LA TIARE ET LES DIX MITRES DE PLOMB DE GOLIAS POUR L’ANNEE 2009

Après les dix mitres d’or, nous vous présentons, aujourd’hui, les 10 FLOPS qui sont nos 10 MITRES DE PLOMB pour l’année 2009, avec en prime, la tiare de plomb mention spéciale du jury ! Les lauréats de ce palmarès ont plombé l’ambiance au sein de l’Eglise catholique et discrédité l’Evangile.

BENOIT XVI, la tiare de plomb pour l’ensemble de son oeuvre en 2009

Au moment de rédiger ces lignes, nous étions tentés de croire que somme toute Benoît XVI avait fini par se montrer plus prudent et plus modéré, après l’impact catastrophique de ses incroyables bourdes de cette année : la levée inconséquente de l’excommunication de l’évêque Williamson (voir plus loin), négationniste récurrent ou les propos incroyables sur le préservatif, dans l’avion qui le conduisait vers l’Afrique. Décalé et déphasé, élégant mais comme vivant sur une autre planète, Benoît XVI, Pape en dentelles, nostalgique et intransigeant se revèle de plus en plus nuisible pour l’à‰glise qu’il prétend conduire. à‰lu sans doute trop âgé, déjà  figé dans une posture défensive ultraconservatrice, cet intellectuel sensible et introverti est une grande erreur de casting. Avec des conséquences qui se révèlent chaque jour plus graves. A l’approche des fêtes, Joseph Ratzinger, qui rêve de siéger à  nouveau sur la Sedia Gestatoria de jadis (à  quand la tiare?), désireux de poursuivre sa mission de restaurer l’à‰glise sur un modèle obsolète et discutable, vient de déclarer Pie XII « vénérable ». Ouvrant ainsi la voie à  sa béatification. Un nouvel accroc, peut-être irréparable dans le dialogue entre l’institution catholique et nos frères juifs.

MARC AILLET à  Bayonne, chronique d’un désastre annoncé

C’est la maladresse cassante avec laquelle un curé de son diocèse a chassé du choeur de l’à‰glise de sa paroisse des fillettes auxquelles il n’est désormais plus possible de faire appel qui a mis le feu aux poudres. Et révélé un peu partout la situation inquiétante du diocèse de Bayonne, depuis l’arrivée il y a un peu plus d’un an de son nouveau pasteur, Mgr Marc Aillet. Un temps vicaire général de Mgr Dominique Rey, à  Fréjus-Toulon , il s’était déjà  illustré par des positions conservatrices. Et par une stratégie de restauration. Favorisant également le retour de la messe en latin. Originaire de la très conservatrice communauté Saint Martin , il incarne un nouveau style d’évêque. Intransigeant sur la morale. On se souvient de sa dénonciation de la Gay Pride de Biarritz (et de l’excellente réponse du Maire Borotra). Nostalgique dans le culte. Et considérant la modernité comme la source de tous les maux. Son communiqué de solidarité avec les producteurs de lait lors de la crise traversée par ces derniers ne doit pas faire illusion. Marc Aillet sait communiquer !

NOS LEGIONNAIRES encore au rapport !

Les révélations successives se sont multipliées au sujet des Légionnaires du Christ et en particulier de son fondateur, un mexicain, le Père Maciel, accusé d’actes pédophiles, puis de paternité caché et enfin très récemment de plagiat. De plus, le fonctionnement autoritaire et peu soucieux de promouvoir le sens de la responsabilité personnelle, qui règne chez eux, justifie les plus expresses réserves exprimées ici et là . Le Vatican même s’est ému d’une telle réputation. Benoît XVI a désigné cinq évêques en guise de visiteurs de cette communauté. Aujourd’hui très éprouvée. Le Père Marcial Maciel, fondateur des légionnaires du Christ, a vu sa mémoire singulièrement noircie par les accusations les plus graves portées contre lui. En particulier de pédophilie et de paternité clandestine. Cette inquiétante figure cléricale semble devoir nous réserver encore d’autres surprises.
Et de fait, elle nous en réserve. Une autre polémique vient de voir le jour. Selon lui en effet, les dirigeants de la Légion du Christ viendraient de reconnaître que le Père Maciel est l’auteur d’un livre de spiritualité  » le psautier de mes jours  » qui est en fait un plagiat qui aurait été commis dans les années 1956-1959, dans une période au cours de laquelle le religieux était l’objet d’une première enquête canonique.

En fait, ce texte très populaire parmi les légionnaires était « inspiré » d’un livre bien sà»r peu connu de Luis Lucia, un homme politique espagnol qui rédigea en son temps plusieurs ouvrages de politique et de spiritualité au cours des années 30. Ce piratage d’un auteur décédé alors depuis une bonne dizaine d’années, confirme l’idée d’un Maciel à  la loyauté très limitée. Et alimente la polémique déjà  bien vive.

Certes, les membres actuels de la Légion du Christ n’en peuvent mais. Il n’en demeure pas moins que à  tort ou à  raison cette nouvelle raison contribue indirectement à  leur discrédit et à  entretenir le soupçon.

