RWANDA : Le dernier scoop de Marianne au sujet de l’attentat précurseur du génocide des Tutsi

Nos lecteurs qui s’intéressent au Rwanda ont certainement en mémoire, l’histoire très médiatisée ces dernières années, au sujet de l’attentat du 06 avril 1994, contre le Falcon 50 présidentiel de J. Habyarimana. Un récit signé feu Abdul Ruzibiza a fait l’objet d’un livre intitulé : Rwanda, l’histoire secrète , qui explique cet événement tragique par un scénario, attribuant ce coup au Front Patriotique Rwandais (F.P.R).

Probable levée de l’énigme en perspective

C’est de notoriété publique, que cet apocryphe a été popularisé, non pas en raison de la recherche sérieuse faisant objet de son contenu, mais plutôt suite à  sa médiatisation sensationnelle. Cette histoire doit également son aspect plausible, à  la notoriété des personnes qui l’ont respectivement préfacé et postfacé, en l’occurrence Claudine Vidal et André Guichaoua, deux figures intellectuelles plutôt respectables. Comment le public ne lui aurait-il pas accordé un peu de crédit, alors que ces allégations figuraient dans les colonnes des prestigieux quotidiens de renommée mondiale ?

Seulement, voilà  que la substance qui intéressait les sponsors de feu A. Ruzibiza, n’a pas fait long feu. Ceux qui avaient cru y trouver un soulagement au poids du crime ignoble qui pèse sur leur conscience ne sont pas au bout de leur peine. Les éléments principaux qui charpentent ce scénario construit de toutes pièces n’ont pas pu tenir longtemps. On peut imaginer le sentiment qui anime ces intellectuels impliqués dans ce projet de désinformation d’envergure. En 2003, lors d’une conférence sur le Rwanda tenue à  l’Université Carleton d’Ottawa au Canada, le Québécois Gil Courtemanche, auteur du célèbre roman «Un dimanche à  la piscine à  Kigali», a révélé avoir été approché, pour faire partie de ce groupe de manipulateurs armés de leur titre académique. «Moi j’ai refusé, mais je sais qu’il y en a d’autres qui ont accepté et je n’en dirais pas plus » a-t-il alors précisé. Lorsque feu A. Ruzibiza en personne avoua l’absence de fondement de son récit, sa crédibilité s’écroula en chute libre. Jean-Louis Bruguière doit avoir passé un mauvais quart d’heure en apprenant l’aveu de son principal témoin. Ce dernier a reconnu entre autres, que le 06 avril 1994, il ne se trouvait même pas aux alentours du lieu de l’attentat, mais plutôt à  90 kilomètres de Kigali, au Nord du Rwanda ! Rappelons que l’un des reproches à  l’enquête de cet ancien juge d’instruction est de n’avoir pas instruit ce dossier à  charge et à  décharge, comme il était censé le faire. S’il avait effectué une visite sur terrain, au Rwanda, il aurait peut-être pu remettre en perspective plusieurs éléments de son rapport controversé.

Comme si cela ne suffisait pas, ce rapport est truffé de plusieurs autres vices de fond et de formes, et cela a été constaté par plusieurs personnes qui l’ont analysé. La consternation semble avoir été si forte dans les rangs des sponsors de feu A. Ruzibiza, au point qu’il a fallu soulager ceux qui se sont investis corps et âme dans cette magouille politico-médiatique. Ainsi le 23 septembre 2010, l’Hebdo Marianne, l’une des ténors flamboyants parmi les journaux engagés dans la campagne de manipulation au sujet du Rwanda, a jugé nécessaire de publier un autre scoop sur ce sujet.

Il s’agissait cette fois-là  d’une fuite, qui est loin d’être fortuite comme on peut s’en douter. Violant la confidentialité d’une affaire judiciaire en instruction, il a publié un procès verbal d’audition mené, semble-t-il, par Marc Trevidic et Nathalie Poux, deux juges qui ont repris le dossier de l’attentat du six avril 1994, après le départ de Jean-Louis Bruguière.

Ultime tentative de brouiller les cartes

Selon Marianne à  travers un article intitulé «Rwanda : arrêtons l’hémiplégie», feu A.Ruzibiza serait revenu à  l’essentiel de ses premières affirmations avant son décès. Il n’en reste pas moins que ce soi-disant revirement, s’il s’avérait authentique, se heurterait à  la remise en question de la crédibilité posthume du défunt. Si réellement c’est le cas, feu A. Ruzibiza serait resté fidèle à  son jeu jusqu’à  la fin de ses jours. Réagissant comme il l’a fait toujours, en fonction des circonstances ou de la demande en présence, il affirmait puis infirmait, accusait et se rétractait ensuite, jurait et parjurait après ¦ et ce au sujet des mêmes faits. Toutefois, son décès aura changé la donne, car il a mis fin définitivement à  cette volte-face à  répétition. Pour la petite histoire, dans une globalisation insensée de P. Péan, il a soutenu dans son livre «Noires Fureurs, Blancs menteurs» que les tous Tutsi sont des menteurs de nature. Son témoin privilégié A. Ruzibiza étant un Tutsi, il en a ainsi fait une exception qui confirme la règle ! Une minutieuse analyse de ce livre de P.Péan a été effectuée par son compatriote S.Farnel

Marianne peut à  sa guise souligner, altérer et publiciser comme bon lui semble cette dernière interview de feu A. Ruzibiza. Ce soi-disant «accablant» témoignage ne diffère guerre des précédents. Authentique ou pas, peu importe ! Une chose est sà»re : elle ne pourra être ni confirmé ni infirmé par le concerné. Cet hebdo a beau justifier ces dernières allégations par le souci de protéger un certain «Monsieur A», qui aurait été la source principale du défunt, tout cela ne tient pas debout. Il s’agit purement et simplement d’une manoeuvre de manipulation que cet hebdomadaire est habitué à  servir à  son lectorat.

Au sujet de ces propos post mortem attribués au défunt, un dicton rwandais rappelle qu’un «cadavre n’engage jamais de discussion avec son fossoyeur, sur les modalités de son enterrement». Dans la vraie vie, la leçon s’adresse aux vivants au sens imagé. Mais dans ce cas-ci, elle peut être considérée littéralement à  juste titre, et donnée à  Marianne, ainsi qu’à  ceux qui s’en servent comme outil de désinformation. De toute évidence, il s’agit d’une tentative ultime de brouiller les cartes.

Carl Del Ponte serait à  l’origine de ce canular

Le 29 mars 2008 à  Montréal, nous avions eu l’opportunité d’en apprendre un peu plus sur les tenants et les aboutissants de cette fiction digne d’un film de télé réalité. De la bouche de P. Péan, nous avons appris que l’idée aurait été empruntée à  l’ancienne procureure au TPIR, Carla Del Ponte. Celle-ci aurait en effet suggéré que si on parvenait à  prouver que c’est le F.P.R qui est l’auteur de l’attentat du six avril 1994, l’histoire du génocide des Tutsi pourrait être réécrite ! Depuis lors, on a fait preuve d’ingéniosité pour matérialiser cette idée, en l’embellissant de toutes les couleurs. De Kampala en Ouganda o๠il avait trouvé refuge après sa désertion de l’armée, feu A. Ruzibiza aurait été ciblé, car il répondait aux critères d’un candidat idéal pour opérationnaliser ce projet. Il ne se serait pas fait prier, car c’était pour lui une occasion en or, qui allait lui servir de tremplin, pour concrétiser son rêve s’exiler en Europe.

Quand leur histoire a pris des ramifications d’une proportion inattendue, E. Ruzigana, l’acolyte qui avait été recruté pour corroborer les propos de Ruzibiza, s’est rétracté en premier. C’est lui qui a révélé qu’à  leur arrivée à  Paris, ils n’ont fait que confirmer les déclarations apprêtées par un certain Pierre Payebien, officier de la police française qui les attendait à  l’aéroport. à‰videmment Marianne n’apprend pas à  son lectorat que les visas et les billets d’avion de ces précieux recrus de cette affaire, leur ont été offerts gracieusement. On peut mentionner en passant que l’agent de police qui les a accueillis s’exprimait en français, une langue qu’Emmanuel Ruzigana ne comprenait même pas.

