Forum Catholique : et la suite …

La réflexion évangélique faite à  partir des réactions du Forum Catholique (Traditionaliste) sur le Synode de Reims est parue dans l’hebdo-net de Golias du jeudi 20 juillet.

MarieR citée dans cet article a répondu à  Golias. Nous publions cette réponse dans son intégralité.

« Vous avez récemment cité dans votre revue un message de Marie R. paru sur le Forum Catholique en date du 30/04/06. Le message cité concernait un  » rapport sur la démarche synodale de Reims et les nouvelles orientations diocésaines « , établi par  » l’équipe de pilotage de la démarche diocésaine  » et portant sur un œbilan de la mise en place des paroisses nouvelles, » sur les attentes humaines et chrétiennes actuelles « ,  » sur quels signes d’Eglise donner au monde actuel « .

Sorti de son contexte mon message ne pouvait prendre véritablement toute sa valeur.

Vous avez pensé qu’il était le reflet de la position des catholiques de Tradition dans l’Eglise qui, pour vous, semblaient s’acharner contre les bonnes volontés des églises diocésaines.

Or il n’en est pas ainsi et c’est la raison pour laquelle je souhaiterais d’abord rectifier quelques erreurs :

Je ne pense pas être un reflet exact du monde des catholiques traditionnels parce que je n’y suis pas tombée dedans dès le berceau. J’ai au contraire une longue pratique de catholique dans l’église conciliaire, mais ce que je pense maintenant de la décomposition du catholicisme, je le pensais déjà  alors :

J’ai vécu du dedans ces transformations de l’église depuis Vatican II :

la perte progressive du sens du sacré ;

le rejet de la liturgie ancienne, la perte de son sens pour tourner vers une représentation des mystères qui n’a de symbolique que le nom ;

la transformation du sens de la messe -l’esprit de sacrifice disparaissant au profit de la « joie » du banquet eucharistique, l’esprit de convivialité remplaçant celui de pénitence ;

l’altération des prières, le tutoiement obligatoire sous prétexte de fraternité -comme si l’on ne pouvait pas aimer ses frères autrement qu’à  travers cette familiarité -sans oublier le fameux serrement de main en guise de baiser de paix.

J’ai vécu (bien que je n’aime pas les références trop subjectives, mais elles sont parfois utiles) les regards de travers des autres fidèles à  la messe devant mes jupes longues et mon foulard sur la tête ; le geste agacé du prêtre me mettant -contraint – l’hostie dans la bouche puisque je gardais debout devant lui les mains jointes -un geste de résistance à  ma façon.

J’ai vu du dedans l’inconsistance de nos évêques, incapables de réagir devant la dégradation des moeurs de notre société, incapables de s’y opposer soit par dérive personnelle socialiso-gauchisante, soit par crainte de l’opinion publique comme s’il fallait avoir honte d’être catholique, de le dire clairement et de s’opposer au idées du monde.

Je ne pense pas avoir l’esprit particulièrement étriqué parce que j’ai reçu chez moi toute sorte de catholiques toutes tendances confondues, avec lesquels certaines conversations furent particulièrement vives en particulier sur les points de doctrine ; mais là  o๠j’ai rencontré les plus de réactions virulentes et haineuses, c’est avec les chrétiens de gauche justement quand on leur oppose un fin de non-recevoir du christianisme qu’ils essaient de nous imposer depuis Vatican II.

La Providence voulut qu’un prêtre de la Fraternité Saint Pie X me permette de renouer avec la tradition de l’Eglise, ce que je n’ai pas caché dès mon entrée sur le forum.

La réaction de Golias – revue de gauche sans aucun doute – ne déroge pas à  cette règle. Le style grossier et injurieux qu’il emploie dans son dernier paragraphe est loin de me convaincre de la Charité au nom de laquelle il est sensé parler.

Quoi qu’il en soit, je maintiens ce que j’ai dit plus haut : le bon sentiment, les grands élans d’amour, le désir de bien faire, tout cet aspect d’ouverture du monde dont l’Eglise conciliaire s’occupe actuellement au détriment des aspects plus doctrinaux, tout cela quel que positif que cela puisse être dans l’ordre humain, reste du domaine du NATUREL. Tout cela n’est pas la CHARITE -qui est de l’ordre du SURNATUREL. C’est de l’altruisme, de la bonne volonté, des bonnes intentions, mais ce n’est pas la Charité. Or ôtez la charité du christianisme et vous le videz de sa substance conformément aux paroles de Saint Paul.

Voilà  tout simplement le sens de mon message. Toute personne de bonne foi conviendra qu’il ne se prêtait pas à  la caricature que vous avez voulu en faire.
Meilleures salutations. »

Fin du message de Marie R.

Voilà  donc la longue plaidoirie en défense de Marie R.

Pour ne pas allonger trop le débat, contentons-nous de quelques remarques et de l’affirmation de quelques convictions.

La première est que Golias a respecté les mots des citations que la revue a extraites du Forum. MarieR le reconnaît puisqu’elle se contente de nous reprocher  » la sortie du contexte « . Mais, dans ce cas, cet argument est totalement inopérant parce que le contexte est très simple : c’est celui du Synode de Reims dont la seule annonce par Marc a déclenché les réactions rapportées par Golias.

MarieR, peut-être dans le souci de ne pas porter tort au mouvement tradi, affirme qu’elle n’est pas représentative de ce monde et elle rappelle son histoire personnelle commencée dans l’Eglise conciliaire. Personne, ici, n’a jamais prétendu que pour être tradi, il fallait l’être de père ou mère en fille… D’ailleurs, son intervention n’avait attiré que des félicitations du Tradiland, montrant bien qu’elle correspondait aux sensibilités de tous ceux qui l’ont lue et qui s’y sont donc bien retrouvés. Le Forum Catholique rappelle, lorsque cela est nécessaire, qu’il n’est ouvert qu’à  ceux qui sont fortement accrochés à  la Tradition et qui en donnent des preuves. Tout déviant est rayé de la liste. Et il y a parfois des exclusions ou des menaces d’exclusion. MarieR n’est donc pas une déviante.

On ne peut que constater que la réponse de MarieR confirme, en termes moins choquants, bien sà»r, parce qu’ils s’adressent à  un public plus large et plus critique, ce qu’elle affirmait dans son message déclencheur.

Nous le rappelons :  » Vous comprendrez donc bien aussi ce langage dégoulinant de bonté, de bonnes intentions, d’ouverture d’esprit, d’ouverture au monde, à  tous et en particulier aux autres religions, au SDF, au RMIste, aux sans papiers, à  ceux qui sont dans la désespérance… etc… qui est suffocant et qui fait fuir de l’église romaine conciliaire et actuelle…  »

Et ça , vraiment, nous le répétons, ce sont des affirmations qui, pour nous, ne passent pas.

