Pérou: la reconquista de l’Opus Dei

L’Opus Dei se livre à  une entreprise de conquête des institutions catholiques sud américaines absolument sans précédent.

Dans certaines pays, comme le Pérou, cas le plus emblématique, elle a même réussi à  faire nommer, avec la complicité du Nonce, Mgr Rino Passigato, une bonne dizaine de ses membres ou de ses très proches à  la tête de diocèses parfois importants.

L’archevêque de Lima, le cardinal Juan Luis Cipriani Thorne est lui-même membre de l’oeuvre.

A présent, la prélature cherche, avec l’appui convaincu du même cardinal Cipriani, à  prendre le contrôle de l’université de Lima, la Catolica , tenue jusqu’à  présent comme un lieu de tolérance et d’échange intellectuel dans la liberté.

Dans un entretien à  l’AFP, Marcia-Rubio, actuel vice-recteur, met les points sur les « i » :  » Mgr Cipriani a révélé son intérêt à  contrôler les décisions de l’Université, c’est son objectif « .

En fait, le cardinal-archevêque est actuellement simplement chancelier de l’université, à  laquelle il ne peut rien imposer. Il ne peut imposer ni une quelconque orientation ni nommer les professeurs selon son gré.

Il en va de même pour l’Institut Catholique de Paris ce qui suscitait l’ire permanente du Cardinal Lustiger.

Il faut savoir que l’Opus Dei compte de nombreux appuis très puissants au sein du gouvernement actuel. Le ministre de la production, Rafael Rey, est allé jusqu’à  s’en prendre violemment à  l’orientation actuelle de l’université qualifiée de repère de « marxistes et de communistes », déplorant aussi le fait qu’on y trouve des enseignants divorcés ou homosexuels.

L’Opus Dei argue également d’une close du testament testament d’un riche donateur, Jose Riva Agà¼ero, décédé en 1944, pour réclamer devant la justice que le cardinal Cipriani puisse contrôler la gestion de l’Université.

En fait, le dit testament autorise l’Université après vingt ans de fonctionnement à  se diriger elle-même. La prétention du cardinal s’avère donc injustifiée.

Bilan dans lequel sont pointées les responsabilités du Cardinal Cipriani notamment pour non-assistance à  personnes en danger… La boucle est bouclée.

Débauchage et seconds couteaux

Décidément il y a, en un sens, plus de dignité dans la plus humble des prostituées de la rue Saint Denis que dans tout ce beau monde prêt à  trahir pour à  peine plus “ moralement “ qu’un plat de lentilles !

Le dialogue entre François Bayrou et Nicolas Sarkozy s’avère difficile au lendemain d’un premier tour o๠le candidat centriste, pour exister face à  son challenger ¦de droite s’est vu contrainte de durcir son discours.

Nous en sommes pour l’instant aux effets de manche que doit bien connaître l’avocat Sarkozy. Drapé dans une dignité qui laisse parfois apparaître quelques failles le prétendant au trône proclame haut et fort et fait relayer le message : » Nous on s’adresse comme au premier tour aux électeurs, on ne passe pas par les appareils « . En réalité derrière ces nobles propos toute une agitation s’est développée au niveau des seconds couteaux envoyés en mission prévenir les députés UDF sortants qu’ils se verraient opposer un candidat UMP dans leur circonscription s’ils persistaient à  suivre Bayrou et à  rallier le camp de Ségolène Royal. Que croyez-vous qu’il arriva ? Au soir du jeudi 26 avril un bon « paquet » de députés UDF, dit-on, sont allés à  la soupe et toute honte bue ont affirmé la main sur le coeur qu’il faisaient allégeance à  Nicolas Sarkozy.

Décidément il y a, en un sens, plus de dignité dans la plus humble des prostituées de la rue Saint Denis que dans tout ce beau monde prêt à  trahir pour à  peine plus “ moralement “ qu’un plat de lentilles !

Faut-il s’en étonner alors que l’Ecriture nous avertit que les prostituées nous précéderons dans le Royaume de Dieu ?

RECYCLAGE DES TRAàŽTES : UNE DONNEE ECOLOGIQUE

Pour ratisser large au mépris de toute dignité, dans le style très américain de « campagne marketing », l’UMP vient d’annoncer la création de deux pôles destinés à  attirer les hésitants, hommes et femmes de peu de foi.

Il ne faut pas être grand clerc pour deviner que le « pôle de gauche » sera animé par le traître de service, l’ouvrier de la onzième heure, le converti, Eric Besson .

Pour le « pôle centriste » les candidats sont pléthore : tous ceux qui ont rallié le camp de Nicolas Sarkozy sont susceptibles de se regrouper sous la bannière du conquérant. Moins écoeurant, en un sens, que le rôle confié à  Eric Besson, ils se contenteront de jouer les « appelants » comme ces canards utilisés dans les marais pour attirer leurs congénères lors de leurs migrations vers d’autres cieux. DEBAUCHAGE ? Le mot convient assez pour désigner pareille pratique. Mais pourquoi faut-il que celle-ci soit un délit sur la voie publique en matière de sexe alors qu’elle devient vertu et suprême habileté quand il s’agit de politique ?

PROVOCATION ou CONNERIE ?

On vous l’accorde : le mot n’est pas très élégant . Mais quel mot utiliser pour parler de l’insigne bêtise qui a présidé au choix d’annoncer que les salariés d’EADS seraient “ royalement – gratifiés d’une prime de 1 euros (en moyenne) au titre, sans doute de l’exercice 2006.

Pendant ce temps au mépris de toute décence Noà«l Forgeard s’en allé avec ses huit millions sans préjudice d’éventuels dédommagements annexes ! Qu’en pense la présidente du MEDEF et les innombrable amis que possède Nicolas Sarkozy dans ce petit monde ?

