tâches universitaires en
sociologie des religions.
»

Pour l’anecdote, François Houtart est l’aîné d’une famille de 14
enfants, petit-fils du comte Henry Carton de Wiart, un des pionniers du
Parti catholique, Premier ministre, de 1920 à  1921. Formé aux principes
de la Jeunesse ouvrière chrétienne (JOC) du cardinal bruxellois Joseph
Cardjin, Houtart est un témoin estimé, en Belgique, et dans le monde
entier, en particulier en Amérique latine, d’un engagement chrétien
prophétique et audacieux.

Comment s’étonner dans un tel contexte qu’un nombre en croissance
exponentielle de catholiques belges demande à  être débaptisés ? Le diocèse
le plus atteint est Malines-Bruxelles, celui de l’archevêque
André-Joseph Léonard. Lequel Léonard a multiplié les bourdes et les
déclarations scandaleuses. Rapprochant récemment la pédophilie
des…catastrophes naturelles. Ou fustigeant l’homosexualité présentée
comme contre-nature et présentant le virus du Sida comme relevant de la
« justice immanente ». Comprenez : une sorte de châtiment indirect pour
les dérives morales. Mille dossiers de débaptisation sont en cours à 
Malines-Bruxelles, une centaine de dossiers à  Namur, le diocèse dont
Léonard fut le pasteur pendant près de vingt ans.

Les dommages co-latéraux d’un système ecclésiastique pervers

Golias exprime dans cette affaire sa tristesse et son indignation et n’entend aucunement minimiser la gravité des faits. Les tristes révélations, au final tardives, d’un théologien octogénaire comme le chanoine Francois Houtart, dont beaucoup d’idées sont proches
des nôtres, ne peuvent nous laisser indifférents. Et alors ? Le passé coupable de ce prêtre ne dé-crédibilise pas ipso facto l’ensemble de sa pensée. Et ce d’autant plus que nombre de ses recherches concernant des questions économiques et sociologiques – par exemple la mondialisation – pour lesquelles il est difficile de subodorer une quelconque incidence des
déviances privées de l’auteur Comme si les choses étaient d’un bloc, trop simples.

En revanche, confirmation est donnée une fois encore des dommages collatéraux d’un système ecclésiastique, quelle que puisse être par ailleurs la façon dont le clerc en particulier se situe sur l’échiquier idéologique et théologique. En soutane ou en cravate, progressiste ou conservateur, de gauche ou de droite, le prédateur sexuel est toujours à  dénoncer et à  sanctionner. Cela a toujours été notre ligne éditoriale.

En outre, dans le cas d’espèce, il est évident que les effets néfastes d’une loi aberrante et perverse comme celle d’un célibat contraint et forcé, mais aussi un rapport faux, malsain et parfois hypocrite par rapport à  la spontanéité sexuelle, n’épargnent pas les franges ouvertes
de l’église par le seul fait de cette ouverture de pensée. Ultimement, comme nous le confiait notre ami Stanislas Breton peu avant sa mort c’est le christianisme même qui demande a être interrogé de façon critique par les croyants aussi bien que l’ensemble des hommes et femmes de bonne volonté .

Michel Onfray parlait de thanatophilie. Un message de mort et non de vie. Notre attachement au message fraternel et libérateur de l’à‰vangile, comme au Messager qui en est le coeur, l’Emmanuel, œ Dieu avec nous , n’a peut être rien à  perdre d’une mise en cause critique de cette sédimentation sans doute ambivalente qu’on appelle le christianisme, et qui demeure, à  bien des égards, le sanctuaire d’une dernière idole. Qui
empêche les hommes d’êtres tout simplement humains.

Toujours est-il que cette triste nouvelle concernant notre ami François Houtart nous renforce ainsi dans la conviction qu’il faut continuer à  étudier les causes et facteurs encourageants de la dérive pédophile. Sans concession pour un système ecclésiastique qui ne désire que se blanchir et se dédouaner en isolant les déviances de certains de ses permanents pour ne pas s’interroger sur ses propres responsabilités dans ce domaine. La frontière entre le bien et le mal passe par notre coeur à  chacun. L’histoire d’une personne est souvent complexe et ambivalente. Certaines dérives relèvent sans doute davantage de la compulsion morbide, de la mentalité, des blessures intimes qui se sont infectées avec le temps que de la faute.

Raison de plus de combattre pour la vérité. Et ce partout, et sans complaisance idéologique et théologique d’aucune sorte.

La lumière de Dieu est devant nous

à‰piphanie du Seigneur ABC Lecture du livre d’Isaïe (60, 1-6)

Noà«l, pour nous, est volontiers un spectacle, nous assistons mi-attendris et mi-goguenards à  la venue des bergers puis des Rois Mages – ces histoires de l’enfance sont « à  peine » surmontées par la prise en compte du symbolisme des Evangiles¦

Le texte du « troisième » Isaïe proposé à  notre méditation ce dimanche, invite à  une vigoureuse mobilisation de la communauté croyante. Le prophète ne s’adresse pas à  un public lointain, ni symbolique : Jérusalem est redevenu après l’exil, sa communauté, sa paroisse. Par les deux premiers versets les paroissiens réguliers et/ou occasionnels, les anciens et les revenus, sont secoués pour une prise de conscience dynamique et lumineuse : la Gloire du Seigneur se lève sur eux, cette Gloire se lève aussi sur tous les peuples. Nous nous sommes beaucoup investis dans la préparation et dans la fête de Noà«l: la dynamique paroissiale des équipes et conseils, les animateurs, les lecteurs, les « servants et servantes de l’autel », la chorale ont été reconnus et appréciés par la communauté d’habitants. Et puis ce dimanche, il n’y a plus que les paroissiens habituels¦

Que faire pour que tout cela change ? Pour que nos contemporains viennent à  la communauté croyante, celle-ci doit devenir lumineuse dans et par la reconnaissance de son Dieu. Alors le miracle se produit 1, 2, 3 « étrangers » entrent dans l’église paroissiale. Nous pouvons à  notre tour, devenir spectateurs et admirer : en couple nos enfants viennent à  l’Eglise !¦ (diable !¦) Et notre Eglise devient rutilante : l’or et l’encens des générations passées, des étrangers et anonymes expriment avec nous les louanges au Seigneur. Mets-toi debout, deviens lumière. Prends conscience que l’éclairage te vient de la Gloire du Seigneur. Oublier les ténèbres de nos soucis et de notre quotidien, se tenir en présence de Dieu et constater alors, qu’autour de nous, naturellement sans raisons apparentes, tous se mettent en marche avec leurs richesses pour la recherche de Celui « qui sera pasteur de mon peuple Israà«l»