STUPEUR AU VATICAN :
Le théologien allemand David Berger fait son « outing »

Agé de 42 ans, le théologien catholique David Berger, un laïc allemand, très brillant, héritier d’une ligne romaine classique, et responsable de la revue Theologisches, vient d’être exclu de ses fonctions auprès de l’Académie Pontificale de Saint Thomas d’Aquin, pour avoir révélé son homosexualité.

David Berger s’est publiquement déclaré homosexuel depuis avril de cette année. En outre, il a osé prendre position contre la radicalisation récente de la position de l’Eglise sur la question. Mgr Luis Clavell, Président de l’Académie et membre de l’Opus Dei (au sein de laquelle il passe cependant pour modéré!) a révoqué la mission du Professeur Berger.

Dans le Frankfurter Rundschau, en avril dernier, il s’était exprimé en ces termes : « je ne puis plus me taire plus longtemps ». Il dénonçait l’attitude « bigote et hypocrite » de l’Eglise. Il demandait, au nom même de la tradition théologique, une révision de la position sur l’homosexualité. Dans le meilleur du thomisme qui valorise la nature et ses appétits. La grâce perfectionne la nature mais ne la détruit pas. Une position à  rebours de l’augustinisme vertical et pessimiste de Joseph Ratzinger exaltant ce qui est de Dieu l’opposant à  l’oeuvre de l’homme.

C’est facebook qui aurait au départ grillé David Berger puisque de nombreux gays figuraient sur son profil. Les déboires du jeune théologien montrent aussi que, désormais, les laïcs eux-mêmes pourront être traqués pour cause de gaytitude et non pas simplement les séminaristes, prêtres et religieux. La grande purge est commencée. Cette affaire pourrait avoir une grande résonance et des suites.

COIRE : ENCORE UNE NOUVELLE AFFAIRE HAAS EN PERSPECTIVE POUR L’EGLISE SUISSE

De par un passé relativement récent, le diocèse de Coire (Chur) en Suisse a déjà  été très éprouvé, en particulier par l’évêque Wolfgang Haas, indésirable, ultraconservateur et obstiné, nommé à  40 ans (!) en 1988. Pour règler le problème le Vatican fut contraint en 1997, face à  une situation totalement bouchée, de créer « ad hoc » un archidiocèse pour le Liechtenstein, Vaduz, afin d’y caser l’encombrant prélat.

Ces derniers jours, une autre affaire a mis en émoi les catholiques suisses. L’évêque auxiliaire de Coire, Mgr Marian Eleganti, a en effet interdit à  l’un de ses prêtres de continuer de participer à  une cérémonie oecuménique organisée chaque année lors de la Gay Pride de Zurich, s’attirant la réaction indignée des organisations homosexuelles.

La décision de l’évêché de Coire a surpris et choqué non seulement la communauté homosexuelle mais encore beaucoup de croyants d’ouverture, puisque le prêtre participait depuis plusieurs années à  cet événement et que l’église catholique zurichoise co-finançait la cérémonie oecuménique.

Dans un communiqué, le Groupe de travail des homosexuels de Zurich s’est déclaré «irrité par la décision soudaine de l’évêché de Coire et demande au conseil épiscopal qu’il retire immédiatement sa décision».

Pour l’association, la décision de l’église catholique est un choix «moyen-âgeux» qui «marginalise une grande partie de la population».

Cet épisode attire l’attention sur la personnalité de Mgr Marian Eleganti, évêque auxiliaire en charge de Zurich, un bénédictin de 55 ans, dont le passé est revenu à  la surface. En effet il a vécu durant une quinzaine d’années dans une communauté sectaire intégriste dont le leader aurait été plusieurs fois condamné pour abus sexuels.

Son intervention cassante et révoltante de vendredi dernier tombe d’autant plus mal. Même s’il est fort possible sinon probable que dans cette affaire Mgr Eleganti ait agi sur ordre de Mgr Vitus Huonder, l’évêque en titre du diocèse et non de son propre chef. Il n’empêche, s’étant fait le bras armé de son patron, il se trouve dangereusement au milieu de la scène. Or, le quotidien Tages-Anzeiger a lâché une bombe en évoquant le passé relativement récent de Mgr Eleganti – ordonné prêtre sur le tard – qui aurait pu inciter ce prélat à  plus de discrétion. En tout cas à  ne pas se placer dans l’oeil du cyclone, au coeur d’une polémique.

Au début de son sacerdoce, le futur évêque partageait donc la vie d’une sulfureuse communauté intégriste clandestine. Le dirigeant de cette dernière était un prêtre très charismatique mais à  la personnalité trouble et à  la réputation sulfureuse: Joseph Seidnitzer. Au cours des années 1960, cet ecclésiastique Autrichien avait été reconnu coupable d’abus sur des mineurs de plus de 18 ans (la majorité était alors fixée à  21 ans), et plusieurs fois emprisonné. Il attirait chez lui des jeunes hommes qu’il enivrait, avant de les forcer à  se livrer à  des actes sexuels.

Marginalisé au sein de l’Eglise, Seidnitzer avait crée, au milieu des années 1970, la communauté Priesterwerk. Le jeune Marian Eleganti, tout juste ordonné prêtre, y adhère. Peu après, la communauté est interdite par Rome et chassée d’Italie. Le futur évêque auxiliaire de Coire (et vicaire épiscopal de Zurich) suit toutefois Seidnitzer en Autriche, à  Innsbruck. Il appartient alors, selon le «Tages-Anzeiger», au «premier cercle» de ce qui devient un véritable séminaire clandestin, à  la limite de l’intégrisme. Seidnitzer s’autoproclame «Pape des temps nouveaux». La désignation de Mgr Eleganti comme évêque quelques années plus tard vérifie-t-elle les exigences du discernement qui s’impose? Que penser du jugement d’un homme qui suivit pendant si longtemps dans une voie excentrique un prêtre dissident?

Lors de sa désignation comme évêque, l’an dernier, Marian Eleganti a reconnu sa participation au mouvement de Seidnitzer, mais prétendant – est-ce vraisemblable? -ignorer la condamnation par le Vatican. Pourtant il aurait seulement rompu en 1990 avec son mentor Seidnitzer, décédé deux ans plus tard.

Cette affaire est encore en pleine incandescence. Et voici qu’une nouvelle point à  l’horizon. Celle de la désignation d’un auxiliaire complémentaire en la personne de Mgr Martin Grichting, vicaire général, réputé autoritaire et ultraconservateur. La conférence des Eglises catholiques cantonales qui en dépendent s’oppose à  ce choix. L’évêque de Coire Vitus Huonder a proposé cette nomination au Vatican ces derniers jours, a révélé cette conférence. Une nomination plus que discutée. « En tant que personne polarisante, ce candidat n’est pas apte à  occuper un poste à  responsabilité élevé dans la direction de l’Eglise (…) Seule une personne qui rassemble et jette des ponts peut entrer en ligne de compte. »

Martin Grichting s’est toujours prononcé contre les structures juridiques actuelles réglant les liens entre l’Eglise et l’Etat afin de « dépouiller » les paroisses et les Eglises cantonales de leurs fonctions, dénonce la conférence. Le vicaire général s’oppose à  la consultation démocratique de la base et au droit de co-décision des laïques dans les affaires de l’Eglise. Au nom d’une vision toute cléricale.

VENERABILIS.COM : Le site officiel
du Vatican pour les prêtres catholiques gays ?

Le métier de vaticanologue est véritablement passionnant. En effet, on ne se trouve jamais au bout de ses surprises! En surfant sur le net, nous avons découvert un site bien étrange, peu en accord avec les documents officiels de l’institution romaine sur l’homosexualité, intitulé « venerabilis ».

Cela fait rêver. On y trouve des news, des propositions de rencontres, et un tchat. Evidemment, chacun s’exprime par pseudos interposés. Ce serait trop risquer de glisser une photo. Enfin, last but not the last, le site gay Venerabilis se déploie sur un fond vraiment inattendu : celui-là  même du site officiel du Vatican! Ce qui suppose qu’il soit vraiment bien introduit au coeur même de la puissante cité.

Le site regroupe des prêtres catholiques homosexuels qui forment une mystérieuse fraternité. Secrète bien entendu! Il est précisé que le site doit rester soft, n’a rien de porno, et que le sexe trop explicite n’y a pas sa place. Il n’en demeure pas moins que la fraternité regroupe des prêtres gays, dont certains sont en poste au Vatican, et peut-être très élevés dans la hiérarchie : des évêques, des cardinaux? A noter que le chat est fréquenté aussi par des homos non ecclésiastiques, qui apprécient de pouvoir échanger sans avoir à  aborder l’idée d’une consommation sexuelle concrète. Les sites de rencontres gays étant parfois très crus à  ce niveau.

