L’autre face du ballon rond

Il n’y a pas que le foot dans la vie… Il y a aussi l’Eglise ! Et si d’aventure, Raymond Domenech a besoin de renforcer son équipe contre le Brésil samedi prochain, Golias lui propose quelques gladiateurs de choc pour endiguer la « samba » des artistes brésiliens.

Gardien de but : Jean-Pierre Ricard (Bordeaux)
– manque de vision de jeu
– regarde en permanence sur sa gauche et sa droite
– bien sur ses appuis
– arrange le coup avec les arrières

Arrière droit : Raymond Centéne (Vannes)
– se sacrifie toujours pour son gardien
– défenseur du règlement
– n’améliore pas ses passes vers la gauche
– encombré dans les dribbles par sa soutane

Libéro : Dominique Rey (Toulon)
– Bonne force de frappe
– Trop sà»r de lui
– Voudrait jouer avant-centre
– Ses « missiles » n’arrivent pas à  bon port (… de Toulon)
– Croit avoir avalé l’Esprit Saint, mais n’est pas toujours bien inspiré dans son jeu

Arrière gauche : Albert Rouet (Poitiers)
– solidaire du groupe
– bon débordement sur son aile
– n’est pas toujours d’accord avec l’arbitre (romain)
– refuse de recentrer le ballon
– joueur plein de potentiel, mais reste trop discret

Stoppeur : Roland Minnerath (Dijon)
– surnommé le « Kà¤rcher » de Dijon
– prend toujours le jeu à  son compte
– se démultiplie aux quatre coins du terrain
– de caractère teigneux
– joueur qui joue trop perso
– arrive à  tacler son propre avant centre
– exige même de jouer gardien pour remplacer le titulaire en place

Milieu axial : Jean Louis Brugués (Angers)
– bonne occupation du rond central
– abuse beaucoup trop des centres
– sans réel concurrent au poste qu’il occupe
– joueur élégant et habile des deux pieds
– manque souvent l’entraînement pour cause de corrida

Milieu axial gauche : Georges Pontier (Marseille)
– tiens la baraque au milieu
– frappe en douceur
– s’auto-efface pour laisser la place aux artistes de l’équipe
– joueur estimé sur le terrain, y compris par ses adversaires

Milieu gauche : Marc Steinger (Troyes)
– joueur capital et prometteur
– encore trop discret sur son couloir
– joueur pas assez personnel
– les observateurs souhaitent qu’il perce un jour

Milieu droit : André Vingt-Trois (Paris)
– indéboulonable au poste
– ne figure dans l’équipe type que grâce à  ses relations
– marque souvent des buts contre son camp
– pas toujours garant de la cohésion de l’équipe
– se verrait bien gardien de but
– recule en permanence
– joueur à  contre-emploi

Avant-centre : Philippe Barbarin (Lyon)
– joueur élégant sur le terrain et increvable
– talent de jongleur
– énorme confiance en soi
– souvent hors-jeu à  vouloir trop marquer
– très isolé dans l’équipe
– donneur de leçons dans les vestiaires
– bénéficie des faveurs de la presse institutionnelle, malgré des prestations moyennes

Attaquant de soutien : Jean Michel Di Falco (Gap)
– jeu insaisissable pour ses adversaires et même ses équipiers
– affole les défenses
– habile récupérateur
– ne joue que pour les caméras
– souhaiterait le poste d’avant-centre car plus prestigieux et moins salissant
– passe son temps à  séduire l’arbitre

Staff

Sélectionneur : Fortunato Baldeli (Nonce)

Préparateur physique : Joseph Doré (Strasbourg)
– fait bénéficier l’équipe de sa culture volley

Préparateur mental : Tony Anatrella

Attaché de presse : Michel Kubler (La Croix)

Intendant : Laurent Ullrich (Chambéry)

Soigneur : Henri Tincq (le Monde)

Remplaçants :

Hippolyte Simon (Clermont-Ferrand)
– a quitté le groupe sur un clash, mais est revenu par la petite porte

Michel Dubost (Evry)
– le « Chimbonda » du groupe prêt à  jouer n’importe oà¹, à  droite notamment

Jacques Gaillot (Partenia)
– joueur souvent gauche qui déroute l’ennemi pour défendre ses buts
– souvent exclu

Gérard Defois (Lille)
– les « Espagnols » ne le mettront pas à  la retraite

Henri Brincard (Le Puy)
– croit à  la « main invisible » dans la surface de réparation
– a souvent un placement surréaliste


Jean Louis Papin
(Nancy)
– déjà  contesté avant sa sélection
– prépare avec soin ses entraînements

Olivier de Béranger (St-Denis)
– « stakhanoviste » de l’offensive
– rêve du « Grand match »


Pierre d’Ornellas
(aux. Paris)
– au purgatoire malgré sa sélection
– n’est plus que l’ombre de lui-même après le départ du précédent sélectionneur (Jean Marie Lustiger)


Jacques Perrier
(Lourdes)
– joueur très en vue
– n’a toujours pas gagné sa place de titulaire en attaque

François Garnier (Cambrai)
– son transfert n’a pas été une réussite
– joueur de mauvais caractère
– ne supporte pas d’être remplaçant
– sème la zizanie dans le vestiaire

Benoît Rivière (Autun)
– gagne peu à  peu sa place sur le terrain
– vient de l’équipe « Espoir », encore trop tendre

Patrick le Gall
– « chien fou », prêt à  tout pour convertir ses adversaires
– aime bien récompenser l’arbitre

