« Matin Brun » de plus en plus d’actualité

Ce texte écrit en 2002 par Franck Pavloff est hélas toujours d’actualité. Il démontre que les petites lâchetés favorisent l’instauration des grandes dictatures.

Spécialiste de la psychologie et du droit des enfants, Franck Pavloff a travaillé de nombreuses années en Afrique et en Asie en tant que chargé de mission auprès du ministère de l’Education, avant de travailler pour le tribunal de grande instance de Grenoble.

Educateur de rue et responsable d’une association de prévention de la toxicomanie et de la délinquance, il partage ses activités entre l’écriture et la justice.
Auteur d’une quinzaine de romans adultes et jeunesse, de nouvelles et de poésie, il est devenu directeur de la mythique collection « Souris Noire » et chez Syros avant de créer le personnage récurrent du Furet chez Albin Michel. Il publie en 2007 l’ouvrage « La chapelle des apparences ».

Franck Pavloff a renoncé à  ses droits (ainsi que l’éditeur) afin de permettre une large diffusion de Matin Brun, véritable antidote à  l’intolérance mais vous pouvez (devez) acheter cette nouvelle pour la modique somme de 1 € (lien url : http://ldhinfoslaseynesurmer.blogspot.com/search/label/Droits).

SOMMET FRANCE AFRIQUE : Nicolas Sarkozy annonce la fin de la Françafrique…

A l’occasion du 25ème Sommet des chefs d’Etat de France et d’Afrique, le président français Nicolas Sarkozy a créé la surprise en annonçant vouloir « en finir avec 50 ans la Françafrique » et de faire de l’année 2010 « la véritable année de la décolonisation ». Une annonce qui correspond aux promesses déjà  émises par le président français en 2007.

C’est dans le numéro spécial du quotidien gratuit 50 ans Cétro (http://www.afrique2010.fr/agir/article/numero-special-du-journal-cetro) que cette réforme en profondeur de la politique de la France en Afrique est présentée en détail.
En voici les principaux volets :
– un business mieux encadré, avec l’obligation pour les entreprises françaises de respecter les principes de responsabilité sociale, environnementale et fiscale,
– une refonte de l’aide au développement, plus transparente et axée sur la promotion des biens publics,
– la suspension des relations diplomatiques avec les régimes ne procédant pas d’élections démocratiques et auteurs de violations des droits humains,
– la fermeture des bases militaires françaises et l’instauration d’une véritable contrôle parlementaire sur les opérations extérieures de la France.

L’information est diffusée aujourd’hui dans les rues de Nice par les distributeurs du journal gratuit aux cris de « Cétro édition spéciale. Nicolas Sarkozy met fin la Françafrique : 50 ans que les Africains attendent ça ». Les crieurs nous apprennent aussi que « Furieux, les dictateurs Sassou Nguesso, Bongo et Déby quittent le Sommet de Nice », que « l’action de Total et celle d’Areva perdent 10 points à  la bourse de Paris » ou encore que « L’armée française quitte l’Afrique. 10 000 soldats réclament leur prime ». Les crieurs annoncent également « en Afrique, la rue fête cette nouvelle décolonisation ».

L’association Survie, qui milite depuis des années pour une telle réforme, pourrait se satisfaire de ces nouvelles annonces. Mais il n’en est rien puisque cette réforme n’existe pas.

En effet, notre association diffuse à  l’occasion du Sommet de Nice, l’édition spéciale d’un faux journal gratuit titré « 50 ans. Françafrique. Cétro ».
Par cette opération, notre association entend interpeller l’opinion, les médias et les décideurs français sur le fait qu’une autre relation France-Afrique est possible, à  savoir une relation fondée sur la promotion de la démocratie et de l’état de droit, sur la défense des droits humains et la lutte contre la corruption au profit du développement du continent.

Or ces sujets, pourtant cruciaux pour les populations africaines, ne sont pas à  l’ordre du jour du Sommet de Nice. Celui-ci est en grande partie consacré aux questions économiques, reflétant la conception toute élyséenne des relations franco-africaines que l’association Survie qualifie de « coopération business ». Survie dénonce particulièrement le dévoiement de l’aide publique au développement (APD) au profit du secteur privé et notamment des entreprises françaises.