« Heureux êtes-vous quand on vous insultera, qu’on vous persécutera, et qu’on dira faussement contre vous toute sorte d’infamie à  cause de moi. Soyez dans la joie et l’allégresse, car votre récompense sera grande dans les cieux. » C’est par ces mots tirés du sermon sur la montagne, rapporté dans l’évangile selon Saint-Matthieu, que s’ouvre le site de la « confraternité homosexuelle des prêtres catholiques« . Le nom est en latin, le domaine en … Turquie et ses fondateurs au Vatican. Venerabilis est réglé par un modérateur aguerri.

La prudence est de mise. Les interlocuteurs se gardent de donner des renseignements qui pourraient laisser deviner leur identité.

Le pourcentage de prêtres gays au Vatican est important, plus encore que dans le reste du clergé. Il est évidemment difficile de l’évaluer quantitativement.. Au fil des années, la relative tolérance de jadis a fait place à  un esprit de terreur, les ecclésiastiques concernés redoutant une sanction, voire d’être limogés. L’affaire Stenico éclata en son temps comme une bombe en plein ciel. Mgr Tommaso Stenico, né en 1947, essayiste brillant, ancien collaborateur très proche du cardinal Silvestrini, chef de bureau influent de la congrégation du clergé, était connu pour ses manœuvres en vue de se faire nommer évêque d’un diocèse italien (Assise puis Pérouse) ou archevêque de Curie. Se donnant volontiers pour un homme à  femmes (!), le monsignore draguait en fait volontiers des hommes. Un jour qu’il faisait des propositions très explicites à  un jeune homme .. dans les bureaux même de sa congrégation, il fut piégé par une caméra! Après avoir nié, il prétendit avoir en effet sollicité le jeune homme mais parce qu’il menait une enquête sur l’homosexualité dans le clergé, afin de débusquer les gays cachés au Vatican (!) et de combattre ce redoutable fléau! Cette défense peu crédible et très piteuse ruina le peu de crédit dont il jouissait encore.

Dans un passé récent, c’est un secrétaire de congrégation (archevêque donc) qui vit sa carrière cassée. De notoriété vaticanesque il hantait certaines plages romaines couleur arc-en-ciel, dans la tenue d’Adam dit-on! Deux prêtres italiens de la secrétairerie d’Etat, attachés au secrétariat personnel de Mgr Jean-Louis Tauran, alors secrétaire pour les relations avec les États, avaient pris pour habitude de surfer sur les sites gays à  partir de leur ordinateur des bureaux de la Curie. Le pot aux roses fut découvert. Ils furent renvoyés. L’un d’entre eux quitta les ordres et a ouvert un excellent restaurant qu’il tient avec son compagnon.

L’existence de ce site internet confirme, si besoin était encore, la forte présence homosexuelle au Vatican, au plus haut niveau. En soi, dans cet univers qui ignore les femmes, il n’y a là  rien de très étonnant. Ce qui choque c’est le hiatus entre les discours officiels, de plus en plus durs et la réalité humaine en partie sur les conseils de Mgr Tony Anatrella, que les lecteurs de Golias connaissent bien, et d’un étrange official de la congrégation des évêques, Mgr Andrew Baker. Ce dernier, proche du cardinal Justin F. Rigali, archevêque de Philadelphie et longtemps en poste à  la Curie, soutient en effet que l’accès de gays à  la prêtrise doit être empêchée et que leur ordination est moralement nulle. Dans le même esprit, la congrégation pour l’éducation catholique publia en 2006 un texte fermant l’accès au sacerdoce pour des candidats présentant une homosexualité foncière. Se gardant cependant d’évoquer le cas des prêtres déjà  ordonnés, obligés de mener une vie digne. Toutefois, la congrégation pour la discipline des sacrements, alors présidée par le cardinal Jorge Arturo Medina Estevez, avait décidé que l’homosexualité justifiait le retour à  l’état laïc d’un prêtre qui le demandait, car elle entachait de nullité son engagement. Enfin, récemment, la congrégation du clergé émit de nouvelles normes pour la reconduction des prêtres à  la vie laïque. Parmi les cas imposant un tel retour il y a celui d’une vie scandaleuse : autrement dit, un prêtre notoirement homosexuel pourrait être contraint à  quitter l’état clérical.

La question de l’homosexualité est également posée par l’enquête canonique effectuée auprès des Légionnaires du Christ. L’un des visiteurs, Mgr Giuseppe Versaldi, évêque d’Alessandria et proche du cardinal Tarcisio Bertone, est en effet connu pour ses positions sur l’importance de la psychologie dans le discernement des vocations. Notamment afin d’écarter des garçons homosexuels.

Le grand public est amusé ou irrité par ce contraste entre, d’une part, une volonté de purge et d’autre part, le fait qu’un nombre important de prêtres, y compris et surtout au Vatican même, soit concerné par la question. Mgr Gabriele Montalvo, jadis président de l’académie pontificale ecclésiastique, aujourd’hui défunt, confia d’ailleurs à  l’auteur de ces lignes que les quatre cinquièmes des futurs diplomates du Saint-Siège, ses étudiants, étaient gays!

Un prêtre a un jour résumé de façon aussi concise que pertinente l’attitude du Vatican voulant expurger les homosexuels : « Ils se tirent une balle dans le pied« . On ne saurait mieux dire.

Gay et révisionniste?

Oreillettes bien placées, nous avons écouté un assez long moment ce que le site Venerabilis nous laisse entendre. Et apprécié le témoignage d’un certain Padre Felice sur son expérience de vingt ans de prêtrise, et sur la sérénité de son esprit. Ou l’évocation de la juste remarque de Drewermann sur une chasteté répressive.

De façon plus étonnante, le site défend Don Floriano Abrahamowicz, responsable important en Italie de la Fraternité St Pie X (intégriste), qui aurait été piégé par le quotidien « anti-clérical » – selon le site la Repubblica. Des propos de cet ecclésiastique auraient été sortis de leur contexte pour attaquer l’Église -, en laissant entendre que d’aucuns entendent se servir de cette affaire pour jeter le soupçon sur le Vatican et sur le Pape! On peut lire sur le site Venerabilis : « Don Floriano sei troppo forte! » . Et des encouragements à  ce prêtre intégriste pour avoir bravé les médias!

En fait l’abbé lefebvriste a tenu des propos indéniablement négationnistes. La branche italienne de la Fraternité Saint Pie X a d’ailleurs expulsé cet abbé compromettant pour déclarations négationnistes répétées. Peut-être sur pression du Vatican d’ailleurs.

En outre, dans son homélie du 25 janvier 2009 rapportée par le site Internet de ce « cercle », don Floriano rejetait la « levée » des excommunications par Benoît XVI, citant Mgr Lefebvre : « Ceux qui nous excommunient sont excommuniés depuis longtemps parce qu’ils sont modernistes ». Pour lui, l’Église catholique, ce sont les Lefebvristes et l’Église catholique actuelle est « l’Église conciliaire », i.e.. « pas catholique ».

L’abbé Florian achevait son homélie par cette invitation : « Prions pour Joseph Ratzinger pour qu’il abjure le modernisme et embrasse la foi catholique ».

On peut donc s’étonner de l’appui donné sur un site comme Venerabilis à  un tel personnage. On s’étonne aussi que le même site se veuille anti Gay-Pride! Certes, cela ne traduit pas une orientation globale de cette fraternité gay mais on peut déplorer le manque de discernement qui laisse s’étaler aux yeux et aux oreilles de tous des complaisances insupportables. Surtout pour qui appartient à  une autre minorité, également persécutée par les nazis, celle du triangle rose!

Jean Cardonnel,
fidèle rebelle

Ce fils de Saint Dominique se voulait frère de tous les hommes, par-delà  toutes les frontières que tracent nos étroitesses.

DVD 120 min -29 euros
Image et son : Johannès Blum

Entretien : Christian Terras

Né dans ce Midi riche en verve et en soleil en 1921, il traversa presque un siècle de luttes et de renouveaux. Homme libre, irréductible aux classifications, malgré la force de ses convictions et de ses engagements, non dépourvu d’une certaine théâtralité spontanée, il se défiait comme de la peste du pouvoir et de l’ambition qui déshumanisent et trahissent l’Evangile.