Joueurs non retenus
Guy Bagnard (Belley-Ars)
– trop de cartons rouges
– en disgrâce dans son club

André Lacrampe (Besançon)
– a perdu sa place chez les « Reds »

Claude Dagens (Angoulême)
– égaré dans un petit club
– destin municipal

Charles Descubes (Rouen)
– trop sourcieux sur la composition de l’équipe

Alain Planet (Carcassonne)
– suspendu pour cause de « saint prépuce »

Pierre Pican (Bayeux et Lisieux)
– complètement « cramé »


Jean Pierre Cattenoz
(Avignon)
et Guy Thomazeau (Montpelier)
– sanctions disciplinaires pour jeu dangereux aggravé

L’Ecole au risque des jeux vidéos

La scène a pour cadre une école primaire dans une grosse bourgade de l’ouest lyonnais. La classe de CP a accueilli pour l’année scolaire 2005/2006 un élève particulièrement perturbé pour lequel il serait indispensable qu’il puisse bénéficier d’un accompagnement psychologique voire psychiatrique. L’enseignante qui a hérité de cette très lourde charge n’est pas de taille à  faire respecter au sein de la classe un minimum de discipline pas plus qu’elle n’arrive à  imposer à  cet enfant l’observation de cette règle minimale : le respect de ses camarades. Démission de l’enseignante, fatiguée peut-être par de longues années au sein de l’Education Nationale, démission du directeur de l’école qui a fait une fois pour toutes le choix de ne pas voir ce qui se passe dans son établissement, faillite d’un système éducatif qui ne sait pas ou ne veut pas, en temps utile, poser les diagnostics qui s’imposent et apporter à  son personnel l’assistance dont il aurait réellement besoin.

Il n’est pas besoin d’être grand clerc ou éducateur patenté et chevronné pour être inquiet de l’avenir de cet enfant qui visiblement n’a jamais eu à  s’affronter à  la moindre règle, à  connaître la moindre discipline. Quiconque a eu à  connaître un jour les ravages que peut provoquer l’absence d’une autorité qui seule peut permettre à  une personnalité de se constituer ne peut que redouter les lendemains qu’une telle démission prépare. Certes, rappelleront certains, il y existe à  côté de l’école le milieu familial qui peut au moins pour une part suppléer aux carences d’un système scolaire qui n’en finit pas de régurgiter de mauvaises interprétations des « Libres enfants de Sumerhill ». Mais aujourd’hui le milieu familial découvre ses propres limites. C’est un lieu commun que d’évoquer l’éclatement de la cellule parentale avec pour corollaire, une vie quotidienne désordonnée, hachée menu dans son déroulement, pour de centaines de milliers d’enfants. Par ailleurs cette cellule familiale, ou ce qu’il en reste, est de plus en plus souvent confrontée à  cette recherche quotidienne des ressources minimales qu’il faut absolument trouver pour ne pas sombrer.

Il ne s’agit pas ici de plaider pour un retour à  un type d’éducation inutilement répressive (quand elle ne manifestait pas discrètement une certaine une forme, mineure sans doute, de perversité ). Il faut apprécier à  leur juste mesure les cris d’orfraie poussés récemment par un certain nombre de bons camarades d’une certaine candidate à  l’Elysée qui dissimulaient visiblement des préoccupations qui n’avaient rien à  voir avec la révision d’un système éducatif. Car celui que nous avons laissé se construire semble se caractériser, de plus en plus souvent, par une démission patente de toute une série d’acteurs de l’éducation dont les enfants d’aujourd’hui, les adolescents de demain, seront en fin de compte les victimes.

Alors quand on découvre dans le Monde des 25 et 26 juin une description hallucinante d »une nouvelle version d’un jeu vidéo présenté comme « immoral, ultraviolent », qui a généré un bénéfice de 38 millions d’euros en 2004 et qui se classerait « au second rang des produits culturels » il y a de quoi frémir.

La description qu’en donne le journaliste est éclairante  » Le joueur est seul dans un univers o๠tout lui est permis, o๠le bitume lui appartient…Tout peut se voler, s’acheter. Manque d’argent ? Il suffit de dépouiller les gens. Dans un monde urbain de violence gratuite et de totale anarchie, les problèmes se règlent à  coups de poings, de balles, de mitraillette, de tronçonneuse… »On pourrait continuer longtemps à  détailler cette horreur modulable à  volonté.

Et ce qui, peut-être, est le plus effrayant c’est de voir des professionnels patentés, sociologues, psychiatres, psychanalystes expliquer doctement que ce jeu « est devenu un rituel initiatique », qu »avant le service militaire imposait le passage à  l’adulte. Désormais, ce sont les films interdits aux mineurs, extrêmement violents ou pornographiques, ou des jeux comme GTA » «  »La culture de la jeunesse se fait par les images violentes des films…Les jeunes voient cette violence, , la pratiquent » Il est facile de rappeler que « Freud disait en évoquant la littérature que c’est normal qu’il y ait des victimes. C’est ce qui permet de ne pas tuer dans la vraie vie. C’est la même chose pour les jeux vidéos »

Il y a sans doute, on ne saurait le nier, des adultes qui peuvent prendre ce jeu au second degré. Mais qui oserait garantir qu’il n’y aura aucun ravage chez des adultes à  l’esprit faible, qui auront grandi sans aucun repère, sans même ce minimum qui est la référence à  une loi, si imparfaite soit-elle, sans laquelle toute vie en société est impossible. Qui osera prétendre que l’interdiction aux mineurs n’est pas autre chose qu’une gigantesque hypocrisie permettant aux marchands de mort et de souffrance que sont les concepteurs et les diffuseurs de ces jeux d’accumuler des profits qui ne peuvent être que le prix du sang et des larmes ? Et il faut en vendre de ces invitations au meurtre et au crime pour réaliser des profits de 38 millions d’euros à  partir d’un « jeu » vendu 30 euros. A l’unité de compte près, le prix de la trahison dans notre symbolique chrétienne : 30 deniers ! Le prix de la mort !

