Webzine No 3

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Le numéro 3 de notre webzine, toujours rédigé sans euphémisme, développe un scoop : en France, la gauche est au pouvoir. Il contient aussi quelques compléments sur les lobbys, la démocratie et Dieudonné. Et une dernière partie pour musarder.

NDLR : toutes ces informations ont été trouvées sur la toile. Seule la juxtaposition que nous vous proposons est de notre fait. Notre objectif est de vous permettre de vous entraîner à  les décoder et ainsi pouvoir réagir et agir. L’ensemble du Webzinz est un tout, il ne saurait être exploité partiellement: il faut juste cliquer dans l’ordre, en suivant, sans ça il y a des blagues invisibles. La dernière partie, Promenades sur la toile, est cependant séparable.



Webzine No 3









Webzine No 3

 


France : la gauche est au pouvoir

Eh oui, la gauche est au pouvoir, et on ne vous l’avait même pas dit. C’est pourtant facile, un coup de Google, et hop la liste est partie. J’en ai trouvé 18, mais ce n’est pas complet :


¢ Bernard Kouchner, Militaires Sans Frontières

¢ Richard Descoings, directeur de Sciences-Po, chargé de mission de Xavier Darcos

¢ Michel Rocard, ambassadeur aux pôles (arctique et antarctique)

¢ Jack Lang, émissaire spécial du Président de la République pour Cuba

¢ Fadela Amara, auteure de « La Racaille de la République », Seuil 2006

¢ Eric Besson, ministre des ratonnades

¢ Brice Lalonde, ambassadeur chargé des négociations climatiques

¢ Martin Hirsch, commissaire aux pauvres et aux jeunes

¢ Jean-Marie Bockel, ancien combattant

¢ Jean-Pierre Jouyet : « Nommé par Nicolas Sarkozy à  la tête de l’Autorité des marchés financiers (AMF) le 14 novembre 2008. Par un arrêté ministériel du 19 janvier 2009 publié au Journal Officiel le 14 février 2009, l’indemnité de fonction à  ce poste a été portée de 149 000 à  220 000 € avec effet rétroactif à  la date de sa nomination. »

¢ Jacques Attali, président de la commission chargée des propositions pour enfoncer la France dans la crise

¢ Marin Karmitz, animateur du conseil pour la récréation artistique

¢ François Zimeray, ex-député européen socialiste, ambassadeur pour les droits de l’Homme

¢ Philippe Val, no comment

¢ Jean Daniel, le convive

¢ Denis Olivennes, directeur de l’hebdomadaire Le Nouvel Observateur : « Il y a presque deux ans, Christine Albanel, en accord avec le président de la République, m’a chargé d’une mission qui consistait à  obtenir un accord entre les parties concernées pour trouver une solution au piratage. Elle s’est adressée à  quelqu’un de gauche car elle voulait que le sujet soit non partisan. On a abouti à  un accord sur un dispositif de riposte graduée. »

¢ Bernard Tapie, futur PDG du Club Med avec nos sous

¢ Et puis alors il y a celui-là . Franchement, Sarko, il y en a déjà  17 avant lui, tu pourrais pas mettre Juppé à  la place ? S’il te plaît, Monsieur le président, s’il te plaît !



29 mai 2005 : c’était chouette, la démocratie.

Souviens-toi. C’était il y a quatre ans. On leur avait mis la pâtée. Ils s’étaient tous unis pour qu’on l’approuve, leur « Traité constitutionnel européen ». Les médias aux ordres, à  100% pour, qui jetaient du « populiste » à  la figure des opposants. Les patrons, avec leur « appel des cent ». Les partis de gouvernement, socialistes, Verts, Modem, UMP, qui nous vendaient leur « concurrence libre et non faussée » aujourd’hui contre des promesses d’ « Europe sociale » pour demain.

On les a beaucoup déçus. Le dimanche 29 mai 2005, 54,68% des Français ont voté « non »: 67% des employés, 71% des chômeurs, 79% des ouvriers. Un vote de classe, un résultat parfaitement clair, le peuple qui décide : la démocratie, quoi. Leur tronche, sur les plateaux télés, à  tous ces mollusques, ça ne s’oublie pas.

Ca n’a pas duré, bien sà»r, il y a eu le coup d’Etat du 4 février 2008. Mais, bon sang, c’était chouette, la démocratie.



Lobbys : le site de l’Institut Supérieur Européen du Lobbying

L’Institut Supérieur Européen du Lobbying est le premier établissement entièrement dédié à  la formation aux métiers des relations institutionnelles aussi bien à  Paris que Strasbourg et Bruxelles. Son offre de formation est sanctionnée par un Diplôme d’Université (niveau bac +5) délivré par l’Université de Strasbourg. La direction pédagogique est assurée par des professionnels directement liés au monde du lobbying (cabinet de lobbying, agences de communication, élus, associations professionnelles, ONG, etc.) et par des universitaires. En partenariat avec la section « Relations internationales » de l’ITI-RI / Université de Strasbourg, cette formation a pour vocation la transmission et l’acquisition de compétences pratiques dans les domaines intéressant notamment : la veille législative et concurrentielle, le fonctionnement théorique et pratique des institutions européennes et françaises, les stratégies de lobbying et les outils de communication d’influence, le management des affaires européennes, etc.

Formation professionnelle au lobbying : 24 samedis à  Paris – Semaine bloquée à  Strasbourg et à  Bruxelles.

Pour en savoir plus sur la « lobbycratie » européenne, reportez-vous au numéro 2 de ce webzine, à  deux bons articles de l’Express, [1] et [2], et au site lobbycratie.fr (regardez en particulier la vidéo). Pour un exemple concret, voir le pdf du lobby du faux rosé. Il faut aussi savoir que la majorité des lois (directives) européennes a été écrite par l’ERT.

Si cette lobbycratie vous indigne, le juge Halphen a fait pour vous une association pare-feu, Anticor, dont l’activité consiste à  demander… que les députés rendent les cadeaux des lobbyistes ! Vous pouvez aussi vous dire que puisque ces lobbys sont des forces par nature antidémocratiques, factieuses, eh bien il faut juste interdire les lobbys, ce n’est pas plus compliqué que ça (« interdire », pas « moraliser », pas « légaliser », pas « comité d’éthique », pas « auto-régulation », pas « encadrer », pas « rendre transparent », pas « enregistrer » etc). Lois sur la corruption, association de malfaiteurs, entreprises factieuses, l’arsenal juridique existant est parfaitement suffisant, il suffit de l’appliquer. Donc le 7 juin, il faut et il suffit de voter pour un parti qui se prononce pour l’interdiction des lobbys. Pour trouver ce(s) parti(s), c’est facile, il suffit de taper interdiction des lobbys dans Google, et vous avez la liste de tous ceux qui demandent cette interdiction. Allez-y, cliquez. Voilà , vous avez trouvé, vous savez quoi faire le 7 juin, maintenant !



