Lectures du 4ème et 5ème Dimanche de l’Avent

Année C Michée Chapitre 5 Grands et petits prophètes Le « grand prophète » Isaïe, et le « petit prophète » Michée sont contemporains, ils analysent la même Histoire. Un juste de l'Eglise « d'en haut », en « prélat » écouté et respecté, parle haut et fort à  la Cour des Grands de notre monde. Un juste de l'Eglise « d'en bas » porte un oeil critique sur les réalités qui sont nos actualités nationales mais aussi régionales et locales.

Année C Michée Chapitre 5
Grands et petits prophètes

Le « grand prophète » Isaïe, et le « petit prophète » Michée sont contemporains, ils analysent la même Histoire. Un juste de l’Eglise « d’en haut », en « prélat » écouté et respecté, parle haut et fort à  la Cour des Grands de notre monde. Un juste de l’Eglise « d’en bas » porte un oeil critique sur les réalités qui sont nos actualités nationales mais aussi régionales et locales.

Là  le macro-économique, le macro-politique, la dénonciation du déséquilibre Nord Sud, un « non » sans appel à  la Guerre dite « justifiée »¦ Ici le micro-social, le regard d’un laïc homme du peuple, paroissien de base : « comme les autres prophètes du VIIIème siècle, Michée dénonce les injustices sociales de son temps. Il insiste pour sa part sur l’accaparement des terres par les gros propriétaires, la malhonnêteté dans le commerce et l’attitude criminelle du peuple y compris ses responsables religieux, prêtres et prophètes » La Bible et sa Culture page 298

Isaïe défie le Roi qui compte avant tout sur son habileté diplomatique pour conjurer le malheur. Il suggère à  la famille royale un descendant qui sera Emmanuel, « Dieu avec nous ». Michée annonce que ce Sauveur, ne viendra pas de la cour des Grands. Une femme le portera dans une bourgade méconnue.

Cette femme est aujourd’hui pour nous, visitant sa cousine Elisabeth¦ Durant ce temps de gestation, puis bientôt d’enfance, Michée nous avertit : « Le Seigneur va abandonner son peuple en attendant le moment o๠la femme qui doit être mère aura un fils ». Cette traduction de la Bible en Français Courant est conforme à  l’original : « le temps de délaissement » annoncé dans le Lectionnaire est bien ce temps o๠Dieu se détourne de nous, nous laissant à  nos choix¦ Pourquoi ne pas rendre ceux-ci, gestes simples de Marie et d’Elisabeth ?

Après et pendant l’exil la Communauté croyante relit grands et petits prophètes : elle précise ici que ceux qui sont partis, rejoindront leurs frères d’Israà«l. Hommes et femmes de Dieu, grands et petits, nous parlent du même Seigneur : après le temps d’abandon, le Messie attendu sera avec nous. Il se dressera et il sera notre berger par la puissance de Celui qui l’envoie, par la majesté du nom de notre Dieu.

25 Décembre Année C Isaïe Chapitre 52 (Messe du Jour)
Qui donc revient ?

La péricope n’est pas d’Isaïe lui-même mais d’un disciple exilé à  Babylone. Cyrus a autorisé le retour des déportés, les exilés sont pleins d’espoir ; ils vont pouvoir revenir à  Jérusalem, relever les ruines du Temple, laisser éclater leur joie sur la colline de Sion. De Babylone à  Jérusalem, de montagnes en montagnes, de guetteurs en guetteurs, la Bonne Nouvelle est relayée : le Seigneur revient.

Le retour visé n’est pas d’abord celui de ceux qui sont partis, c’est le retour du Seigneur. Chaque Noà«l voit « revenir » de nombreux paroissiens. Nous les accueillons avec joie. Ils étaient là  pour nos messes de la veille, les messes de « minuit ». Mais pour la messe du jour, notre église est à  nouveau clairsemée. Nous retrouvons les pratiquants habituels, nous nous retrouvons entre nous, entre paroissiens actifs et convaincus.

Les messagers, les guetteurs¦ ont-ils vraiment fait leur office. L’assemblée était fournie cette nuit : par qui et par quoi était-elle appelée, convoquée ? La chaleur de la famille réunie, le doux spectacle des enfants au pied de la crèche, le folklore de tous les « papas Noà«l »¦ L’appel était médiatique et médiatisée, nous n’avions pas besoin de relayer le message, les guetteurs pouvaient se reposer : l’église serait pleine, et la chorale n’avait qu’à  se mobiliser pour les « Minuits chrétiens » attendus et espérés.

Le disciple d’Isaïe nous invite à  réviser notre préparation de ce Noà«l : avons-nous vu de nos yeux, le retour du Seigneur ? Avons-nous réellement perçu le pas du messager de la bonne nouvelle, qui mobilisait notre attente tout au long de l’Avent ? Avons-nous été la voix de guetteurs « sauvés » pour annoncer la réalité du retour ?

L’auteur inspiré poursuit : « partez, sortez de là  »¦ Le propos s’adresse à  nous, avant de « convertir » les autres, nous avons à  nous convertir nous-même. Et là  le travail est de longue haleine. Il nous faut relire le chapitre 52 en son entier¦ il se termine par le début du quatrième chant consacré au Serviteur Souffrant¦ Nous voudrions tellement que les autres reviennent, alors que notre joie communicative devrait être annonce du Seigneur qui revient.

© Jean Doussal

Billet évangélique du Quatrième Dimanche de l’Avent
Mi 5, 1-4 “ He 10, 5-10 “ Lc 1, 39-45

Pourquoi Marie est-elle bienheureuse ? Parce qu’elle a cru en l’accomplissement des paroles qui lui furent adressées de la part de Dieu. En cette veille de Noà«l, il est important de relire précisément cette béatitude : l’intervention divine, pour surprenante qu’elle fà»t, n’eut rien de magique. C’est la foi de Marie qui rendit possible l’incarnation car, dans l’Esprit, elle a laissé agir la Parole en elle. Jésus reprendra d’ailleurs cette béatitude en l’appliquant à  tous ceux qui croit en la Parole et en vivent. Ce qui fait aussi de chacun de nous une mère de Dieu selon la foi et notre vie devient, pour reprendre les mots d’Elisabeth de la Trinité, l’occasion d’une « incarnation de surcroît ». Voilà  comment du plus petit des clans de Juda peut surgir un berger de paix ! Voilà  comment d’une femme sans prestige dans la société peut rayonner un bonheur pour toutes les générations ! Voilà  comment nous aussi, nous pouvons vivre la même béatitude. Il s’agit de nous associer à  celui qui est venu faire la volonté de Dieu. Comme Marie, comme Jésus, saurons-nous, dire simplement « me voici » pour goà»ter ce que Dieu nous donne, c’est-à -dire lui-même. Fini le temps des holocaustes et de l’ancien culte : une fois pour toutes, le Christ s’est donné dans son corps pour que nos corps, c’est-à -dire nos vies, deviennent offrande d’amour ! En contemplant le mystère insondable du Très Haut qui se fit le Très Bas, par amour, saurons-nous dire : « Me voici pour faire ta volonté ». Laisserons-nous la Parole nous travailler pour devenir le peuple qui enfante la paix ?

Pascal Janin

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