Au passage nous apprenions ces derniers jours que le MEDEF ne prendrait pas position pour Mr Sarkozy pas plus que pour Mme Royal car tous les deux  » étaient favorables à  l’économie de marché « . Mais de qui se moque-t-on ? Il est bien évident au vu des résultats du premier tour que la gauche  » toute mouillée  » a fait le plein avec 36 % des voix en étant optimiste. Tout appoint supplémentaire ne pouvant venir que du centre on peut, hélas, craindre une glaciation de cinq année avec le candidat de l’UMP. Pourquoi dans ces conditions le MEDEF prendrait-il position ? Il n’a plus pour l’instant qu’à  mettre le champagne au frais et se ménager un triomphe modeste : ses thèses sont assurées de triompher. Et suivant un air connu :  » Enfants, tendez-vos rouges tabliers.  »

QUAND IL VA A CANOSSA

Nicolas Sarkozy, dans son immense générosité, ne lui a même pas demandé de venir pied nus, en chemise et la corde au cou. Il n’empêche Eric Besson a fait de lui-même amende honorable.

Sans autre commentaire rapportons simplement les propos de ce parangon de vertu et de fidélité qui a trouvé sa vérité “ et son avenir “ sur le chemin de Matignon ou de la place Beauvau  » Dès l’automne 2006, il était déjà  limpide pour beaucoup d’entre nous que si la confrontation portait sur (¦) les idées et sur la capacité à  gouverner, alors Ségolène Royal n’avait guère de chance de l’emporter face à  Nicolas Sarkozy. Il fallait donc , pour espérer le battre, le diaboliser, le caricaturer en espérant parvenir à  ce qu’il fasse peur. Dans cette entreprise, j’ai pris ma part, et je suis reconnaissant à  Nicolas d’avoir bien voulu, parce que nous nous connaissions, mettre cela sur le compte du combat partisan » et mieux encore  » Ta victoire “ parce que dans treize jours j’en suis persuadé, tu seras victorieux “ ne sera pas seulement ta victoire (¦) mais sera surtout la victoire de tous les Français qui ont besoin de retrouver l’espoir. Alors je dirai simplement, forza (sic) Nicolas et allez la France ! »

C’est beau comme l’antique? cette déclaration d’allégeance ! Les mains dans les mains de son suzerain et droit dans les yeux !

Gageons que Berlusconi, avec toute son « honnêteté » et sa grandeur morale, n’est plus très loin !

Une indication: la grapho de Sarko

La graphologie a pour objet, l’étude des liens significatifs existant entre la façon d’écrire et de signer des personnes et leur psychologie. Quand nous écrivons, nous projetons sur le papier notre propre image intérieure ; nous dévoilons notre détermination, nos hésitations, nos inhibitions, nos angoisses, notre sincérité ou nos tendances à  dissimuler, notre altruisme ou notre égocentrisme, etc¦

Le graphologue examinera la forme des lettres, l’ordonnance, la dimension et la direction de l’écriture, la forme et le degré de liaison, la rapidité et la régularité du graphisme. Chacun de ces aspects comporte plusieurs espèces “ il y en a plus de 250 “ qui permettront au graphologue de définir une écriture et après avoir fait la synthèse de ses observations d’appréhender la personnalité du scripteur.

L’examen de l’écriture devra se faire en rapport avec la signature, car, si l’écriture dévoile ce que nous sommes “ le moi intime -, la signature, c’est notre carte de visite, ce que nous voulons être face à  autrui. Il est donc important d’observer s’il y a concordance entre ce que nous sommes réellement et ce que nous voulons paraître.

Jean Paul Gauthier a examiné le texte manuscrit et la signature des professions de foi de Nicolas Sarkosy et de Ségolène Royal. Je donne ici quelques appréciations qui ne peuvent être considérées, bien entendu, comme une étude complète, car pour réaliser une étude complète, il faut examiner au moins trente lignes de texte et si possible plusieurs documents.

Ce qui frappe tout d’abord, dans l’écriture de Nicolas Sarkozy, c’est la distorsion importante entre son écriture et sa signature. Une écriture petite, fragile, régressive, avec plusieurs lettres à  rebours, mal formées ou imprécises, des torsions et une direction chancelante qui sont signes de « mal être », d’anxiété et d’inhibition “ c’est plutôt surprenant quand on le voit agir avec tant d’assurance – . En revanche, une signature très différente dans plusieurs aspects et notamment dans sa dimension “ voir le « N », le « l » et le « S » surélevés comme s’il voulait grandir et paraître fort aux yeux des autres. Certains psychologues parleraient d’un complexe d’infériorité surcompensé. « j’ai des cicatrices partout » confiait-il récemment à  un journaliste. Il le confirme bien par son écriture.

Quand on compare donc son écriture et sa signature, on peut se demander si cet être tourmenté a réellement les capacités pour réaliser ses ambitions.
D’autre part, lorsqu’on lit le texte, on reste atterré. Pourquoi éprouve-t-il le besoin de nous dire qu’il ne nous mentira pas, qu’il ne nous trahira pas, qu’il ne se dérobera pas ? comme si on pouvait douter de sa sincérité.

Eh bien oui, on peut en douter, car beaucoup de graphologues considèrent que les lettres à  rebours, mal formées, les gestes régressifs, les reprises ou les torsions sont des signes d’insincérité. En quelque sorte, on peut dire que ce qu’il affirme est contredit par son graphisme.

Quand la foi sert d’argument électoral

C’est le droit de Nicolas Sarkozy d’affirmer, même publiquement, quelle est sa foi.

Mais pas n’importe oà¹, pas n’importe quand, pas dans une campagne électorale, pas comme un argument publicitaire.

