Le négationnisme ˜bis repetita’ de Mgr Williamson : «C’est l’armée américaine qui a fait le coup des attentats du 11 septembre »

Mgr Richard Williamson, évêque de la Fraternité sacerdotale St Pie X, bien connu depuis longtemps pour ses positions extrémistes que ses récentes déclarations, avait affirmé en 2007 dans un entretien que les attaques terroristes du 11 septembre ont été réalisées « pour pousser l’opinion publique américaine à  accepter les invasions de l’Afghanistan et de l’Irak », selon un article de Jack Kenny paru dans le numéro du 15 novembre 2007 du journal hebdomadaire catholique traditionaliste « The Wanderer ».

« Sans le 11 septembre 2001 “ poursuit Mgr Williamsonil aurait été impossible d’attaquer l’ Afghanistan ou l’ Irak . Les forces à  l’intérieur du gouvernement des à‰tats-Unis souhaitaient absolument attaquer et détruire l’ Irak . Les destructions infligées à  l’ Irak sont indescriptibles. Et maintenant, les mêmes force souhaitent faire la même chose avec l’ Iran ¦ Ces forces pourraient même être en train de comploter un second 11 septembre¦ »


Mgr Williamson
déclarait aussi dans le même entretien : « La chaleur dégagée par la combustion du carburant des avions qui ont percuté les tours jumelles du World Trade Center n’a pas pu faire fondre les 47 colonnes d’acier contenues dans chacune des tours et causer leur effondrement. Par ailleurs, un avion de ligne commercial ne peut avoir transpercé six des dix murs qui ont été éventrés par « quelque chose qui a percuté le Pentagone », ajoutait-il avec une certitude incroyable.

A la question du journaliste qui lui demande : « Qu’est-ce qui a percuté le Pentagone, selon vous ? » Mgr Williamson répond tout de go : « C’est un missile qui a percuté le Pentagone. C’est un missile qui ne peut avoir été tiré que par l’armée des Etats-Unis ! ». Une thèse lancée par l’extrême-droite américaine et qui a fait écho, notamment en France¦

On ne peut alors que s’étonner de la surprise aujourd’hui de certains commentateurs catholiques face à  la dérive négationniste de l’évêque Williamson sur la Shoah . En effet, tous les observateurs attentifs qui travaillent sur le monde de l’intégrisme catholique savent depuis longtemps – et les déclarations de Mgr Williamson sur les attentats du 11 septembre (voir ci-dessus) le démontrent “ que ce prélat s’est toujours situé sur des positions apocalyptiques conspirationnistes et négationnistes. Passe encore que les commentateurs catholiques, aujourd’hui bien pensants n’aient pas vu le vent venir.

Mais au Vatican, les responsables de la Curie en charge du dossier sur les négociations avec la Fraternité St Pie X, parfaitement renseignés sur la personnalité de Mgr Williamson et de son idéologie d’extrême-droite antisémite et négationniste, n’ont pas seulement commis une faute en préparant la décision du pape de lever l’excommunication d’un tel personnage, mais une extrêmement grave et inqualifiable erreur. Aussi, les excuses “ formelles et non sur le fond “ de Mgr Fellay, le supérieur de la Fraternité St Pie X, évêque réintégré lui aussi, ne sont pas de nature à  lever le malaise et encore moins l’hypothèque qui pèse sur la Fraternité St Pie X à  propos de la culture politique (d’extrême-droite) et théologique (la théocratie) qui règnent dans ses rangs. D’autant que le rappel du pape Benoît XVI de l’existence de la Shoah et de sa commisération pour le peuple juif ne résolvent rien sur le fond. Un rétropédalage qui prend la figure d’un lamentable rafistolage. Alors qu’une sanction s’imposait. Mais cela aurait fait capoter le fragile échafaudage du pape pour se « rallier » aux Lefebvristes. Raison d’à‰glise d’abord !

A l’heure actuelle, Mgr Williamson a pris la tangente en direction de l’Argentine o๠il se repose à  Buenos-Aires précisément dans un vaste bâtiment de la Fraternité St Pie X, style néo-colonial surmonté de clochers, à  l’ouest de la capitale argentine. Laquelle en son temps avait accueilli nombre de d’anciens dignitaires nazis en fuite après la défaite du III° Reich .

