Une nouvelle structure pour les lefebvristes

Après la rencontre de Benoït XVI avec le responsable de la Fraternité St Pie X, les services de la curie ont été mis à  contribution pour réfléchir à  un nouveau dispositif pour réintégrer les disciples de Mgr Lefebvre.

Enquête.

Même si les problèmes théologiques de fond sont loin d’être réglés. L’autorité du Concile Vatican II reste une pomme de discorde, malgré la possibilité caressée par Rome d’une interprétation qui en lisserait les audaces. Pour Mgr Bernard Fellay, « l’Eglise est à  genoux. Il lui faudra plus d’un pontificat pour se relever » ; « Le Pape doit énoncer des principes, poser des actes qui manifestent clairement un retour à  la tradition ».

Ainsi, pour le prélat intégriste suisse, la nouvelle messe reste-t-elle un « poison » que les prêtres de la Fraternité doivent absolument refuser de célébrer.

Il semble d’ailleurs que l’audience accordée au théologien Hans Kà¼ng a semé la perplexité chez les intégristes. Elle demeure pour Mgr Fellay un « énorme point d’interrogation ».

Il est clair que les intégristes ne se satisferont pas d’une solution à  l’italienne, trop superficielle. On sait que du vivant de Mgr Lefebvre des tentatives en ce sens avaient été entreprises par les Cardinaux Oddi et Palazzini.

Pour la Fraternité Saint Pie X, l’abcès doit être crevé. Elle souhaite une clarification au sujet de la liberté religieuse et du statut des religions non-chrétiennes. Elle exige la célébration libre de l’ancienne messe. Ce dernier point semble acquis. Il n’en va pas de même d’une sorte de rétractation par rapport au Concile.

Il est certain que la Fraternité a clairement intérêt à  placer la barre très haut. Plus elle exigera, plus elle aura de chance d’obtenir ce qu’elle désire.

Par ailleurs, le risque d’un schisme dans le schisme, d’une fracture en deux des courants lefebvristes, avec, à  chaque fois, deux évêques meneurs (Fellay qui se rallierait à  Rome et Williamson qui se tournerait vers le sédévacantisme) pèse lourdement.

Le Vatican mise en attendant sur les ralliements individuels. Il entend faire des clins d’oeil aux fidèles de cette sensibilité. Une expérience est en cours à  Toulon : une paroisse non pas territoriale mais de sensibilité liturgique, avec des offices en latin, a été érigée par Mgr Dominique Rey évêque du lieu sous le contrôle du Vicaire Général du diocèse, Mgr Marc Aillet, un prêtre de la Communauté conservatrice Saint Martin, « Don Marc ».

A Rome, beaucoup sont favorables à  la création par le Pape d’un ordinariat indépendant non territorial (comme le diocèse aux armées ou la Prélature Opus Dei). Il serait confié à  un prélat acceptable de part et d’autre, comme le très traditionaliste Père Abbé de Fontgombault, Dom Antoine Forgeot, le Secrétaire de la Commission « Ecclesia Dei », Mgr Camille Perl, l’archevêque suisse de Vaduz, Mgr Wolfgang Haas, ou encore un théologien brillant de Gricigliano (Institut du Christ Roi) Mgr Rudolf Schmitz. Ne semble pas devoir être exclue la nomination à  la tête de cet ordinariat indépendant d’un prélat âgé pour un temps bref : on parle du Cardinal Castrillon lui-même (qui laisserait pour raison d’âge la Congrégation à  un prélat plus jeune), de l’archevêque italien Luigi de Magistris, de Mgr Walter Brandmuller, un historien bavarois très conservateur.

Cet ordinariat pourrait incardiner des prêtres de sensibilité traditionaliste (avec célébration ou non de la messe selon Pie V), avoir un séminaire (ou plusieurs), éditer un catéchisme. Une solution rêvée pour tous ceux qui veulent donner libre cours à  leur sensibilité traditionaliste sans rompre avec Rome. Une façon adroite de court-circuiter les évêques locaux, souvent considérés au Vatican aussi bien qu’ à  Ecône comme les « grands gêneurs » de cette réconciliation.

Dérives sectaires dans l’à‰glise

Durant des années, la communauté de la Croix Glorieuse [[La communauté de la Croix Glorieuse est une association privée de fidèles du diocèse de Perpignan créée en 1981 et dont le fondateur (en fait le co-fondateur) est le père Hubert-Marie Chalmandrier (mis en retrait de la communauté depuis aoà»t 2003).]] s’est rendue coupable de graves dérives comportementales et sectaires qui ont blessé beaucoup de jeunes… et de moins jeunes, tant sur le plan spirituel, psychologique que matériel.

Comme on le verra dans les documents que nous publions [[Documents tirés du dossier de 400 pages constitué par les responsables de l’association Croix Glorieuse vigilance (23, rue Georges-Pézières, 66100 Perpignan. Tél. : 06 68 12 34 76. Courriel : croix-glorieuse-vigilance@voila.fr).]], une plainte pour séquestration a été déposée, un procès est en cours devant le tribunal des prud’hommes et des plaintes ont remonté jusqu’au tribunal de la Rote à  Rome.