Lobbys : Dieudonné et le lobby sioniste

Dieudonné est un humoriste. Son métier consiste à  se moquer des gens, c’est à  dire à  leur faire mal. Ce qui passe, parce qu’il fait rire tout le monde, même ceux dont il se moque. Il fait d’autant plus rire que sa critique est pertinente, que les travers qu’il a relevés sont justes. Mais cela demande deux conditions: la première condition, c’est d’avoir du talent, et là , Dieudonné est le meilleur, de très loin. Son niveau est celui de Molière. Pas étonnant que, comme Molière, il ait déchaîné la cabale des dévôts: plus tu as du talent, plus tu fais mal, et cela a des effets politiques.

La seconde condition, c’est que tu connaisses bien ceux que tu critiques, de façon à  viser juste. Quand c’est le cas, tout le monde en prend pour son grade, et tout le monde rit : voyez par exemple le sketch sur le voile à  l’école. Mais quand ce n’est pas le cas, quand par exemple tu ne connais que le reflet médiatique de ceux que tu moques, tu fais toujours mal, mais tu ne fais pas rire, ou pas assez. Et là , c’est dangereux. J’ai trouvé deux sketches o๠Dieudonné est seulement moyen, parce qu’il ne connaît que l’écho médiatique de ceux qu’il moque : le sketch sur le syndicaliste et celui sur l’empire du mal, chez Fogiel – un sketch pas fini, pas bouclé, encore en cours d’écriture, grave erreur.

Le lobby sioniste s’est immédiatement mobilisé contre Dieudonné, avec ses pratiques habituelles, qui ne relèvent pas de l’humour : Dieudonné s’est fait dénoncer comme antisémite, évidemment, la visée étant l’interdit professionnel. Se retrouvant sur le terrain politique, Dieudonné s’est cherché des alliés : il n’a guère trouvé que la mouvance FN. Celle dont il se moque si bien dans son sketch sur l’adjudant-chef, celui sur la musaraigne, ou celui sur le régisseur, sans compter celui sur les racistes anonymes.

Puisque l’attaque était politique, la réplique a été politique : Dieudonné a fait une liste qui se présente contre le lobby sioniste. Seulement, autant Dieudonné est excellent dans le spectacle politique, autant c’est un débutant dans la politique-spectacle. Si tu dénonces un seul lobby sur les milliers qui existent, c’est que tu couvres tous les autres, et d’abord le tien, d’accord ? Pour cacher que toi aussi tu es un lobby, tu opères en trois temps: 1/ tu dénonces le lobby d’en face; 2/ tu te poses en victime (du lobby d’en face); 3/ tu montres que tu représentes l’humanité souffrante en général, pas un lobby. C’est exactement ce que fait le lobby sioniste. C’est exactement aussi ce que fait Dieudonné. Les lobbys ne sont plus les sponsors du spectacle, ils sont directement le spectacle. Misère du spectacle, misère de la politique.



Promenades sur la toile


¢ Jeu vidéo : votre santé contre les assureurs.

¢ L’avenir incertain des cendriers.

¢ Enseigner n’est pas un travail social.

¢ Dans l’enclos de Gaza (reportage en BD).

¢ Liban, les bombes à  sous-munitions (reportage en BD).

¢ Jean Ziegler – La haine de l’occident.

¢ La directive Bolkenstein revient.

¢ Chomsky et l’amnésie historique américaine.

¢ Poésie d’utilité publique, par Francis Combes.

¢ Le blog d’un flic (excellent, c’est une flique, en fait).

¢ Les portiques à  l’école, c’est du bidon, bien sà»r.

¢ Peut on encore parler de son travail ?

¢ JP Martin – Quelle cagoule pour le 1er mai ?

¢ JP Martin – Une solution au piratage : le film de merde

¢ JP Martin – Après la scientologie, l’UMP ?

NB : Sur le blog de Jean-Pierre Martin, lisez bien les sondages, dans la colonne de droite. Ils sont tous vérifiés.



Ne les oublions pas


¢ Salah Hamouri, détenu par un Etat policier depuis le 13 mars 2005.

¢ Mumia Abu-Jamal, détenu par un Etat policier depuis le 9 décembre 1981.

¢ Philippe Widdershoven, suicidé.
 


 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 




Apprendre de l’autre

Entre l’Ascension et la Pentecôte, nous somme dans l’entre-deux. L’Envoyé est retourné vers le Père. L’Esprit promis, le Défenseur (paraclètos) n’est pas encore venu sur les disciples.

Or, à  y bien regarder, n’est-ce pas toujours notre situation ? Dieu semble absent et si l’Esprit a bien été donné, les fleuves d’eau vive promis tardent à  irriguer nos vies (Cf. Jn 4, 14 et 19, 34). C’est peut-être ce que suggère l’Evangile de ce jour : nous n’avons pas la force de porter tout ce que Dieu veut nous dire. L’Esprit doit encore nous guider vers une vérité qui n’est pas encore complètement dévoilée, non à  cause de Dieu mais parce que nous sommes incapables de la connaître. Etymologiquement, en Droit, le paraclet signifie « appelé auprès de », comme un avocat, et c’est sans doute pour cette raison que Jésus le qualifie comme un « autre » de lui-même (14, 16. Cf. 1 Jn 2, 1) : ce qu’Il était auprès de ses disciples, l’Esprit le sera pour tous les croyants. Dès lors, le départ du premier est la condition de l’envoi du second pour qu’il en soit l’interprète en conduisant (v 13) les disciples à  ne pas croire comme le monde mais à  discerner dans l’itinéraire du Fils (15, 26) la Gloire même de Dieu (16, 14).

