« Qu’as-tu fait de ton frère ? » (Suite)

« L'argumentation rationnelle », le « réveil des forces spirituelles » initiés par le message des évêques de France en vue de l'élection présidentielle peut donner lieu à  débat : ce message « indiffère » la tradition syndicale à  laquelle j'appartiens !

« L’argumentation rationnelle », le « réveil des forces spirituelles » initiés par le message des évêques de France en vue de l’élection présidentielle peut donner lieu à  débat : ce message « indiffère » la tradition syndicale à  laquelle j’appartiens !

Deux grandes traditions (au moins¦) font l’histoire du syndicalisme français. La plus ancienne s’est forgée dans les luttes ouvrières, la seconde prend appui sur la doctrine sociale de l’Eglise avec un point incontournable la régulation par la recherche du « bien commun » : est-il légitime pour un fidèle chrétien de contester ce point de régulation ?

Je respecte les autres traditions syndicales. Ma référence s’est également fourvoyée un temps et sans doute encore pour certains, dans le service de partis politiques ou de grandes causes. Les distinctions sont devenues plus claires : toutes les organisations syndicales aiment à  dire qu’elles sont apolitiques et areligieuses, le sont elles vraiment ?

Donc par rapport au message de la Conférence des évêques ma conscience chrétienne peut être interpellée (ce sera l’objet du troisième billet) mais l’essentiel reste pour moi le respect et le service des hommes et des femmes qui me soumettent leurs problèmes. Avec eux j’ai à  chercher les solutions, sans avoir nécessairement en vue le souci du bien commun¦ La formule revient, seul le premier mot change : liberté, démocratie, mondialisation, religion, république, blasphème, environnement¦ « que de crimes commis en Votre nom »¦

Je suis gêné par la dualité de ce document, d’un côté l’Eglise, toute vierge, libre des obligations familiales, entrepreneuriales, étatiques etc. de l’autre nous. Nous sommes soumis aux regards moralisateurs des évêques sur nos vies de familles, nos vies citoyennes, la vie tout court¦

Ils s’en défendent, mais avec quelle crédibilité ?

Car l’Eglise n’a-t-elle pas aussi à  se faire bousculer dans ses organisations, ses structures, ses embauches, ses élections ou plutôt ses absences d’élections ?¦

Régulièrement il est fait appel dans ce message, à  notre sens de l’histoire, à  la mémoire : « Nier l’histoire, la passer sous silence, c’est supprimer toute possibilité d’aboutir à  la fraternité ».

Justement messeigneurs, si le syndicalisme s’est construit en oppositions, en luttes, en grèves, il l’a fait lorsque vos prêtres du passé étaient naturellement et le plus souvent du côté des puissants.

Vous nous interpellez, nous vous interpellons !

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