Les constructeurs de prisons et d’asiles psychiatriques ont encore de beaux jours devant eux. Voilà  une activité qui ne risque pas le chômage. Il en sera de même pour la psychiatrie qui devra dans les années à  venir s’essayer à  réparer cet énorme gâchis qui se profile pour demain. Car il se produira inévitablement n’en déplaise aux « spécialistes » qui enfermés dans leur bulle ne sont plus capables de voir les conséquences de ces jeux qu’ils réduisent, trop facilement, à  de simples rites initiatiques. Peuvent-ils mesurer aujourd’hui les conséquences de l’accoutumance générée par ces produits conçus pour rendre dépendant.

Dire que cette pourriture, car il n’y a pas d’autre mot, nous est offerte par cette très puritaine Amérique qui s’offusque d’un sein dévoilé en public et prétend régenter le monde au nom d’un certain ordre moral qui montre ici son épouvantable faillite ! Et quand l’argent est roi, quand il est le seul étalon qui nous reste, quand le profit est au rendez-vous et qu’il justifie tout, il n’y a plus qu’à  trouver quelques sinistres thuriféraires qui nous feront passer des vessies pour des lanternes pendant que ceux qui ont la charge de gouverner s’épuiseront en complots de palais sur fonds de discours vides de sens.

A l’heure du déclin de l’empire romain les écoles de gladiateurs étaient devenues en quelque sorte une institution tout aussi indispensable que les lupanars. Aujourd’hui, à  l’heure du Mondial avec ses bordels nous avons aussi nos écoles, virtuelles cette fois, de gladiateurs et de sicaires. Il sera trop tard, demain, pour pleurer des larmes de sang et s’apitoyer sur les victimes. Alors on verra se lever des ersatz de Le Pen pour réclamer le rétablissement de la peine de mort et le recrutement de nouveaux bourreaux.

Le moratoire ou quand la Curie fait de la résistance

Dans la désignation récente du Cardinal Tarcisio Bertone comme Secrétaire d’Etat (comme dans cellez de Mgr Giovanni Lajolo au Gouvernatorat) un fait a été particulièrement relevé, car il constitue une certaine nouveauté.

Les deux hommes ne prendront leurs fonctions que le quinze septembre prochain.

Cette prise de fonction différée s’explique sans doute en partie par le fait qu’à  partir de la fête des Saints Pierre et Paul (29 juin), le monde de la Curie travaille au ralenti jusqu’à  la fin septembre.

Sans doute, des nominations d’évêques, souvent nombreuses, sont annoncées en juillet (et cela devrait être particulièrement le cas cette année). En fait, le dicastère compétent a travaillé ces dossiers au printemps. Entre parenthèses, cela explique le petit nombre de nominations, en général, annoncées en septembre et octobre, avant la Toussaint. A cause du « trou » de l’été.

Mais, on le devine, un tel moratoire tient également aux résistances rencontrées dans le petit monde romain par ces changements.

En premier lieu, les chefs de dicastère semblaient désirer, en majorité, une prolongation de leur charge jusqu’à  l’âge de 80 ans.

Or, les cardinaux Sodano et Szoka, les deux partants, sont nés en 1927 (entre parenthèses la même année que le Pape). Ils estimaient donc pouvoir rester en fonction encore un an. Le Cardinal Sodano a perçu sa mise à  la retraite comme un désaveu, ce qu’elle est bien en partie.

De plus, le cardinal Dario Castrillon Hoyos, 77 ans, s’accroche lui aussi à  sa charge de préfet de la Congrégation du clergé et ne semble pas disposé à  lâcher prise.

En second lieu, beaucoup de curialistes, et non des moindres étaient hostiles à  la désignation de Tarcisio Bertone.

A commencer par le cardinal Giovanni Battista Re qui connaît très bien les rouages de la Secrétairerie d’Etat, dont Mgr Bertone, jadis à  la Congrégation pour la doctrine de la foi, s’est toujours défié, comme Joseph Ratzinger lui-même.

Les anciens diplomates élevés à  la pourpre, Giovanni Cheli, Carlo Furno, Pio Laghi, Achille Silvestrini et Lorenzo Antonetti auraient, dit-on, exprimé dees réserves sur le choix d’un homme relativement étranger aux questions diplomatiques et politiques en raison de l’importance toujours croissante de tels enjeux.

Les rumeurs d’une nomination de Mgr Fortunato Baldelli, actuel Nonce en France, comme successeur de Giovanni Lajolo contribuent à  accroître l’irritation et l’inquiétude.

Personne ne met en doute le sérieux, la droiture et la bonté personnelle de Don Fortunato, homme très respecté, étranger à  tout esprit de clan et fidèle serviteur de l’Eglise. Pour la fonction, il semble trop âgé : 71 ans. A part Mgr Lajolo, les secrétaires pour les relations avec les Etats étaient nommés plus jeunes : Jean-Louis Tauran, l’avant-dernier, avait 47 ans. Très lourde, écrasante même, la charge exige de l’énergie. En outre, très spirituel, Mgr Baldelli n’a jamais été considéré comme un politique de premier plan. A la limite, malgré sa timidité naturelle, on l’aurait davantage vu comme pasteur d’un diocèse. La charge de « ministre des affaires étrangères » demande pourtant une compétence politique et diplomatique extraordinaire.

