Les étranges méthodes du docteur Anatrella

Dernière Minute
Le signalement opéré au printemps dernier par un des témoins victimes dans l’affaire Anatrella a officiellement porté plainte aujourd’hui lundi 30 octobre 2006 contre le « psy officiel » de l’Eglise de France.

Mgr Tony Anatrella, psychanalyste, expert (auto proclamé) en psychiatrie sociale et prêtre, n’a de cesse de présenter la continence et la sublimation comme les seules voies vers la maturité psychologique, hormis bien sà»r le mariage hétéro unique et définitif.

Tout le reste serait dépravation.

En somme, notre archange de lumière fait reculer jusque dans les profondeurs des ténèbres putrides tout désir qui échappe au totalitarisme catholique des corps dont il s’érige comme le chantre fanatique.

Loin de nous l’intention de débusquer, chez le œMonsignore expert en psychiatrie sociale une hypothétique tendance sexuelle que nous voudrions pourfendre ou débusquer, ou une éventuelle double vie. Tout cela ne nous regarde pas.

Cette protection s’arrête pourtant là  o๠une conduite professionnelle en vient à  s’égarer hors des frontières du légalement acceptable, lorsqu’il y a atteinte à  l’intégrité morale et physique d’autres personnes : ce qui est un comble d’hypocrisie de la part d’un moralisateur de cette autorité.

L’affaire dont il nous faut ici faire état déborde de la sphère privée. Selon le témoignage que nous reproduisons, et qui n’est pas le seul à  nous être parvenu, Tony Anatrella aurait en effet, au cours d’une psychothérapie, eu recours à  d’étranges pratiques, déontologiquement inacceptables, moralement révoltantes, bien éloignées d’une saine assistance psychologique à  autrui. Au printemps 2006 une plainte a même été déposée contre œl’expert de l’Eglise auprès du Procureur de la République.

Dans son commentaire sévère notamment contre l’admission de gays au ministère ordonné, Tony Anatrella énonce cette imparable sentence : œles prêtres doivent rester dans la cohérence de la doctrine de l’Eglise.

Il est vrai qu’en matière de cohérence Tony Anatrella est un grand expert.

COMMUNIQUE DAVID & JONATHAN

L’association David & Jonathan a pris connaissance des soupçons qui pèsent sur les pratiques thérapeutiques de Tony Anatrella, prêtre et psychanalyste, qui aurait abusé de sa situation d’autorité.

En première ligne du combat homophobe, Tony Anatrella s’est illustré depuis longtemps par l’extrême violence et l’outrance de propos contestables et indéfiniment ressassés comme le prétendu refus de l’altérité, l’immaturité affective de tous les homos ou la menace que ferait peser l’homosexualité sur l’équilibre de la société civile.

Malgré les interrogations que pouvait poser son discours univoque, la hiérarchie catholique a placé et maintenu Monseigneur Anatrella en situation de quasi exclusivité pour dispenser la parole officielle des Evêques de France sur l’homosexualité, alors même que ses propos étaient vivement contestés par nombre de psychanalystes, de religieux ou de théologiens.

Compte tenu des nouveaux éléments, Monseigneur Tony Anatrella restera-t-il le porte-parole officiel ou officieux de l’à‰glise catholique de France, voire même du Vatican, sur tout sujet concernant l’homosexualité ?

Les dessous de la querelle liturgique

La libéralisation de la messe de Saint Pie V relève de l’arbre qui cache la forêt.

En effet, loin de se réduire à  n’être qu’une banale querelle de lutrin, le conflit des rites engage, en profondeur, non seulement toute une vision de la messe mais encore toute une conception de Dieu et de l’homme, du rapport entre eux.

Sur ce point là  comme sur beaucoup d’autres, une question particulière, loin de relever purement et simplement du goà»t des uns et des autres, exprime à  sa façon un enjeu très profond et véritablement décisif.

On peut volontiers parler d’une conception d’ensemble du christianisme. En opposition frontale avec l’esprit de tolérance et de libéralisme des lumières.

Il faut se souvenir qu’au début, Mgr Marcel Lefebvre lui-même était résigné à  accepter le nouveau rite, tout comme le cardinal Alfredo Ottaviani, qui au début avait exprimé ses réserves.

C’est le philosophe Jean Madiran qui avait critiqué la nouvelle, avec Dom Guillou et quelques autres. Le contexte de l’opposition virulente n’a donc rien de purement secondaire. La messe ancienne sert de drapeau, de point de ralliement pour tous ceux qui refusent les idées acceptées au Concilen Vatican II. En outre, des nostalgies de type affectif ou esthétique ont pu alors conquérir des fidèles qui sur le fond étaient moins radicaux.

Il faut donc bien comprendre que le combat que nous menons ici n’est pas simplement lié au rite de Saint Pie V en lui-même. Après tout, chacun n’est-il pas libre de cultiver tel ou tel goà»t, telle ou telle préférence? En leur temps, Yves Congar et Hans Kà¼ng se prononcèrent bien pour la libéralisation de la liturgie tridentine, non par attachement envers elle, mais pour être cohérent jusqu’au bout avec le libéralisme.