En mai 1968, Jean Cardonnel fut aux avant-postes des combats pour une société fraternelle, libre et juste, aux antipodes d’un univers civil et ecclésiastique entièrement dominé par des intérêts de pouvoir et par des conflits d’autorité.

Le pouvoir tue le vivant, y compris d’ailleurs – et peut-être d’abord – de celui qui l’exerce. Pour Jean Cardonnel, tel était le vrai sens de la provocation évangélique de la vie religieuse, obéissante (c’est-à -dire refusant le pouvoir) mais non pas soumise (c’est-à -dire assujettie aux pouvoirs).

Dans cet entretien filmé et réalisé avec Christian Terras, deux ans avant sa mort (juillet 2009), Jean Cardonnel nous livre de manière inédite et sous forme de testament son dernier combat pour une Eglise fraternelle et évangélique, ferment subversif d’un monde à  transformer et à  aimer…

2033 (9 /10)

Résumé
Michaà«l apprend de Marc l’aubergiste que Noah-Pierre, un des jeunes de l’expédition au Puy-de-Dôme, est le nouveau curé de la paroisse proche du Rocher du Crâne et qui n’obtient pas l’autorisation d’aménager le site en mini-Golgotha. Grâce aux relations de Michaà«l, le problème sera réglé, ce qui permettra à  Jean-Paul III, lors du Vendredi Saint, de s’y rendre en hélicoptère, accompagné de son seul secrétaire. Le pape prononce un discours dont le fond et la forme rompent totalement avec ceux des allocutions pontificales traditionnelles :

Il dit sa joie de se trouver en compagnie d’un millier de personnes dont la présence est une vraie récompense pour tous ceux qui, catholiques ou non, ont coopéré à  l’aménagement du site. S’il s’est déplacé en hélicoptère sans garde du corps et sans qu’on lui déroule le tapis rouge, c’est pour montrer sa détermination à  simplifier le protocole lors de ses déplacements ou lors des audiences qu’il accorde aux grands de ce monde comme aux plus humbles. Du temps de Jésus, les gens qui se prosternaient pour l’implorer le faisaient spontanément. Au fil du temps, ces marques de déférences sont fâcheusement devenues obligatoires. Il salue au passage les heureuses initiatives de Michaà«l, par exemple l’interdiction qu’il fait à  ses visiteurs de l’appeler Père, comme le recommandait Jésus, ou son investissement intellectuel et matériel au service des plus démunis sans que leur soient posées des questions ou des conditions préalables. Voilà  pourquoi, aujourd’hui, il a la joie de le nommer officiellement cardinal.

Après avoir été interrompu par des applaudissements appuyés et scandés, le pape prend une voix plus grave pour dire :
« Mes amis, il est 15 heures. Recueillons-nous en mémoire des souffrances du Christ crucifié pour avoir affirmé qu’il était le Fils de Dieu, Fils de l’Homme et donc notre frère à  tous. »

« C’est curieux, souffle quelqu’un à  son voisin, d’habitude on dit ˜ Crucifié pour la rémission des nos péchés’.
– En ce qui me concerne, je préfère la formule du pape. Quand Abraham a voulu immoler son fils, Dieu l’en a empêché. Quel père demanderait à  son fils de mourir pour réparer les fautes d’un autre ? »

Après de longues minutes de prières et de méditation, le pape, d’une voix
empreinte d’une manifeste émotion, déclare à  la foule frappée de stupeur son intention de démissionner. Il fait confiance à  l’Esprit Saint pour que le conclave élise un successeur
décidé à  écouter, à  comprendre et à  servir tous les hommes, y compris et surtout ceux qui n’adhèrent pas aux dogmes de l’Eglise catholique.

Avant de remonter dans l’hélicoptère, Jean-Paul III invita discrètement Michaà«l à  se rendre au Vatican, dès qu’il le pourra.

Le bref entretien entre les deux hommes n’échappa pas à  l’oeil d’un caméraman et c’est ainsi qu’aux infos télévisées du soir, les parents de Michaà«l purent voir leur fils en tête à  tête avec le Saint-Père. Cette complicité entre les deux hommes intrigua bon nombre de cathos de toutes tendances mais traditionalistes et intégristes auraient été effrayés et révoltés d’entendre, quelque temps après, les confidences que Jean Paul III fit à  son hôte : Il avait des doutes sur l’existence du péché originel ; il ne supportait plus que l’Eglise traite les bébés de pécheurs dès leur naissance ni qu’elle cultive et entretienne chez les enfants puis chez les adultes un éternel sentiment de culpabilité ; en revanche, il croyait de plus en plus à  la miséricorde divine qui pardonne aux hommes leurs défaillances et même leurs crimes parce que si Dieu les a constitués libres de faire le mal comme de faire le bien, il devait en assumer personnellement les conséquences. Pourquoi Jésus a-t-il été crucifié ? Il l’avait dit au mini-Golgotha : c’est pour avoir répété qu’il était le Fils de Dieu dont il avait préalablement révélé qu’il était essentiellement Amour ; évidemment, une telle prétention et une telle déclaration étaient incompréhensibles pour les docteurs de la Loi qui l’ont jugé coupable de la plus grave des profanations. Pourquoi en a-t-on tiré la conclusion abusive après qu’il était mort pour la rémission des péchés ?

Perturbé par de telles remises en causes, lui, le vicaire de Rome, avait décidé de démissionner, laissant à  son successeur la tâche de repenser et de redéfinir le rôle de l’Eglise perçue depuis des lustres par le vulgum pecus plus comme un procureur général que comme un pasteur bienveillant envers des brebis qui ne l’écoutent plus : tels les médecins, même catholiques, qui par humanisme cèdent aux supplications des malades leur demandant d’abréger définitivement leurs souffrances, les femmes qui ont de graves raisons de se faire avorter, les prêtres qui ne supportent plus leur célibat, les divorcés par nécessité qui sont privés d’eucharistie, …

Mais il était relativement confiant : pour remplacer une trentaine de cardinaux atteints par l’âge, il avait nommé des cardinaux ouverts, compréhensifs, soucieux principalement de mettre en pratique le message évangélique. Il priait l’Esprit Saint de faire en sorte que les électeurs du conclave élisent un cardinal à  l’écoute du monde, comme son invité, même si ce dernier ne s’en trouvait pas digne ; mais qui pourrait prétendre en être digne ?

Deux mois plus tard, Michaà«l devenait Jean-Paul IV, ce qui n’était pas arrivé à  un Français depuis Grégoire XI, en 1370. En l’apprenant, le microcosme traditionaliste fut secoué comme s’il subissait un tremblement de terre de magnitude 8

Deux mois plus tard, Michaà«l, était élu pape et devenait Jean-Paul IV. En l’apprenant, le microcosme traditionaliste fut secoué comme s’il subissait un tremblement de terre de magnitude 8. Quant à  ses vieux parents, installés depuis peu dans une maison de retraite médicalisée, l’émotion et la joie les rendirent incapables d’articuler le moindre mot. Le soir même, lors de sa visite quotidienne, l’infirmière leur dit simplement :

« Cela doit vous faire plaisir que le nouveau pape porte le même nom que vous !
– C’est sà»r ! Quelle coïncidence ! » Parvint à  bredouiller l’ancienne pharmacienne
tandis que son mari acquiesçait de la tête.

Ils étaient convenus en effet de taire leurs liens de parenté pour permettre éventuellement à  Michaà«l de leur rendre visite comme un fils ordinaire, ce qu’il fit le mois suivant, car il n’était plus question de mobiliser des gardes du corps spéciaux ni de prévoir des mesures draconiennes de sécurité chaque fois qu’il se déplacerait.

Quand Michaà«l apprit que sa mère biologique lui avait écrit une lettre qu’il aurait pu récupérer à  sa majorité, il éprouva tour à  tour de la rancune envers ces octogénaires silencieusement meurtris et le sentiment qu’ils l’avaient spolié. Il se retira dans la pièce voisine pour se calmer, prier l’Esprit-Saint qui l’aida à  faire preuve d’une bienveillante compréhension envers ceux qui l’avaient adopté et choyé. Il les rejoignit, les embrassa affectueusement avant de se rendre comme un laïc quelconque à  la DDASS, quelque soixante ans après y avoir été déposé sans qu’à  aucun moment l’hôtesse d’accueil ne se doutât qu’elle avait affaire au pape.