En contrepartie de leurs services, des arrangements auraient été effectués pour que les deux ultérieurs témoins-clé de Jean-Louis Bruguière puissent s’installer en Norvège. Ce choix de destination n’était pas un hasard car il faisait diversion, étant donné que c’est un pays autre que la France. Naturellement, ils devaient y attendre tranquillement, tout en étant prêts à  confirmer le cas échéant, l’histoire pour laquelle ils avaient été recrutés. Combien d’Africains, dans les mêmes circonstances, auraient-ils pu résister à  une telle offre?

Hélas, on ne connaîtra peut-être jamais les véritables motivations qui ont poussé feu A. Ruzibiza à  faire alliance avec les services français dans cette affaire. Il est permis d’imaginer, qu’il s’agirait d’un règlement de compte vis-à -vis de ses anciens supérieurs militaires, pour lesquels il avouait garder une rancune implacable. Certains Rwandais l’ont toutefois félicité d’avoir brisé l’entente avec ses sponsors, pour défendre haut et fort, l’innocence de Rose Kabuye, ex-chef de protocole à  la présidence du Rwanda, après son arrestation et son transfert devant la justice française. A un confident qui lui aurait demandé pourquoi il avait osé se livrer à  une telle supercherie, A. Ruzibiza aurait confié ceci : «n’eà»t été mon geste, personne n’aurait su à  quel point certains Français haïssent les Tutsi» !

Une nouvelle publication réoriente les projecteurs

La sortie du livre L’Agenda du génocide de Jean-François Dupaquier vient de rallumer une fois de plus les phares sur cet attentat du 06 avril 1994. Il s’agit cette fois-ci d’un témoignage contenant des éléments nouveaux, émanant, d’un membre des anciennes Forces Armées Rwandaises (F.A.R). Cet ancien espion affirme que l’annonce de l’attentat prétendument perpétré par l’armée du Front Patriotique Rwandaise (F.P.R), provenait d’un fax qu’il a rédigé de ses propres mains sur demande de ses supérieurs, dans le cadre d’une «guerre totale», préconisée pour vaincre militairement le F.P.R.

D’après cet ancien espion répondant au nom de Richard Mugenzi, l’annonce était destinée aux commandants de toutes les unités militaires. Ces derniers ont alors communiqué la nouvelle à  leurs soldats, et cela les a motivé à  se mettre au «Travail» avec ardeur. Valérie Bemeriki, ancienne animatrice vedette à  la tristement célèbre Radio RTLM qui a grandement relayé cette nouvelle, a avoué que l’information selon laquelle l’avion présidentiel avait été abattu par le F.P.R lui avait été transmise par l’à‰tat-major des Forces Armées Rwandaises (FAR). «Je ne pouvais aucunement mettre en doute une information émanant d’une telle source » a-t-elle précisé.

Dans un contexte d’extrême tension, cette annonce était cruciale pour déclencher la mise en marche de la machine génocidaire déjà  outillée, qui n’attendait que le signal pour se mettre en marche. Et l’on connaît la suite.

On peut rappeler à  ce sujet, qu’une enquête du gouvernement du Rwanda sur cet attentat a conclu que les missiles qui ont abattu l’avion présidentiel rwandais à  cette époque, ont été tirés à  partir du camp Kanombe, celui-ci étant à  l’époque la principale base militaire des anciennes Forces Armées Rwandaises (FAR). Toutefois, ce rapport n’a pas pu identifier avec précision le(s) auteur(s) de ce coup fatal, qui a couté la vie aux présidents du Rwanda et du Burundi et leurs délégations ainsi qu’à  l’équipage français, dont les veuves ont déposé une plainte, en vertu de laquelle la justice française effectue une enquête sur cet attentat.

Curieusement, les médias internationaux qui avaient popularisé les allégations de feu A. Ruzibiza n’ont pas accordé la même attention à  l’ouvrage de Jean-François Dupaquier. Pourtant, son livre résulte d’une recherche indépendante qui offre de nouvelles pistes susceptibles de percer le mystère lié à  un événement qui capte encore l’attention de l’opinion publique. L’opérationnalisation de la suggestion de Carla Del Ponte en vue de réécrire l’histoire du génocide des Tutsi semble avoir pris une orientation imprévue. Au sujet de cet événement, on devrait s’armer de patience. L’histoire finira par briser ce mystère enveloppé dans un nuage brumeux. On sait que plusieurs documents-clés relatifs à  ce dossier sont détenus par le ministère de la défense française. Pour le moment, ils sont inaccessibles, étant classifiés secret défense nationale. Les quelques tentatives d’obtenir la levée d’interdiction d’y accéder ont été sans succès. Mais laissons le temps au temps. La roue de l’Histoire tourne. On sait que personne ne peut en arrêter la marche et rien ne peut lui opposer indéfiniment résistance. Tôt ou tard, la vérité finira par éclater au grand jour.

JESUS RENONCE A TOUT POUVOIR et se fait serviteur

L’Epitre aux Hébreux explique à  des communautés encore liées aux traditions judéennes que le Grand Prêtre est désormais Jésus-Christ qui seul peut être qualifié de Véritable Fils de Dieu parmi tous les fils de Dieu qui constituent Israà«l.

Et à  la suite de cette Epitre, l’Eglise a de tout temps proclamé en Jésus à  la fois le Prêtre Unique, le Prophète en qui et par qui Dieu révélé comme Père aimant annonce sa vraie nature: Dieu est Amour, au point en Jésus-Christ de venir lui-même partager nos vies, et le Roi véritable qui, abandonnant tous les titres qui lui donneraient le droit à  une souveraineté incontestée, est uniquement soucieux de se mettre au service des plus bas-fonds de l’humanité en prenant place au rang des pécheurs, des prostituées et de tous les coupables au point de partager leur mort.Ces trois titres sont la meilleure définition qu’il soit possible de donner de Jésus, l’Etre parfait voulu par Dieu, Homme façonné pour être le Chef d’Oeuvre de la Création, Icône perpétuelle et vivante de Dieu au milieu de nous.: Dieu à  notre portée.

En Lui, l’Alliance voulue par Dieu avec l’Humanité, ébauchée au Sinaï s’accomplit dans la manifestation suprême de l’Amour.

Jésus est le seul qui soit capable d’établir une relation sans nuage avec Celui qu’il nous révêle non plus comme un Dieu sévère et lointain mais comme un Père très proche de nous. Lui seul est capable d’établir ce nouveau rapport avec Dieu et d’accomplir la véritable fonction Sacerdotale, c’est-à -dire de parachever par sa Vie, sa Mort et sa Résurrection les liens qui unissent définitivement les hommes à  Dieu.

Qu’il soit le Prêtre unique de l’Alliance renouvelée, cela a été l’objet de l’étude du chapitre précédent, et nous avons pu nous convaincre à  la Lecture de l’Epitre aux Hébreux que Jésus réalise ce qu’aucun autre homme n’eà»t jamais été capable de faire,
ce qu’aucune institution sacerdotale même celle du peuple Juif ne pouvait parvenir à  exercer pour réunir l’homme et la Divinité dans un lien que désormais rien, pas même la mort ne pourrait détruire.

Et, de fait, il ne faudra que très peu d’années après la mort et la Résurretion de Jésus pour que cessent d’être offerts les sacrifices traditionnels établis depuis Moïse et dans lesquels l’animal est substitué à  l’homme et mis à  mort pour compenser les péchés des hommes, et que le Temple, devenu inutile, ne soit définitivement détruit par le feu.
Il l’a été sans gloire au milieu d’une confusion invraisemblable de rivalités et de crimes que nous décrit l’historien Josèphe. La guerre des Juifs est le véritable accomplissement de la prophétie de la Tour de Babel. Les derniers Grands Prêtres descendants d’Aaron disparaissent dans la dérision: Le monde ancien disparait.

Jésus rend une fois pour toutes en sa personne l’hommage suprême et définitif à  Dieu en s’offrant lui-même, au nom de l’humanité toute entière et en établissant, lui, seul et véritable Grand Pontife, par le sacrifice de sa vie, le lien d’amour total qui abaisse Dieu jusqu’à  la misérable condition terrestre et élève l’Homme jusqu’à  le diviniser.