Certes, la théologie de l’ancienne messe, ignorant l’assemblée et la dimension de repas nous semble-t-elle surannée et déséquilibrée. En même temps, c’est surtout l’ensemble d’une vision de Dieu et de l’homme sous-jacente à  la revendication traditionaliste qui nous dérange profondément.

Il s’agit bien de rester fidèle à  l’élan imprimé par le Concile Vatican II. Comme le dit Mgr André Lacrampe, archevêque de Besançon :  » Vatican II, c’est aussi la tradition, je ne veux pas faire l’économie de ce texte « .

Autour de la liturgie se joue toute une vision des choses, très large. Comme le note, Jean Rigal, théologien :  » la liturgie, outre le fait qu’elle touche au visuel, au sentiment, à  l’habitude, engage aussi toute une conception de l’à‰glise et des ministères. Cela ne veut évidemment pas dire la même chose si le prêtre seul fait les lectures bibliques ou si des laïcs le font aussi. Ce n’est pas non plus la même chose s’il n’y a que des hommes qui distribuent la communion ou s’il y a aussi des femmes. Voilà  pourquoi les polémiques autour de la liturgie sont souvent bien plus profondes qu’elles n’en ont l’air « .

Pour situer l’engagement de Golias dans cette affaire, il me semble judicieux de reprendre à  notre compte les excellentes réflexions de certains catholiques bordelais ;  » Est-il besoin de le préciser, ce n’est pas la messe en latin qui nous importe. Cette pratique camoufle mal les visées politiques fondamentalistes de ce groupe. C’est bien contre les dangers de l’intégrisme – qu’il soit d’ailleurs catholique, juif, musulman ou autre – que nous nous levons (….)La Fraternité Saint Pie X, excommuniée par le Pape en 1988, se manifeste par un attachement à  des valeurs antidémocratiques, par sa haine de la laïcité, des Droits de l’Homme et par une vision archaïque de la société (homophobie, vision rétrograde du rôle des femmes, dressage éducatif, opposition à  la contraception, etc…). Elle soutient les commandos IVG ainsi que des mouvements de jeunesse paramilitaires comme celui de l’abbé Cottard, reconnu coupable de la mort de 5 personnes en 1999 « .

Il y a certainement une réelle différence entre les revendications traditionalistes françaises et les revendications étrangères, par exemple américaines ou allemandes.

Dans le premier cas, l’aspect philosophique et idéologique se double d’une dimension politique très extrémiste, souvent polémique. La situation de l’abbaye du Barroux est emblématique à  cet égard. On se souvient des sympathies de Mgr Lefebvre et de ses épigones pour le Front National, du soutien accordé à  Paul Touvier, de la nostalgie du régime de Vichy. Cet aspect de la question ne saurait être occulté. L’idéologie intégriste consiste bel et bien en un mixte de conservatisme religieux et de fascisme. L’abbé Laguérie rendit un hommage très remarqué à  Paul Touvier en l’à‰glise Saint Nicolas du Chardonnet. Il suffit de se rendre à  la sortie d’une messe en ce lieu redoutable de l’intégrisme catholique pour entendre les commentaires haineux des assistants contre les juifs ou les francs maçons. Le quotidien « Présent », fondé et toujours dirigé par Jean Madiran, un octogénaire toujours hargneux, juxtapose les positions traditionalistes en matière liturgique et les invectives homophobes. Certes, Rome a quelque excuse d’être moins sensible à  la spécificité française. En même temps, des hommes comme Mgr Martin Viviès, le prélat français de la Congrégation du clergé qui a beaucoup suivi le dossier devrait être plus conscient des ambiguïtés d’un mouvement  » d’abord politique  » peut-être, pour évoquer un slogan de Charles Maurras.

Il nous parait donc essentiel, sans oublier de traiter de la question liturgique en tant que telle, de discerner les enjeux idéologiques, anthropologiques et politiques qui se cachent derrière elle.

Ce jeudi 26 février s’ouvre un colloque de prestige à  l’Institut catholique de Paris. Des vêpres solennelles présidées par le cardinal Francis Arinze marquent la première soirée avec un prélat en chape, une sacralité somptueuse et une bénédiction à  l’ancienne, en latin. Nous voulons simplement noter là  un fait facile à  constater par tous : une sensibilité liturgique classique et traditionnelle peut sans difficulté trouver son compte dans l’à‰glise dite conciliaire. La dissidence intégriste s’origine donc bien ailleurs : en une vision idéologique perverse du catholicisme, politisée. La pente naturellement intransigeante du catholicisme y est alors poussée jusqu’à  l’extrême. C’est à  la lumière de ces enjeux d’ensemble que nous pouvons mieux comprendre les tenants et les aboutissants d’une affaire qui n’a rien d’anecdotique.