Une telle phrase nous a paru, et nous paraît encore à  la relecture, foncièrement antiévangélique et donc antichrétienne , que cela plaise ou non.

Et nous refusons que soit, en guise d’explication, mise en avant la distinction du Naturel et du Surnaturel. Cette distinction, instrumentalisée de cette manière est absente de l’Evangile .

Au contraire même, à  moins de mettre la moitié de ses versets aux oubliettes. Et il est inutile de les citer, tant ils crient à  toutes les pages. Cet enseignement de Jésus concernant ce que nous appellerons d’une manière globale  » l’amour du prochain  » a, de plus, été préparé par une longue tradition des prophètes de l’Ancien Testament (Amos…) et s’est prolongé par l’enseignement et la pratique de ses disciples (ainsi Jean, dans sa deuxième lettre).

Plus tard et comme en application, parmi les  » gestes  » qui ont marqué l’histoire de vingt siècles de christianisme et dont à  juste titre tous les chrétiens sont fiers, les plus connus sont peut-être celui de Saint Martin coupant en deux son manteau pour couvrir un pauvre transi et celui de Saint Vincent de Paul, aumônier des galères du Roi, prenant la place d’un rameur épuisé pour lui éviter les coups et la mort.

A qui fera-t-on croire que ces deux gestes n’étaient pas d’abord  » Naturels  » ? Qu’ils aient été accomplis dans la foi, c’est bien évident, mais ils l’ont d’abord été par solidarité et par amour spontanés, dans un réflexe d’hommes formés par l’Evangile, mais o๠l’amour de l’autre est devenu  » naturel « . C’est pour cela d’ailleurs qu’ils sont si beaux.

C’est trop facile de se dédouaner des obligations évangéliques en prétendant se réfugier dans le Surnaturel. Il ne peut y avoir de Surnaturel si n’existe pas en même temps le Naturel, comme l’autre face d’une même réalité transcendante, telle qu’elle est vécue par les chrétiens.

Séparer les deux, c’est tuer le Surnaturel puisqu’il n’a plus de référence, de support, de chair. Le Surnaturel par excellence, l’Eucharistie, n’existerait pas sans le pain et le vin, pourtant humble  » Naturel  » de base. Sans Naturel, nous serions peut-être dans un monde mystérieux peuplé d’anges et d’esprits, mais nous serions loin du monde des humains, (que Dieu a voulu ainsi), dans lequel le Fils a pris chair, ce monde qu’il a tant aimé, jusqu’à  lui donner sa vie, ce monde o๠il a voulu que nous vivions.

La Charité, sans enracinement concret, sans  » grands élans d’amour  » sans  » ouverture au monde « , sans  » altruisme « , pour reprendre les termes mêmes de MarieR, n’est que du vent. Elle n’est plus qu’un mot vide pour fuir les problèmes, énormes, écrasants, de l’humanité. On s’installe en Dieu comme en une citadelle  » surnaturelle « , n’y laissant plus entrer que ceux qui nous ressemblent. Et derrière les grands murs de ses certitudes et de son assurance d’être un  » choisi « , on n’entend plus le bruit de la foule, de cette foule dont chacun, même devenu le plus indigne, a été créé à  l’image de Dieu.

Comment, le Grand Jour, pourra-t-on reconnaître Dieu, si on ignore ou méprise son image dans ceux qui habitent notre monde, y compris (et surtout ?) les plus petits et les plus pauvres ? Mathieu nous le rappelle dans son fameux jugement dernier ( XXV 31) .

C’est l’honneur d’une Eglise diocésaine en synode de ne pas oublier cet aspect de notre foi dans son programme de travaux.


Sur cette question du « Naturel » et du « Surnaturel », nous reviendrons, C’est sà»r.

Communautarisme catholique à  l’américaine

Ultra-conservateur, l’actuel gouverneur de la Floride, qui n’est autre que Jeb Bush, le propre frère du Président, soutient un projet presque incroyable de fonder une « catholic city » de même qu’il existe une « salt lake city » pour les mormons.

Cette cité, encore à  l’état plus qu’embryonnaire, se situera à  200 kilomètres de Miami.

Pour son entrepreneur, un laïc, Tom Monaghan, multimilliardaire de la restauration rapide,  » l’histoire n’est qu’un vaste champ de bataille entre le Bien et le Mal, et je ne veux pas me contenter d’être un observateur « .

Cela nous rappelle quelqu’un dont le premier prénom est George. Nous sommes à  des années lumières de la parabole du bon grain et de l’ivraie. Cette vision manichéenne, totalement caricaturale, sous-tend ce projet de repli communautariste.

Un jésuite américain, aumônier d’étudiants, ancien élève des théologiens Henri de Lubac et Hans Urs Von Balthasar, bénit le projet.

Il s’agit du Père Joseph Fessio, fort connu pour ses croisades contre l’homosexualité, contre le féminisme, contre le langage inclusif en liturgie (pour éviter tout machisme), contre la nouvelle catéchèse jugée frelatée.

Le Pape Benoît XVI aurait demandé directement au Père Fessio, qu’il connaît bien, des nouvelles du projet, et l’aurait ensuite vivement encouragé.

D’ailleurs, en morale sexuelle, il faudra dans cette ville respecter les positions catholiques. Le Père Fessio s’exprime en ces termes :  » les contraceptifs ne sont pas, selon nous, une méthode légitime pour espacer les naissances. Nous ne pouvons l’enseigner et accepter que des médecins nous contredisent « .

Quand nous mettions en garde contre tout retour à  une stratégie de la citadelle assiégée, contre toute forme de communautarisme catholique, avions-nous si tort que cela?

La restauration n’est-elle pas en marche? Y compris dans sa version américaine.

« Le Liban est mort »

« Je n’ai pas peur pour ma propre personne, mais pour mon pays », a affirmé l’archevêque maronite de Beyrouth, dans le journal « Blick » du 26 juillet.

Mgr Paul Youssef Matar, âgé de 65 ans, décrit l’ampleur des destructions, cerne les responsabilités dans cette guerre.

« Le Liban est mort », soutient Mgr Matar. Une grande partie des infrastructures du pays sont détruites, et les services publics anéantis. La maison de ses frères et soeurs s’est écroulée. Lui-même a pu rester à  l’archevêché.  » Nous essayons d’aider tant bien que mal les réfugiés. » Un dicton lui vient à  l’esprit pour décrire la situation: «  Le vent et la mer combattent l’un contre l’autre, mais c’est le bateau qui coule « .