Il ne tire pas gloire humaine de son Sacerdoce qui, jamais, ne l’isole de ses frères humains. Il ne se comporte pas comme détenteur de puissance, il ne cherche pas à  se faire craindre, à  l’instar de ceux qui parvenus au Sacerdoce ou à  la Royauté s’y établissent en maîtres. Il se donne à  Dieu et à  ses frères dans l’humilité et la déchéance.

Il a été mis au rang des esclaves et s’est fait de lui-même serviteur.

Et depuis la venue de Jésus, cela ne fait que continuer:
Un prophète n’est méprisé que dans sa patrie et sa maison (Matthieu ch 13,v.53/58).

Et lorsqu’il prophétise devant Caîphe: Vous verrez le Fils de l’Homme siégeant à  la droite du Très Haut et venant sur les nuées,
(Mathieu ch. 27 v; 64) Il signe par ces mots sa condamnation à  mort.

Jésus, Prophète de Dieu , est pierre d’achoppement. On pourrait même se demander si lorsqu’il dit à  Simon-Pierre:
Tu es pierre et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise,
Il ne le condamne pas à  être, non pas d’abord le chef de son Eglise, mais à  suite et à  son tour la pierre d’achoppement.
Pierre, plusieurs fois arrêté, sera toute sa vie obligé de se cacher et de fuir jusqu’au jour de son exécution à  Rome.
Le vrai disciple de Jésus-Christ est toujours, à  travers les générations qui se succèdent et sous tous les cieux, pierre d’achoppement et objet de persécution et de mépris.
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Lorsqu’à  la Cène, Jésus promet la venue de l’Esprit Paraclet, il annonce qu’il enverra l’Esprit sur ses disciples pour faire d’eux ses prophètes: Et lui,par sa venue, il confondra le monde en matière de péché, de justice,et de jugement.
C’est par les disciples dont il prend possession au jour de la Pentecôte que l’Esprit se manifestera d’abord et dès lors le combat
qui semblait s’être achevé par la mort de Jésus va reprendre de plus belle. Le disciple n’est pas plus grand que son Maître:
S’ils m’ont persécuté, ils vous persécuteront aussi.
La persécution des gens du monde ne cesse que lorsque le disciple se prostitue aux valeurs de ce monde: Il est des nôtres, clame
une chanson à  boire !
Qu’il soit simple fidèle, clerc, évêque ou pape, celui qui cesse d’être signe de contradiction perd sa signification évangélique.
Il est contradictoire de vouloir partager lesvaleurs du monde et les valeurs de l’Evangile:
Nous ne partageons pas les mêmes valeurs a dit un jour une publicité.
Et Jésus explique: Si vous étiez du monde, le monde aimerait ce qui est à  lui..Mais vous n’êtes pas du monde; c’est moi qui vous ai
mis à  part du monde et voilà  pourquoi le monde vous hait (Jean ch.15,v.18)

Ainsi de son Sacerdoce qui aurait pu lui valoir la même gloire que celle dont jouissaient les Grands Prêtres juifs, Jésus ne reçoit aucun avantage humain. Au contraire, il est objet de rejet. Rejet du seul véritable Sacerdoce par les détenteurs du sacerdoce lévitique qui le feront exécuter. Rejet de son message prophétique par les Scribes et les Anciens dont la mission était d’enseigner la parole de Dieu et qui ne sauront ni ne voudront la reconnaître en lui.

Alors, en est-il différemment de sa Royauté ?

Qu’il soit Roi , Il peut revendiquer légitimement ce titre comme descendant de David, fils parmi beaucoup d’autres de cette famille au sein de laquelle les Prophètes avaient annoncé que surgirait le Messie appelé à  régner pour toujours, comme cela avait été promis au roi David.
Les juifs contemporains de Jésus étaient dans l’attente imminente du Messie. Etant donnée leur triste vie dans un pays vaincu et occupé, ils étaient amenés à  penser que leur situation misérable pouvait être le signe de la prochaine apparition du Jour du Seigneur.
Ils pressentaient et appelaient la venus du libérateur qui réunirait enfin tout Israà«l et le conduirait au triomphe sur les occupants puis sur les nations du monde entier, ce monde sur lequel dominait alors la puissance romaine.
Désormais Israà«l, sous la conduite du Messie, deviendrait le Peuple de Rois régnant avec lui sur les nations de la terre entière, comme l’avaient promis les Prophètes anciens. Peuple de rois, comme il lui avait déjà  promis d’être un peuple de prêtres rendant au Dieu unique le seul vrai culte universalisé, gravitant autour du Temple vers lequel tous les peuples se presseraient pour adorer à  Jérusalem, capitale du monde.
On oubliait que les Prophètes avaient aussi annoncé les souffrances du Messie:
Ne fallait-il pas qu’il souffrît pour entrer dans sa gloire ?

Jésus s’est bien proclamé Roi, mais pas un roi selon les schémas humains:

Le Roi ? C’est le chef qui conduit le peuple au combat contre ses ennemis, c’est celui qui doit assurer la tranquillité inérieure en protégeant lesfrontières. Mais c’est avant tout celui qui doit assurer la paix entre ses sujets, les préserver des dangers et des malheurs, prendre soin d’eux afin que tous bénéficient de la prospérité et vivent le temps de leur existence terrestre dans la Joie;

Mais combien de rois et de chefs d’états cherchent plutôt leurs avantages et écrasent leur peuple ?
La Royauté de Jésus est une royauté de service. Il se donne lui-même sans chercher aucun avantage. Jésus nous montre en quoi consiste sa Royauté: Il se compare au Bon Pasteur qui conduit son troupeau, recherche la brebis égarée et protège ses brebis jusqu’à  donner sa vie pour elles (Jean,ch 10).
Ce n’est pas devant des foules enthousiastes et prêtes à  le suivre que Jésus s’est proclamé Roi.
C’est au contraire lorsque les foules rassasiées veulent le faire Roi qu’il s’enfuit seul dans la mmontagne.
C’est au contraire dans les circonstances les plus tragiques et humainement les plus désespérées que Jésus se proclame Roi: Aux heures de la Passion, devant Caïphe d’une part et devant Pilate d’autre part.
Non devant tout un peuple assemblé pour l’acclamer, mais lorsqu’il est enchaîné.
Non devant la foule l’acclamant au jour des rameaux, mais gifflé lorsqu’il comparait devant les chefs de ses pires ennemis.
Non devant les foules enthousiastes de Galilée soulevées d’admiration pour ses miracles, mais au moment oà¹, tombé entre les mains de ses ennemis, il est trainé devant le chef des occupants, un étranger païen, policier borné, lâche, cruel et sans états d’âme.
Autrement dit, il se proclame Roi dans les pires conditions qui puissent hâter sa condamnation à  mort.
Paradoxe absolu:
C’est quand il est totalement réduit à  l’impuissance que Jésus se proclame Roi.
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C’est quand il est, sans rémission possible, tombé aux mains des hommes qui veulent sa mort que Jésus se proclame Fils de Dieu.
On comprend alors les moqueries de ses adversaires quand Jésus est cloué à  la Croix:
Et ceux qui passaient l’insultaient en branlant la tête et en disant: Toi qui détruis le Temple et en trois jours le rebâtis, sauve-toi toi-même; si tu es le Fils de Dieu, alors descends de la croix.
De même les Grands Prêtres aussi disaient en se moquant avec les Scribes et les Anciens: Il a sauvé les autres, il ne peut se sauver lui-même. S’il est roi d’Israà«l, qu’il descende maintenant de la croix et nous croirons en lui. Il a mis sa confiance en Dieu, qu’il le sauve maintenant s’il tient à  lui, car il a dit: Je suis le Fils de Dieu (Matthieu,ch.27,v.9/43)

Abandonné des hommes, Jésus paraît même abandonné du Dieu, qu’il nomme « son Père » qui l’a choisi et envoyé.
C’est l’échec le plus total qui puisse arriver à  un être humain. On peut justifier à  ce moment les moqueries de ses adversaires.
Jésus ne paraît être qu’un détraqué, un aventurier ou un séditieux.
Comment reconaître en cette loque pendue au bois le Messie espéré et béni de Dieu ?