Au contraire. Le dossier qui va suivre entend toujours se référer à  cet angle de vue général. Il comprendra les articles suivants :

* les critiques intégristes adressées à  la nouvelle liturgie ;

* l’indult : histoire d’une complaisance :

* le vrai visage de l’abbé Laguérie ;

* réactions et silences en face d’une réconciliation bien douteuse ;

* les intégristes et Paul Touvier ;

* grandes tensions au sein de la famille traditionaliste; la Fraternité Saint Pierre secouée.

Quand le balancier devient fou

Pour rester dans l’ambiance des prétoires, le journal télévisé d’Antenne 2, du mardi 24 octobre à  la mi-journée, nous a livré des images et une information surréaliste.

Dans la région de Meaux se déroule aux Assises un procès qui met en cause un prêtre accusé de viol et d’autres crimes du même ordre.

Il appartient à  la Cour saisie du dossier de se prononcer sur la culpabilité ou l’innocence de l’accusé mais jusqu’au prononcé du verdict c’est la règle de la présomption d’innocence qui doit prévaloir.

Golias a osé depuis des années s’attaquer à  ce qui était un tabou dans l’institution ecclésiale. On ne voulait pas voir et quand l’alerte était donnée, quand les faits s’avéraient par trop brà»lants, on biaisait, on camouflait, parfois sans s’assurer que les précautions, essentielles pourtant, étaient prises pour que d’autres victimes ne viennent pas s’ajouter au tableau de chasse des prédateurs.

On sait le désastre qu’a provoqué cette politique en France peut-être, mais plus sà»rement aux Etats-Unis o๠l’église se trouve dans de grandes difficultés financières à  la suite des condamnations dont elle fait l’objet pour n’avoir pas pris en temps utiles les décisions opportunes qui auraient mis fin aux agissements de tels ou tels membres de son clergé (ou tout au moins qui auraient manifesté qu’elle avait satisfait aux obligations de moyens qui s’imposaient naturellement à  elle).

Il semblerait que la Conférence épiscopale de France ait commencé à  prendre la mesure de ce problème qui est à  la fois douloureux ( des êtres, jeunes souvent , ont été brisés et avec eux des familles entières) et qui touche à  l’image – on n’ose dire à  l’exemple – que l’institution ecclésiale se doit de donner.

Il ne suffit pas d’assurer telle victime de sa prière et de laisser se perpétuer, sans agir de quelque manière que ce soit, des actes inadmissibles (aussi bien sur le plan déontologique que sur le plan humain ). (1)

Et voilà  que nous apprenons  » sur les étrange lucarnes  » que l’évêque du lieu, Mgr Albert de Monléon, s’est porté partie civile contre le prêtre accusé. On veut croire qu’il ne s’agit pas là  d’une tactique élaboré au niveau de l’épiscopat car soyons francs : elle nous paraîtrait particulièrement indigne.

Pendant des années l’institution n’a eu comme solution au problème de la pédophilie de certains de ses prêtres que de se voiler la face, de se refuser à  voir en face un problème qui n’est pas neuf, c’est vrai, mais qui a flambé dans un monde érotisé à  l’extrême tandis que les tabous qui assuraient une certaine  » police  » ont volé en éclat.

Mais de là  à  se porter partie civile ! C’est en fin de compte une attitude plutôt lâche et en tout cas pitoyable. La place de l’évêque n’était pas aux côtés des parties civiles.

Il faut commencer par balayer devant sa porte, Monseigneur, et ne pas tenter de se défausser, à  bon compte pourrait-on croire, alors qu’il n’en est rien.

La solution adoptée risque de se révéler à  terme plus dévastatrice que ses concepteurs auraient pu le penser. Pense-t-on ainsi donner des gages à  une opinion publique qui ne le demandait pas mais qui attendait de la part des responsables d’une église qui a trop souvent pratiqué la politique de l »autruche, un langage vrai et des décision courageuses pour s’attaquer à  la racine du mal.

Que cette Eglise s’interroge donc sur la formation qu’elle donne à  ses séminaristes en matière sexuelle, qu’elle examine le sérieux et le bien fondé de ses décisions à  l’heure de l’ordination, et qu’elle fasse loyalement son examen de conscience sur l’aide qu’elle apporte à  ceux qui se trouve confrontés à  une forme douloureuse de misère affective et parfois de terrible solitude.

Elle doit reconnaître qu’elle fut parfois négligente dans le soutien qu’elle se devait d’apporter à  ceux de ses prêtres qui se débattaient dans des situations inextricables mais qu’elle fut aussi négligente dans la mise place de mesure de sauvegarde et de protection des victimes potentielles. Nous avons bien compris qu’il fallait avant tout sauver la face, ne pas risquer de compromettre une institution qui ne voulait pas voir à  l’image de ces statuettes asiatiques nous montrant trois singes qui se refusent à  entendre, à  parler et à  voir !