Selon les diplomates de la Curie, l’homme le plus idoine, dans sa génération, à  remplir la charge de secrétaire pour les relations avec les Etats serait Mgr Celestino Migliore. Né en 1952, ce piémontais très efficace a été longtemps un excellent sous-secrétaire. Grand travailleur, il s’adapte bien aux différentes situations et son parcours a été un modèle du genre : Washington, Varsovie et Strasbourg.

Eventuellement, d’autres solutions alternatives seraient envisageables. On cite le nom de Mgr Claudio Celli, né en 1941, qui fut le prédecesseur de Migliore et attend une charge à  sa mesure depuis quelques années. Il connaît très bien l’Asie (un grand atout aux yeux de Benoit XVI) mais également la question israelo-palestinienne.

Autre candidat potentiel, Mgr Luigi Gatti, né en 1946, Nonce en Libye et à  Malte, qui fut derrière les épais murs du Vatican, l’artisan précieux de la politique proche-orientale.

Conservateur au plan doctrinal, un peu rigide mais excellent homme de dossier, Mgr Carlo Maria Vigano, 65 ans, demeure un candidat possible.

Pourtant, tout semble indiquer que Joseph Ratzinger le prédestinerait davantage à  la charge cardinalice de préfet de la Congrégation pour les affaires économiques, pour y remplacer le très exhubérant mais aussi très discuté cardinal Sergio Sebastiani.

Enfin, une surprise paraît toujours possible : en l’occurrence, le choix d’un « monsignore » non évêque, qui serait un exécutant plus discret. Trois noms circulent. Ceux de :

Mgr Piero Parolin, né en 1955, l’actuel Sous-Secrétaire, un prélat du Veneto, souriant et trrès adroit, considéré comme un modéré;

Mgr Gianfranco Rota Graziosi, né en 1944, un bergamasque très considéré et qui refusa toujours l’épiscopat et la charge de Nonce, excellent connaisseur de l’Asie (nous y revenons encore);

Mgr Barnabé Adanuty Nguyen, né en 1941, le seul non-italien, un vietnamien (toujours l’Asie) actuellement l’une des chevilles ouvrières de la Congrégation pour l’Evangélisation des Peuples, dont le choix serait hautement symbolique.

Les rumeurs d’un départ du cardinal Giovanni Battista RE pour Gênes s’amplifient. Né en 1934, il quitterait la Curie après y avoir été pendant quarante ans un homme clé. Déjà  à  trois reprises son départ de la Ville éternelle pour un siège cardinalice en Italie avait été évoqué. En 1995, pour Gênes; en 2002 pour Milan; et quelques mois plus tard à  nouveau pour Gênes, afin d’y remplacer le cardinal Tettamanzi. Si ce transfert devait se confirmer, cela signifierait que Benoît XVI entend bel et bien décapiter tous les clans influents de la Curie afin d’avoir davantage de contrôle sur elle. On se souvient de la nomination, le 20 mai, du Cardinal Crescenzio Sepe à  Naples.

Une telle reprise en main constituerait un petit évènement car Jean Paul II n’avait pas véritablement prise sur une Curie qui lui échappait en bonne part.

Certains observateurs s’en réjouissent. D’autres se demandent pourtant si le Pape, qui n’est pas un politique de formation ni d’expérience, pourra se suffire longtemps à  lui-même et gérer toutes les affaires sans l’aide de collaborateurs vraiment avertis.

On sait que telle fut à  partir de la fin de la Seconde Guerre mondiale la tentation à  laquelle succomba de plus en plus Pie XII : le Vatican resta sans Secrétaire d’Etat de 1944 à  1958.

A certains égards, Benoit XVI se montre de plus en plus pacellien.

Un prêtre soutient la grève de la faim des Kurdes

108 kurdes en demande d’asile politique sont hébergés dans une salle paroissiale de l’église de La Fourguette à  Toulouse. 84 sont sont en grève de la faim depuis 16 jours aujourd’hui.

Le père François ANDRE a déclaré publiquement qu’il était en accord avec l’évêque (Mgr Marcus, évêque de Toulouse) et qu’il n’appellerait pas les autorités civiles et policières.

Il a diffusé la lettre du conseil des Eglises en France, adressée le 25 avril 2006 à  Dominique de Villepin. Il s’appuie sur ce texte pour expliquer entre autres, son action.

Des petits problèmes de santé commencent à  apparaître. Les grévistes crient leur solitude et leurs angoisses.
2 personnes en grève de la faim sont des récidivistes de la grève. En effet ; il y a 3 ans ils avaient mené avec une quarantaine d’autres personnes ce même combat, et l’ensemble de leurs compatriotes avait été régularisé sauf eux.

Un collectif entoure ces travailleurs kurdes et réunit :

Les syndicats : Union Départementale et Union Locale CGT, SUD Territoriaux ;

Les associations : Réseau éducation sans Frontières, le Mrap,

Les partis politiques : le parti communiste, La LCR Lutte Ouvrière, les Verts.

Tous ont constaté le manque de réaction du préfet et de l’OFPRA face à  la situation qui se tend.

Différentes actions locales ont eu lieu, de faible importance en nombre de personnes et en retombées médiatiques. La presse locale ne s’intéresse plus à  la situation.

