Webzine No 18 – 28 octobre 2009

Au sommaire : El Sistema l’orchestre anti-pauvreté, d’autres sons de cloche pour l’actu, la torture made in USA, des infos dont il vaut mieux rire, les propos de Paul Craig, et quelques scopitones.

NDLR : toutes ces informations ont été collectées sur la toile. Seule la présentation est de notre fait.



Webzine No 18 – 28 octobre 2009









Webzine No 18 – 28 octobre 2009




El Sistema, une extraordinaire expérience musicale et sociale

En cliquant sur cette image, vous allez pouvoir entendre le mambo de West Side Story, interprété par l’Orchestre Symphonique de la jeunesse vénézuelienne Simà³n Bolà­var, dirigé par Gustavo Dardanel.

Cet orchestre est l’émanation d’El Sistema, l’extraordinaire expérience musicale et sociale de José Antonio Abreu au Venezuela. Consacrez les 13 minutes nécessaires au reportage sur El Sistema, et vous ne demanderez plus jamais comment on peut lutter contre la pauvreté.

 




Actualité : d’autres sons de cloche

¢ L’Académie Chinoise des Sciences Sociales relève les cinq principales fausses prédictions du monde occidental sur la Chine (en anglais). Sévère, mais juste.

¢ Un événement et un texte historiques: le discours d’Evo Moralès, le président bolivien, à  Leganès (Madrid) le 13 septembre 2009 (traduit en français). « Par le passé des Européens, des Espagnols sont arrivés en Bolivie, et nos grands-pères n’ont jamais dit qu’ils étaient illégaux. Maintenant que les Latino-Américains viennent en Europe, ils ne peuvent pas être déclarés illégaux ». « J’appelle les pays qualifiés d’industrialisés à  commencer à  penser sérieusement à  l’annulation de la dette climatique, une dette historique qui aura fait beaucoup de tort à  l’environnement ». Etc…

¢ A propos d’Evo Moralès, Fidel Castro a un commentaire très pertinent: « Si l’on a octroyé le Prix Nobel à  Obama pour avoir remporté des élections dans une société raciste alors qu’il était afro-américain, Evo Moralès le méritait tout autant pour les avoir gagnées dans son pays, alors qu’il est indigène – et pour avoir, en plus, tenu ses promesses. (…) Pourquoi donc ne décerne-t-on pas le Prix Nobel de la paix à  Evo ? Il a un lourd handicap, je sais : il n’est pas président des Etats-Unis. »

¢ Pour avoir une idée du débat politique réel en Bolivie, il faut encore lire la seconde partie de cet article d’Eric Toussaint, qui expose les conceptions d’àlvaro Garcà­a Linera, vice-président de la Bolivie, sur un « capitalisme andino-amazonien ».

¢ Une petite piqure de rappel du vaccin contre la moraline, c’est toujours utile. Même chose à  propos des scandales en politique, diversions spectaculaires pour empêcher le débat démocratique.

¢ L’Argentine, franchement, je ne connais pas bien, et c’est dommage. Mais je relève deux nouvelles réjouissantes à  son propos: d’abord, l’adoption de la nouvelle loi sur les médias audiovisuels, sous la devise de Cristina Kirchner: « Ne pas confondre la liberté de la presse et la liberté des patrons de presse ». Deuxième bonne nouvelle, une nationalisation. Il y a des choses, dans tout Etat, qui sont absolument fondamentales pour l’existence même du peuple, qu’on ne peut donc pas laisser dans les pattes du marché et de la propriété privée, d’accord? Sachant cela, devinez ce qu’ils ont nationalisé, les argentins? Les droits de transmission télévisée des matches de football, désormais gratuits! Bien joué, Diego, et rendez-vous à  Johannesburg!

¢ Un article (en anglais) à  lire impérativement avant votre prochaine mammographie de dépistage.

¢ John Pilger explique ici (en anglais) ce que signifie la privatisation de la Poste au Royaume-Uni – et bientôt en France, à  moins que…

 




Scopitone: Marie Laforêt « Que calor la vida »
(Cliquez sur l’image)

 




Vidéo: Torture made in USA

A Guantanamo comme en Irak ou en Afghanistan, l’administration Bush a institutionnalisé la torture. Ses juristes ont tout fait pour s’exonérer des conventions de Genève et du droit de la guerre. Tel est l’objet de l’enquête exclusive de la journaliste Marie-Monique Robin, un documentaire de 85 minutes que vous auriez dà» voir à  la télé, mais que vous pouvez (devez) voir aujourd’hui sur votre écran grâce aux efforts conjugués de Mediapart, ACAT-France, Amnesty International et Human Rights Watch. Cliquez sur l’image ci-dessus – pour avoir un affichage plein écran comme à  la télé, cliquez sur le carré en bas à  droite du lecteur.