Je sais bien qu’à  partir d’un certain moment, au delà  d’un seuil o๠se manifeste une soif inextinguible de pouvoir il ne faut pas être trop regardant sur les moyens à  employer. Il faut faire feu de tous bois.

C’est alors qu’on va en pèlerinage au Mont Saint Michel pour y célébrer en compagnie de deux religieux de la Fraternité de Jérusalem « la spiritualité et le travail des hommes ».

On célèbre à  Versailles “ o๠s’est décidée selon toute vraisemblance la révocation de l’Edit de Nantes “ l’héritage « de deux mille ans de chrétienté et d’un patrimoine de valeurs spirituelles que la morale laïque a incorporé ».

On invoque à  l’occasion les mânes de Jean-Paul II en confisquant, d’une certaine manière, vu le contexte et les slogans mis en oeuvre , son invitation au peuple chrétien »N’ayez pas peur ». Mais après tout, quand on a annexé Jaurès, Blum et Guy Mocquet, on n’en est pas à  une récupération près !

Je veux bien lui donner acte de ce que,  » catholique croyant, (il) prie quand il souffre « . C’est parfaitement respectable. Mais j’ai le droit de m’interroger sur la sincérité de cette mise en avant de références religieuses qui viennent à  point nommé pour faire la différence avec, au moins, deux autres de ses adversaires.

François Bayrou ne cache pas, en effet, sa qualité de  » catholique pratiquant  » (mais sans la pervertir de cette manière), tandis que Ségolène Royal ne fait pas mystère d’une culture familiale marquée par cette même tradition chrétienne. Je ne parlerais pas de Jean-Marie Le Pen, qui se revendique, lui aussi de cette traditions et qui l’a, plus que d’autres, utilisée sans vergogne..

Nous sommes dans un temps de confusion, parfois extrême. Les mots et les notions élémentaires, bien souvent, ne veulent plus rien dire.

N’a-t-on pas entendu, ces derniers jours, un vicaire d’une paroisse de l’Ouest lyonnais, se revendiquant apparemment d’une bonne orthodoxie, ranger la piété parmi les vertus théologales. L’imbécile ! Aurait-il à  ce point dormi pendant ses cours ? Aurait-il oublié l’enseignement de l’apôtre qui ne craignait pas de rappeler avec force que parmi les trois « théologales » la plus importante de trois était la charité, sans laquelle tout le reste n’est rien. Une cymbale retentissante !

Ailleurs, à  Saint Etienne (42), c’est le curé de la cathédrale qui se lance dans un éloge de Xavier Vallat qui fut commissaire aux affaires juives sous le régime de Vichy. L’évêque ne s’en émeut nullement et s’en prend au contraire à  l’une de ses ouailles qui avait osé lui demander de rappeler à  l’ordre ce pasteur imbécile mais à  l’évidence très au fait de la personnalité de l’ancien ministre. A l’heure o๠réapparaît la perspective d’un ministère de » l’identité nationale « , il y a des prêches qui donnent à  réfléchir.

Se réclamer de cette tradition chrétienne, comme le fait Nicolas Sarkosy, n’est pas neutre en cette période de conquête du pouvoir. Toutes les confusions sont possibles. Tous les racolages même les plus honteux seront bons pour conforter une position électorale plutôt avantageuse. Mais un ministre qui a eu la responsabilité de l’intérieur et des finances, se devrait d’être infiniment plus circonspect dans le maniement de ses références. On ne lui demande pas de se couvrir la tête de cendres, encore qu’un peu d’humilité ne lui messiérait pas, mais on est en droit de lui rappeler que nombre des actions qu’il revendique haut et fort pour son bilan gouvernemental, ne sont pas à  proprement parler des titres de gloire pour celui qui se dit chrétien.

Jusqu’ici, tout au moins dans un passé récent, il n’y avait guère eu que Jean Marie Le Pen qui, sans pudeur, avait utilisé jusqu’à  l’outrance des références chrétiennes pour couvrir ses turpitudes, débauchant des  » curés de choc  » qui se prostituaient jusqu’à  célébrer des messes dans des rassemblements du Front National (on se souvient encore à  Lyon d’une dénonciation courageuse de ces pratiques par le Cardinal Decourtay un certain mercredi des Cendres).

Verrons-nous, demain, une alliance hors nature, entre une politique de droite, tirant peu ou prou vers l’extrême, et des principes évangéliques qu’il est plus facile à  invoquer qu’à  pratiquer , nous le savons bien.

Pour ma part je ne saurais accepter une telle confusion, une telle récupération. Si la guerre, a-t-on dit, est une chose trop sérieuse pour être confiée aux militaires, la référence à  une foi personnelle, qu’on la proclame haut et fort pour gagner des voix ou qu’on laisse dire son entourage, est une chose encore plus essentielle pour qu’elle soit ainsi abandonnée aux politiques¦ ou récupérée par eux.

Quand les cathos ‘pratiquants’ succombent à  la peur… et ne voient pas plus loin que le bout de leur nez!

La Croix a publié un sondage réalisé pour son compte « à  la sortie des urnes » par le CSA. 37 % de ceux qui se disent catholiques ont voté pour Nicolas Sarkozy. Si l’on prend en compte la notion de pratiquants (réguliers “ une fois par mois à  la messe – ou occasionnels ) le score monte à  44%.

Pour que le tableau soit complet il faudrait ajouter à  ce (triste) record les votes en faveur de Jean Marie Le Pen et du hobereau vendéen : de 10 à  11 points en faveur de Le Pen pour les pratiquants alors que le président du Mouvement pour la France fait « jeu égal » avec le leader du F.N. Résumons : 44 + 10,5 + 10,5 = 65 % !

