Lectures du 2ème et 3ème Dimanche de l’Avent

Ils se réjouissent parce que Dieu se souvient. « Préparez le chemin du Seigneur, aplanissez sa route. Tout ravin sera comblé, toute montagne et toute colline seront abaissées, les passages tortueux deviendront droits, les routes déformées seront aplanies » Est-ce que Jean le baptiste ne place la barre trop haute pour nous ?

Ils se réjouissent parce que Dieu se souvient.

« Préparez le chemin du Seigneur, aplanissez sa route. Tout ravin sera comblé, toute montagne et toute colline seront abaissées, les passages tortueux deviendront droits, les routes déformées seront aplanies »

Est-ce que Jean le baptiste ne place la barre trop haute pour nous ?

Les mêmes images sont proposées par un disciple de Jérémie. Mais là , le Seigneur lui-même remodèle pour nous la route. Il la balise, l’aplanit, la borde d’arbres odoriférants. Par elle, il s’apprête à  nous conduire dans la joie, à  la lumière de sa gloire.

« Avez-vous lu Baruch, c’était un beau génie » constatait le fabuliste La Fontaine¦ Le livre est attribué au secrétaire du prophète Jérémie. En réalité la communauté de croyants à  l’origine de cette compilation est nettement plus proche de l’ère chrétienne. Les déportés sont revenus depuis deux siècles. Revenus¦ le sont-ils vraiment ?

le sommes-nous vraiment ? L’interpellation nous atteint là  o๠nous sommes.

La communauté en prière observe tout autour d’elle. Elle campe à  Jérusalem , sur la hauteur. Elle porte son regard du côté de l’Asie et de l’Océanie, puis vers l’Afrique, l’Europe, les Amériques : « vois tes enfants rassemblés du levant au couchant par la parole du Dieu Saint ».

Là -bas¦ ici dans mon église paroissiale, tous nous nous mettons à  former une assemblée qui se réjouit.

« Ils se réjouissent parce que Dieu se souvient ». Tu les avais vu partir¦ Dieu te les ramène. En tant que « recommençants », nous sommes allés voir Jean le Baptiste¦ Il a secoué notre torpeur¦ mis en doute notre justice.

A présent nous sommes dans l’attente : est-ce que Jean n’est pas le Christ ? Luc 3,15¦ Jésus va ébranler le prophétisme du Baptiste : les aveugles voient¦ la Bonne Nouvelle est annoncée aux pauvres.

Nous sommes prêts à  faire l’impasse de Jean, de son appel à  la conversion et à  la pénitence. Nous ignorons que le livre de Baruch s’ouvre dans le deuil et les gestes concrets d’offrandes : « les gens pleuraient, jeà»naient, priaient devant le Seigneur. Puis ils rassemblèrent de l’argent chacun donnant selon ses moyens » 1, 5¦ La communauté confesse ensuite ses fautes 1, 15- 3,8, puis redécouvre la Sagesse divine, 3,9- 4,4, avant de chanter le poème qui est lecture de ce dimanche.

Paroissiens aujourd’hui réunis, chrétiens de toute confession, hommes et femmes de bonne volonté, « quittez votre mine de tristesse et de découragement », le Dieu Sauveur est à  l’oeuvre aujourd’hui¦ comme hier.

3ème dimanche de l’Avent Année C Sophonie Chapitre 3

Le Seigneur ton Dieu est en toi,

La traduction du lectionnaire intériorise davantage encore les textes originaux qui affirment la présence du Seigneur au milieu de son Peuple. Le clin d’oeil est sans doute volontaire vers Marie portant pour nous le Sauveur annoncé : « Pousse des cris de joie, fille de Sion ». La communauté toute entière est concernée : « à‰clate en ovations, Israà«l ». « Le Seigneur est au milieu de toi ».

« Ne baisse pas les bras ». « Ne laisse pas tes mains défaillir ». Dans l’Evangile Jean énumère les gestes concrets pour préparer la venue d’un Autre déjà  au milieu de nous.

Les appels à  la conversion, nous font un peu peur, mais puisque le héros qui apporte le salut est en nous ?¦ Pourquoi des efforts resteraient-ils nécessaires ?

Nous continuons à  intérioriser au niveau de notre personne un texte avant tout communautaire. Les bras levés sont ceux des gestes concrets de conversion, et de la prière : nous faisons pénitence ensemble, nous sommes sauvés ensemble, nous célébrons ensemble¦

Et voilà  qu’ensemble et en assemblée, nous percevons en chacun de nous la présence du Seigneur. Il met en nous sa joie et son allégresse, il écarte pour nous le malheur et les humiliations.

