SOUS LES INJURES D’ANELKA, une publicité délirante
de Quick fait « couic » !

La chaîne de « fast food », Quick, a joué de malchance. Comme c’est l’usage par temps de Coupe du monde de football, elle avait misé sur un footballeur de l’équipe de France, Anelka, pour promouvoir un de ses « plats » les plus appétissants, un empilement indigeste de mixtures diverses, portant bien son nom « Giant Max ». Or, elle a dà» remballer vite fait sa campagne publicitaire après les injures ordurières proférées par la star à  l’encontre de son sélectionneur, qui se sont retrouvées à  la « une » du journal l’à‰quipe. L’image d’Anelka devenait nuisible. La chaîne de « fast food » pouvait-elle être associée à  une conduite délinquante ?

La star, un leurre d’appel autoritarien

La star est, recherchée, en effet, à  la fois pour capter l’attention par sa notoriété et jouer le rôle de prescriptrice de conduites à  raison de l’autorité qui lui est arbitrairement reconnue par la foule des badauds naïfs. Une excellence acquise dans une activité de divertissement et célébrée à  longueur de temps par les médias, comme le sport, la chanson, le cinéma ou la mode, suffit à  conférer à  la parole d’une star un crédit dans tout autre domaine o๠elle est royalement incompétente. C’est ainsi que l’on peut parler d’autorité usurpée.

L’ascendant qu’elle exerce toutefois, vient en fait d’un processus de construction psychologique infantile, appelé identification, conduisant l’enfant et l’adolescent à  vouloir imiter les héros qu’on donne à  son admiration, et endosser leur panoplie. Malheureusement, beaucoup, à  l’âge adulte, par immaturité persistante, restent toujours sensibles au réflexe d’identification. Les publicitaires auraient bien tort de se priver d’un leurre aussi puissant que sa stimulation pour obtenir l’adhésion à  une idée, une personne ou un produit.

Une inclination majoritaire à  se soumettre aveuglément à  l’autorité

L’incident d’Anelka a le mérite de montrer que les idoles offertes à  la vénération des masses immatures ne sont souvent que des masques édifiants de carnaval. Quand ceux-ci tombent, il peut ne rester, comme cela vient d’arriver à  Anelka, que le visage sordide d’un pauvre type inculte au langage ordurier, dont les jongleries avec un ballon avaient suffi à  faire de lui un « dieu » du stade.

Telle est une des variantes du leurre de l’argument d’autorité, ou mieux du leurre d’appel autoritarien. Les expériences de Stanley Milgram sur la soumission à  l’autorité l’ont, en effet, montré, les individus sont en majorité « autoritariens », c’est-à -dire qu’ils ne trouvent leur équilibre psychologique que dans une adhésion aveugle à  l’autorité. Les publicitaires s’empressent donc souvent de brandir des autorités même factices, puisqu’ils sont à  peu près sà»rs de stimuler ainsi le réflexe de soumission aveugle attendue, quelles que soient les inepties proférées.

Le nom que Quick donne à  son produit, relève d’ailleurs du même leurre : l’appellation « Giant max » – qui promet au client la suprême abondance par l’outrance redondante exprimée – appartient au sabir anglo-américain qui suffit à  faire s’agenouiller les incultes par sa seule référence à  l’autorité de la première puissance mondiale.

Une intericonicité délirante

L’affiche de Quick ajoutait au leurre d’appel autoritarien un second leurre, celui de l’intericonicité. Il consiste à  faire reconnaître dans une image nouvelle une image connue. Le procédé permet lui aussi de capter l’attention puisque le lecteur, alerté par une image qu’il croit avoir déjà  vue, la rapproche aussitôt de celle qu’il connaît effectivement. Mais un second objectif est surtout visé : il s’agit d’associer la nouvelle image au réseau incitatif de sentiments positifs drainés par l’ancienne pour l’en faire bénéficier.

Dans une mise hors-contexte sur fond noir qui à  la fois écarte toute distraction et dresse un décor de recueillement autour de la scène représentée, apparaît ici de face, par un violent contraste en plan moyen et pleine lumière, le joueur Anelka brandissant à  bout de bras au-dessus de sa tête un hamburger dans une gloire de rayons. Et pour magnifier encore plus le produit vanté, il est filmé en contre-plongée et exagérément grossi avec les mains qui le tendent vers le lecteur. Par métonymie, le sourire recueilli d’Anelka, béat d’adoration, yeux levés vers le hamburger, est, sans doute, l’effet du bonheur dont ce sandwich est la promesse.