Ce serait le renversement de toutes les conceptions établies, ce serait le monde renversé.
Vers la neuvième heure, Jésus s’écria d’une voix forte: Eli, Eli, lamma sabacthani, c’est-à -dire, mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? Quelques uns de ceux qui étaient là  l’ayant entendu, disaient: Voilà  qu’il appelle Elie. Mais d’autres disaient:
Voyons si Elie va venir le sauver (Matthieu,ch.27,v.45/49)

Et c’est bien le monde renversé, car voici que retentit le dernier cri de Jésus, et c’est un cri de victoire, le cri d’Espérance et de Foi du Christ, c’est au moment même o๠il expire que Jésus le fait entendre:
Père, je remets mon esprit entre tes mains (Luc, ch 23,v.46).

François le Queré

LA POLITIQUE DE RESTAURATION ECHOUE EN BELGIQUE : Le Vatican s’inquiète de voir Mgr Léonard (Bruxelles) de plus en plus marginalisé

La stratégie de restauration du catholicisme en Europe rencontre plus de résistances et de difficultés que prévu. En particulier en Belgique, secouée par les révélations concernant les moeurs du clergé. Trois évêques viennent en effet de ser prononcer en faveur de l’ordination d’hommes mariés : NN SS Josef de Kesel (Bruges), Patrick Hoogmartens (Hasselt) et Johan Bonny (Anvers), flamands, viennent ainsi de défier le Vatican. Ils seraient bientôt rejoints, dit-on, par l’évêque de Gand, Mgr Luc van Looy. Ce ralliement à  une position d’ouverture de Mgr Bonny, 55 ans, longtemps en poste à  Rome et considéré comme un successeur possible de Mgr Léonard dans six ou sept ans à  Bruxelles doit être particulièrement soulignée. Elle confirme la prédominance nette et de plus en plus affirmée d’une ligne d’ouverture en Belgique. Malgré quelques jeunes prêtres qui ne parviennent cependant pas à  inverser le cours des choses.

L’eau qui aurait fait déborder le vase romain est la récente prise de position du nouvel évêque de Bruges sur l’opportunité d’ordonner également des femmes. Déclarant notamment :  » C’est certainement un sujet dont on peut parler, et je l’espère « . Une position que ne reprendra certainement pas Mgr Bonny, plus conservateur à  certains égards. Mais qui progresse de jour en jour dans les esprits.

Mgr Aloys Jousten, évêque de Liège avait quant à  lui, il y a quelques mois, émis des réserves sur le triomphalisme finalement païen des processions de la Fête Dieu. En un style feutré. Mais il prenait ainsi fortement position contre la volonté de reconstituer un type d’Eglise.

On attend avec impatience le désignation des trois nouveaux auxiliaires de Mgr Léonard. Qui seront forcément nommés avec son aval sinon même sur sa proposition directe.

L’orientation conservatrice et les provocations passées de Mgr Léonard (par exemple au sujet de l’homosexualité) laissaient augurer le pire. Qui n’a pas eu lieu. Sans doute en bonne part en raison de la situation dans laquelle se trouve actuellement l’Eglise belge. En outre, à  la surprise de ses fans habituels, Léonard a laissé promouvoir deux anciens auxiliaires de Danneels, plutôt libéraux, et en tout opposés à  toute restauration intransigeante : Mgr De Kesel, nommé à  Bruges , et Mgr Remy Vancottem, 67 ans, nommé à  Namur . Qui fut pourtant le diocèse de Léonard lui-même. O๠Léonard tenta à  sa façon d’imposer une ligne restauratrice. Comme si a présent il acceptait un visage complet dans un sens opposé. Il est vrai que, de par le passé déjà , Léonard avait fait nommer à  ses côtés un évêque auxiliaire qui ne partage pas sa ligne, Mgr Pierre Warin. Né en 1948, Warin est aujourd’hui favori à  la succession de Jousten à  Liège

Depuis quelques, on cite parmi les noms des nouveaux auxiliaires de Bruxelles le Père Eric de Beukelaer, longtemps porte-parole des évêques de Belgique et très proche de Danneels. Habile homme, il incarne un courant de centre gauche. Mais on parle aussi d’un jésuite d’une même ligne, le Père Scholtès , un d’un vicaire épiscopal de Bruxelles , curé d’une grande paroisse, d’orientation progressiste plus affirmée. Le Nonce Apostolique, Mgr Giacinto Berloco est un brave homme, gentil et bienveillant, aujourd’hui complètement dépassé par les évènements.

Les conservateurs continuent à  espérer que l’un des trois au moins des nouveaux auxiliaires sera de tendance plus ratzingérienne. Ce qui n’est pas acquis. Le seul nom cité quelquefois est celui de Mgr Luc de Maere, Agé de 53, curé de l’Eglise Saint Jacques d’ Anvers , un excellent juriste et un homme affable. Mais redoutablement, il est bien introduit dans certains réseaux de la Curie au point que certains parlent de lui pour devenir un jour le nouceau Primat de Belgique, après la parenthèse Léonard .

Cependant, d’ici là , le discrédit suite aux affaires d’abus sexuels et plus encore sans doute le réveil des courants libéraux d’ouverture semblent rendre impossible le réveil d’un catholicisme pur et dur outre-Quiévrain.

Le reste étant qu’il n’y ait plus de catholicisme du tout…car l’institution n’est pas prête aux tournants qui s’imposent et il est déjà  bien tard!

Le sexe des infos : représentation des hommes et des femmes dans les médias

On sait la propension des individus à  se conformer à  l’image que les médias prétendent leur renvoyer d’eux-mêmes. L’importance d’analyser les représentations qu’ils véhiculent apparaît donc clairement, en particulier pour les rapports de genre. Une étude mondiale sur les médias, à  partir d’une analyse de 1365 bulletins d’informations, a été réalisée le 10 novembre 2009 et présentée en octobre 2010.

Les médias sont, pour reprendre la formule du philosophe Michel Foucault, une « technologie de pouvoir », au même titre que la famille ou l’école. En tant que tels, ils sont normatifs : ils ne se contentent pas de décrire une réalité qui existerait en dehors d’eux, ils l’interprètent en fonction de normes et de valeurs qu’ils contribuent à  imposer.

Non seulement les médias ne sont pas descriptifs, mais ils sont aussi prescriptifs : on sait en effet la propension des individus à  se conformer à  l’image que les médias prétendent leur renvoyer d’eux-mêmes : ainsi par exemple de la force de coercition des modèles féminins véhiculés par les magazines, sur la représentation que les femmes se font d’elles-mêmes, et que les hommes se font des femmes !

L’importance d’analyser les représentations que véhiculent les médias apparaît donc clairement, en particulier pour les rapports de genre, c’est-à -dire ceux qui régissent les relations entre les hommes et les femmes. C’est tout le sens du « GMMP ».

Deux mots encore sur la perspective « épistémologique » qui nous guide ici : trop souvent, l’étude du genre se limite à  l’étude des femmes. On comprend bien pourquoi : trop de silences, trop d’invisibilité ont rendu cette focalisation nécessaire. Mais si les femmes sont les premières victimes des inégalités de sexe, d’autant plus insupportables qu’elles sont le plus souvent en situation de dominées, les hommes sont eux aussi contraints à  des jeux de rôle en raison de leur sexe. Le rééquilibrage entre les sexes ne peut se concevoir si l’on oublie de conjoindre hommes et femmes dans la réflexion. C’est pourquoi, centrée sur les femmes pour les raisons que l’on vient d’énoncer, l’étude qui suit s’efforcera, dans ses conclusions, de penser conjointement les représentations des hommes et des femmes.

Le Projet mondial d’observatoire des médias

Le projet mondial d’observatoire des médias (Global Medias Monitoring Project, GMMP) est l’étude la plus vaste portant sur la représentation des hommes et des femmes dans les médias d’information. Faisant le constat récurrent de la sous-représentation des femmes, et de leur confinement dans des rôles stéréotypés, le GMMP oeuvre pour une représentation juste et équilibrée des hommes et des femmes dans et par les médias.

Menée par des bénévoles (chercheurs, professionnels des médias, militants), cette recherche constitue aujourd’hui une référence majeure dans le domaine du genre et des médias, qu’il s’agisse du programme d’action décidé lors des rencontres de Beijing, des Objectifs du millénaire pour le développement (OMD) ou des travaux de recherche sur le genre.