Le collectif et les Kurdes souhaite faire émerger nationalement cette lutte.

Un militant PC membre de la commission immigration, va demander une intervention du groupe communiste à  l’assemblée.

En fait le problème des kurdes est posé localement mais il relève des lois nationales dans le cadre des lois Sarkozy sur l’immigration.

« La réforme de la réforme » en bonne voie

Mgr Malcom Ranjith Patabendig, secrétaire de la Congrégation pour le culte divin, n’est pas encore très connu du grand public.

Ce sri-lankais de 59 ans a pourtant été personnellement choisi par le Pape en raison de sa sensibilité traditionnelle.

Il vient de tenir à  l’agence I. Media des propos qui ne sont pas en contradiction avec sa réputation.

Après le Concile Vatican II, « certains changements peu réfléchis ont été faits, dans la rapidité et l’enthousiasme » ce qui a abouti à  « une situation opposée à  celle que l’on souhaitait« .

L’archevêque n’est pas tendre contre certaines mesures adoptées après le Concile : ces « directives erronées comme l’abandon du sacré, la confusion des rôles entre les laîcs et les prêtres, ou encore certaains changements qui ont vidé les eglises en les protestisant. Ces changements de mentalité ont affaibli le rôle de la liturgie plutôt que de le renforcer » .

Il ne faudrait pas, selon Mgr Ranjith, chercher ailleurs la cause de la désaffection des sanctuaires et des séminaires.Il faudrait retrouver « certains aspects de la liturgie du paassé« .

L’archevêque rappelle que « l’ancien missel de saint Pie V n ‘a jamais été aboli« . L’ancien missel ne saurait être dénigré. Il serait plus pertinent d’entreprendre, dans un sens traditionnel, une réforme de la réforme.

Le même archevêque avait accordé une préface à  un ouvrage recommandant la célébration de la messe à  l’ancienne (et non pas face au peuple).

Manifestement des « évolutions » sont à  attendre en matière liturgique ces prochains temps.

Certains ont même devancé l’appel, tel le primat des Gaules, le cardinal Philippe Barbarin.

L’évêque de Montpellier condamné pour licenciement abusif

La Cour d’Appel de Montpellier dans son arrêt du 10 mai 2006 vient de condamner l’évêque de Montpellier, Mgr Thomazeau Président de l’Association Diocésaine, pour licenciement non fondé !!!

En 1999 Monseigneur Jean-Pierre RICARD, alors évêque à  Montpellier, embauche un économe diocésain adjoint, cadre chargé de l’administration et de la gestion financière du diocèse.

Hors toutes procédures prévues par l’Eglise, l’actuel évêque – Guy Thomazeau – moins de trois mois après son arrivée dans le diocése, le licencie « manu militari ».

Après une procédure de plus de trois ans la Chambre Sociale de la Cour a analysé chacun des griefs et les a rejetés.
Condamné à  verser des dommages et intérêts, l’association diocésaine, présidée par l’évêque, doit reverser également une partie des indemnités ASSEDIC.

Cette condamnation qui répare à  minima le préjudice subit, est une première pour les Diocèses de France.

En effet la procédure interne prévoit plusieurs instances de négociations et de conciliations afin de régler au mieux les conflits. Ce ne fut pas la méthode retenue par l’évêque, qui se voit aujourd’hui condamné par la Cour.

RAPPEL DES FAITS

Dans un rapport accablant établi au 31 décembre 1999 par un expert comptable, de multiples dysfonctionnements comptables et financiers sont énoncés.
De même le contrôleur des comptes de l’association diocésaine relève l’existence de fausses balances.

Embauché fin 1999, le nouvel économe ayant une obligation d’alerte, a maintes fois signalé ces dysfonctionnements ainsi que les carences du service comptable et proposé d’engager des réformes.

L’employeur choisit, en lieu et place des réformes, le licenciement !

Le Président de la Chambre Sociale de la Cour d’Appel de Montpellier concluT : « Engagé précisément pour mettre en adéquation avec la loi le fonctionnement comptable et financier de l’Association DIOCESAINE DE MONTPELLIER (l’économe), a signalé à  plusieurs reprises tant en sa qualité de responsable, qu’en sa qualité de salarié les raisons de ces dysfonctionnements, et n’a pas été suivi dans ses propositions. Il ne peut être tiré d’une telle attitude responsable du salarié une cause réelle et sérieuse de licenciement. »

Une belle leçon à  l’évêque de Montpellier qui se croit en permanence au dessus des lois humaines et civiles et un message à  d’autres épiscopes qui seraient tentés de s’en affranchir (d’autres affaires de ce type sont en effet en cours).

La femme hémorroïsse

Jésus, quand il vient dans nos vies, ne vient pas pour faire le médecin, ni l’employé des pompes funèbres.

Sa présence signifie autre chose.

Les « miracles » sont avant tout des signes, mais des signes de quoi ?

Jésus n’est pas un gynécologue chargé de guérir une femme bien malheureuse avec ce qui lui arrive. D’autant plus que la terreur sacrale des Juifs par rapport au sang, quelle qu’en soit l’origine condamnait cette femme à  la mise à  l’écart.

Et l’épisode commence par une petite fille malade et comme morte. Jésus, par sa seule présence messianique, bouleverse les choses. Il ne tait quasiment rien. La femme lui touche en cachette son vêtement et elle se sent guérie. « La petite fille n’est pas morte, elle s’est endormie, je vais la réveiller ».