A ce chiffre il faudrait ajouter, pour avoir une vision plus précise de l’électorat des catholiques pratiquant, une partie des 20% de voix qui se sont portées sur François Bayrou. Une partie seulement car une analyse plus fine, mais presque impossible, conduirait à  rattacher à  l’électorat tirant vers la droite dure (les 65 %) celles et ceux qui n’ont pas pu franchir le pas en faveur de Nicolas Sarkozy quelque envie qu’ils en aient eu.

Un certain nombre de questions se posent à  partir de ce constat ?

Et elles sont d’importance !

Comprenons “nous bien : il ne s’agit pas de laisser entendre que le monde catholique devrait voter majoritairement à  gauche dans une forme de cléricalisme inversé.

Mais ce tropisme vers un homme inquiétant à  bien des égards, qui va réunir entre se mains plus de pouvoirs que n’en a jamais eu aucun président de la République avant lui, doit être de nature à  nous alerter. On dit que ceux qui veulent ignorer les leçons de l’histoire sont condamnés à  la revivre. Bien que les circonstances soient différentes et que Nicolas Sarkozy ne puisse être comparé au monstre qui conduisit l’Allemagne à  sa perte, il ne serait sans doute pas inutile de relire ce qui a pu être écrit sur la manière dont Hitler est arrivé légalement au pouvoir et sur la démission des forces catholiques d’alors.

Il faut s’interroger. O๠est passée cette frange des catholiques français « pratiquants » qui pendant vingt à  trente ans ont été présents “ et actifs – dans la vie des paroisses et plus généralement de l’Eglise de France ?

Quelles ont été les conséquences d’un durcissement progressif de certaines positions romaines et du silence inquiétant d’un épiscopat, lui-même divisé, dont certaines prises de positions parfois courageuses sont restées ignorées, devenant alors lettre morte ?

Quelle a été la part dans ce repli en partie identitaire d’une perte du sens des valeurs évangéliques qu’on voit remplacées peu à  peu par un ersatz piétiste qui n’annonce rien de bon pour l’avenir ?

Et dans ce repli sur des positions plus tranchées, mais aussi plus simplistes, quelle est la part des aspects  » marketing  » qui se sont développés avec les JMJ pour ne prendre qu’un exemple ?

Aura-t-il suffi à  Nicolas Sarkozy de reprendre comme un air connu l’appel de Jean-Paul II :  » N’ayez pas peur  » pour gagner le label «  catho-auquel-on-peut faire-confiance-car-il-a-les-mêmes-mots-que-le -pape  » ?

Il faut rendre justice à  François Bayrou : alors qu’il était mieux placé, à  bien des égards, que Nicolas Sarkozy pour se revendiquer d’un certain nombre de valeurs qui devraient être celles de catholiques qui se disent pratiquants, il n’en a rien fait. Il y a eu dans sa démarche une forme de retrait “ on pourrait parler de respect “ pour ne pas confondre les plans alors que son adversaire jouait sans vergogne sur tous les tableaux : intégrant les idées de JM Le Pen en leur donnant par là  même droit de cité.

 » Le candidat de l’UDF a beaucoup moins exploité le vote catholique , alors qu’il était, au départ, le mieux placé  » cite La Croix.

Exploité le mot est tout à  fait juste et s’applique de manière parfaite aux techniques de ¦ratissage de l’UMP.

UNE IDENTITE AFFICHEE

Un autre rappel de la Croix “ une analyse de Pierre de Charentenay, rédacteur en chef des Etudes “ nous met plus mal à  l’aise :  » Cette fois-ci, plus qu’en 2002,l’identité des candidats était clairement affichée. Cela a facilité les choses pour les électeurs catholiques . mais la question reste entière ; cette référence était-elle authentique, ou ne s’agissait-il que d’attraper des voix ? L’avenir le dira. Les électeurs pourront, en tout cas , rappeler aux candidats les valeurs qu’ils avaient placés en étendard « .

Pourquoi sommes-nous mal à  l’aise ? Exposer les données en ces termes suppose que la  » référence  » pouvait être authentique, mais pourquoi alors, dans la même phrase contrebalancer cette hypothèse par cette question  » ne s’agissait-il que d’attraper des voix ? « . poser la question n’est-ce pas dans le même temps fournir la réponse tant la personnalité du candidat de l’UMP est transparente : violence des propos, absence de scrupules, appétit effréné du pouvoir, mépris des hommes et des femmes qui n’entrent pas dans sa stratégie de carrière¦ La liste , hélas, n’est pas close.

L’analyse de la Croix, qui devra être reprise pour aller au delà  d’une simple information  » factuelle « , nous ramène aux questions essentielles.

Quelle société acceptons-nous de nous voir imposer ?

Quelle sera la nature du respect annoncé pour les plus démunis ?

Que deviendront les acquis sociaux gagnés de haute lutte par le monde du travail pendant des décennies, en un temps de mise en pièces du droit du travail pour complaire au MEDEF ?


Les interrogations sont légions et le débat ne sera pas clos par le second tour qui risque de confirmer que le résultat sera pas marqué non par la confiance dans l’avenir de ce pays mais par la peur, non par le respect de valeurs proclamées mais par  » l’instrumentalisation  » de la politique au profit d’une caste nantie.

Délires autour de Fatima

La toute récente publication du livre d’Antonio Socci relatif au quatrième secret de Fatima, sous le titre italien « il quarto segreto di Fatima », suscité déjà  bien des remous en Italie.

Socci, né en 1959, est un journaliste bien connu dans la péninsule. Il a dirigé le mensuel « Trenta giorni » et s’occupe aujourd’hui d’une école supérieure de journalisme radio-télévisée de Pérugia.