La première étude date de 1995 et portait sur les informations diffusées dans 71 pays. Elle est renouvelée depuis tous les cinq ans. L’édition de 2009 est donc la 4ème : avec 108 pays pris en compte, elle couvre 55 % des nations, totalisant 82 % de la population mondiale. Sa représentativité est donc très bonne, voire excellente.

1365 bulletins d’informations ont ainsi été analysés en cette journée du 10 novembre 2009, dans la presse, à  la télévision et à  la radio, totalisant 17 795 reportages, mettant en scène 38 253 personnes et impliquant 20 769 journalistes.

Dans le monde, 24 % des sujets des nouvelles sont des femmes¦

Les femmes ne sont que 24% à  être le sujet d’une nouvelle. Elles étaient 17 % en 1995, 18 % en 2000, 21 % en 2005 : à  ce rythme, estime le GMMP, il faudra plus de quarante ans pour atteindre la parité !

Avec un score de 44 %, elles s’approchent de la parité en ce qui concerne les personnes interrogées pour donner un avis général dans les nouvelles.

Mais seul un « expert » sur cinq est une femme (17 % en 2005)

Les femmes sont présentées différemment des hommes dans les nouvelles : leur âge est indiqué deux fois plus souvent que celui des hommes, elles apparaissent en photo une fois et demie de plus que leurs congénères masculins et les reportages ne reflètent pas la réalité, car ils ne présentent pas les femmes dans les postes professionnels ou d’autorité qu’elles occupent réellement. Ces caractéristiques sont une constante depuis la première édition du GMMP en 1995.

Côté journalistes, les femmes présentent 37 % des reportages dans la presse écrite, la radio et la télévision combinées

Les reportages présentés par les journalistes femmes sont plus susceptibles de combattre les stéréotypes sexistes que ceux présentés par les hommes

Les préjugés sexistes que l’on observe dans les médias d’information traditionnels (télévision, radio et presse écrite) sont transposés dans les « nouveaux » médias d’information (Internet).

¦ Et en France

Quel corpus ?

Les médias analysés le 10 novembre 2009 (dont le nombre a été fixé par le GMMP pour respecter un équilibre entre les pays représentés) sont les suivants :

– Presse : Le Figaro, Le Monde, Libération, Le Parisien, Le Progrès, Ouest France, Elle, Marianne.

– Radio : France Inter, RTL, Europe1, France Info, France Culture, Hit West (station régionale privée à  forte audience locale à  Nantes).

– Télévision : TF1 (13h, 20h), M6 (le bulletin de 19h45), France 2 (20h) et France 3 (19-20).

Les résultats relatifs à  la représentation des hommes et des femmes dans les médias français confirment globalement l’étude mondiale.

Un quart/trois quarts : tel est le ratio femmes/hommes dans la média-réalité française

Les femmes n’apparaissent que dans 27 % des nouvelles (ce chiffre est donc un peu supérieur au chiffre monde : 24 %).

Ce miroir que nous tendent les médias révèle donc un monde avant tout masculin. Qu’il s’agisse de « plancher collant » ou de « plafond de verre », les obstacles à  une représentation équilibrée des hommes et des femmes sont bien réels.

Presse, radio, télévision : le tiercé perdant

Avec seulement 21 % des nouvelles mettant en scène des femmes, la presse est le plus masculin des médias ; avec 35 % des nouvelles mentionnant des femmes, la télévision est le moins masculin ” à  défaut d’être le plus féminin ”, la radio occupant une position médiane avec ses 29 % .

La parole d’autorité reste un monopole masculin

Les femmes ne représentent que 27 % des sources d’information

Elles sont peu sollicitées comme expertes : seuls 22 % des paroles expertes émanent des femmes

Seuls 25% des porte-parole interviewés au cours des infos sont des femmes

On le voit à  travers ces quelques chiffres : la parole d’autorité reste très largement un monopole masculin.

Les traits traditionnels de la représentation des femmes

Concernant d’autres caractéristiques qu’on a l’habitude d’associer à  la représentation médiatique des femmes, soulignons les points suivants :

* *leur statut de victime : je rappelle que la « philosophie des médias » fait des victimes un sujet d’information privilégié et qu’à  ce titre, hommes et femmes sont de bons candidats. On est quasiment à  parité puisque si l’on prend l’ensemble des informations concernant des victimes, 51 % sont des femmes et 49 % des hommes. Mais on peut considérer que les femmes sont beaucoup plus que les hommes montrées avec ce statut, si l’on rapporte ce chiffre à  l’ensemble des informations concernant les femmes.
* *dans un contexte o๠ce qui prime est l’absence de mention de ce type, l’évocation des liens familiaux est plus fréquente s’agissant des femmes (29 %) que des hommes (19 %).

* *les infos concernant les hommes sont plus souvent accompagnées d’une photo que celles concernant les femmes (85 % des nouvelles concernant les femmes sont sans photos et seulement 79 % des nouvelles concernant les hommes). Notons que le rapport est inverse dans les chiffres « monde ».
* *concernant la profession, on observe que 44 % des femmes contre 56 % des hommes sont mentionnés sans qu’il soit fait état de leur profession.

à‰conomie, crimes et violences, politique : le tiercé gagnant des infos est masculin

Les thèmes privilégiés des médias sont aussi ceux o๠les hommes sont le plus présents, qu’il s’agisse de thèmes valorisés (politique et économie, o๠79 % des nouvelles sont centrées sur un homme) ou pas (crimes et violences o๠les hommes sont présents à  76 %).

Les rubriques science et santé, justice et société et célébrités, arts et médias, sports sont plus ouvertes aux femmes (présentes entre 20 et 50 % de ces sujets, selon les thèmes), mais moins prisés des médias ici analysés.

On retrouve des constantes familières concernant la spécialisation thématique, le care, le lien social étant du côté du féminin tandis que des thèmes régaliens (politique, économie) sont réputés masculins.

La « philosophie » des médias est aussi à  prendre en compte : un avion qui s’écrase est plus susceptible de faire une info qu’un train qui arrive à  l’heure ; or les hommes sont plus portés que les femmes à  transgresser l’ordre établi, que ce soit de façon positive (dans notre corpus, ils manifestent contre la « casse » des services publics, en l’occurrence la fermeture d’une gare dans une petite ville du SW, contre le mur érigé dans les territoires occupés, en Cisjordanie), ou négative (les braqueurs, les voleurs, les dealers sont plus souvent des hommes que des femmes). On voit donc comment fonctionne le cercle vertueux de la visibilité, entre les hommes et ce que faute de mieux j’appellerais « une philosophie » de l’information, qui contribue à  marginaliser les femmes.

Le sexe des journalistes n’est pas neutre

Contrairement à  ce qu’on a longtemps dit sur la neutralité des comportements journalistiques, prétendument dus à  des modes de socialisation identiques entre hommes et femmes, on observe que dans une population assez équilibrée (53 % de journalistes hommes pour 47 % de femmes), les journalistes femmes sont plus enclines à  donner la parole et un visage aux femmes que leurs homologues masculins (49 % pour les premières, 39 % pour les seconds).

Alors, rien de nouveau sous le soleil ? Les lignes bougent, mais à  la marge et lentement

Au cours des quinze dernières années, des progrès ont été faits. Si la vision des médias reste celle d’un monde essentiellement masculin (à  73 %, rappelons-le), la mixité progresse à  la marge :

* par l’intégration des femmes dans des domaines longtemps réputés masculins. De plus en plus, les médias rendent compte des activités des femmes dans l’espace public, et notamment dans leur vie professionnelle : les infos les montrent travaillant en entreprise, dans le monde de la justice ” encore peu en politique ”, voire comme artisans « plombières » ou « jardinières » !

* par l’intégration des hommes dans des domaines longtemps réputés féminins : ils sont présentés comme pères et époux, en proie à  des émotions ou sexualisés ; le « care » se masculinise.

La mixité progresse donc des deux côtés, mais cette évolution est encore trop peu visible, compte tenu du faible poids des femmes dans les médias, et très lente : au niveau mondial, rappelons que 17 % des nouvelles portaient sur des femmes en 1995, et 24 % en 2010 (27 % pour la France).