Près de 40% de la population libanaise est composée de chrétiens. Or le Hezbollah islamique a pu agir comme un Etat dans l’Etat. Et c’est cela qui a provoqué l’occupation de territoires libanais par les Israéliens. Par ailleurs, depuis plus de 20 ans, des prisonniers de guerre libanais croupissent dans les prisons israéliennes.  » Si ces injustices prennent fin, le Hezbollah perdra sa légitimation pour des attaques armées « , affirme le prélat.

Une arène pour des grandes puissances
Le Liban est devenu une arène, dans laquelle s’affrontent plusieurs grandes puissances: les Etats-Unis, Israà«l, la Syrie et l’Iran, selon Mgr Matar.

Mais le problème central reste la Palestine .  » Aussi longtemps que les Palestiniens sont privés de leur droit à  un état dans lequel ils peuvent vivre, il n’y aura pas de paix « .

L’Eglise peut-elle contribuer à  la fin des hostilités?

L’archevêque maronite rappelle que le pape est récemment intervenu six fois à  ce sujet. De la Suisse, il attend surtout une aide matérielle de premier secours. Il a vécu autrefois en tant que directeur de Caritas Liban de très bonnes expériences avec Caritas Suisse et le gouvernement suisse. Il n’appartient pas seulement aux gouvernements d’entreprendre quelque chose, mais à  chacun personnellement.

Il n’est pas vain de faire pression auprès de son propre gouvernement, du Conseil de sécurité de l’ONU ou du gouvernement des Etats-Unis pour faire cesser immédiatement les hostilités.

Source APIC

Nouvelle perspective sur la communion des divorcés remariés

Un théologien de l’Université de Milan, Don Alberto Bonandi, du clergé de Mantoue, propose une nouvelle solution pour sortir de l’impasse de la question de la communion des divorcés remariés.

Il la formule dans une revue théologique du nom de « Teologia ». L’intérêt de sa suggestion est précisément qu’elle émane d’un théologien classique, connu pour sa très stricte orthodoxie, et non pas d’un prêtre de tendance progressiste, aux idées contestées.

Don Bonandi formule aussi une thèse de théologie pastorale que l’on peut, à  juste titre, considérer comme originale en ce sens qu’elle ne se fonde pas sur un quelconque élargissement du critère de non-validité, ou au moins de non-sacramentalité du premier mariage, ce qui est en général la voie suivie pour envisager une modification de la discipline en vigueur, toute comme une appréciation mitigée de la responsabilité morale dans la rupture.

On sait que telle fut, de par le passé, une voie suivie par Joseph Ratzinger lui-même qui posait, à  titre d’hypothèse, qu’un grand nombre de mariages célébrés à  l’Eglise, en réalité, n’ont pas grand chose de sacramentel en raison du manque de connaissance et d’intention des conjoints.

Par ailleurs, des prélats allemands de la stature des actuels cardinaux Karl Lehmann et Walter Kasper proposaient de reconsidérer également le cas des personnes divorcés remariés auxquelles l’échec de leur premier mariage n’était pas moralement imputable et qui ne pouvaient donc être pénalisées.

Jadis également, le théologien alsacien François-Xavier Durrwell proposait une vision plus neuve et plus originale du mariage comme  » devenant  » au fil de l’évolution qui suit le contrat matrimonial. En somme, un mariage qui n’a pas abouti est un mariage qui révèle ainsi ses défauts initiaux. Nous sortons de la vision un peu magique du sacrement qui advient en un instant  » t « .

Toutes ces pistes, intéressantes, et pas forcément contradictoires, reposaient toutefois sur une relativisation de l’engagement passé ou de la faute de la rupture.

Don Bonandi voit les choses un peu autrement.

Pour lui, en effet, il ne s’agit pas mettre en cause l’engagement contracté, ni la faute du moment. Sa solution dérive d’une intuition plus globale de la théologie morale, appliquée dans un certain nombre de cas, selon laquelle, dans sa situation actuelle, après un vrai repentir, une personne ne doit plus subir les conséquences d’une faute passée quand bien même sa situation actuelle se trouve intimement liée à  cette faute.

Donnons un exemple : si j’ai obtenu un poste gratifiant et intéressant par fraude; une fois la faute regrettée et pardonnée, je ne suis pas obligé de quitter ce poste ainsi obtenu, pour des raisons moralement proportionnées. Ma conduite morale se mesurera alors non plus à  cette faute passée, qui serait comme un boulet que l’on traîne, mais à  ma conduite actuelle. En ce sens, la donne serait radicalement modifiée. En théologie morale, on parle d’un jugement moral  » ex post « . Qui considère qu’une faute antérieure ne grève pas la suite du chemin.

Don Bonandi suggère d’appliquer cette théorie  » ex post  » aux cas des divorcés remariés, qui, une fois la faute passée, reconstruirait justement leur vie, y compris en entretenant des relations sexuelles au sein de leur nouveau couple, tout en prenant acte du désordre moral d’une telle rupture, et uniquement après sentence de l’Eglise en la personne d’un prêtre.

Il n’est pas certain que cette thèse de théologie morale, sacramentelle et pastorale soit bien acceptée ni par la Congrégation pour la doctrine de la foi, ni par les couples concernés.

En effet, d’un point de vue strictement conservateur et romain, l’argument  » ex post  » n’a pas de valeur dans le cas d’espèce puisque l’acte peccamineux en question n’est point seulement une rupture d’alliance mais le fait d’entretenir une relation sexuelle hors du mariage (bigamie ou fornication).

Il n’y a pas à  envisager seulement le pardon d’une faute passée; c’est un état présent en contradiction avec les exigences morales objectives qui pose problème. De plus, il s’agit d’une loi divine et non d’une loi ecclésiastique. Enfin, il est certes possible de tolérer (= ne pas empêcher) bien des choses, et même de considérer que subjectivement telle personne en grave contradiction avec les principes moraux n’est pourtant pas en faute subjectivement, car elle suit une conscience erronée. Pour autant, la norme objective qui s’applique à  tous doit rester la même, soutiennent les conservateurs.

La solution de Don Alberto Bonandi pourrait également ne pas satisfaire les couples concernés ou les esprits plus libérés. Elle se révèle, tout de même, assez casuistique, voire hypocrite. Elle se refuse à  reconnaître qu’un homme et une femme puissent décider de changer de vie, que la vraie fidélité soit d’abord à  soi-même avant de se rapporter à  une institution. Elle risque d’enfoncer d’abord celui peut légitimement désirer commencer une autre vie. Elle ne se dégage guère du système clérical qui vole aux hommes leurs libertés.