RICHARD WILLIAMSON, l’évêque qui a aussi rayé le Christ de sa carte de visite

Le personnage était connu. Mgr Jacques Masson, qui fut un temps directeur du Séminaire d’Ecône, n’hésite pas à  le présenter comme un homme peu équilibré, dont l’idoneité même à  l’ordination était contestée et contestable. Proche du sédévacantisme (thèse intégriste selon laquelle le siège de Pierre serait peut-être vacant, on croit rêver!), dur parmi les durs, annonçant un châtiment tout proche et semblant s’en réjouir, il n’en fut pas moins choisi par Marcel Lefebvre comme l’un des quatre évêques sacrés en 1988. Mgr Williamson a multiplié les prises de positions révisionnistes, mettant en cause la Shoah et les chambres à  gaz. Au point d’être aujourd’hui poursuivi par la justice civile de plusieurs pays. Mais le plus choquant est ailleurs. Benoît XVI leva son excommunication alors que les services du Vatican avaient été dà»ment alertés par l’évêque de Stockholm sur les déclarations négationnistes trois mois avant le décret de levée de son excommunication. Le scandale est et demeure considérable.

CASTRILLON HOYOS, le cardinal incompétent ou l’arroseur arrosé

Le calendrier nous rend parfois service. Le colombien Dario Castrillon Hoyos a en effet fêté cette année ses 80 ans ce qui a permis de l’écarter en lui laissant prendre sa retraite. Colombien déjà  connu pour son hostilité à  l’endroit de la théologie de la libération, préfet très réactionnaire de la congrégation du clergé, il s’est surtout illustré comme président de la commission « Ecclesia Dei », faisant preuve d’une complaisance incroyable à  l’endroit des lefebvristes. C’est en bonne part à  son manque de jugement – et au même aveuglement de son bras droit, Mgr Camille Perl, d’ailleurs limogé – qu’on devrait la bourde terrible de la levée de l’excommunication de Williamson. Même si le choix d’un fusible permet toujours de blanchir le premier responsable! Personne ne le regrette. Même le Pape dit-on.

JOSE CARDOSO SOBRINHO, l’évêque qui a sali l’Evangile

Né en 1933, il a lui aussi atteint opportunément l’âge de la retraite. Après avoir sévi pendant un quart de siècle au Brésil, démantelant l’oeuvre pastorale de son prédécesseur, le célèbre Dom Helder Camara. Religieux carme, timide, scrupuleux et introverti, inapte au gouvernement d’un diocèse, il a excommunié la mère d’une enfant violée, pour avoir programmé une interruption de grossesse. Créant ainsi un terrible scandale. Figure à  la fois pâle et médiocre et très extrémiste, il incarne de façon caricaturale la restauration conservatrice en Amérique latine.

JAVIER LOZANO BARRAGAN, le cardinal qui n’ira pas au paradis !

Ce cardinal mexicain, lui aussi parti opportunément à  la retraite, connu à  la fois pour son intransigeance et son manque de subtilité, surnommé le « Ratzinger mexicain », avait été pendant une dizaine d’années le « ministre de la santé » du Vatican. Sa sortie récente sur les homosexuels qui n’entreront pas dans le royaume de Dieu a suscité un terrible scandale. De sorte que même le porte-parole du Saint-Siège, le Père Federico Lombardi, est intervenu pour le contredire.

L’IDENTITE NATIONALE SELON GUY BAGNARD, l’évêque autocrate et donneur de leçons

Pour bien des raisons et à  bien des égards, le débat sur l’identité nationale voulu par Eric Besson, et lancé par lui, semble tourner plus ou moins court. Il a au moins offert l’occasion à  Mgr Guy-Marie Bagnard, évêque de Belley-Ars , connu pour ses positions ultraconservatrices de s’exprimer et de réaffirmer certaines de ses convictions. Saluées avec enthousiasme par la presse intégriste et intransigeante, en particulier sur ses sites internet.

Dès le début de son intervention, Mgr Bagnard laisse deviner ses choix. Du Vicomte Philippe de Villiers dans le texte :  » Si l’on s’interroge sur l’identité nationale, c’est que l’on ne sait plus ce que l’expression recouvre exactement. La cause en est due d’abord à  l’impact de l’Europe sur notre pays ! En devenant membres de l’Union Européenne, les français voient plus ou moins s’effacer le sentiment de leur appartenance à  la Nation. De ce fait, la notion de nationalité, sans vraiment disparaître, passe au second plan. On se dit facilement citoyen de l’Eu­rope et même parfois, plus radicalement encore, « citoyen du monde. » Que devient alors le lien qui unit à  son propre pays ? « .

Ce discours réactionnaire et nationaliste nous renvoie à  une époque que l’on pouvait croire heureusement disparu. Celle o๠le sabre et le goupillon étaient symboles d’un ordre social à  défendre. L’à‰vangile étant bien oublié, ou du moins recouvert.
Comme on pouvait bien attendu s’y attendre, Mgr de Belley-Ars renvoie aux racines chrétiennes de notre pays qui en composent l’essence nationale. De la part d’un évêque intrégraliste, il y a quelque chose d’insupportable dans le fait d’oser invoquer des valeurs de dialogue et de tolérance qu’il vomit en fait au fond de lui-même. De qui se moque-t-on?

Faut-il encore ajouter quelque chose à  ces citations très significatives ? En soi, cela ne constitue pas vraiment une surprise de la part de l’évêque de Belley-Ars. Cette rhétorique est archi-connue, qui extrapole à  partir de vérités partielles et en occultant ce que nos cultures européennes doivent également à  Athènes et à  Rome .

L’esprit de récupération et de croisade est une injure à  l’Evangile du Nazaréen.

HIPPOLYTE SIMON, ou les contorsions sémantiques de l’archevêque de Clermont

L’un de nos correspondants et amis nous fait part de la réponse de Mgr Hippolyte Simon, archevêque de Clermont et vice-président de la conférence épiscopale, considéré souvent comme l’un des intellectuels de cette dernière, au sujet d’un discours très laudatif qu’il devait prononcer pour accueillir le cardinal Oscar Rodriguez Maradiaga. Nous nous permettons avec son accord de reproduire en partie la réponse de l’archevêque français et d’y faire référence.