La marginalisation de la voix des femmes constitue un frein à  la démocratie et au pluralisme de l’information. Å’uvrer à  leur meilleure prise en compte ne conduirait pas les journalistes à  abdiquer leur objectivité, pas plus que leur liberté ne s’en trouverait limitée : rappelons-nous en effet que « ni les droits, ni la liberté ne sont sans distinction de sexe » (M. Gallagher, Avant-propos au GMMP 2010).

par Marlène Coulomb Gully, universitaire.

Plus d’informations sur www.whomakesthenews.org
Communiqué rédigé par Marlène Coulomb-Gully, Professeure à  l’Université de Toulouse 2 et coordinatrice GMMP pour la France
marlene.coulomb@univ-tlse2.fr

Ont participé à  cette recherche :
– Presse : Isabelle Garcin-Marrou (coordinatrice presse), Claire Blandin, Isabelle Hare, Virginie Julliard, Emilie Roche
– Radio : Cécile Méadel (coordinatrice radio), Magali Grollier, Isabelle Guglielmone (ainsi que certains de ses étudiants de l’Université de technologie de Compiègne)
– Télévision : Marlène Coulomb-Gully (coordinatrice TV), Pascale Colisson, Lorie Decung, Aurélie Olivesi, Nelly Quemener, Nozha Smati

Lien url : http://www.egalite-infos.fr/2010/10/26/le-sexe-des-infos%C2%A0-representation-des-hommes-et-des-femmes-dans-les-medias-par-marlene-coulomb-gully-universitaire/

NANTERRE : IL Y A UN PRà‰SIDENT DANS LE TRIBUNAL !

Ouf ! Il y a donc un président, au tribunal de Nanterre. Mieux : il est doté de parole. Mieux encore : il donne des interviews. Il vient d’en donner une à  Pascale Robert-Diard, du Monde. Interview dans laquelle on apprend que Jean-Michel Hayat, le président en question, est également doté d’une ouïe. Les bruits de portes claquées et de vaisselle brisée, entre les deux vedettes du tribunal que sont le procureur Courroye et la juge Prévost-Desprez, ont franchi ses portes capitonnées.

« Je ne peux pas rester inerte » s’emporte le président, qui déplore (c’est le chapeau du Monde) « une perte totale de repères » et constate (c’est le titre) que « tous les principes ont été malmenés ».
Le président est donc parfaitement présidentiel. Au moins quand on regarde de loin la page du Monde. Mais au fil de la lecture de l’interview, cette impression se dissipe. Car le président a la main plus lourde d’un côté que de l’autre. Après avoir rappelé (sans la nommer) Prévost-Desprez à  « la réserve, la vigilance, et la discrétion », il esquive une question sur Courroye, qu’il estime simplement « parfaitement conscient des enjeux du moment ». Et réserve l’essentiel de son courroux, d’abord aux avocats, qui ne savent pas se tenir, puis (et on arrive là  au fond de sa pensée) au fait « que des conversations à  caractère privé, dans un lieu privé, dont donné lieu à  des enregistrements clandestins et que ceux-ci ont été publiés ». Nous y voilà . Sans le majordome et Mediapart, tout irait tellement mieux dans le neuf-deux ! Maudit majordome ! La peste soit de Mediapart, ces racailles venues d’ailleurs ! A aucun moment, hélas, l’intervieweuse ne lui rappelle que la publication des bandes Bettencourt a été justifiée par le tribunal de Paris, qui a qualifié ces informations de « légitimes » et « intéressant l’intérêt général ».

En toute logique, l’interview de Hayat aurait donc dà» être titrée: « le président du tribunal de Nanterre conteste le tribunal de Paris ». Ou bien : « Nanterre : le président refuse de condamner le procureur ». Ou encore: « Nanterre : le président regrette la publication des bandes ». Mais non. Présentant comme « au dessus des parties » une position parfaitement partiale de Hayat, s’abstenant de pousser l’interviewé dans ses retranchements, Le Monde poursuit contre Mediapart une campagne insidieuse, et non avouée. Campagne d’autant plus surprenante, et regrettable, queLe Monde fait, par ailleurs, de l’excellent travail sur l’affaire Bettencourt, travail qui vaut aux faits et gestes de l’investigateur Gérard Davet, à  ses allées et venues, à  ses conversations téléphoniques, une attention affec tueuse et persistante de la police française (et peut-être, il est trop tôt pour le dire, un cambriolage).

Par Daniel Schneidermann | Fondateur d’@rrêt sur images |

Un moment jubilatoire d’art divinatoire sur France Culture avec Paul Virilio

Le journal de 12h30 de France Culture, samedi 23 octobre 2010, a offert un exercice singulier : la consultation d’un prophète. Présentée par la journaliste comme une autorité, « urbaniste et philosophe » ayant « beaucoup réfléchi à  la vitesse, à  la perception du temps dans nos sociétés modernes », Paul Virilio était invité à  donner son point de vue sur le mouvement de protestation sociale actuel (1). Les auditeurs ont-ils été éclairés ? Non, plutôt éblouis ! On a assisté à  un numéro digne de la Sibylle de Cumes qu’ont pu connaître dans l’Antiquité ceux qui venaient la consulter dans son antre obscur caché au fond d’un long couloir souterrain.

Le leurre de diversion qui désoriente

Le prophète d’abord ne répond pas directement à  la demande. à€ la question prosaïque de la journaliste sur la fragilité de nos sociétés modernes dépendantes de l’essence dès qu’elle vient à  manquer, il gagne la stratosphère et projette aussitôt le spectre de la fin de l’ère du pétrole : la grève bloquant les raffineries est qualifiée d’ « écologique » et d’événement annonciateur de ce qui va inéluctablement arriver bientôt. Que l’innovation commence à  mettre sur les routes des voitures électriques, que l’ère de l’après-pétrole soit désormais anticipée, n’intéresse pas l’oiseau de mauvais augure.

Du coup, la journaliste est obligée de répondre à  sa propre question par le truisme qu’en fait elle appelait : les sociétés o๠les hommes circulent, sont, en effet, fragiles dès que la circulation des hommes est contrariée. Quoi d’anormal ? Mais est-ce propre aux sociétés modernes ? N’en a-t-il pas été ainsi de tout temps, si on en juge par les migrations humaines qui ont tout de même colonisé toute la planète ? Le prophète en vient alors à  proférer comme un oracle son propre truisme : « On est en face d’une conséquence de la révolution des transports avec le blocage des transports ferroviaires, routiers, etc. et la panne d’essence. » Qui l’aurait cru ?

Le choc des paradoxes

Le prophète ensuite aime le paradoxe car celui-ci feint souvent de bousculer les idées reçues : du choc de contradictions apparentes comme des silex à  l’âge de la pierre, doit jaillir l’étincelle d’une vérité insoupçonnée qui les résout : « Mais nous avons aussi, déclare-t-il sentencieux, la révolution des transmissions, c’est-à -dire la panne des télécommunications, l’écran noir, etc. qui est à  l’origine et à  l’horizon de notre avenir. »

Cette contradiction apparente entre « origine » et « horizon », aux relations allitératives mystérieuses, doit se comprendre par un autre paradoxe aussi roboratif : « à€ tout acquis, il y a une perte » ! à€ bien y réfléchir, pourtant, derrière cette apparence se cache encore un autre truisme trivial : une société de transports est fragilisée par une panne des transports, une société de communication l’est par celle des télécommunications, comme l’étaient les autres sociétés depuis l’invention de la roue et des courriers à  cheval par des roues brisées et des chevaux épuisés.

La multiplication des catégories inutiles

Le prophète crée dans le même temps des catégories inutiles et erronées qui établissent des différences artificielles entre les objets : elles visent à  désorienter l’auditoire médusé.

– Il invente ainsi « la démocratie d’émotion » qui aurait remplacé « la démocratie d’opinion » à  la suite d’« événements récents (¦) pour la plupart catastrophiques depuis dix ans ». Mais a-t-il jamais réfléchi sur l’information en démocratie qui « mobilise » autant l’exigence d’irrationalité dont relève l’émotion, que l’exigence de rationalité sinon plus. Depuis toujours, les hommes visent pour emporter l’adhésion de leurs semblables « leur coeur » et « leur raison », disait déjà  Pascal¦ au 17ème siècle. Qu’est-ce que peut bien vouloir dire « démocratie d’émotion » ?