En fait, nos théologiens pourraient redécouvrir une grande vérité de la théologie, selon laquelle les sacrements sont pour l’homme, pour qu’il grandisse; j’ajoute : pour qu’il soit heureux.

Une toute autre approche anthropologique nous paraîtrait indispensable. Pour l’instant nous n’en sommes guère qu’à  un petit ravalement de façade qui nous ferait oublier que l’édifice entier est vermoulu.

Quand donc l’Eglise acceptera-t-elle de reconnaître l’humanité telle qu’elle est?

Les « plagistes » de Jésus

Des bénévoles en t-shirt rouge et des prêtres assurent une présence de nuit sur la plage de Pescara et invitent à  la prière, à  la confession, à  redécouvrir Dieu. Drôle de boulot.

Ils sont une trentaine appartenant au mouvement catholique Pro Sanctitate , qui vont à  la rencontre des estivants et de ceux qui zonent sur la plage de Pescara , de préférence la nuit. Leur apportant un moment de prière, une présence et même la confession.

Le quotidien italien La Repubblica (24 juillet) est parti en reportage sur les traces de ces prêtres et de ces laïcs qui ont délibérément choisi de rencontrer les fidèles et surtout ceux qui ne le sont pas, sur la plage.

Ils travaillent même la nuit, les plagistes de Jésus, avec leur maillots de corps rouge et le sourire de ceux qui se sentent soutenus d’en haut. En train de monter un abri de toile, avec un dais, une croix de bois et une banderole  » Jésus notre sauveur « , un flambeau allumé à  la nuit tombante, une barquette qui contient l’ostensoir et tout ce qu’il faut pour l’Eucharistie.

Le prêtre, sur une chaise, attend les confessions éventuelles

A terre, une toile noire pour ceux qui veulent s’agenouiller. Don Vito Canto, 33 ans, en tunique blanche et étole violette attend assis devant un siège vide.  » On s’est installés ici parce que la moitié du passage nocturne transite par ce coin « .  » Nous voulons être, comme dit l’Evangile, le levain du pain, le sel qui donne la saveur « , lance le prêtre.

Un flyer explique la démarche  » Il y a un coeur qui prie pour toi, dans la nuit « . Il ajoute:  » Je suis aussi là  pour la confession, qui rappelle Son amour pour nous tous « . Il se passe toutes sortes de choses dans la nuit pescaraise. Des kilomètres de pizzerias, des salles de jeux, des trattorias et des pubs avec des musiques disparates. Et par dessus tout ça, les flambeaux de cette église itinérante et ses prêtres. Parmi les passants , Il y a ceux qui font glisser le cornet de glace d’une main à  l’autre pour faire tout de suite le signe de croix, il y a ceux qui s’arrêtent en marmonnant  » Mamma mia  » et font marche arrière, ceux qui n’y croient pas et ceux qui se demandent:  » Mais c’est pour de vrai? « . Un petit haut-parleur chasse les doutes: on diffuse le Notre Père et l’Ave Maria.

Ils se font parfois molester

Certains s’agenouillent et prient, d’autres vont vers Don Vito pour la confession, d’autres encore, pris d’un vague remords, reviennent sur leurs pas, ou veulent simplement faire un brin de causette, raconte Don Vito à  l’envoyé de La Repubblica.

Dans la nuit adriatique, outre Don Vito, il y a des frères capucins et carmélitains qui invitent des garçons et des filles à  s’approcher de l’église sur le sable.

Giselda Toppetti est une oblate consacrée du Mouvement Pro Sanctitate, qui organise cette  » mission  » nocturne sur le littoral de Pescara.  » Cela t’intéresse? Tu veux prier avec nous ?  » demande-t-elle à  ceux qui passent.  » Les réponses ne sont pas toutes agréables. Certains nous molestent, nous injurient. Mais si on ne recevait que des louanges, ce serait préoccupant!  » lance cette jeune femme en jupe et chemisette.  » Et puis il y a les gens qui s’arrêtent et prient avec nous, se souvenant qu’ils ont une foi qu’ils croyaient oubliée « .

Le mandat particulier de ces consacrés et laïcs en mission vient de la paroisse de San Pietro et sa belle église contemporaine, construite il y a un an le long du littoral de Pescara. Le curé, Don Vincenzo Amadio, affirme,  » nous devons sortir d’ici pour aller o๠les gens vivent, se divertissent et ont besoin d’espérance. Notre Eglise n’est plus celle qui sonne les cloches pour appeler les fidèles. C’est l’Eglise en mission qui doit aller à  la rencontre des gens.  »

Le curé a l’habitude des jeunes, pour avoir organisé les camps scolaires de l’Action catholique pendant longtemps.  » Avec les jeunes il ne faut pas avoir peur de perdre du temps, rester avec eux, écouter et ne pas juger « , dit-il.
Pendant cette semaine du 24 au 28 juillet, les prières commencent, sur la plage, à  22 h. Ils sont une trentaine, parmi eux également des laïcs, jeunes des deux sexes et aussi retraitées, à  adhérer au Mouvement Pro Sanctitate.  » Les apôtres étaient 12 et ils ont convertis le monde « , se disent-ils pour se donner du coeur au ventre.

Le vice-curé de la paroisse, Gianfranco Panzera, est plus dubitatif.  » Je participe aussi, mais il faudrait donner une empreinte plus mystérieuse et sacrée de cette réalité qu’est la foi « .

Ici, la lecture des psaumes se mêle aux cris des bambins. Malgré les sollicitations nombreuses de la jeunesse aujourd’hui, affirme pour sa part Vincenzo Amadio, l’Eglise ne peut attirer que par un message vrai.

Theilhard de Chardin disait que  » le monde appartient à  celui qui peut offrir la plus haute espérance… »

Source APIC

La triste histoire d’un prêtre pédophile

Il est là , le prêtre, entouré de trois gendarmes, ce 3 juillet 2006, dans la petite salle d’audience du tribunal de Belley, dans l’Ain. Il semble ailleurs, et c’est avec l’apparente décontraction que donne l’indifférence, qu’il est arrivé devant la juge, lors de sa comparution immédiate (il a été arrêté quelques jours auparavant). Le tribunal, il connaît.