L’intericonicité est évidente, mais elle varie selon la culture de chacun. Deux images sont ici, en effet, reconnaissables : l’une, bien sà»r, est celle d’un footballeur vainqueur dressant devant la foule la coupe de son triomphe ; l’autre peut être celle du prêtre qui a une étape du culte familer de l’à‰glise catholique, la messe, lève devant les fidèles l’Hostie consacrée devenue le corps du Christ. Ainsi le hamburger est-il présenté comme l’égal de la coupe du monde de football ou de l’hostie consacrée de l’à‰glise catholique. Le client à  l’embarras du choix.

Ce faisant, Quick qui a pourtant choisi comme slogan « Nous, c’est le goà»t », ne commet pas seulement une faute de goà»t. De tels rapprochements insinués par intericonicité sont proprement insensés pour célébrer un vulgaire produit bourratif et même étouffe-chrétien. Faute du moindre indice d’humour pour en faire tolérer l’absurdité, ils devraient signer sur le champ l’aliénation mentale de ceux qui osent les afficher, et justifier un internement immédiat sur ordre préfectoral. Or les malades ne sont pas ceux qu’on pense. Si Quick et ses stratèges publicitaires se permettent d’énoncer pareilles incohérences, c’est parce qu’ils savent s’adresser à  un public vulnérable à  de tels leurres, fussent-ils délirants. La publicité est le miroir de l’état mental de la majorité des membres d’une société qu’elle prend pour cible.

Pierre-Yves Chereul

CHINE : Des chrétiens s’engagent à  la lutte
pour le suffrage universel

A Hongkong, le 24 juin dernier, un train de réformes visant à  démocratiser les institutions de la Région administrative spéciale a été voté au Legco (Legislative Council), le Parlement local. Timides et controversées, ces réformes n’ont pas dissuadé certains milieux hongkongais, notamment des chrétiens, de poursuivre la lutte pour l’instauration du suffrage universel dans les institutions politiques du territoire.

Le 25 juin, au lendemain du vote, un collectif de dix organisations chrétiennes a appelé les Hongkongais à  descendre en masse dans la rue le 1er juillet prochain. Depuis 1997, année du retour de Hongkong sous le drapeau chinois, tous les 1er juillet, en marge des cérémonies officielles commémorant la rétrocession, une marche est organisée au coeur de la ville par les partisans de la démocratie. Depuis la marche de 2003, qui avait réuni une foule considérable de 500 000 personnes, cette manifestation fait office de baromètre de la mobilisation politique des Hongkongais (1). Pour le 1er juillet prochain, Jackie Hung, membre de la Commission ˜Justice et Paix’ du diocèse catholique de Hongkong, voudrait que la mobilisation soit forte : « Ce n’est pas parce que les réformes ont été votées que le système politique ne peut pas être réformé. Nous appelons les gens à  continuer la lutte pour la démocratie. »

Les réformes votées le 24 juin présentent le paradoxe de sembler aller vers plus de démocratie tout en renforçant un système électoral peu démocratique, o๠les différents électeurs n’ont pas le même poids. Présentées sous la forme d’un « package », elles n’ont été votées qu’au terme de deux jours de débats enfiévrés, le gouvernement en place, qui agissait avec l’aval de Pékin, réussissant in fine à  réunir la majorité des deux tiers nécessaire à  leur adoption. Une victoire acquise au prix d’une scission du camp démocrate, entre les partisans du compromis et ceux qui dénonçaient une manoeuvre politicienne. Le package de réformes a été adopté par 46 voix contre 13, le Legco comptant un total de 60 députés.

Les réformes concernaient les modes de désignation du chef de l’exécutif et des députés qui seront appliqués lors des prochaines échéances électorales, à  savoir 2012. Le chef de l’exécutif, qui est actuellement élu par un collège de 800 personnes dà»ment sélectionnées, sera choisi désormais par un collège porté à  1 200 personnes. Quant aux députés, dont actuellement 30 sont élus au suffrage universel et 30 par des collèges électoraux restreints fondés sur l’appartenance à  une profession (o๠les pro-Pékin dominent), leur nombre passe de 60 à  70. Selon un compromis conclu à  la dernière minute avec le Parti démocrate, les dix nouveaux sièges seront pourvus au suffrage universel mais de la manière suivante : cinq au suffrage universel (à  l’image de ce qui se fait déjà  pour 30 des sièges du Legco) et cinq au suffrage universel, à  ceci près que les candidats pour ces sièges auront été préalablement sélectionnés par les collèges professionnels, ce qui, expliquent les détracteurs de la réforme, vide le processus de toute légitimité démocratique.