C’est le raccourci que nous offre la liturgie en omettant 16, 1-11, ce qui pointe le plus difficile à  croire : « tout ce qu’a le Père est à  moi » (v 15), et à  comprendre : l’Esprit n’est pas le Fils mais le rend présent. Précisons. Le scandale chrétien qui place le disciple en procès face au « monde » (et donc aussi à  lui-même en tant qu’il est encore dans le monde en proie à  l’incrédulité et à  l’injustice) réside dans le renversement de la Toute-puissance divine puisque le sommet de la Révélation advient sur la Croix. Comment et pourquoi Dieu se vide-t-il d’un de ses attributs communément accepté par tous les croyants et même par les athées? Mystère que nous n’avons pas fini de découvrir ! Or, il n’est pas question pour Jean de penser la crucifixion comme un moment dépassé. Les apparitions du Ressuscité montrant ses plaies toujours ouvertes le montrent. L’Esprit n’inaugure donc pas un nouvel âge qui ferait fi de la chair du Fils puisqu’il vient au contraire nous en donner l’intelligence mais par Lui, c’est bien Jésus qui est avec ses disciples, envoyés pour faire grandir son oeuvre (14, 12). On reconnaît là  un thème fondamental du discours d’adieu (chapitres 14 à  17) que nous avons lu tout au long de ce Temps pascal : celui de la communion de Jésus et des disciples qui est participation à  la vie même du Dieu que l’on peut nommer aujourd’hui Trinité. Ni le Fils ne le prend la place du Père, ni l’Esprit celle du Fils.

Exemple à  contempler en un monde placé sous le règne de la compétition. La seule ambition du fidèle au Nom de Dieu est peut-être de laisser l’autre exister, non pas en s’effaçant, mais en apprenant sa langue. Tous ceux et celles qui ont fait cet effort savent que l’on ressemble alors à  un enfant qui essaie de balbutier quelques mots provoquant le rire sympathique de ceux et celles qui les essaient de les reconnaître. Jésus n’avait-il pas promis au savant Nicodème de renaître ? L’Esprit n’a peut-être pas fini de nous faire découvrir de nouvelles grammaires. Encore faut-il que nous nous vidions de notre savoir pour recevoir de l’autre la présence de Dieu en y découvrant avec émerveillement comment l’Esprit l’habite du Mystère Pascal (Cf. GS 22, 5) !

Les cas de conscience des Ducelier 8 / 9

Résumé des épisodes précédents
Marie-Agnès refuse d’interrompre sa sixième grossesse malgré la naissance annoncée d’un petit-fils qui n’était pas du tout prévu. Pour y voir plus clair, elle se rend à  l’Eglise de Curbourg tenue par un traditionaliste. Au cours de l’homélie, le curé reprend le catéchisme de Pie X pour déclarer que les enfants morts sans avoir été baptisés n’ont pas accès au paradis mais simplement aux limbes. Révoltée par l’intransigeance aveugle de tels propos, elle décide de s’en tenir à  l’avis de son obstétricien pour qui elle met sa vie en danger en donnant naissance à  un sixième enfant.

Au cours de la deuxième quinzaine de juillet, Anne-Marie et Jean-Luc se sont partagé les tâches ménagères en l’absence de leurs parents retournés à  St. Denis pour une petite semaine, soi-disant pour régler des problèmes liés à  la vente de la maison, en réalité pour interrompre la grossesse de Marie-Agnès et, si possible, rencontrer les parents d’Armelle.

Après l’opération, Marie-Agnès ne peut retenir ses larmes, envahie par la détresse d’avoir fait disparaître ce bébé qu’elle n’avait certes pas désiré mais qui était tout de même le fruit de l’amour. Pour autant, elle ne se croit pas obligée de se confesser parce qu’en son âme et conscience se comporter comme une kamikaze eà»t été un péché.

Pour l’heure, il lui faut surmonter ses états d’âme et se requinquer pour se présenter, avec Alexandre, chez les parents d’Armelle. Ils sont réconfortés par l’accueil de ces gens, simples, conviviaux, prévenants et soulagés de savoir leur fille accueillie dans une famille aussi compréhensive mais, mon Dieu, comme elle va leur manquer !

« Seriez-vous prêts à  vous installer en Normandie ? Intervient Alexandre.
– Figurez-vous que l’idée nous a effleuré l’esprit, reprend la maman ; mais il
faudrait remplir deux conditions : trouver du travail et un appartement ; en pleine période de licenciement, c’est quasiment impossible pour la première ; quant à  la seconde, elle dépend de la première. Alors ! N’en parlons plus.

Mais Alexandre n’avait peut-être pas dit son dernier mot.

Comme cela arrive souvent dans une conversation entre deux couples, les hommes parlèrent boulot et les femmes, un peu à  l’écart, du futur bébé ; toutes deux convinrent qu’il serait plus convenable que le mariage des jeunes parents ait lieu avant que la grossesse d’Armelle ne soit trop évidente.

Sitôt de retour à  Cariéville, Marie-Agnès met le curé de la paroisse au courant de la situation du jeune ménage. Oui, il sera heureux de célébrer leur mariage ; mais non, aucune obligation qu’il soit précédé de la confession. Ces jeunes gens ont été un peu rapides en besogne ? Soit, mais leur comportement est quasiment exemplaire et d’abord, o๠est-ce écrit dans l’évangile qu’il est interdit de copuler avant d’être mariés ? Nulle part !

« Mais, mon Père, que faites-vous de l’enseignement de l’Eglise ?
– Je m’en tiens prioritairement aux recommandations du Christ lui-même :

Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton coeur, de toute ton âme et de tout ton esprit. Et, tu aimeras ton prochain comme toi-même.’ C’est simple et limpide. Le reste n’est que littérature écrite par des penseurs atteints de masochisme et qui brouillent le message du Christ en faisant de la surenchère.

Après avoir remercié le curé pour sa compréhension, elle retourna au manoir avec le sentiment d’avoir mal interprété les intentions du pape Jean XXIII, bienheureux depuis l’an 2000. Cet homme-là  avait une intelligence du coeur qui, manifestement, n’est pas la principale faculté de Benoît XVI.

Le mariage d’Armelle et de Jean-Luc fut célébré dans la discrétion et l’intimité de leurs familles respectives.

Le jour de la rentrée scolaire, comme prévu, une voiture hippomobile s’arrête au carrefour proche du manoir. De loin, elle a des allures de roulotte. En fait, c’est une longue charrette bâchée d’une toile blanche à  l’arrière de laquelle est aménagé un marchepied escamotable. Les parents accompagnent leurs deux enfants empressés d’y grimper avec l’aide d’un ancien employé municipal qui a repris du service.

Alexandre sursaute en constatant que c’est un percheron qui tire l’attelage ; le voilà  transporté plus de trente ans en arrière quand il caressait la croupe rebondie de ses puissants mais paisibles chevaux. Par hasard, ne serait-ce pas le fermier de la Suisse normande qui l’aurait vendu ou prêté à  la municipalité ? Dans ce cas, l’occasion serait aisément trouvée de rencontrer Alex et, avec l’aide de Dieu, de lui révéler enfin qu’il est son père et le grand-demi frère de cinq enfants !