Déjà  en 1997, à  35 ans, il a eu à  répondre de faits de pédophilie : devant le Tribunal de Bourg en Bresse , puis devant la Cour d’Appel de Lyon , pour tentative de corruption sur mineur… Il s’en était tiré avec dix-huit mois de prison avec sursis, un certain nombre d’interdictions et une obligation de soins…

La Présidente l’interroge : Votre première condamnation ne vous a-t-elle pas aidé à  comprendre la gravité des faits de pédophilie ? Vous êtes prêtre, vous êtes bien capable de comprendre ces choses-là  ?

Alors, ce prêtre, aujourd’hui âgé de 43 ans, explique que depuis 1997, il a parfaitement respecté l’interdiction qui lui a été faite d’approcher des enfants. Et sur ce point, des témoignages écrits appuient ses dires. Et il se fait soigner. Après quelques années de pénitence en dehors du diocèse, il y est revenu et a été mis par l’autorité ecclésiastique à  Saint Rambert en Bugey , dans un monastère qui ne compte plus que quatre religieuses âgées. Et là , pour s’occuper et parce qu’il a beaucoup de temps, il prépare un doctorat en histoire de l’Eglise tout en aidant parfois ses confrères du secteur pour la célébration d’un office.

L’ordinateur est devenu un précieux instrument de recherche. L’ordinateur et même deux ordinateurs, ce qui lui permet de mieux cacher ses navigations sur Internet… On imagine ses longues soirées, seul dans sa chambre, sans personne à  qui parler et les fantasmes d’enfants qui reviennent… Alors, il s’embarque sur les sites défendus, mais qui lui apparaissent comme échappant à  toute surveillance et donc protégés de tout risque (il l’a dit).

Tout seul, il se livre sans retenue à  sa passion … 25 000 photos qu’il a enregistrées, aux dires des gendarmes, sans compter les vidéos, et puis sur le net, il rencontre d’autres voyeurs, il reçoit, mais aussi il retransmet, il se fait, à  son tour, le pourvoyeur de ses « collègues », participant à  la grande chaîne des amateurs de chair fraîche comme dira le procureur… J’ai pensé, a dit ce prêtre, qu’avec internet je pouvais régler mes problèmes, trouver un débouché à  mes pulsions, sans faire de mal aux enfants… La Présidente lui fait remarquer que dans ces images il y a des enfants réels, inconnus certes, mais qui subissent toutes les salissures, les viols, les brutalités, les humiliations qui semblent faire son bonheur… On n’y pense pas, vous savez, Madame, quand ça vous prend, on ne voit plus que son propre plaisir…

Et, triste ironie, en relisant l’annuaire du diocèse de Belley-Ars , on découvre son adresse électronique officielle (pas celle utilisée dans ses réseaux) : « sanctus. » (suivi de ses trois initiales personnelles). Signe d’arrogance ? de rêve désespéré ? une référence à  un idéal trop loin de la boue ?

Et puis ce prêtre, devant le tribunal, raconte son enfance dans sa Vendée natale, dans une famille de notables locaux, o๠l’on ne sait pas se parler, o๠chacun est enfermé dans sa solitude, il dit sa découverte de la sexualité, alors qu’il a 12 ans, dans un camp de jeunes catholiques, o๠les plus grands « initient » les plus jeunes, dont lui. Il raconte sa confession auprès d’un prêtre qui profite de la situation pour assouvir ses propres pulsions, ce qui entraîne chez lui un blocage total sur ses problèmes dont il ne pourra plus jamais parler… Ses paroles tombent dans un tribunal presque vide, o๠Monseigneur Bagnard a délégué deux curés du secteur, mais ce que dit ce pauvre prêtre ne perd rien de son poids de déviance, de souffrance, de double vie : quelle image de l’Eglise peut bien sortir de ces aveux o๠l’on voit un prêtre confesseur, comble de la perversité, enfoncer encore davantage un enfant dans son trouble, o๠se mêlent culpabilité et plaisir, et le condamner ainsi à  être un déviant pour la vie.

Un anticlérical écrirait ce qu’on a entendu au tribunal de Belley le lundi 3 juillet 2006, on crierait au scandale et à  l’insulte antireligieuse. Là  c’est un prêtre qui l’affirme dans son expérience personnelle. Un peu plus tard, le procureur dira : « la multiplication des problèmes fait que l’expression « prêtre pédophile » devient un pléonasme… » . Phrase terrible, injuste, mais qui devrait faire réfléchir…

Victime devenu à  son tour prédateur, pour retrouver, a-t-il expliqué, ce mélange de peur et de plaisir qu’il avait éprouvé étant jeune… Se dégageait de ses aveux l’impossibilité de vivre autrement, la reconnaissance d’une profonde maladie. Trop profonde ?

Et d’autres questions arrivent, qui sont les plus fondamentales : Comment ce garçon, élevé dans une famille et une région à  forte tradition chrétienne a-t-il pu avoir envie de devenir prêtre… Pour pouvoir vivre au plus près des enfants ? Pour refaire à  d’autres le coup de la confession ? A 26 ans, il entre au séminaire d’ Angers , qu’il quitte deux ans plus tard, ses responsables lui ayant demandé de faire un stage, sans doute pour qu’il quitte de lui-même une voie qu’ils estimaient n’être pas faite pour lui…

Comment, prié ainsi de « réfléchir » avant de poursuivre, a-t-il pu être reçu dans le diocèse de Belley-Ars , dont l’évêque, Monseigneur Bagnard, l’envoie immédiatement au séminaire de Fribourg , puis à  celui d’ Aix en Provence o๠se retrouvent les séminaristes du diocèse en attendant la construction du Séminaire d’ Ars ? Et c’est Monseigneur Bagnard qui l’appelle au sacerdoce, qui lui confère le sacrement de l’ordre, l’incardine dans le diocèse de Belley-Ars et qui le nomme dans la paroisse de Gex o๠deux ans plus tard il sera arrêté…

A-t-on le droit de se cacher derrière « l’appel de Dieu » qu’un candidat au sacerdoce affirme avoir reçu pour oublier un minimum de discernement ? Le besoin de prêtres doit-il faire oublier un minimum de prudence ? Un évêque peut-il ignorer superbement tous les avertissements venus déjà  du diocèse d’origine du séminariste et des chrétiens et prêtres en contact avec lui pendant sa formation ? A l’occasion de l’assemblée des évêques à  Lourdes en 1996, le journal « La Croix » du 7 novembre 1996 rendait ainsi compte des travaux de l’Assemblée :

« L’essentiel de la journée fut consacré à  débattre de la « Ratio institutionis » des séminaires. Ce document, qui ne sera voté que l’année prochaine, présente l’ensemble des lignes directrices pour la formation des futurs prêtres diocésains. La situation, fort contrastée, mérite en effet un large débat. (…). Outre les séminaires régionaux ou universitaires attractifs parce que bien outillés en formateurs, les séminaires proprement diocésains souffrent parfois autant du manque de formateurs que de jeunes à  former. Enfin, des initiatives comme ARS, attirent des dizaines de jeunes, mais selon un mode de formation et des critères de sélection qui ne font pas l’unanimité parmi les évêques« .