– Le prophète crée certaines catégories par le seul usage insolite d’adjectifs qui déconcertent : il parle de « société mobilisatrices, circulatoires ». Le sens y gagne-t-il autant que la langue française y perd ?

– Il classe la grève dans la catégorie des « accidents sociologiques », comme si elle n’était pas une modalité normale du fonctionnement de la démocratie. Est-ce donc un « accident sociologique » quand des citoyens défendent leurs droits en usant des libertés démocratiques garanties par une constitution ?

– Il met en garde contre « l’écran noir », « la perte d’une information instantanée ». Mais qu’est-ce donc que cette catégorie d’ « information instantanée » ? à€-t-elle jamais existé ? Une information a pour particularité de n’être jamais instantanée, pas plus que d’être « en direct », parce qu’elle transitent par des médias mis en série : les médias personnels (les cinq sens, le silence, les postures, les mots et les images) et les médias de masses avec leurs prothèses électroniques. L’instantanéité et « le direct », ou encore « le live » comme disent les amateurs de jargon anglo-saxon pour frimer, sont des leurres !

– à€ la mobilité, le prophète oppose même un concept emprunté à  la physique pour donner un lustre scientifique à  sa parole : l’inertie. Que les voitures s’arrêtent faute d’essence ou que les télécommunications cessent faute d’électricité sont des événements prévisibles liés à  l’énergie employée qui peut venir à  manquer provisoirement. Faut-il pour autant recourir au concept physique d’ « inertie » pour dire que les voitures ne roulent plus momentanément et que les communications électroniques s’interrompent ? Et pourquoi pas à  celui d’ « entropie » tant qu’on y est ? Le prophète se garde d’entrer dans les détails : il attend seulement du terme volé à  la physique l’aura de l’autorité scientifique qui s’y attache.

Une confusion intellectuelle finale en rafale

Quand il est enfin interrogé sur la retraite conçue comme un droit à  se poser et reposer loin du « mouvement frénétique qui agite », le prophète jette alors en vrac sur la table avec frénésie « la délocalisation », « l’externalisation », les mouvements migratoires clandestins, « des gens dans les rues qui tendent les mains » , « des gens qui viennent se noyer sur (les) plages », la mondialisation non régulée, et livre pour finir comme un ultime oracle un nouveau truisme inattendu : « Et ce qui, aujourd’hui, craignent pour leur retraite, craignent pour leur avenir, c’est-à -dire pour la stabilité de leur famille, pour l’enracinement qui est le leur depuis si longtemps. » Quelle découverte ! On ne s’y attendait pas.

On reste hébété après cette séance de vaticination oà¹, en proie à  la plus grande confusion intellectuelle, un prophète prétend embrasser, comme l’oeil de Dieu, le monde dans sa globalité de temps et d’espace. Paradoxes vides, catégories insolites inutiles ou erronées, concepts jetés en vrac s’entrechoquent et éclatent en feux d’artifice qui éblouissent dans l’instant mais plongent dans la nuit noire sitôt éteints. Deux haruspices, disait un proverbe romain, ne pouvaient se regarder sans rire. Qu’en est-il du prophète quand il se regarde dans une glace ?

Pierre-Yves Chereul

(1) Extrait du « Journal de 12h30 » de France Culture, samedi 23 octobre 2010

« Véronique Pellerin.- Paul Virillio, bonjour, vous êtes urbaniste et philosophe. Vous avez beaucoup réfléchi à  la vitesse, ou plus exactement vous avez beaucoup réfléchi à  la perception du temps dans nos sociétés modernes, des sociétés qui sont d’une très grande fragilité, on le voit, un rien peut tout bloquer : s’il n’y a plus d’essence dans quelques stations, la vie quotidienne devient impossible pour beaucoup d’entre nous. Alors comment expliquez-vous cette fragilité ?

Paul Virilio.- Ben d’abord, nous sommes en présence d’une grève écologique, c’est-à -dire qu’elle anticipe l’épuisement des stocks, c’est-à -dire la fin du pétrole, etc. pour ce qui est de la mobilité. Et on est donc devant un événement qui, je dirais, est une forme d’arrêt d’urgence sur l’autoroute du progrès. Depuis trente ou quarante ans, nous avions accéléré la marche et aujourd’hui, on s’aperçoit avec la question de l’empreinte écologique, on s’aperçoit que ce mouvement n’est pas perpétuable indéfiniment.

Donc, il y a une dimension sociale, politique, économique, bien évidemment, mais il y a une dimension écologique sous-jacente. Et puis, et puis, pour ce qui est de la perception du temps, nous sommes désormais dans une démocratie d’émotion et non plus dans une démocratie d’opinion, c’est-à -dire, les événements récents, le krach boursier, les événements qui se sont succédés depuis dix ans qui sont pour la plupart catastrophiques, n’ont pas rassuré les populations pas plus que les actionnaires d’ailleurs dans les bourses.

V. P. .- En fait ce qu’on constate, je pense à  la grève de 1995, disons depuis plusieurs années, tout ce qui tourne autour du transport, tout ce qui tourne autour du mouvement, tout ce qui permet aux gens de bouger, ce sont les points de blocage, c’est là  o๠nos sociétés sont fragiles. Est-ce qu’on pourrait imaginer par exemple qu’un jour nous soyons bloqués parce que nous n’avons plus accès à  un autre flux plus immatériel, celui de l’information ?

P. V. .- Certainement ! On est en face d’une conséquence de la révolution des transports avec le blocage des transports ferroviaires, routiers, etc. et la panne d’essence. Mais nous avons aussi la révolution des transmissions, c’est-à -dire la panne des télécommunications, l’écran noir, etc. qui est à  l’origine et à  l’horizon de notre avenir. On ne peut pas comprendre le progrès des transports ou le progrès des transmissions instantanées sans la catastrophe qui, je dirais, lui est proche. à€ tout acquis, il y a une perte, la perte de la grande mobilité, c’est l’inertie, c’est la perte d’une information instantanée, c’est effectivement l’inertie. Donc on a oublié l’inertie. Nos sociétés sont tellement mobilisatrices, circulatoires qu’elles ont oublié l’inertie, c’est-à -dire la grande panne, euh ! l’accident sociologique comme on peut considérer qu’une grève et en particulier une grève générale, est un accident sociologique qui arrête le pays. Nous sommes dans des événements qui sont des événements qu’on aurait pu anticiper, c’est le moins qu’on puisse dire. Ou alors ne parlons pas de l’empreinte écologique, ne parlons du fait que la terre est trop petite, etc. des problèmes de climat. Nous avons fait grand peur et la peur a ses conséquences.

V. P. .- Les grévistes, ces derniers temps demandaient donc le droit à  la retraite, c’est-à -dire, peut-être pas à  l’inertie, mais en tout cas à  vivre quelque chose de plus serein, de plus paisible, donc un peu le contraire de ce mouvement frénétique qui nous agite. Alors, quand on remet en cause ce droit aux loisirs, c’est ça qui nous fait sortir de nos gonds parce que ça voudrait dire a contrario que le mouvement nous importune ?

P. V. .- Je crois surtout que la mobilité a tellement augmenté à  travers la délocalisation, à  travers l’externalisation, à  travers les mouvements de panique des populations qui fuient les régions je dirais pauvres, etc. que le problème de la retraite, c’est-à -dire de la stabilité et de la durée devient effectivement capitale. On a peur d’être emporté par le mouvement, emporté o๠? dans la rue, parce que, chacun le sait qu’aujourd’hui s’il y a des gens dans les rues qui tendent les mains, s’il y a des gens qui viennent se noyer sur les plages, c’est parce que la mondialisation n’a pas été régulée, parce qu’elle est un phénomène tragique. Et ce qui, aujourd’hui, craignent pour leur retraite, craignent pour leur avenir, c’est-à -dire pour la stabilité de leur famille, pour l’enracinement qui est le leur depuis si longtemps.

V. P. .- Paul Virilio, merci beaucoup !

P. V. .- Merci ! »

Manifeste des femmes pro-Dilma

Le 16 octobre, au Brésil, des femmes ont rédigé un manifeste de soutien à  Dilma Rousseff, la candidate à  l’élection présidentielle, victime de propos sexistes et de calomnies durant toute la campagne. D’autres pétitions de soutien, venants de différents secteurs de la société circulent également sur internet. Dilma Rousseff a recueilli 47 % des suffrages au premier tour de élections. Le deuxième tour est prévu le 31 octobre.

