GOLIAS Hebdo n°126

A LA UNE

Pâques : entre passages et résistances, l’espérance


Pâques c’est toujours aujourd’hui. Autrement dit l’Evangile s’inscrit toujours au présent. C’est pourquoi il est toujours actuel. On disait autrefois qu’il était éternel. L’adjectif est correct à  condition de comprendre l’éternité, non comme la perpétuation d’un modèle ancien, le prétexte de toutes les scléroses et de toutes les peurs, mais plutôt comme une actualité de renouveau et de vie.

SOCIETE

La contre-réforme de la Justice soulève un tollé


Récemment, magistrats, avocats, fonctionnaires, éducateurs de la protection judiciaire de la jeunesse, toutes sensibilités confondues, se sont mobilisés pour protester contre les projets de réforme judiciaire qui mettent à  mal le fonctionnement de la justice.

POLITIQUE

Régionales : le contrecoup sécuritaire


Les dernières élections régionales ont débouché sur un effondrement de la Droite au profit de la Gauche… et de l’extrême-droite. Pourtant, l’UMP s’inspire Largement depuis deux ans des propositions du FN.

THEOLOGIE

Le tombeau vide : de la «perte» au chemin ouvert sur l’inconnu de la Résurrection


Au moment de faire mémoire de la Pâque de Jésus, on peut se contenter de commémorer le chemin du jardin des Oliviers au tombeau vide comme un mythe qui nous permet d’espérer encore dans un monde en difficultés. Dieu est vainqueur et tout va bien ! Telle n’est pas notre perspective puisque nous croyons que Dieu nous appelle à  participer à  cette victoire. Il est donc nécessaire de percevoir, comme les premiers disciples, la réalité de la Résurrection.

LA SEMAINE SAINTE :
Faire eucharistie

Quand vous vous réunissez, ce n’est pas le repas du Seigneur que vous prenez. Car, au moment de manger,chacun se hâte de prendre son propre repas en sorte que l’un a faim tandis que l’autre est ivre. N’avez vous pas de maison pour manger et boire ? Ou bien méprisez-vous l’Eglise de Dieu et voulez-vous faire affront à  ceux qui n’ont rien?

Voici ce que j’ai reçu du Seigneur et ce que je vous ai transmis:
« Le Seigneur Jésus, dans la nuit o๠il fut livré, prit du pain et après avoir rendu grâces, il le rompit (coupa en morceaux pour le partager entre tous) et dit :Ceci est mon corps qui est pour vous, faites cela en mémoire de moi. Il fit de même pour la coupe après le repas en disant : « Cette coupe est la nouvelle Alliance en mon sang. Faites cela , toutes les fois que vous en boirez, en mémoire de moi. »

Car toutes les fois que vous mangez ce pain et que vous buvez à  cette coupe, vous annoncez la mort du Seigneur jusqu’à  ce qu’il vienne… (A la fin des temps, mais aussi déjà  dans la personne de celui qui frappe à  la porte )

Le repas du Seigneur c’est donc un partage avec les frères, c’est une mise en commun des éléments fondamentaux de la nourriture et de la boisson, sans luxe, à  la mesure des plus pauvres de telle sorte que personne ne puisse se sentir humilié. Le pain et le vin étaient les éléments symboliques de base de la nourriture des pays méditerranéens. Chez les juifs, les pains de proposition, sans levain, renouvelés chaque semaine, étaient dans le temple une offrande permanente à  Dieu et ne pouvaient être consommés en suite que par les prêtres. Une exception est rapportée (1 Samuel,Ch.21,v.4/7) o๠le grand prêtre remet à  David ces pains pour nourrir ses gens affamés. Cela, d’ailleurs, lui coutera la vie car il sera mis à  mort par le roi Saà¼l ennemi de David.

Mettre en commun l’apport de chacun sans vouloir identifier le donateur et partager entre tous sans privilégier personne, c’est vraiment manifester qu’en face du Seigneur il ne peut être fait acception de personne mais que tous partagent le bien mis en commun dans la charité du Christ qui s’est donné et qui se donne à  nouveau à  chaque fois. Tant mieux alors si faisant abstraction de leurs ressources certains apportent davantage sans chercher à  garder pour eux- mêmes mais dans le désir secret d’améliorer le sort de ceux qui connaissent une plus grande indigence.

Le partage n’est signe de vraie charité que lorsqu’il est total : Paul le dit encore: Ainsi donc, mes frères, quand vous vous réunissez pour manger, attendez-vous les uns les autres (v.33). Et si notre Charité se conforme à  celle du Christ, alors peut-il être permis de refuser le repas du Seigneur à  quiconque en sollicite sa part, sans exclusive, dans l’esprit de la Cène o๠le Seigneur se fait auparavant serviteur jusqu’à  laver lui-même les pieds de ses convives et en leur recommandant tant pour l’humble service que pour le partage: « Faites ceci en mémoire de moi. »..