Ces revendications rejoignent celles émises aujourd’hui par une quarantaine de personnalités françaises et africaines (historiens, parlementaires, juristes, journalistes, militants associatifs, écrivains, artistes, etc.) dans un appel intitulé « Libérons nous de 50 ans de Françafrique » et publié dans le quotidien L’Humanité et sur la page : http://www.afrique2010.fr/agir/article/appel-2010-liberons-nous-de-50-ans

Le faux journal gratuit sera notamment distribué ce lundi soir 31 mai vers la place de la Libération à  Nice à  l’occasion d’un « Carnaval de la Françafrique » organisé par l’association Survie et de la manifestation qui réunira à  18h30 une quarantaine d’organisations locales et nationales au sein du collectif « ChasséEs ici. PilléEs là -bas ».

Odile Biyidi, présidente de Survie, Brice Mackosso, coordinateur de la coalition « Publiez ce que vous payez » – Congo Brazzaville et André Afanou du CACIT-Togo (Collectif des Associations contre l’impunité au Togo) ainsi que d’autres intervenants participeront à  un grand débat en plein air à  partir de 20h30 place de la Libération.

Contact presse :
Stéphanie Dubois De Prisque, chargée de communication de Survie
06 89 31 17 18 / 06 31 18 27 65

LA DEUXIEME GUERRE DE GAZA : Israà«l a perdu en mer son honneur

Une guerre dit à  un peuple de terribles vérités sur lui-même. Voilà  pourquoi
il est si difficile de les entendre. Nous étions déterminés à  éviter un regard honnête sur la 1re guerre de Gaza.

Maintenant, dans des eaux internationales, après avoir ouvert le feu sur un
groupe d’humanitaires, de travailleurs et de militants, nous sommes en train
de perdre la deuxième. Et, pour Israà«l, au bout du compte, cette 2e guerre
pourrait bien se révéler encore plus coà»teuse et cruelle que la 1e.

En entrant en guerre à  Gaza, fin 2008, les dirigeants politiques et
militaires israéliens pensaient donner une leçon au Hamas. Ils ont réussi.
Le Hamas a appris que la meilleure manière de combattre Israà«l était de le
laisser faire ce qu’il avait commencé naturellement : bourdes, bévues et
exaspération.

Le Hamas, comme l’Iran et le Hezbollah, ont appris très tôt que l’embargo
qu’Israà«l avait imposé à  Gaza était l’arme la plus sophistiquée, la plus
puissante, qu’ils auraient pu déployer contre l’Etat juif.

Ici, en Israà«l, la leçon n’a pas encore été apprise. Ce n’est plus Israà«l
que nous défendons mais le siège, devenu en lui-même le Vietnam d’Israà«l.

Bien sà»r, nous savions que cela pouvait arriver. Dimanche, quand le
porte-parole de l’armée avait commencé à  parler de Gaza et d’une flottille
en termes d’attaque contre Israà«l, Nahman Shaï, porte-parole de l’armée en
1991, pendant la guerre du Golfe, avait évoqué publiquement le pire des
cauchemars, une opération o๠des soldats israéliens, en attaquant la
flottille, pourraient ouvrir le feu sur des militants pacifistes, des
travailleurs et des Pris Nobel. La députée (Likoud) Miri Regev, qui a dirigé
elle aussi les services du porte-parole, a dit dès lundi matin que le plus
important était de s’occuper très vite des informations négatives des
médias, de façon à  ce qu’elles disparaissent.

Mais elles ne vont pas disparaître. L’un des bateaux portait le nom de
Rachel Corrie, tuée à  Gaza il y a sept ans en tentant de barrer la route à 
un bulldozer de l’armée. Son nom et son histoire résonnent depuis chez les
militants pro-palestiniens.

Peut-être plus inquiétant encore : comme dans une marche folle de lemmings,
dans nos relations avec Ankara, une puissance régionale d’une importance
cruciale et qui, si l’on avait fait attention, aurait pu aider à  se sortir
du guêpier de Gaza, nous nous sommes approchés dangereusement d’une
déclaration effective d’état de guerre avec la Turquie.

« Il y aura un très gros incident avec les Turcs », a dit Benjamin
Ben-Eliezer, le ministre le plus sensible aux relations entre Israà«l et le
monde musulman.

Nous expliquons, encore et toujours, que nous ne sommes pas en guerre contre
le peuple de Gaza. Nous le répétons parce que nous-mêmes avons besoin d’y
croire, et parce que, au fond, nous n’y croyons pas.