L’administration a parfois du bon : la directrice en personne retrouva le document, méthodiquement classé dans les archives. Le coeur battant, il put s’isoler dans un petit salon
réservé aux familles pour décacheter la lettre :

A suivre ¦

Commentaires sur le péché originel

Après la création progressive en une semaine de tout ce qui constitue le monde matériel dans lequel nous vivons, apparaît en final le chef d’oeuvre de cette création, Adam qui signifie « le glébeux », celui qui est créé à  partir de Adama, la terre. Il est l’être qui couronne la création toute entière qui semble avoir été élaborée comme une lente et longue préparation à  son avénement. En effet, le Livre de la Genèse nous montre en lui l’être voulu par le Créateur pour couronnement toute son oeuvre et pour qu’il en assure la maîtrise selon la volonté divine .

Issu de cette création, l’homme est appelé à  en devenir l’intendant , l’homme privilégié de Dieu.

Faisons l’homme à  notre réplique, selon notre ressemblance, ainsi la Genèse nous révèle-t-elle la place de cet être créé à  la ressemblance divine et appelé à  gérer ce merveilleux jardin o๠l’introduit le Créateur! L’homme appartient à  la création mais la dépasse parce qu’il en possède la connaissance et qu’il est appelé à  la gérer.

Elohim, Dieu, crée le Glébeux à  sa réplique : « Mâle et femelle il le créa » Dans le nom d’Adam, comme dans celui du grec Anthropos, il y a les deux sexes indifférenciés quant à  leur nature fondamentale. Etre à  la fois issu de la Glèbe et vraiment réplique du Dieu créateur du monde: C’est le Glébeux, un être vivant capable de connaître et libre d’agir (Genèse ch.2,v.7).

Cela est manifesté par le premier ordre confiée à  Adam-Anthropos: Donner un nom à  tout être vivant, ce qui signifie qu’il détient la propriété de tout ce qui est créé et qu’il reçoit de Dieu.

Et, dit la Bible, l’homme ne trouve pas parmi les vivants un être qui lui soit une aide, c’est-à -dire qu’il est seul de son espèce, mais cela signifie aussi qu’il n’est pas invité à  donner un nom à  la femme et que celle-ci ne lui est pas subordonnée.

Aussitôt, au contraire, la Bible spécifie que tirée du côté de l’Adam, la femme est de la même origine, elle est tout contre lui, identique à  lui, issue de la même Glèbe et donc Adam (Anthropos) au même titre que lui.
Ils sont ensemble Adam, tirés l’un et l’autre de la Adama, la glèbe pour procréer l’espèce humaine.

Dans cette première partie, il n’est exprimé aucune allusion de caractère sexuel o๠l’homme est défini par le mot grec Andros (le mâle) et non plus anthropos.. Nous découvrons simplement l’unité originelle de l’être humain et sa même spécification par rapport au Créateur et par rapport à  toute la création.
Adam est l’interprête du Créateur dans le monde de la nature. L’existence de ce pont prendra la plénitude de son sens en Jésus-Christ à ; la fois pleinement Dieu et pleinement fils de l’Homme. Avec cette particularité que si la femme semble sortie d’abord du côté d’Adam, c’est le véritable Adam qui sort du flanc de la femme (Marie).

Cet aspect a été développé dans l’Encyclique « Mulieris dignitatem ».
D’ailleurs voyant la femme, le Glébeux exprime bien: Celle-ci est l’os de mes os et la chair de ma chair.

C’est seulement alors qu’intervient l’aspect sexuel du couple. L’Adam se subdivise en deux , ISH (Andros) pour le masculin et Isha pour le féminin: Oui, de l’homme (Ish) celle-ci est prise (Isha) et tous deux constituent ensemble le même Adam tirée de la glèbe Adama, n’ayant qu’une seule et même chair, « il colle à  sa femme et ils sont une seule chair »(Genèse,ch 2,v.24).

Il n’est même pas encore question de ce prénom de Hava (Eve) qui n’est donné par le glébeux à  sa femme qu’après la chute (Genèse, ch.3,v.20) comme si l’asservissement de la femme par le Mâle) était une conséquence du péché, si l’on se souvient que celui qui donne le nom se qualifie par là -même de maître et s’en affirme le droit, dans les conséquences du péché.

Cette constatation se retrouve affirmée plus loin (Genèse ch.3,v.16):
A ton homme ta passion, lui il te gouvernera . Revanche de l’homme sur la ISHA, première tentée et qui elle-même est devenue la tentatrice du Ish, montrant ainsi une plus grande force de caractère que lui. (faiblesse de l’homme qui rejette

toute la responsabilité de la faute sur sa femme).C’est ainsi que dans l’évangile de Jean on voit trainer aux pieds de Jésus une femme accusée d’adultère afin qu’il la condamne. Mais il n’est pas du tout question de l’homme pourtant son partenaire obligatoire et qui , lui, n’est pas poursuivi…

Mais c’est de cette Isha d’o๠serait venue la mort par le péché qu’il est crié par le Glébeux: Hava (vivante) mère de tout vivant car c’est par elle que va se propager l’espèce humaine. Il y a là  un cri d’espérance: Elle est vivante et dans le jardin subsistera, grâce à  elle, l’arbre de Vie. La femme fait naître à  la vie et par delà  le retour à  la poussière de la mort, elle prédit Marie qui nous donnera le vainqueur de la mort; celui qui est la vraie Vie et qui va dresser , non plus dans le jardin réservé d’Eden, mais au milieu de tous l’arbre de Vie, la Croix.
Cette affirmation du rôle de la femme est en contradiction avec les croyances ancestrales qui réduisaient la femme à  être simplement le terreau o๠pourrait se développer le germe déposé en elle par l’homme.

On croyait, en effet autrefois, (et la Bible y fait à  plusieurs reprises allusion) , que l’homme était porteur en lui de tous les germes de ceux qui viendraient au monde à  sa suite. Il n’était donc pas question pour l’homme d’être considéré comme stérile. Seule la femme pouvait être un mauvais terreau. D’o๠le mépris dont se sent entourée celle qui n’a pas d’enfant. (voir l’histoire d’Anne dans le 1° Livre de Samuel).

Le mal que l’homme pouvait commettre portait gravement atteinte à  ces germes , faisant partie de son être, ils se trouvaient tenus pour responsables des maux perpétués ainsi dans sa descendance.

Ainsi le péché du premier Adam, premier et unique modèle de l’humanité créée bonne comme tout ce qui était sorti des mains du créateur déstabilisait l’oeuvre de Dieu et devenait la cause du mal répandu désormais dans le monde entier, chaque être venant au monde dans une nature gravement perturbée et victime de la culpabilité encourue par son premier ancêtre.

En fait c’est de là  qu’est née notre conception du péché originel. La faute du premier ancêtre aurait provoqué la déchéance de toute la nature humaine telle que l’avait pourtant voulue le Créateur et chaque descendant héritait de la culpabilité de l’ancêtre commun dès sa féconsation. La nature humaine toute entière devenait totalement viciée et portée au mal. Cette position est celle qu’ont retenu , à  la suite de St Augustin , les premiers réformateurs à  la suite de Luther et Calvin puis le Jansénisme au XVI°siècle. Seul le sacrifice sanglant, enseigné comme expiatoire du Christ allait se trouver à  même de servir de paravent à  Dieu pour lui voiler la déchéance de son oeuvre créatrice jugée irréparable.

Ainsi la créature aurait elle ruiné dès l’origine l’oeuvre de son créateur. Mais une telle conception n’est-elle pas blasphématoire de ce Dieu dont la Bible nous dit et nous répète souvent: Qu’avez-vous à  répéter ce dicton sur la terre d’Israà«l ? Les pères ont mangé du raisin vert et les dents des fils ont été agacées ? Celui qui pèche, c’est lui qui mourra .Mais Ezéchiel ajoute que désormais: Le fils ne portera pas la faute du père ni le père celle de son fils. (Ezechiel ch 18,v.1/5 et 19/21).

Comment expliquer dès lors que rien dans les Evangiles ne vient confirmer une telle tradition ? Il n’y est nulle part question d’un péché originel ayant intoxiqué définitivement une création, oeuvre d’amour et jugée bonne par le
Créateur ? C’était faire de l’homme l’échec permanent de Dieu puisque plus fort que lui. Il faudra attendre très longtemps dans l’histoire de l’humanité pour que Dieu lui-même en s’incarnant en un être humain donnant sa vie par amour et non plus en offrant au Père un sacrifice expiatoire témoigne de l’union amoureuse de Dieu pour sa créature.