 




Edith Piaf: ça ira
(Cliquez sur l’image)

« Si Versailles m’était conté » est un film royaliste de ce vieux pétainiste de Sacha Guitry, qui souhaite attiser notre admiration pour le Roi Soleil et notre compassion pour Marie Antoinette. Il contient cependant une séquence dont tous les révolutionnaires se souviennent: quand Edith Piaf, à  la tête de la populace, lance le « ça ira ».

 




Le saviez-vous?

¢ L’image ci-dessus est une des illustrations (les filles de Loth) du Livre de la Genèse illustré. Illustré, dans ses 50 chapitres, par… Robert Crumb lui-même. Après Fritz le chat et Mr Natural, la Bible. A cette occasion, Wikipedia m’a fait découvrir un poème que je ne connaissais pas, intitulé « Les filles de Loth« . Ce poème est censé être d’Alfred de Musset, et avoir été composé dans des circonstances fort spéciales, voyez ce qu’en dit Wikipedia.

¢ Si vous voulez savoir comment la finance tue l’économie en contraignant à  la faillite des entreprises saines et viables, j’ai trouvé deux exemples clairs et développés: le cas de Carrefour, bien expliqué (en français) sur le blog d’Arnaud Parienty, et le cas des matelas Simmons, exposé (en anglais) par le New York Times.

¢ Zachary, six ans, était tout fier d’être devenu louveteau. Son outil de campeur qui fait en même temps cuiller, fourchette et couteau lui plaisait tellement qu’il l’a apporté à  la cantine. Mais il était à  l’école à  Newark, Delaware (USA): tolérance zéro sur les armes à  l’école, conseil de discipline, exclusion. Il risque maintenant de passer 45 jours dans un centre pour jeunes délinquants du secteur.

¢ Sur Internet, en France comme en Chine, nous sommes tous fliqués, contrôlés, enregistrés, censurés, surveillés, etc, puisque nous y consentons. Si cependant vous souhaitez tenir un blog public sans que votre patron / Sarkozy / votre femme / vos parents / le Bureau Politique / la police etc. puisse vous retrouver automatiquement par programme, c’est possible. C’est expliqué ici. Il faut installer Firefox et des logiciels de proxy. C’est lourd, mais ça marche – du moins pour la recherche automatique par programme (car si Big Brother décide de payer des gens pour vous tracer, il y parviendra toujours, simplement ce sera plus cher).

 




Scopitone: Procol Harum « A whiter shade of pale »
(Cliquez sur l’image)

 




Paul Craig Roberts – Octobre 2009

Pour en savoir plus sur Paul Craig Roberts, Chevalier de la Légion d’Honneur qui fut secrétaire adjoint au Trésor au sein de l’administration Reagan, consultez les éditions précédentes de ce webzine. J’ai rassemblé ici ses papiers d’octobre 2009 en normalisant leur présentation et en intégrant la traduction française (« VF »).

¢ Un prix de la paix décerné à  un va-t-en guerre (VF), critique l’attribution à  Obama du Nobel de la Paix.

¢ Dans Les criminels de guerre sont devenus arbitres de la loi (VF), Paul commente l’introduction dans le droit américain, commandée par le lobby pro-israà«lien, du « crime de haine »: « Il est antisémite de critiquer Israà«l. L’antisémitisme est un crime de haine. Critiquer Israà«l est donc un crime de haine. »

¢ Dans Les riches ont volé l’économie (VF), on peut voir comment, aux USA, le peuple ne joue aucun rôle dans le système politique. Par le financement des campagnes électorales, quelques gros lobbys détiennent entièrement le pouvoir politique. Ils ont utilisé ce monopole sur le pouvoir politique pour s’emparer directement de l’ensemble des ressources de l’économie américaine, qui n’est plus désormais qu’une vache à  lait pour super-riches.

¢ Dans Les à‰tats-Unis dans la liste des à‰tats en faillite (VF), Paul Craig montre d’abord en quoi les USA ont toutes les caractéristiques d’un Etat en faillite, tel que l’Islande ou le Zimbabwe. Sa conclusion est terrible: « Dans tout à‰tat en faillite, la plus grande menace pour la population vient du gouvernement et de la police. C’est indubitablement la situation actuelle aux à‰tats-Unis. Les citoyens n’ont pas d’ennemi plus grand que leur propre gouvernement. Washington est contrôlé par des groupes d’intérêt qui s’enrichissent aux dépens du peuple. Le un pour cent qui inclut les super-riches se moque et dit « s’ils n’ont pas de pain, qu’ils mangent de la brioche. » ».