La vague de rumeurs et de calomnies qui a marqué la campagne contre la candidate à  la présidence, Dilma Rousseff, est un recul énorme dans la vie politique du pays.

Indignées, nous constatons les tentatives de la rejeter et de transformer une campagne démocratique en une « sale guerre ».

Indignées, nous avons démontré que la plupart des couches conservatrices de la société brésilienne ne supportent pas les changements que Lula “ avec Dilma “ a introduits dans le pays, en lui permettant de prospérer avec une meilleure distribution des revenus et plus de justice sociale. Plus d’éducation. Plus d’emplois et de logements. Plus de la santé. Plus de culture. Plus de nourriture sur la table des Brésiliens.

Comme les rumeurs et les attaques contre Dilma ont été principalement dirigées contre elle en tant que femme, nous sommes ici, aux côtés de millions de femmes brésiliennes, pour la défendre.

Nous sommes des citoyennes, des travailleuses, des indépendantes, des professionnelles, des femmes au foyer. Nous sommes des femmes de toutes les conditions, professions et croyances. Nous sommes des femmes de tous âges : des jeunes, des filles, des mères, des grands-mères et des arrières grands-mères. Comme Dilma, plusieurs d’entre nous ont été emprisonnées, torturées, persécutées, ont vécu en exil et dans la clandestinité. Comme elle, plusieurs d’entre nous ont vécu le même processus de lutte contre la dictature civilo-militaire qui pendant vingt et un ans a écrasé, sans honte, notre pays. Comme Dilma, plusieurs d’entre nous ont vécu tout le processus de lutte qui nous ont amenés au pays d’aujourd’hui, qu’elle aide à  construire. Nous sommes toutes des Marys, des Clarices, des Dilmas et des Severinas.

Nous voulons que continuent les transformations que le pays vient de connaître (pendant ces huit années du gouvernement Lula). Nous voulons une meilleure vie pour tous les Brésiliens. Nous voulons que les hommes, les femmes, les jeunes et les enfants vivent heureux dans un pays de tolérance et de justice sociale.

Ce que nous déciderons, le 31 octobre prochain, est l’approfondissement de cette alternative de développement avec la justice sociale ou bien, le retour en arrière, avec l’augmentation de la concentration des revenus et l’augmentation de la misère dans le pays. C’est cela qui est en jeu. C’est pour cela que nous voulons Dilma comme présidente !

Sà£o Paulo 16 Octobre, 2010

France

Rue 89 appelle à  soutenir Dilma Rousseff. Parmi les premiers signataires de la pétition, Bertrand Delanoà«, Philippe Besson ou à‰lisabeth Badinter.

Signer la pétition :

PEDOPHILIE : Opération de charme
de l’épiscopat français
et l’affaire Di Falco par la télé belge…

C’est à  une opération de charme, rondement menée par la Conférence à‰piscopale de France, que les lecteurs de La Croix[[La Croix 20/10/2010 Les évêques actualisent leurs repères pour «lutter contre la pédophilie»]] et ceux de Radio Présence[[Radio Présence: Magazine de Radio Vatican , mercredi 20 octobre 2010]] ont assisté cette semaine.

En effet la sortie de la nouvelle version de la plaquette «  lutter contre la pédophilie  » a été l’occasion d’un véritable exercice de communication. Il faut bien tenter de redorer les blasons de nos épiscopes !

D’après Radio Vatican l’à‰glise de France « continue à  jouer la transparence« , nous verrons comment plus loin.

Quant à  Monseigneur Vingt-Trois, dans sa préface, il se félicite des  » progrès réels accomplis « . Les progrès ? Nous en constatons, mais essentiellement en comptabilité ! En effet, Mgr Lalanne (évêque de Coutances dans la Manche) sur KTO [KTO, le 22 avril 2010, émission : [ » la pédophilie en France «  ]] en avril 2010 avouait  » une trentaine de prêtres concernés par une procédure en cours ou en prison « . Cette semaine Mgr Vingt-trois en décompte 9 en prison, 51 mis en examen et 45 ayant accompli leur peine. Trois fois plus ! Une telle augmentation en six mois est pour le moins… curieuse ! S’arrêtera-t-elle ?

Mais il y a plus grave, beaucoup plus grave, énormément plus grave.

La CEF aurait-elle deux visages ?

Il y a son visage aimable présenté par La Croix ou Radio Présence, visage derrière lequel transparaît comme en filigrane une face obscure et hypocrite.

C’est cette face que des journalistes belges, bien en avance sur nous en matière de révélation sur les abus sexuels commis au sein de l’à‰glise, nous font découvrir sur RTBF (Radio Télévision Belge Francophone) dans l’émission «  Devoir d’enquête « . Ils nous y rappellent à  juste titre les penchants d’un des évêques les plus médiatiques de l’hexagone, Mgr di Falco. Nous avons tous, plus ou moins, déjà  entendu parler de cette affaire. Affaire que Golias a révélée en son temps (2003). Depuis des années écoeurés et impuissants nous constatons que, puisqu’il y a prescription, tous ses confrères, tels des Pilate du troisième millénaire, s’en lavent allègrement les mains en oubliant toutes leurs promesses de transparence. Certes l’affaire est ancienne, ayant eu lieu de 1972 à  75, et elle est donc prescrite, mais,…

Nos évêques ne veulent pas comprendre que, pour les victimes, seules peuvent être appelés « anciennes » les affaires qui ont obtenu justice et réparation. Ils ne veulent pas entendre qu’une affaire, même de plus de 30 ans, est toujours récente, actuelle, présente pour la victime, dans son aujourd’hui, tant qu’il n’y a pas eu réparation.

La Conférence des à‰vêques de France a donc bien deux visages mais pourra-t-elle encore longtemps dissimuler sa face obscure ? Mgr André Vingt-Trois ne se rend pas compte, et c’est bien dommage pour l’à‰glise, qu’il pilote un véhicule, la CEF, qui, à  cause d’efforts pathétiques contribuant à  masquer la Vérité, va droit dans un mur nommé: scandale des prêtres pédophiles.

De toute urgence nous vous invitons à  découvrir et à  faire découvrir l’article et la vidéo de la télévision belge

Mon enfance m’appelle

Dans mon article précédent, Eschatologie, j’ai indiqué que l’attente d’un futur rétributif pour chacun, l’espérance aussi qu’il améliorera toutes choses, que tout le négatif de l’existence se transformera en positif, n’était pas en christianisme la seule option possible.

J’ai dit aussi que la gnose se refusait à  faire ce choix.

Pour elle, le salut est simplement dans le rétablissement d’un état primordial déjà  connu, et qui s’est dégradé dans la suite du temps : Chronos, on le sait, dévore ses propres enfants. La restauration de l’unité rompue se fait par le retour, pour chacun, à  l’état d’enfance, à  l’Enfant intérieur que chacun porte en soi. Ce retour n’est pas différé pour plus tard ou après la mort, mais il peut se faire dès à  présent, ici et maintenant.

Bien sà»r il ne faut pas confondre ici l’enfant infantile, qui nous rattache régressivement au passé, et l’enfant spirituel, qui nous tend les bras pour que nous progressions vers lui. Voyez à  cet égard mon article Nostalgie, ainsi que mon livre La Source intérieure, paru chez Golias en 2008.

Attention aussi : qu’on ne pense pas que l’attitude ici prônée est nombriliste et repliée sur elle-même. Car la socialisation suit naturellement : seul quiconque s’est vraiment trouvé lui-même, a retrouvé son être essentiel, peut avoir avec les autres les meilleurs contacts. Ce qui est sà»r, c’est que la vie sociale est désormais dépouillée de tous ses oripeaux factices : mais elle devient plus authentique et plus profonde.

On ne retombe donc pas en enfance, on y remonte.

C’est pourquoi j’ai choisi pour illustrer ce thème de réaliser la vidéo suivante, à  partir d’une chanson de Serge Lama, Mon enfance m’appelle. Je serai heureux de vos remarques et suggestions à  son propos.

Michel Théron