Il y a deux ans, il a consacré un livre aux apparitions de Medjugorge son le titre « Mistero Medjugorge » o๠il défend l’authenticité de ces dernières.

Ce type de publication s’avère très lucratif et rencontre un très vif succès en certains milieux…

La thèse de Socci rejoint une rumeur répandue depuis des années notamment par le journaliste Marc Dem, aujourd’hui défunt, selon laquelle la hiérarchie aurait caché une révélation mettant en cause le Concile Vatican II directement présenté comme à  l’origine de la crise de l’ Eglise, présentée comme une véritable apostasie collective des clercs.

Les Papes successifs, depuis Jean XXIII, aurait dissimulé une partie de la teneur des messages de Fatima qui les dérangeait. Le premier par optimisme ; les suivants par conformisme pour ne pas porter un soupçon sur le Concile Vatican II et sur l’oeuvre entreprise.

Le problème d’une telle théorie est qu’elle ne repose sur rien de tangible. Aucune preuve ne vient l’étayer. Evidemment, on peut toujours se livrer aux conjectures les plus variées. Antonio Socci prétend ainsi, toujours sans preuve, que Jean Paul II aurait volontairement dissimulé un enseignement qui le mettait directement en cause (en tant qu’il se voulait attacher au Concile).

En 2000, il a bien « rendu public » le message de Fatima mais l’aurait tronquer du message essentiel. Avec la connivence du cardinal Angelo Sodano, alors Secrétaire d’Etat, du cardinal Joseph Ratzinger, alors préfet de la congrégation pour la doctrine de la foi et de Mgr Tarcisio Bertone, alors secrétaire du même dicastère et depuis cardinal Secrétaire d’Etat.

Antonio Socci prétend que Mgr Loris Capovilla, qui fut secrétaire particulier de Jean XXIII, aurait lu le secret et aurait par la suite affirmé qu’il y aurait deux versions du secret de Fatima, dont l’authentique aurait été soigneusement enfouie. Si ce témoignage avait pu être confirmé cela aurait constitué une argument de poids. Or, il n’en est rien. Dans un mémorandum en cinq points, solidement argumenté, Mgr Loris Capovilla dément énergiquement.

Qui plus est, l’une des voyantes elle-même, la fameuse Soeur Lucie a toujours prétendu que l’ensemble du contenu des messages avait bel et bien été révélé.

Quand le Seigneur libérera son peuple?

Aux Etats Unis d’Amérique, l’administration est liée au politique et tout basculement électoral entraîne la chute de quelques-uns uns.

En France, la chasse aux sorcières n’est pas un principe et c’est l’attribution d’une pantoufle dans une grande société qui est communément admise.

Dans le contexte électoral qui fait bruisser notre pays, Monseigneur Patrick LE GAL grand aumônier catholique de nos armées a fourni lui-même à  ses brebis les raisons d’espérer.

N’a t-il pas à  l’occasion du Téléthon – http://catholique-diocese-aux-armees.cef.fr/telethon.htm ou EGMIL -16/11/2006- utilisé l’argument que l’AFM n’ayant pas récusé les informations relatives à  la recherche sur les embryons humains et le clonage thérapeutique, celles ci étaient certaines et qu’il convenait donc de ne plus soutenir financièrement ces recherches ? « Qui ne dit mot consent » selon Monseigneur.

Golias est bien placé pour savoir qu’a la suite du N° 108 relatant ses « oeuvres » en Corrèze et sa pastorale au sein du DAF, Monseigneur et ses amis sont restés muets et se sont bien gardés de récuser une quelconque information d’un dossier cependant lourd mais que les sachants trouvent cependant soft dans sa forme . Compte tenu des faits relatés, non récusés, donc maintenant établis si l’on suit le raisonnement de ce prélat, on ne peut que s’étonner de l’absence de réaction des différents intervenants qui maintenant pleinement éclairés pourraient réagir.

Les brebis de Monseigneur sont des brebis pensantes et de plus électeurs depuis le 17 aoà»t 1945 date à  laquelle le droit de vote a été donné aux militaires. Elles se mettent à  réfléchir (grave pêché), que l’accession au poste suprême ne confère pas automatiquement pour le promu un effacement de la mémoire du passé.

En mai 2004, l’éditorial d’EGMIL (revue du diocèse) « Faut-il faire la guerre à  Bercy » ne pouvait que déplaire à  un candidat actuel bien placé, surtout avec la reprise par le Canard Enchaîné de l’information sous la forme d’un billet « Le corbeau de Sarko ».

Morceaux choisis : « Sitôt nommé à  son poste, le nouveau ministre des Finances, propose des mesures ravageuses quoique symboliques sur le plan budgétaire. ¦ face aux prochaines échéances électorales, pourquoi un ministre plein d’avenir “ dit-on- agite-t-il le chiffon rouge et les sujets qui fâchent tout en ne proposant que des solutions finalement insuffisantes. Et en final « Si le « milliard de Bercy » est le signal d’une agression sans merci, alors montons armés au combat budgétaire »

Fichtre! il n’y va pas de main morte l’extra terrestre en treillis.

A Tulle on ne peut pas dire que Monseigneur n’ait pas fortement indisposé le Député Maire avec son idée d’audit “ a quand un audit du DAF ?- ou ses multiples conférences au musée municipal et rien n’est pire que d’indisposer le compagnon qui se trouve être celui de la candidate bien placée.

LES MILITAIRES DESESPERES par MGR LE GAL.

Le même mitré donne aussi quelques conseils au commandement dans son éditorial de février 2004 « Famille et défense. La multiplication des compagnies tournantes en Outre-Mer , au détriment des longs séjours en famille, ne relève pas d’abord d’une nécessité opérationnelle, mais sans doute de choix budgétaires discutables ; des aménagements à  ce niveau sont évidemment souhaitables » .