Depuis la deuxième quinzaine de décembre, Jean-Marc est devenu l’ami du percheron attelé à  la ˜roulotte’ hippomobile transformée en chariot du Père Noà«l. Il caresse sa robe gris pommelé et se hisse sur la pointe des pieds pour lui chuchoter des compliments à  l’oreille. C’est dans cette posture qu’un jour il se sent soulevé par deux bras vigoureux qui l’installent à  califourchon sur le dos de l’animal au repos. Remis de ses émotions, Jean-Marc reconnaît Alex, le jeune homme qui, de temps à  autre, remplace le vieux voiturier de la municipalité.

Le soir même, au cours du dîner, le benjamin relate ses exploits de cavalier. A peine a-t-il prononcé le prénom du cocher que Marie-Agnès rate une déglutition, se précipite dans la cuisine o๠son mari la rejoint aussitôt. Tous deux s’interrogent : Cette marque de sympathie donnée par Alex était-elle due à  une circonstance fortuite ou à  une tentative pour entrer en contact avec eux ?

Pour le savoir, Alexandre se rend un soir dans le hall du CHU pour rencontrer Jérôme. Ce dernier, en effet, avait fini par satisfaire la légitime curiosité d’Alex en lui dévoilant l’adresse de son père biologique et sa situation de famille. Dans un premier temps, le jeune homme avait refusé de rencontrer son géniteur puisqu’il ne s’était jamais manifesté mais il avait changé d’avis en apprenant dans la foulée qu’il s’agissait de l’homme venu à  la ferme des percherons quelques mois auparavant. Dès lors, il s’était proposé de conduire la voiture hippomobile de temps en temps pour saisir l’occasion de rencontrer les plus jeunes enfants. Il avait pu ainsi repérer le manoir, aperçu Marie-Agnès, véhiculé les deux plus jeunes enfants et appris leurs prénoms.

Il était devenu impossible désormais pour Alexandre et sa femme de ne pas rencontrer Alex. Mais quelle attitude adopter vis-à -vis de leurs enfants ?
– Devaient-ils leur révéler qu’il était leur demi-frère aîné ? N’était-ce pas plus sage de ne rien leur dire ? Mais ce silence n’était-il pas un affront pour Alex, considéré comme un rejeton honteux qu’il faut cacher ?

– Leur avouer franchement qu’Alex est un enfant illégitime ? Mais quelle déconvenue pour eux de découvrir que leur père, non seulement avait péché mais qu’il ne s’était même pas soucié des conséquences de sa faute.
Ils décidèrent de rencontrer le père Serge.

A suivre ¦

Canada : les indigènes du Vatican

Le mercredi 29 avril 2009 au Saint-Siège, une nouvelle stratégie de communication a été mise en oeuvre non sans succès. Après quelques sorties ratées qui avaient secoué ostensiblement son pontificat ces derniers mois, le Pape Benoît XVI vient de traverser un autre tournant escarpé, mais cette fois-ci, le virage a été habilement négocié, du moins sur le plan communicationnel.

Pour éviter de s’excuser à  nouveau, le Saint-Père a choisi d’exprimer «des regrets», ce qui lui a permis d’échapper à  une nouvelle critique virulente des médias. Après son «I’m deeply sorry» au sujet des prêtres pédophiles aux Etats-Unis et au lendemain de la controverse causée par la réhabilitation des intégristes lefebvristes parmi lesquels l’évêque négationniste de la Shoah Mgr Richard Williams, le Saint-Siège se devait à  tout prix d’éviter une nouvelle tôlée médiatique. L’exercice vient d’être testé avec succès, au sujet d’un scandale que l’à‰glise traînait depuis des années relativement aux abus commis sur des autochtones canadiens. En effet, la portée du scandale était extrêmement délicate, car il s’agissait des faits qui se sont étendus de 1880 à  1970. Le plus inquiétant était la nature du scandale, car elle est de loin plus grave que celle qui a mis à  mal l’image de l’à‰glise ces derniers mois. Et pour preuve, au sujet de ce même scandale, le Premier Ministre Stephen Harper en a déjà  présenté les excuses officiellement au nom du Canada et son gouvernement a payé plusieurs millions de dollars en compensation aux populations autochtones qui en ont été victimes. En 1991, la congrégation des Oblates de Mary Immaculée qui était directement impliquée a présenté aussi des excuses. Dans une lettre de quatre pages, elle a reconnu notamment que «le système s’inspirait d’un complexe de supériorité européenne qui considérait les pratiques des autochtones comme païennes et superstitieuses.

De quoi s’agit-il ?

De 1880 à  1970, 75 % des pensionnats o๠on internait les jeunes autochtones du Canada étaient confiés aux missionnaires catholiques qui étaient responsables de leur éducation. Environ 100.000 enfants ont fréquenté ces institutions. En contrepartie de leur travail, les missionnaires qui en étaient responsables recevaient des fonds du gouvernement canadien sur base de l’effectif de chaque établissement. Au sein de ces internats, les autochtones du Canada ont subi des préjudices à  travers des abus de toute sorte. Aujourd’hui, ces populations traînent des blessures psychologiques irréparables en raison des sévices subis dans leur jeunesse. Pour changer leur état sauvage, il fallait d’abord en faire de petits «blancs», en extirpant d’eux des croyances superstieuses ! Par ailleurs, cette formation humiliante et dégradante avait reçu l’aval du gouvernement canadien de l’époque. D’après les termes de la loi votée en 1857, il fallait « encourager une civilisation graduelle», et les à‰glises devaient prodiguer une éducation aux valeurs de la civilisation occidentale. Aujourd’hui, tous s’accordent pour dire que le traitement que ces autochtones canadiens ont subi est inhumain, en plus des abus sexuels dont plusieurs d’eux ont fait l’objet. Malheureusement, il s’est étendu sur de longues années. Le communiqué du Vatican précise à  ce sujet que sa Sainteté Benoît XVI a souligné que de tels abus ne doivent plus être tolérés dans la société.

Des regrets profonds mais pas d’excuses !

De toute évidence, la cérémonie qui a eu lieu dans la salle Paul VI au Vatican avait été méticuleusement organisée. En fin de compte, il n’était pas question que le Pape Benoît XVI présente des excuses au nom de l’à‰glise, en dépit de la gravité du scandale justifiant son intervention personnelle. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard que lors de cette audience, le chef de l’assemblée des Première Nations du Canada était accompagné par Mgr James Weisgerber, archevêque de Winnipeg et président de la conférence des évêques catholiques du Canada. Visiblement, cette rencontre était consécutive à  d’intenses tractations de coulisse. Le choix des mots répondait à  un exercice de relations publiques soigneusement préparé. Ainsi le Pape exprimé «ses regrets pour la conduite déplorable de certains membres de l’à‰glise sur des autochtones canadiens dans des écoles ». Tandis qu’à  la sortie de l’audience, le chef des Première Nations a dit avoir reconnu la sincérité du Pape à  la vue de la profondeur de sa peine. Comme s’il voulait répondre aux critiques qui s’étonnaient de l’absence des excuses en bonne et due forme, Phil Fontaine s’est expliqué en ces termes : «Il a reconnu notre souffrance, c’est ce qui est important et c’est ce que je cherchais ». Depuis son retour de cette audience, il ne cesse de s’expliquer sur l’absence des excuses officielles du Vatican.