Ah ! L’histoire et ses éternels recommencements…

DERNIàˆRE MINUTE

Mgr williamson vient d’exprimer ce vendredi 30 janvier , ses  » regrets sincères » pour les  » souffrances  » causées au pape pour ses  » remarques imprudentes « … On remarquera que s’ il  » évoque  » ses  » remarques imprudentes  » , il ne les rappelle pas et encore moins les rétracte. Quant aux souffrances pour le peuple juif,comme il fallait s’ y attendre, elles n’existent pas dans cette déclaration…

Faux jumeaux (3 / 7)

Résumé des épisodes précédents

Organiste à  l’église de Flinvilliers, Jean-Marie Bouvier préfère les chants modernes tandis que Marion Dupuis, originaire de Genvillers près de Troarn, aînée d’une famille d’agriculteurs de six enfants, douée d’une voix de contralto, aime chanter l’Ave Maria de Schubert. Leur collaboration a mis un terme aux différends qui opposaient les pro- et les anti-latinistes tant et si bien qu’ils sont sollicités dans plusieurs paroisses de diocèse pour rassembler des pratiquants des deux bords. Au cours de ces trajets dominicaux, les deux jeunes gens en vinrent tout naturellement à  se faire des confidences :

Enfant et même adolescent, lui, adorait se rendre dans les églises pour accompagner son père qui était accordeur. Gravir la quarantaine de marches en pierre de l’étroit escalier en colimaçon qui donne accès à  la tribune lui donnait l’impression de grimper dans un donjon médiéval ; découvrir l’orgue majestueux qui trône au-dessus de la nef, c’était voir la cour du Roi Soleil lignifiée et métallisée ¦ et quel plaisir de passer d’un clavier à  l’autre et de jouer des pieds pour diriger un orchestre entier !

Lors d’une visite de contrôle, son père lui présenta les différents jeux de l’orgue dont le larigot. Lui furent alors révélées la traduction et l’orthographe de l’expression ˜ à  tire l’haricot’ dont il n’avait jamais compris à  quoi elle pouvait bien correspondre¦ et pour cause !

Il était devenu croyant à  la suite d’une conversation qu’il avait eue avec une miraculée de Lourdes et pratiquant depuis qu’il jouait de l’harmonium dans les églises.

Oui, il avait eu quelques aventures sentimentales plutôt décevantes mais depuis la mort récente de sa mère victime d’un AVC, il tenait compagnie le soir à  son père qui supportait difficilement son veuvage.

Quant à  elle, toujours vierge, elle entendait le rester jusqu’à  son mariage ; elle aimait la poésie etle théâtre, il aimait le bricolage et les romans policiers, ¦ mais tous deux avaient en commun le désird’avoir une famille nombreuse, lui, parce qu’il avait souffert d’être fils unique, elle, parce qu’elle avaitpartagé avec ses frères et soeurs des moments inoubliables comme les bagarres matinales à  coups depolochons, l’émerveillement des tout petits les soirs de Noà«l, les parties de pêche au milieu de l’étang dont l’une avait failli tourner au drame lorsque Clémence, la benjamine de la famille, était tombée à  l’eau pour avoir essayé de saisir, sur une feuille de nénuphar, une grenouille à  l’affà»t d’insectes.

A la fin de l’année universitaire, Marion décroche son diplôme d’ingénieur et Jean-Marie un poste dans un laboratoire. Tous deux fêtent leur succès dans un restaurant de Rennes. A la fin du repas, Jean-Marie, murmure : « J’aimerais tant que tu deviennes ma femme ! » En guise de réponse, elle lui pose délicatement un baiser prolongé sur les lèvres, et toute joyeuse, le pousse vers la sortie pour vite annoncer la nouvelle à  sa famille.

Quelques mois ont passé.

Plusieurs jours avant la célébration du mariage, le diacre qui, l’année passée, avait nettoyé la chapelle des fonts baptismaux pour le baptême du bébé de son amie Charlotte , eut fort à  faire pour tout d’abord débarrasser la voà»te et les encoignures des toiles d’araignée dont l’aspect repoussant témoignait de leur ancienneté, pour dépoussiérer ensuite les stalles du choeur, les bancs et l’autel autour duquel roses et lys blancs furent déposés le matin du jour J par les amis du futur couple.