Au sein du camp démocrate, le vote des réformes se traduit par une division nettement visible. Le fait que le Parti démocrate ait choisi, contrairement à  certains éléments plus radicaux du camp démocrate, de négocier avec l’exécutif est analysé par Martin Lee Chu-ming comme une victoire de Pékin. « Le vote de ces réformes aide Pékin à  diviser l’opinion publique hongkongaise. Au lieu de viser à  l’abolition pure et simple des collèges électoraux restreints, les réformes ne font qu’élargir modestement les cercles appeler à  désigner les futurs dirigeants de Hongkong », a commenté celui qui fait figure de vétéran des démocrates. De son côté, Albert Ho Chun-yan, chef du Parti démocrate, explique que, sans se montrer naïf face à  Pékin, il n’y a pas de mal à  saisir toutes les opportunités visant à  élargir le jeu démocratique à  Hongkong, tout en continuant à  lutter pour le suffrage universel.

Après le vote du 24 juin, l’évêque émérite du diocèse de Hongkong, le cardinal Zen Ze-kiun, s’est gardé d’intervenir publiquement. Connu pour se battre de longue date pour la démocratisation des institutions politiques du territoire (2), il s’était toutefois exprimé avant le vote. Etant donné la complexité du sujet, il avait demandé, quelques jours avant le 23 juin, un report des débats afin que les citoyens de Hongkong disposent de plus de temps pour étudier, discuter et exprimer leurs vues sur les réformes envisagées. Agir autrement ne serait que manifester « du dédain pour l’opinion publique », avait expliqué le cardinal. Il ajoutait aussi : « Le problème est qu’à  la base, [le train de réformes] ne fera que maintenir, voire renforcer le système des électorats restreints, alors que l’objectif ultime est de le supprimer. »

La Loi fondamentale (Basic Law), qui fait office de Constitution pour les institutions de Hongkong, porte en elle le principe du suffrage universel mais n’en précise pas les modalités d’application. Dans son article 45, il est ainsi écrit que « le but ultime est de choisir le chef de l’exécutif par le suffrage universel sur nomination par un comité de nomination largement représentatif et selon les procédures démocratiques ». Depuis la rétrocession, la question est donc de savoir quand arrivera le suffrage universel. Après avoir échoué à  le faire adopter pour 2007, les partisans de la démocratie plaidaient pour qu’il soit mis en place en 2012. Entre temps, Pékin a fait savoir qu’il ne saurait être question de transition démocratique avant 2017 au mieux.

Depuis 1991, les élections ont, de manière constante, apporté 60 % des suffrages aux démocrates.

(1) Voir EDA 509, 511
(2) Voir, par exemple, EDA 525, 530

dépêche envoyée par la Rédaction d’Eglises d’Asie
agence d’information des Missions Etrangères de Paris
contact : Régis Anouil (réd chef)
128, rue du Bac
F – 75007 Paris
site : http://eglasie.mepasie.org

09h15 le neuf-quinze :
LES CASQUETTES DE WOERTH, ET LA TAUPE

Ne rions pas trop vite : l’Assemblée enquête. Les ministres sont placés sur le gril, devant les caméras. Les hauts responsables du désastre se succèdent. TF1 suit l’affaire en quasi-direct, tout au long d’émissions spéciales. Le Parlement effectue normalement son travail de contrôle de l’exécutif. Sur l’affaire Woerth ? Ah non, pardon. Sur le foot, bien entendu. C’est sur le foot, qu’il est essentiel d’établir les faits, les responsabilités, de faire tomber des têtes.

Ils aimeraient tant que le vieux fumigène du foot fonctionne une fois de plus. Mais rien ne se passe comme prévu. L’affaire Woerth est partout. Elle déborde de tous côtés. Elle est dans les questions d’Aphatie à  Besson, à  la Une de toute la presse, en ouverture du journal de France Inter. Ils comptaient sur le foot, pour endormir le pays : c’est raté. Les volutes des cigares, une île aux Seychelles, des millions en Suisse, l’ont réveillé, le pays, et le tiennent en haleine. Ils aimeraitent tant s’en sortir par une « clarification ». C’est leur mot de la semaine, « clarification ». On obligerait Woerth à  abandonner une de ses casquettes, et les choses, ouf, seraient ainsi « clarifiées ». Mais ne vous donnez pas cette peine, Mesdames messieurs : les choses sont déjà  claires, savez-vous. Elles n’ont même jamais été si claires.

D’autant que chaque jour, Mediapart pousse son avantage, enquêtant en direct. Envoyé spécial de France Inter au siège de l’UMP, Jean-François Achilli y a découvert mardi un parti en pleine effervescence, dans lequel circulaient »d’un étage à  l’autre » les épreuves des dernières révélations de Mediapart, à  propos de dons effectués par Eric Woerth, trésorier de l’UMP, à  Woerth Eric, président d’un petit parti de l’Oise, joliment dénommé « association de soutien à  l’action d’Eric Woerth », et qui peut recevoir des dons, comme un grand. Comment une double casquette peut en cacher une autre. Affolés, les permanents de l’UMP, cherchaient, parait-il, « la taupe ». Ah, s’il y avait une taupe ! Comme ils aimeraient , faute de taupe, tenir jusqu’aux vacances. Mais elles sont encore loin, les vacances.