Sur le site web du Vatican, l’audience fait l’objet de deux paragraphes à  travers lesquels on mentionne qu’étant donné la souffrance subie par des enfants autochtones dans le système des résidences scolaires canadiens, le Saint-Père a exprimé ses regrets causé par la conduite déplorable de quelques membres de l’à‰glise et il a offert sa sympathie et ses prières solidaires. Sa Sainteté a réaffirmé que de tels abus ne doivent plus être tolérés dans la société. Il a prié pour tous ceux qui ont été affectés pour qu’ils soient soulagés et il a encouragé les Premières Nations à  aller de l’avant avec un espoir renouvelé.

En terme de relations publiques, ce dossier a été traité avec soin, comparativement aux dérapages qui ont secoué le Saint-Père ces derniers mois. Mais sur le fond, la politique du Vatican reste superficielle, car le Saint-Siège n’assume pas les torts qu’il attribue à  «la conduite déplorable de quelques membres de l’à‰glise». Par ces regrets, Benoît XVI se «lave les mains» plutôt que d’assumer pleinement les abus commis par des ouvriers dà»ment mandatés par l’à‰glise. Par ailleurs, il est permis de se poser des questions sur la politique de deux poids deux mesures, adoptée par le Saint-Siège. Comment explique-t-on que le Pape s’excuse aux Etats-Unis et en Australie, regrette pour des abus commis au Canada et se tait sur des scandales commis ailleurs comme en Afrique ? Décidément, il y a un pas à  franchir pour être plus cohérent. Ce qui est plus appréciable dans cette histoire, c’est que dans les cas précédemment mentionnés, une réparation a été amorcée en faveur les victimes après que des compensations financières ont été versées. La participation financière de l’à‰glise pour indemniser les autochtones canadiens s’élève à  79 millions de dollars. Avant que cette audience soit accordée au chef des Premières Nations, les autochtones du Canada affirmaient que le silence du Vatican constituait une pièce manquante pour boucler une page sombre de leur histoire. Il est difficile de savoir s’ils ont été majoritairement satisfaits par des «regrets» en lieu et place des «excuses» qu’ils attendaient depuis longtemps.

Le Saint-Siège au diapason des autres gouvernements occidentaux

Avec cet événement, on se rend compte que le Vatican ne diffère guerre des autres gouvernements occidentaux. En effet, c’est une pratique courante de tenir loin du grand public les scandales qui éclatent ça et là . Quand la portée des éléments fâcheux touche autant l’opposition que le Parti au pouvoir, les formations rivales s’accordent mutuellement la faveur du silence au détriment des citoyens qui les ont élus. Pour ce qui est du Saint-Siège, c’est pire puisqu’il n’y a même pas d’opposition officielle. La pression de l’opinion publique est jusqu’à  présent la seule force, susceptible de servir de garde-fou aux dérapages qui se déroulent souvent derrière des portes closes. Or, pendant longtemps, les messages officiels de l’à‰glise ont fait l’objet d’un filtrage qui laisse peu ou pas de traces de compromissions. Même quand celles-ci adviennent, il y a encore des témoins qui se sentent liés par une obligation du silence vis-à -vis de tout ce qui a trait à  l’à‰glise. L’avènement de l’Internet et son entrée dans la vie courante des citoyens semblait être une solution, car la censure pratiquée avec succès pour museler toute vérité dérangeante perdait de plus en plus de ses plumes. Le Saint-Siège avait eu de la misère à  s’adapter en raison de son conservatisme dépassé qui le poussait à  accorder peu d’attention aux nouvelles technologies médiatiques. Mais voilà  qu’il vient de se mettre au diapason des autres gouvernements occidentaux. Pour mettre fin aux critiques de son silence au sujet des abus commis sur des autochtones canadiens, il a suffi de rompre son silence et le combler de manière douce et soigneuse, une fois pour toute. Les regrets du Pape et quelques mots de satisfaction de Phil Fontaine relayés par la presse internationale, cela a suffi pour faire taire définitivement les critiques au sujet d’un scandale qui pesait lourd sur l’à‰glise. L’exercice a permis aussi d’alimenter un capital de sympathie à  l’endroit d’un Pape, présenté comme «sensible et profondément touché par l’angoisse et la douleur des autochtones canadiens», une affaire scandaleuses vieille de 129 ans ! En voilà  pour la nouvelle stratégie de communication qui permet au Saint-Siège d’ajuster sa politique de communication, en adoptant la version actualisée de la propagande médiatique contemporaine. Cet aspect est à  surveiller dorénavant.

Jean-Claude Ngabonziza
Ottawa-Canada

L’Esprit passe-muraille

Certains de nos amis lecteurs connaissent peut-être la charmante nouvelle de Marcel Aymé « Le passe-muraille » o๠un modeste employé reçoit le don de passer les murs comme s’il traversait une porte ouverte.

L’Esprit de Pentecôte, esprit de liberté, se moque de nos murs, de nos barrières et de nos frontières. Nous avons revu récemment un film turc, à  tous les plans extraordinaires, « Propaganda » de Sinan Cetin (1999). De l’Evangile à  l’état pur. Un village est artificiellement séparé en deux par un pouvoir militaire, sous menace de mort pour qui violerait cette frontière inhumaine qui sépare le frère de la soeur, l’ami de l’ami, l’amant de l’amante. L’histoire s’achève très bien. Une parabole exprimant à  sa façon la triste situation du monde entier : tous les hommes sont frères et tant de frontières les séparent. La pire étant celle, invisible, de la haine et du coeur fermé.

La grande transformation opérée par l’Esprit Saint dans les coeurs des apôtres réunis au Cénacle est la libération de la peur. Ils restaient enfermés et repliés sur eux-même et voici que le souffle leur donne courage et audace. Or, certains agitent les peurs qui leur assurent un fond de commerce et de votes. Le contraire de la foi. C’est elle qui dicte au sein de l’Eglise des politiques conservatrices et répressives. C’est elle aussi qui pousse les sociétés à  se « protéger » de l’autre et du différent, à  l’expulser et à  le repousser. Aussi, Golias salue le courage et la fermeté des évêques de France qui réaffirment collégialement leur soutien aux bénévoles qui sont aux côtésdes sans-papiers, et que l’on entend aujourd’hui pénaliser.