Peu avant midi, d’un autocar spécialement affrété par les deux paroisses, débarquent le curé et la chorale de Flinvilliers à  laquelle s’est jointe Margot, la cadette de Marion, appréciée pour ses talents de flà»tiste.

Lorsque, vêtue d’une longue robe blanche dont la traîne est tenue par ses deux petites soeurs,
Marion remonte la nef au bras de son père, la doyenne du village murmure à  l’oreille de sa voisine :

« En voilà  une au moins dont l’apparence correspond certainement à  la réalité ! »

Pour mettre fin aux conciliabules des invités restés debout et, comme c’est souvent le cas dans ces circonstances, regroupés selon leurs affinités, le maître de maison et le diacre font sauter plusieurs bouchons de bouteilles de cidre bouché.

Après la dégustation, mademoiselle Guérin, distinguée latiniste et convive inattendue, dépose au milieu de la table une ménagère qu’elle offre au jeune couple pour les remercier d’être à  l’origine de la réconciliation des paroissiens. Après quoi, monsieur et madame Fournier, revêtus de leur tabliers de bouchers, régalent les convives avec des assortiments de charcuterie- maison, suivis de deux gigots d’agneau de pré-salé. Mais, pas de repas de noces sans la traditionnelle pièce montée que Charlotte a confectionnée en secret. A sa suite, le diacre qui a baptisé son fils prend la parole :

« Je vous présente François, dit-il en désignant un quadragénaire à  la chevelure poivre et sel, arrivé discrètement pendant les applaudissements. Sans lui, je n’aurais jamais accédé au diaconat et c’est avec l’accord de Michel, le curé de Flinvilliers au cas o๠certains ne connaîtraient pas encore son prénom, que je l’ai invité. Pourquoi ? Parce que, dans le diocèse voisin, il aide les futurs mariés à  mieux se connaître, à  aborder certaines questions délicates, plus ou moins taboues, et à  mieux résoudre les différends d’ordre religieux entre les partenaires ou entre leurs familles respectives.

Il est intéressé par la façon dont nos nouveaux mariés sont parvenus à  faire se réconcilier les pro- et les anti-latinistes. Je vous demande de lui réserver le meilleur accueil. »

S’ensuivent des hurrahs ! Des bravos ! dont le volume était surtout dà» aux effets euphorisants de la boisson.

Après avoir échangé avec François quelques propos convenus sur le déroulement de la cérémonie et la crise des vocations, suivis d’autres, plus tranchés, sur le Motu proprio du seizième Benoît, Marion et Jean-Marie invitent leur interlocuteur à  venir dîner un de ces soirs, lorsque sera terminée l’installation de leur mini-chaumière située dans un hameau voisin.

Plusieurs mois ont passé qui ont paru interminables aux jeunes mariés, décontenancés par leurs relations désespérément infructueuses , à  tel point que Marion consulta un gynécologue en cachette de son mari. Rassurée par le résultat des examens et des analyses, elle fut alors minée par l’idée que son mari était peut-être stérile. Elle ignorait alors qu’il s’en doutait déjà  suite à  un spermogramme qu’il s’était résolu à  demander. Il soulagea sa conscience un de ces soirs favorables aux confidences sur l’oreiller :

« Il y a un mois, j’ai eu mon père au téléphone pour lui demander de ses nouvelles. Dans la
conversation, il a exprimé le souhait d’être prochainement grand-père¦ puis, comme je ne disais rien, s’en est suivi un blanc auquel il a mis fin en marmonnant : J’espère que les oreillons ne t’ont pas joué un sale tour.

– Tu as eu les oreillons ? Mais tu ne me l’as jamais dit !
– Pour la bonne raison que je les avais oubliés ; j’avais douze ans¦ évidemment, c’était la
période pré-pubertaire. Du coup, je me suis décidé à  consulter un andrologue.
– Et alors ?
– Il me conseille vivement de me soumettre à  un nouveau spermogramme ?
– Un nouveau ? Tu en as donc déjà  passé un ?
– Oui, mais j’ai gardé ça pour moi pour ne pas t’affoler. En fait, d’après les premiers résultats, mes ennuis seraient plutôt provoqués par les produits que je manipule. Si c’était le cas, il faudrait que je change de métier !