Jésus passe au milieu des malheurs des hommes et réveille les endormis en bousculant l’inévitable. C’est de l’intérieur des gens qu’il puise l’énergie et lui donne toute sa force. « Si tu y crois, tout est possible ».

Et voici que la jeune femme sent qu’elle s’en est sortie par un geste de confiance réciproque.

Et voici que la petite fille est réveillée. Il faut que Jésus rappelle aux parents qu’elle doit avoir faim après cet engourdissement.

Le miracle est signe.

Et par delà  le miracle, c’est Jésus qui se fait signe et qui nous fait « signes ».

Mgr Barbarin se sarkozyse et soigne son image

Le Cardinal Philippe Barbarin, archevêque de Lyon et primat des Gaules s’impose de plus en plus comme l’évêque le plus médiatique de l’épiscopat actuel, en raison déjà  du peu de charisme de son homologue parisien, Mgr André Vingt-Trois et de la trop grande discrétion du cardinal Jean-Pierre Ricard, le Président de la Conférence Episcopale.

Le Cardinal semble occuper tous les terrains.

On le compare volontiers à  Nicolas Sarkozy, dont il serait ami. Parfois, il tient des propos qui défie les classifications ordinaires. L’homme ne manque ni de panache ni d’énergie. Il vient d’accorder à  Henri Tincq et au quotidien « Le Monde » une interview très remarquée. Son Eminence, dans un style parfois paradoxal mais toujours nerveux appelle à  « sortir des clichés » et à  « renouer des dialogues« .

Il se montre aussi très incisif et très acerbe au sujet du grand patronat qui touche des salaires scandaleusement élevés. Se plaçant ainsi à  l’unisson avec…Nicolas Sarkozy et avec son discours d’Agen du 22 juin courant.

Sur le fond, il est globalement difficile de ne pas abonder avec ce que dit le Cardinal. « Il est trop facile de crier « tous pourris« . Qu’on me montre un corps social sans défauts ». avec un zest de provocation, Monseigneur de Lyon cite également…Arlette Laguiller laquelle en 1974 avait ce mot, pour une fois bien trouvé :  » je voterai sans illusion mais sans réserve« .

Philippe Barbarin insiste sur le primat du bien commun et sur l’esprit de service qui doit prendre le pas sur les intérêts catégoriels et les ambitions personnelles exacerbées. Il a raison de souhaiter une évolution qualitative : «  oui, la démocratie est en danger si le débat public reste terne et désenchanté, si on a l’impression qu’il n’y a plus de valeur stable et que tout flotte« .

Au sujet du débat actuel sur les stock-options et sur les rémunérations des grands dirigeants, les propos du Cardinal font mouche :  » l’Evangile disait déjà  que l’argent rend fou. Quand on voit les rémunérations incroyables de certains chefs d’entreprise, de sportifs ou d’artistes, on se demande o๠va s’arrêter la valse des zéros qu’on ajoute. ?Qui va pousser un cri? Comment réguler ce système? Nous attendons des initiatives des responsables politiques« .

On appréciera moins le clin d’oeil, à  droite, familiariste, de Son Eminence qui insiste sur la famille « qui doit rester un repère et même un rempart pour les générations futures« .

Le mot « rempart » est choisi à  dessein : il constitue un signe d’approbation à  l’endroit de tous ceux qui s’engagent dans une posture très défensive sur les questions sociétales.

Un peu plus loin, Mgr Barbarin force encore le trait et porte l’accent sur la « spécificité du mariage comme relation stable entre un homme et une femme« .

De manière très significative, Son Eminence entend réoccuper le terrain politique un peu déserté par l’Eglise et les chrétiens.

Avouons-le, il y a quelque chose d’irritant à  entendre le cardinal donner des leçons aux uns et aux autres comme s’il bénéficiait d’une supercompétence lui permettant de trancher les débats, au nom d’une Eglise qui serait experte avisée dans toutes les questions humaines.

Le Cardinal de Lyon cite à  son appui une phrase de l’encyclique « Deus est caritas » de Benoît XVI : « L’Eglise ne peut ni ne doit prendre en main la bataille politique, mais elle ne peut ni ne doit rester à  l’écart« .

Le ton très incantatoire et très moralisateur ne fait cependant guère illusion. D’abord, le ton théâtral et souvent faussement prophétique, qui enfonce des portes ouvertes et tombe à  plat, qui ne manque pas de rappeler celui jadis de Mgr Léon-Arthur Elchinger et de ses messes pour la France à  Strasbourg, n’impressionne guère. D’autant plus que le même cardinal de Lyon – se parle-t-il à  lui même – prend soin de préciser :  » il vaudrait mieux être moins grandiloquent (tacle à  destination de Villepin ?) et agir » ou encore « l’Eglise ne doit pas jouer à  l’oracle« .

Le Cardinal a le beau rôle : aligner de belles généralités pour redorer son blason épiscopal de prélat évangélique.

Que n’entre-t-il pas dans des détails! (quid par exemple des luttes sociales).

On le sent comme en campagne électorale. Pour qui? Quel bénéfice escompte-t-il obtenir?

Ne souhaite-t-il pas une Eglise plus considérée et comme arbitre du débat qui récupererait le terrain perdu en bénéficiant indirectement du discrédit des politiques?

Très curieusement, Son Eminence ne s’interroge guère sur les liens entre ce qui est d’Eglise et le grand patronat. Par exemple la chaîne KTO et Carrefour. Ou les étranges complaisances de M. Bébéar, proche de L’Opus Dei et des Légionnaires du Christ, pour le moins, et dont la générosité ne semble guère dédaignée par bien de nos hommes d’Eglise.