C’est Adam, le Glébeux à  la fois masculin et féminin qui est l’objet de cette constatation mise dans la Genèse dans la bouche de Dieu: Voici que le Glébeux est comme l’un de nous pour connaître le bien et le mal .

L’espèce humaine à  cause de la liberté de son intelligence et de sa volonté, mais liée à  sa finitude, va connaître à  travers le monde créé la lutte et la peine, dans le conflit permanent des égoïsmes à  tous les niveaux.
Mais l’arbre de Vie est là , gardé et protégé, et ce n’est pas sans raison que son existence est rappelée. (Genèse,ch.3,v.22/24) comme l’annonce d’un temps nouveau de la réconciliation de l’homme et de son créateur dans l’amour à  la fin des temps.

Plus que ce qu’on appelle le « Protévangile » (Genèse,ch.3,v.15)qui exprime plutôt la lutte de l’homme contre le mal, ce rappel de l’existence de l’arbre de vie déjà  mentionné (Genèse,ch.2,v.9) annonce le salut de l’avenir.
En résumé, ces chapitres de l’un des trois récits de la Genèse mettent en valeur trois spécifications de l’Etre humain:

1- Il est doué de liberté à  l’image de son Créateur mais peut en faire un bon ou un mauvais usage . Il peut aimer ou haïr son Créateur et en devenir l’adversaire ou le négateur.

2- Il possède la maîtrise de la création qui lui est confiée par son Créateur, participation au pouvoir du Créateur. Mais parce que capable de Bien ou de Mal, à  causz de sa liberté, il peut en faire aussi bien un bon qu’un mauvais usage.(Egoïsme fondamental de l’être)

3- Il est appelé à  terme à  recevoit une autre participation à  la Vie de son Créateur. C’est ce que signifie cet arbre de Vie, gardé et réservé par les Kéroubim (Ezechiel,ch 10 ,v.1/22) (L’Amour vainqueur détruisant l’égoïsme dans toute l’oeuvre créée)

Il est temps de mettre ici en valeur un texte important(Genèse ch 2,v.23/25) qui peut modifier notre conception traditionnelle du péché originel:
 Sur quoi l’homme abandonne son père et sa mère …Ils sont une seule chair.
Ce passage, mis en valeur par le Christ et qui nécessiterait et orienterait une étude plus poussée, n’exprime-t-il pas en fait qu’à  chaque génération recommence l’histoire d’Adam ?

Dès lors, le récit des premiers chapitres de la Bible n’exprimerait sous forme de mythe que l’histoire de toute génération humaine. Adam étant l’éponyme de l’être humain qui est toujours « le Glébeux », toujours à  la fois Ish et Isha sans que l’on puisse séparer ce double aspect de l’humanité qui seul réalise l’homme intégral, image de Dieu en même temps que singe de Dieu par ce qu’il y a de pervers dans son égoïsme.

C’est parce que l’être humain complet c’est « Adam » c’est-à -dire Ish et Isha ensemble et non pas l’homme au masculin, il n’y a pas de filiation coupable par la faute de la femme dans le lointain d’une chute dont nous aurions été les victimes, mais la nature originelle de l’être humain dans toute son ambiguité qui le fait à  la fois pécheur et sauvé.

A chaque génération, il y a le même Adam à  la fois Ish et Isha, solidaires l’un de l’autre dans le Bien et le Mal avec leurs spécifications, et toujours au bout de leur route l’arbre de Vie qu’annonce la Croix .

A chaque génération l’humanité est à  nouveau complète et recommencée .
Combien de fois la Bible ne nous manifeste-t-elle pas la bonté de Dieu qui ne se venge pas sur les enfants et les petits enfants des fautes de leurs pères ? Ce qui est contradictoire avec l’affirmation qu’une seule faute originelle aurait pu faire échouer le plan divin et ruiner définivement les espérances humaines ?

Remarques diverses sur les chapitres 2 et 3 de la Genèse:
Le serpent:
La Bible de Jérusalem traduit: Le serpent, le plus rusé des animaux. Chouraqui à  partir de l’hébreu écrit: Le serpent était nu. Ce même terme de « nu » est celui qui est employé pour Adam et Eve après la chute lorsqu’ils se rendent compte de leur faute. Il a donc unautre sens que sexuel.

Nu et rusé, ce terme ne pourrait-il pas se traduire par: Traitre, trahison ? Traitrise du serpent mais trahison par l’homme de la confiance de Dieu? Juda sera aussi le traitre de la Nouvelle Alliance en trahissant la confiance de son Maître.

Le serpent les égare sur la volonté de Dieu, mais surtout sur l’attrait du créé. A travers le serpent, c’est toute la création qui est attirante et provoque le désir de la connaître au point de vouloir en ravir la propriété et l’hommage à  Dieu et aussi aux autres . (conflit éternel entre la richesse et la pauvreté, l’annexion et la confiscation des biens par les uns tandis qu’il subsiste pour la masse l’esclavage et la misère.

Combien d’hommes à  toutes les époques ont voulu s’emparer de la connaissance scientifique pour l’opposer à  Dieu et se

libérer de Lui ? Là  encore le péché d’Adam se renouvelle à  toutes les époques.
Les hommes découvrent leur nudité, c’est-à -dire leur trahison et finalement leur misère devant le Créateur alors qu’ils désiraient être comme Lui et n’avoir plus besoin de Lui ? L’homme veut confisquer à  son profit la création qui lui a été confiée au risque de jouer à  nouveau les apprentis sorciers.

Le péché, c’est chaque fois que l’homme veut se faire l’égal de Dieu, s’identifier à  Lui ou le considérer comme inutile ou dangereux. Il n’est plus à  sa réplique ou ressemblance mais son adversaire en détournant la création à  son profit.
C’est exactement la parabole de l’économe infidèle.

Ils savent désormais qu’ils sont nus, non pas au point de vue sexuel mais désormais réduits à  leurs seules forces devant les choix dont ils sont désormais responsables: Ils ont trahi la confiance de Dieu.

(Il faudrait relire ici le Pentateuque avec les explications de son traducteur Chouraqui.)
Remarquer que le serpent n’est jamais mentionné comme le démon mais comme le tentateur qui rampe sur le sol, la glèbe, et surprend de façon inattendue, en traitre. Pour l’homme, tout devient tentation.

Troisième récit de création (tradition sacerdotale) (voir Genèse ch.5,v.1/3)
Il existe trois récits d’origine différente de la création de l’homme, dans la Genèse. Seul, le premier parle du péché originel. Le troisième (tradition sacerdotale) ne parle que de bénédiction.

Le jour o๠Dieu créa Adam, il le fit à  la ressemblance de Dieu?. Homme et femme il les créa. Il les bénit et leur donna le nom d’Adam (nom sans distinction sexuelle) le jour o๠ils furent créés.

Ici il n’est pas question de chute ni de condamnation mais de bénédiction. Et aussitôt ils commencent à  engendrer.

Ainsi, seul le récit Yahwiste décrit la chute. Dans les deux autres récits, Dieu crée et bénit.

Ne faudrait-il pas revoir la somme lourde de pessimisme qu’a entrainé notre enseignement traditionnel sur le péché originel ? On lui a affecté un caractère historique portant sur un temps o๠ne pouvait pas exister ce genre de témoignage historique faute de témoins. Par contre: Du fait de la création d’un être doué de liberté et de connaissance , le conflit du bien et du mal en chacun et dans toute l’humanité ne pouvait pas ne pas naître à  chaque génération. Nos ancêtres en avaient pris conscience et l’ont analysé à  travers un mythe selon les modes anciens.

Prendre aussi pour notre temps le sens profond que nous enseigne la Bible peut nous aider à  mieux connaître et analyser ce que nous avons à  vivre chaque jour sans nous référer à  une belle histoire destinée à  faire comprendre à  des populations primitives ce que nous avons toujours à  vivre en notre temps.

Arrivé au terme de cette recherche, n’est-ce pas le moment d’élever le débat et c’est auprès d’une pasteur suisse protestante que je trouve la plus belle élévation (pardon originel de Lytta Basset chez Labor et fides -Bayard)
Si, au lieu de nous hypnotiser sur le péché des origines mal compris nous cherchions à  retrouver la véritable trace de la volonté divine qui ne veut pas condamner mais sauver ? Que deviendrait notre monde si nous le replaçions sous le signe de l’amour indéfectible du Père prouvé par son envoyé personnel le Christ Jésus qui a pris place au milieu de nous ? Alors il n’y aurait plus de « péché originel » mais comme l’homme ne parvient jamais à  sortir de son péché qui se renouvelle chaque jour, Nous découvrions dans nos existences la marque du Pardon originel ?