¢ àŠtes-vous prêt pour la prochaine crise ? (VF) développe et complète le papier précédent. D’une part, « l’un des signes révélateurs de la faillite d’un à‰tat, c’est que les escrocs sont à  l’intérieur du gouvernement ». D’autre part, les USA détiennent les records en matière d’inégalité sociale. Finalement, de la même façon qu’on dit que la Birmanie ou le Maroc sont des « narco-Etats » contrôlés par des barons de la drogue, il faut dire que les USA sont un « banco-Etat » contrôlé par des barons de la finance, ce qui est bien pire.

 




Scopitone: Richard Anthony « Itsy bitsy petit bikini »
(Cliquez sur l’image)

 



Ne les oublions pas


¢ Salah Hamouri, détenu par un Etat policier depuis le 13 mars 2005.

¢ Mumia Abu-Jamal, détenu par un Etat policier depuis le 9 décembre 1981.

¢ Philippe Widdershoven, suicidé.
 


 
 
 
 
 




De la dévotion à  la bigoterie

La bile de Michel s’échauffait durant le trajet du grand séminaire à  la cathédrale et au cours duquel les séminaristes murmuraient leur bréviaire ou leur chapelet.

Pour se distinguer, il avait trouvé un acolyte en la personne de Landragin, devenu complice de ses facéties. Leur amitié était née lors d’une discussion entamée sur le seuil de la porte de Landragin. Dans l’entrebâillement, Michel avait remarqué son lavabo, gris de crasse et couvert de cheveux. Naïvement, il s’était exclamé :
« As-tu signalé que ton lavabo était bouché ?
“ Mais¦ il n’est pas bouché !
“ T’es un vrai cochon de le laisser dans cet état ! »
Et sans plus attendre, il entreprit un récurage en règle sous le regard embarrassé de son copain. Passe alors un diacre :
« Que faites-vous là , tous les deux, dans une même chambre ?
“ Comme tu le vois, le ménage.
“ Ne savez-vous pas que c’est interdit ?
“ Quoi ? On n’a pas le droit de faire le ménage ?
“ Ne fais pas l’innocent ; on n’a pas le droit d’être à  deux dans une même chambre.
“ Pétard de sort, qu’aurais-tu dit si on avait refermé la porte pour être plus tranquilles ? »
Puis, sans tenir compte des remarques diaconales, Michel s’appliqua à  terminer son nettoyage.
Depuis cet incident, les deux compères, pendant le parcours, s’ingéniaient à  entretenir des conversations joviales qui, évidemment, ne concernaient pas la religion. Un jour, le diacre du couloir leur fit les gros yeux. Michel lui lança :
« Mon vieux, la Vierge nous a permis de nous défouler avant la cérémonie mais, pour que tu jouisses d’un environnement plus propice à  la prière, on déguerpit. »
Nos deux amis retroussèrent leur soutane pour courir à  la queue du cortège, ce qui ne manqua pas de surprendre les quidams que le hasard avait mis sur leur passage.

Pendant la cérémonie, les clercs rivalisaient de courbettes dans le secret espoir d’attirer le regard épiscopal. Puis un prêtre montait en chaire pour y prononcer l’inévitable homélie.
Pauvre abbé ! Prêcher en présence de l’évêque, c’est, pour un enseignant, assurer un cours devant l’inspecteur. Mais, la plupart du temps, l’évêque, fatigué ou blasé, piquait dès les premières minutes un roupillon facile à  détecter ; il suffisait de surveiller les saccades de sa tête mitrée qui se terminaient par le choc inéluctable du menton contre le sternum ; revenu à  la réalité, le prélat rectifiait brusquement la position mais le cycle recommençait jusqu’à  la fin du sermon.
Puis venait le moment sacro-saint de la communion. Michel fermait systématiquement les yeux pour écouter les percussions fracassantes des cymbales, les sonneries triomphantes des trompettes, les vibratos vertigineux des violons s’élevant jusqu’aux voà»tes, les chants polyphoniques des fidèles remontant la nef centrale, joyeux de participer au repas eucharistique. Relevant les paupières, il ne voyait plus qu’un triste troupeau de brebis, muettes, prostrées, qui, sous l’effet d’une crainte quasi atavique, courbaient l’échine avant d’être égorgées sur l’autel. Vraiment, était-ce la peine qu’Il endosse la condition humaine, qu’Il souffre pour elle, afin qu’elle surmonte ses faiblesses ; qu’Il meure crucifié, qu’Il ressuscite dans un corps sublimé, pour voir une procession de paroissiens tristes, résignés, abattus, ayant arrêté la lecture des saintes écritures au passage qui décrit Abraham, le bras armé prêt à  immoler son fils, ignorant du même coup la nuit de Noà«l et l’odyssée pascale du Christ.
Michel, incapable d’assister à  la fin de la cérémonie, rejoignait la sacristie, enlevait son surplis, sortait pour s’emplir les poumons de l’air régénérateur de la campagne.
Après la messe, les séminaristes reprenaient la direction du bercail, excepté Michel qui regagnait la nef presque vide pour présenter ses excuses à  Dieu d’être un aussi piètre serviteur. Pendant ce temps, les enfants de choeur mouchaient les cierges, replaçaient les chaises ; des touristes lançaient des coups d’oeil plus ou moins experts, interrompus par leurs enfants.
« Regarde maman, la vieille dame, là , à  genoux, elle est pas polie !
“ On dit : elle n’est pas polie¦ Pourquoi n’est-elle pas polie ?
“ Elle mange du chewing-gum ; c’est défendu dans une église !
“ Mais non, elle chuchote des prières ; elle n’a sans doute plus de dents. »
Cette petite vieille comptait de nombreuses émules réparties dans des chapelles latérales. Les unes parlaient chiffons entre deux Ave ; d’autres restaient pour le plaisir de critiquer les visiteurs pour leur tenue irrespectueuse et principalement pour celle des femmes qui se pavanaient tête nue !
Un dimanche particulièrement fourni en papotages ou en regards désapprobateurs, Michel sortit furieux de la cathédrale. Prétextant un violent mal de tête, il s’enferma dans sa chambre pour rédiger un poème qu’il lit à  Landragin :