C’est La Croix qui le disait et les précautions de style du journaliste ne cachent pas que la politique de recrutement de Mgr Bagnard a irrité et inquiété bien de ses confrères. Ils n’avaient pas tort… On sait tous qu’avec l’humain il y a toujours un risque, mais chez Mgr Bagnard le désir d’avoir beaucoup de prêtres, lié à  son assurance d’être assez fort pour savoir, lui, les « tenir dans le droit chemin », l’a conduit à  recueillir un certain nombre de candidats en « délicatesse » avec leur propre diocèse. Et aujourd’hui, dans le diocèse, bien des chrétiens sont moins inquiets du manque de prêtres que de ce que peuvent devenir certains d’entre eux. On a pu constater que plusieurs déjà  ont disparu rapidement … Disparition sans trop de problèmes lorsque manque l’enracinement local… Mais lorsque la justice intervient, quels dégâts !

Et maintenant, que va-t-il se passer ? Ce prêtre aura certainement une réduction de peine pour bonne conduite et il va sortir de prison dans un an. Une fois dehors, que va-t-il alors devenir ? Il aura, lui a annoncé la juge, son nom inscrit au fichier national des délinquants sexuels, avec obligation de se présenter à  la police ou à  la gendarmerie tous les ans et à  chaque déménagement, donc à  chaque affectation. La récidive, en montrant la profondeur du mal, limite les espoirs d’une guérison totale… Il faudra bien qu’il vive pourtant et ailleurs qu’enfermé dans la chambre d’un couvent. Est-il possible que dans le cadre d’une thérapie, la vie recommence le plus totalement possible, y compris en remettant en cause un sacerdoce dont on peut se demander ce qu’il peut bien être chez lui aujourd’hui ? Est-il possible d’envisager une reprise jusqu’au plus profond de son cheminement affectif ?

Si seulement ce problème ébranlait et rendait plus humble et plus ouvert celui qui est responsable d’une telle situation !

Mais jusqu’à  présent ses interventions ont été limitées volontairement au journal diocésain Voix de l’Ain, alors que l’affaire a fait la une du Progrès et de FR3 régional, condamnant ainsi par son silence des dizaines de milliers de gens à  n’avoir aucune parole de la hiérarchie.

Et dans Voix de l’Ain, l’évêque a parlé longuement par deux fois, mais se contentant, en ce qui pouvait concerner sa responsabilité, de dégager en touche :

C’est la faute à  Monsieur On.

Pourquoi cette crise ?

Il y a un siècle, il n’était pas nécessaire de prier pour les vocations.

En Alsace, par exemple, le Grand Séminaire était trop petit pour admettre tous les candidats au sacerdoce et dans chaque village le poste de curé était pourvu.

Au milieu des années 50, le nombre d’ordinations sacerdotales baisse peu à  peu en France. A partir des années 60, il se passe le même phénomène aux Etats-Unis et dans bon nombre de pays d’Europe occidentale.

La crise actuelle était donc prévisible .

Le résultat ? Le nombre de prêtres actifs diminue d’année en année et, surtout, leur moyenne d’âge est de plus en plus élevée ( plus de 65 ans actuellement en Alsace ).

C’est dans ce contexte de crise que le Pape Paul VI instaure en 1964 une JOURNEE MONDIALE DES VOCATIONS.

Désormais, Pape, évêques et prêtres demandent régulièrement aux fidèles de prier pour les Vocations. A l’occasion des J.M.J. (Journées Mondiales de la Jeunesse), Jean-Paul II multiplie les appels pour que les jeunes gens s’engagent dans la voie du sacerdoce.

En France, l’Episcopat crée un Service national des Vocations. Tous ces efforts ont peu d’effet : le nombre de prêtres ordonnés n’augmente pas (sauf en Pologne, en Afrique et en Asie, pour des raisons spécifiques, trop longues à  expliquer). En France, il stagne depuis 25 ans aux alentours de 110 par an (contre 1500 au début des années 50).

De grands spécialistes ont apporté des explications à  cette désaffection.

Mais les responsables de l’Eglise n’osent pas regarder la réalité en face et ne prennent donc pas les mesures qui pourraient y remédier. Voici un exemple que j’ai vécu personnellement. II y a une trentaine d’années, notre diocèse a lancé une enquête auprès des garçons élèves des quatre Collèges Episcopaux, qui, à  cette époque, avaient pratiquement cessé de fournir des candidats au sacerdoce.

Ils devaient dire pour quelle raison ils excluaient l’idée de devenir prêtres. Les réponses étaient multiples : manque de conviction religieuse, peur devant l’engagement, opposition des parents, attrait pour une profession plus lucrative, etc…

En tête de toutes les raisons évoquées figurait la peur du célibat.

Mais les résultats de l’enquête n’ont jamais été officiellement publiés. Ils ne correspondaient en effet pas à  la thèse « officielle », selon laquelle la crise des vocations n’était pas liée au problème du célibat.

Les conséquences du manque de prêtres

Elles sont nombreuses. A commencer sans doute par une vision moins attrayante de la vie quotidienne du curé, car devenue celle d’une personne de plus en plus sollicitée et donc surmenée et vivant solitaire dans son presbytère.

Quel peut en être l’attrait pour les jeunes ? On peut dire que la crise nourrit la crise.

Pour pallier aux effectifs en déclin, l’Eglise de France a entrepris un « réaménagement pastoral » consistant à  confier à  un seul prêtre un nombre croissant de paroisses, regroupées en une vaste « communauté ».

Dans certaines régions, il arrive qu’un prêtre ait ainsi à  gérer 20, 30 ou même plus de 50 « clochers ».

Dans notre diocèse aussi la forte baisse du nombre de prêtres actifs a nécessité la mise en place de communautés de 5, 8, voire 10 paroisses. Si le nombre d’ordinations n’augmente pas (4 à  5 ces dernières années), il faudra d’ici quelques années procéder à  un nouveau réaménagement et confier à  un seul et même curé deux voire trois communautés de paroisses. La situation en Alsace sera alors identique à  celle que connaissent bon nombre de diocèses ailleurs en France.

Soyons conscients que nous sommes ici (provisoirement ?) des privilégiés. Nous avons en effet la chance d’avoir comme curé un animateur et un organisateur hors-pair, qui se dépense sans compter.