Il fut un temps o๠l’on pouvait dire que nous ne nous connaissions qu’en
temps d guerre. Ce n’est plus vrai. Aujourd’hui, nous ne connaissons plus
rien. Encore un problème pour s’empêcher de parler avec le Hamas et l’Iran.
Car ils nous connaissent tellement mieux que nous ne connaissons nous-mêmes.
Ils savent, comme le disait la chanson sur le seconde guerre du Liban ((« Lo
Yakhol La’atzor Et Zeh » “ « Impossible d’arrêter ça »), que nous sommes
incapables de nous voir avec lucidité, et ne sommes plus capables de rien
arrêter.

Le Hamas, comme l’Iran, en sont arrivés à  connaître les bienfaits de la
toxicité de la politique intérieure israélienne, tellement prête à 
hypothéquer l’avenir en échange d’un moment de calme apparent.

Ils savent que, dans notre désir désespéré de protéger l’image que nous
avons de nous-mêmes, nous éviterons de modifier une politique qui a,
littéralement, aidé et conforté nos ennemis, en particulier le Hamas, que le
siège de Gaza a enrichi par les taxes qu’il prélève sur les tunnels et
conforté à  travers la colère envers Israà«l.

Il faut dire que pour beaucoup de monde, à  droite, il y aura une sorte de
joie silencieuse, On croassera : « Nous vous l’avions bien dit, le monde nous
hait, quoi que nous fassions. Alors autant continuer de construire (en clair
: dans les colonies et à  Jérusalem Est) et de défendre nos frontières (en
clair : renforçons le Hamas et finalement, faisons-nous du mal en refusant
de lever l’embargo sur Gaza). »

Le Hamas, l’Iran et la droite dure, en Israà«l comme en diaspora, savent bien
qu’il s’agit d’un test d’une extrême importance pour Benjamin Netanyahou.
Désireux de voir le monde se concentrer sur l’Iran et sur la menace qu’il
pose aux habitants d’Israà«l, Netanyahou doit reconnaître qu’aujourd’hui, le
monde a les yeux fixés sur Israà«l et sur la menace qu’il pose aux habitants
de Gaza.

[Ce n’est plus Israà«l que nous défendons mais le siège, devenu en lui-même
le Vietnam d’Israà«l]

Bradley Burston

Trad. : Gérard pour La Paix Maintenant

INSTITUT DU CHRIST-ROI : L’incroyable sermon
de Mgr Wach

L’Institut du Christ Roi Souverain Prêtre (! déjà  tout un programme , qui adore les fastes baroques, n’ignore cependant pas les nouveaux moyens de communication sociale. C’est pourquoi on peut découvrir sur le site tonitruant que prononça à  Chartres à  l’occasion du fameux pèlerinage annuel, le Supérieur Général de l’Institut, qui se présente partout, on ne sait pas trop pourquoi « Monseigneur » Wach. A chacun ses fantasmes.

« àŠtes-vous prêt à  aimer passionnément l’Eglise ? Quand je dis passionnément, permettez-moi de préciser : êtes-vous prêt à  aimer passionnément l’Eglise au risque de la Croix ? C’est là  tout le dilemme, car nous rêvons tous, depuis le péché originel, d’une petite foi bien à  nous, bien confortable, pas trop dérangeante. A ce sujet, n’ayons pas peur de dire que certaines écoles de pensée théologique n’ont pas compris la réalité profonde de ce qu’est l’Eglise de Dieu¦ Sur cette question, des Calvin, des Luther et autres hérésiarques ont buté (NDLR ; que voici un sermon à  portée oecuménique) (…) L’Eglise, c’est Jésus-Christ ; Jésus-Christ c’est la Croix ; l’Eglise c’est la Croix (…)Devant la Croix trois attitudes sont possibles, une seule est chrétienne :

– refuser la Croix, et c’est le refus de l’amour de Dieu ;
– se résigner à  la Croix et la souffrir quand même, mais sans amour ;
– consentir à  la Croix et se plonger dans le mystère de la Trinité bienheureuse.
C’est le défi pour lequel le Saint Esprit est venu vous embraser ce soir
(…)

Et le saint Curé d’Ars : « devant Dieu, un seul acte de renoncement à  sa volonté propre lui est plus agréable que cent jours de jeà»ne ».