Il y a beaucoup de demeures dans la maison de mon Père, dit encore Jésus.
Comment refuser la table commune à  qui, tout étranger soit-il, sollicite le partage dans la communion de la Foi et de la Charité de toute l’Eglise du Christ ?
Jésus ne multiplie-t-il pas les pains pour tous ceux qui viennent écouter sa parole parce qu’ils ont faim aussi dans leur corps, faim de la nourriture terrestre indissociable de la faim de la parole et de l’amour qui s’exprime par le partage.(Jean,ch 6)

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En envoyant les 70 disciples en mission,Jésus leur donne ses instructions: (Luc ch.10,v.5) Dans quelque maison que vous entriez, dites d’abord: « Paix à  cette maison! ». Et s’il s-y trouve un homme de paix, votre paix ira reposer sur lui, sinon elle reviendra sur vous… Demeurez dans cette maison, mangeant et buvant ce qu’on vous donnera…Ne passez pas de maison en maison.

Jésus se proclame le pain de vie et la nourriture terrestre que les hommes recherchent si âprement doit les induire à  désirer une autre et vraie nourriture: (Jean,ch 6,v.26) En vérité, ce n’est pas parce que vous avez vu des signes que vous me cherchez mais parce que vous avez mangé des pains à  satiété. Il faut vous mettre à  l’oeuvre pour obtenir non pas cette nourriture périssable mais la nourriture qui demeure en vie éternelle, celle que le Fils de l’Homme vous donnera.

Par ces quelques textes, il nous est facile de comprendre le lien existant entre le partage du pain de chaque jour, ce pain quotidien que nous demandons dans le «Notre Père», et le pain de la Parole. Tous deux s’unissent dans l’Eucharistie qui est joie, remerciement et action de grâces dans l’amour des frères par delà  tout ce qui pourrait encore les séparer.

Nous sommes comme le Christ chair et sang, corps et âme et la nourriture du corps exprimée par le pain nous introduit dans la vie de celui qui vient par là  nourrir notre être total, nous transformer , fortifier son Eglise et chacun d’entre nous afin de puiser en lui et par lui la force de transformer le monde accomplissant ainsi l’oeuvre du Christ qui nous appelle en notre temps à  être son corps vivant se donnant au monde.

Le pain que nous gagnons par notre travail, le pain que nous donnons à  celui qui nous le demande, n’est plus désormais un simple aliment comme un autre, il est signe de vie et signe de partage il est signe et réalité d’amour pour tous ceux qui cheminent sur cette terre à  nos côtés.

Nous n’avons pas le droit de le confisquer pour notre besoin personnel en en privant les autres. Les biens que nous avons reçus ne sont pas notre propriété exclusive, nous ne les possédons qu’un temps pour en faire bon usage. Nous n’en sommes que les intendants et aurons des comptes à  rendre si nous nous en attribuons égoïstement l’emploi en excluant le reste des hommes.

Nous sommes en état de péché mortel si à  cause de l’égoïsme, personnel ou collectif, nous dérobons aux autres ce qui devrait être partagé entre tous; et par le repas de la Cène l’Esprit Saint que Jésus veut répandre sur tous pour transformer leurs vies. Une société o๠chacun annexe à  son profit ce qui est le bien commun de tous est une société qui n’a plus que le droit de périr honteusement mais qui n’a aucun droit à  se dire chrétienne.

Ici, nous ne pouvons que condamner ceux qui contribuent par intérêt à  la destruction de notre planète en dilapidant des richesses qui sont le bien commun de tous les êtres humains présents et à  venir. En fait l’annexion du bien commun est le délit le plus grave qui puisse être commis et devient un crime si à  cause de cela de nombreux humains connaissent la misère et la mort.

Et voici qu’en réfléchissant à  tout cela, il m’est venu à  l’esprit qu’un certain ritualisme en séparant peut-être trop les actes religieux de la vie devient une atteinte à  celle-ci. Bien sà»r, c’est à  la messe que nous célébrons le mystère eucharistique en plénitude dans la Foi de notre baptême, mais notre baptême ne nous appelle-t-il pas à  vivre de telle sorte que toute notre vie devienne eucharistie, ce qui signifie lien permanent avec le Christ pour nous rappeler qu’avec lui nous sommes chair et sang, corps et âme en un seul tout inséparable.

Dès lors c’est toute notre vie jusque dans ses gestes les plus humbles que nous avons à  vivre dans l’observation du double commandement: Tu aimeras le Seigneur ton Dieu et ton prochain comme toi-même, ce qui, nous rappelle Jésus, nous invite à  nous souvenir que les deux ne forment qu’un seul et même commandement.

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Si nous comprenions bien cela, nous découvririons que beaucoup d’actes de notre vie qui n’ont apparemment rien à  voir avec ce mystère, sont réellement aussi eucharistie: Ils signifient par eux-mêmes dans leur simplicité et malgré notre inconscience, qu’ils sont symboles d’église; rassemblement, vécue dans l’ordinaire de notre vie, partage exprimé, pain et vin de la présence de Jésus en nous et au milieu de nous.

A nous de les découvrir : Ils sont gestes pratiques de présence divine et nous n’y pensons jamais; mais quelle puissance prendraient-ils pour l’efficacité de notre vie de prière si nous leur donnions leur pleine valeur !

L’accueil de l’étranger qui passe, VIP ou simple clochard, l’un ou l’autre est notre frère en Jésus-Christ, être souffrant qui a besoin de trouver un autre Christ en chacun de nous.