Ce porporato hondurien a longtemps été comme un possible champion d’ouverture lors d’un Conclave, comme un successeur possible du Pape Jean-Paul II, et désormais du Pape Benoît XVI. Ce salésien de 67 ans ans s’est cependant largement discrédité auprès de l’opinion internationale en apportant un soutien convaincu au putsch et au coup d’état dans son pays. Sa réputation de prélat évangélique, volontiers engagé, a fondu alors comme neige au soleil.

Sur un ton plus que courtois, au demeurant, Mgr Simon manifestement gêné aux entournures, s’excuse du retard en se disant avoir été « un peu bousculé » ce que l’on comprend aisément.

C’est lors de l’Assemblée plénière des évêques réunis à  Lourdes, début novembre, que l’archevêque français a appris la décision du prélat hondurien de ne pas venir en France. En outre, en raison de la « situation en Amérique latine » (il se garde bien de préciser), Mgr Simon a proposé « de ne pas maintenir la cérémonie ‘in abstentia’ . Il ajoute :  » J’aurais en effet invité le cardinal à  nous expliquer sa version des choses. Je pense que le réel doit être plus complexe que certains ne le disent. Et je n’accepte pas pour simplement évidente la version de gens qui ont soutenu en d’autres temps la DDR ou qui continuent de voir dans le régime de Castro le nec plus ultra de la démocratie. Le Cardinal aurait donc eu ainsi la possibilité d’éclairer l’opinion publique française (…) Mais en son absence, on aurait appliqué l’adage « les absents ont toujours tort… ». Et nous n’aurions pas sauvegardé la possibilité de lui donner la parle (…) Il faut donc lui garder la possibilité, un jour, de nous parler des efforts de médiation qu’il aura pu entreprendre. Mais il est clair que pour le moment, il n’en peut rien dire « .

Cette réponse toute diplomatique, et très ecclésiastique, permet de mieux prendre la mesure des intentions d’un Simon. Qui se refuse à  critiquer le cardinal Rodriguez Maradiaga – qui sait il pourrait un jour devenir Pape, et alors ce serait très ennuyeux – mais en même temps insinue bien qu’on peut légitimement être troublé du choix politique de Son Eminence, et que cela demanderait pour le moins une explication. En danseuse, l’archevêque dont les ambitions sont connues, et sans doute en partie frustrée, ménage la chèvre et le chou. Ne veut pas trop déplaire aux cathos de gauche, encore qu’il leur décoche une pique inutile et agressive, en faisant référence au régime de Castro, tout en s’érigeant discrètement en avocat silencieux mais non moins habile du cardinal de Tegucigalpa .

En réalité, les faits sont clairs. Oscar Rodriguez Maradiaga a donné tout son appui, réitéré et jamais démenti, à  un putsch contre la démocratie. Qu’il l’ait fait pour des raisons éventuellement compréhensibles de son point de vue, de stratégie ecclésiastique à  long terme, ou encore de politique internationale, ne change rien aux faits. Personne ne songe un instant à  présenter purement et simplement le cardinal comme un fasciste. Ce serait ridicule.

Il n’en demeure pas moins que par un réflexe tout clérical de protection de ce qu’il juge être l’intérêt de la hiérarchie catholique au Honduras, Mgr Rodriguez Maradiaga a fait un vrai choix politique objectivement détestable.

RADIO NOTRE DAME ferme ses ondes aux protestants

Pour des raisons d’économie faciles à  deviner, « Radio Notre Dame » partageait son antenne avec « Fréquence protestante ». Or, après des années de colocation très paisible, la partie catholique a pris de façon tout à  fait unilatérale la déplorable décision d’éconduire sa partenaire protestante.

La raison d’un tel choix serait avant tout idéologique. Se positionnant de plus en plus dans le sens de la restauration ratzingérienne, dans la ligne officielle du diocèse de Paris, « Radio Notre Dame » ne supportait plus l’ouverture jugée tous azimuts de sa partenaire protestante. Exit, donc. Manifestement, les cathos se soucient comme d’une guigne de la survie menacée de la radio protestante, dont on sait pourtant qu’elle bénéficie de moyens moindres.

Radio Notre Dame bénéficiera donc désormais de 100% du temps sur le canal numérique. Elle grignote les 25% jusqu’à  présent dévolue à  Fréquence protestante.
Il s’agit d’un camouflet très grave à  l’idée d’une promotion de l’oecuménisme. C’est triste même si ce n’est hélas pas surprenant.

PHILIPPE BARBARIN plombe le diocèse de Lyon

Au-delà  de l’anecdotique, la nomination toute fraîche de Mgr Patrick Le Gal comme évêque auxiliaire de la Capitale des Gaules suscite les plus vives inquiétudes. Sans doute, il s’agit bien de régler un cas délicat. En l’occurrence, de recaser un prélat dont tous les diocèses français redoutaient l’arrivée. Mais il y a plus.

Imitant son collègue du Var, Mgr Dominique Rey, l’archevêque de Lyon, Philippe Barbarin, veut donner un nouveau visage à  son diocèse. Dans le style et dans l’esprit du catholicisme le plus réactionnaire, même relooké, faisant front à  une modernité qui fait peur. Tournant le dos à  la spiritualité d’incarnation, d’ouverture, de dialogue et de présence de l’après-Concile. Brandissant à  nouveau l’étendard. Même si les troupes sont clairsemées et sénescentes. En misant sur l’action capilaire de nouveaux mouvements et de nouveaux réseaux intransigeants.
D’o๠la mission qu’il vient de confier à  Patrick Le Gal. Celle de contribuer à  créer et à  consolider des fraternités sacerdotales. Dans le but d’une mission conçue dans un sens de reconquête et de restauration. Dans le souci de pérenniser et même d’exhumer un modèle sacerdotal qui oublie la sécularité et la fraternité humaine, confondant l’apôtre avec le moine, ou l’homme du sacré. Quand deviendrons-nous chrétiens?