Le livre de Sophonie est d’abord une succession de critiques à  l’encontre de la société de son temps¦ Chacun en prend pour son grade à  l’intérieur comme à  l’extérieur de « l’Eglise ». Le dernier chapitre exalte le « reste d’Israà«l » une fois écartée « les orgueilleux triomphants » 3,11-13. Cette communauté résiduelle chante le « psaume » de ce dimanche. Le Seigneur au milieu d’elle, sauve les éclopées et rallie les égarés. Il restaure son peuple parmi tous les peuples de la terre 3, 19-20.

© Jean DOUSSAL

Billets évangéliques du 2ème et 3ème Dimanche de l’Avent

10 décembre “ Deuxième Dimanche de l’Avent
Ba 5, 1-9 “ Ph 1, 4…11 “ Lc 3, 1-6

Jean propose un baptême de conversion, littéralement, une plongée dans un changement de mentalité ! Pourtant, c’est à  la marche que nous sommes conviés : une marche en sécurité sur une terre aplanie pour que nous ne trébuchions pas ! Dieu va en effet tracer une voie royale pour le triomphe de ses élus comme les empereurs en faisaient construire pour célébrer une victoire en comblant les ravins et en abaissant les montagnes.

Mais cette grandiose promesse de Dieu n’est pas de l’ordre de la mythologie ; elle s’inscrit bien dans l’histoire comme en témoigne la liste des sept noms que cite Luc. Ce seront aussi ces sept qui s’opposeront au chemin de Jésus : pour un lecteur juif, sept est le chiffre des nations. Elles aussi sont donc invitées à  se réjouir comme Jérusalem ainsi que le montre la communauté de Philippes , ville qui avait la citoyenneté romaine et que Paul affectionne tout particulièrement. Sa prière pour les Philippiens qui le comblent de joie est d’ailleurs remarquable : c’est Dieu qui travaille en nous et achève ce qu’il a lui-même commencé. C’est l’amour qui nous fait progresser dans la connaissance et le discernement. Mais pour recevoir la plénitude de la justice, encore faut-il marcher, préparer le chemin. La traduction : « Vous aurez en plénitude » risque de nous faire croire qu’il s’agit d’une possession. Or le verbe est au passif que les théologiens appellent divin parce qu’il dit que c’est Dieu qui agit. La conversion est donc d’abord notre acquiescement à  cette action de Dieu. De fait, si nous devions compter sur nos seules forces, nous aurions sans doute du mal à  nous réjouir…

17 décembre “ Troisième Dimanche de l’Avent
So 3, 14-18 “ Ph 4, 4-7 “ Lc 3, 10-18

On appelle ce dimanche « Gaudete ». Il nous faut nous « réjouir », car Dieu écarte nos ennemis. Il danse même pour son peuple ! Le violet liturgique de l’attente s’éclaire de la promesse dont la réalisation approche. La couleur sombre devient rose.

Noà«l approche ! Mais ce n’est pas une histoire à  l’eau de rose.

Si l’heure n’est plus à  l’inquiétude mais à  l’action de grâce, elle est aussi celle de la supplication. Et notre première demande à  Dieu est de savoir ce qu’il nous faut faire . C’est la même question qui est posée à  Jean alors qu’il baptise dans l’eau et à  Pierre alors qu’il vient de recevoir le baptême dans l’Esprit et le feu à  la Pentecôte.

C’est notre question à  nous aussi mais nous sommes invités à  (nous) la poser dans la joie parce que Dieu ne nous demande rien d’impossible comme Jean ne demandait rien d’extraordinaire à  ceux qui le questionnaient !

Tous, même les soldats étrangers et les publicains collaborateurs sont appelés à  former le peuple de Dieu. C’est peut-être cela le motif de notre joie et la différence entre Jean et Jésus : l’humanité enfin rassemblée, ne serait-ce pas aussi notre demande la plus pressante à  Dieu ?

Heureusement, sa paix « dépasse tout ce qu’on peut imaginer » ! N’ayons donc pas peur de la paille qui doit brà»ler : il faut bien nettoyer un peu, enlever tout ce qui est inutile et qui pourtant nous encombre en nous attristant ; mais surtout, soyons « dans l’attente » : c’est l’attitude du peuple de Dieu qui implique ouverture et confiance… à  vivre dans la joie !

© Pascal Janin

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