Grâce à  une équipe de prêtres retraités très dévoués, une Eucharistie est célébrée en moyenne un dimanche sur deux dans chaque paroisse.

Grâce aussi à  l’engagement de nombreux bénévoles, les services d’animation (EAP, Conseil Pastoral, équipes liturgiques, chorales, catéchistes, service accueil ) ou de proximité (personnes-relais, conseils de fabrique, visiteurs de malades, équipe Caritas etc….) peuvent être assurés.

Toutes les communautés de paroisses n’ont pas cette chance .

En outre, de nombreux prêtres, souvent âgés ou malades, s’habituent difficilement au travail en équipe, avec des laïcs, qu’exige le réaménagement pastoral. A mesure que la taille des communautés s’accroîtra, le curé, courant d’église en église pour les célébrations à  assurer, apparaîtra essentiellement comme un « fonctionnaire du culte » ; il aura du mal à  être vraiment un « animateur » c.à .d. celui qui doit insuffler une « âme » à  la communauté chrétienne dont il est chargé.

Comment remédier à  la crise des vocations ?

Que diriez-vous si on décidait de supprimer dans nos villages le poste de maire, sous prétexte qu’il existe une Communauté de communes avec un président ?

De même, il me semble difficile de concevoir qu’une communauté chrétienne locale puisse vivre et témoigner sans un animateur inséré dans la « pâte humaine » du village. Je pense sérieusement qu’ il faudrait revenir à  la pratique qui existait dans l’Eglise Catholique latine jusqu’au 12è siècle et qui a toujours cours chez nos frères de l’Eglise Catholique d’Orient, à  savoir faire appeler des hommes mariés par la communauté chrétienne qui leur confie la charge de l’animer. Après un temps de formation, ces personnes recevraient l’ordination sacerdotale et pourraient célébrer (présider, NDLR) l’Eucharistie.

Et pourquoi ne pas envisager de confier le même ministère à  des femmes ? N’oublions pas que les femmes (à  commencer par la Vierge Marie) ont occupé une place de première importance dans l’Eglise primitive. Le culte marial qui s’est développé depuis deux siècles (et que Jean Paul II a beaucoup favorisé) aurait pu ouvrir la voie d’une vraie promotion féminine dans l’Eglise Catholique.

Si ces perspectives se réalisaient, je pense qu’on pourrait envisager la fin de la crise des vocations.

Est-ce un rêve ou une utopie ?

A Dieu, rien n’est impossible.

En ce Dimanche des Vocations, prions le Christ, le Bon Berger, pour qu’il conduise l’Eglise sur des chemins nouveaux. Demandons-lui qu’il lui accorde la lucidité et le courage nécessaires pour susciter les pasteurs dévoués dont elle a tant besoin.

Source : Homélie pour la journée mondiale des vocations 7 mai 2006 par Joseph Hincker , prêtre du diocèse de Strasbourg

La multiplication du pain

Nous en arrivons à  la fin de ce mois de juillet à  Jésus. bon berger. Toujours la foule, cette foule qui ne sait pas trop ce qu’elle cherche mais elle est là . Alors que faire, alors quoi. faire ?

La foule est affamée.

De quoi a-t-elle faim ?

Jésus s’interroge et interroge ses apôtres.

Et nous voici à  cet épisode de la multiplication du pain. Nous savons tous que cet épisode est raconté plusieurs fois.

Chez Jean alors que dans son évangile , il ne rapporte pas le mystère de la Sainte Cène. au soir du Jeudi Saint. on ne peut s’empêcher de penser que ce récit du pain multiplié est le symbole de l’ Eucharistie .

Le Christ Jésus voit les foules, comprend leur désir inconscient, cherche à  y répondre. Beaucoup de ceux qui font le catéchisme aux enfants et qui se trouvent face à  ce récit, sont bien embarrassés, piégés entre le tour de prestidigitation et le mystère. La solution n’est pas facile à  trouver.

Ne nous faut-il pas d’abord rentrer en nous-mêmes? Souvenons-nous : venez dans un lieu désert et reposez-vous…

Reposez-vous les questions essentielles. Et nourrissez la foule. Donnez-lui à  manger, même si elle ne comprend rien, même si elle gaspille, même si elle vous prend pour le meilleur et veut vous faire roi.

Et après tous ces risques, tous ces aléas, partez dans la montagne… tout seul. Et sur la montagne. vous entendrez gronder le tonnerre, souffler la tempête ou fulgurer les éclairs…

Alors, attendez la brise légère, elle vous ouvrira à  la brise légère, elle vous ouvrira à  la Vérité, à  votre vérité.

Petite méditation évangélique à  partir du  » Forum Catholique »

Voilà  ce qu’on pouvait lire de fin avril à  début mai 2006 dans ce forum concernant le synode qu’a organisé le diocèse de Reims:

C’est Marc qui lance l’information :  » Le diocèse de Reims est en grande démarche synodale. Parfois je me demande pourquoi le Bon Dieu nous laisse tant souffrir par nos évêques « … Marc joint à  son texte le document du synode o๠l’on voit des chrétiens en réunion.

Un internaute pompeusement auto-baptisé « Rex vaincra » (sic), réagit en ne cachant pas sa joie :  » Marc, j’aime bien les petits vieux sur les photos : cela prouve que les paroisses sont aux mains du « Golden Age » catho. » Encore un qui compte sur les Pompes Funèbres pour faire disparaître les derniers conciliaires.

Mais le plus clair est dans les deux textes d’une Marie R. et qui ont soulevé l’enthousiasme du Forum.

A propos d’un document de ce synode, elle commente en date du 30 /4/ 06 :

 » Merci de nous comprendre. Vous comprendrez donc bien aussi ce langage dégoulinant de bonté, d’amour, de bonnes intentions, d’ouverture d’esprit, d’ouverture au monde, à  tous et en particulier aux autres religions, au SDF, au RMIste, aux sans-papier, à  ceux qui sont dans la désespérance… etc… qui est suffocant et qui fait fuir de l’église romaine conciliaire et actuelle « .

Les intervenants suivants vont soutenir cette Marie-là  dans son attitude, l’un :  » c’est à  coups de canons qu’il faut répondre  » et c’est du code de droit canon qu’il dit parler, mais on aura noté le ton évangélique, comme le suivant qui dit qu’il préfère la mitraillette  » du rosaire à  50 coups  » (sic) !