Au fil des années, une stratégie de reconquête s’est poursuivie, à  vaste échelle. Elle s’appuie sur des groupes et groupuscules, au travers d’un habile maillage du territoire. Lyon est désormais quadrillée. Faut-il s’inquiéter? Bien entendu. Faut-il désespérer? Certes non, car à  l’image des déboires de Mgr Le Gal, les projets qui ne collent plus, finissent par battre de l’aile.

Reste à  savoir ce qu’il restera alors d’une institution déjà  trop vermoulue. Mais qui n’est pas l’Eglise vivante.

LES 10 MITRES D’OR DE GOLIAS POUR L ‘ANNEE 2009

Afin de finir l’année 2009 en beauté, la rédaction de Golias vous propose son palmarès des mitres pour l’année écoulée. Aujourd’hui, nous vous présentons les 10 TOPS qui sont nos 10 MITRES D’OR de l’année 2009.Ils ont répondu présents alors qu’on ne les attendait pas forcément à  ce niveau même si certains ont confirmé leur talent. Ils ont redoré le blason de l’Eglise et de son message, l »Evangile. Demain, nous vous présenterons les 10 FLOPS de l’année 2009 qui sont nos 10 MITRES DE PLOMB…

ANDERS ARBORELIUS, l’alerte de l’évêque de Stockholm dans l’affaire Williamson

Un regard rétrospectif sur une époque post-conciliaire qui n’est pourtant pas encore totalement oubliée nous réserve certaines surprises. En particulier le témoignage d’un plus grand courage à  l’étranger et d’une moindre servilité de nombreux évêques, qui ne se contentaient pas de jouer aux préfets du Pape . Comme c’est hélas souvent le cas de nos chargés de diocèse de l’Hexagone.

Au fil des années, le Vatican, de l’aveu même de Joseph Ratzinger, alors simple cardinal, imprima une correction de trajectoire aux nominations d’évêques. Pour choisir désormais des hommes plus « sà»rs » et très dociles. Mais la machine commence à  se gripper. Plutôt bon signe pour l’avenir ! Cette stratégie de recentrage ne réussit qu’en partie. Aujourd’hui encore, des serviteurs de l’Evangile et des hommes libres se refusent à  jouer le rôle de perroquets du Vatican. Dieu merci.

Mgr Anders Arborelius est évêque de Suède. Carme, c’est un homme réservé et prudent, très peu porté par tempérament ou par goà»t aux coups médiatiques. S’il s’exprime aujourd’hui sur une question aussi sensible que celle de l’affaire Williamson, du nom de cet évêque intégriste révisionniste, c’est précisément parce qu’il est convaincu que la crédibilité de l’à‰glise en dépend. Une crédibilité déjà  fort affectée par les évènements les plus récents. Se réfugiant dans le mensonge, l’institution n’est pas fidèle au témoignage du Christ. Vouloir tout recouvrir d’un manteau de Noé, déjà  bien troué, ne peut, à  long, et déjà  à  moyen terme, qu’être contre-productif !

JEAN-MARIE DEVULDER, diacre dans le « Jungle » de Calais

Mardi 17 novembre 2009, la destruction de la œJungle de Loon-Plage est complète. Avec l’apport de nouveaux matériaux de fortune, les cabanes se reconstruisent pour abriter un cinquantaine d’afghans. Mais arrivent les pluies diluviennes de vendredi dernier, 27 novembre, et le camp est complètement noyé. Tout doit être déplacé dans l’urgence. La plupart des réfugiés est habillé d’un simple pull-over encore sec et les baskets complètement trempées, tout le reste a pris l’eau. Je décide d’appeler le secours d’un ami qui possède une petite pelleteuse qui permet alors de diriger l’eau à  l’opposé du lieu de vie. Quelques personnes présentes et la police des Airs et Frontières regardaient avec compassion (du moins le pensaient t-on !) moi, mon ami, recouverts de boue et trempés ainsi que les afghans qui donnaient main-forte. Quelques jours ont passé et un coup de fil m’annonce que je suis convoqué le lundi 7 décembre prochain auprès du Commissaire Général de la Police avec le pelleteur pour me voir signifier le procès verbal rédigé à  mon encontre œ pour avoir donné un peu d’humanité et de dignité auprès d’étrangers  … A méditer.

DANNEELS, pré-retraité critique, et belle prise de paroles

Si Florent Pagny associe la « liberté de penser » à  la contestation du fisc, les évêques retrouvent en général cette même liberté lorsqu’ils partent à  la retraite. Le cardinal Godfreed Danneels, archevêque de Malines-Bruxelles , dont on savait par ailleurs les réserves quant à  la restauration en cours n’échappe pas à  la règle. Il est assez piquant de noter que le Primat de Belgique sur le départ s’est exprimé précisément dans un entretien à  la revue « Trenta Giorni ». Dirigée par Giulio Andreotti et peu suspecte de progressisme.

Agé aujourd’hui de 76 ans, le cardinal belge était en poste depuis trente ans. Il fut très souvent cité comme papabile, y compris au moment du Conclave. Homme influent, bien que discret et même timide, il avait l’art de dire des choses très profondes en quelques phrases simples.