Vous entendiez il y a peu l’apôtre saint Pierre nous enseigner dans son épître : « ayez une bonne conduite au milieu des païens, afin que là  même ou ils vous calomnient comme des malfaiteurs, ils remarquent vos bonnes oeuvres et en glorifient Dieu au jour de sa visite (¦) c’est là  la volonté de Dieu qu’en faisant le bien vous réduisiez au silence l’ignorance des gens insensés. » .

Tout cela est facile à  dire. Et ne sonne pas très juste. Ceux qui souffrent, à  l’instar du cardinal Veuillot, rongé à  55 ans en 1968 par un cancer du pancréas, font preuve de plus d’humilité. Il y aurait tant d’autres choses à  dire sur l’Esprit de Pentecôte…

A LA DECOUVERTE D’UNE IDENTITE : Le nouveau visage du Prêtre

La psychologie archétypale a jadis proposé le concept intéressant de la Dyade ou de l’archétype bipolaire. Power in the Helping Professions de Gugenbà¼hl-Craig, Dallas,1971. Ce livre explore le côté de l’ombre, les dynamiques inconscientes qui exposent les personnes travaillant dans les professions d’aide au risque de faire plus de mal que de bien.

Les archétypes, anciens modèles sociaux et culturels enracinés dans l’inconscient collectif fournissent une sorte de signification universelle et une clé de compréhension pour les rôles fondamentaux que l’on trouve dans chaque civilisation. Ces rôles-archétypes comprennent des fonctions classiques (roi, reine, enseignant, sage, guerrier, mère, père, chaman et prêtre). Certaines de ces fonctions sont essentiellement liées à  un archétype de partenariat, d’o๠le terme d’archétype dyade. Parmi les dyades les plus évidentes, on trouve les archétypes médecin/patient, enseignant/élève, roi/sujet, prêtre/paroissien. (on pourrait ajouter Evêque/ prêtre, Pape/évêque et bien d’autres…)

Si nous pensons seulement au pôle supérieur de l’archétype, autrement dit au médecin, à  l’enseignant, au roi, au prêtre, … la dyade est rompue et les aspects négatifs de chacun de ces rôles peuvent prendre le dessus et dominer la vie intérieure.

Ainsi d’une certaine manière, même lorsqu’il prodigue des soins aux autres, un médecin reste lui-même un patient. S’il l’oublie, il détruit l’archétype et même s’il s’efforce d’être scientifique, pragmatique, objectif, il affaiblit le pouvoir de guérison de la relation thérapeutique. Les bons docteurs ont spontanément du respect pour le médecin qui se trouve en chacun de leurs patients. La même forme négative apparaît si on investit le pôle inférieur de la dyade sans intégrer en même temps le pôle supérieur; car les patients ont eux-aussi la possibilité de casser l’archétype médecin/patient. En manquant de confiance en leur propre pouvoir de guérison ou en s’en remettant à  l’autorité du médecin, ils agissent contre leurs capacités internes à  se rétablir et à  vivre dans la plénitude de leurs moyens.

Les médecins et les patients qui respectent la dyade, qui pratiquent une alliance thérapeutique, se fournissent mutuellement des énergies et des perspectives qui favorisent les diagnostics et les traitements adaptés.

Les médecins, vénérés par leurs patients sont d’humbles serviteurs de la santé qui ont maintenu les deux pôles de la dyade. Mais quand un médecin rompt l’archétype de la dyade, des signes d’arrogance et d’élitisme risquent bien d’apparaître. Une fois la dyade rompue, le médecin perd rapidement pied. L’inflation de l’ego et l’orgueil étouffent le sentiment de répondre à  un appel, à  une vocation.

On peut dire la même chose pour les archétypes enseignant/élève, roi/sujet, et prêtre/paroissien. Les professeurs dont nous gardons un souvenir nimbé de tendresse et de respect n’avaient sans doute jamais oublié qu’ils avaient aussi des choses à  apprendre et que très réellement leurs étudiants étaient aussi professeurs pour eux-mêmes et pour leurs enseignants. La dignité de l’étudiant était reconnue ,respectée et protégée et tous les deux, maître et élève, étaient, au moins de temps en temps, capables de faire l’expérience de la transformation intérieure et du ravissement dont peut jouir un étudiant. Dans un environnement de cette qualité, étudier devient une aventure commune, permettant vraiment de parvenir à  la sagesse et à  la compassion.

