Le trouble jeu du cardinal Barbarin

Le cardinal-archevêque de Lyon, Philippe Barbarin, s'apprête à  ouvrir les portes du diocèse de Lyon au chemin néo-catéchuménal. Leur installation est normalement prévue (début 2007) sur la paroisse Ste Marie de la Guillotière, haut lieu sensible suite aux opérations immobilières menées par le cardinal Philippe Barbarin.

Le cardinal-archevêque de Lyon, Philippe Barbarin, s’apprête à  ouvrir les portes du diocèse de Lyon au chemin néo-catéchuménal.

Leur installation est normalement prévue (début 2007) sur la paroisse Ste Marie de la Guillotière, haut lieu sensible suite aux opérations immobilières menées par le cardinal Philippe Barbarin.

Or ce mouvement international catholique (fondamentaliste), riche de plus de 600.000 « disciples », pose des questions¦

A quoi joue le Primat des Gaules dans cette affaire ?

Alors que :

– nombre d’évêques de par le monde refusent d’accueillir ce groupe influent qui fonctionne comme une secte ;

– le pape Benoît XVI, lui-même, a rappelé à  l’ordre les fondateurs de ce mouvement le 30 décembre 2005, sans que ceux-ci, d’ailleurs, tiennent compte réellement de l’avertissement reçu ;

– ce mouvement n’a reçu du Vatican, concernant ses statuts, qu’une approbation « ad experimentum » (c’est-à -dire expérimentale) pour 5 ans (2002-2007). Or, ses responsables l’utilisent pour dire que Rome les reconnaît désormais sans aucune réserve ;

– les services du Vatican concernés par l’instruction du dossier « Chemin néo-catéchuménal » ne savent toujours pas, à  l’heure actuelle, si les statuts qui leur ont été soumis sont ou pas les textes authentiques du mouvement, vu la difficulté qu’ils ont rencontré à  les obtenir.

Le cardinal Barbarin ne manquera sà»rement pas de s’expliquer sur ces questions. Mais d’ores et déjà , la dérive que connaît le diocèse de Lyon (cf. Golias n°111) ne fait que se confirmer, voire même s’amplifier.

Le « Chemin » fonctionne comme une « secte »

Les communautés du Chemin néo-catéchuménal ont essaimé dans le monde entier (16.700 communautés dans 90 diocèse de par le monde, 46 séminaires « Redemptoris Mater » pour près de 2000 séminaristes, 70 évêques soutiennent le Chemin). Elles disposent d’une structure centralisé et efficace au taux de croissance vertigineux. Mais jusqu’à  présent ces communautés semblent être parvenues à  convaincre le Vatican que leur organisation n’existait pas en tant que telle ! Ce qui n’a pas empêché leur catéchèse – pourtant qualifiée d’hérétique par nombre d’experts – d’être approuvée par les plus hautes instances ecclésiales…

Quoi qu’il en soit, fort de leur reconnaissance officielle en 1990 par le pape Jean Paul II, le Chemin néo-catéchuménal continue d’appliquer ses méthodes si souvent contestées sans devoir rendre des comptes à  qui que se soit. Son organisation est assez simple. Entourés de la même aura que les Focolari , les catéchistes du Chemin néo-catéchuménal , en majorité des célibataires, en constituent les personnages clés.

Même si ses visites sont espacées, le catéchiste qui évangélise une communauté a autorité sur elle et sert de lien entre elle et la direction centrale. Chaque communauté nomme des responsables de la gestion du quotidien. Les catéchistes itinérants se rendent en équipe dans les régions pour y propager le message du Chemin néo-catéchuménal . A l’instar d’une petite communauté ecclésiale itinérante, chaque équipe comprend un couple marié avec ses enfants, un jeune homme et un prêtre.

Dans chaque pays de mission, l’autorité suprême est dévolue à  l’équipe nationale, qui coordonne les activités au niveau local et assure la liaison directe avec Kiko Arguello et Carmen Hernandez, les deux fondateurs résidant à  Rome. Les groupes du monde entier s’y réunissent une fois par an pour une cession de recyclage. Comme pour les Focolari et Communion et Liberation , l’expansion du mouvement et la multiplication de ses activités autonomes ne manquent pas de rendre ses structures de plus en plus complexes.

Jusqu’à  présent, les communautés du Chemin néo-catéchuménal semblent être parvenues à  convaincre le Vatican qu’elles n’existent pas en tant qu’organisation !

Comment le Chemin infiltre les paroisses
Le schéma de la prise de pouvoir du Chemin néo-catéchuménal est identidque dans toutes les paroisses même si, pour les observateurs locaux, ce processus apparaît aléatoire. Il est dicté par l’application implacable et constante du système du Chemin néo-catéchuménal. Lorsque les diplômés atteignent un certain stade, on leur demande de s’immiscer et, en fait, de prendre possession, de toutes les activités de la cétchèse et de l’enseignement dans la paroisse afin qu’en dernier ressort, la seule doctrine valable et disponible soit la leur. Les groupes ciblés sont ceux qui préparent les candidats aux sacrements de la communion privée, de la communion solennelle et du mariage, ainsi que les parents des enfants qui doivent être baptisés. Il est également envisagé que dans de telles paroisses, tout adulte souhaitant être reçu dans l’Eglise catholique devrait rejoindre les communautés du Chemin néo-catéchuménal plutôt que de recevoir les instructions par le biais du processus habituel connu sous l’abréviation RICA (Rite d’initiation chrétienne pour adultes). Le Chemin néo-catéchuménal s’oppose à  tous les groupes de paroissiens organisés par activité ou catégorie tels que les associations caritatives ou de jeunes. Il espère plutôt les voir dépérir et mourir, supplantés par ses propres communautés.

Encore plus étrange : leur catéchèse, pourtant condamnée comme hérétique, car portant atteinte aux fondements de la foi catholique, par exemple dans les domaines de transsubstantiation et de la Résurrection, a été approuvée par les plus hautes instances ecclésiales, malgré certaines réticences en haut lieu.

Le cardinal Philippe Barbarin joue donc sur du velours…

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