Un geste qui nous est souvent machinal mais qui peut devenir vrai symbole eucharistique et présence mystérieusement réelle du Seigneur ?
Le simple apéritif offert au visiteur qui passe, connu ou inconnu …et qui, à  cause de cet accueil, devient un ami avec qui l’on échange la nourriture et le coeur…

Qu’il soit vin de prix ou simple verre d’eau, offrande de quelques biscuits,ou simple morceau de pain, qu’il soit la cuiller de confiture de rose de l’oriental…Le bol de riz de l’asiatique, le fruit offert du paysan, le morceau de gâteau partagé avec l’enfant…Et, faute de mieux peut-être, un regard, un sourire échangé avec ce frère jusque là  inconnu… Tant de ces petits gestes qui deviennent symboles du partage de la Cène du Seigneur !

Ils annoncent attention, ouverture, amitié, désir d’aider et de comprendre, ils sont pour nous la Cène du Seigneur prêt à  donner sa vie parce qu’on aime et que l’amour vrai est sacrifice, c’est-à -dire devient acte sacré..

Tout cela n’est-il pas eucharistie vécue dans la vie de tous les jours, simples petites expressions d’amour qui apportent de la joie !

Jésus ne nous dit-il pas comme à  ses disciples à  la fin de son dernier repas: (Jean ch.13,v.20) En vérité, je vous le dis, recevoir celui que j’enverrai, c’est me recevoir moi-même et me recevoir, c’est aussi recevoir Celui qui m’a envoyé.

Alors, nous pourrions espérer transparaître dans notre médiocrité quelque chose du visage de Jésus:

Comme nous pourrions simplement devenir de vrais disciples, si chaque fois que nous visitons, et chaque fois que nous sommes visités nous savions trouver dans celui qui vient ou vers qui nous allons le vrai visage du Christ ! Qui, par chacun de nous se donne au monde !

François Le Quéré

La pédophilie du clergé en sourdine

Toujours extrêmement bien informés et très bien conçus, les sites internet tradis se gardent bien de faire état des révélations pourtant importantes concernant les abus sexuels commis au sein de l’institution ecclésiastique.

Il n’y a sans doute pas pire sourd que celui qui ne veut pas entendre. Par contre, bien entendu, sont dénoncés ceux qui soulèvent le lièvre qu’il faudrait dissimuler. Diabolisés comme étant les artisans d’un complot Comme s’ils avaient tout inventer tentant d’accuser de la rage celui qu’ils veulent noyer. Ce qui est tout de même retourner complètement la situation. En oubliant que les critiques naissent d’une réaction face à  la perversité d’un système institutionnel. L’une des meilleures défenses consiste à  inverser les rôles. Mais à  bien y regarder ce silence gêné est quelque part un aveu assourdissant.

MIDI-LIBRE.COM :
Le prêtre « Metal »

Midi-libre.com attire notre attention sur une figure sacerdotale pour le moins originale, celle du père Robert Culat, un prêtre du diocèse d’Avignon qui.. se joint parfois au public de concerts de musique métal. Arborant un col romain.

Né à  Marseille en 1968, ce « jeune » prêtre très classique et identitaire, estime qu’il faut planter l’étendard du Christ sur toutes les terres. Ordonné prêtre en 1993 par Mgr Raymond Bouchex, nommé vicaire à  Orange , il a alors une « vision » : « Deux jeunes frères ont débarqué dans l’aumônerie du lycée, dont je m’occupais, et leur look m’a interpellé ». Ils lui passent des revues spécialisées et des CD. Un peu décoiffant pour l’abbé. Malgré le caractère sulfureux de cette musique qu’il découvre, l’abbé Culat s’intéresse à  ce nouvel univers : «J’ai commencé à  apprécier cette musique, à  aller aux concerts, à  connaître ces jeunes et j’ai vu qu’ils n’étaient ni méchants, ni dangereux». La décision est prise : il écrira un livre sur son expérience de prêtre dans ce monde qu’il commence à  connaître et à  apprécier.

Le livre sort en 2007 sous le titre  » L’âge du métal « .

Cela suffira-t-il à  toucher nos contemporains ?

La modernité est-elle de pure forme et apparence ?

Lifting ou peau neuve au journal Le Monde ?

Un éditorial du journal Le Monde, signé de sa directrice de rédaction, annonce pour aujourd’hui 30 mars 2010 des innovations dans la présentation du quotidien [[Sylvie Kauffmann, « « Le Monde » change pour mieux informer », Le Monde.fr, 27.03.2010
« En crise, la presse écrite ? Sans doute. A la manière des Chinois, pour qui l’idéogramme « crise » – weiji – comporte à  la fois le concept de danger (wei) et celui d’opportunité (ji), nous percevons aussi les deux dimensions de cette crise. Mais, au Monde, incontestablement, nous préférons ji à  wei.
Pour un grand quotidien comme Le Monde, qui a déjà  connu, en soixante-cinq ans, sa part de succès et son lot de doutes, cette crise-ci est une authentique opportunité. Elle nous pousse à  nous transformer, elle nous donne envie d’innover, elle nous oblige à  aller toujours plus au-devant des lecteurs.
Cette évolution, nous l’avons commencée en 2005, avec une nouvelle formule, plusieurs fois affinée depuis, qui a mis fin à  l’impératif d’exhaustivité et introduit le critère de sélectivité dans le traitement de l’actualité. Nos lecteurs baignent, pour la plupart, dans un univers de surabondance de l’information ; un quotidien de référence se doit de faire pour eux un premier tri, puis de leur apporter les clés de la compréhension de l’actualité. Ces clés passent par la clarté, bien sà»r, par l’approfondissement et par l’analyse. Par la découverte aussi, sans oublier le plaisir de la lecture.

