La mort de DOM GERARD CALVET, Moine-Soldat du BARROUX

Dom Gérard Calvet, fondateur du monastère intégriste « rallié » au Barroux
dans le Vaucluse vient de mourir ce 28 février d’une crise cardiaque à 
l’âge de 81 ans .

Autour de Jean Madiran, l’intellectuel (directeur du journal d’extrême droite Présent) et de Bernard Anthony, l’homme d’action(président de l’association ultranationaliste « Chrétienté -Solidarité et membre influent au Front National », Dom Gérard Calvet (Père Abbé du monastère traditionaliste du Barroux) complétait cette trinité de croisés pour un nouvel ordre chrétien, plus précisément catholique.

Aprés avoir longtemps suivi Monseigneur Lefebvre, le fondateur intégriste de la fraternité St Pie X, ces trois personnalités s’étaient finalement « ralliées » au camp de Rome en décidant de ne pas suivre l’évêque d’Ecône dans son schisme avec le Vatican en 1988.

En effet pour cette troïka intégriste,sous l’influence notoire de Dom Gérard Calvet, la reconquête catholique doit se faire au coeur de l’institution ecclésiale et non à  l’extèrieur, à  l’instar d’ailleurs des liens étroits entretenus avec le Front National pour l’autre reconquête: celle de la société politique.

De la reconnaissance du Barroux par Rome à  l’hommage rendu par le pape
Jean-Paul II
, Dom Gérard Calvet a su magistralement « manoeuvrer » pour faire légitimer au sein de l’Eglise catholique le courant traditionaliste ou intégriste « rallié », et cela sans jamais renier aucune de ses convictions extrêmistes. L’abbé intégriste Philippe Laguérie a suivi exactement le même chemin 18 ans plus tard [voir notre
« info du jour » précédente->1923], bénédiction sarkozyienne en prime!

C’est d’ailleurs sur cette tendance catholique que s’appuie le pape
Benoît XVI à  l’heure actuelle pour engager « la réforme de la réforme », à  savoir l’éradication des accents les plus novateurs des enseignements du concile réformateur de Vatican II.

En ce sens Dom Gérard Calvet aura été un précurseur…

Golias rappelle dans le dossier qui suit quelques hauts faits de gloire
de ce croisé des temps modernes. Dossier contenu dans le GOLIAS n°27 28 d’automne 1991.

Congo : qui mettra la main sur le coltan, l’or gris de nos portables ?

Rarement évoqué et pourtant hautement stratégique, le coltan est essentiel aux nouvelles technologies. Avatar des rapports Nord-Sud, ce précieux minerai n’est pas étranger aux conflits qui ravagent l’Afrique en raison du pouvoir économique et politique qu’il confère à  ceux qui en détiennent le contrôle.

Quel est le point commun entre un airbag, un téléphone portable et une Playstation 2 ? Le coltan, un minerai composé de deux corps distincts, la colombite et la tantalite. Et c’est de cette dernière qu’on extrait le tantale. Gris argenté, excellent conducteur d’électricité, il est indispensable à  la technologie de pointe du fait de sa dureté et de sa haute résistance à  la chaleur. Il sert à  fabriquer des pièces d’avions, de fusées, des outils de précision, des armes dites intelligentes, des caméras-vidéo et autres puces pour ordinateurs. Naturellement, sa demande ne cesse de croître et son prix a augmenté de plus de 2000 % en cinquante ans […]

Le cardinal Vingt-Trois et le statut de l’embryon

Comme nous pouvions le prévoir (voir Golias hebdo n°15), l’arrêt récent de la Cour de cassation autorisant l’inscription, même partielle, d’un enfant à  naître de moins de 22 semaines (stade limite à  partir duquel l’embryon devient foetus) constitue une brèche dans laquelle les partisans d’un thèse de l’embryon comme être humain vivant dès la fécondation n’ont pas manqué de s’engouffrer. […]

ALFRED LOISY: l’actualité d’une condamnation

Alfred Loisy, prêtre catholique, fut persécuté et honni pour ce qu’il pensait et osait écrire sur l’Eglise et la foi chrétienne. Le 7 mars 1908, il fut même excommunié en raison de ses positions doctrinales jugées dissidentes. A l’occasion de la célébration du centième anniversaire de sa condamnation par le pape Pie X, Golias a décidé de rendre hommage à  ce savant distingué malheureusement oublié de nos mémoires. Nous célébrons aussi, à  travers la figure d’Alfred Loisy, les Loisy d’aujourd’hui.

C’était le 7 mars 1908. Un prêtre distingué et fort savant du nom d’Alfred Loisy (1857“1940) fut excommunié par le Pape Pie X en raison de ses positions doctrinales dissidentes. Ce champenois d’exception semble aujourd’hui bien oublié, tombé aux oubliettes de l’histoire.

Cet érudit précieux et consciencieux, exégète pointilleux et brillant, fut l’un des fondateurs de l’histoire moderne des religions et, comme Ernest Renan, trouva refuge au Collège de France. Aucune rue en France ne porte son nom. Il fut pourtant au coeur d’une grande tourmente intellectuelle au début du siècle bien connue sous le nom de « crise moderniste ». […]

Pour les Loisy d’aujourd’hui

Le risque de l’anachronisme doit nous inciter à  la plus grande prudence lorsque l’évocation d’un personnage de jadis s’accompagne de rapprochements suggérés avec le présent.