Espère-t-on avec de tels procédés s’en tirer aussi facilement ? Il n’est pas certain que cette étrange tactique soit même d’un quelconque secours pour la victime comme pour sa famille. Si l’accusé est reconnu coupable il doit être sanctionné après avoir bénéficié de toutes les garanties en matière d’instruction mais avec lui doivent être jugés ceux qui, sachant, ont détourné les yeux et ont refusé de prendre les mesures qui s’imposaient.

A Lisieux, il y a quelques années, ce qui était reproché à  Mgr Pican, c’était en fin de compte l’absence de toute parole de regret, de toute demande de pardon -osons le mot – pour n’avoir pas su prévenir (au mieux) ou mettre fin aux agissements d’un prêtre qu’il savait pédophile. On ne lui reprochait en aucune manière cette absence d’attitude  » juridique « , un quelconque recours à  cette forme de pose ostentatoire qui rappelle étrangement celle d’un procurateur romain se lavant les mains avant de livrer à  ses accusateurs appelés à  devenir ses bourreaux l’homme qu’on avait déféré devant lui.

Mais le comble a été atteint quand s’est affichée sur l’écran l’image de l’épiscope, mitre en tête, armé de sa crosse et revêtu de ses ornements sacerdotaux. Qu’on ne nous raconte pas d’histoire : cette image n’était apparemment pas une image volée ou détournée et si, tel est le cas, que l’évêque, si attaché à  la procédure, ose attaquer pour atteinte à  la vie privée, ou à  son image ou à  tout ce qu’on voudra. Mais qu’on sache , nom de Dieu, s’il s’est prêté de lui-même- ou non à  ce carnaval inadmissible et tragiquement dérisoire. Car au delà  de l’utilisation à  des fins douteuses de ces insignes d’un pouvoir, ou plutôt d’une charge, il galvaude – et bafoue en quelque sorte – des symboles qui se rattachent étroitement au ministère qui lui a été confié.

Quand Mgr Pican s’était montré, hélas, très en dessous de ce qu’on était légitimement en droit d’attendre d’un successeur des apôtres, Michel Kubler dans La Croix, avait osé dire courageusement qu’une démission aurait du suivre, logiquement, ce qui avait été un contre-exemple.

Que dire alors de cette pitoyable, de cette misérable attitude de Mgr de Mauléon qui non seulement n’avait pas se fourvoyer sur le banc des parties civiles mais plus encore à  parader avec les insignes de sa fonction.

Si sa bonne foi a été surprise qu’il nous en apporte la preuve et nous serons les premiers à  dire que les images qui ont été vues par des milliers de téléspectateurs ne sont que tromperie et mise en scène fallacieuse. Mais si tel n’est pas le cas, qu’il quitte sa charge, qu’il s’en aille !

Note :

(1) Le dernier numéro de Golias livre un dossier atterrant : certains dignitaires – et non des moindres – ont été prévenus des graves manquements à  la déontologie et même à  la loi – d’un thérapeute bien en cour et  » faisant autorité  » dans le domaine …de la morale sexuelle. Mais on a continué à  lui dérouler le tapis rouge et à  le laisser agir au mépris de toutes les règles alors qu’il était amené à  intervenir auprès de personnes  » vulnérables « .

Délit ou crime ?

En tous cas faute professionnelle extrêmement grave.

La richesse de Vatican II

Les évêques de La région Normandie qui entendent cultiver l’esprit de Vatican II ont adressé, le 17 octobre dernier, à  leurs prêtres, une lettre qui renouvelle leur confiance dans le travail accompli et leur fidélité à  la tradition vivante du concile Vatican II.

Nous reproduisons l’intégralité de ce document.

Chers amis,

Tout au long de son ministère au service de l’Eglise universelle, Jean-Paul II s’est voulu fidèle au Concile Vatican II . Il a profondément souffert de la division des catholiques, et prié pour que se restaure la communion. Ce même désir anime Benoît XVI. Les chemins de dialogue et de réconciliation récemment ouverts ne sont pas sans vous interroger, voire susciter vos inquiétudes, aussi voulons-nous vous exprimer notre estime et notre confiance.

Vous avez accueilli le C oncile Vatican II comme un don de l’Esprit. Vous n’avez pas ménagé vos efforts pour en recevoir et en approfondir les enseignements, et pour conduire les réformes qu’imposait l’aggiornamento de l’Eglise appelé de ses voeux par le bienheureux Jean XXIII.

Le Concile Vatican II s’est tenu dans une période de renouveau pastoral et missionnaire, et a bénéficié d’un progrès sans précédent des études bibliques et liturgiques, historiques et théologiques.

Mais au moment o๠il se réunit et dans les premières années de sa mise en oeuvre, s’opère également une profonde mutation culturelle de la société occidentale dont il est encore prématuré de dessiner les contours mais qui se traduit, entre autres choses, par une nouvelle manière d’appréhender les réalités et d’approcher la vérité, un nouveau rapport au monde.