JOURNALISME DE QUESTIONNEMENT


C’est dans cette logique de choix, d’efficacité et d’expertise que nous introduisons, à  partir de lundi, dans l’édition du Monde datée mardi 30 mars, plusieurs nouveautés éditoriales. La « une », réinventée, la page 2, totalement transformée, la page « Analyses », plus lisible et plus riche, refléteront des choix plus affirmés, mieux hiérarchisés. Elles offriront au lecteur pressé des espaces de lecture rapide qui lui permettront d’appréhender, en une dizaine de minutes, l’essentiel de l’actualité écoulée depuis le précédent numéro du journal, tout en préservant pour ceux qui ont plus de temps les indispensables enquêtes, reportages, éclairages et approfondissements.
Pour les lecteurs qui veulent aller plus loin, dépasser la petite musique de la communication omniprésente, nous avons inventé les pages « Contre-enquête ».
Reflet d’une démarche éditoriale volontariste, celle du journalisme de questionnement, réalisées par des équipes de journalistes qui, en France ou à  l’étranger, rassemblent leurs forces et leur expertise pour s’attaquer à  un même sujet choisi dans le film de l’actualité, la « Contre-enquête » emmènera le lecteur derrière l’événement, au-delà  des déclarations officielles, des séances photos en trompe-l’oeil et des statistiques opaques.
Qu’elle soit politique, économique, internationale, culturelle ou de vie quotidienne, l’actualité peut être complexe, déconcertante, polémique. Vous vous posez des questions ? Nous aussi, nous nous les posons. Nous partirons de ces questions pour vous apporter, à  travers les pages « Contre-enquête », une grille de réponses.

Rà‰ACTIVITà‰ ET INTERACTIVITà‰

Traditionnellement ouvert sur le monde, o๠son réseau de correspondants continue d’alimenter chaque jour une solide couverture internationale, Le Monde a aussi fait irruption, il y a onze ans, dans un autre univers, celui de l’Internet, avec Lemonde.fr. Le succès de ce site a ouvert au quotidien de nouveaux horizons, non seulement en termes de diffusion, mais aussi en termes journalistiques. Le rapprochement du site et du quotidien, enrichi en fin de semaine du Monde Magazine, permet aujourd’hui aux journalistes de ces trois médias de décliner le contenu « Le Monde » sur de multiples supports, de s’enrichir mutuellement, de mettre en commun l’expertise des uns, la réactivité et l’interactivité des autres.
C’est une dynamique innovante, qui va s’intensifier à  partir de lundi. En même temps que le quotidien, Lemonde.fr procédera à  plusieurs innovations sur son site, augmentera son offre sur les téléphones mobiles et, bientôt, sur l’iPad. Une offre globale, qui symbolisera les nouvelles formes de journalisme sans cesse inventées sur le site, puis, par ricochet, dans le quotidien et le magazine. Avec, toujours, l’exigence et la qualité « Le Monde ». »
Sylvie Kauffmann, directrice de la rédaction
]]. Crise de la presse oblige ! Suivant ce journal depuis plus de 40 ans, on est forcément sensible aux inflexions comme aux leurres dont il use dans sa représentation de l’information.

Une omission inédite des dogmes habituels

Il faut reconnaître que, cette fois, le journal se garde de resservir les dogmes habituels de la profession comme le faisait sa brochure, « L’esprit du Monde », parue en janvier 2002 : l’information y était encore définie comme un « fait » et non « la représentation plus ou moins fidèle d’un fait », à  la faveur de distinctions infondées comme celle qu’il prétendait opérer entre « information » et « commentaire ». Le directeur de la rédaction du journal d’alors, M. Plenel, insistait sur ce dogme : « L’information du Monde doit être honnête et équilibrée, écrivait-il. Cela signifie en premier lieu qu’elle doit être scrupuleusement dissociée du commentaire : priorité doit être donnée à  l’établissement des faits, aussi impartialement que possible, sur le jugement que ceux-ci suscitent. » Le Monde, lisait-on encore, « a naturellement pour but de permettre aux lecteurs de faire le tri entre ce qui relève des faits, qui doivent être considérés comme sacrés, et ce qui relève du commentaire, libre par définition ».

Or, pour ceux qui l’ignorent toujours, il convient de rappeler que, comme le minerai avec sa gangue, « un fait » fait corps avec « le commentaire et l’opinion » qui en livrent « une représentation plus ou moins fidèle ». Et le seul acte qui consiste à  choisir de diffuser une information ou de la dissimuler, est à  lui seul un commentaire implicite supplémentaire qui précise que cette information est diffusée ou dissimulée parce qu’elle sert les intérêts de l’émetteur ou du moins ne leur nuit pas, ou bien qu’au contraire, elle leur est nuisible. Impossible, en effet, d’échapper au principe fondamental qui régit la relation d’information : nul être sain ne livre volontairement une information susceptible de lui nuire !