Les rumeurs se multiplient quant au nom du successeur de Danneels. Actuellement, Rome se dirigerait vers la désignation d’un prélat de transition, qui ne resterait en place que quelques années. Le favori serait d’ailleurs l’évêque de Liège, Mgr Aloys Jousten, 72 ans, un modéré. Et non plus Mgr André Léonard, 69 ans, évêque de Namur et prélat très conservateur. Et tout aussi provocateur et cassant. Mais une surprise reste toujours possible.

Quelques jours avant l’annonce du titre de « vénérable » décerné à  Jean-Paul II (et à  Pie XII), le cardinal Danneels, tout en finesse comme à  son habitude, émettait des réserves sur le Pape polonais reconnaissant lui avoir toujours préféré Paul VI.

Comme en réponse anticipée à  l’annonce toute récente de Benoît XVI d’une voie ouverte vers la béatification rapide, Godfreed Danneels estime que « la sainteté n’a pas besoin de passer par des voies privilégiées. La procédure de canonisation doit prendre tout le temps nécessaire. Sans faire d’exceptions. Le Pape est un baptisé comme tous les autres. Donc la procédure de béatification devrait être la même que celle prévue pour tous les baptisés ». Le cardinal belge ouvre son coeur : « le cri »Santo Subito« ne m’a pas plus ».

Au sujet de la libéralisation de la messe tridentine, le cardinal Danneels laisse tomber une phrase lourde d’insinuations : « Je ne suis pas sà»r que cela suffise à  règler la question ». Enfin, au sujet de la réintégration des anglicans intransigeants, un peu dans le sens du théologien Hans Kà¼ng, Godfreed Danneels invite à  la prudence. « Nous verrons les résultats ». Il évoque le gel inévitable des relations entre Rome et Cantorbéry.

HANS KUNG, la fidélité d’un théologien engagé

A plus de 80 ans, ce théologien suisse, qui fit le Concile comme expert, reste d’une étonnante jeunesse d’esprit. Et il garde sa liberté de pensée et de ton. Très critique à  l’endroit de la restauration en cours dans l’Eglise, il cultive pourtant une certaine amitié à  l’égard de son ancien collègue Joseph Ratzinger. Ce qui ne l’empêche pas de trouver l’actuel Pontificat vraiment nuisible. Sa dernière saillie critique au sujet des anglicans ralliés, nouvel accroc, grave dans la cause oecuménique, illustre à  nouveau sa lucidité. L’espoir qui s’est levé à  Vatican II demeure vivant.

ALBERT ROUET, l’évêque qui aimerait nous dire…

Archevêque de Poitiers , connu pour la qualité et la rigueur de sa réflexion prospective, pasteur attentif et théologien éclairé, Albert Rouet ne dissimule pas ses sentiments critiques au sujet du Pontificat en cours. Il laisse émerger un autre modèle d’à‰glise. Dans la confiance en l’avenir et dans les hommes de bonne volonté. Son livre récent d’entretiens avec Denni Gira « J’aimerais vous dire » est un petit bijou. A méditer. Pour oser tracer, enfin, des voies nouvelles.

CARLO MARIA MARTINI, la grande classe, toujours et encore !

Ce jésuite de très grande envergure, longtemps archevêque de Milan , exégète subtil et pasteur entreprenant, timide au demeurant et un peu altier, mais ô combien brillant et bien inspiré est un très grand monsieur. Dans le contexte actuel de repli frileux et de recul, cet homme exceptionnel, qui aurait pu être Pape, témoigne d’un avenir possible pour le catholicisme, aux antipodes de la restauration intransigeante. Estimé bien au-delà  des frontières de l’à‰glise catholique, Carlo Maria Martini fait résonner une parole toujours vive, et qui sonne juste. La foi ne s’oppose pas à  l’ouverture. A 82 ans, il nous désigne un horizon.

ROBERT ZOELLITSCH, la franchise du patron des évêques allemands

Sera-t-il créé cardinal en 2010 ? Cela semble improbable en considération de la franchise et de l’audace de ses positions. Archevêque de Fribourg en Brisgau (il fut auparavant directeur des ressources humaines de ce diocèse), homme classique au demeurant, il préside la conférence des évêques d’Allemagne. Le pays d’origine de Joseph Ratzinger.

Sur les différents sujets les plus brà»lants, il fait preuve de mesure et d’humanité. à‰loigné de tout esprit d’intransigeance, il défend l’autonomie de son église locale face à  l’arrogance du centralisme romain. Patient et fraternel, il incarne un style d’évêque, certes peu suspect de progressisme, mais en tout cas alternatif par rapport à  la génération Jean Paul II / Benoît XVI. Pour un christianisme à  visage humain. Attentif aux signes des temps.

L’académicien CLAUDE DAGENS a un rapport intelligent à  la modernité !

Evêque et …immortel. Entendez membre de l’Académie Française. Il s’est fait connaître il y a une dizaine d’années par son fameux « Rapport Dagens » suggérant un modèle de pastorale et de présence prenant acte de la sécularisation. Il s’agit de proposer la foi et non de l’imposer. Agrégé de l’université, homme cordial et très classique, avec sa coupe en brosse et sa cravate des années soixante, Mgr Claude Dagens s’est illustré cette année à  Lourdes par un rapport très ouvert, en rupture avec le modèle identitaire et intransigeant, pour une autre visibilité dans un monde marqué par l’indifférence. Des remarques profondes et justes. La ligne Ratzinger ne l’a pas encore emporté en notre hexagone.

FRANCOIS HOUTART, la reconnaissance d’un homme de paix

La remise récente du Prix de l’Unesco Mondajeet Sing, pour la tolérance et pour la paix, décerné tous les deux ans depuis le 125e anniversaire de la naissance de Gandhi, au chanoine François Houtart, un prêtre belge de 84 ans, nous semble une excellente chose.