Vous avez connu la peine de voir nombre de vos confrères renoncer à  l’exercice de leur ministère tandis que d’autres rejoignaient des groupes et des associations qui, prenant prétexte de certaines erreurs ou maladresses, se sont permis de refuser le Concile Vatican II .

Pour le service de l’Evangile, avec courage, audace et détermination, vous avez accepté les conversions et les redéploiements pastoraux exigés par des situations nouvelles.

Le soutien amical et généreux des chrétiens et de vos communautés vous a été précieux. Pour autant les critiques ne vous ont pas été épargnées.

Et vous êtes restés fidèles à  l’Eglise et à  sa tradition vivante.

« Quelles richesses le Concile Vatican II ne nous a-t-il pas données dans ses orientations ! … A mesure que passent les années (les textes du Concile) ne perdent rien de leur valeur ni de leur éclat. Il est nécessaire qu’ils soient lus de manière appropriée, qu’ils soient connus et assimilés, comme des textes qualifiés et normatifs du Magistère, à  l’intérieur de la Tradition de l’Eglise … Je sens plus que jamais le devoir d’indiquer le Concile comme la grande grâce dont l’Eglise a bénéficié au vingtième siècle ; il nous offre une boussole fiable pour nous orienter sur le chemin du siècle qui commence » Jean-Paul II, Lettre apostolique Au début du nouveau millénaire, 6 janvier 2001, n° 57.

Nous vous disons merci. Nous vous renouvelons notre estime fraternelle et notre confiance.

A Lisieux, le 17 octobre 2006

Jean-Charles Descubes, archevêque de Rouen

Jean-Claude Boulanger, évêque de Sées

Michel Guyard, évêque du Havre

Christian Nourrichard, évêque d’Evreux

Pierre Pican, évêque de Bayeux et Lisieux

Michel Le Blond, administrateur diocésain de Coutances et Avranches

Encore l’institution judiciaire

Décidément cette affaire d’Outreau a joué pour toute une partie de l’opinion qui n’avait jamais eu vraiment à  se frotter à  l’institution judiciaire, le rôle de révélateur : cette institution à  la fois admise et redoutée, était donc capable de se tromper lourdement malgré les garde-fous qui étaient censés protéger le justiciable contre l’arbitraire.

En évoquant ce « désastre », mot repris à  satiété par les commentateurs, on a crié trop souvent haro sur un magistrat qui n’a jamais que confirmé ce que son séjour à  l’Ecole de la Magistrature pouvait laisser entrevoir.

Trop jeune sans doute pour s’affronter à  un dossier emblématique, susceptible d’être le tremplin d’une brillante carrière et qui s’est révélé en fin de compte l’illustration des pratiques d’une institution qui, au nom d’une indépendance, certes nécessaire, se refuse à  toute réforme en profondeur.

C’est le corps tout entier qui devrait entreprendre son aggiornamento, qui devrait faire un effort sans précédent de lucidité sur des pratiques d’un autre âge, sur des comportements de caste fermée trop souvent au monde dans lequel elle doit exercer la mission délicate qui lui est confiée : celle de faire appliquer une loi qui ne saurait se passer de la médiation humaine (sans cela l’intelligence artificielle serait à  plusieurs titres préférable aux tâtonnements, aux approximations voire aux erreurs qu’il faut bien constater).

Ce ne sont pas les mouvements d’humeur des représentants de la profession devant un projet somme toute modeste qui peuvent nous rassurer, bien au contraire.

Nous vivons avec quelque écoeurement cette fin de règne, o๠les palinodies du premier personnage de l’Etat pour échapper à  une justice qui l’attend à  la fin de son mandat ne sont pas faites pour rehausser le crédit d’une institution qui apparaît usée dans sa conception comme dans son fonctionnement.

Comment ne pas ressentir l’impression d’un immense gâchis devant le mauvais usage qui est fait depuis longtemps, et qui semble s’aggraver, d’un corps composé dans sa grande majorité d’hommes et de femmes techniquement compétents et dont on a pu mesurer en diverses circonstances le sens de l’humain.

Car enfin pour revenir à  Outreau, le jeune magistrat qui ne doit pas jouer le rôle de bouc émissaire, n’était pas seul : autour de lui il y avait un parquet et une chambre d’instruction qui ont validé la procédure, menée dans un sentiment de certitude qui est bien la dernière tentation à  laquelle ne doit pas céder un magistrat en de telles circonstances.

Ses pairs, ses anciens dans la profession, sont autant sinon plus coupables que lui. Mais pour se dédouaner l’Institution ne trouve pas d’autre solution que de proclamer que le juge d’instruction n’a commis aucune faute professionnelle ou technique dans la conduite de son dossier. Et le bon peuple ne comprend plus : il y a lui dit-on des règles qui sont là  pour garantir au justiciable une instruction équitable  » à  charge et à  décharge  » alors que, dans cette affaire, ce principe a été sinon violé, (et encore !) mais pour le moins terriblement malmené.