Daniel Schneidermann

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LE PAPE NOMME DES PRELATS
DE PLUS EN PLUS CONSERVATEURS POUR DIRIGER LE VATICAN :
Ouellet aux « Evêques »,
l’Opus Dei à  la « Vie », etc.

Elles étaient attendues et annoncées. Elles viennent d’être faites. Et confirment nos pronostics et nos prévisions. C’est bien le cardinal Marc Ouellet archevêque de Québec et sulpicien qui vient d’être nommé préfet de la congrégation des évêques. A 66 ans, il prendra sa nouvelle charge à  la rentrée.

Parmi les candidats à  sa succession, on cite de plus en plus le nom d’un autre sulpicien et théologien, âgé lui aussi de 66 ans, Mgr Lionel Gendron, qui est auxiliaire du cardinal Turcotte à  Montréal. Brillant théologien, il a été l’étudiant de Joseph Ratzinger, qui le connaît. Mgr Gendron était le supérieur provincial du Cardinal Ouellet, alors que celui-ci était recteur du Grand Séminaire de Montréal, de plus, Mgr Gendron a fait sa thèse de doctorat en Allemagne et son directeur de thèse était Joseph Ratzinger. et comme par hasard Mgr Gendron a été nommé évêque auxiliaire de Montréal, dès l’arrivée du Cardinal Ouellet à  Québec.

Mgr Rino Fisichella, 59 ans, quitte également la charge de Président de l’Académie Pontificale pour la vie. Il devient Président d’un nouveau conseil pontifical pour la promotion de la nouvelle évangélisation. Dans les anciens pays de chrétienté aujourd’hui sécularisés. Un poste créé sur mesure. Des positions jugées trop tolérantes et libérales – en particulier lorsqu’il prit dans l’Osservatore Romano le contre-pied de l’archevêque brésilien de Recife fulminant l’excommunication suite à  l’interruption de grossesse – lui valurent d’être contesté par certains membres de son Académie, les plus intransigeants, à  l’instar de Mgr Michel Schooyans, un belge.

Mgr Fisichella quitte aussi la charge de Recteur de la prestigieuse Université du Latran qui reviendra donc à  un salésien de 60 ans, Don Enrico dal Covolo, qui jouit de l’amitié du cardinal Bertone et de la confiance du Pape lui-même. Grand érudit devant l’éternel, conservateur au plan doctrinal, excellent latiniste, dal Covolo devrait voir son influence grandir de plus en plus.

Pour remplacer Mgr Fisichella à  la tête de l’Académie pontificale pour la vie, le Pape a désigné un prêtre de l’Opus Dei, Mgr Ignacio Carrasco de Paula. Qui sera aligné sur les positions les plus intransigeantes.

Enfin c’est Mgr Celestino Migliore, 58 ans, Nonce auprès de l’ONU, expérimenté et habile qui ira en poste à  Varsovie. Ce piémontais est un grand travailleur, intuitif et efficace. Il fera sans doute une carrière au plus haut niveau du Vatican dans les années à  venir. Il remplace Mgr Jozef Kowalczyk, 72 ans, qui était en poste depuis plus de vingt ans, et avec qui il entretenait d’ailleurs des relations apaisées. Le Vatican reproche à  Kowalczyk d’avoir fait de sa nonciature son royaume et d’avoir commis des gaffes. Comme le choix pour le siège de Varsovie de Mgr Wielgus, compromis par sa collaboration passée avec les services communistes. Et qui dut démissionner presque aussitôt. Kowalczyk a été nommé il y a quelques semaines de Gniezno o๠il a attendra l’âge de la retraite.

Pour le remplacement de Migliore à  l’ONU, la nomination se fera très vite. Cinq ou six noms de Nonces sont cités dont celui de Mgr Alain Lebeaupin, 65 ans, un français.

Comme attendue la nomination de Mgr Kurt Koch, 60 ans, évêque de Bâle, vient de tomber en qualité de Président du conseil pour l’unité des chrétiens. En lieu et place du cardinal Walter Kasper qui a annoncé un peu vite son départ.

VATICAN : Pourquoi la nomination
du cardinal Ouellet (Québec)
à  la Congrégation pour les Evêques
pose problème ?