Les bigots
Il existe des gens dont l’oeil devient anxieux
Sitôt qu’ils entrouvrent la porte des saints lieux.
Sont-ils hypnotisés par l’odeur de l’encens
Ou par la présence du Seigneur Tout-Puissant ?
Je l’ignore. En tout cas, si morne est leur visage
Qu’on les croirait frappés d’un mal qui les ravage.
S’ils font brà»ler un cierge à  genoux, les mains jointes,
Devant Marie la Vierge ou Joseph son époux,
Ils se pâment alors dans les pleurs et les plaintes
Comme s’ils redoutaient leur terrible courroux.
Ils ne prient qu’en latin
C’est beaucoup plus secret
C’est beaucoup plus sacré.
Mais si un beau matin
Le célébrant récite en français le pater
Ils sont désemparés : déprécié, le mystère !
Selon que vous serez plus ou moins long vêtu,
Vous aurez droit ou non au saint prix de vertu.
Selon que vous mettrez ou non votre coiffure,
Vous serez, Madame, fidèle ou bien parjure.
Dans le milieu bigot, il faut de ses pieds plats
Faire des courbettes aux clercs et prélats
Tout en portant le noir et prendre à  tout moment,
Pour sauver les pécheurs, un air d’enterrement.
Faites moins la grimace et séchez votre fiel.
Sachez qu’une putain peut mériter le ciel
Autant que vous, mes soeurs.
Voulez-vous mon avis ?
Souriez à  l’entrée du céleste parvis
Afin qu’en vous voyant, les anges n’aient pas peur.

“ Qu’en penses-tu, l’abbé ?
“ Ouais¦ c’est un brin ronflant mais c’est marrant¦ A quoi ça sert ?
“ A me calmer.
“ J’ai une idée : signe Le secrétaire de Saint-Pierre et glisse-le sous la porte de Cahuzac (c’était un inconditionnel de la liturgie).
“ Non, mais tu me donnes une autre idée. »
Et Michel se paya le toupet de déclamer son chef-d’oeuvre au Supérieur qui avait été son prof’ de littérature en première.
« Combien de temps avez-vous perdu à  écrire ces sornettes en vers de mirliton ?
“ Trois heures, mon capitaine. (Quand Michel était vexé, il appelait ainsi l’abbé Michaud qui avait atteint ce grade au cours de la guerre).
“ Qui vous autorise à  juger ainsi de pauvres femmes qui sont sans doute de bonne foi ?
“ Vous êtes l’indulgence personnifiée.
“ Vous, vous êtes partial. Ces braves gens manifestent à  leur façon leur amour du Seigneur et leur dévotion aux saints. Et pourquoi leur prêter des propos qu’ils ne tiennent certainement pas. De toute façon, Dieu se moque du cerveau, c’est le coeur qui l’intéresse parce que si tous les hommes ont la capacité d’aimer, tous n’ont pas vos capacités intellectuelles. Tant mieux si les vôtres sont au-dessus de la moyenne. Fichez-moi le camp pour demander au Seigneur qu’il vous retire un peu de l’intransigeance que vous manifestez à  l’égard de votre prochain. »

Michel se retira avec l’impression pénible d’avoir été une fois de plus complètement injuste, ridicule, grotesque, gaspillant son temps à  se battre contre des moulins à  vent.