– Ta stérilité serait momentanée ? C’est possible, ça ?
– Il faut le croire puisque le toubib parle d’une infertilité temporaire qui peut néanmoins durer deux ans !
– Et bien, on patientera, mon amour ! » soupira-t-elle, les larmes au bord des paupières.

Comme ils le lui avaient promis, Jean-Marie et Marion invitèrent François à  dîner.

A suivre ¦

Un prophète comme toi, au milieu de ses frères

Entendre le Seigneur directement¦ est-ce qu’au fond notre préférence n’irait pas aujourd’hui au refus de toutes les médiations ?

Plus sans doute que nous,
les croyants d’Israà«l étaient pénétrés par la crainte de Dieu, une crainte que nous avons appris à  exorciser¦ La peur n’était pourtant pas le mobile premier, incitant les chefs de tribus à  réclamer la médiation de Moïse devant le Dieu de Sainteté mais leur indignité. Approcher le Seigneur entraîne la vérité de nos pratiques, de nos comportements¦ Moïse se laissait interpeller et critiquer : le Seigneur était avec lui, il n’avait rien à  craindre pour ses imperfections reconnues et combattues autant qu’il est possible, mais sans crispation.

« Tu seras sans tache vis-à -vis du Seigneur ton Dieu » verset 13¦ Nous préférons donc écouter les intermédiaires¦ Ils sont choisis en fonction de nos préférences dans la grande foire médiatique. Nos références sont leurs, elles sont simplement nôtres ! Nos prophètes accompagnent l’air du temps, à  gauche, au centre, à  droite ils justifient nos convictions et nos pratiques.

« Peut-être vas-tu dire en ton coeur :
˜ Comment saurons-nous que cette parole, le Seigneur ne l’a pas dite’ » verset 21. Nous entrons dans la bonne approche : la vérité de tous les intermédiaires reste une parole qui n’est jamais tout à  fait leur. S’en remettre à  des prophètes ne dispense pas de rechercher la vérité vraie, celle qui vient d’ailleurs et qui est Autre. Simon et André sont à  leurs occupations. Jésus passe : « venez à  ma suite¦ ». « Aussitôt, laissant là  leurs filets, ils le suivirent. » Ils retourneront pourtant à  leurs embarcations¦ mais leur boussole a désormais un autre cap.

Jean Doussal

Les gisements de gaz naturel en mer de Gaza et l’invasion israélienne (1)

L’invasion militaire de la Bande de Gaza par les Forces israéliennes, est directement liée à  la possession et au contrôle de réserves stratégiques de gaz en mer. Une dimension du conflit passée complètement inaperçue. Golias Hebdo publie lapremière partie de cette analyse.

Il s’agit d’une guerre de conquête: on a découvert de vastes réserves de gaz au large du littoral de Gaza en 2002. Dans un accord signé en novembre 1999, l’Autorité palestinienne (AP) a garanti des droits de prospection de gaz et de pétrole d’une durée de 25 à  British Gas (BG Group) et son partenaire situé à  Athène Consolidated Contractors International Company(CCC), une propriété des familles libanaises Sabbagh et Koury. Ces droits sur les gisements de gaz en mer sont de 60 % pour British Gas, de 30 % pour Consolidated Contractors, et de 10 % pour le Fonds d’investissement palestinien. (Haaretz, 21 octobre 2007). L’accord AP-BG-CCC inclut l’exploitation des gisements et la construction d’un gazoduc. (Middle East Economic Digest, 5 janvier 2001). La licence de BG couvre toute la zone maritime située au large de Gaza, laquelle est contigà¼e à  plusieurs installations gazières israéliennes. Il convient de souligner que 60 % des réserves de gaz le long du littoral de Gaza et d’Israà«l appartient à  la Palestine. BG Group a foré deux puits en 2000 : Gaza Marine-1 et Gaza Marine-2. British Gas estime que les réserves sont de l’ordre de 1,4 billions de pieds cubes, évaluées à  environ 4 milliards de dollars. Ce sont les chiffres publiés par British Gas. La dimension des réserves de gaz palestiniennes pourrait s’avérer largement supérieure.
La question de la souveraineté sur les gisements gaziers de Gaza est cruciale. D’un point de vue légal, ces réserves appartiennent à  la Palestine. La mort de Yasser Arafat, l’élection du gouvernement du Hamas, ainsi que la débâcle de l’Autorité Palestinienne ont permis à  Israà«l de prendre de facto le contrôle de ces réserves. British Gas (BG Group) a négocié avec le gouvernement de Tel-Aviv. En revanche, le gouvernement du Hamas n’a pas été consulté en ce qui a trait à  la prospection et l’exploitation des gisements gaziers.