Le 8 avril, pour désamorcer, mais de façon peu convaincante, la bombe, Eric Besson, ministre de l’Intégration, avait déjà  déclaré qu’il s’agissait d’un « mythe », sans être crà», comme on l’imagine. En effet, quelques jours après, fut publiée une liste non exhaustive de personnes condamnées ces vingt dernières années pour ce délit prévu par la loi. Le ministre serait-il en flagrant « délit » de mensonge ? Et les évêques en flagrant « délit » d’authenticité » évangélique? L’Esprit souffle o๠il veut et se moque des murs. Il est passe-muraille!

Centres de rétention : bénévoles pris en flagrant délit de solidarité

Face au renforcement des dispositifs de contrôle et de détention, les associations du réseau Migreurop1 (voir aussi la rubrique « Expertise ») lançaient la campagne œPour un droit de regard dans les lieux d’enfermement des étrangers 2 en septembre 2008, lors du Forum social mondial des migrations de Madrid.

Parmi les revendications communes adressées aux à‰tats membres et aux institutions de l’Union, œ il est demandé d’assurer plus de transparence sur l’existence et la situation dans ces lieux, et de mettre en place un mécanisme de contrôle indépendant des autorités nationales  (Causes communes mars 2009, Cimade).

Migreurop est né en novembre 2002 au Forum social européen de Florence, après qu’il fut apparu que le camp de Sangatte , à  quelques kilomètres de Calais , était loin d’être une exception dans une Europe pratiquant à  grande échelle la mise à  l’écart des étrangers. Le réseau compte actuellement quarante associations dans treize pays et des adhérents individuels.

Des actions ont été lancées par des associations membres de Migreurop qui s’intègrent dans la campagne, en Italie, au Portugal, en Turquie, en Belgique o๠les six centres, pourvus d’un dispositif de sécurité impressionnant, présentent un caractère carcéral prononcé

En Espagne des manifestations ont lieu régulièrement et plusieurs ONG ont publié des rapports. Dans le pays, coexistent des centres d’internement officiels et des centres informels dont on ne connaît même pas localisation exacte, ce qui ouvre à  toutes les présomptions. Comme les militants de l’Action Catholique Ouvrière, impliqués dans divers mouvements, le Réseau Education sans frontières installe ses œcercles du silence, distribue tracts et explique sa présence. A Strasbourg, ils sont présents sur la place Kléber le 30 de chaque mois (sauf février).

[lire la suite de l’article dans Golias Hebdo n°82]

Un Bagnard’s Boy à  la tête du Séminaire français de Rome

Le Pape vient de nommer un nouveau Recteur du Séminaire Pontifical français en la personne de l’abbé Sylvain Bataille, un prêtre du diocèse de Belley-Ars, jusqu’à  présent (et depuis neuf ans) Supérieur du séminaire d’Ars fondé par Mgr Guy-Marie Bagnard, dans la ligne de restauration d’un style de clergé très conservateur, tout droit sorti du Concile de Trente.

Ce quadragénaire très old style entrera en fonction en octobre 2009, remplaçant à  Rome le Père Jean-Yves Fradet, un spiritain de 66 ans.

Il faut se souvenir que depuis un siècle et demi cette congrégation missionnaire s’occupait du Séminaire Français. L’un de ses recteurs devint archevêque d ‘Auch en 1996, Mgr Maurice Fréchard. En raison de son vieillissement et du manque de jeunes pères, elle passe à  présent la main au clergé séculier.

Plusieurs options avaient d’ailleurs été envisagées dont celle de confier ce séminaire à  Notre Dame de Vie (Vénasque) et même à  l’ Emmanuel . Finalement, ces deux hypothèses furent écartées en raison de la spiritualité trop particulière de ces deux nouvelles communautés.

En choisissant, sous l’influence dit-on de Mgr Thierry Blot, un prêtre de Belley-Ars qui travaille à  la Curie, proche du cardinal Dario Castrillon Hoyos, le Supérieur du Séminaire d’Ars, la Curie donne un signe d’encouragement évident à  cette tendance, ce qui n’est d’ailleurs guère étonnant dans le contexte actuel de restauration. Sur le site internet de son diocèse, l’évêque très discuté de Belley peut d’ailleurs pavoiser. Il ne peut manquer d’y voir une certaine consécration de son oeuvre.

Pour mémoire, Mgr Bagnard a toujours mené un combat pour une vision archi-conservatrice du prêtre, en opposition frontale et haineuse avec l’épiscopat français de l’immédiat après-Concile. Supérieur du séminaire de Paray-le-Monial de 1974 à  1984, il dut quitter alors son poste en raison de sa façon de former des jeunes contre les orientations pastorales de leur évêque et de leur diocèse.

Par cette nomination, Rome tourne une fois de plus le dos aux grandes intuitions de l’après-Concile. Il était alors question d’ouverture et de présence au monde. Une thématique aujourd’hui bien oubliée.

Garez-vous ! : Barbarin envoie du lourd sur l’ensemble paroissial Lyon-La Part Dieu

Dans le cadre de sa politique pastorale diocésaine de plus en plus restauratrice, le cardinal Barbarin, Primat des Gaules va mettre en place (à  partir de septembre prochain) une Fraternité sacerdotale sur l’ensemble paroissial St Sacrement/Immaculée Conception en plein coeur du quartier d’affaires Lyon La part Dieu. Ensemble paroissial desservi jusqu’à  présent par les Oratoriens qui quittent les lieux, leur mandat arrivant à  échéance.

Des religieux ouverts remplacés par des clercs réacs

Un départ qui chagrine déjà  les fidèles tant l’ouverture d’esprit des religieux faisait l’unanimité et la joie d’une communauté chrétienne, vivante, dynamique, de plein vent avec l’à‰vangile au coeur du monde, hors des sentiers d’une pastorale du permis et du défendu en croisade contre le relativisme ambiant au nom de la Vérité catholique pleine et absolue.

Or l’arrivée de cette Fraternité sacerdotale (le rêve de Philippe Barbarin pour les curés du diocèse !) composée de trois prêtres connus pour leur profil réactionnaire et intransigeant ébranle le Peuple de Dieu local. D’autant que se trouve dans ce trio sacerdotal le célèbre abbé Pépino, bien connu des lecteurs de Golias pour ses messes solennelles en mémoire de ¦ Louis XVI ! (voir plus loin notre article à  ce sujet).

L’évêque aux Armées ne débarquera pas à  Lyon. Ouf !