Le mariage de Florence : un prêtre « suspendu » pour avoir célébré l’union d’une transexuelle avec un homme

Un prêtre-ouvrier du diocèse de Florence, Don Alessandro Santoro, en charge de la paroisse de Piagge (paroisse de la banlieue industrielle de Florence), dont il s’occupait depuis 1994, a célébré un mariage entre une transsexuelle et son compagnon a été relevé de ses fonctions par son évêque l’invitant à  « une période de réflexion et de prière ».

Il a ainsi célébré les noces de Sandra Alvino, 64 ans, (un homme devenu femme), et de Fortunato Talotta, 58 ans.

L’archevêque de la capitale toscane, Mgr Giuseppe Betori, a immédiatement suspendu le prêtre. En effet, la cérémonie avait eu lieu en dépit d’une injonction de l’archevêché à  ne pas célébrer le mariage. Dans son communiqué, l’archevêque dénonce  » la simulation d’un sacrement dans un acte dépourvu de valeur en raison de l’absence des éléments constitutifs au mariage religieux « . Il enfonce le clou :  » l’acte est particulièrement grave car il est trompeur pour les deux personnes concernées « .

Le prélat, en attente de la pourpre à  l’occasion du prochain consistoire estime que la cérémonie a  » déconcerté et suscité la confusion dans la communauté chrétienne et l’opinion publique qui peuvent penser que les conditions essentielles pour un mariage canonique ont changé pour l’Eglise  » .

En réponse aux sanctions de sa hiérarchie, le Père Santoro a expliqué que sa décision n’était  » pas un acte de rébellion  » envers l’Eglise : c’est  » un acte de fidélité à  l’égard de mes fidèles, de l’Evangile et envers les gens que j’aime « . Les deux époux, mariés civilement depuis 25 ans, souhaitaient ardemment convoler dans leur église.

Les catholiques d’ouverture sont très peinés par l’attitude intolérante et arrogante de l’archevêque Betori.

On se souvient avec nostalgie à  Florence du cardinal Silvano Piovanelli, archevêque de 1983 à  2001. Considéré longtemps comme papabile « évangélique » il n’hésita pas à  appuyer jadis la revendication du droit des homosexuels à  l’égalité, par exemple en matière de logement. Il est vrai que l’actuel archevêque, Mgr Betori fut longtemps le bras droit du cardinal Ruini à  la tête de l’épiscopat italien. Et qu’il mène une lutte semblable à  ce dernier contre les avancées sociétales.

Rome-Lefebvristes : un dialogue qui a failli « capoter »

La Prochaine étape du dialogue doctrinal entre Rome et les traditionalistes, dont la première s’est tenue le 26 octobre à  Rome, aura lieu en janvier prochain.

C’est en effet au mois de janvier 2010 que se retrouveront, à  Rome, les experts de la Commission pontificale « Ecclesia Dei » et ceux de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X afin de poursuivre les discussions doctrinales entamées le 26 octobre. L’annonce de ce calendrier confirme que la première rencontre, a indiqué peu après le Saint-Siège, s’est déroulée œdans un climat cordial, respectueux et constructifœ. Ou du moins que l’entreprise n’a pas encore avorté…

Un changement de cadence très bizarre !

Par erreur, le Bureau de presse du Saint-Siège a annoncé, peu après la première rencontre de travail entre Rome et la Fraternité traditionaliste, que les échanges se poursuivraient œà  une cadence probablement bimensuelle ». En fait, depuis, le Père Federico Lombardi, a tenu à  préciser que le rythme des réunions serait en fait bimestriel et non bimensuel. Ce qui trahit tout-de-même la complexité des discussions en cours, et la difficulté de parvenir à  un consensus satisfaisant pour toutes les parties. Et, sans doute, malgré – officiellement – le climat relativement positif de la première rencontre, la persistance d’un certain antagonisme récurrent ou même émergent.

En tout cas, selon le quotidien italien « La Repubblica », une œpolémiqueœ serait survenue dès les premières discussions entre Rome et les traditionalistes. Polémique confirmée par nos informations, selon lesquelles les experts envoyés par la Fraternité Saint-Pie X auraient particulièrement relevé les œdangersœ liés à  la liberté religieuse voulue par le Concile Vatican II et œl’erreurœ que représente le choix de comparer la religion catholique aux autres religions. Ce qui ne prélude pas d’un consensus facile à  trouver.

Ce même 26 octobre, peu après la première rencontre de travail organisée dans le palais du Saint-Office, au Vatican, la Commission pontificale Ecclesia Dei a précisé que œles principales questions à  caractère doctrinal qui seront traitées et discutées au cours des échangesœ ont été mieux cernées. Sans accord pour le moment.