Mais on ne peut pas plaire à  tout le monde. Le Père Pierre de Charentenay, un jésuite, d’ordinaire mieux inspiré, en est allé de son couplet. Revoyant l’histoire par la même occasion.

Occasion pour nous de rendre hommage à  ce prêtre hanté par le souci de la paix et de la justice. François Houtart a toujours été proche des théologiens de la libération font il a su comprendre et défendre les positions. Pour lui la promotion de la paix a toujours été indissociable du combat pour la justice.

DIARMUID MARTIN, l’honneur de l’Eglise irlandaise ou ce qu’il en reste !

L’Eglise d’Irlande vit son chemin de croix. La révélation de très nombreux abus sexuels commis par le clergé, couverts parfois par l’autorité ecclésiastique (puisque que quatre évêques viennent de démissionner) a ébranlé la confiance des catholiques irlandais. Dans cette affaire, contrairement au Vatican, peu coopératif, avec beaucoup de franchise et de droiture, l’archevêque de Dublin , Diarmuid Martin, en première ligne, a su demander pardon et présenter un autre visage de l’à‰glise. Rompant enfin avec la complaisance toute cléricale. Comment ne pas lui en savoir gré. Jadis en poste à  Rome (Commission « Justice et Paix »), cet homme timide et discret est un grand serviteur de l’à‰glise. Et des hommes ses frères.

2009 – Année de l’astronomie : comment le Vatican a récupéré « l’hérétique » Galilée

La nouvelle n’a pas vraiment circulé. Nous sommes actuellement – d’ailleurs pour peu de temps encore – dans l’« Année de l’astronomie » destinée à  célébrer le quatrième centenaire de la lunette de Galilée.

Cette année spéciale a d’ailleurs été saluée dès le 6 janvier par le pape Benoît XVI.

Semblant oublier un peu vite les tracas infligés jadis à  Galilée, le Pape Ratzinger en avait profité pour donner lui-même, urbi et orbi, une petite leçon d’astronomie. Revue et revisitée puisque le Pontife romain évoqua « la symbolique de l’étoile qui a conduit les mages à  Bethléem».

A présent, le Vatican vient d’inaugurer une grande exposition consacrée à  Galilée et en particulier à  sa fameuse lunette, sans doute sa plus belle découverte, qui permit de révolutionner la science en favorisant considérablement l’observation (Scientia de visu).

C’est non sans quelque impudence que Mgr Francisco Follo, représentant du Saint-Siège à  l’Unesco présente en ces termes l’objectif de l’initiative : « montrer l’ouverture constante de l’Eglise à  la science ».

C’est tout de même un peu fort de café.

Pour en rester au seul cas de Galilée, en fait l’une parmi les très nombreuses victimes de l’ inquisition et de l’ intolérance , il faut savoir qu’il fut poursuivi par la haine intolérante pendant plus d’un quart de son existence. Dénonciations et calomnies ne cessaient pas de pleuvoir. Au sujet de ses positions en faveur des thèses nouvelles de Copernic, il est convoqué le 16 février 1616 par le Saint Office . Censuré par l’inquisition puis par le Pape Paul V Borghese, il ne peut livrer le fruit de ses recherches. Ses tribulations éprouvent durement Galilée. Qui, d’ailleurs, en voit sa santé affectée.

Mais c’est en 1633 que Galilée connaît sa plus grande épreuve alors que ses yeux commencent à  s’éteindre. A nouveau convoqué par le Saint-Office, il subit des interrogatoires qui le font terriblement souffrir. Menacé de subir la torture, il finit par céder et par abjurer. Il craignait également pour sa famille. On lui prête ces mots : « et pourtant elle tourne » (il avait été persécuté pour affirmer que la terre tourne autour du soleil). Galilée est condamné à  la prison à  vie (peine immédiatement commuée en résidence à  vie par Urbain VIII, au début dans l’isolement le plus total).

C’est plus de trois siècles plus tard que Galilée sera réhabilité par Jean Paul II. Certes, le Pape Benoît XIV effaça les oeuvres de Galilée de la liste des ouvrages prohibés de l’Index mais sans véritable reconnaissance.

Enfin, à  un autre niveau, à  propos de la condamnation de la contraception artificielle, comment ne pas songer à  l’avertissement que lança jadis le cardinal belge Suenens de ne pas créer de nouvelles affaires Galilée ?

Pédophilie : après l’Irlande, le Canada dans la tourmente !

Alors que le scandale continue à  faire rage en Irlande, malgré la démission de deux évêques qui avaient couvert des affaires de pédophilie, il pourrait s’étendre désormais à  un autre pays, le Canada.

Le juge canadien Normand Glaude dénonce dans un rapport explosif, après quatre années d’enquêtes, l’à‰glise catholique de ne pas avoir réagi comme elle aurait dà» suite aux dénonciations de mauvais traitements contre des enfants.

Dans les années 1990, des allégations d’agressions sexuelles envers des enfants, qui se seraient déroulées sur plusieurs décennies, ont en effet fait surface à  Cornwall. Les personnes visées étaient des membres influents de la communauté locale, notamment des prêtres.

Dans le rapport y afférant de plus de 2000 pages, le commissaire formule plus de 200 recommandations dans cette affaire. Le juge Glaude recommande au diocèse d’ Alexandria-Cornwall de présenter des excuses publiques auprès de toutes les victimes présumées et confirmées. Il suggère aussi que les prêtres soient surveillés de plus près, surtout lorsqu’il y a doute ou soupçon fondé.