Cependant, les paroissiens de l’ensemble St Sacrement/Immaculée Conception ont échappé (si l’on peut dire !) à  un projet qui aurait pu être encre plus lourd de conséquences (encore que !). En effet dans les solutions qui furent envisagées pour remplacer les religieux Oratoriens furent évoquées l’arrivée de la communauté charismatique du verbe de Vie et un moment celle de l’évêque aux Armées, Mgr Patrick Le gal, lui-aussi bien connu des lecteurs de Golias (cf. à  son sujet le n°108 de Golias Magazine).

Pourquoi donc l’évêque aux Armées serait-il ainsi redevenu simple curé de base alors qu’il est encore en fonction et qu’il n’est pas en fin de contrat ? D’après nos informations, parce que Mgr Le gal est tombé en disgrâce, non seulement au sein de son diocèse aux Armées (le DAF) mais aussi aux yeux des autorités civiles et militaires françaises. Après François Hollande (maire de Tulle) et Bernadette Chirac (conseillère générale de Corrèze) qui avaient réussi à  se mettre d’accord pour le faire décamper de Tulle o๠Mgr Le Gal était à  l’époque en place et le faire atterrir au DAF , voilà  que désormais le dit évêque redevient à  nouveau encombrant en raison des problèmes posés par l’exercice de son épiscopat.

Question qui embarrasse aussi l’épiscopat français et la nonciature : mais que faire de Le Gal qui pose question partout o๠il pose ses guêtres. En bon Samaritain et grand serviteur de l’Eglise, et dans sa grande mansuétude, le cardinal Barbarin aurait eu l’intention de l’accueillir à  Lyon dans le cadre de son projet de Fraternité sacerdotale en lui offrant le poste de responsable (c’est-à -dire de curé). Toutefois, l’intéressé, un temps ouvert à  la proposition aurait décliné finalement l’offre de service. Il est vrai qu’il n’a pas que des amis dans la cité des gaules !

Une Fraternité sacerdotale en mode Action Française !

Le peuple de Dieu de l’ensemble paroissial Lyon La Part Dieu l’a donc échappé belle ! Mais pour autant n’a pas complètement perdu au change avec leurs nouveaux curés dont l’abbé Pépino, comme indiqué plus haut. Aussi, pour donner un avant goà»t de ce qui attend les fidèles du St Sacrement/Immaculée Conception, nous publions à  nouveau l’article que nous avions consacré à  cet ecclésiastique à  l’occasion d’une messe solennelle qu’il avait célébrée en mémoire de Louis XVI.

A l’évidence, il ne va pas être facile aux paroissiens concernés de mettre sur les rails du Concile Vatican II le trio sacerdotal que son Emminence, le cardinal Philippe Barbarin, vient de leur infliger !

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Il pleure toujours Louis XVI L’abbé Pépino, camelot du Roi


Des messes ont encore été célébrées cette année en l’honneur du roi Louis XVI. C’était le 21 janvier 2006, jour anniversaire de sa mort qui eut lieu en 1793. Que des gens prient pour un défunt n’a rien de choquant. Chaque jour, des milliers de « messes » sont « offertes » et célébrées pour les défunts des familles, et le dernier des Capet a droit à  l’égalité (républicaine) des chances de salut… A moins que dans son cas, il s’agisse moins de prier pour le repos de son âme (depuis le temps, si elle n’est pas au ciel, son avenir paraît bien compromis !)…) que de faire de l’Eucharistie un rassemblement politico-nostalgique qui sent un peu trop fort, autour de l’autel, son monarchisme militant.

Ces messes prennent des allures de manifestations royalistes et l’ambon se transforme en tribune pour les pourfendeurs d’une démocratie forcément régicide.

Trois messes ont ainsi été célébrées dans la seule ville de Lyon , l’une en l’ église Saint Georges (à  l’époque chez les « Saint-Pierre », les ralliés de Mgr Lefebvre), une autre au prieuré du 56 de la rue Inkermann qui, lui, est carrément aux mains des membres de la fraternité Pie X, de stricte observance lefebvriste.. Voilà  qui illustre bien ce sur quoi nous insistons tant à  Golias : Ces milieux intégristes, ralliés ou non, sont imprégnés de la haine de la république. Ils ont repris le flambeau jamais éteint des partisans de l’Action française, de Maurras et des camelots du roi… (cf. Golias magazine n°125) Tout autant que leurs prédécesseurs, ces nostalgiques de la monarchie détestent la démocratie, la laïcité, la liberté, l’exercice de la citoyenneté, qui, pour nous sont autant de valeurs fondatrices, mais qui, pour eux, sont la source de tous les maux de notre société et de sa déliquescence…

Dans le cadre de ces cérémonies « vieille France », plus surprenante est la messe « royale » organisée dans la prestigieuse église Saint Bonaventure de Lyon , avec bien sà»r l’aval de son RECTEUR [[L’église de St Bonaventure n’étant pas un lieu paroissial, aucun baptême, ni mariage n’y sont célébrés. Cette église est comme la basilique de Fourvière un sanctuaire de la ville de Lyon o๠des chrétiens se rassemblent pour célébrer l’Eucharistie et vivre le sacrement de la Réconciliation uniquement. En conséquence, le responsable de ce lieu n’a pas le titre de CURE mais de RECTEUR]]et donc celle du Cardinal Barbarin.

C’est l’abbé Eric Pépino, curé de paroisses dans le Val d’Azergues (département du Rhône), qui a, encore cette année, célébré l’Eucharistie en présence de Son Altesse Royale le Prince Rémy de Bourbon-Parme, descendant direct de saint Louis et de Louis XIV (« altesse royale », n’est donc pas une invention moqueuse de Golias). D’ailleurs, l’abbé Pépino a commencé son homélie en lui lançant un respectueux « Monseigneur », avant de dire « chers frères et soeurs »… Parmi ces chers frères et soeurs, il y avait Loïc Bernard de Thugny, « président du souvenir bourbonien » (ça non plus, ça ne s’invente pas) et « les représentants des grandes familles lyonnaises et (de) nombreux monarchistes légitimistes… » comme le rapporte sur son site « Lyon-people ».