L’omission rituelle des critères de sélection de l’information

On relève avec plaisir également dans l’article de la directrice de rédaction le rejet de l’illusion de l’exhaustivité de l’information qui découle forcément de la contrainte des motivations de l’émetteur énoncés par ce même principe et de celle exercée par l’exiguïté de l’espace et du temps de diffusion ; il y a tant d’informations, on ne transvase pas le contenu d’un tonneau dans une bouteille. La directrice de rédaction parle d’une « évolution (¦) commencée en 2005 avec une nouvelle formule, plusieurs fois affinée depuis, qui a mis fin à  l’impératif d’exhaustivité et introduit le critère de sélectivité dans le traitement de l’actualité. » En fait, elle se trompe sur l’histoire de son propre journal. Car cette idée était déjà  présente dans un article des directeurs de l’époque J. Lesourne et B. Frappat, intitulé « Information et déontologie », et paru les 12-13 février 1993 : ils affirmaient qu’ « informer, c'(était) choisir de faire savoir ». Seulement, ils restaient silencieux sur les critères de sélection¦

Cet envers de l’information, sujet à  discussion, est rituellement occulté par les journalistes au profit d’un endroit consensuel qui insiste sur la nécessité de vérification et de recoupement de l’information. Seulement, il ne suffit pas qu’une information soit vérifiée et recoupée pour être obligatoirement diffusée. Ce peut être même une bonne raison de la dissimuler si elle nuit aux intérêts de l’émetteur. On informe autant en dissimulant qu’en révélant une information, même si on le fait différemment.

Le Monde a lui-même donné de grands exemples de cette dissimulation. Parmi ceux qu’on a eu soi-même à  dénoncer sur AgoraVox, on rappellera seulement les articles partiaux et malhonnêtes consacrés au Lieutenant-colonel Jean-Michel Beau réhabilité à  la fois par la Justice en septembre 2008 et par le Président de la République qui lui a attribué la Légion d’honneur en mai 2009, au terme de deux affaires exemplaires d’un exercice tyrannique du pouvoir, « l’affaire des Irlandais de Vincennes » et « l’affaire des écoutes téléphoniques de l’à‰lysée », la première ayant commencé en 1982 et la seconde en 1993 pour s’achever toutes deux respectivement 26 ans et 15 ans plus tard en 2008 [[Paul Villach, « La légion d’honneur de Jean-Michel Beau : le journal « Le Monde » trompe sciemment ses lecteurs ! » AgoraVox, 25 mai 2009
Lors de la parution du livre de Jean-Michel Beau en mars 2008, le Monde s’était déjà  distingué par un compte-rendu sordide : Paul Villach, « Psychiatriser l’opposant : « Le Monde » à  l’école de « La Pravda » ? », AgoraVox, 21 mars 2008.]]

L’indéracinable prétention à  exercer une autorité usurpée

La directrice de rédaction d’aujourd’hui n’est pas plus précise que ses prédécesseurs sur les critères de sélection de l’information. Elle entretient même une confusion qui tend à  gommer le progrès dont on était prêt à  la créditer. « Nos lecteurs, écrit-elle, baignent, pour la plupart, dans un univers de surabondance de l’information ; un quotidien de référence se doit de faire pour eux un premier tri, puis de leur apporter les clés de la compréhension de l’actualité. »

De quelle « surabondance d’information » s’agit-il ? Elle paraît ignorer que l’information présente plusieurs variétés et qu’entre l’information stratégique, donnée ou extorquée et l’information indifférente, c’est la seconde pour sa frivolité qui inonde antennes, journaux et conversations avec les stars, le sport, les faits divers, les modes d’emploi ou le temps qu’il fait, a fait et fera. Ensuite cette image des « clés » qu’« un quotidien de référence » a pour mission d’apporter, revient à  lui attribuer une autorité usurpée à  laquelle les lecteurs devraient se soumettre. Cette prétention à  user de l’argument d’autorité est même réaffirmée par deux fois.

– La nouvelle présentation du journal doit permettre, dit la directrice de rédaction, « d’appréhender, en une dizaine de minutes, l’essentiel de l’actualité écoulée ». Or, qui peut assurer que la sélection opérée par le Monde offre obligatoirement une représentation fidèle de « l’essentiel de l’actualité écoulée » ? Qui a lu les deux articles rappelés ci-dessus, a été au contraire délibérément trompé sur la personnalité du Lieutenant-Colonel Beau et les événements survenus dans les deux affaires citées.

– Quant au journalisme qui serait désormais pratiqué, baptisé modestement « journalisme de questionnement » et non plus « journalisme d’investigation » comme au temps de l’ancien directeur Plenel, son « expertise » autoproclamée est brandie elle aussi comme un autre argument d’autorité. La « Contre-enquête, écrit la directrice de rédaction, emmènera le lecteur derrière l’événement, au-delà  des déclarations officielles, des séances photos en trompe-l’oeil et des statistiques opaques. » On reconnaît à  cette méthode la recherche de l’information extorquée obtenue par enquête contre le gré et/ou à  l’insu de l’émetteur et qui s’oppose à  l’information donnée peu fiable pour être livrée par lui volontairement. Mais est occulté une fois encore le problème des critères de diffusion ou de dissimulation d’une information. Encore une fois, il ne suffit pas qu’une information soit extorquée et vérifiée pour être aussitôt diffusée. L’émetteur en décide sous la contrainte de ses motivations personnelles.