Le Pardon Originel : De l’abîme du Mal au pouvoir de pardonner

La doctrine du Péché Originel explique le mal par la faute en le présupposant comme un échec du plan de Dieu sur l’homme. On va voir que l’on est conduit à  considérer le mal par la faute en la présupposant comme un échec du plan de Dieu sur l’homme. On va voir que l’on est conduit à  considérer le mal comme une réalité antérieure dont le mystère reste incompréhensible à  l’être humain et lié au sens profond de son existence au sein de l’évolution de la création et de la
réalisation du plan créateur de Dieu.

Le terme de « Péché originel » ne se trouve pas dans l’Ecriture Sainte. Il a été créé vers 397 par St Augustin pour désigner l’état de péché dans lequel se trouve l’homme du fait de son origine à  partir d’une race devenue pécheresse.
Qui dit « race » dit hérédité et l’on voit mal comment un péché de nature pourrait être taxé de faute, comment la transmission biologique par voie de génération pourrait entrainer une imputation individuelle de culpabilité.

La notion de péché originel apparaît comme une fausse conception: Comment l’être humain foncièrement corrompu dans son être ontologique pourrait-il retrouver le lien qui le rattache à  Dieu ?

L’Evangile de la grâce ressemble alors à  un emplâtre sur une jambe de bois. (page 23/24)

Si le mal commis est à  chercher du côté de la liberté, qu’est-ce qui contraint l’être humain à  la mettre en péril ?

Comment Adam, éclairé par la lumière divine et comblé de tous les dons, a-t-il pu choisir délibérément son propre mal ?

L’intuition juste de la doctrine du Péché originel, c’est la solidarité de tous les humains face à  un mal déjà  là  auquel ils participent sans le vouloir.
Cela amène à  travailler sur la nature du lien qui existe toujours entre:Le mal commis et le mal-malheur plus originel que le mal commis.
D’o๠la nécessité de redécouvrir le caractère non historique mais mythique du récit de la Genèse, en joignant dans leconcept de péché originel deux notions hétérogènes: Transmission biologique par voie de génération et imputation individuelle de culpabilité. La notion de péché originel apparaît comme un faux concept.

Le mal originel , c’est le mal qui résulte de la souffrance. Le monde est inachevé, et le mal existe entre ce qui était et ce qui nait. Le monde est en construction et connait sans cesse les douleurs de l’enfantement entre ce qui est et ce qui devient.

Le mal « méchanceté » nait du mal « souffrance ». Identification du mal avec la douleur.

La prédisposition à  subir le mal est inscrit dans l’humain avant toute chose et crée la potentialité de reproduire le mal . Chaque être humain ,à  cause de sa liberté de décision peut être ainsi à  même de nuire aux autres pour se protéger lui-même et les siens ou pour acquérir au détriment des autres . Le mal provient alors de l’emploi pervers de l’usage de la liberté.
Et c’est par là  que le mal moral se répand dans le monde avec toutes ses conséquences qui vont des mesquineries jusqu’aux drames . Et contre tous ces maux accablants, Le créateur nous invite au pardon qui exprime le retour à  la fraternité et l’amour du prochain auquel invite l’Evangile au delà  de la morale

Explications au sujet du texte ci-dessus

Pourquoi l’étude ci-dessus ? L’Eglise a pendant des siècles considéré la Genèse à  l’égal d’un véritable livre de l’histoire de la création du monde. Le monde aurait été dès l’origine créé d’une manière définitive par le Créateur au cours de sept périodes successives s’identifiant à  une semaine . Chaque jour de la semaine conduisant à  l’élaboration d’un stade nouveau selon une progression s’achevant le septième jour o๠le Seigneur s’arrête de créer et contemple son oeuvre (Sabbath).

Le sixième jour de cette semaine conduisant à  la création de l’être humain créé de toutes pièces pour devenir l’intendant et le Maître de toute la création. La désobeïssance de l’homme consommant le fruit de l’arbre de la connaissance du bien et du mal aboutit à  l’échec de cette oeuvre magnifique et l’homme se découvre irrémédiablement dépouillé de sa grandeur, le péché est venu détruire l’oeuvre admirable du créateur.

La découverte de l’Evolution des espèces remet en cause au XIX° siècle ce schéma. C’est pourquoi les doctrines évolutionistes (Darwin, mutationisme, transformisme..) sont très vite condamnées comme inconciliables avec la Foi.
Les progrès scientifiques viennent peu-à -peu confirmer pourtant l’Evolutionisme comme origine progressive du monde o๠nous vivons et qui prépare un monde nouveau qui naît chaque jour et qui continue à  se construire jusqu’au jour de l’avènement définitif du Fils de l’Homme . L’arbre de vie n’est pas un arbre mort mais l’arbre vivant qui conduit l’être humain depuis ses origines animales jusqu’à  l’avénement de l’Esprit qui féconde déjà  le monde pour nous conduire à  la Parousie.

C’est aussi cela qu’annoncent les textes de la Genèse de la victoire finale sur la mort à  la fin des temps…

Alors faut-il remettre en cause l’histoire biblique de la création du monde et notre foi dans l’enseignement scripturaire ?

ou faut-il concevoir autrement que ce que nous avions l’impression d’en avoir compris l’origine du monde et l’existence du mal qui ravage le plan divin ?
La Bible a été écrite par et pour des humains cherchant à  faire comprendre des vérités révélées. Elle le fait dans le langage et le style utilisé par les gens de périodes non scientifiques et pour faire comprendre selon le modèle traditionnel du Mythe (langage imagé) des réalités que nous avons à  relire selon notre culture actuelle.

Or le mal et le péché ne peuvent pas ne pas avoir existé dès l’origine,du conflit entre les êtres humains.

Si le plan de Dieu s’est achevé en échec, nous n’avons plus à  croire en ce Dieu créateur lésé par l’oeuvre qu’il a créée.

Mais si en fait notre compréhension coutumière des origines ne correspond pas à  ce que la Bible voulait nous enseigner, alors notre recherche peut aboutir à  une compréhension au niveau actuel de notre civilisation et même avoir des conséquences très enrichissantes. C’est ce que cherche à  apporter le document qui précède la présente explication et qui n’est qu’une ébauche d’orientation.

Beaucoup ont voulu nier la véracité des Saintes Ecritures et c’est grâce aux découvertes scientifiques que nous sommes maintenant encore plus assurés de leur message auquel ont cru nos ancêtres dans la Foi..

Immaculée Conception

Comment la relier aux traditions sur le péché originel
Le salut à  venir vient d’abord de la femme, Marie préparée à  le donner au monde nouveau qu’elle annonce.

Privilège de la Vierge Marie de n’avoir pas été sous l’emprise du péché originel dès sa conception.

Cela semble signifier que dans l’acte de sa procréation ses parents se sont trouvés soustraits à  la loi des conséquences du péché originel de telle sorte que rien en elle ne pouvait se trouver qui la relie à  l’héritage de la faute première.
Créature unique dès cet instant afin que rien en celui qui un jour naîtrait d’elle puisse se trouver en état de révolte contre le Créateur. C’est l’achèvement de la Création telle que l’a voulu le Créateur et qui prend place quand le temps en est venu.

Pratiquement selon les évangiles la conception en elle par l’action du Saint Esprit la préservait de mettre au monde l’Homme né de Dieu que serait le Christ selon les normes divines et non plus selon celles de la fécondation humaine par le sperme masculin.

Elle-même était déjà  le terreau préparé pour accueillir celui qui nous délivrerait du péché, selon les croyances anciennes.

Mais pour nos connaissances actuelles elle était bien plus puisque en elle l’ovule qui serait fécondée était déjà  présent et pur de par sa conception immaculée. Que c’était-il donc passé au moment de sa procréation par Anne et Joachim ?
Une action divine avait-elle alors eu lieu sur le couple ? L’histoire ne nous dit rien sur ce sujet.

Mais l’Ange Gabriel la salue comme jamais personne n’a été salué:
Je te salue, comblée de grâces, le Seigneur est avec toi…. L’Esprit Saint te couvrira de son ombre,
C’est pourquoi celui qui naîtra sera saint et appelé Fils de Dieu…

Rien n’est impossible à  Dieu (Luc,ch 1,v.26/38). Elle fonde la création nouvelle , elle est l’aboutissant de la création voulue par le Créateur. En elle, s’achève l’oeuvre de la création terrestre pour ouvrir le monde nouveau fécondé par l’Esprit divin.