Très ennuyé, Mgr Paul-André Durocher, évêque d’ Alexandria-Cornwall , a présenté ses excuses officielles à  la suite de la présentation du rapport. « En tant qu’évêque, j’exprime ma profonde désolation et je présente mes excuses à  toutes les victimes d’abus sexuels commis par des prêtres. Et je les invite, ceux et celles qui ne l’ont pas fait, ici, dans la région, à  communiquer avec moi s’ils le désirent, pour qu’on puisse leur offrir de l’aide pour être capable de cheminer avec eux vers une guérison et une reconstruction de leur vie ».

De belles paroles. Mais est-ce suffisant ?

Récemment un évêque canadien, Mgr Raymond Lahey, en poste à  Antigonish , a déjà  été contraint de quitter sa charge pour avoir été interpellé en possession de matériel pornographique à  caractère pédophile.

Après le scandale irlandais,… le scandale canadien !

GOLIAS Magazine n° 129

Sommaire

page3 Le journal
– 4 L’imposture identitaire
– 10 Le pape tente de remettre au pas l’épiscopat brésilien
– 11 Le courageux témoignage de l’évêque de Stockholm
– 14 Mais o๠sont passé les intellectuels catholiques ?
Grand Angle
– 16 Gaza : douze mois après, la politique du pire
Radioscopie
– 35 Pourquoi l’Opus Dei est dangereuse ?
– 36 Document exclusif : 165 anciens responsables de l’Opus Dei témoignent
– 37 Comment l’Opus Dei manipule et détruit les personnes
Focus
– 48 Après l’ouveture du pape aux Anglicans traditionalistes
Les dérives d’un oecuménisme
L’aventure chrétienne
– 54 Penser la foi aujourd’hui dans une Ecclesia en diaspora
– 60 Sacrifice A tous ceux qui sont morts pour la France

L’évêque de Quimper vert de rage après la « danseuse Salomé » !

La danseuse contemporaine Corinne Duval vient d’obtenir gain de cause auprès des prud’hommes de Rennes (Ille-et-Vilaine).

En l’occurrence, le festival  » Arts à  la pointe  » devra lui fournir un contrat de travail pour sa prestation après son cachet de 300 €, déjà  obtenu lors d’une audience précédente.

Il faut savoir que le 14 juillet dernier, lors du vernissage d’une exposition d’art contemporain dans la chapelle Saint-Pierre de Mahalon (Sud-Finistère), la chorégraphie en duo de l’artiste rennaise sur le thème de l’enfermement s’était terminée par un strip-tease intégral sur l’autel…Qui offusqua de pieuses âmes (après avoir regardé ?). Le vicaire général du diocèse et un prêtre prirent leurs jambes à  leur cou avant la fin du spectacle, avant que Corinne Duval ait tout enlevé. En somme, la grande débandade ! Suite aux remous suscités, la danseuse se vit refuser son cachet et le juste défraiement qui s’imposait.

En fait, et ceci justifie la décision finale du Tribunal des prud’hommes, la malheureuse avait tout simplement accompli sa prestation. Après tout ce n’était pas de son ressort de juger de l’opportunité et de la bienséance d’une programmation. Si l’on ne voulait pas d’un tel show, il fallait s’adresser à  quelqu’un d’autre ou préciser en tous les cas ce que l’on attendait de l’artiste.

Les observateurs ont pu noter, mi-amusés et mi désolés, la réaction outrancière et ridicule – attirant d’ailleurs l’attention sur un évènement passé inaperçu ! – de l’évêque de Quimper, Mgr Jean-Marie Le Vert, issu de la très conservatrice communauté St Martin de Gênes : « C’était une profanation d’une grande violence. Cet acte odieux pour la conscience et la sensibilité des catholiques, pour qui l’autel est le lieu le plus sacré d’une église, a profondément scandalisé des croyants comme des non-croyants, d’autant plus qu’il semblerait avoir été prémédité. ». Et d’ajouter de façon polémique que cela ne passerait pas dans une mosquée ou une synagogue! Voulant sans doute apaiser les choses et les esprits, le brave vicaire général, le Père Jean-Paul Larvol, un ancien secrétaire général de l’épiscopat à  qui échappa la mitre – trop grande ouverture oblige – se contenta plus laconiquement de trouver qu’on était allé trop loin.

Quant à  l’avenir, le diocèse a décidé de fermer ses chapelles pour un an aux activités de l’association et se réserve le droit d’engager des poursuites. Un « directoire » pour le diocèse a même été publié à  propos de l’usage des chapelles du Finistère (au nombre de 1200 dans le Finistère NDLR)  » Espaces de prière et de culture « .

Mgr Le Vert semble exiger la tête de Corinne Duval, Nouvelle Salomé, sur un plateau…. C’est ce qui s’appelle revisiter les évangiles !

Ajoutons ; Avec la présence de l’évêque une célébration de prières de réparation sera organisée dans la chapelle.

Il faut chasser les démons de la chair … et/ou de la chaire !

Benoît XVI, un pape de plus en plus vert !

Soucieux de donner une image positive d’ouverture, le cardinal Philippe Barbarin multiplie les initiatives de dialogue et de rencontres (cf. à  ce sujet notre analyse dans Golias Magazine n°127-128). Ainsi avec Luc Ferry ou Jean-Louis Borloo avec lequel il s’affiche « à  la une » de « Famille chrétienne » à  l’occasion du sommet de Copenhague. L’un de ses sujets de prédilection demeure l’écologie. Il est vrai de grande actualité. Même après le « flop » de Copenhague. Ou paradoxalement à  cause de lui.