L’élection du premier ministre Ariel Sharon en 2001 fut un tournant majeur dans cette affaire. à€ l’époque, la souveraineté de la Palestine sur les réserves gazières en mer était contestée à  la Cour suprême d’Israà«l. M. Sharon affirmait sans ambiguïté qu´« Israà«l n’achèterait jamais de gaz de la Palestine», suggérant ainsi que les réserves marines de Gaza appartenaient à  Israà«l. En 2003, Ariel Sharon a opposé son veto à  un premier accord, qui aurait permis à  British Gas d´approvisionner Israà«l en gaz naturel provenant des puits marins de Gaza. (The Independent, 19 aoà»t 2003). La victoire électorale du Hamas en 2006 a contribué à  la chute de l’Autorité Palestinienne, par conséquent confinée à  la Cisjordanie sous le régime mandataire de Mahmoud Abbas. En 2006, British Gas «était sur le point de signer un accord pour acheminer le gaz en à‰gypte. » (Times, 28 mai 2007). Selon les reportages, le premier ministre britannique de l’époque, Tony Blair est intervenu pour le compte d’Israà«l pour faire capoter l’accord avec l’à‰gypte. […] Lire l’intégralité de l’article dans Golias Hebdo n°65

Michel Chossudovsky

Carnet de prud’hommes (1)

A cause de dirigeants incompétents ou improbes, de comportements délictueux, les entreprises de gardiennage et de sécurité sont devenues des « clients » assidues aux prud’hommes. Conditions de travail déplorables (journées entrecoupées, horaires saccadés, mobilité importante), absence de visite médicale, de locaux pour l’hygiène, primes ou heures supplémentaires payées avec retard, voire pas du tout, travail dissimulé et faillite à  la pelle sont des problèmes récurrents. Secteur d’activité malaisé mais bien utile qui mériterait un peu plus de vigilance et d’attention des pouvoirs publics comme l’illustre l’affaire suivante jugée aux Prud’hommes de Rennes en décembre 2008. Golias hebdo publiera régulièrement ce feuilleton «Carnet de prud’hommes».

Thierry, Julien et Bruno (les prénoms ont été changés) travaillent tous les trois comme agent de sécurité dans un grand magasin du centre ville de Rennes. Le siège de la société de gardiennage qui les emploie est basé en région parisienne. Nos trois salariés se rendent compte que leur employeur a quelques lacunes en matière de gestion de son personnel (retard dans le paiement des salaires, etc.). Ils lui écrivent pour lui demander de se mettre en conformité. Mais comme il traine des pieds, avec cinq autres salariés ils alertent l’inspection du travail qui se déplace et constate les manquements dénoncés par les salariés. C’est aussi le début des problèmes pour ces trois salariés « rebelles » : des avertissements (plus ou moins justifiés) tombent à  la pelle pour des retards, des consignes mal respectés… Depuis leur embauche les relations passent mal avec leur chef de poste, elles vont tellement se dégrader qu’ils vont tous les trois porter plainte en justice pour harcèlement moral. Compte tenu du contexte la direction propose à  l’un des salariés d’aller travailler à  Paris en vertu de sa clause de mobilité. Il refuse et sera licencié pour faute grave comme ses deux autres collègues mais pour des motifs différents. […] Lire ll’intégralité de l’article dans Golias Hebdo n°65…

François Belloir

Olivier Clément, le chemin d’un juste

Penseur original et passionné, doté d’une vaste culture, très diversifiée, Olivier Clément vient de mourir à  l’âge de 87 ans. Il est connu, outre ses publications, pour avoir été l’un des interlocuteurs privilégiés du patriarche Athénagoras jadis, du frère Roger de Taizé, ou de Jean Paul II plus récemment. Ce dernier lui avait d’ailleurs confié, pour la semaine sainte 1998, la rédaction des méditations du Colisée, lues lors de l’office du portement de la croix le vendredi saint.