Je me souviens avoir vécu cette belle aventure ainsi que mes condisciples durant notre année de philosophie au lycée de Mulhouse en 1940 avec nos professeurs de philosophie et d’histoire.

Quand la dyade est rompue, la salle de classe devient une arène o๠s’affrontent des désirs opposés. On peut, bien sà»r, continuer à  transmettre de l’information, à  mémoriser des formules, mais le passage à  l’émerveillement et à  la vérité ne se fait pas.

Les politiciens qui oublient de se reconnaître eux-mêmes comme des citoyens, comme des personnes gouvernées, brisent également l’archétype avec des conséquences similaires pour le bien commun.

Si nous plaçons l’archétype »prêtre » dans ce bouquet de dyades, la dimension dialectique de son identité ressort en pleine lumière. Ordonné pour le ministère presbytéral, le prêtre n’en demeure pas moins membre de la communauté des fidèles et il a besoin , lui aussi, du ministère et de la communauté. S’il est fidèle à  sa vocation, le prêtre aide ses paroissiens à  prendre conscience de leur caractère sacerdotal en tant que croyants baptisés.

La distinction des rôles est respectée lorsqu’on favorise la mutualité des rapports qui doivent exister entre les membres différents d’une communauté ecclésiale locale. Le type de métamorphose qui se produisait dans l’archétype enseignant/élève lorsqu’il n’était pas rompu peut aussi se produire dans la communauté croyante un sentiment du mystère de la grâce de Dieu qui modèle inexorablement une assemblée pour en faire une communauté de louange et de service. Le groupe ecclésial local devient peu à  peu une communauté avisée o๠les paroissiens perçoivent leur prêtre comme un ainé et un pasteur, mais aussi comme un frère et un ami.

Malheureusement, la dyade est facilement rompue par l’un ou l’autre de ses deux pôles. Le prêtre peut oublier que,comme membre de la communauté des fidèles, il a besoin lui aussi d’entendre la parole de Dieu et de bénéficier du ministère. Bien que prédicateur, il ouvre ses oreilles et son coeur aux prédications des autres.

Bien que chargé de bénir, il courbe lui aussi la tête pour recevoir la bénédiction donnée par d’autres.

Bien qu’on s’adresse à  lui en disant « père », il est néanmoins fils et frère. Que l’on brise la dyade prêtre/paroissien, et le prêtre commence à  avoir avec la communauté une relation distante, comme s’il était ou comme si on le mettait à  part.Les membres de la communauté ecclésiale locale et lui-même se débattent alors dans un climat de suspicion permanente, avec le sentiment que quelque chose ne tourne pas rond.

De leur côté, les paroissiens peuvent rompre la dyade en idéalisant leur pasteur (les jeunes prêtres mentionnent très rarement ce phénomène).Dans cette situation, les relations entre le prêtre et les gens de la paroisse prennent
une tournure cordiale, mais quelque peu artificielle. On constate un bon niveau d’échanges de politesses, mais pas d’amitié très authentique. Ici la dimension hiérarchique de la paroisse est poussée à  l’extrême, tandis que le côté communautaire reste en souffrance. Le prêtre s’efforce-t-il de souligner l’aspect communautaire de la paroisse, on lui oppose une résistance polie. Après tout, c’est assez confortable de bien connaître la place de chacun dans des rôles sociaux bien définis. Extérieurement, une rupture de la dyade prêtre/paroissien paraît se faire plutôt sans à -coups, mais c’est souvent au prix d’un étiolement de la vie de la paroisse et de la réduction du pasteur à  l’isolement.
Du point de vue de la psychologie individuelle, l’identité du pasteur est celle d’un prêtre ordonné. La prêtrise est sa vérité, la vérité personnelle qu’il a découverte en répondant à  l’appel de l’Eglise et à  l’appel de l’Esprit de Dieu montant au plus profond de lui-même. C’est sa vocation. C’est ce qu’il est et ce qu’il fait. En tant que l’un des fidèles, il n’a pas besoin de réfléchir beaucoup pour comprendre qu’il est une créature de l’unique Créateur, façonnée à  l’image de Dieu, amenée à  la vie nouvelle à  travers les eaux du baptême qui baignent tous les fidèles dans une même alliance, et que, prêtre de Jésus-Christ, il est habité par des pouvoirs (qu’il ne comprend pas tellement) en vue de promouvoir le règne de Dieu par la proclamation de l’Evangile et le service du Peuple de Dieu.
Le prêtre est donc à  la fois pasteur et paroissien, prédicateur et auditeur. Maintenir la tension salutaire de cette dialectique est stimulant. Mais cela est rendu plus facile par l’expérience que fait le prêtre de ses échecs et de sa faiblesse, de ses limites humaines et des souffrances qui touchent la vie de chacun.

