A peine moins que Dieu

« Il dit » et « Il fait » les formules reviennent comme un refrain, et le « fait » est déjà  dans le « dit ». Les deux moments sont comme un seul. Cette hymne à  la Création multiplie les allusions aux croyances contemporaines de leurs auteurs. Nous sommes à  Babylone, la religion d'empire a son « credo » expliquant l'origine du monde. La communauté des exilés s'empare du mythe. Par petites touches et « mine de rien », elle s'en prend aux « vérités » de la civilisation contemporaine. Elle s'oppose à  la multiplicité des dieux babyloniens, concentre notre attention vers un seul Acteur, rabaisse le Soleil et la Lune (divinisés par les religions antiques) aux rangs de luminaires, création du quatrième jour. L'auteur sacré récapitule toute la religion à  partir du Dieu Unique : le premier jour, Il « dit » et la Lumière « fut »¦

« Il dit » et « Il fait » les formules reviennent comme un refrain, et le « fait » est déjà  dans le « dit ». Les deux moments sont comme un seul. Cette hymne à  la Création multiplie les allusions aux croyances contemporaines de leurs auteurs. Nous sommes à  Babylone, la religion d’empire a son « credo » expliquant l’origine du monde. La communauté des exilés s’empare du mythe. Par petites touches et « mine de rien », elle s’en prend aux « vérités » de la civilisation contemporaine. Elle s’oppose à  la multiplicité des dieux babyloniens, concentre notre attention vers un seul Acteur, rabaisse le Soleil et la Lune (divinisés par les religions antiques) aux rangs de luminaires, création du quatrième jour. L’auteur sacré récapitule toute la religion à  partir du Dieu Unique : le premier jour, Il « dit » et la Lumière « fut »¦

En cette nuit pascale, nous sommes gagnés par la poésie, et la mélodie d’un texte qu’aujourd’hui nous savons ne plus prendre à  la lettre. Le récit est catéchèse pour nous parler du 7èmejour réservé à  la prière et pour situer l’homme dans l’Univers. Précisément que dit-il de nous ?

La Bible et sa Culture dans le commentaire dense consacré à  cet extrait observe : « Dieu crée en séparant, c’est-à -dire en instaurant des relations entre les réalités qu’il individualise. On notera que cette pensée est loin d’être étrangère à  notre psychologie moderne, qui sait combien il est important de sortir de l’indistinction et du fusionnel, pour que l’être humain trouve son identité en entrant dans un monde de différences et de relations ».

Donc après avoir séparé les divers entités de sa création, le Seigneur Dieu en vient à  une sorte de délibération par un verbe à  la première personne du pluriel inédit jusqu’alors : « faisons l’homme à  notre image, comme notre ressemblance ». Et cette nouvelle créature est d’emblée masculin et féminin. Le commentateur précité observe encore les différences par rapport à  la consigne d’être féconds et de se multiplier adressée aux animaux : à  présent cette consigne est donnée de personne à  personne : « il leur dit ».

« A peine les fis-tu moindre qu’un dieu » : le verset 6 du psaume 8, ferait allusion aux anges. Mais est-ce qu’à  l’heure du Big Bang supposé à  l’origine de notre monde, de l’agnosticisme, du relativisme, le texte de la Genèse ne dit-il pas davantage ? A l’heure o๠l’homme préfère rester ouvert à  toutes les hypothèses sur ses origines et ceux de l’Univers, à  l’heure o๠l’homme se sait capable des plus grandes prouesses techniques tout en n’aspirant qu’aux bonheurs de la terre, à  l’heure o๠la mort devient une fin absolue sauf hypothétique ré-incarnation, que peut bien nous révéler de solide, de crédible et d’engageant ce texte de la Genèse ?

Il pose le principe Dieu, -Quelqu’un d’autre-, est à  l’origine des existences et de notre existence (un postulat somme toute raisonnable ou tout au moins envisageable). Pour l’homme, à  la fois masculin et féminin, il a voulu des êtres à  son image et à  sa ressemblance, des êtres libres, autonomes, bénéficiaires de toute la création pour le bon (il vit que tout cela était bon), pour le bonheur. Qu’avons-nous fait de notre toute puissance, qu’en faisons nous quotidiennement, que faisons-nous de notre environnement, que faisons-nous de nos relations, quelle est notre ouverture à  l’Autre et aux autres ?

Le Fils de l’Homme est Fils de Dieu¦ Il est venu rétablir l’amitié et la filiation méconnues. Il a aimé les foules, il a aimé les pauvres, il a reçu et interpellé les riches, il nous a aimé et il nous aime¦ Il s’est donné à  la mort, pour nous ramener à  la Vie. Changer notre regard sur le monde, chercher sa Présence, aimer et se savoir aimé.

© Jean Doussal

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Une réponse sur “A peine moins que Dieu”

  1. A peine moins que Dieu
    Le Fils de l’Homme est Fils de Dieu¦ Il est venu rétablir l’amitié et la filiation méconnues. Il a aimé les foules, il a aimé les pauvres, il a reçu et interpellé les riches, il nous a aimé et il nous aime¦ Il s’est donné à  la mort, pour nous ramener à  la Vie. Changer notre regard sur le monde, chercher sa Présence, aimer et se savoir aimé.

    © Jean Doussal

    Cela c’est du délire. Je conseil ce distingué monsieur à  relire les évangiles avec moins de sectarisme. Et remettre la catéchèse de Paul de Tarse à  la juste place. Jésus, dont on doute même de sa véritable existence, n’a oeuvré que pour devenir roi de Jérusalem et se faire reconnaître comme le messie des Judéens Tout ce qu’écrit ce monsieur, est issu des conciles oecuméniques.

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