Les théologiens du pape furieux après les intégristes

Ainsi, lors des prochaines rencontres, les théologiens de la Commission pontificale « Ecclesia Dei » et les experts nommés par la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X évoqueront les questions relatives œau concept de Tradition, au Missel de Paul VI, à  l’interprétation du Concile Vatican II en continuité avec la Tradition doctrinale catholiqueœ, mais aussi œaux thèmes de l’unité de l’Eglise et des principes catholiques de l’oecuménisme, du rapport entre le christianisme et les religions non chrétiennes et de la liberté religieuseœ.

Selon d’autres informations que nous avons pu recueillir, les difficultés ne viennent pas seulement de la surenchère intégriste, dont les partenaires romains estiment qu’il s’agit d’abord d’une posture, mais de l’irritation des théologiens conservateurs, mais conciliaires – désignés par le pape pour les négociations avec les Lefebvristes – ils estiment en définitive que la conception intégriste n’est pas catholique. C’est pourquoi Benoît XVI devra se garder de son parti lui-même. Parfois, on n’a pire ennemi que ceux dont on est frère.

Quels pourparlers ?

La discussion s’est ouverte, dans la confidentialité. Une délégation de la Fraternité sacerdotale Saint Pie X rencontre trois théologiens désignés par Benoît XVI.

Derrière l’argument de la réconciliation et de la communion retrouvée, c’est bien une vision d’ensemble de l’Eglise, et du christianisme lui-même, qui se trouve en jeu. Le rejet de Vatican II du côté intégriste pourrait sans doute compromettre toute issue positive aux pourparlers. Tant le clivage est grand.

L’intention profonde du pape et de son entourage s’étend bien au-delà  d’un simple rabibochage. Il s’agit – mais doit-on encore le répéter ? – de restaurer un modèle d’Eglise, intransigeant. A cet égard, le pape et les lefebvristes se trouvent proches. Malgré tout. Même si l’issue la plus probable des discussions en cours ne sera peut-être pas celle espérée d’une communion totalement retrouvée, le point de vue conservateur pourra en sortir renforcé.

Alors que s’ouvrent ces pourparlers, un nombre assez important de dissidents de l’anglicanisme se rapprochent de Rome. Dans une Constitution Apostolique, toute proche, le pape précisera les modalités de cette réintégration pleine et entière. La coïncidence est riche de sens. En décalage, sinon en rupture, avec l’esprit du dernier Concile, l’unité des chrétiens est conçue non sur le modèle d’un pluralisme assumé, dans une communion plus large, au travers d’une reconnaissance mutuelle, mais sur celui d’un retour et d’une sujétion – même assouplie – à  l’autoritarisme romain et à  son Magistère, souvent moralisateur.

En définitive, les pourparlers qui s’engagent s’inscrivent bien sur le même horizon que celui qui a présidé à  ce retour des dissidents anglicans. A savoir une opposition intransigeante aux avancées de la modernité. Une volonté de défendre un type de christianisme bien particulier, aux accents fondamentalistes et intégralistes. Tournant définitivement le dos à  la volonté de dialogue avec le monde d’aujourd’hui, et de demain. Vatican II, c’est bien fini.

Les enjeux des tractations ou le Concile en otage

C’est désormais officiel : en cette fin octobre commencent – « enfin » diront certains – les négociations du Vatican avec les intégristes en vue de déblayer le terrain au niveau proprement doctrinal. En effet, la fracture avec Ecône tient d’abord, et avant tout, au refus des disciples de Mgr Lefebvre d’accepter le Concile Vatican II et les nouveautés introduites. Non seulement au plan disciplinaire et liturgique, mais encore, et surtout, sur le fond.

On sait que Marcel Lefebvre vomissait l’oecuménisme, le dialogue interreligieux et l’idée même d’un droit positif à  la liberté religieuse. Pour l’ancien archevêque de Dakar , il n’est pas possible d’accepter les nouveautés du Concile et de rester catholique. Autrement dit, le Concile conduit à  l’apostasie, à  la perte et au reniement de la foi. D’oà¹, dans son esprit, le combat mené, très radical, et le risque assumé d’une rupture. Finalement consommée en octobre 1988 avec le sacre de quatre évêques contre Rome, et en opposition avec l’interdit du pape. Le Rubicon était franchi.

Sans doute, la galaxie traditionaliste est-elle bien disparate. Chez certains, l’attachement aux formes anciennes, fastueuses et très sacrées, corresponde sans doute d’abord à  un choix esthétique. Certes. Dans la plupart des situations, cependant, et particulièrement en France l’option pour l’ancienne messe coïncide avec une vision du monde, y compris, très souvent, au niveau politique. Suivez notre regard.