Voilà  peut-être pourquoi on trouve une grande profondeur d’âme et une extraordinaire compassion chez ces prêtres qui ont porté le poids du jour et de la chaleur. Ces hommes-là  sont ordinairement au milieu de leur parcours ou au delà .

Des décennies de service presbytéral ont tempéré leur esprit: Ils en sont venus à  considérer les louanges et les critiques avec une certaine indifférence.
Dans leur demeure intérieure, ils sont parvenus à  un accord avec leurs propres démons sans s’énerver ni se décourager.

Fondés dans le mystère de la grâce, ils sont des hommes pleins d’espérance, mais qui ne se bercent pas d’illusions. Ils ont tenu les deux bouts de la dyade et ont découvert leur vérité, ce noyau de leur être o๠le mystère de grâce vécu au milieu des fidèles confirme en silence, loin des mots et des images, leur vocation au service de prêtre.

François Le Quéré

09h15 le neuf-quinze :
LE « DOGME » DES 60 ANS, UNE LECTURE SIMPLE

On peut prendre la question par tous les sens, par devant, par derrière, pas dessous, par dessus, la réforme des retraites est à  la fois horriblement complexe, et épouvantablement simple. Sur un point, par exemple : faut-il augmenter le nombre d’annuités requises, ou relever l’âge légal de départ en retraite ?

Relever l’âge légal défavorise ceux qui ont commencé à  travailler tôt, donc n’ont pas étudié longtemps, c’est à  dire plutôt les ouvriers, dont nombre se trouveront avoir cotisé trop longtemps, avant d’avoir le droit de liquider leur retraite. Augmenter encore le nombre d’annuités, à  l’inverse, défavoriserait plutôt les cadres, qui ont eu des vies professionnelles plus courtes. C’est un choix simple. Un choix de classe.

C’est même un choix si simple que l’on s’étonne, dans le feuilleton-fleuve de la réforme des retraites, de ne pas l’avoir entendu énoncé plus souvent. Il a fallu que le gouvernement tombe le masque, et dévoile ses intentions par une série de fuites savamment contrôlées, pour entendre rappellée, noir sur blanc, cette lecture de l’affaire. Soyons justes : on l’entend parfois. Même dans un journal comme Les Echos, qui en fait un titre. Mais il est vrai qu’il s’agit d’une interview de François Chérèque, secrétaire général de la CFDT. Comme si cette idée était trop simple pour être endossée par un journaliste. Soit dit en passant, dans cette interview, Chér&egr ave;que lève un fameux lièvre, en évoquant une des prochaines controverses à  venir, sur le relèvement d’un autre âge légal, celui de 65 ans, pour liquider une retraite sans décote. Cet âge-là  passerait de 65 à  68 ans. Attendez-vous à  en entendre parler.

De cet embrouillage d’une donnée simple, chacun tirera les conclusions qu’il souhaite. Soit, que les journalistes chargés de rendre compte de l’affaire, sociologiquement originaires, dans leur immense majorité, de la bourgeoisie o๠l’on ne commence pas à  travailler à  seize ans, n’y comprennent rien eux-mêmes (et il est vrai que c’est tout de même un tout petit peu plus compliqué que de trancher le point de savoir s’il fallait publier le dossier médical de Johnny Hallyday). Soit (version complotiste, qui aura ses adeptes), qu’ils le comprennent trop bien, et ne souhaitent pas que le public parvienne à  ce navrant degré de compréhension.

Daniel Schneidermann
lien url : http://www.arretsurimages.net/abonnements.php

LE DEVOIR : Idées à  suivre pour moderniser l’à‰glise…

Monsieur Marc Ouellet, qui exerce une fonction de cadre dans l’institution religieuse catholique du Québec, est en train de contribuer d’une manière fort efficace à  la sortie de l’Histoire de l’à‰glise catholique. Si une partie de cette à‰glise a pu contribuer au développement de la modernité au Québec, il semble que les forces traditionalistes et antimodernes qui contrôlent et dirigent actuellement cette institution, engagées dans un activisme désespéré, risquent d’accélérer sa désintégration.