Que le cardinal Ouellet accède à  une des plus hautes fonctions de l’administration Vaticane est en soi un honneur pour lui et pour le Québec. Dans ce monde d’hommes o๠les ambitions cachées et les luttes de pouvoir en sourdine alimentent le quotidien, c’est déjà  tout un exploit de s’y tailler une place pour en partager l’ «autorité ». à‡a démontre que le personnage a un certain sens du pouvoir et qu’il sait en disposer en fonction de ses ambitions.

Si le Vatican a de moins en moins de poids dans le quotidien de la vie des chrétiens, il continue d’en avoir beaucoup pour les grandes puissances de l’Occident chrétien. Ces dernières savent se l’associer dans leurs projets de conquêtes et de domination. On dit, par exemple, qu’en Amérique latine aucun coup d’à‰tat n’est possible sans l’accord tacite du Vatican et de ceux qui en assurent la représentation dans ces pays. Il en fut ainsi, à  quelques exceptions près, pour l’ensemble de ces pays qui ont vécu sous des régimes militaires et des dictatures. Le Vatican y représente un poids politique incontestable dont les oligarchies et les puissances qui les couvrent se gardent bien de se le mettre à  dos. Le dernier cas est celui du cardinal du Honduras qui s’est porté à  la défense du coup d’à‰tat militaire du 28 juin dernier.

La nomination du cardinal Marc Ouellet comme Préfet à  la Congrégation des évêques constituera donc une bonne nouvelle pour les Puissances politiques du bloc occidental. Elles trouveront en lui l’homme qui saura faire le tri entre les candidatures à  risques et celles sur lesquelles ces Puissances pourront compter. Elles n’auront pas à  craindre l’arrivée de nouveaux évêques susceptibles de soutenir la flamme de changements radicaux dans l’organisation sociale, politique et économique des pays pauvres et émergents. Avec Marc Ouellet, elles pourront dormir tranquilles.

Du point de vue de l’institution ecclésiale, il ne fait pas de doute que les fidèles de l’Opus dei et ceux qualifiés de « traditionnalistes » se réjouiront également de l’arrivée du cardinal Ouellet à  la tête de la Congrégation des évêques. Par lui et avec lui ils pourront garder le contrôle sur la nomination des évêques tout autant que sur les orientations doctrinales et pastorales de ces derniers. Que les communautés chrétiennes se le tiennent pour dit : ils auront des évêques « clonés » qui reproduiront la même image, le même contenu et la même ouverture d’esprit à  laquelle l’institution ecclésiale nous a habitués depuis la mise en veilleuse de l’ouverture au monde amorcée par le concile Vatican II.

Pour ceux et celles qui vivent dans leur quotidien l’à‰vangile, qui se frottent aux dures réalités de la pauvreté, du désespoir, de l’isolement, de la souffrance et qui cherchent cette communauté de vie et d’espérance, cette nomination ne présage rien de bon. Cette dernière est encore très loin de ces premières communautés chrétiennes qui choisissaient elles-mêmes leurs évêques et qui participaient à  l’organisation et à  la vie de l’à‰glise.

Entre l’à‰tat du Vatican et l’à‰glise, il y a un fossé qui, loin de se rétrécir, s’agrandit de plus en plus. Le premier parle de la nécessaire conversion des chrétiens à  la nomenclature ecclésiale avec ses personnages, sa doctrine, ses liturgies, son fonctionnement de haut en bas. Les communautés chrétiennes (à‰glise), pour leur part, parlent de conversion aux valeurs évangéliques et à  la modernité o๠elles doivent se vivre. Dans ce dernier cas le mouvement va de bas en haut.

Deux mondes dont la réconciliation ne saurait être possible qu’à  deux conditions : d’abord un retour radical aux sources fondamentales du christianisme, à  savoir Jésus de Nazareth et les à‰vangiles et en second lieu une ouverture active au monde dans lequel nous vivons.

Un long et profond travail de décapage s’impose pour retrouver l’original de la révélation chrétienne et l’inspiration première de l’Humanité nouvelle à  bâtir.

09h15 le neuf-quinze :
LE MONDE, ET SES ROIS MAGES

C’est un conte de Noà«l en été, qu’est en train de vivre Le Monde. Le journal est au bord de la faillite ? Les salaires de juillet ne sont pas assurés ? Oyez oyez, comme dans sa pauvre étable, arriva en grand train un scintillant trio de rois mages, tout chargés de l’or, de la myrrhe et de l’encens. Remerciements, honneurs, influence : ils ne demandent rien aujourd’hui. Ils n’exigeront rien demain.