L’enjeu est donc bien une conception d’ensemble des choses, et du christianisme, et non d’abord une affaire de goà»t ou de sensibilité. D’o๠l’importance, évidente, des tractations qui s’ouvrent ces jours-ci. Il s’agit en quelque sorte de mettre cartes sur table. Avant d’accepter ou de refuser un texte, il convient en effet de se demander quel est le sens exact des enseignements et des textes contestés. Que disent exactement les textes du Concile ? Surtout les plus controversés comme celui qui traite de la liberté religieuse. Quelle est l’autorité du Concile? La lecture qui tend à  situer Vatican II en rupture est-elle acceptable ou fausse? C’est l’ensemble de ces questions qui doit être abordé. Au niveau historique, mais aussi spéculatif, car l’histoire est un point de départ et une référence constante. Mais le théologien discerne une intention objective d’un texte ou d’un événement qui échappe d’une part au contexte mais également à  l’intention de chacun des protagonistes. Une oeuvre qui échappe à  son auteur. Vatican II aux évêques présents. Et même aux papes […]

5lire l’intégralité de l’article dans Golias Hebdo n°104]

Espagne : le voyage du pape surfacturé

Le voyage de Benoît XVI à  Valence, en Espagne, en 2006 continue à  beaucoup faire parler de lui. La musique d’ambiance diffusée lors des interventions du pape a été en effet surfacturée à  la télévision régionale par les autorités locales. C’est le quotidien espagnol El Pais qui vient de le rapporter. Cette révélation survient alors qu’éclate le scandale de corruption qui entoure depuis février le Parti populaire (droite). Le réseau d’entreprises au coeur du scandale de corruption qui éclabousse la droite espagnole se serait en effet enrichi en surfacturant des frais de sonorisation à  la télévision régionale. La police ibérique a saisi des documents montrant que ce réseau d’entreprises avait facturé pour 6,4 millions d’euros les frais de sonorisation des allocutions publiques du pape retransmises en direct par la télévision régionale. Ce qui est considérable. La valeur réelle de ces prestations était inférieure de plus de la moitié du montant facturé. 3,3 millions ont ensuite été répartis entre deux entreprises liées à  Francisco Correa, cerveau présumé de ce réseau de corruption et à  une entreprise de construction.

Cette affaire survient également alors que les forces conservatrices du pays tentent de mobiliser leurs troupes en faveur du retrait de la nouvelle loi de libéralisation de l’avortement. L’épiscopat soutenant le combat du parti de Mariano Rajoy, chef du Parti populaire.

La résistance foncière des curés lozèriens

En Lozère, une polémique est actuellement en cours au sujet du bâtiment, bien trop grand et coà»teux, qui accueille aujourd’hui la maison diocésaine. Alors que la communauté chrétienne est exsangue, beaucoup posent des questions sur l’entretien de cette magnifique bâtisse.

Au départ, le diocèse se gardait bien de révéler les chiffres. Mais ses services n’occupent aujourd’hui qu’un petit tiers du bâtiment qui abritait l’ancien séminaire voilà  encore quinze ans. L’idée est donc de revendre cet édifice, bien imposant. L’évêque, Mgr François Jacolin, se serait d’abord rallié à  l’idée, avant d’y renoncer et de persister à  vouloir garder la bâtisse.

En fait, une majorité de fidèles et de prêtres était opposée au projet de vente.
« Cette décision de l’évêque, nous l’avons apprise dans la presse », rappelle au journal local Midi libre, l’un d’eux qui souhaite garder l’anonymat. Et de poursuivre « Nous étions beaucoup à  trouver curieux que quelqu’un qui arrive dans un diocèse prenne une décision comme celle-là , sans consulter, sans prendre le temps de réfléchir. » Face au front d’opposition, l’évêque avait décidé de soumettre le projet au vote – à  bulletin secret – des membres de l’association diocésaine. C’est le non qui l’a emporté (31 voix contre sur 52 votants). L’évêque s’est donc rallié.

Selon d’autres témoignages, des opposants au projet étaient prêts à  saisir le droit canonique ou à  faire appel à  la justice civile. « Si le diocèse a vraiment besoin d’argent, pourquoi alors ne vend-il pas la propriété ou la maison o๠vivent l’évêque et le vicaire général. Il pourrait ainsi venir dans l’aile ouest de la maison diocésaine¦ » indique par ailleurs, et de manière pertinente, un prêtre du diocèse.

Mgr François Jacolin a en tout cas levé le voile sur le montant des négociations un temps envisagées, telles qu’elles se présentaient voilà  encore quelques jours, avant le recul de l’évêque. « Le conseil général a demandé une estimation aux Domaines, qui ont fixé le prix de la maison diocésaine à  2,5 millions d’euros, a-t-il confié. Nous, nous avions fait appel à  un cabinet qui a estimé la maison diocésaine à  2,9 millions d’euros. » A titre indicatif, construite entre 1898 et 1902, la maison diocésaine est une vaste bâtisse de 135 m de long située au milieu d’une propriété de 2,5 ha qui compte quelque 6 000 m2 de planchers. Cette situation délicate, et fort inquiétante, est comme l’illustration éclatante de la situation générale de nos diocèses français, à  l’exemple des plus grands, en particulier de Paris et Lyon, et des deux concordataires, Strasbourg et Metz.