[…]
Il reste que, dans une perspective historique et moderne, la dérive sexiste et antisexuelle de l’à‰glise catholique au cours des siècles apparaît à  la fois comme pathologique et antisociale. Les administrateurs actuels de la secte catholique en devenir auront-ils le courage de poser un regard lucide sur ces réalités, et surtout de s’engager dans des démarches réparatrices pour les victimes, démarches qui impliquent aussi une transformation profonde de l’institution religieuse catholique?
[…]
Avec l’appui militant d’un Michel Chartand toujours présent parmi nous, moins impie qu’il n’y paraît, avec sa «bénédiction», pourquoi ne pas transformer ce qui reste de l’à‰glise catholique du Québec en un réseau de coopératives de sens autogérées, dégagées de la tutelle vaticane et patriarcale ?

Ce réseau coopératif, basé sur des valeurs modernes d’égalité et de non-ségrégation entre les sexes, d’antiracisme et de rejet de l’homophobie nous permettrait de vivre ensemble, socialement et rituellement, les grands moments de la vie que sont entre autres la naissance et la mort. Ce projet de modernisation de l’institution catholique me semble par ailleurs tout à  fait compatible avec la laïcité intégrale et radicale de l’à‰tat qui est indispensable à  la paix sociale.

Yves Claudé – Sociologue 28 mai 2010 à‰thique et religion
lire l’intégralité de l’article sur : http://www.ledevoir.com/societe/ethique-et-religion/289717/moderniser-l-eglise

ETATS-UNIS : Excommunication d’une religieuse catholique pour avoir autorisé un avortement

Soeur Margaret Mary McBride, une religieuse ayant souscrit à  la décision d’un
comité d’éthique d’autoriser une femme gravement malade à  interrompre sa
grossesse à  l’hôpital St. Joseph de Phoenix, a été « automatiquement
excommuniée par cette action ».

C’est ce qu’a annoncé Mgr Thomas J. Olmsted, évêque de Phoenix, dans l’à‰tat américain d’Arizona.

Margaret Mary McBride, de la congrégation des Soeurs de la Miséricorde, en
plus d »être excommuniée, a également été démise de son poste de
vice-présidente de la « mission d »intégration » de l’Hôpital et Centre médical
St. Joseph, à  Phoenix. Cette décision fait suite à  la publication de
nouvelles au sujet d »un avortement, pour lequel elle avait donné son
autorisation, à  la fin de l’année dernière, dans le but de sauver la vie de
la mère. L’hôpital n’a pas dévoilé quel serait son nouveau poste.

NOUVELLES DIFFICULTES DANS LA FAMILLE ST JEAN : Le suicide d’un jeune frère au prieuré d’Attichy (Oise)

Le 04 mars 2010, le frère Chrysostome s’est suicidé au prieuré d’Attichy (Oise) o๠il n’était que de passage. Il s’agit d’un frère jeune puisque profès perpétuel depuis seulement Mai 2008.

Ce nouveau suicide dans cette communauté o๠les problèmes psychiatriques sont fréquents pose à  nouveau, et de manière dramatique, la question de l’absence de discernement sérieux à  l’entrée, de l’absence de prise en compte efficace de ceux qui d’emblée ou secondairement présentent des troubles psychiatriques.

Depuis le temps que ces graves dysfonctionnements sont connus et dénoncés, qu’ont fait la hiérarchie de la communauté ainsi que les évêques successifs d’Autun responsables canoniques de la communauté ? Pourtant, il y a dix ans déjà , le 28 Juin 2000, Mgr Séguy ,évêque d’Autun à  l’époque écrivait dans sa monition aux frères de St Jean :  » Quelle aide à  ton frère ? Certains d’entre vous se sont plaints de n’avoir pas été aidés en des circonstances difficiles de leur vie. Posez vous la question de savoir si vous ne devez pas vous occuper autant de ce que deviennent vos frères, après des années dans l’institut que d’en attirer de nouveaux. »

Qu’a fait le père Jean Pierre Marie prieur général de 2001 à  2010 ? Qu’a fait Mgr Madec chargé un temps d’une mission d’assistance de gouvernement ? Qu’a fait Mgr Rivière évêque d’Autun ? Ces personnages doivent aujourd’hui s’expliquer sur la mort de ce jeune homme qui maintenant repose dans le cimetière de Notre Dame de Rimont, siège de la communauté des frères de St Jean o๠ses obsèques ont été célébrées par ce même père Jean Pierre Marie

Ce nouveau suicide confirme que le mal est profond dans la famille St Jean en particulier chez les frères.

