Ils s’éveilleront…

Le « Catéchisme de l’Eglise Catholique » resitue pour nous une vérité que avons beaucoup de mal à  appréhender : « L’enseignement de l’à‰glise affirme l’existence de l’enfer et son éternité. Les âmes de ceux qui meurent en état de péché mortel descendent immédiatement après la mort dans les enfers, o๠elles souffrent les peines de l’enfer,  » le feu éternel  » (cf. DS 76 ; 409 ; 411 ; 801 ; 858 ; 1002 ; 1351 ; 1575 ; SPF 12). La peine principale de l’enfer consiste en la séparation éternelle d’avec Dieu en qui, seul, l’homme peut avoir la vie et le bonheur pour lesquels il a été crée et auxquels il aspire ». (paragraphe, 1035)

Laurent Lavaud dans un article de la revue Sénevé n°146 suggère d’éviter deux écueils : « le premier consiste à  affirmer que l’enfer est une fiction… mais l’autre écueil à  éviter est de soutenir que l’enfer est une réalité ».

Autant dire que le sujet est difficile, mais puisque le texte proposé ce dimanche est de ceux qui fondent notre foi en « la Résurrection et la Rétribution » (titre que lui donne la Bible de Jérusalem), attachons-nous à  méditer cette première lecture en vue de mieux nous approcher du… Mystère.

Le mot « enfer » n’est pas usité ici. Il est d’ailleurs quasiment absent de la « Concordance de la Bible de Jérusalem » réalisée par l’Abbaye de Maredsous : quatre occurrences sont relevées avec souvent le mot au pluriel.

Le Vocabulaire de Théologie Biblique privilégie d’ailleurs ce pluriel, avec pour l’Ancien Testament cette représentation commune à  beaucoup de peuples : le shéol, ce séjour des morts ou justes et pécheurs se retrouvent sans valeur et sans joie, une existence proche de la poussière.

A ce stade le texte de prophète Daniel annonce le réveil « les uns pour la vie éternelle, les autres pour la honte et la déchéance éternelles ». Les mots justes prennent dès lors une importance particulière.

A cette traduction du Lectionnaire, la Bible de Jérusalem et la TOB, opposent des formules plus redoutables : « les autres pour l’opprobre, pour l’horreur éternelle ».

La Septante privilégie la « honte » et c’est sans doute autour de ce mot qu’il convient de prendre toute la mesure du texte sans trop nous laisser aller à  des termes… d’enfer.

Le prophète Daniel atteste qu’après le temps des épreuves, le peuple fidèle triomphera. Auront définitivement raison ceux qui ont mis leur Foi dans le Dieu vivant. Celle-ci sera vie éternellement, tandis que les incroyants seront à  jamais confondus. La Foi et la Justice rayonneront à  travers tous ceux qui les auront enseignées et pratiquées. « Les Enfers domaine de la Mort, deviennent l’Enfer, lieu de l’absence de Dieu et exclusion du monde à  venir ». (La TOB, introduction au livre de Daniel).

« J’écoutai sans comprendre »… Le prophète continue de regarder et d’écouter : « Beaucoup seront lavés, blanchis et purifiés ; les méchants feront le mal, les méchants ne comprendront point ; les doctes comprendront » verset 10. Daniel est invité à  prendre son repos : « tu te lèveras pour ta part à  la fin des jours » verset 13.

Le Psaume 15 [16] est associé à  la première lecture : « Seigneur, mon partage et ma coupe : de toi dépend mon sort ».

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