Ce souci du Primat des Gaules rejoint celui du Pape Benoît XVI lui-même qui s’est prononcé sur cette question à  plusieurs reprises. Et d’aucuns de parler de «  la révolution verte  » selon Benoït XVI. Mais à  condition, selon Joseph Ratzinger, de bien l’entendre en un certain sens. En effet cette révolution verte doit reconnaître la spécificité et le caractère totalement sacré de la vie humaine. Ce qui est loin d’être le cas actuellement selon lui. Ce qui la condamne à  l’impéritie face aux grands problèmes éthiques, civilisationnels et sociétaux.

La prestigieuse revue américaine  » Foreign Policy  » classe en effet Benoît XVI à  la 17e place des 100 plus grands penseurs mondiaux. Parmi les mérites qui sont reconnus au Pape, il y a celui de défendre l’environnement de dénoncer le réchauffement climatique. Et, en effet, après avoir traîné les pieds, le Vatican semble à  présent s’y mettre lui aussi.

Chaque année, le Souverain Pontife laisse à  son à‰glise, le 1er janvier, un message de Justice et Paix. Le message en date du 1er janvier 2010 s’intitule :  » Si tu veux construire la paix, protège la création « .

Au centre du message pontifical, Benoît XVI se plait à  insister sur une image biblique, celle du jardin de la création, confié par Dieu à  l’homme et à  la femme pour qu’ils le gardent et le cultivent. L’homme ne peut certes donc pas s’arroger le droit de piller la nature au lieu d’en prendre soin.

L’idée centrale du message pontifical est qu’il y a une identité de destin entre l’écologie de la nature et celle de l’homme. Le soin de la création ne doit faire qu’un avec le soin de l' »inviolabilité de la vie humaine à  toutes ses phases et dans tous ses états« . C’est, on l’aura deviné, sur ce dernier point que le Pape porte l’accent. Dans le cadre d’une théologie augustienne, pessimiste et intransigeante. Qu’on en juge plutôt :

« L’harmonie entre le Créateur, l’humanité et la création, que l’à‰criture Sainte décrit, a été rompue par le péché d’Adam et d’àˆve, de l’homme et de la femme, qui ont désiré prendre la place de Dieu, refusant de se reconnaître comme ses créatures. En conséquence, la tâche de «soumettre» la terre, de la «cultiver et de la garder» a été altérée, et entre eux et le reste de la création est né un conflit (cf. Gn 3, 17-19). L’être humain s’est laissé dominer par l’égoïsme, en perdant le sens du mandat divin, et dans sa relation avec la création, il s’est comporté comme un exploiteur, voulant exercer sur elle une domination absolue (…) J’encourage donc volontiers l’éducation à  une responsabilité écologique, qui, comme je l’ai indiqué dans l’encyclique « Caritas in veritate », préserve une authentique « écologie humaine », et affirme ensuite avec une conviction renouvelée l’inviolabilité de la vie humaine à  toutes ses étapes et quelle que soit sa condition, la dignité de la personne et la mission irremplaçable de la famille, au sein de laquelle on est éduqué à  l’amour envers le prochain et au respect de la nature« .

On ne peut que saluer l’intérêt croissant du Pape au sujet de l’environnement ; il ne faut cependant pas être dupe : le message pontifical est toujours à  double fond. Au-delà  d’un appel assez large au respect de l’environnement il s’agit avant tout de relier ce combat à  l’affirmation vigoureuse de la morale la plus intransigeante.

Noà«l : la trace de Dieu

Des semaines que l’on attendait ce Jour ! Le désir est constitutif de notre humanité et les théologiens chrétiens ont depuis longtemps, comme Saint Anselme au Moyen Age, décelé dans cette volonté de quelque chose d’autre, de quelque chose de plus grand, de quelque chose de plus beau, la trace même de Dieu en nous. Or, en s’incarnant, l’Infini se fait le plus petit ! Surprise, déception. N’aurait-il pu faire autrement en nous donnant enfin ce que nous désirions : la paix, la fraternité, le bonheur ?

Que s’est-il donc passé depuis plus de 2000 ans ? Le message chrétien a-t-il transformé notre monde ? La violence a-t-elle disparu ? Combien ont pris le relais d’Hérode ? La dictature de chiffres et le veau d’or de la rentabilité sont toujours aussi oppressants, comme au temps de Jésus o๠l’empereur voulait recenser toute la population. Mais Jésus échappe à  la violence et à  la comptabilité. Pas de place pour lui dans nos calculs mesquins, parce qu’il nous déplace. Dieu en venant chez nous n’est pas prisonnier de nos rêves de puissance. Il libère notre désir en nous conduisant là  o๠nous n’avions pas prévu d’aller. Marie et Joseph en ont fait l’expérience sur la route de Jérusalem. Le diacre Jean-Marie et ses amis aussi (voir ci-contre).

Comme Saint Laurent, ils ont appris à  voir dans les plus pauvres le trésor de l’Eglise. Et c’est bien cette révolution que nous célébrons à  Noà«l. Désormais, tout homme est visage de Dieu. Chacun, chacune et à  chaque époque, doit redécouvrir cette vérité que Dieu offre à  l’humanité : son plus cadeau ! Des
« jungles » de nos côtes au sommet de Copenhague, l’humanité attend. Dieu vient lui dire le chemin. Le Verbe qui éclaire tout homme nous met au travail. Plus une minute à  perdre : le monde nouveau ne se fera pas sans nous, à  la suite de Jésus. L’Eglise en garde le souvenir dangereux en ouvrant les portes et les fenêtres, même en plein hiver parce que l’amour n’a pas de frontière : comme Dieu, il est infini !