Le sermon de l’abbé mérite bien quelques citations révélatrices :

 » Traîné devant un tribunal inique, condamné par des juges sans loi car sans Dieu, le roi (Louis XVI, n.d.l.r.) n’a pour témoignage que sa foi… » Va pour la foi du roi, mais « ces juges sans loi » parce qu’ils sont « sans Dieu« , ça ne sent pas sa haine de la laïcité ? D’ailleurs, le prédicateur poursuit en dénonçant les révolutionnaires « qui se proclamaient les maître de la France. » Ils « avaient un plan : établir un ordre nouveau qui n’est en fait qu’un vaste désordre. L’ordre nouveau reposerait sur un principe que nous venons de commémorer : la laïcité… » S’en suit une charge générale, en particulier contre l’école, pour poursuivre : « la mort de Louis XVI ouvre donc des temps radicalement nouveaux o๠l’opposition à  l’à‰glise, à  la foi chrétienne, à  la famille et plus largement à  l’ordre social naturel trouve son point d’aboutissement en notre siècle. » …… « Décapiter un roi que Dieu, lors de son sacre à  Reims, avait oint de la sainte Ampoule n’était en rien un geste anodin. C’était la volonté délibérée de se séparer définitivement de la loi divine. C’est le même processus qui, aujourd’hui, sévit et conduit à  la défaite de l’intelligence quand des lois sont votées sous la pression des minorités en tout genre, afin d’établir une société nouvelle affranchie de toute norme morale… »

Le discours se termine par une annonce du « petit reste » , comme «  Israà«l , qui après sa déportation à  Babylone ne ressemblait à  rien… » Et pourtant en Israà«l, il y eut toujours ce petit reste qui accueillit Jésus. Le petit reste avait eu raison contre tous « … L’appel est là , pour les vrais chrétiens, pour les purs, rares mais convaincus, à  reprendre le chemin des minorités persécutées. Leur christianisme renonce à  être la bonne nouvelle annoncée à  toutes les nations… Il devient chapelle pour l’élite o๠les aristocrates retrouvent leur place légitime, celle des (Mon)Seigneurs. Le roi à  venir, prétendant légitime, quant à  lui, est annoncé comme le nouveau messie d’une société pieuse, morale, obéissante et soumise.

Que les fils de Lefebvre, qui n’ont jamais fait mystère de leurs sympathies pour l’extrême droite, poursuivent leur combats contre ce qui fonde notre société moderne, c’est dangereux et appelle la vigilance, mais ce n’est pas nouveau.

Mais que dans une des plus prestigieuse églises de Lyon, on puisse entendre une telle déclaration de guerre aux fondements les plus humanistes de notre société (liberté, égalité, fraternité), avec l’accord du recteur des lieux et du cardinal, n’est pas acceptable !

Les chrétiens d’aujourd’hui accepteront-ils jamais d’être récupérés par l’extrême-droite. Collectivement et au cours des siècles derniers, nous avons déjà  beaucoup donné.
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Caritas : Maradiaga déçoit

Les spéculations quant aux chances des cardinaux en vue de devenir Pape lors d’un prochain Conclave vont toujours bon train. L’impression que donne Benoît XVI de vivre dans une bulle, et son excès de conservatisme plaident plutôt aujourd’hui en faveur d’un Pape moins intransigeant. Les candidatures de prélats d’ouverture, ou au moins conservateurs éclairés s’en trouvent favorisées.

Parmi les noms les plus souvent cités, il convient d’évoquer en premier lieu celui du cardinal Oscar Rodriguez Maradiaga, un salésien de 67 ans, archevêque de Tegucigalpa. Doté d’une indéniable envergure, ce prélat hondurien, pianiste et aviateur, en outre président de Caritas internationalis, fait figure de candidat du changement. Tous lui reconnaissent une stature de pontife réformateur, ainsi qu’un engagement courageux pour plus de justice et de fraternité dans le monde.

C’est pourquoi c’est avec stupeur que les « fans » de ce cardinal crédité d’un esprit d’ouverture ont pu lire, qui plus est dans le mensuel des comboniens, religieux italiens classés comme assez progressistes, des propos dans lesquels il se montre étonnement plus papiste que le Pape. Mgr Oscar Rodriguez Maradiaga se dit en effet convaincu que le préservatif n’est pas utile pour combattre le virus du Sida.  » La lutte du Sida ne doit pas se focaliser autour du préservatif (…) L’utilisation du préservatif n’empêche pas du tout la transmission du Sida « .

Le cardinal énonce là  une contre-vérité consternante. En effet, il est intolérable de prétendre que le préservatif ne fasse pas barrière à  la contagion, car c’est scientifiquement faux. En tenant un semblable propos, le cardinal de Tegucigalpa rejoint les cardinaux les plus conservateurs. Le fait-il avec une arrière-pensée stratégique, dans l’intention de se faire accepter par la droite du Sacré Collège lors d’un prochain Conclave, ou au moins d’endormir son hostilité? Ou serait-il en définitive plus aligné sur la ligne de Rome qu’on ne le pensait.

Il se peut aussi que le Pape et la Curie aient exigé de lui une prise de position en ce sens. Bref, une prise de position décevante.

Grenade : l’évêque dégoupille sur le préservatif

Alors que le cardinal Oscar Rodriguez Maradiaga, archevêque du Honduras et papabile d’ouverture en vue vient de décevoir ses « fans » de par le monde par des propos sur le préservatif plus papistes que ceux du Pape, l’archevêque de Grenade, Mgr Javier Martinez, bien connu quant à  lui pour ses positions intransigeantes et polémiques, vient d’allumer un nouveau foyer de discorde en affirmant haut et fort que non seulement le préservatif n’empêchait pas la contagion mais encore qu’il était la cause de l’aggravation de la pandémie, en particulier en Afrique.

Brillant et impétueux, ce prélat de 62 ans commença très jeune une carrière prometteuse. En effet, en 1985, Mgr Angel Suquia, nouvel archevêque de Madrid le choisit à  ses côtés pour faire contre-poids à  l’orientation de son diocèse, dans un sens identitaire et restaurateur. Le nouvel auxiliaire entendait s’opposer frontalement à  la déchristianisation et à  l’évolution des moeurs qui suivirent la chute du franquisme.

Proche du mouvement  » Communione e Liberazione « , cet évêque très intellectuel au demeurant se faisait le chantre d’un catholicisme identitaire pur et dur. à‰vêque de Cordoue en 1996, il créa des polémiques en montrant les dents aux frères musulmans et en mettant en avant un dialogue inter-religieux naïf. Ce manque de diplomatie l’écarta d’un siège cardinalice, comme Tolède, Valence ou Séville , pour lesquels on le présentait longtemps comme prédestiné.

A présent la mesure est comble. Visiblement soucieux de provoquer et de mettre le feu aux poudres, l’archevêque de Grenade mène une charge implacable contre les unions homosexuelles, la contraception et bien entendu l’avortement.

Il pense que le suicide de femmes désespérées tient souvent au fait qu’elles ont avorté. La réputation, déjà  entamée de ce prélat archi-conservateur, avait été, par ailleurs, encore aggravée par une affaire financière d’indemnisation abusive qui défraya la chronique.