Scission consommée chez les Soeurs contemplatives

Quant aux Soeurs contemplatives de St Jean o๠les problèmes psychiatriques sont au moins aussi lourds et dont la congrégation est en pleine ébullition depuis un an (cf article de Golias de janvier 2010), le pugilat interne se poursuit toujours pour son contrôle. D’après nos informations, la scission que nous annoncions dans nos éditions précédentes s’est concrétisée puisque près d’une centaine de religieuses sont désormais en « exil » au Mexique refusant de suivre les directives de Mgr Bonfils, commissaire pontifical nommé provisoirement par Rome à  la tête de la congrégation qui a cru nécessaire de préciser dans le numéro de mars 2010 de la « lettre aux amis » (publication officielle de la famille St Jean) qu’ « On ne se comporte pas dans un Chapitre comme sur un terrain de sport« .

Lire notre dossier sur la Communauté Saint-Jean paru dans Golias Magazine n°105 (lien url : http://www.golias.fr/spip.php?article629)

OPERA DE MASSY : L’Apothéose de Schubert

L’Orchestre de l’Opéra de Massy finit en apothéose sa saison musicale en interprétant deux des plus grandes oeuvres de Franz Schubert. Après une création hommage au compositeur autrichien, l’ensemble massicois propose la Symphonie inachevée, qui est l’une des plus jouées dans le monde. Comme dans la plupart des oeuvres de Schubert, elle est le parfait reflet de sa personnalité et de ses sentiments, ici le désespoir.
Partition de maturité, la Grande messe est composée quelques mois avant sa mort. Digne des pièces maîtresses de Bach, de Mozart, de Beethoven et de Bruckner, cette dernière page grandiose et émouvante, et en même temps simple et recueillie. Les solistes de l’à‰cole Normale de Musique accompagnent l’Orchestre lors de cette messe qui atteint une puissance et une profondeur de pensée exceptionnelle.

[25-08-2009] VENDREDI 28 MAI à€ 20H ET SAMEDI 29 MAI à€ 20H

Direction musicale Dominique Rouits
Avec les solistes de l’à‰cole Normale de Musique de Paris “ Alfred Cortot
Création Hommage à  Schubert
Franz Schubert Symphonie n°8, dite « inachevée » / Grande messe n°6 en mi bémol majeur

Liste des choeurs :
Vendredi 28 mai
– Chorale « Accord » de Massy, Direction Anselme Killian
– Choeur de l’Ecole des Arts de Marcoussis, Direction Anne Garcenot
– Choeur « Saint Caprais » de Saint-Vrain Direction Claire Perez-Maestro
– Ensemble Vocal de Versailles Direction Marie-Madeleine Lauvin
– Choeur « les Nellyades » Direction Nellia Pezon
– Choeur « Arte Musica » de Verrières le Buisson Direction Marjolaine Reymond
– Choeur « l’Atelier de L’Orchestre de Massy » Direction Dominique Rouits

Samedi 29 mai
– Choeur « Josquin des Prés » de Villebon sur Yvette Direction Dominique Dumont
– Choeur du Conservatoire de Breuillet Direction Loïc Mignon
– Choeur « les Villains » de Massy Direction Pascale Charles
– Choeur « Giuseppe Verdi » de Longjumeau Direction Laurent Lassimouillas
– Ensemble Vocal de l’Hurepoix de Viry-Châtillon Direction Antoine Bretonnière
– Choeur « l’Atelier de L’Orchestre de Massy » Direction Dominique Rouits

Durée : 1h30 avec entracte
CAT. 1 normal 23€/massicois 18 €
CAT. 2 normal 19€/massicois 15€

Lien url : http://opera-massy.com/fr/lapotheose-de-schubert.html?cmp_id=7&news_id=64&vID=3&news_cat=4