Rien d’autre que de déposer leurs offrandes au pied de la crèche sacrée. Unanimement ou presque (à  la notable exception de l’ancien président de la société des rédacteurs, Jean-Michel Dumay), la rédaction, magnanime, a accepté l’offrande, s’inclinant majestueusement aux pieds de ceux qui venaient se courber à  ses pieds (je sais, l’Allégorie est difficile à  visualiser, mais essayez).

On ne comprendrait rien au feuilleton du Monde, si l’on restait dans le rationnel. Pour tenter d’y comprendre quelque chose, il faut se glisser dans l’univers merveilleux des affects et des fantasmes. Il faudrait allonger sur le divan chacun des candidats sauveurs, et le laisser évoquer ce que représente, pour lui, Le Monde. Puissance, influence, respectabilité, indépendance, lueur d’espoir au coeur des dictatures : le journal charrie encore tout celà , aux yeux, disons, de la vaste génération des plus de quarante ans. Lisant en fin de semaine dernière l’interview de Cebrian (Prisa), dans laquelle l’Espagnol ressortait les violons des années de lutte anti-franquiste, le premier réflexe fut un ricanement scepti que. A tort, sans doute. Il y a une part de sincérité, dans l’acharnement de tous les sauveurs au chevet du grand malade. Que l’on les peigne en noir ou en rose (ego, ou engagement citoyen) leurs intentions de départ peuvent être présumées désintéressées. Mais les intentions sont une chose, et la mécanique infernale de la propriété en est une autre.

Malade de quelle maladie, Le Monde, au juste ? Risquons un diagnostic, qui vaut ce qu’il vaut : malade de n’être plus la voix, au coeur des tempêtes, que l’on recherche, que l’on écoute, que l’on transmet. « Que dit Le Monde ? » : qui se pose encore cette question ? Cette voix s’est éteinte. Plus précisément, elle s’est éparpillée en mille petites voix, qu’il faut aller butiner ici et là , au Monde et ailleurs, et essentiellement, il faut bien le dire, sur la Toile. Elle s’est éteinte, mais son souvenir est obsédant. Les réunifier en bouquet, les mille voix, sous la prestigieuse enseigne : voici un chemin de la survie. Mais c’est plus facile à  dire qu’à  faire.

Daniel Schneidermann

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DENI ET DELIT
DE JUSTICE :
Les « déserteurs fiscaux »

A l’aube d’une période d’austérité et d’un plan de rigueur pour la France, il peut être intéressant de connaître la liste (non exhaustive, tirée du « Nouvel Observateur » n° 2359 du 21 Janvier 2010) des personnalités qui ont fui fiscalement le pays pour s’installer en Suisse, ou dans un autre paradis fiscal.

S’ils l’ont fait en toute légalité (achat d’une résidence en Suisse, séjour inférieur à  6 mois sur le sol français), il est par contre inadmissible que certains d’entre eux continuent à  s’immiscer dans la vie politique française, en participant activement aux campagnes électorales, pour soutenir tel ou tel candidat, ou pire, en étant officiellement investi par l’Etat pour représenter la France à  l’étranger, comme c’est le cas actuellement pour Alain Delon qui est le parrain officiel du pavillon français à  l’exposition universelle de Shanghaï.

Parmi les plus actifs dans ce domaine, il y a donc Alain Delon, mais aussi Johnny Hallyday (le premier résidant à  Genève depuis 1999 et le second à  Gstaad depuis 2006), sans oublier Charles Aznavour (résidant à  Genève), Patricia Kaas, Emmanuelle Béart, Daniel Auteuil, Marc Levy et Michel Houellebecq.

Parmi les sportifs on peut citer Alain Prost, Jean Alesi, Richard Virenque, et les tennismen Guy Forget, Richard Gasquet, Henri Leconte, Amelie Mauresmo, Gaà«l Monfils, Cédric Pioline, et Jo-Wilfried Tsonga qui payent tous leurs impôts en Suisse.

Moins étonnant, mais encore plus scandaleux, des personnalités des affaires qui exercent actuellement (ou ont exercé récemment) un pouvoir politique économique ou financier en France, parmi eux : Antoine Zacharias (Vinci), Claude Berda (AB groupe, TF1), Daniel Hechter couturier) et Jean-Louis David (salons de coiffure, cosmétiques).

Mais aussi des rentiers et des héritiers, dont les fortunes ont été créées en France, avec la participation de centaines de milliers d’ouvriers français :

Eric Peugeot, Jean Taittinger (PDG de la société du Louvre, ancien ministre de la justice et député de la Marne), Philippe Hersant (patron de presse du Groupe Hersant), Corinne Bouyques (héritière de la fortune Bouygues), les familles Defforey (Carrefour), Mulliez (Auchan) et Halley (Promodès), tous résidant à  Genève ou aux environs.