Et sur la fréquence des mutations « De ce problème est né le célibat géographique devenu presque une mode ou plutôt un fléau ». Pour la Marine on voit mal ce que la fréquence des mutations vient faire et on évite le cas de la société civile Il suffit de prendre le train le vendredi soir; Monseigneur lui prend l’avion (Golias N° 108), pour trouver une foultitude de postiers, de membres du ministère de l’intérieur qui ont accumulé les nuits de labeur pour retourner au pays, qui réserve aux leur une meilleure qualité de vie. On oublie le voyageur de commerce représentant placier et le routier qui lui doit faire son chiffre ou ses bornes.

Désespérés par les prises de position de leur évêque, notamment sur le célibat géographique des militaires ou ses ponctions financières pour sa résidence privée partagée avec sa fidèle secrétaire, les catholiques du Diocèse des Armées Françaises (DAF), ne pouvant envisager, à  brève échéance les mules papales pour leur pasteur, se mettent à  espérer à  l’occasion du suffrage des urnes le changement promis par tous.

Pour Mgr Patrick LE GAL, une prélature éloignée particulière leur conviendrait parfaitement . Sa pratique de la langue de Shakespeare étant perfectible pourquoi pas la charge pastorale des Français d’Australie ou une nonciature sur mesure chez les Bantous ?

Normalement le contrat de Monseigneur renouvelé en mai 2006 prend fin en mai 2008. Né le 14 janvier 1953, l’ancien statut des aumôniers fixant la limite d’age à  58 ans lui aurait permis de pousser en 2011 et le nouveau statut, limite d’âge 64 ans, en 2017.

Dieu nous te prions, Seigneur nous t’implorons, libère ton peuple… Et pour la République respectons les usages « A la demande de l’intéressé, par anticipation et dans l’intérêt du service »

A défaut d’un fils d’archevêque, Golias verrait bien un fils d’Amiral pour lui succéder.

Charismatiques et manipulations mentales : ce cancer qui ronge l’Eglise

Golias publiait récemment l’ouvrage de Pascal Michelena sur les communautés des Béatitudes avec ses séminaires de « thérapie chrétienne » aux dérives sectaires évidentes.

Il est de notre devoir de continuer à  mettre en lumière les procédés utilisés par ces communautés pour attirer et endoctriner des personnes en quête de sens à  leur existence.

Notre enquête est le résultat de nombreux témoignage que nous avons recueilli auprès de familles victimes et aujourd’hui encore totalement détruites.

Le fonctionnement de ces communautés spirituelles catholiques, au delà  même des Béatitudes, repose sur le « psycho-spirituel », une démarche qui vise à  assimiler l’aspect psychique et spirituel propre à  chaque individu. Chaque personne est défini par ses souffrances, blessures que la famille n’aurait pas réussi à  guérir. Ces maux nécessitent donc un traitement qu’un « gourou » pseudo-thérapeute peut apporter si le malade se donne la peine de suivre des stages, sessions et séminaires (payants) dans une de ces communautés catholiques.

Peu à  peu, cette démarche devient le seul projet de vie du « malade » qui laisse derrière lui son passé et sa famille. Car l’enjeu est bien là  pour les responsable de ces communautés : l’individu s’il veut être définitivement libéré par Jésus doit couper les liens avec sa famille.

Pour cela, les pseudo thérapeutes, en fait de véritables manipulateurs utilisent des techniques psychologiques particulièrement nocives comme le syndrome de la fausse mémoire que nous analysons plus loin et qui a cours dans nombre de communautés « charismatiques ».

Les personnes finalement prisent au piège pensaient se trouver dans une démarche spirituelle, donc de l’ordre de la foi. Une démarche qui explique qu’elles accordent force et crédit aux paroles des ses responsables qui s’autoproclament comme les « vrais messagers de Dieu ». Ainsi, on leur répète à  longueur de journée : ‘on ne peut aller au Ciel qu’en étant guéri de ces fameuses blessures d’enfance.’ On comprend alors aisément que les sacrifices demandés, notamment celui de se détacher de sa propre famille, n’ont guère d’importance au regard de l’objectif suprême visé.

Voilà  comment des personnes, à  la recherche d’un sens à  leur existence sinon fragiles, se retrouvent malgré elles enfermées dans ces pratiques « psycho-spirituelles » destructrices. D’autant que les conséquences de ces thérapies se répercutent également sur les familles des victimes qui ne comprennent pas et assistent impuissantes à  la destruction de la cellule familiale.

De la FABRICATION du MENSONGE ou « le SYNDROME de la FAUSSE MEMOIRE¦

Ces thérapies que nous considérons comme particulièrement dangereuses relèvent bien de la perversion la plus totale.

Ainsi, dans le cadre du « syndrome de la fausse mémoire », on demande au « patient » de rechercher des souvenirs refoulés , par exemple de prétendus abus sexuels pendant la période de la petite enfance. Des abus souvent fictifs ou suggérés et dont les enfants, devenus majeurs, n’ont aucun souvenirs. Jusqu’à  ce que des séances de recherche des souvenirs de la petite enfance organisées par ces pseudo thérapeutes de l’Eglise Catholique les inscrivent comme argent comptant dans la structure mentale de leur esclaves spirituels.

Ainsi, une famille nous raconte (document à  l’appui que nous publierons prochainement) l’histoire de ses trois fils déversant haine et violences et accusant leurs parents de pédophilie. Des propos qu’ils tiendront également aux autres membres de la famille. Les enfants finiront par partir en donnant jusque là  plus aucunes nouvelles. Une famille désormais anéantie et pulvérisée, victime d’un mensonge érigé en thérapie.