Il y a dans l’opinion publique un malaise profond.

Certains liens entre le pouvoir en place et la conduite de dossiers délicats ne sont plus à  démontrer : on se souvient de l’affrètement d’un hélicoptère dans l’Himalaya pour retrouver un magistrat censé devoir se montrer plus souple ou plus compréhensif pour reprendre certains actes d’instructions qui visaient l’épouse du maire de Paris alors bien en cours à  l’Elysée. Serait-ce cruel – ou injuste – que de s’interroger sur les précautions qui n’ont pas été prises à  Outreau ou ailleurs pour assurer que tous les éléments nécessaires à  une bonne administration de la justice ont été réunis. Mais il est vrai que  » selon que vous serez puissants ou misérables…  » .

Il est temps, il est grand temps, que l’institution judiciaire qui est – et doit rester – la garante des libertés, la garante également de l’équité dans un traitement égal pour tous, réalise enfin que ce serait se grandir que d’accepter, par exemple, que soient sanctionnés des actes ou des erreurs de jugements manifestes sans quoi l’indépendance des magistrats qu’il convient de préserver, ne serait qu’un masque ou un paravent pouvant déboucher en certaines circonstances sur l’arbitraire et le déni de justice.

Et ce n’est pas à  Golias qu’il faut nous parler des interprétations aberrantes qui ont été faites en d’autres lieux d’une notion qui demande pour être comprise, avant même d’être admise, une rigueur d’analyse et un ensemble de connaissances historiques (ou théologiques en la circonstance) : celle de l’infaillibilité.

Communiqué de l’équipe de chrétiens en classe ouvrière (ECCO)

Des situations sociales récentes ont été l’occasion d’échanges entre les membres de notre équipe de chrétiens en classe ouvrière du Calvados.

Certes les élections politiques de l’an prochain sont importantes, mais elles ne doivent pas pour autant évacuer les préoccupations et les souffrances d’un grand nombre de travailleuses et travailleurs, particulièrement de jeunes inquiets de leur avenir.

Les contrats précaires sous de multiples formes (intérim, CDD, temps partiel, CNE…) se développent, laissant dans l’incertitude du lendemain celles et ceux qui en sont victimes.

Pourtant le gouvernement annonce une baisse du nombre de chômeurs. C’est du trompe l’oeil, car la précarité s’accroît, les départs à  la retraite sont plus nombreux, les radiations des chômeurs augmentent et la présentation des chiffres du chômage est partielle. Ce qui est sà»r, c’est que la pauvreté et les dégradations des conditions de vie s’accroissent chez les travailleurs.Au mois d’aoà»t dernier, dans notre région Basse Normandie, seulement 61 offres d’emploi sont disponibles à  L’ANPE pour 1000 demandes.

Le pouvoir d’achat de beaucoup d’actifs et de retraités diminue faute de revalorisation suffisante de leurs salaires ou revenus.

A cela, il faut ajouter la situation lamentable infligée par le gouvernement aux étrangers de tout horizon, sans papiers, dont la plupart sont menacés d’expulsion.
Face à  ces attaques, il faut résister.

Collectivement et individuellement, nous sommes de plus en plus nombreux à  nous mobiliser.

L’intérêt pour nous des échéances électorales, c’est de pouvoir débattre de changements profonds dans la société française. Le débat démocratique exige la confrontation

des idées et des propositions entre les citoyens. Cela a plus d’importance que le choix des candidats par les médias. Nous refusons le scénario qu’ils ont déjà  écrit autour de 2 candidats…

Bernadette Biniakounou,

Annick et Michel Carabeux,

Marie Colin,


Marie-Luce Landreau
,


Michel Leconte
,


Michel Lefort
,

Colette Fourdeux,

Michel Gigand,


Jean-Marie Peynard
,


José Reis
,


Claude Simon.

Caen le 21 Octobre 2006

Avignon : un évêque déviant

L’évêque d’Avignon a promulgué une « charte pour l’Enseignement catholique » de son diocèse, et il tente de lui donner un retentissement médiatique maximum.

Trempée dans la meilleure encre de la nostalgie d’un passé révolu, la plume de l’évêque d’Avignon décrit un monde contemporain totalement négatif et une jeunesse promise aux noires dérives de la modernité, sauf à  trouver dans la religion catholique les secours qui lui sont nécessaires.

Le rôle de l’Enseignement catholique serait selon cet évêque de répondre à  cette attente supposée, [‘enseignement proprement dit n’étant qu’un vecteur parmi d’autres d’une telle mission, mais un vecteur privilégié. A trop vouloir stigmatiser les errements supposés de l’Enseignement catholique actuel, cet évêque s’est sans doute isolé dans sa croisade… on peut au moins l’espérer.