Sans même parler du « Banco Ambrosiano« . Et la très catholiques RCF (Radio Chrétienns en France) basée à  Lyon et qui fonctionne pour une grande partie de son budget grâce à  des partenariats économiques avec les plus importants et richissimes patrons de la région lyonnaise.

De quel droit l’Eglise donne-t-elle des leçons, elle qui a toujours entretenue avec les puissances de l’argent les pires connivences.

Cette interview accordée au « Monde » pourrait aussi confirmer une réforme toute récente, celle du transfert à  Rome de Mgr Barbarin comme super-ministre de la justice et des questions de société et de migrations.

Il n’est pas à  exclure que Benoît XVI ne regroupe pas certains dicastères pour en former de plus influents (par exemple un seul grand Conseil « Justice et Paix » regroupant l’actuel conseil du même nom, le conseil « Cor Unum », celui pour les migrations et celui pour la pastorale de la santé actuellement dirigé par le Cardinal mexicain Javier Lozano Barragan).

Or, le cardinal Renato Martino, actuel Président du Conseil Justice et Paix, né en 1932, n’est pas considéré comme un proche de Joseph Ratzinger. Au contraire, on estime qu’il devrait quitter assez vite son poste après avoir franchi la barre fatidique de l’âge de la retraite.

Pourrait donc lui succéder justement le Cardinal Barbarin qui compléterait sa fulgurante ascension française par une brillante carrière romaine.

Que cela se confirme ou non, l’archevêque de Lyon entend de plus en plus occuper un vaste créneau médiatique – avec la complicité de certains journalistes, suivez mon regard – et ainsi s’imposer comme le véritable homme fort de l’épiscopat français et de l’Eglise de France toute entière.

Ce qu’écrit d’ailleurs « le Monde » en page de couverture – pas moins – présentant Mgr Philippe Barbarin comme le « nouvel homme fort de l’Eglise de France ».

Les étoiles finissent pourtant par pâlir.

Avec Carrefour, KTO positive !

La chaîne de télévision catholique KTO a annoncé le 12 juin 2006 qu’elle « conforte son redéploiement après avoir clôturé le 6 juin une augmentation de capital, selon un communiqué qui n’en précise pas le montant « .

La plupart des actionnaires de la SITC (Société internationale de télévision et de communication), structure juridique de la chaîne, ont souscrit une augmentation, tandis que deux nouveaux actionnaires sont entrés au capital, les familles R. Halley et Habert…

Ainsi donc, pour sortir de ses difficultés, KTO, la chaîne fondée par le Cardinal Lustiger continue de compter plus les grosses fortunes que sur ses téléspectateurs… Qu’on en juge :

Parmi les actionnaires, au côté de Bayard Presse, on trouve AXA (groupe d’assurances-banques de M. Bébéar), Lagardère, Vivendi, Lafarge. A tout ce beau et riche monde (parmi les premières fortunes de France), viennent s’ajouter désormais la famille Halley ( premier actionnaire du groupe Carrefour avec 13 % du capital) – et dont le fils Benoît est le gendre de Dassault et directeur de la strétagie financière du groupe – et la famille Habert. Si on sait que Claude Bébéar du groupe AXA est un grand ami de Dassault, on aura compris que KTO est dans des mains compétentes et surtout prêtes à  cracher au plateau de la quête, sans trop espérer des retours sur investissements

Il faut reconnaître dans cette opération l’esprit de désintéressement de ces hussards de la finance.

S’ils sont ou arrivent à  KTO, ce n’est pas pour y faire du fric. L’oseille pousse mal à  l’archevêché de Paris. Mais alors, pourquoi donc, Seigneur accepte-t-il de mettre des oeufs dans ce panier percé ? Pour que Dieu, le moment venu, leur pardonne leur âpreté au gain ? Ils n’ont pas le temps de se soucier de cela. Mais par exemple, Claude Bébéar, le patron d’AXAproche des Légionnaires du christ – se veut le chantre d’une économie plus humaine… Alors, il faut bien un peu mettre la main à  la poche pour une bonne oeuvre….

Cette alliance du coffre-fort et du goupillon est assez traditionnelle en France.

La capitalisme familial du 19° siècle et d’une partie du 20° a toujours fait bon ménage avec les paroisses et les évêchés. Ce n’est qu’à  partir des années 1950 que l’Eglise a voulu se dégager de cette emprise financière pour des raisons de pureté évangélique. Il est incontestable que les compromissions de l’Eglise avec le fric patronal a beaucoup contribué à  couper d’elle « les masses ouvrières », comme on disait en leur temps…

Les mouvements d’Action catholique ACO et JOC, l’engagement des prêtres ouvriers, les prises de position d’évêques et de cardinaux « sociaux » ont beaucoup fait pour libérer l’Eglise de cette emprise.

La purification aura été de courte durée.

L’attirance du fric est revenue au grand galop dans une Eglise qui ne fait plus de sa liberté vis-à -vis des puissances d’argent un des fondements de l’évangélisation. Le fric existe, faisons en un des moyens de Dieu…

Quand les caissières de Carrefour entendront en réponse à  leur demande d’augmentation de salaire : mais on ne peut pas, vous comprenez, la concurrence, les japonais, les chinois et même les polonais…

Quand les producteurs de fruits et légumes étranglés par les prix d’achat qui leur sont imposés entendront le même discours… tous ces « damnés de la terre » ne retrouveront-ils pas ce vieux réflexe pas totalement injustifié : le fric, notre fric, ne manque pourtant pas pour financer la télé des curés… ?