Ainsi, ce qu’on aurait pu prendre pour un aggiornamento de la conception de l’information selon Le Monde, n’est qu’un nouvel habillage habile des mêmes dogmes qui discréditent la profession journalistique depuis longtemps. La directrice de rédaction donne d’une main ce qu’elle reprend de l’autre. Sans doute se garde-t-elle de resservir ouvertement la distinction fallacieuse entre « fait » et « commentaire », mais la vérification de l’information est brandie une fois de plus pour mieux cacher les critères de sélection qui conduisent à  sa diffusion ou à  sa dissimulation. Surtout, le journal Le Monde continue de prétendre s’arroger une autorité qui est largement usurpée à  en juger par l’accumulation avérée d’erreurs et de manipulations qu’on rencontre dans l’Histoire des médias. Il ne faut donc pas confondre peau neuve et lifting !

Pierre-Yves Chereul

EXORCISME : Satan est entré au Vatican !

Le Père Gabriel Amorth, exorciste officiel du Vatican depuis 25 ans, prétend que le Diable a établi une guerre contre le Saint-Siège, dont nous voyons les effets dans les affaires d’abus sexuels. L’une des conséquences de sa présence est l’infiltration dans le clergé de « dépravés » (pense-t-il au Père Maciel?).

Le Père Amorth cite encore comme exemples de dépravation la déséquilibrée qui a sauté sur le Pape Benoît XVI le soir de la Nativité ou Mehmed Ali Agca qui s’en prit à  Jean-Paul II le 13 mai 1981. Mais pour lui Satan est entré dans le temple de Dieu et inspire aussi de hauts prélats qui ne croient plus en Jésus.

Né en 1925, Gabriele Amorth, religieux au crâne chauve et au verbe enflammé, est connu pour sa vision d’une forte présence du diable. Et pour ses critiques définitives à  l’endroit de ses confrères exorcistes auxquels il reproche de faire plus de psychologie que d’invocation véritable des forces célestes. Figure aussi originale que pittoresque, le Père Amorth est redouté pour ses invectives.

Reste que face à  la question des abus sexuels, et aux enjeux anthropologiques bien évidents qui sont impliqués, le Diable constitue une explication par trop commode.

L’Etat pyromane
ou petit audit des politiques publiques en France

Terra Nova lance une collection, La France de Terra Nova, publiée aux Editions Delavilla. La collection a pour ambition de réaliser, pour la première fois, un audit annuel des politiques publiques de la France.

En d’autres termes : revenir sur les principaux sujets qui marquent l’actualité, les grandes polémiques politiques, et en assurer le décryptage, le rendre accessible à  tous. Derrière l’écume politico-médiatique, quelle est la réalité des politiques qui sont menées ? Quel jugement porter ? Peut-on formuler des politiques alternatives ? Philosophes, sociologues, économistes, acteurs de la société civile, hauts fonctionnaires, experts du privé “ les membres du réseau de Terra Nova y répondent.

Débat sur l’identité française, bouclier fiscal, réforme de l’Université, juge d’instruction… la présidence de Nicolas Sarkozy et son activisme ont suscité de nombreuses controverses et des débats trop vite écartés à  cause du rythme des réformes. Nous avons choisi de revenir en profondeur sur les principales orientations qui vont façonner la France de demain. à‰conomistes, sociologues ou membres de l’administration, les spécialistes sollicités décryptent les politiques à  l’oeuvre. Véritable grille de lecture du sarkozysme, cet ouvrage engagé, publié aux éditions Delavilla, s’oppose et propose.

Livre en vente sur le site : http://www.editionsdelavilla.fr/

LES « GOODYEAR-Amiens » ne se dégonflent pas !

Aujourd’hui 30 mars 2010, nous étions réuni-e-s devant le Tribunal de Commerce de Nanterre pour apporter notre plein et entier soutien à  nos camarades de chez GOODYEAR Amiens, en lutte depuis 3 ans contre l’actionnariat et le capitalisme international qui veulent dépouiller la France de son industrie pour aller produire dans des pays dits « à  bas coà»ts ».

De nombreux salariés en grève, dont Mickaà«l WAMEN et l’équipe d’élus CGT (tous, héroïques) arrivent d’Amiens vers 10h45 ; ils s’ organisent, sortent les drapeaux, les sifflets, prennent la parole…

Sans relâche, avec patience, précision, clarté, mais néanmoins, avec la passion, la détermination et la volonté qui animent tous les travailleurs de cette usine engagés dans cette lutte pour leurs vies, Mickaà«l WAMEN, le secrétaire général de la CGT GOODYEAR Amiens, plein d’humour, sans aucune note, l’esprit à  300 à  l’heure (monté sur pneus course Goodyear?) rappelle l’histoire de la lutte engagée par les salariés GOODYEAR Amiens, commencée il y a 3 ans maintenant.

Il explique, trace les perspectives à  venir, éclaire certains sur l’échéance d’aujourd’hui, félicite, encourage les travailleurs à  poursuivre leurs luttes, à  continuer d’être solidaires, et rappelle la nécessité de maintenir la lutte syndicale quotidienne en plus des luttes judiciaires…

Pas besoin de dessin, ces travailleurs-là  ont la lutte de classe dans le sang, ce sont des guerrier-e-s qui ne lâcheront rien.

Les travailleurs en lutte, dont certains étaient venus après une nuit de travail, étaient accompagnés de leurs avocats, dont M° Fiodor RILOV, d’une délégation de la Fédération CGT de la Chimie, d’une délégation de l’UD CGT de la Somme et d’élu-e-s PC du département et d’Amiens.