Si ces gens n’aiment pas (fiscalement) la France, qu’ils la quittent et qu’ils l’oublient, et surtout qu’ils n’en profitent pas quand ils en ont besoin (comme par exemple pour venir s’y faire soigner).

A tous les Français qui vont se serrer la ceinture dans un proche avenir, nous proposons de boycotter les concerts, les disques et les livres de tous ceux qui ne participeront pas à  l’effort de solidarité nationale et aux médias, nous demandons de ne plus offrir de tribunes télévisées (pour la promotion de films et de disques) aux artistes concernés et de ne plus faire de sponsoring aux sportifs exilés.

Aux députés nous demandons d’instaurer une loi pour qu’il ne soit plus possible pour un évadé fiscal de venir se faire soigner en France (dans un hôpital public) ni de représenter officiellement la France à  l’étranger.

Et surtout de pénaliser très lourdement le délit de « désertion fiscale » pour tous les fraudeurs…

Jean Lévy
Lien url : http://canempechepasnicolas.over-blog.com/article-deni-et-delit-de-justice-2-53078143.html

BLOCUS DE GAZA :
Un Bateau israélien bloqué dans le port d’Oakland
en Californie

Pour la première fois depuis la chute du régime d’Apartheid, en Afrique du Sud, un groupe de syndicalistes américains, assistés par des centaines d’activistes et des sympathisants de la communauté palestinienne et arabe, ont empêché le déchargement d’un bateau israélien, de la compagnie Zim, qui venait d’accoster au port d’Oakland, en Californie.

Ces manifestants ont ainsi protesté contre l’arraisonnement de la Flottille de Gaza et les événements qui ont suivi.

L’un des organisateurs a déclaré que ce blocage durerait 24 H en protestation aux actes de piraterie israéliens et en haute mer, aux assassinats de civils palestiniens, à  la colonisation et au mur de l’apartheid.

Il rappelle que c’est grâce à  des actions de cette sorte, qui ont débuté en 1984, que le régime d’apartheid a pu être vaincu en Afrique du Sud.

Un autre protestataire a expliqué :

« Notre position est claire, « Israà«l » interdit les bateaux de se diriger vers la Bande de Gaza, et par conséquent, ses bateaux n’ont pas le droit d’arriver à  aucun lieu dans le monde ».

Il n’est pas acceptable qu' »Israà«l » attaque froidement les civils dans les eaux internationales, assiège encore la Bande de Gaza, poursuit la construction du mur d’apartheid en Cisjordanie occupée et nomme des responsables racistes tel que Avigdor Liebermann comme ministre des affaires étrangères », s’est indigné l’un des organisateurs, qui a appelé à  la poursuite du boycott des produits et marchandises israéliens aux Etats-Unis ».

Lien url : http://canempechepasnicolas.over-blog.com/article-replique-au-blocus-de-gaza-un-bateau-israelien-bloque-dans-le-port-d-oakland-en-californie-52928040.html – Sources Al Manar

COUR SUPRàŠME DES ETATS-UNIS
ET ABUS SEXUELS DU CLERGE :
Le Saint-Siège pourait être prochainement assigné en justice

C’est une décision par omission d’une importance capitale même s’il est possible qu’elle ne soit pas d’emblée perçue comme telle. La Cour Suprême américaine a en effet déclaré qu’elle ne se prononcerait pas sur le sujet délicat de l’immunité du Saint-Siège.

Contrairement, dit-on, à  ce qu’aurait souhaité l’administration Obama. Il ne s’agit en rien d’une question purement théorique. En effet, en ne se prononçant pas, la Cour suprême confirme en réalité la décision d’une cour d’appel de lever l’immunité du Saint-Siège dans une affaire de prêtre pédophile dans l’Oregon (nord-ouest des Etats-Unis). A la suite de cette décision, c’est le Vatican qui avait fait appel devant la Cour suprême. Aujourd’hui, cet appel s’avérant sans succès il pourra être attaqué en justice aux Etats-Unis. Comme responsable à  son niveau d’abus sexuels commis par les siens.

INDE : Les hindous radicaux infiltrent le système éducatif de l’Orissa

Les hindouistes de l’Etat de l’Orissa ont développé un large réseau d’écoles dans les zones rurales, formant ainsi un vivier de militants et de cadres pour leurs organisations activistes, aux dépens des établissements de l’Eglise catholique, fréquentés par les élites urbaines.

Selon les médias locaux (1), depuis 1978, le mouvement hindouiste Rashtriya Swayamsevak Sangh (RSS, Corps national des volontaires) a construit 793 écoles dans les régions rurales de l’Orissa, lesquelles seraient encadrées par quelque 12 000 enseignants formés à  son idéologie.