Issu d’un milieu déchristianisé, Olivier Clément s’était converti à  19 ans et reçut le baptême orthodoxe. Agrégé d’histoire, professeur au lycée Louis-le-Grand, il enseigna également la théologie à  l’Institut Saint-Serge. Plongeant dans la lecture et la méditation des Pères de l’Eglise, il savait avec pédagogie faire savourer la substantifique moelle spirituelle de leur enseignement. Pour lui, le message de feu de l’Evangile ne pouvait servir d’alibi pour des postures conservatrices ou dominatrices. Ce mystique dans l’âme cultivait au contraire un certain penchant libertaire jamais renié. […]

Mgr Thorne (Pérou) ne craint pas la compromission

La récente décoration reçue par le cardinal péruvien Juan Luis Cipriani Thorne fait couler beaucoup d’encre dans son pays, et bien au-delà .

L’archevêque de Lima, membre de l’Opus Dei, vient d’être reçu dans l’ordre du soleil du Pérou au grade considérable de Grand Croix. Agé de 66 ans, très discuté, le cardinal Cipriani entretenait des relations amicales et confiantes avec le président péruvien Alberto Fujimori, gravement accusé aujourd’hui de corruption. Artisan d’une reconquête ultra-conservatrice et de l’éradication de la théologie de la libération, ennemi juré des ordres religieux qu’il trouve progressistes, cet ancien joueur de basket professionnel, parfois cité, mais un peu rapidement, du moins nous l’espérons, comme papabile, mène un combat idéologique inquiétant, tout comme le sont ses collusions avec le pouvoir politique.

Il est très significatif que le président de la République péruvienne lui-même, Alan Garcia, que l’on surnomme parfois le « caballo loco », déjà  accusé à  plusieurs reprises d’enrichissement personnel, ait tenu à  saluer le « sens de la discipline ecclésiale » du cardinal Cipriani, un aspect qui pourtant se présente comme étranger à  sa compétence gouvernementale. Façon de sceller une alliance toute stratégique, bien qu’idéologiquement contre-nature, car Garcia se dit encore « révolutionnaire », entre un président soucieux de rester aux manettes de commandes. Que ne fait-on pour gagner du pouvoir, ou en conserver !

Levée des excommunications : Mgr Vingt-Trois se dresse puis se couche…

Dans un premier temps,le président de la conférence épiscopale,Mgr Vingt-Trois,archevêque de Paris, s’est montré plà»tôt prudent par rapport à  la décision du pape de lever l’excommunication de évêques lefebvristes.

Dans un entretien à  radio Notre Dame, le 24 janier, il se demandait comment « les choses vont changer concrètement ». D’autant, poursuivait-il que « la levée de l »excommunication ne signifie pas qu’il soit possible d’être catholique en faisant un tri dans l’enseignement de l’Eglise, dans la doctrine,et le tradition de l’Eglise ». Et le cardinal de Paris d’insister lourdement : » des gens qui, pour la plupart, se présentent sincèrement comme des défenseurs de la tradition, se donnent le pouvoir magistériel de distinguer la bonne tradition de la mauvaise tradition. Mais un tel acte de discernement ne peut- être qu’ un acte d’ Eglise et pas celui d’un groupe particulier dans l’ Eglise « . Des propos à  l’évidence,eu égard à  la situation, pleins de sagesse et relativement courageux. Or,quelques heures après, au cours d’un point presse, Mgr Vingt- Trois analysait, in fine, la décision du pape comme « une ouverture » et que celle-ci la remplissait de joie ! Tout en reconnaissant au passage, il est vrai, que c’est « une secousse pour un grand nombre de catholiques », voire même que « c’était une arête difficile à  avaler mais que cela ne l’empêchait pas de continuer à  respirer ! ». Il confirmait aussi que le point principal de l’accord portait sur « la reconnaissance de la primauté du pape ». Bref, les questions doctrinales sur lesquelles pèse le schisme lefevriste, sont , elles, reléguées au magasin des accessoires liturgiques. En somme, le pape Benoît XVI vient d’inscrire un schisme dans le corps vivant de l’Eglise-Peuple de Dieu. Et face à  une telle dérive ecclésiologique et théologique, le président des évêques de France ne trouve pas mieux à  dire qu’il se réjouit de cette  » ouverture ». Mais au fait ,de quelle ouverture est- il question dans ce dossier ?