Danger pour les droits des personnels, cet évêque, Mgr Jean-Pierre Cattenoz, s’autorise ainsi une critique virulente de [a politique éducative de l’Enseignement catholique en général et se présente comme leader d’un combat pour sauver la catholicité.

Libre à  lui, et ce n’est pas a priori notre affaire, à  nous militants syndicaux. Sauf que… cette charte peut menacer directement ou indirectement les salariés des établissements qui relèvent de sa tutelle, car elle attend d’eux, et en particulier des enseignants, qu’ils soient eux aussi les croisés de cette  » reconquête « .

Certes, et contrairement à  ce qu’il écrit, l’établissement ne peut démettre un enseignant contractuel, mais on imagine à  quel point une telle conception de l’Enseignement catholique pourrait rendre la vie impossible aux enseignants et aux autres salariés de ces établissements. Qu’on en juge, à  lire les deux extraits suivants parmi cent autres possibles :  » La mobilité des enseignants eux-mêmes devra faire partie du contrat d’embauche, afin d’éviter que des enseignants fassent toute leur carrière dans le même établissement « , ou encore :  » Il faudra veiller, sur la base d’un choix personnel, à  ce que l’ensemble des enseignants soit partie prenante du projet, ou accepte de ne pas rester dans l’établissement. La communauté éducative devra être authentiquement cellule d’église « .

Danger pour la liberté de conscience

L’évêque d’Avignon veut donc édicter sa propre loi, mais ce faisant, il va contre la loi commune : celle de la loi Debré d’abord, qu’il récuse comme une loi d’intégration à  l’Enseignement public ; contre la loi fondamentale de l’à‰tat, c’est-à -dire la Constitution, qui fait de la liberté de conscience une faculté inaliénable de la personne humaine. Si Mgr Cattenoz refuse la loi Debré, qu’il ait alors l’honnêteté de réclamer que l’Enseignement catholique devienne hors contrat et qu’il en assume les conséquences. Car au fond, c’est bien d’écoles religieuses et affichées comme telles qu’il rêve, ce qu’un contrat avec l’à‰tat n’autorise pas et heureusement.

Mais c’est bien aux établissements sous contrat avec l’Etat que cet évêque veut imposer sa charte, dans son diocèse et au-delà , si l’on suit les recommandations qu’il prodigue à  ses frères évêques…

La loi oblige ces établissements à  accueillir tous les élèves,  » sans distinction d’origine, d’opinions ou de croyances  » ? Ils le seront, indique cette charte, «  mais à  la condition qu’ils acceptent de participer aux cours de première évangélisation et qu’ils participent également à  la vie spirituelle et au projet éducatif des établissements, à  l’exception de la vie sacramentelle « .

Une conception inacceptable de l’éducation;

Sur le fond, la Fep-CFDT ne peut que condamner avec la plus grande vigueur la conception de l’enseignement et de l’éducation éveloppée par cette charte. Elle enferme les enfants, les jeunes dans une pensée pré-construite, pas très éloignée du formatage.  » Si l’enfant n’est pas encore un adulte, par définition, il est un être humain que l’on doit éduquer à  la liberté et à  la responsabilité de ses propres choix de vie : c’est la grandeur de notre tâche que de contribuer à  une telle éducation des jeunes. Disons le clairement : souscrire à  la lettre et à  l’esprit de cette charte serait coupable de notre part.  »

La conférence des évêques est attelée depuis plus d’un an à  une réflexion sur l’Enseignement catholique dans l’à‰glise et dans la société, elle doit conclure ce travail en novembre prochain.

Nous en étudierons le résultat avec la plus grande vigilance.

Xavier Nau, Secrétaire général

La voie moyenne du cardinal Tettamanzi

L’Eglise d’Italie a tenu, du 16 au 20 octobre, ses Assises officielles à  Vérone.

Le constat qui se dégage au fil des interventions est celle d’une sécularisation croissante de la société italienne, y compris en matière de morale.

Très clairement, la ligne prophétique conciliaire s’essouffle. Le cardinal Ruini a donné le ton : il s’agit de reconquérir le terrain perdu, sans oublier l’influence politique.

L’option intransigeante est déclinée un peu autrement, mais de manière non moins définitive, par les cardinaux Angelo Scola et Carlo Caffarra, tous deux candidats à  la succession de Camillo Ruini comme patron de la CEI.

Rappelons, si besoin était, que le Président de la CEI est non pas élu par ses pairs, comme c’est par exemple le cas du Président de la Conférence des Evêques de France mais désigné d’en haut par le Pape lui-même. Lequel pencherait à  présent en faveur de Mgr Caffarra. Un nombre non important d’évêques de la Péninsule privilègierait pourtant volontiers un courant plus modéré : sans rupture avec la ligne interventionniste de Ruini mais en plus soft et arrondissant davantage les angles.