Une délégation d’ouvriers de CONTINENTAL CLAIROIX emmenée par Xavier Mathieu était là  également, venus apporter leur soutien, alors qu’eux mêmes s’apprêtent à  vivre un « troisième round » dans ce match qui nous opposent toutes et tous au même ennemi, puisque notamment, proposition de « reclassement » vient de leur être faite par la direction de CONTINENTAL d’aller travailler en Tunisie pour 137 euros (260 dinars env.) par mois. Sachant qu’un logement à  peu près décent coà»te environ 150 dinars par mois, sans parler de « tout le reste », vous imaginez.

Pour « les CONTI » non plus, quoi que licenciés, la lutte n’est pas finie, puisqu’en plus, 6 d’entre eux sont toujours poursuivis au civil pour les dommages-intérêts suite aux évènements qui se sont déroulés dans les locaux de la préfecture. Cela pourrait leur coà»ter des dizaines de milliers d’euros (en d’autres termes, la quasi-totalité de leurs indemnités de licenciement…. rendez-vous le 7 avril à  Compiègne pour les soutenir ).

L’absence de certains blesse, irrite, peine, soulève de l’incompréhension et parfois, une colère sourde, mais réelle. Mais les coups sont portés avant tout contre l’ennemi de classe, il n’y a pas d’erreur.

Plusieurs camarades présents dans l’assemblée disent qu’il faut maintenant s’organiser encore davantage partout dans la CGT pour que change réellement le contexte de toutes ces luttes, d’autant que les attaques du patronat contre la classe ouvrière et la casse de l’industrie française continuent, sans parler de ce que l’on nous prépare pour les retraites et que les salaires en prennent un bon coup dans la figure depuis plusieurs années.

Pendant la manifestation, le secrétaire de l’UD CGT de la Somme nous informait d’une décision de fermeture d’une nouvelle usine du coin, LEE COOPER (env. 130 emplois). Personne, d’ailleurs, n’oublie toutes les luttes encore actuellement en cours, on pense aux FORD à  Blanquefort (33), aux PHILIPPS à  Dreux, mais aussi aux travailleurs sans -papiers, nombreux à  être toujours en grève depuis plusieurs mois, entre autres !

Notons une autre absence remarquable, celle des médias, presse écrite, radio, télé… RIEN ! PERSONNE, ou tout comme.

Alors quoi? Il faut se pendre? Se jeter par les fenêtres? Il faut tout casser, tout brà»ler? Bien-sà»r, c’est ce que beaucoup, au gouvernement, au MEDEF…espèrent. A quel jeu les médias prêtent-ils la main ici? Les journalistes sont-ils conscients de la responsabilité qu’ils endossent en se rendant complices de cette politique scandaleuse?

à‰videmment, cette lutte des GOODYEAR, ce bras de fer avec la finance internationale, ne doit pas exister médiatiquement, il se pourrait qu’elle donne des (bonnes) idées à  d’autres travailleurs…

Mais dans ces cas, une forme de droit moral à  l’insurrection civique n’exige-t-elle pas que les journalistes se servent de leur outil de travail pour apporter une solidarité active à  cette lutte exemplaire?

La profession policière, elle, était bien représentée, puisqu’on a compté environ 2,5 CRS pour un manifestant, (mais apparemment, pas de syndiqués solidaires parmi eux !).

Pour les GOODYEAR, c’était donc, (entre grèves, tracts, syndicalisation, mobilisations de solidarité avec d’autres entreprises en lutte en Picardie…) une autre étape de la lutte qu’ils mènent comme des acharnés depuis trois ans pour garder leur emploi, le droit de vivre et de travailler dignement, de faire vivre leurs familles.

Un recours a en effet été déposé par M° RILOV, sur la base d’une jurisprudence « FRUEHAUF » qui n’a pas été utilisée depuis des décennies, tendant à  faire nommer un administrateur provisoire pour dessaisir les patrons actuels de leur pouvoir de désosser les filiales françaises.

On comprend que cette action, dans ce contexte, fasse littéralement paniquer le patronat en général. Imaginons que des juges donnent raison aux travailleurs et privent le patronat d’une partie de ses pouvoirs? Il s’agit bien ici d’une reconnaissance d’une forme de propriété des travailleurs sur leur outil de travail, d’un droit de regard sur la gestion de leurs usines.

Le but pour le patronat de GOODYEAR, quant à  lui, est transparent, puisqu’il est sanctionné par la justice française à  plusieurs reprises sur son « plan social », il joue le pourrissement délibéré des filières pour pouvoir dire qu’elles ne sont pas rentables et donc, avoir un autre argument pour les fermer.

C’est cela que les salariés de GOODYEAR entendent contester par tous moyens.
Non, ils ne veulent pas devenir chômeurs.
Ils ne veulent pas non plus être de la « chair à  patrons ».
Les salarié-e-s de GOODYEAR veulent seulement vivre et faire vivre leurs familles décemment.

Rappelons que si ce sont les GOODYEAR d’Amiens qui, avec la CGT, sont actuellement en tête de cette lutte, à  terme, dans le groupe, cela peut être 3000 emplois mis en cause en France.

Quand on connait le triste état du service « Pôle Emploi », l’insuffisance pour ne pas dire plus, de l’assurance chômage désormais, il y a de quoi être plus qu’inquiet et être motivé pour se battre.