Les saints au milieu de nous

Ils sont « de toute nation, race, peuple et langue », ils sont « debout devant l’Agneau, vêtus de robes blanches, des palmes à  la main, ils crient d’une voix forte ».

Ils sont de tous les âges, de toutes les époques, de tous les pays, de toutes les civilisations, les saints d’hier et d’aujourd’hui, dans nos familles, nos voisinages, nos milieux divers et variés.

L’Apocalypse est écrit alors que les chrétiens sont persécutés par le pouvoir impérial, non pour ce qu’ils font, mais pour leur monothéisme exclusif, et leur refus du culte des dieux. Jean, de l’île de Patmos, entrevoit pour eux la vie céleste. Martyrs, leurs robes sont blanchies dans le sang de l’agneau.

Dans ses messages aux sept communautés dont il a la charge, l’apôtre fait l’inventaire de ce qui va et de ce qui ne va pas en chacune d’elles. Il encourage à  persévérer ou invite au repentir. Il s’en prend aux hérétiques, aux tièdes, aux suffisants. A lire bien des commentaires sur nos forums, rédacteurs et lecteurs complaisants de Golias, méritent les admonestations de l’Apocalypse : ils seraient sous l’emprise de Satan.

Dès lors, plutôt que de situer nos prières
au milieu des saints, donnons-leur libre cours par les prières du lendemain 2 novembre : « Si tu retiens les fautes, Seigneur, qui donc subsistera ? » Psaume 129. « Ils ne peuvent, les enfers, te rendre grâce, ni la mort te célébrer. » (Cantique d’Ezéchias). Les prières des hommes et femmes de bonne volonté, autour de leurs morts bientôt
rachetés.

Il ne donne pas à  ses contemporains, martyrs exceptés, le sceau de la sainteté, il vise simplement la présence et l’assistance de Jésus Sauveur : « Que l’homme assoiffé s’approche et que l’homme de désir reçoive l’eau de la vie gratuitement. » (Ap. 22,17) Les liturgies de la Toussaint rassemblent
une foule immense, impossible à  dénombrer : « Voyant les foules, Jésus gravit la montagne. Il s’assit, et ses disciples vinrent autour de lui ».

Oxymore

C’est l’union de deux termes antinomiques, comme « Obscure clarté » pour dire la nuit, ou bien « joyeux contribuable », ou encore « capitalisme moral ».

On parle beaucoup aujourd’hui de moraliser le capitalisme, comme s’il n’était pas dans sa nature d’être complètement immoral, ou amoral, comme on voudra.

Soyons lucides : nous ne pouvons pas faire reproche au loup de manger l’agneau, puisque c’est dans sa nature même de le faire. Bien sà»r, peut-être un jour dormira-t-il avec lui, comme le dit le Prophète Isaïe (11/6). C’est un beau rêve. Mais dans la réalité, ce jour-là , l’agneau ne dormira pas beaucoup…

Livré à  lui-même, le capitalisme n’a qu’un but : faire le maximum de profit au moindre coà»t. Avec la mondialisation libérale, une double pression s’exerce sur tous ses acteurs : la contrainte actionnariale, et la contrainte concurrentielle. Cette synergie diabolique opère à  tous les niveaux, du patron à  l’employé. Chacun défend son intérêt vital, celui-ci comme celui-là . Aussi bien craignent-ils tous les deux le chômage, le véritable détenteur du pouvoir étant l’actionnaire, qui impose une injonction indéfinie de productivité, et une rentabilité financière maximale. La seule règle est : sois performant, ou tu es débarqué.

Tous les maillons de la chaîne sont impliqués dans cette lutte pour la vie. Chacun y est à  la fois victime et bourreau, et la violence se perpétue d’échelon à  échelon. En bout de course, et au bas de l’échelle, la violence devient autoviolence : d’o๠les suicides au travail, de plus en plus nombreux. Comment moraliser un tel système, qui perdure, comme Baudrillard le disait de la société de consommation, avec une « fixité obscène » ?

Il faudrait évidemment taxer le profit à  partir d’un certain niveau, pour le rendre inutile. On se récrie : atteinte aux libertés individuelles ! Mais qu’est-ce qui est le plus important, s’emplir les poches ou nouer de vraies relations humaines avec son prochain ? Méditez l’admirable parabole de l’intendant infidèle : il remet des dettes pour se faire des amis, et le maître finalement lui donne raison (Luc 16/1-8).

Que le FMI ne fait-il pas de même avec ces pays pauvres écrasés sous des dettes, qui les condamnent à  mourir de faim ?