Au cours de cette Assemblée de Vérone, un cardinal qui incarne cette voie moyenne est revenu sur le devant de la scène. A 72 ans, Dionigi Tettamanzi est archevêque de Milan depuis 2002. Il a remplacé sur la chaire de Saint Ambroise celui qui incarnait – et qui continue d’une certaine manière d’incarner- une ligne plus progressiste, Carlo Maria MArtini.

Don Dionigi se montre en général assez prudent sur les questions de doctrine et de morale sexuelle. Ce dernier, nonobstant, entend pourtant offrir une alternative à  la reconquête musclée des Scola et Caffarra. Ce petit homme doux cultive un peu un profil spirituel à  la Jean XXIII.

Il entend associer deux exigences contrastées : fermeté doctrinale mais aussi davantage de pragmatisme, et une approche plus décontractée et beaucoup plus bienveillante. Italianissime, Mgr Tettamanzi avait été longtemps considéré comme un candidat crédible à  la succession de Jean Paul II, malgré l’une ou l’autre position jugée trop audacieuse, par exemple sur l’altermondialisme. A bien des titres, Dionigi Tettamanzi semblait susceptible de rassurer ceux qu’une évolution modernisatrice effrayait mais sans le raidissement considérable de Joseph Ratzinger. Le score très maigre du cardinal de Milan lors du dernier Conclave (deux votes en sa faveur, ce qui est ridiculeusement peu surtout en regard des pronostics) sembla un temps signifier sa sortie de la scène. En fait, après plus d’un an du nouveau Pontificat, le cardinal se présente comme un recours possible pour une ligne modérée.

Deux autres noms sont pourtant cités pour reprendre les rênes de la Conférence épiscopale. Les deux « angeli » : Mgr Angelo Bagnasco, 63 ans, depuis peu archevêque de Gênes et Mgr Angelo Comastri, 63 ans, vicaire général de la Cité du Vatican après avoir été longtemps prélat de Lorette. Mgr Comastri est estimé pour son charisme personnel; on reconnaît ses talents de prédicateurs.

Les deux « Angeli » se situent dans une optique moins politique et plus directement religieuse que Camillo Ruini.

Ils sont pourtant l’un et l’autre sensibles aux accents d’une restauration en marche.

30ème dimanche ordinaire

Bartimé, le fils de Timée, l’aveugle et Jésus, le fils de David : histoire d’une rencontre improbable entre un mendiant, assis au bord de la route, laissé de côté et un roi porté par une foule qui va lui faire une entrée triomphale à  Jérusalem (Mc 11) mais qui ne l’empêche pourtant pas d’entendre le pauvre qui dérange !

Cette foule et cet aveugle ont pourtant un comportement similaire : les deux jettent « leur manteau », la première sous les pieds du fils de David mais se sera pour l’abandonner un peu plus tard quand sa messianité ne correspondra plus à  ce qu’elle attendait ; notre aveugle s’en débarrasse, à  l’appel de Jésus, pour se lever, littéralement : ressusciter, d’un bond !

N’est-il pas déjà  sauvé puisqu’il appelle Jésus par son nom, interpellation rare dans les Evangiles, et « Rabbouni », mon maître !

De fait, il nous est dit, qu’après, « il suivait Jésus » : ce verbe qui qualifie le disciple est à  l’imparfait signifiant la durée… Mais après quoi : après avoir retrouvé la vue ? Ou après avoir été sauvé par sa foi ?

La question de Jésus, « Que veux tu que je fasse pour toi ? », curieuse à  première vue, prend tout son sens. Il l’invitait simplement à  parler, lui que l’on faisait taire ; a exprimer son désir, lui qui n’était autorisé qu’à  recevoir ce qu’on voulait bien lui donner. Or, s’il a été « appelé » par le Christ, c’est sa foi qui lui a non seulement rendu la vue mais donner le salut.

Pour voir le chemin ? Le jeune homme riche aussi avait été appelé mais il avait plus d’un manteau pour l’embarrasser et il reparti tout triste !

Et nous, bondirons-nous à  l’appel du Seigneur pour le suivre sur « le chemin » ?

Pascal Janin

L’abbé Grosjean et le flirt

L’abbé Pierre-Hervé Grosjean est vicaire à  Versailles.

Le jeune ecclésiastique, de sensibilité plus que traditionnelle, entend cependant parler « jeeeeeune ». Un peu du Guy Gilbert racoleur, col romain en plus.

Il a prononçé il y a quelque temps une mémorable conférence spirituelle sur le flirt.

Pour l’abbé, il ne faut pas qu’un garçon dise trop vite à  une fille qu’il l’aime, ou vice et versa. Mais surtout, je cite :  » si vous dites facilement « je t’aime » aujourd’hui, si vous embrassez facilement, si vous sortez ensemble facilement aujourd’hui, je peux vous promettre que vous serez incapables (…) de vivre des vraies fiançailles « .

Mais dis nous franchement l’abbé… t’as l’air d’en connaître un sacré rayon dans ce domaine…

Tu serais pas, des fois un peu trop sorti quand t’étais plus jeune ?