Vous trouverez ci-après (sur le site) une vidéo des principales interventions de la matinée, ainsi que des photos.

Ensuite, nous avons filé couvrir la manifestation des cheminots pour leurs retraites, à  quelques kilomètres de là , jusqu’au siège de leur direction nationale, mais de celle-là  non plus, sans doute, les médias officiels ne vous parleront pas…Elle était pourtant, elle aussi, bien réelle.

Longue vie à  toutes celles et tous ceux qui luttent pour leurs emplois et leur dignité, en France et partout dans le monde, courage et force aux GOODYEAR, en espérant que cette audience devant le Tribunal de commerce de Nanterre portera ses fruits, en première instance ou en appel.

C’est tous ensemble, unis, solidaires, que nous aurons une vraie chance de nous en sortir.

Elodie Tuaillon
source url : http://canempechepasnicolas.over-blog.com/article-avec-les-goodyear-avec-les-conti-47734030.html

Armée américaine :
Deux fois plus de suicides que de pertes en Irak

En 2009, les pertes de soldats américains par suicide ont été plus de deux fois supérieures à  celles connues en Irak (334 contre 149).

Parallèlement, 300.000 anciens combattants américains souffriraient de traumatismes post-conflits. Un grand nombre d’entre eux ne réclament pas l’aide médicale de peur d’être classifiés comme étant atteints de maladie mentale.

Il y a un an, des médecins militaires avaient constaté que, chaque mois, environ 1 000 vétérans faisaient une tentative de suicide.

Plus de 100 vétérans du combat en Irak et l’Afghanistan ont eu des crises de démence et des comportements violents allant jusqu’à  l’assassinat. Un tiers de leurs victimes était leurs petites amie, leurs femmes ou d’autres membres de la famille.

Des phénomènes dramatiques déjà  observés au moment de la guerre du Vietnam.
D’une sale guerre à  l’autre¦

Source : [http://fr.novopress.info]

Pà‚QUES A L’EPREUVE
DU BUSINESS EVANGELISATEUR
Ou quand la Communauté charismatique de l’Emmanuel « tape » les fidèles soumis à  l’ISF

Les fidèles catholiques soumis à  l’ISF (Impôt Sur la Fortune) ont eu une drôle de surprise en cette période pascale. Ils viennent, en effet, de recevoir un « mailing » (daté du 26 mars 2010) de la communauté charismatique de l’Emmanuel les invitant à  soutenir « la Nouvelle Evangélisation ». L’accroche du démarchage est éloquente : »SPECIAL ISF, fiscalité nouvelle, nouvelle Evangélisation ». Et d’en appeler à  la « loi TEPA », créée en 2007, qui permet de « déduire de votre impôt sur la fortune(ISF) 75 pour cent de vos dons en faveur d’organismes tels que les Fondations reconnues d’utilité publique. »

Au cas o๠le destinataire de cette pieuse invitation à  verser au bassinet des nouveaux évangélisateurs aurait été distrait, il découvre que la communauté charismatique catholique de l’Emmanuel fait partie de ce type de Fondations. D’o๠la précision apportée par le courrier évangélisateur : « Si je m’autorise à  vous faire part de cette possibilité, c’est parce que vous ne savez peut-être pas que cette mesure fiscale vous permet de « soutenir les prêtres de la Communauté de l’Emmannuel, et plus largement toutes ses actions de « Nouvelle évangélisation « (en gras dans le texte) ». La dite communauté dispose en effet de pas moins de 216 prêtres et de 95 séminaristes et dessert une soixantaine de paroisses dont prés d’une quarantaine en France. Sans oublier « cinq projets pilotes » à  destination des jeunes à  évangéliser et des « nouvelles générations chrétiennes à  former pour relever les défis du monde » (Forum à  Paray-le-Monial, les Ecoles de Mission, les réseaux missionnaires sur internet, la « route des JMJ », le centre San Lorenzo à  Rome).

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Enfin, le mailing charismatique n’oublie pas de signaler à  ces potentiels riches donateurs que « l’action quotidienne de renouveau (apportée par l’Emmanuel) est impossible sans votre soutien« . Ca on l’avait compris ! Mais pour bien faire passer le message, un petit couplet contre la laïcité à  la française n’est pas de trop : « En effet, poursuit le document ciblé ISF, selon le principe de la séparation de l’Eglise et de l’Etat, les diocèses, tout comme les communautés ne perçoivent aucune subvention« . On ne commentera pas ici, pour le moment, de telles allégations, ce qui nous entraînerait sur une autre problématique, notamment celle de toutes les subventions déguisées que reçoit l’Eglise Catholique en particulier. On remarquera simplement que la communauté de l’Emmanuel utilise les lois de la République qui l’arrange : la loi TEPA en l’occurrence.

Car, demeure une question importante pour nombre de destinataires de ce « mailing » : comment la Communauté de l’Emmanuel a eu accès à  ces adresses pour en faire commerce aujourd’hui ? D’autant que le fichier des personnes assujettis à  l’ISF est régie par l’administration des Impôts¦ En attendant, un certain nombre de fidèles catholiques fléchés ISF par ce type de « marketing » ont non seulement pas apprécié la démarche mais ne sont pas du tout disposés à  faire le moindre geste financier. Loi TEPA ou pas !