Loin d’être un cas isolé, cette affaire nous a conduit à  d’autres parents vivant la même situations qui ont fondé une association, « Alerte Faux Souvenirs Induits » (AFSI) afin de dénoncer ce genre de pratiques et ces mécanismes de manipulation mentale. Une manipulation qui touche aussi au porte feuille et qui vise à  remplacer progressivement les reperds familiaux préexistants.

¦A LA SIMONIE ou « la GUERISON de l’ARBRE GENEALOGIQUE »

Notre enquête nous a permis de montrer que les agissements de telles communautés n’ont rien à  voir avec l’accompagnement spirituel tel qu’il est pratiqué normalement dans l’à‰glise Catholique mais qu’ils ont pour but d’embrigader de pauvres victimes, et ainsi non seulement de leur soutirer le plus d’argent possible mais de les introduire dans une pseudo démarche thérapeutique, en leur proposant la voix de l’excellence en matière spirituelle.

Bref, « vous serez les élus de Dieu si vous nous suivez ! » Les pratiques de la communauté « Communion Marie reine de la Paix », proche des Béatitudes, en sont le meilleur exemple. Elle propose ainsi de célébrer des messes pour l’arbre généalogique des fidèles afin de « suppléer, compenser, compléter au nom du défunt ce qu’il n’aurait pas accompli de son vivant pour pouvoir être maintenant avec Dieu dans son paradis ».

Célébrer de telles messes seraient donc selon eux le moyen de rendre hommage aux défunts de la famille et de se construire à  partir de ce passé. C’est surtout un moyen supplémentaire pour endoctriner les victimes.

Les tarifs sont même définis. Pour célébrer une seule messe, il vous en coà»tera douze euros ! Une neuvaine de messes ( 9 messes pendant 9 jours de suite) sera facturée 90 euros. Enfin, pour ceux qui souhaitent « purifier leur histoire familiale » toute entière, il devront débourser la coquette somme de 250 euros qui leur donnera le droit à  un Trentain généalogique soit 30 messes pendant 30 jours de suite. Nous publions ce document qui fait froid dans le dos. Le corps et le sang du Christ en sont réduits à  de simples marchandises ! On appelle cela dans la tradition chrétienne la simonie.

Pour Golias qui dénonce de tels agissements la démarche est double. Il s’agit :

– De préserver l’intégrité physique et morale des personnes embrigadées et de leur familles mais aussi :

– D’alerter les autorités de l’à‰glise qui persistent à  cautionner des communautés qui ne cessent de trahir le message du Christ en continuant à  ignorer les graves problèmes de fond posés par ces groupes qui fonctionnent parallèlement à  leur autorité.

N.B : Golias publiera dans le numéro 114 du mois de juin prochain, le dossier complet de cette enquête ahurissante et confondante pour les responsables de l’Eglise Catholique

En attendant la parution du dossier et pour en savoir, on peut consulter le livre « Les marchands d’âmes » paru aux Editions Golias.

Le texte et la parole

On oublie souvent que les mots de l’Evangile n’ont pas toujours le sens dans lequel la tradition les a souvent entendu.

L˜Evangile rapporte que Jésus a dit à  ses disciples: « Qui vous écoute, m’écoute! ». De ce texte, mis en relation avec la « succession apostolique », l’Eglise romaine a tiré la conclusion que les fidèles de chaque génération devaient obéir sans discussion à  la voix de leurs pasteurs qui, eux-mêmes, doivent obéissance à  celle du successeur de Pierre. Les mots du Christ seraient une garantie donnée à  tous que la parole de ceux qu’il a institués pour paître son troupeau serait « sa » parole.

C’est oublier que ces mots n’ont pas nécessairement le sens dans lequel la tradition les a entendus. Ils peuvent tout aussi bien être, en effet, un avertissement adressé aux « pasteurs », destiné à  maintenir ceux-ci dans l’inquiétude en soulignant que, par leur qualité même, ils exposent la communauté des chrétiens à  errer hors des voies de l’évangile si leur parole s’écarte de celle du Christ qu’ils représentent.

Le « magistère » romain et les conférences épiscopales, qui s’expriment ordinairement avec assurance dans de longs textes savants bardés de références et rédigés en langage universitaire feraient bien de méditer sur le parcours qui a mené Thérèse de Lisieux, une femme de petite instruction et d’aucune formation théologique, à  devenir un authentique Docteur de l’Eglise, dont les brefs écrits, rédigés avec les mots de tous les jours, ont fécondé et continuent de féconder la foi et la vie de dizaines de milliers de personnes à  travers le vaste monde.

On reconnaît aisément la parole du Christ dans les mots qui partent du coeur et parlent au coeur, et c’est pourquoi aucun chrétien n’a jamais douté qu’à  écouter Pierre, Paul, Jacques, ¦Thérèse et bien d’autres qui leur ressemblent, c’est le Christ même qu’il entend. Les mots qui viennent de la raison et s’adressent à  la raison, à  l˜évidence, n’ont pas le même pouvoir et ne peuvent acquérir d’autorité qu’auprès de ceux qui acceptent sans réserves le dogme qui canonise le langage de l’institution.

Le problème est qu’à  lire l’Evangile à  travers un tel langage, on court le risque de donner à  certains passages un sens qui n’est pas obligatoirement le leur, de même que lorsqu’on observe un paysage à  travers des verres teintés, on voit des couleurs différentes de celles qui apparaissent à  l’observation directe.