Pour autant, il y a bien des raisons de faire mémoire aujourd’hui de ce grand savant et de cet homme loyal et courageux que fut Alfred Loisy, prêtre excommunié et même déclaré « vitandus » (à  éviter!). La condamnation la plus anti-évangélique qui puisse être pour un homme fidèle à  sa conscience, à  une quête exigeante de la vérité.

Alfred Loisy fut persécuté et honni pour ce qu’il pensait et osait écrire. La liberté de penser et d’exprimer ce que l’on pense nous semble un bien trop précieux et trop souvent menacé pour ne pas constituer un enjeu premier. […]

Sectes : Emmanuelle Mignon lâche le morceau

Dans l’hebdomadaire VSD, Emmanuelle Mignon, directrice de Cabinet de Nicolas Sarkozy et auteur du discours du Président au Latran, vient de déclencher une belle polémique en prétendant, contre toute évidence, que les sectes n’étaient pas un problème en France !

Ces propos malheureux et scandaleux ont suscité à  juste titre un tollé et une levée de boucliers alors que depuis plusieurs mois, Golias s’inquiète des risques de banalisation et de légitimation des sectes (voir notamment notre éditorial de Golias hebdo n°15), à  commencer déjà  par une minimisation de leur caractère néfaste, par l’ébauche de démantèlement des moyens de prévention, par une mise en cause des avertissements lancés et répétés jugés hâtifs.Dans le Figaro du 21 février, Emmanuelle Mignon revient sur ses déclarations, tentant de les nuancer et de faire avaler la pilule, mais ce faisant, au contraire, elle confirme l’orientation de fond qui est la sienne et qui inspire dangereusement la politique « religieuse » de Nicolas Sarkozy.

Beaucoup trop de saints pour le Pape

Le Pape vient d’approuver un document dans lequel il est exigé davantage de rigueur dans les enquêtes précédant les béatifications. Joseph Ratzinger souhaite en effet qu’elles soient menées de façon très méticuleuse.

Il ne cache pas en privé sa relative perplexité face à  la politique en la matière de son prédécesseur, trop enclin à  béatifier un peu à  tour de bras, et en trop grand nombre. Alors qu’il était encore simple cardinal, l’actuel Souverain Pontife exprima la crainte que de telles béatifications et canonisations de masse ne finissent par les dévaluer et ne permettaient plus de laisser voir leur sens profond. A l’évidence, il entend imprimer sa marquer dans la « fabrique des Saints ». Par exemple, dans le futur, un évêque devra être prudent pour attester d’une véritable « fama sanctitatis » (renom de sainteté) qui est un élément important de la cause, en veillant à  sa vraie spontanéité.

L’exploitation politique de la Shoah

La proposition “ ou plutôt la décision “ de Nicolas Sarkozy de faire prendre en charge un enfant juif mort en déportation par un petit Français ou une classe de CM2 est apparue comme une maladresse, une de plus, de notre président tout puissant. Faut-il soupçonner des intentions politiques et craindre une utilisation de la mémoire ?

L’intention humanitaire et morale de Nicolas Sarkozy n’a pas été mise en question. Elle s’appuie sur le remarquable travail de Serge Klarsfeld, le fondateur en 1979 de l’Association des Fils et Filles de Déportés juifs de France, qui est parvenu à  retrouver la trace des 11.400 enfants juifs de France, déportés et morts dans les camps 1 . Sans cette oeuvre, notre président n’aurait pu faire une telle proposition. Indépendamment des mises en garde des pédopsychiatres, de la révulsion d’une Simone Veil qui n’a même pas été consultée avant l’annonce présidentielle, deux questions se posent : celle du contexte et celle du lien entre histoire et politique. […]

Mgr Robert Zollitsch : l’heureuse surprise allemande

L’élection de Mgr Robert Zollitsch, archevêque de Freiburg (voir Golias hebdo n° 16) pour remplacer le très charismatique cardinal Karl Lehmann est en soi plutôt une bonne surprise : en effet, contrairement à  son rival dans la course, l’archevêque de Munich, Mgr Reinhardt Marx, Robert Zollitsch ne s’inscrit pas dans une ligne conservatrice mais jouit plutôt d’une réputation de libéralisme pondéré. Et il vient de le confirmer…

Cet homme prudent sinon timide vient de créer l’événement pour sa première grande interview accordée à  l’hebdomadaire « der Spiegel », bien plus engagée et audacieuse qu’on osait l’imaginer. Il se prononce très franchement pour un catholicisme d’ouverture. En effet, l’archevêque a véritablement défier la ligne restauratrice actuellement en cours, allant beaucoup plus loin que son prédécesseur. Il se déclare franchement « hostile aux interdits de penser » ce qui constitue un pied de nez à  la Congrégation pour la doctrine de la foi et indirectement à  son ancien patron, Joseph Ratzinger. […]

Les transgressions de Jésus

La pensée religieuse pense souvent que le malheur est un châtiment divin. De nos jours encore, on entend parfois cette exclamation : « mais qu’est ce que j’ai fait au bon dieu pour mériter ça ? »

Or, Jésus l’affirme, la cécité de l’aveugle-né n’est due ni au péché de ses parents ni au sien. Il écarte donc d’emblée le lien entre la souffrance et le refus de Dieu, mais il précise : « c’est pour qu’en lui soit manifestée l’oeuvre de Dieu ». La maladie, la détresse de l’humanité, serait-elle donc nécessaire à  la manifestation de la splendeur divine ? Faudrait-il substituer l’idée d’un dieu pervers à  celle d’un dieu punisseur ? […]