François Le Quéré

ROMS/GENS DU VOYAGE : Boucs émissaires des carences de l’Etat

La Ligue des Droits de l’Homme est indignée et inquiète devant les propos de Nicolas Sarkozy. Suite aux violences qui ont éclatées dans le Loir-et-Cher dimanche, dans laquelle des Roms ont été impliqués, le président de la République a en effet indiqué ce matin vouloir organiser le 28 juillet une réunion spéciale sur « les problèmes que posent les comportements de certains parmi les gens du voyage et les Roms ».

Cette désignation de boucs émissaires est inadmissble pour la LDH qui a a publié ce communiqué le21 juillet 2010

Suite aux violences intervenues à  Saint-Aignan (Loir-et-Cher), et au lieu de réaffirmer la nécessaire primauté de la justice pour instruire ce dramatique fait divers et les inexcusables dégradations qui s’en sont suivies, le président de la République a choisi la stigmatisation raciste des populations Roms et Gens du voyage par des amalgames inacceptables, en annonçant l’expulsion, ciblée ethniquement, de tous les campements en situation irrégulière. De telles annonces, si elles étaient suivies d’effet, ne feraient ….
qu’envenimer les choses en renforçant des préjugés séculaires.

Plus de dix ans après l’adoption d’une loi imposant aux communes la réalisation d’aires d’accueil et de stationnement pour les Gens du voyage, à  peine la moitié des places prévues sur toute la France sont aujourd’hui ouvertes. Les personnes vivant en caravane sont contraintes de s’installer là  o๠elles le peuvent, faute de possibilités régulières. Les premiers responsables de cette situation tendue sont ceux des maires qui ne respectent pas leurs obligations légales, sans que les préfets ne les y contraignent, comme la loi le prévoit. L’injustice serait patente de sanctionner aveuglement les victimes de ces carences de l’Etat et des collectivités territoriales, sans offrir de perspectives d’accueil.

A la différence de tous les autres français, une loi discriminatoire de 1969 impose toujours aux personnes vivant en caravane un contrôle policier régulier, avec l’obligation de carnets de circulation à  faire viser tous les trois mois au commissariat ou en gendarmerie. Ainsi sous surveillance constante, avec une liberté de circulation en France sous contrainte, incapables de s’arrêter là  o๠ils le souhaitent, exclus en pratique du droit de vote du fait d’un délai dérogatoire de trois ans pour s’inscrire, ces « Gens du voyage » peuvent légitimement être défiants envers des pouvoirs publics qui les traitent en citoyens de seconde classe.

L’amalgame avec les Roms présents en France qui sont essentiellement venus de Roumanie et de Bulgarie, confirme l’ethnicisation de l’action publique du gouvernement. Ces ressortissants européens, libres de circuler au sein de tous les pays de l’Union, sont frappés, du fait de la décision du gouvernement français, de mesures transitoires qui les excluent en pratique du marché de l’emploi. Faute de pouvoir travailler légalement et d’avoir des ressources régulières, ils ne peuvent louer un appartement. Des bidonvilles sont ainsi réapparus aux périphéries des grandes villes, témoignant du manque criant de logements en France particulièrement ceux accessibles aux plus faibles revenus. Expulser ces personnes des terrains qu’elles occupent sans solution alternative ne fait que déplacer le problème et accroître la précarité. Là  encore, les Roms ne sauraient être les victimes de l’incurie de l’Etat, qui refuse d’imposer aux communes leur obligation légale de réaliser 20 % de logements sociaux et les hébergements d’urgence nécessaires sur leur territoire.

Les rapports officiels se succèdent pour dénoncer la situation des Roms et des Gens du voyage en France (CNCDH 2008, Halde 2009, Ecri /Commissaire aux droits de l’Homme du Conseil de l’Europe 2010…). Plutôt que d’en faire des boucs émissaires et d’exacerber les passions, le gouvernement se devrait de suivre enfin les recommandations qui lui sont faites pour affirmer l’égalité des droits.

source url : http://ldhinfoslaseynesurmer.blogspot.com/2010/07/romsgens-du-voyage-boucs-emissaires-des.html#more

QUEBEC: Le départ du cardinal Ouellet à  l’épreuve de l’Assomption…

Pendant qu’une certaine à‰glise de Québec se prépare à  célébrer en grande pompe, le 15 aoà»t prochain à  la Basilique de Ste-Anne de Beaupré, la promotion du Cardinal Ouellet comme préfet à  la Congrégation des à‰vêques, une autre frange de cette même à‰glise continue à  s’interroger sur la mission de l’à‰glise en relation aux impératifs évangéliques laissés par Jésus de Nazareth à  ses disciples. Il y a un contraste toujours plus marqué entre cette à‰glise institutionnelle qui rayonne à  travers ses personnages et ses cultes et cette autre à‰glise plus ou moins visible, mais bien présente au coeur du monde dans lequel nous vivons.

Si la célébration qui se prépare est, pour les premiers, la manifestation par excellence de l’à‰glise voulue par Jésus, type à‰glise triomphante, pour les seconds, plutôt à‰glise militante et souffrante, elle en est un contre témoignage. La lettre d’invitation adressée à  tous les représentants d’instituts et mouvements de vie consacrée dit, entre autres, ceci :

« Les membres de votre mouvement/institut de vie consacrée sont les bienvenus à  cette dernière célébration eucharistique officielle de Monsieur le Cardinal à  Québec avant son entrée en fonction à  Rome. En plus des 1200 places de la basilique, 800 places supplémentaires seront aménagées dans la crypte; un écran géant et une animation (pour le chant et autres violets de la célébration) vous permettront de vivre en pleine communion cette célébration eucharistique. Tous ceux et celles qui le désirent pourront saluer le cardinal après cette célébration qui s’annonce riche en émotions pour souligner les huit années de Monsieur le Cardinal à  Québec. »

Il est prévu que le Nonce apostolique, représentant du Pape, soit de la fête et que les télévisions du monde entier en assurent la transmission à  travers la planète. Cette à‰glise, accrochée à  ses pompes et au culte de la personnalité de ses dirigeants, davantage soucieuse de liturgie et de sacrements que de justice et de vérité est celle qui est la plus visible actuellement dans l’exercice du pouvoir ecclésial et dans les médias. Pour elle, le Concile Vatican II est un mauvais souvenir qu’il faut vite oublier. Mieux vaut revenir à  nos bonnes liturgies d’antan, à  nos pratiques cultuelles traditionnelles. Que le clergé réintègre les sacristies et qu’il laisse aux évêques la responsabilité de gérer les préoccupations sociales, politiques et économiques. Les prêtres et théologiens engagés socialement et politiquement, ici au Québec comme ailleurs dans le monde, en savent quelque chose.

Elle a trois grands chevaux de bataille : l’avortement, les moyens de contraception et le mariage des personnes de même sexe. S’il y a d’autres problèmes, aucun ne vient chercher autant d’énergie et d’engagements que les trois mentionnés plus haut. S’il y a la pauvreté, les guerres, des injustices, il faut évidemment s’y attarder, mais un peu comme quelque chose d’inévitable. Des alliances plus ou moins officieuses avec les dirigeants politiques et les grandes fortunes font en sorte que les déclarations officielles, encycliques, lettres pastorales, sont formulées de telle manière que personne de ces bonnes gens ne trouve à  y redire. Par contre si des gouvernements émergents, comme c’est le cas en Amérique latine, s’en prennent aux privilèges et pouvoirs indus des oligarchies, alors, là , ils deviennent de solides alliés de ces dernières.

Voilà  donc l’à‰glise, celle qui remplira les 2000 sièges de la Basilique et que le monde entier pourra regarder, certains avec complaisance, d’autres avec dégoà»t.