Le texte de Marie R, qui n’a pas entraîné une seule protestation, est très clair. Elle n’aime pas ce qui dégouline de bonté, d’amour…

Et un peu plus tard, renforcée dans ses convictions par les messages de soutien reçus, (sans une seule critique, nous insistons), elle en remet une couche :  » vous avez raison, on n’est certainement pas sorti de l’auberge quand on lit cela et l’on voit à  quel degré l’église s’abaisse pour essayer d’attirer les âmes à  elles en les badigeonnant d’amour… Ce n’est pas de cette manière-là  qu’elle pourra convertir et mener les âmes à  Dieu… « .

Vous avez bien lu, frères conciliaires, bien au-delà  de la messe en français, ce que nous reprochent les tradis, c’est que nous dégoulinons d’amour, que nous aimons trop les SDF et les sans-papiers, que non contents de dégouliner, nous badigeonnons les âmes d’amour, terrible ça…

Honte à  nous qui partageons, face au prêtre, le pain et vin, devenu sacrement de la présence du Dieu-Amour, en pensant que ce partage nous engage à  aimer.

Demandons pardon aux tradis d’avoir oublié que l’amour de Dieu ne doit surtout pas se confondre avec celui de nos frères.

Simplement, pour nous remonter le moral, nous penserons à  un bonhomme, dont on ne parle guère sur le Forum, et que nous avons la faiblesse de considérer comme notre Maître. Lui aussi, il y a bien longtemps, dégoulinait  » d‘amour, de bonté, d’ouverture d’esprit « …

Ce mec, oui, il dégoulinait tellement de tout ça, que les gens, les pauvres, les malades lui couraient après, et qu’ils en revenaient requinqués.

Ses larmes à  lui dégoulinaient même devant le tombeau de son copain Lazare.

Et d’ouverture d’esprit, il en dégoulinait tout autant, jusqu’à  la provoc : il osait parler à  une femme d’une autre religion, samaritaine, quatre fois divorcée, la salope ! et il annonçait que les putes nous précéderont dans le royaume des Cieux. Il aimait tellement les samaritains, l’enfoiré, que c’est parmi eux qu’il a choisi son inusable modèle de l’amour dégoulinant.

En avance au moins d’un synode sur Reims , ce mec, Jésus, il s’intéressait aux aveugles, aux boiteux, aux veuves sans RMI… Il a même été jusqu’à  dire :  » ce que vous faites au plus petit d’entre les miens, c’est à  moi que vous le faites « .

Hein, Marie, ça, c’est pas de la vraie dégoulinade, de celle qui te débecte ? Il faut bien que tu les surveilles, ces synodeux de Reims : partis comme ils sont, ils sont capables de L’inviter à  leur réunions, et Lui, Il est capable de venir y faire un tour. Mais sois prudente si tu vas y traîner tes oreilles pour pouvoir alimenter le Forum , car Il reste dangereux.

Alors, n’oublie pas d’emporter avec toi une croix et des clous assez longs. S’Il t’emmerde trop avec son amour du prochain, tu sauras quoi lui faire.

Parce que, Marie, même si t’as jamais lu l’Evangile, t’as certainement vu le film que tous tes copains-copines du tradiland ont tant aimé :  » La passion de Jésus  » de Gibson. T’as pu voir qu’Il a tellement dégouliné d’amour et d’ouverture d’esprit que les défenseurs de la tradition du moment, (appelons-les les étroits de Dieu, puisque t’aimes pas les larges), ils l’ont pendu à  une Croix. Et comme pour les enquiquiner, jusqu’au bout, le provocateur, il a dégouliné de partout, des mains, des pieds, de la tête. Y a même un soldat, pour le vider complètement, tant durait le dégoulinage, qui lui a foutu un coup de baïonnette dans le coeur. Mais, nous dit l’Evangile, là , c’était fini.

« Père, j’ai fini de dégouliner… Entre tes mains, je remets mon esprit…  »

Au pied de la Croix, se tenait Marie. Mais c’était pas la même.

Monseigneur, sa passionaria, son vidame et ses amis

Golias avait espéré que Monseigneur Le Gal avait été abusé par sa passionaria et son vidame, que le discernement étant venu les liens unissant ces personnes s’étaient quelque peu distendus. Il n’y paraît rien… suite du feuilleton !

A l’occasion du départ de Monseigneur du siège épiscopal de Tulle , la passionaria exprime sa profonde douleur de se « retrouver orpheline » et dans un courrier admirable s’insurge contre ses frères Corréziens frondeurs, propose la fondation d’une académie interdisciplinaire. Plagiat de Bouvard et Pécuchet de Flaubert ou l’hymne à  la bêtise. Elle assure également le mitré de sa profonde amitié curieuse formule envers un évêque.

En décembre 2004, elle sollicite pour son fils le sacrement de confirmation auprès de Mgr Charrier successeur au siège épiscopal de Tulle . Après l’examen catéchistique classique celui-ci refuse aux motifs que l’adolescent suit une curieuse formation religieuse auprès d’un prêtre né en 1924 curieusement arrivé en Corrèze en 1984 (l’ordo précise accueilli) à  la pastorale quelque peu floue, interdite, tolérée, ou ignorée par les tenants successifs du siège épiscopal ; (Mgr Brunon, Froment intérim Soularue).

Ses confrères définissent sa pastorale par une formule charmante « il protège gentiment les âmes féminines d’âge mà»r si possible fortunées » Par ailleurs l’adolescent suit les offices au Verbe de vie à  Aubazine tiens …tiens ..sans participer aux activités des aumôneries des établissements scolaires qu’il fréquente.

L’adolescent reçoit le sacrement de confirmation le 25 juin 2005 devinez de qui ?… de Monseigneur Le Gal sur la base militaire de Cazaux . avec pour parrain un curieux moine profes en rupture d’abbaye bénédictine. (rappel : un frère de Monseigneur est prieur d’une abbaye Bénédictine). Ce moine est arrivé en Corrèze dans les valises de Monseigneur Le Gal.

Chargé de la pastorale auprès de la maison d’arrêt, l’administration pénitentiaire ayant dà» mettre fin à  la mission du moine, un détenu en permission ayant oublié de revenir pour lui rapporter voiture et clés. encore un manque de discernement.

On s’interroge sur la licité du sacrement effectué dans le cadre du DAF alors que le simple consentement du père Officier n’a pas été sollicité et que celui ci a été tenu totalement à  l’écart .

Une certitude cependant l’Esprit Saint inspirant toutes actions de l’ensemble des protagonistes de cette affaire, à  analyser l’attitude des adultes, il n’a pu que concentrer ses effets et grâce sur l’adolescent, laudaté pour lui car, à  fréquenter de telles personnes il en aura bien besoin.