Malheureusement, dans ce dernier cas, malgré la lourdeur du dossier adressé en septembre 2004 (plus de 400 pages dont certaines accablantes) et de nombreux rappels, le silence de l’à‰glise est assourdissant.

Or, nous avons pu constater que ces problèmes sont actuellement récurrents dans l’à‰glise catholique. En effet, il n’y a pas que ceux de la communauté de la Croix Glorieuse. Des personnes ont à  se plaindre aujourd’hui de la communauté Saint-Jean (« Petits Gris »), de la congrégation des Soeurs mariales d’Israà«l et de saint Jean, de la communauté de l’Agneau,du réseau Points Coeur (serviteurs de Marie et Jésus), des soeurs de Bethléem, des Béatitudes, de la Fraternité Reine Immaculée, etc.

Il nous semble qu’il y a, au sein de l’à‰glise catholique, une nette volonté d’étouffer ces affaires en faisant traîner les décisions jusqu’à  décourager les plaignants, ou de minimiser, voire nier d’authentiques dérives. Quand ce ne sont pas les victimes qui sont considérées comme des « paranoïaques » et les familles des plaignants comme des gens irrationnels fonctionnant sur l’affectif, ne « comprennant rien à  la vocation de leur enfant » ou « s’y opposant par possessivité ». Or c’est justement un tel trait pathologique qui est le plus souvent reproché aux fondateurs de ces communautés.

De plus, la parole des plaignants pèse souvent très peu face à  celle de prêtres ou d’évêques, leurs fonctions les mettant, aux yeux du commun des mortels et de certains notables, à  l’abri de mensonges et de dérapages divers. Et pourtant !

De fait, les responsables de ces dérives sont rarement sanctionnés. Dans l’affaire de la Croix Glorieuse, par exemple, les fondateurs, le Père Chalmandrier et le Père Fould (« berger » de la maisonnée de Toulouse o๠ont eu lieu les dérives les plus graves) refont surface dans d’autres communautés.

Le premier qui, apparemment, fait toujours partie de la communauté de la Croix Glorieuse, après avoir essayé de s’implanter au foyer de Charité de La Flatière (74), est venu s’incruster au foyer de Charité en Provence à  Lambesc (13) dans l’espoir de devenir un jour responsable de ce foyer. Son comportement ayant sans doute alerté certains, il n’est plus, à  l’heure actuelle, « persona grata » dans ce foyer. Même s’il lui arrive d’y séjourner encore.

Mais o๠va-t-il aller par la suite ?

D’après nos informations, il serait retourné au foyer de Charité de La Flatière en Haute-Savoie.

Quant au deuxième, il séjourne à  la communauté des Béatitudes de Nay (64) après avoir donné sa démission de la communauté de la Croix Glorieuse.

Comme dans les affaires de pédophilie, l’à‰glise déplace les problèmes en déplaçant les personnes, mais ne règle rien quant au fond.

Par ailleurs, on soulignera que le comportement de Mgr Chabbert, ancien évêque de Perpignan, peut être qualifié de léger. En effet, c’est lui qui a appelé la communauté de la Croix Glorieuse à  Perpignan et c’est sous son mandat qu’un des prêtres de la communauté a été ordonné, apparemment contre son gré (mais c’est sous le mandat de Mgr Fort, son successeur, que cette ordination a été invalidée).

C’est lui aussi qui a fondé la communauté Nazareth à  Villecroze dont les activités ont été suspendues en mars 2001 après de graves problèmes.

Enfin, Mgr Chabbert séjourne désormais dans la communauté de l’Agneau a Fanjeaux, dans l’Aude, communauté qui soulève elle aussi des questions.

Le comportement des évêques qui ont succédé à  Mgr Chabbert (Mgr Fort et Mgr Marceau) pose également question : ils étaient parfaitement au courant des problèmes et ils n’ont rien fait.

Golias lève le voile sur les terribles pratiques et les dérives graves dans les « communautés nouvelles » alors que dans le même temps, le pape Benoît XVI encourage les jeunes présents aux dernières JMJ de Cologne de les rejoindre pour trouver la « voie du Salut et de la Vérité » de manière à  sortir du « bricolage religieux ».

On croît rêver ! Mais cela montre, si besoin était, la grande responsabilité de la hiérarchie ecclésiastique, dans la caution qu’elle apporte à  ces dérives et ce malgré les signaux d’alarme envoyés.

Car, phénomène nouveau et encourageant, au sein de l’à‰glise catholique, de plus en plus nombreux sont les parents de victimes qui se mobilisent et se battent pour faire connaître la dure réalité de l’enfer « spirituel et humain » vécu par leurs enfants durant de longues années.

Avec nos informations sur la Croix Glorieuse et la communauté de l’Agneau, communautés sur lesquelles aucune véritable enquête (journalistique) n’a été faite jusqu’à  présent,

Golias publie la première partie de notre grand dossier consacré aux « manipulations mentales » et « dérives sectaires » dans l’Eglise catholique.