Fer de lance du Sangh Parivar, la nébuleuse qui réunit les partis hindous extrémistes (2), le RSS affiche clairement son objectif de faire de l’Inde un « Etat hindou ». Il est régulièrement impliqué dans les violences qui secouent l’Etat de l’Orissa et a été reconnu comme l’un des instigateurs des massacres de 2008 qui ont fait plus d’une centaine de morts, des milliers de déplacés et des centaines de bâtiments et églises détruits (3). Aujourd’hui, alors que les responsables sont traduits en justice (non sans difficultés en raison de l’appui politique local accordé aux hindouistes), le mouvement continue de faire régner la terreur dans les villages o๠vivent les chrétiens. Ses milices suivent un entraînement très encadré comprenant formation idéologique et entraînement physique.

« Le RSS a mené le mouvement, infiltrant avec succès le systèmes éducatif, par la base mais aussi par le sommet de la hiérarchie par le biais des commissions directoriales », relève le quotidien en langue anglaise The Asian Age (4). « Une génération entière est en train d’être endoctrinée selon les principes de l’hindutva (5). [¦] Cette stratégie perverse consiste à  enseigner la haine à  la jeunesse », poursuit le quotidien, assurant que 55 des 100 meilleurs élèves ayant terminé leur grade 10 (fin du premier cycle de l’école secondaire, vers 15-16 ans), sont désormais issus de ces écoles.

Dans la formation des écoles du RSS, rien n’est oublié : entraînement physique, mental et enseignement spirituel. Les manuels scolaires, revus selon les théories de l’hindutva, ont été traduits en oriya, langue vernaculaire, et sont disponibles en librairie. Contenant des incitations à  la haine raciale à  partir de récits sans aucun fondement historique mettant en scène des crimes réalisés par les minorités non hindoues, ces manuels exaltent l’hindouité et le nationalisme.

« Très clairement, le RSS a fait en sorte que ces écoles, avec les Ekal Vidyalayas [écoles primaires rurales soutenues elles aussi par le mouvement hindouiste], puissent contrer l’influence des établissements tenus par l’Eglise », explique John Dayal, président du All India Christian Council (AICC), association chrétienne de défense des droits de l’homme et des libertés religieuses.

Selon Angana Chatterji, universitaire spécialiste de l’extrémisme hindou, il y aurait en Orissa plus de 9 000 Ekal Vidyalayas, toutes établies dans des régions o๠les adivasi (aborigènes ou « tribus ») sont majoritaires et o๠l’Etat n’accorde que très peu de subsides. Les écoles du RSS sont, quant à  elles, financées par des fonds privés et des organisations caritatives hindouistes (6).

John Dayal, pour sa part, souligne le fait que les écoles chrétiennes, qui sont pour la plupart établies dans les villes, aient acquis la réputation d’être des institutions formant l’élite de langue anglaise, qui détient la richesse et le pouvoir.

Mises à  part de rares exceptions, il n’y a aucune école chrétienne en zone rurale, précise encore le président de l’AICC. Les établissements tenus par le RSS ont comblé le manque, proposant un enseignement de qualité, l’élitisme en moins. « Cette situation doit inciter l’Eglise à  repenser ses orientations », conclut-il.

Le P. Anselm Biswal, ancien responsable dans le secteur social, confirme la gravité de la situation : « Les écoles que nous gérons ne font pas le poids face à  celles du RSS. Ce dont nous avons besoin aujourd’hui [dans l’Eglise catholique] est un véritable investissement et une politique claire concernant l’éducation. »

Notes :
(1) Ucanews, 25 juin 2010.
(2) Le Sangh Parivar est un regroupement d’organisations hindouistes nationalistes dont le BJP (Bharatiya Janata Party, Parti du peuple indien) est la vitrine politique, et qui comprend entre autres le Shiv Sena, le Vishwa Hindu Parishad (avec sa branche jeunesse le Bajrang Dal, un groupe de militants craints pour sa violence) et le RSS.
(3) Après l’assassinat du Swami Laxmanananda Saraswati, le 23 aoà»t 2008, les hindouistes extrémistes ont lancé des séries d’attaques en représailles contre les chrétiens qu’ils ont accusé du meurtre, bien que les maoïstes aient revendiqué l’attentat. Voir EDA 490, 491, 492, 493, 494, 495, 496, 498, 499
(4) http://www.asianage.com/
(5) L’hindutva est le terme qui désigne l’idéologie de l’extrême-droite hindoue, identifiant l’hindouisme à  la nation indienne.
(6) Cf. « Learning in Saffron: RSS Schools in Orissa » d’Angana Chatterji, Asian Age, 11 novembre 2010.

dépêche envoyée par la Rédaction d’Eglises d’Asie
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