On répondra que KTO, pour ces gros financiers, c’est une goutte d’eau dans la mer des profits et des stocks options. Soit. Mais il y a le geste, le témoignage, il y a là  une complicité qui ne trompe personne et qui dégoà»te les gens. Et le même « tous pourris » que l’on trouve sur le terrain politique risque d’apparaître sur le plan religieux.

Dis-moi qui te finance et je te dirai quel évangile tu annonces.

Il faut le dire. KTO n’est plus libre. Parce que les grands financiers savent que l’Eglise est encore nécessaire pour un certain ordre social… Et financer l’Eglise, ça donne un certain poids, même aux idées que ne partagent pas la majorité des gens. M. Halley (le fondateur)déclarait dans une interview (dans le numéro 154 de Normandie-Magazine) à  la question : Les 35 heures, ce n’est pas une bonne idée ? Réponse : « Non, dans le contexte actuel, je trouve que ce n’est pas une bonne idée. C’est une idée qui aura des effets négatifs sur l’activité économique de la France, et donc sur l’emploi et sur les possibilités de progrès des français. »

De quelle liberté « sociale » jouira KTO lorsque des positions seront à  prendre sur des sujets brà»lants ? Ce sont ces gens-là  qui ont en mains KTO.

Est-ce le veau d’or qui désormais va mener le troupeau ?

Chrétiens, n’ayez pas peur, vivez avec l’Assurance que vous apporte AXA.

Chrétiens, positivez-vous au Carrefour de l’espérance.


Chrétiens, soyez solides, bétonnez vos certitudes avec
Lafarge.


Chrétiens, lisez l’Evangile, mais aussi les pages jaunes de notre bienfaiteur
Vivendi.

Quand on mange la soupe avec le diable, il faut, dit la sagesse populaire, avoir une grande cuillère.

Quand on cause dans le même micro que lui, il est préférable d’avoir un fil assez long, mais pas à  la patte .

Oecuménisme sur fond d’intransigeantisme ?

La visite du numéro deux (et peut-être prochain numéro un) du Patriarcat de Moscou, l’archevêque Cyrille de Smolensk constitue bien une sorte de visite de charme destinée à  convaincre les milieux catholiques intransigeants de la volonté de l’orthodoxie russe de participer à  une croisade contre la modernité.

Vendredi 16 juin, venu présenter son livre « L’Evangile et la liberté », le religieux entend enfoncer le clou.

Sur fond de conservatisme, un accord serait possible entre l’orthodoxie et le catholicisme. Par contre, le laxisme moral compromettrait, selon Cyrille, toute chance de retrouvailles entre l’Orient et L’Occident.

Pour cet ecclésiastique très intégraliste, il convient donc que les chrétiens rejoignent un front commun en Europe « pour la conservation des valeurs religieuses dans la société contemporaine« .

Selon lui, la liberté ne serait acceptable qu’encadrée dans une vision axiologique (= des valeurs) très stricte et excluant toute permissivité coupable. Selon Cyrille, la loi civile elle-même doit s’ajuster en bonne part sur la morale objective et immuable défendue par les chrétiens, ou qui devrait l’être.

Ainsi, le thriller « Da Vinci Code » n’aurait même pas dà» être publié. De même pour les caricatures danoises concernant Mahomet. Le conservatisme de Joseph Ratzinger et de nombre de prélats, ainsi que le tournant dans l’autre sens après la période conciliaire, sont très bien perçus par le Patriarcat de Moscou. En somme, une relative réconciliation serait à  espérer face à  un ennemi commun. Le seul en définitive. La modernité .

L’ecclésiastique russe s’est ensuite longuement étendu sur les combats communs envisageables contre la déliquescence moderne. Il a aussi exprimé un refus viscéral et violent contre toute acceptation de l’homosexualité ou de l’ordination de femmes.

Il se peut hélas, et c’est même certain, que le clin d’oeil réactionnaire de Cyrille sera apprécié à  Rome par Benoît XVI et ses conseillers. D’ailleurs, une délégation catholique de six cardinaux se rendra à  Moscou, les 4 et 5 juillet, pour une rencontre interreligieuse au sommet. Une stratégie y sera étudiée pour offrir une soi-disante « coopération spirituelle » au G8 programmé à  Saint Pétersbourg dix jours plus tard. Pour Cyrille, les chrétiens doivent être plus courageux : « nous dirons aux politiques que la religion existe bien, qu’elle a ses besoins et ses réponses« .

Le Cardinal Walter Kasper, actuel Président du Conseil Pontifical pour l’unité des chrétiens, se fait à  Rome l’artisan dévoué de cette politique oecuménique signée Benoît XVI, laquelle, loin de faire son miel d’une certaine relativisation des positions dogmatiques des uns et des autres, s’appuie sur une volonté commune d’opposer un front intransigeant au relativisme éthique de nos sociétés occidentales.

Le grand revirement de Mgr Kasper, jouissant jusqu’à  présent d’une réputation de théologien ouvert, s’est manifesté à  de nombreuses reprises ces dernières années, y compris sur des questions doctrinales internes à  l’Eglise catholique (par exemple sur la piété eucharistique).

Manifestement, le « ministre de l’oecuménisme » s’est en substance rallié au projet de contre-réforme en cours au sein de l’Eglise catholique. Selon toute vraisemblance, il a reçu pour mission de recentrer l’oecuménisme : tous ensemble unis contre le vilain relativisme!