Pourtant, me semble-t-il, les consignes données par Jésus à  ses apôtres et disciples sont suffisamment claires pour ne pas prêter à  confusion. Je me permets d’en relever quelques unes :

« Il leur dit : « Les rois des nations agissent avec elles en seigneurs, et ceux qui dominent sur elles se font appeler Bienfaiteurs. Mais pour vous, rien de tel. Au contraire, que le plus grand parmi vous prenne la place du plus jeune, et celui qui commande la place de celui qui sert. » Lc. 22, v.25-26

« Il appelle à  lui les Douze et il se mit à  les envoyer en mission deux à  deux, en leur donnant pouvoir sur les esprits impurs. Et il leur prescrivit de ne rien prendre pour la route qu’un bâton seulement, ni pain, ni besace, ni menue monnaie pour la ceinture. « Allez chaussés de sandales et ne mettez pas deux tuniques. » Mc. 6, 7-9

à€ ces directives, Jésus ne manque pas de relever également les graves déviations qui guettent ceux qui accèdent à  des postes d’autorité comme chez les scribes et les pharisiens. Parlant de ces derniers il dit :

« En tout ils agissent pour se faire remarquer des hommes. C’est ainsi qu’ils font bien larges leurs phylactères et bien longues leurs franges. Ils aiment à  occuper le premier divan dans les festins et les premiers sièges dans les synagogues, recevoir les salutations sur les places publiques et à  s’entendre appeler Rabbi par les gens. » Mt. 23, 5-7

« Pour vous, ne vous faites pas appeler Rabbi : car vous n’avez qu’un Maître, et tous vous êtes des frères. N’appelez personne votre Père sur la terre : car vous n’en avez qu’un, le Père céleste. Ne vous faites pas non plus appeler Directeurs : car vous n’avez qu’un Directeur, le Christ. » Mt. 23,8-10

Y A-T-IL VRAIMENT MATIàˆRE à€ FàŠTER?

Je suis croyant catholique et je n’ai pas le coeur à  la fête. Ma foi est essentiellement et fondamentalement en Jésus de Nazareth, porteur d’une bonne nouvelle pour toute personne de bonne volonté, que le Père a ressuscité d’entre les morts et établi juge suprême de tous les humains dont nous sommes.( Act. 17, 31 ) Mon appartenance à  l’à‰glise se rattache à  un engagement sans marchandage au service de la justice, de la vérité, de la solidarité, de la compassion et de la vie, cette dernière, accessible à  tous et à  toutes de manière à  ce qu’elle fleurisse à  l’image de son créateur.

Nous en sommes encore o๠les 2/3 de l’humanité ne peuvent y arriver et ceux qui le peuvent se laissent souvent emporter par la superficialité de la consommation et l’indifférence face aux autres. Nous soutenons des guerres qui tuent sans que nous sachions à  qui et à  quoi elles servent. En même temps nous condamnons des femmes qui, en conscience, se voient obligées de se faire avorter. Les arguments s’ajustent aux objectifs poursuivis. La cohérence n’est évidemment pas toujours au rendez-vous. La crédibilité en prend pour son rhume. Le dernier débat sur la question de l’avortement en est une claire illustration.

Lorsque je regarde l’Institution ecclésiale telle qu’elle se présente au début de ce XXIème siècle, je me désole. Les fenêtres ouvertes sur le monde par le Concile Vatican II ont été refermées et les réformes profondes qui y avaient été amorcées sur les ministères, la collégialité, l’exercice du pouvoir et l’engagement dans le monde, ont été archivées. Nous nous retrouvons avec un pouvoir excessivement centralisé, de quoi nous interroger sur la liberté de l’Esprit Saint de distribuer ses dons comme bon il l’entend. (Cor. 1, ch.12, v. 8-11) L’à‰glise, qui devrait être la championne de la liberté d’expression est devenue une véritable machine à  censure pour toutes les personnes en poste d’autorité. Le résultat est la « langue de bois » qui se répercute d’un évêque à  un autre, d’un responsable à  un autre, sous prétexte d’assurer l’unité. Si des chrétiens s’expriment, comme je le fais actuellement, on se garde bien de mettre à  leur disposition des tribunes pour en assurer la diffusion et la discussion au sein même de l’organisation ecclésiale. à€ l’occasion, certains journaux ou médias se feront même rappeler à  l’ordre et seront discrètement invités à  ne pas donner trop d’espace « aux lamentations de ces malheureux qui ne sont jamais contents et que tout ce qu’ils savent faire c’est de critiquer ».

Je ne crois pas que l’à‰glise pour laquelle des milliers de personnes ont donné leur vie et continuent de le faire dans certaines régions du monde ait été celle-là . Elles en auront été, peut-être, des victimes mais non des témoins. Le temps n’est vraiment pas à  la complaisance et aux célébrations. L’héritage du cardinal à  l’à‰glise de Québec sera fortement marqué par un retour à  l’intégrisme religieux et aux aspects institutionnels de l’appareil ecclésial. Son rejet de la confession collective, ses luttes contre le mariage des personnes de même sexe, sa condamnation, sans trop de nuance, de l’avortement et des personnes qui en sont les responsables, ses silences sur la guerre en Afghanistan, sur les scandales qui minent les fondements de nos sociétés, sur les manipulations dont nous sommes tous victimes, nous révèlent un personnage qui répond bien au profil recherché par ceux qui ont le contrôle du Vatican. Sa nomination n’est pas une véritable surprise.

La communauté chrétienne de Québec souhaiterait bien que son successeur apporte plutôt une ouverture de l’à‰glise à  sa mission fondamentale au service d’une Humanité en quête de justice, de vérité, de compassion, de solidarité. Que la collégialité et le partage des responsabilités deviennent un acte de foi dans l’Esprit qui peut agir en tous et toutes. Si l’invitation à  cette fête parle uniquement de Monsieur le Cardinal, il faudrait que son successeur soit davantage identifié au bon « Pasteur » dont nous parlent les à‰vangiles.

Les nouveaux compteurs d’EDF en question

Au fait, les fameux compteurs qui devraient être installés bientôt et qui devraient nous être facturés au prix très très fort : vers les 300 €, et qui, de surcroit, ne seraient pas fiables : il ne faudra rien signer. On ne peut pas refuser à  EDF d’accéder aux compteurs, et de les changer : par contre comme nous n’avons rien demandé, nous n’avons aucune obligation de signer quelque document que ce soit, et, du moment que nous n’aurons rien signé, EDF ne pourra pas nous obliger à  payer ces compteurs¦.attention aux signatures : aucune, même pour la réception de travaux etc¦..

LES TARIFS D’à‰LECTRICITà‰ VONT AUGMENTER POUR PERMETTRE LA CONCURRENCE !

à€ TERME, L’USAGER PEUT S’ATTENDRE à€ DES HAUSSES SUBSTANTIELLES DE SA FACTURE, COMME CELA S’EST DEJA PRODUIT POUR LE GAZ.

NE LAISSONS PAS FAIRE !

Début juin 2010, les parlementaires auront entre les mains l’avenir du service public de l’électricité. En effet, débutera dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale l’examen du projet de loi Nome, soit la Nouvelle Organisation du Marché de l’Electricité, concoctée par le gouvernement.

Le principe en est simple : constatant que la concurrence ne fonctionne pas – plus de 96 % des Français restent fidèles à  l’opérateur historique (EDF) -, le gouvernement a décidé de la créer¦ artificiellement.

Si la loi passe, à  partir du 1er janvier 2011, EDF aura obligation de revendre à  ses concurrents jusqu’à  25 % de sa production d’électricité.

Un véritable hold-up ! Les fournisseurs d˜électricité vont se voir offrir un quart de la production, que les Français ont déjà  payé avec leur facture, pour qu’ils puissent réaliser des profits, au seul bénéfice de leurs actionnaires.
C’est une première que d’obliger une entreprise, dans le monde de la « concurrence libre et non faussée », à  céder une partie de ses atouts à  des concurrents qui produisent peu ou pas du tout d’électricité.

www.poursavoir.fr
http://www.monde-diplomatique.fr/2004/06/ANTOINE/11276 (article de 2004 ) et d’autres exemples de privatisations :
http://www.sudptt44.org/e107_files/public/1217412610_1_FT0_page3.pdf
http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article7886
http://www.partagedeseaux.info/article300.html

Si vous êtes scandalisé, diffusez au moins ce message !

Une fois livré à  la concurrence et surtout au  » privé  » ce sera trop tard. Le prix de l’électricité sera fixé par des groupes privés qui en fait seront des filiales d’un seul et unique groupe ! Vous n’y croyez pas ?

Alors remettez vous dans le contexte de nos chères autoroutes Françaises que nos parents et grands parents ont payé avec leur impôts et qui ont été vendues et bradés à  de grands groupes privés..Cela profite à  qui ? Et le prix à  payer pour y circuler ? N’est-ce pas scandaleux ? Mais c’est trop tard, car ce réseau routier n’appartient plus en totalité à  l’état ! Et pour le reste ce sera pareil ! Aujourd’hui le service public coà»te cher, mais ce n’est rien face à  ce qui nous attend si nous le bradons à  des groupes privés !