Le pouvoir des clefs

On citera, à  cet égard, l’exemple de la parole adressée à  Pierre dans laquelle Jésus dit à  celui-ci: « Je te donnerai les clefs du Royaume de Dieu ». Selon la tradition romaine, une telle remise aurait eu pour effet de placer Pierre et ses successeurs, vis-à -vis de l’Eglise, dans une situation analogue à  celle du maître ou de la maîtresse de maison, dont le pouvoir domestique est symbolisé par la détention du trousseau de clefs qui lui permet d’ouvrir ou de fermer toutes portes selon qu’ils le jugent opportun. Comme le maître de maison, les papes successifs seraient détenteurs exclusifs d’un « pouvoir des clefs » leur donnant autorité sur l’ensemble de l’Eglise.

La tradition romaine, manifestement, s’est formée sans que quiconque ait songé à  l’existence, dans la vie courante même, d’un autre « pouvoir des clefs »: celui du serrurier qui est capable à  la fois d’ouvrir une porte nonobstant le fait que la clef en ait été perdue et de reproduire cette clef autant de fois qu’on le lui demande. Il eà»t fallu, à  tout le moins, poser la question de savoir si Jésus avait entendu faire de Pierre un portier chargé de filtrer les entrées au paradis ou un serrurier capable en tout temps d’ouvrir la porte de celui-ci devant quiconque et de communiquer ce savoir faire à  d’autres.

On a quelques raisons de penser que c’est cette deuxième image qui traduit le mieux l’intention de Jésus parlant à  Pierre. La première est que le Christ, de son propre aveu, souvent répété, est venu ouvrir des portes qui, jusque là , étaient restées fermées. La seconde est que la parole adressée à  Pierre annonce un don encore à  venir. C’est donc un serrurier qui parle à  Pierre et qui annonce à  ce dernier qu’il lui apprendra comment faire comme lui, après lui.

Une enquête rapide permet de découvrir, dans l’évangile, le moment auquel le don des clefs est devenu effectif et les conditions dans lesquelles il a été opéré. Il s’agit, manifestement, de l’épisode dont le récit clôt l’évangile de Jean, au cours duquel Jésus, par trois fois, demande à  Pierre « M’aimes tu? » (ajoutant même, une fois: « plus que ceux-ci? »). Après chacune de ses réponses positives, nous rapporte l’évangéliste, Pierre s˜entend dire: « Pais mes agneaux » puis « Sois le berger de mes brebis» puis à  nouveau « Pais mes brebis ».

L’indication est on ne peut plus claire. C’est en faisant en sorte d’entretenir et de faire grandir, dans ton coeur, l’amour que tu as pour moi, dit le Christ à  Pierre, que tu seras en mesure de conduire mes disciples vers le Royaume de l’Amour o๠le Père les attend et de leur fournir, en chemin, l’amour indispensable à  leur vie. La clef qui ouvre infailliblement la porte du Royaume, qui n’est pas réservée à  un seul mais passe de main en main, la clef redécouverte par des hommes et des femmes tels que François d’Assise, Jean Marie Vianney, Thérèse de Lisieux et combien d’autres, connus ou inconnus, c’est l’amour.

Le peuple de Dieu

Debout sur un rocher surplombant le rivage, Christine observe la lente progression d’un chalutier escorté par une nuée de mouettes criardes à  l’affà»t de poissons qui peuvent être rejetés à  la mer. Après de longues inspirations d’air iodé, elle gravit le sentier glaiseux qui la conduit au sommet des falaises d’o๠elle contemple l’étendue marine en camaïeu de gris, depuis l’étain mat jusqu’au brillant nickel, selon les nuances capricieuses du ciel… à  suivre

Elle s’assoit sur un tertre herbeux pour s’adresser à  la Vierge, à  ses parents et à  ses amis disparus dont le corps repose au cimetière proche mais dont l’âme désormais sans entraves vit pleinement en symbiose avec Dieu. Cette certitude d’être entendue, aimée, comprise et soutenue l’aide à  surmonter l’épreuve de son récent divorce dont elle n’a cessé de différer l’échéance. Comment en effet se résoudre à  quitter l’unique homme qu’elle ait aimé et qui, après avoir été soudainement licencié, est devenu brutal, imprévisible et dangereux pour la santé mentale de leurs deux filles dont elle a obtenu la garde, facilement accordée dans la mesure oà¹, professeur des écoles, elle dispose de conditions matérielles favorables.
Mais ce n’est pas une mince affaire d’être une divorcée dans un village de deux mille habitants o๠elle s’est mariée religieusement. Quand elle communie, elle subit le regard réprobateur de quelques ouailles compassées, choquées, affligées, outragées par tant d’impudence ou d’inconscience ! Elle imagine aisément le contenu de leur rumination : Comment se fait-il que le curé accepte de déposer l’hostie dans la main d’une interdite d’eucharistie ? Comment ose-t-il transgresser les principes récemment rappelés par le Très Saint Père en vertu desquels des divorcés n’ont pas le droit de communier !

Evidemment, ces braves gens plus intransigeants que compréhensifs, plus pieux que charitables, ne font pas la différence entre divorcé et divorcé remarié ; pour mettre un terme à  des suspicions, sources de calomnies, le curé les en informe, ravi pour une fois d’un distinguo bénéfique qui peut échapper aux chrétiens quelque peu manichéens. En effet, le divorce n’est pas reconnu par l’Eglise pour qui une femme mariée l’est définitivement avec le même mari tant qu’il est en vie. Mais, attention, divorcée, elle devra s’abstenir de toutes relations sexuelles avec un autre homme.
« En somme, elle est punie pour avoir eu un mari coupable. » s’écrie, goguenard, Julien Prévost, un employé de mairie connu pour son anticléricalisme et qui, tous les matins
avant de s’installer à  son bureau, s’exclame : « Vive le petit père Combes ! »

Le brave curé ne savait pas tout ; Christine non plus, qui ne se savait pas réduite à 
la continence pour avoir le droit de communier ! Devra-t-elle renoncer à  l’amour d’un autre
homme ? ¦
A suivre ¦