Dans notre prochain numéro (à  paraître en novembre, n° 105), Golias consacrera une importante enquête sur un autre réseau communautaire qui pose lui aussi de graves inquiétudes et problèmes : les frères de saint Jean (les « Petits gris ») et leurs différentes ramifications.

Des documents et témoignages inédits lèveront là  aussi le voile sur ce fleuron des « nouvelles communautés ».

à€ suivre donc.
Golias

Décroissance ou barbarie

Dans cet ouvrage, Paul ARIES montre en quoi notre civilisation succombe aujourd’hui à  plusieurs aires : un effondrement environnemental, social, politique, humain et symbolique.

La seule alternance crédible passe par l’acceptation des limites physiques de la Terre, mais aussi de nos propres limites humaines.

Il faut en finir avec le culte de la toute-puissance ou de la vitesse.
Les chemins de la décroissance sont nombreux : simplicité volontaire, relocalisation généralisée, réapprentissage de la gratuité, de la nature, réinvestissment de nos corps, de l’espace, du temps, etc.

La décroissance est au-delà  de l’urgence environnementale un combat pour d’autres valeurs. La décroissance est une nouvelle pensée politique qui bouscule le paysage idéologique actuel.

20% des humains consomment 80% des ressources et il faudrait quatre « Terres » si nous devions tous vivre selon le modèle de consommation occidentale. La question du partage devient donc essentielle. Il ne suffira pas cependant de partager autrement le même gâteau. Il faudra aussi changer de recette…

A Rome, l’Osservatore Romano prend la défense du gouverneur Antonio Fazio

Le quotidien du Vatican prend la défense du gouverneur de la Banque d’Italie, Antonio Fazio, poussé à  la démission par une partie de la classe politique en raison de ses compromissions supposées dans deux batailles bancaires.

Cette défense menée par les hommes du Vatican est signalée dans plusieurs titres de la presse italienne, qui rappellent qu’Antonio Fazio, fervent catholique est proche des mouvements de l’Opus Dei et des Légionnaires du Christ. Défenseur de l’italianité des banques, Antonio Fazio, 69 ans en octobre, est soupçonné d’avoir manqué à  son devoir d’impartialité en favorisant des investisseurs italiens dans la reprise des banques italiennes Antonveneta et Banca Nazionale del Lavoro (BNL) pour contrer les OPA des groupes bancaires néerlandais ABN-Amro et espagnol Banco Bilbao Vizcaya Argentaria (BBVA).

Les gens de la Curie romaine n’auraient-ils encore pas compris que l’Italie n’est pas une colonie vaticane ?

Le Vatican est accusé de cacher un criminel de guerre croate

Mais le Saint-Siège a rejeté les accusations de Carla Del Ponte selon lesquelles un général croate accusé de crimes de guerre, le général Ante Gotovina, serait caché dans un couvent en Croatie.

Le Saint-Siège a demandé au procureur du TPI de fournir les indices précis lui permettant de dire que le général Ante Gotovina s’y est réfugié « afin de pouvoir entrer en contact avec l’autorité ecclésiastique compétente ».

Réagissant à  une information du « Daily Telegraph » du 20 septembre 2005, le porte-parole du Saint-Siège Joaquin Navarro-Valls a précisé que la Secrétairerie d’Etat ne peut pas « collaborer de façon institutionnelle avec les tribunaux ».

De leur côté, les franciscains croates ont rejeté les accusations du TPI…

Mais tout cela se passait avant l’ouverture des négociations d’entrée dans l’U.E. de la Turquie et de la … Croatie !

Naples a toujours le sang chaud.

Le sang de Saint Janvier a, de nouveau, le 19 septembre dernier, frétillé dans sa bouteille, devant une foule enthousiaste.

Mais ce « miracle n’aurait rien de miraculeux estime Margarita Hack, une astrophysicienne italienne dans un entretien accordé au quotidien italien « La Stampa ». Selon Margarita Hack, le phénomène a une explication: Il s’agit simplement d’une composition chimique à  base de fer, datant du Moyen Age.

Le quotidien publie du reste la composition du cocktail qui peut être « facilement effectué en laboratoire »: chlorure de fer, carbonate de calcium et chlorure de sodium ».

Ah, l »Italie, terre des arts et… des merveilles !

Le temps des moines, volume 3

Ce troisième volume s’intéresse au quotidien des religieux et religieuses reclus dans leurs monastères ; entre temps de prière, de travail (nécessaire à  la quête spirituelle) et temps de repos, la journée s’organise avec précision selon des règles ancestrales. Pour en apprécier la valeur, découvrez cette forme de vie particulière.

Le temps des moines, volume 2

Les ordres monastiques sont nombreux et cet ouvrage se propose de remonter à  leurs origines et de reprendre leurs histoires respectives afin de comprendre la motivation des fondateurs et les principes qui caractérisent chacun de ces ordres, principes qui répondaient à  la volonté d’un religieux en réaction aux besoins des hommes.